‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 101 sur 134 · MU · texte numérisé non relu

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(34 Apollodori Bîbliotb. , lib. II, pag. i5i.

(35) Plutarcb. in Ubro Ae Socratii Genio, p. S'f et itqq.

adressé aux Grecs , qu’ils eussent à vivre en paix , à honorer les Muses , et à terminer leurs diflérens selon les règles de l’e'quité. Les lettres de l’inscription étaient conformes à l’écriture

Pu 'Hercule apprit sous le règne du roi rotée. Ce qu’il y a de plus singulier, c’est que les habitans J’Haliarte, ayant eu une très-mauvaise récolte , et de grandes inondations, crurent que ces maux étaient venus de ce qu’ils avaient souffert que l’on remuât le tombeau d’Alcmène. On lit de semblables réflexions dans plusieurs légendes , par rapport au démembrement ou à la translation des corps saints.

ALCMÉON. Plusieurs personsotines ont été ainsi appelées.* Le dernier archonte perpétuel d’Athènes ce nommait Alcméon.

rite que Pisistrate èt ses fils tâchèrent en vain de perpétuer. Je crois que cet Alcméon est le meme que celui qui fut général des Athéniens dans la guerre qu’on entreprit pour la protection du temple de Delphes , à la sollicitation de Solon (c). Je trouve dans Plutarque un Alcméon qui fut grand ennemi de Thémistocle {d). Il y a dans le Dictionnaire de Moréri plusieurs fautes concernant le mot Alcméon (A). Je vais parler à part de deux personnes qui ont porte ce nom-ià.

(c) Plut, in Solone . pag. 84.

{d)Id. m Vit» Aristid. sub fin. , p. 33^, E

Après lui , on créa d’autres archontes dont la charge ne durait que dix ans. Ce changement arriva pendant la-6e. olympiade, un peu avant que Romulus bâtit la ville de Rome (a). Hérodote parle d’un Alcméon qui vivait à Athènes du temps ae Crésus , et qui rendit mille bons offices aux ambassadeurs que ce roi envoya k Delphes (A). Crésus l’ayant appris le fit venir à sa cour, et lui permit de prendre dans ses trésors tout autant d’or qu’il pourrai t porter. On yeut lire dans Hérodote les expediens dont Alcméon se servit pour se donner une charge bien pesante. Crésus lui fit encore d’autres présens ; de sorte qu’il le mit en état de donner un très-grand lustre à sa famille dans Athènes. Elle y a été une des plus considérables.

Les Alcméonides ( c’est ainsi que l’on appelait les descendans d’Alcméon ) s’y distinguèrent en plusieurs rencontres , et surtout en s’opposant fortement à la tyran-

(/*) Euscbii Chroniron.

(b) Herod. , lib. f'I} cap CX. XV .

(A) Il y a dans le Dictionnaire de Moréri plusieurs faulcs touchant le mot Alcméon ] i°. Il n’est pas vrai qu’Alcméon , dernier archonte perpétuel, ait vécu vers Van Soi ou 3oo de Rome. Eusèbe, qu’on cite, met avant la fondation .de Rome la fin des archontes perpétuels. a°. D ailleurs, l’année 3oi de Rome ne répond pas à l’année 33oo du monde : mais ^ environ à l’année 353o , selon le pere Petau , ou à l’année 349® » selon Sethus Calvisius. S°. Alcméon, l’archonte perpétuel , n’est pas le même Alcméon

3ui reçut tant de présens de Crésus (i).

précéda d’environ 19® h première année du règne de ce monarque. 4°. La dernière année de ce règne répond à l’an 306 de Rome. 5°. Hérodote, que l'on cite, ne dit point qu’Alcméon ait succédé à Megaclès son père en la charge d’archonte annuel ; ni que les ambassadeurs de Crésus aient demandé à Alcméon , s’il voulait se joindre avec leur maître pour aller a Delphes ; ni qu après leur avoir pi'omis de le faire , ce roi lui fit présent d’autant d or qu il en pourrait porter; ni qu’ayant aperçu qu’ Alcméon s’était chargé d’or au delà de ses forces , il le fit porter avec ce fardeau dans sa maison , parce qu’il ne pouvait pas marcher a cause de sa charge. Je ne saurais deviner par quel

(i)On te dit pourtanldans l’édit. deFTolLnde. Le Suppléai, de Moréri n avait dit sinon cet tteméon avait été archonte annuel J Alhine».

esprit on cite Hérodote , lorsqu’on a avant que les ennemis entrassent dans falsifié si étrangement ce qu’il raconte. cette ville. ia°. Ils ne firent pas un 6°. Alcméon, fils d’Araphiaraüs , n’é- grand butin , pour venger le déshon-

Sousa point Callirhoé après la mort neur de leurs pères. 11 fallait dire ’Alphesibée sa premiéi

ire femme :

celle-ci était en vie pendant le second mariage (a). y°. Plutarque ne dit point que la fable d'Alcméon signifie qu'il tua sa mère , c'est-à-dire sa partie , pour aller vivre à la campagne , qui nous est exprimée par le fleuve de son beau-père. Ne dirait-on pas que M. Moréri a lu dans Plutarque qu’Alcméon

que , pour venger le deshonneur de leurs pères , ils entreprirent une seconde expédition. i3°. 11 n'est pas vrai que le philosophe Alcméon ait fait voir que la lune a une propriété particulière, qui ne finit jamais t il a supposé l'éternité de cet astre.

C’est une chose que l'on ne peut que supposer; et c’est une négligence plus

se châtra : c’est à quoi conduisent na- impardonnable à un prêtre qu’à un turellemcnt ces paroles, il tua sa mère, autre - auteur , que de dire qu’on a c’est-à-dire sa partie. Je veux croire fait voir que la lune est éternelle , et qu’au lieu de partie , l’auteur avait dit que l’Ame immortelle tourne toujours patrie : mais cela ne le tire point d'af- comme le soleil. t\°. Eusèbe ne parle faire : car Plutarque ne dit point point d'Alcméen le philosophe: c’est qu’Alcméon tua sa patrie , ou qu'il sans doute le poète qu’il a prétendu

désigner lorsqu'il a dit: AUmaeon clarus habetur , et Lesches Lesbius

3 ni parvam fecil lliadent. i5°. 11 l'a it sous la 3i®. olympiade, et non pas sous la 69®. i6*. Il n’est pas vrai que

la maltraita : il dit , au contraire , qu'Alcmcon fuyant les magistratures ^ les séditions , les factions et les calomnies *9« choisit une petite retraite pour y vivre dans le repos; et que

. . J.n 4 r» . M A. . . A ■ ^ ■ I ^ A. . 4 1 A A . A MA a fli I 3 \

c’est ainsi qu’il fuit les furies (3). Plutarque , en la Vie de Solon , cite 8°. La Chronique d’Euscbe est citée un historien nommé Alcméon. Voici encore plus mal à propos , pour expli- les paroles de Plutarque : elles serviquer ce que la fable a dit d'Alcméon ; ront à montrer comment les copistes car à quoi peut servir, pour l’cxplica- précipités s’abtmefit dans les bévues tion de cCtté fable, ue dire que la les plus gi*ossières : Où yuivTo» ç-f ville dé Thèbes fut pillée, que Tiré- ivî roZrot rot xokspLoi , elç

•ias fut fait prisonnier , que sa fille xiyut qnoit "hp/utrtrot ’Ec/éiy9ii rot 1*.- Manto fut consacrée au service d’Apol- puoi.OvnyÀp Aio^ltnçô fùretprovr iipn- Ion ? 9°, 11 n’est pas vrai qu’Euscbe xtv , îrrt Tcicerâf Aix^kv ù-ropi épaoii >orte ces choses en Can 817 d'A- *A xx.pa.lett , où loxett , ’a8*y«m*y ç’pstru-

yoç ùntytypaxnctt (5). Non fuit il te lamen <td bellum hoc designatus dux , ut tradere Sarnium Euanthem Idcrrnippus ad. JYcque enim id oralor prodidit Æschines , et in Delphorum

r«PP .

braham. Il ne dit rien de ce pillage de Thèbes : il parle en général des sept capitaines qui attaquèrent cette ville, et de leurs descenclans qui renouvelèrent la guerre; il parle, dis-je, do

la première de ccs deux expéditions Cofnmentanis Alcmœon , non Solon sous l’an 784, et de la dernière sous est Atheniensium dur. MM. Lloyd et l'an 8a3. En dixième lieu, ni Eusebe, Hofman ont trouvé le prétendu histowi aucun autre historien , ne rvmar- rien Alcméon dans c et endroit de mie que l’expédition d’Alcméon contre Plutarque. In Delphorum Commenta- Thèbes ait été malheureuse (4) ; car riis , disent-ils, ciiatur à Plutarcho in ce fut alors que les Epigones pillèrent Solone 11 est visible que ces Commenla ville, etc. 1 1°. l's ne menèrent point taires de Delphes sont l’ouvrage qti’ils le pauvre aveugle Tirésias : il avait attribuent à Alcméon , et qu’ils prepris la fuite, avec les autres Thébains, tendent avoir été cité par Plutarque.

O) Ouïr, Apollodore . ,oari un autre témoin, Je* m’étonne que Vossius ait donné gavoir, t)*id de Bened. Amor., vt. 455. dans une telle bévue. Alcmœon , dit-

A 1/twhilochi f rater ne Ptugida temper amant, il (6) , in Delphorum Commentariis, CalUrhoi feca parte recepia ton. ’Axx/usuooy i» toiç rat A»A®»v Crxopvé-

ÇS) PluUrcli. de Eiilio,

(\) V oici comme parle M. fcoréri , tant dam P ediuon de /.ton , en 1688 , que danj celle Je H.tllandt : Apre* m atlhcarente eipéiitioo de Thcbc*.

oréri .

p «.ai , citaiur à Plutarcho in Solone .

(5) PluUrcb. in Solone , pag. 8$, A.

(B) Vov«iuf , de Hiilor. G race. , pag. Soi

/,i2 ALCMÉON.

ALCMÉON , fils d’Amph iaraüs d’Adraste , périrent dans cette et d’Ériphyle , sœur d’Adraste , guerre. Leurs fils résolurent dix tua sa mère pour obéir au com— ans après d’aller venger cet af— mandement de son père. Vous front , et ils choisirent Alcméon allez voir la raison d’un com- pour leur généralissime. Ériphymandement si étrange. Amphia- le , gagnée encore par des préraüs regardait Ériphyle comme sens , les sollicita à cette guerre, la cause de sa mort. Il ne voulait Thersandre , fille de Polynice , point aller à la guerre contre les luiavaitdonnéuncollier(c)etune Thébains ; car, comme il était robe (d). Alcméon, quelque envie grand devin , il avait prévu que qu’il eût de tuer sa mère avant s’il y allait , il y périrait. D’ail— d’accepter le généralat , marcha leurs , il avait promis avec ser- contre Thèbes sans avoir exément , que pour ce qui Tegarde- cuté l’ordre d’Amphiaraùs. Cette ra'it les disputes qu’il pourrait expédition fut très-heureuse : le» avoir avec Adraste , il s’en re- Thébains, par le conseil de Tir£mettrait à tout ce que sa femme sias , abandonnèrent leur ville ; en ordonnerait. Ils eurent un on la pilla et on la ruina. Alcdifférent sur l’expédition de Thè- méon , transporté d’une nouvelle bes. Adraste voulait qu* Amphia- colère , après avoir su qu’Ériraüs s’y engageât. Amphiaraus phyle s’était laissé corrompre n’en voulait rien faire, et en dé- par des présens contre lui aussi , tournait les autres. Ériphyle dé- ne balança plus à la tuer lorsqu’il cida selon les désirs d’Adraste , eut consulté l’oracle. Quelques— après avoir été gagnée par le beau uns soutiennent que son frère collier (a) que Polynice lui offrit Araphilochus l’assista dans cepar- (û), et qu’elle accepta sans avoir riciae; mais le plus grand nombre égard aux défenses qpie son mari des auteurs nient cela. Alcméon, lui avait faites de rien prendre persécuté par les furies à cause de Polynice. Elle est devenue par- de cette action , se retira à Psolà un grand fonds de lieux com- phis dans l’Arcadie , où il expia muus et de pensées morales entre son crime entre les mains de Phéles mains des censeurs du sexe. jOn géus , selon les cérémonies ordisait qu’Araphiaraüs , ayant pris naires en pareils cas , et se* maria la fuite lors de la déroute de Par- avec Arsinoé (*) , fille du meme mée, fut englouti par un abîme Phégéus, à laquelle il fit présent qu’un coup de foudre avait ou- du collier et de l’habit qui avaient fert sur son chemin. Il avait don- été donnés à Ériphyle. Une granné ordre à ses fils , avant que de de famine s’étant elevée , on eut marcher contre Thèbes, qu’aus— recours à l’oraftle , cjui ordonna sitôt que l’âge le leur permet- à Alcméon de se réfugier chez

trait , ils tuassent Ériphyle. Tous les autres généraux , à la réserve

(a) V oyez , touchant ce collier, les remarques de l'article Calliruoê.

(b. Hygin , chap. LXXIII , dit qu' Adraste donna le collier , et qu' Ériphyle découvrit le lieu ou Amphiaraiis s'etail caché .

(c) Fiez-vous plutôt à Diodore de Sicile. qui dit que Thersandre donna seulement le Péplum. Il ne pouvait pas donner le collier , puisque Ériphyle l'avait déjà.

(d) Nommée en grec nî^rAof.

(e) Paulin. , liv. FIII, pag. 255, ta nomme Alphésiliée.

Àchéloüs. I! s’y rendit après plusieurs courses vagabondes : il y reçut de nouveau les cérémonies de l’expiation ; il s’y maria avec Callirhoé , fille d’Achéloüs , et il s’établit dans un coin de terre

que cette rivière avait formé (A) en accumulant des sables. Callirhoé lui déclara qu’elle ne coucherait point avec lui , s’il ne lui faisait présent du collier et de la robe d’Ériphyle. Cela le contraignit de retourner chez Phégéus, dont il obtint le collier après lui avoir fait accroire qu’il avait appris de l’oracle que la persécution des furies ne cesserait que lorsqu’il aurait offert ce collier à Apollon. Phégée sut ensuite qu’ Alcméon avait destiné ce présent à Callirhoé ; c’est pourquoi il donna ordre à ses deux fils de

à mettre Amphiaraüs au rang des Dieux , exclurent Alcméon des honneurs divins qu’ils conférèrent à son père et à son frère :

ils l’en exclurent, dis-je , à cause de son parricide (h). On remarque qu’un Perse nommé Oron te, lui ressemblait parfaitement (i).

Il y a des historiens qui disent qu’AIcméon , après la seconde guerre de Thèbes , s’en alla en Étolie, attiré par Diomède, qu’il l’aida à conquérir ce pays et l’Acarnanie , et qu’ayant été* sommés de se trouver à l’expédition de Troie , Diomède s’y rendit ; mais qu’AIcméon s’arrêta dans l’Acarnanie , et, pour faire honneur à son frère (Æ) , qu’il bâtit une ville qu’il nomma Argos d’Amphilochus (/). Notez qu’il prophétisa dans l’Acarnanie (m).

ie poursuivre et de le tuer ; ce qu’ilsfirent: et parce que Arsinoé s’en formalisa , ils la transportèrent à Tégée, dans un coure , et lui imputèrent ce meurtre. Quelques-uns disent qu’AIcméon , pendant sa fureur , se divertit avec la prophétesse Jtfanto , fille de Tiresias , et qu’il en eut deux enfans ( f ). Voyez la suite de tout ceci dans l’article de Callirhoé. Les furies d’Alcméon ont fait un grand bruit sur le théâtre de l’ancienne Grèce (g) ; mais il ne nous reste aucune de ces tragédies (B). Ce qu’on a dit de son tombeau mérite d’être considéré (C). Les Oropiens , qui devancèrent tous les autres peuples

{f) Tiré de la Bibliothèque d’Apollodore, Ut/. III , pag. 187 et suivantes, y oyez aussi Diodorc de Sicile, liv. V 1 chap. /'/.

(g) Alcmeton olim tragicorum palpita lassai» it eum furorc suo, nunc nullam sui nominis fabulam habcl. Bar Uu us io Statium, tom //, pag. 449.

(A) Pausan. , lib, /, pag. 33.

(i) PlutarcU. in Arato, pag 1028.

(A) Il s’appelait Amphilochus : voyez les remarques de son article.

(/) Strabo, lib. Vit , pag. aa5. Voyez aussi lib. X , pag. 3l8.

(m) Clem. Aleiandr. Stromat. , lib. /, p.

(A) Il s'établit dans un coin de terre que la rivière d' Achéloils avait formé.'] 11 ne sera pas mal d'éclaircir Apollodore par un passage de Pausanias, qui porte qu' Alcméon , après avoir tué sa mère » s’enfuit d‘ Argos à Psophis, où il épousa Alphésibée, fille de Phégéus (1). Le mariage ne le guérit pas de sa fureur \ ainsi il recourut à 1 oracle, qui lui ordonna de se retirer sur une terre toute neuve , et faite depuis le meurtre d’Ériphyle.

On l’assura que les furies ne l’y poursuivraient point. Ayant donc rencontré aux embouchures de la rivière d’Achéloüs une terre que les flots avaient charriée , fi y prit poste, et se maria avec Callirhoé.

(B) Il ne nous reste aucune des tragédies faites sur son sujet.] Je nfc doute point que les deux vers que Plutarque

• (1) Pjusan. , lib. VIII , pag. a55.

a rapportés dans l’un de ses livres , ne opinions très-hétérodoxes , comsoient pris de quelqu’une de ces piè- me qUe Ja |une était éternelle , ce,. Le lieu commun <l~ e{ notre âme tournait tou-

touche en cet endroit est plus irapor- , * . .. j i *»

tant qu’on ne pense : il regarde un jours à la maniéré du soleil.

défaut qu’on trouve partout. C’est ce- Voilà ce qu'en dit Laërce. Cicélui de ceux qui reprochent à leur pro- ron représente mieux le système

ouTuie"tTptqA;u 2e r:~V. de ce philosophe , car, quelle nétnéon reproche à Adraste qu’il est ghgence n est-ce pas que de choifrcre d’une femme qui a tué son mari: sir entre tous les astres auxquels Adraste lui répond: Et vous , vous Alcméon attribuait une nature

éternelle .celui dont les altéra-

ftoint iaire ic v^aiou ci ic lcusmii ». . .

orsqu’on est tout plein de défauts, tions paraissent le plus , je veux

Oùxoûr /«»/* o»^,è» xot/opi , *«>roc «•? dire la lune? Il fallait donc dire, ircufoy&inC' M iaxiroi àuroc »y *»•- COmrae Cicéron a fait(ô), que ce

philosophe attribue la divinité à

Ml/Ùtpoç,

A*J)ooxTo»ot/ yuiAiKoç opoytynt iquc : fous jes astres , et meme à notre

Tor^A^co? b 'Axxpctw. TU ls ixm oc; âme. Mais comme c'est le propre ot/* ÀAMTpio* ÀxxÀï«f»o» tAunrSi trporqipati des méchans systèmes de n'avoir

wl /In Iia firme vnvAtic miP nrw

rien de lié , nous voyons que no- Hw /’ yi juMTp'oç S <r iyin*- ire Alcméon raisonnait peu con-

séquemment lorsqu'il faisait une grande distinction entre les connaissances des Dieux et celles des hommes. Il disait que les Dieux savaient manifestement les cho—

Non itaque adullerium objice alteri , ipse insano puerorum amore flagrans , neque prodigalitatem sordidus ipse.

Alcmceon AJrastum hoc malediclo incessit \

Tibi qu* maritum suum inlerfeeit e/l tûr«r.

Quid Adrastiu ? Non alienum , sed proprium ei reponit opprobrium ,

ses , et que les hommes ne faisaient que conjecturer (c). Voilà ce que peuvent dire ceux qui re-

s'rtnii'iiccpnt un npiil pt vrai Dieil:

Malrem necdtli tu manu lud tuam.

(C) Ce'quon a dit de son tombeau mérite d'éire considéré ] . Ce tombeau était à Psophis dans l’Arcadie : il n’avait guère d’éclat ni d’omemens j mais il était entouré de cyprès si hauts , qu’ils pouvaient couvrir de leur ombre le coteau qui dominait sur la ville. On ne les coupait point, parce qu’on les croyait consacrés à Alcméon , et on les appelait les pu* celles (3).

(a) PluUrch. de Capiendn n inimic. nliliute, pag. 88 .

(3) Idem , ibid. Pan»»n., lib. VIII, p. i55.

ALCMÉON , natif de Crotone, et disciple dePytbagore. On croit qu’il fut le premier qui écrivit sur la physique (a). Il avait des

(a) Pluvorin. in omuiaiodâ Hiitor. apud

mais ceux qui prennent les astres et les âmes humaines pour autant de Dieux se rendent ensuite ridicules «'ils prétendent que la science humaine et la science divine different autrement que du plus au moins. Il n'est pas vrai que cet Alcméon soit mort d'une maladie pédiculaire (A).

Laert. in Alcmæooe , lib. FUI ; Clemeo.

Alexand., Stromat. , liv. /; Theodortt, Serra. I.

(6) Cicero , de Nalurâ Deorum , lib. I , cap. XI.

(c) Laert. in Alcrateon. , lib. FIII.

(A) Il n’est pas vrai qu’il soit mort d une maladie pédiculaire .] Antigonus Carystin* a pris l’nn pour l’antre, quand il a dit qu’ Alcméon le physi-

ALDRINGER.

cicn avait eu cette maladie; il a pris, dis-je , Alcméon le disciple de Py thaeore, pour le poète Alcman (i). Charles Etienne ne se contente pas de dire ue le philosophe Alcméon est mort 'une maladie pédiculaire , il dit aussi que c’est le premier qui en soit mort, et il se munit de l’autorité d’Elien. Ce sont deux mensonges : Élien ne parle

I»as de notre Alcméon; c’est d’ Alcman e poète qu’il observe plusieurs choses : mais ayant dit que le philosophe Phérc'cydes était mort de la maladie dont il s’agit ici (a), il lui aurait sans doute accordé la primauté sur Alcméon , s’il avait parié de ce dernier, ar rapport à cette sorte de maladie, es erreurs de Charles Étienne se trouvent dans le père Lescalopier (3).

(i) Antig. Caryst. Hiitor. mirab. , cap. XCV. Meursius , dans ses Note* , lui a marque celle faute.

(1) Ælian. Var. Hiitor. , lib. IV , cap.

(3) In Cicer. de Niturà Dcorum , pag. 41 .

ALDRINGER, fameux général d’armée sous l’empereur Ferdinand II , s’était poussé par la seule recommandation de son mérite. Il était du pays de Luxembourg, et d’une naissance tout-àfait obscure (A). Dès sa première jeunesse, il se mit au service de quelques gentilshommes qui allaient en France : il s’appliqua avec eux à l’étude , et se rendit fort habile. Étant passé en Italie, il devint chancelier du comte Madrucci. Il alla ensuite àTrente , et y eut un emploi honorable dans la chancellerie ;.mais la jalousiè de ses collègues, et leur conduite , lui causèrent un si grand dépit , qu’il abandonna sa charge , rempli d’un esprit mutin contre la fortune , et résolu de s’attacher à la profession du premier homme qu’il rencontrerait sur son chemin. Il prit la route d’Inspruck ; et comme il rencontra proche du pont un soldat qui s’en retournait en Italie,

il prit le parti des armes , et s’enrôla simple soldat. Il devint sergent peu après ; et comme il fit connaître qu’il savait très-bien manier la plume , on l’employa à dresser tous les comptes de la compagnie, et à écrire les réponses que le capitaine avait à faire. Il donna des lumières à ce capitaine , qui l\ii ouvrirent la porte d’un plus grand emploi.

Cet avancement fut cause que le lieutenant de la compagnie devint capitaine , et qu’Aldringer monta à la place de lieutenant.

Il se défendit si bien avec cinquante hommes dans un méchant poste , qu’il le conserva malgré les rudes attaques de l’ennemi.

Dès lors , la réputation de son courage ne fut pas moins répandue que celle de son habileté :

plusieurs colonels lui offrirent une compagnie ; le neveu de l’archevêque de Saltzbourg fut de ce nombre. Il avait besoin , à cause de sa jeunesse , d’avoir un tel homme dans son régiment ; il le rechercha , il l’obtint , et il s’acquit tant de gloire par les bons conseils d’Aldringer , que , pour lui en témoigner sa reconnaissance , il le fit son sergent-major. Aldringer fut ensuite lieutenant colonel , puis colonel ; et il fit tellement paraître qu’il entendait à fond le métier , qu’on le jugea digne de commander en chef à l’expédition de Mantoue

(a) . Il joignit fort à propos aux débris de la bataille de Leipsick les troupes qu’il ramena d’Italie

(b) ; et peut être que si le comte

W l63o. Tire du comte GileuiQ GualJo Pnorato , an livre IX de /'Histoire des guerres d'Allemagne,

(b) En i63l-

ALDRINGER.

de Tilli avait attendu à donner bataille que ces troupes fussent arrivées, comme on le lui conseillait, l’événement n’eût pas été si funeste aux Impériaux. Aldringer se sépara de Tilli quelque temps après pour se retirer en Bohème , à cause des défiances que le mauvais état des affaires semait entre les Impériaux et les Bavarois (c) ; mais cette désunion ne dura pas. Il était, dès le mois de mars i63a , avec Tilli sur les bords du Lqck , pour en disputer le passage au roi de Suède. Il était alors grand-maître de l’artillerie ( d ). La blessure qu’il reçut à la tête ne contribua pas peu à l’avantage que les ennemis eurent de passer cette rivière ; mais elle ne l’empêcha pas de servir la même campagne : il alla joindre en Bohème- Wallestein , malgré les efforts que firent les Suédois pour empêcher cette jonction : il fallut bientôt revenir dans la Bavière pour s’opposer aux troupes du général Horn.

Les succès varièrent de part et d’autre dans ces quartiers-là tout le reste de l’année et au commencement de la suivante. Le plus glorieux exploit d’Aldringer pendant ce teinps-là fut d’avoir contribué, en i633, à faire lever le siège de la ville de Constance. Il fut joindre ensuite le duc de Feria , qui avait amené d’Italie quelques troupes espagnoles. On a cru que Wallestçin avait donné des ordres secrets à Aldringerde rendre inutiles tous les desseins de ce duc (B), et que ce fut la véritable raison et le

(c) Priorato , liv. IX , à ran l63l.

(d) Le Blanc, Histoire de Bavière, tom. pag. 3;4.

motif secret pourquoi Aldringer ne voulait jamais consentir à livrer bataille. Il ne faut pas croire néanmoins qu’il entrât dans tous les complots de Wallestein : il n’avait pour lui que certaines complaisances qui , sans ruiner les affaires du maître commun , avançaient beaucoup les intérêts particuliers de ce généralissime.

Il y a de semblables intelligences dans presque toutes les armées.

Il fut tué l’an i634, à Landshut, ville de Bavière , et l’on n’a jamais bien su si ce furent ses propres soldats ou les Suédois qui firent ce coup. Il avait été élevé à la dignité de comte ( e ). C’était un homme qui avait d’excellentes qualités (C) : c’est dommage u’elles aient été accompagnées ’une avarice et d’une cruauté excessives (D). Tel est presque toujours le destin de l’homme. Il ressemble à ces terroirs qui roduisent pêle-mêle de bonnes erbes et de mauvaises.

(e) Là même , pag. 436.

(A) Il était d'une naissance lout-à- Jait obscure. ] Humili apuJ Lucenburgicos toco nrtus, dit M. de Pufendorf, qui ajoute qu’il fut d’abord laquais de quelques barons français , et cnsirtte secrétaire (i). Un autre historien ne lui donne pas une condition si chétive : il le fait d’abord étudier, puis aller à la guerre , puis servir de secrétaire, ensuite reprendre les armes : Lui ernburgi tenui sed honcsio loco editus primant œtatem litleris dédit (a). Il le fait boileau * de son naturel, Ingenio promptn atque meri , ei naturd uini abstinens (3) , ce qui était une très-mauvaise et très-nu isit>le qua-

(i) Pufendorf , Rerum Suecicar. Ut. VI , pag. 157. ,

(7) Joh. Clurrriu» , Epit. Histor. , Ub. XI, Jppend.

• Combien de genr , dit Leclerc , ne comprendront pat que cela vent dire, buteur d'au. ’.

(3) Id. ibid.

ÀLDROVANDUS. 4,7

lite en Allemagne dans un homme de (D) IL était d’une avarice et d’una

*Uf!i\eh~ ter n ». cr,u?ul*' excessives. ] II était sans mi-

(B) Un croit que Ir allestein lui séneorde pour les peuples , et il esiavait donne des ordres secrets de ren- geait les contributions avec la derdrexnuUUs les desseins du duc de Fc- mère rigueur : il Savait nul égard rm] L hwtonen de Bavière , que j ai aux nécessités du soldat: de sorte cite (4) . convient que les Suédois «e qu’il n’était aimé, ni des peuples ni demandaient pas mieux que de venir des armées. 11 fit bien sa main au’sac a un combat general , quoiqu’ils ne se de Mantoue , et il n’y eut point d’oftrouvassent pas st avantageusement fîcier dans l’armée impériale qui sorpostes que les catholiques . Le duc de tît de là avec autant de butin que i^na, pourauit-il , voyant l’occasion lui (6). On a cru que ses propres belle , fit d inutiles efforts pour obli- gens Va vaienttué sur le pont de Landsger Aldnnger a venir aux mains avec hut , l’occasion de le faire sans être * ennemi ; mais jamais tl ne put rien connu étant fort bonne. Fu colpilo e obtenir d un homme qui était sous la fatlo coder morto , no/i senza so, petto Jerule de IV allestein ; et les Suédois cio divenisse dalla parte do suoi , per / elalt rf,tiré$fomme en triomphe . sur vendetta d’alcune ingiurie fatte loro l* .nctobre » le mauvais procédé essendo egli per la sua severità piu te d Aldnnger , qui coûta bon a l’union muto che amato dalla militia (7). catholique , déplut tant au duc de Fé- .

rja , que bientât après il en mourut frf L* pag î8g.

de douleur . Cet historien avait dit

dans la page précédente qu’Aldringer , affidé à Wallestein , n’agissait guère que par ses ordres , et quen ce temps- la on publia un écrit qui assurait que tandis que IF allestein mandait a l’empereur qu’il envoyait Aldringer au duc de Bavière pour en disposer entièrement , lui donnait des ordres secrets de ne le servir que pour la défensive du petit secours qu’il commandait : ce qu Aldringer noyant pas ponctuellement exécuté , Galas lui témoigna , de la part de IF allestein , qu'il ne lui pardonnerait jamais cette désobéissance.

(C) Il avait d'excellentes qualités. ] Il avait l’esprit fort vif et fort pénétrant. beaucoup d’acquis, une intelligence raffinée , un grand courage :

il sc faisait admirer dans un conseil de guerre par la force de ses raisons , et par la vraisemblance de ses conjectures : c’était d’ailleurs une bonne plume . il savait plusieurs langues , il avait su tirer la quintessence des maximes de divers pays. La politique d’un Espagnol italianisé ne surpassait pas la sienne : Le da lui praticate varie nalioni , l’osxervale diverse mas sime y e gli investigati genii e inclina tioni di molti popoli , lo resero cosi accorto nelle atlioni , che alcuno Spagnuolo Italianalo non lo avanzava (5).

rt)t« Blanc, Tlî.t. de Bavière, tom. iFp- 4*4-

(j) Pnoralo, Histoire des Guerres d'Atlciiiag , tjv. /X , pag. agi , édit, in- 4«.

ALDROVANDUS ( a ) (Ulysse), professeur en philosophie et eu médecine à Bologne , sa patrie , a été un des plus curieux hommes du monde par rapport à l’histoire naturelle. Ses soins, ses travaux et ses dépenses sur ce sujet sont incroyables. Il voyagea dans les pays les plus éloignés sans autre motif que de s’instruire des choses que la nature y fait paraître : les minéraux, les métaux , les plantes , les animaux, étaient l’objet de ses recherches et de sa curiosité ; mais il s’attachait principalement aux oiseaux ; et, pour en avoir des figures bien exactes et au vif , il employa pendant plus de trente années , à ses propres frais , les plus excellens artistes de l’Europe (A). Ces dépenses l’abîmèrent: il sévit enfin réduit à la dernière nécessité * , et J’on prétend qu’il mourut à

(a) Issu des comtes de ce nom , à ce que dit Aubert. Miraiu , de Scriptorib. Sæc. XK/ pag. i54.

* Cette circonstance est révoquée en doute par Joly y qui renvoie aux Mémoires de Nicéron.

TOMK Z.

ALDROVANDUS.

ifio5 (c). C’est un exemple bien été pape - - ,

parlant contre l’ingratitude du tres-b.en tournée (E* public (B) , et même contre 1 ex- (/) Votsius de Ongme idololatr., ut. m, cessive curiosité des particuliers. m. apud Konig. Bi-

ll y aurait mille réflexions et bliolh> pag, 4.

mille beaux lieux communs à ^ employa , pour avoir des fi-

pousser sur cette aventure : je »ures exactes des animaux , les plu» les laisse à quiconque s’en voudra cxcellens artistes de l'Europe . ] v met

t me contente de cette ce qu’Aubcrt-lc-Mirc ava.t reçue, U, saisir y et me CO «niet * Pictori euidam , ea m

petite observation ; c est que 1 an- * ^ ^ ^tn£a o/woi

tiquité ne nous fournit point annuum aureorum ducentorum Stipcnd’exempled’un dessein aussi éten- dium persolvit . Delineatores ceUber-

notre Ulysse à 1 egard de l histo cofarUnsem , œre sua cawluxit , nec rc naturelle. Pline * je 1 avoue , non jacobi Ligota, Serenissimi Eiru-

s’est réûandu Surplus de sortes de rue Ducis picloris eximii , opera m

Lfeu Pma“s il ne fait qu’effleu- hdc «idem prouincid Flore***

rer : il ne dit que peu de mots aves eœ designarentur.

sur chaque chose , au lieu^pi Al- Tandem sculptorem habuit utsignem drovandus ramassait tout ce qui Christophorum Coriolanum JYonmse pouvait rencontrer (S sa

compilation comprend plusieurs e:t5CM//,5cr<lt t ut non ut bgno sed m

' gros volumes in-folio ; mais il ne œrc fartæ videantur (t). .

faut pas lui en attribuer toute la (B) Cest un exemple bien pr iant

alnire (C\ • car il Y a tel volume contre l'ingratitude du public. ] Il »e gloire (L) , car y faut pas s’imaginer que personne n ait

qui a paru apres sa mort , dans gecotJru w natQirailstc dans les delequel on ne croit pas qu il ait qu’il faisait, fa sénat de Bo-

autre part que celle d’avoir four- loi; ne , le cardinal Monlalte , tran-

ÏÏK «... Jta ü£^x!fXt.7S£rr

quelques mémoires informes. contrn,u^rent avec joie , en fournissant

J’explique cela dans les remar- de leurs Jeniers h l'entretien des peinai ‘Il ne paraît pas possible irc% et des graveurs qu' Aldrouand 5 .Ï nom- »•* ‘OU, lui..... Apre, a**T' ded*

* . . y par son testament au

l’attention , il ait donne souvent ^ Bologne qui assigna une somme

pour des vers ce qui était très— d'argent considérable à Jean G^rneille

contraire aux règles de la poésie Utèrverius, natif de Delfl en Hollande, contraire r professeur en cette université , et de

{b) Bullart, Académie des Scienc., tom. II* r encore h Thomas Demster , g«npay.no, lui donne quatre-vingts ans. tUhomme écossais , aussi professeur

(c) Merckliuus, Liodenii rénovai» p. toq'j. ^ même lieu , pour recueillir et mettre

(d) Voyez la remarque (D). . rrt

(e) In Mu«eo Historico. Voyes aussi le (i) Aube*tMir«u*,de Scr.plonb- Sac. X ,

Théâtre de Paul Frebtrui , pag. *3*7. pag. i54-

ALDROVANDUS.

sous iq^presse des livres si dignes de voir lefour (a).

(C) Il ne faut pas lui attribuer toute la gloire due a sa compilation . ] 11 parait par la Bibliothèque des livres

» livre (8), non plus que de beaucoup » d’autres qui ont neanmoins été pu- » bliés sous son nom : mais il est ar- » rivé au recueil de l’Histoire natu- >» relie , dont ces livres font partie ,

de médecine , que la plupart des vo- » comme à ces grands fleuves qui conlûmes de l’Histoire naturelle d’Aldro- » serrent pendant tout leur cours le

vandus ont été imprimés après sa : — *• -

mort (3). L’Ornithologie (4) , en trois volumes in-folio , et les sept livres des Insectes , en un volume ae même taille , sont les seuls qu’il ait donnés au public. Le volume des Serpens , les

» nom qu’ils avaient à leur source , » quoiqu’à la Un la plus grande partie » des eaux qu'ils portent a la mer ne » leur appartienne pas , mais à d'au- •ivières qu’ils

» très rivières qu’ils reçoivent. Car , » comme les six premiers volumes de

trois volumes des Bêtes à quatre pieds, » ce grand ouvrage étaient d’Aldrole volume des Poissons, celui des Ani- » vandus , quoique les autres aient maux qui n’ont point de sang^ l'His- « été composés depuis sa mort par

toire des Monstres , avec les Supplémens de celle des Animaux, en douze volumes , le Traité des Métaux , la Dendrologie (5) , ont paru en divers temps ; par les soins de différentes personnes , depuis la mort d’Aldrovandus. En effet , le volume des Serpens a été mis en ordre, et sous la presse , par Barthélerai Ambrosin (6).

epuis

" différens auteurs, on n*a pas laissé » de les lui attribuer, soit parce que » c’était la continuation de son des- *> sein , ou parce qu’on s’était servi » de ses Mémoires, ou parce qu’on » avait suivi sa méthode , ou peut- *» être afin que ces derniers volumes » fussent mieux reçus sous un nom si » célèbre (9). » Ceux qui voudront

paroles suivantes j c’est M. l’abbé Gallois qui continue de parler : « On » n’a presque rien écrit de ces ar- » bres, qu’il ne se trouve ramassé dans ce volume. Car cet auteur ne se

il remarque encore , thode d Aldrovandc

Celui des Quadrupèdes au pied four- savoir le plan de celte compilation , chu fut mis en onire , premièrement n’auront qu’à jeter les yeux sur les par Jean Corneille Uterverius , et puis

Sar Thomas Derastcrus , et publié par lare- Antoine Bernia et par Jérôme Tamburin. Celui des Quaanmèdes au pied continu , et celui des Poissons , ont été mis en état par Uterverius , et publiés par Tamburin. Celui des Quadrupèdes à doigts ou à griffes a été compilé par Ambrosin. Lxiistoire des Monstres , et les Supplémens , ont été rassemblés par le même , et publiés aux dépens de Marc -Antoine Bernia. La Dendrologie est l’ouvrage d’Ovide Montalbanus (7).

(D) Il y a tel volume de sa compilation dont il n'a fourni que le modèle. ] M. l’abbé Gallois a si bien représenté le jugement qu’il faut faire sur ce gros ouvrage , que j’ai cru qu’on me saurait plus de gré de la copie que de l’abrégé de ce qu’il a dit.

Voici donc ses propres termes : « AI- » drovandus n’est pas l’auteur de ce

(s) Ballart, Académie de* Scieoc. , tom. II , ■pat. no.

(3) Merckliou* , in Lindcaio renovato, par.

(4) Cen-à-dirr , niutoire de* Oiseaux.

(5) (Tetvà-dir» , THiitoire de* Arbre*.

2 In pairio Bononitf Archigrmnatio Simpl.

, Prof essor ordinarius Mu-teei illuslrits . Senaliis Bonon ., el Horli publics P rte fe dus.

(7) Ex Lindcaio rénova lo , pag. i»4"-

» contente pas de rapporter tout ce » qu’il en a lu dans les naturalistes ,

suivant la mélus > ce que les m historiens en ont écrit , ce que les » législateurs en ont ordonné , et ce « que les poètes en ont feint. De plus, » il explique les difléreus usages aux- »» quels on emploie ces arbres dans » 1 (économique , dans la médecine , u dans l’architecture et dans les au- » très arts. Enfin , il parle des mora- » lités , des proverbes , des devises , x> des énigmes , des hiéroglyphes , et » de quantité d’autres choses qui re- » gardent ce sujet (10). » 11 n’avait pas négligé de consulter les médailles, et d’en tirer ce qui pouvait lui servir (11).

(E) Un poète , qui a été pape , Va

loué d'une manière bien tournée. 1 Je

(8) De la Dendrologie.

(9) Journal des Sara», du la d e novembre 1668, pag. 4*5.

(10) Là même.

(11) V orr* Spaubem. de Prest. Numi<m. , DitserX. III , sub Ji ». pag. »5».

4*> ALÉANDRE.

parle de Maphée Barberin , ou d’Ur- secrétaire s il eut ensujfp la bain VIII. Voici Tune des épigramraes charrre de bibliothécaire du Va— qu’il a faite» à la louange a Aldro- *. > g fes ,a niort d’Ac

U* ’ m émÆ m * ciaioli. Mais le grand théâtre où

Mulùpltces rerum format , quas pontui et y 4

tmiher il commença de paraître avec

Exhibet, et quidquid promit et abdilhumut, . , f . FAllpmaonP au rom- Mtru haurit , specianl oculi , dum cuncia sa - eCiai IUl 1 Allemagne , au COUl

6aci* * .. . ... mencement des troubles que la

Aldobrande % luus dirent arte liber ; *

Miralur proprios solers indutlrus foslusq rCIOl'l Qâ tlOIl V CXCltO# XI y *Ul Cil*

voyé nonce du pape, l’an .5. 9

Etcupitesse suumquod videt artisopus^ii). JJ y {}( Jg personnage d 31X1-

Lorcnzo Crasso en rapporte une autre bassadeur et le personnage de avec celle-là. docteur , selon les rencontres. 11

(n) Lorento Cra«*o, Eiogü d’Hoom. l«u«- parla trois heures de suite der»tî , ton. /, pag. *37, *38. vant la diète de Worms , contre

ALÉANDRE (Jérôme) , arche- la doctrine de Luther (b) ; mais vêque de Brindes , et cardinal au on prétend qu .1 ne la rapporta XVIe. siècle Alexandre VI P°!nt «delement (c). Il ne put

souhaita de l’avoir à son service Pomt ei“Pecher 1“® Lulher, ne (A) , et le voulut donner pour £ût d?ns cette d.ete , et .1 resec ré taire à son fils. Il changea fusa de disputer avec Itu i; mais .1 peu apres de résolution , et ai- ob*ln* <P*e ^ brûlerait ses lima mieux l’envoyer négocier en vres> et proscrirait sa

Hongrie; mais Aléandre se trou- Pe™nne 8 dressa meme 1 cdit va malade en ce temps-là, et ne <Im ,e proscrivait (</). Il était put partir de Venise oh il de- "once a“Pres df, François I". , meurait. Louis XII le fit venir dev\nt Pavie J 1 au .,52f » et ,*1 en France l’an i5o8 (B), pour la tomba 1e“tr* les ,mamf de <luel“ profession des belles-lettres dans ?“es Tsoldats q“> le maltraitèrent r université de Paris *a, Aléandre yv* ^ envoyé une seconde était alors Agé de vingt-huit ans. fols en Allemagne , 1 an 1 53 1 , et II se fit fort estimer dans cette y,tr°“va u,n, changement consicharge. Il passa au service d’É- deÇable , s il ^en faut croire ce verard de la Mark , évêque de on, dl* qu 1 fcnvit. Le peu- Liége, qui l’envoya à Rome pour P ? > dans, les ««es protestantes , faciliter sa promotion au cardi- neta,t P*“s 51 «mme contre le nalat , contre les oppositions de P.aPe : ma,s dans le* villes cathola France. Léon X le trouva as- luIu? > il témoignait une envie sez habile pour souhaiter de le extrerae de secouer le joug de retenir , à quoi l’évêque de Lié- Ctst a un . du Jolj , que Ciacr.nr.mi

ge donna les mains. Aléandre fut “TT*,""* phc

d abord place chez le cardinal de •* Cefut en 1 520, dit Leclerc ; et il y porta

Médicis (a) , auquel il servit de bul}f de. Léon X contre Luther , qui est v y * de juillet i5ao.

( b ) Ex Pitllavicini Hist. Conc. Trid. Ce fut

•* Leclerc le dit né à La Motte , le l3 février 1^80. Bayle l'avait dit dans sa note B.

** Joly , cT après Chevillier , lui fait, avec Tissant , r honneur d'avoir établi C imprimerie grecque à Parts.

(«) Qui fut le pape Clément VUy

Van i5ai-

(c) Seckeodorf , lïistoria Lulhcraoismi K lib. /. pag. i^Q.

( d ) Pal la vie- Hut. Conc. Trid., lib. /, cap ,

xxrm, num. à.

ALEANDRE.

Rome , et de s’enrichir des biens d’Église, comme avaient fait les protestans. Le changement de ceux-ci venait de ce qu’ayant espéré une grande liberté, pourvu qu’ils secouassent le joug papal , ils éprouvaient que le joug de la puissance séculière sous lequel il leur fallait vivre n’était pas plus doux. Aléandre fit tout ce qi/il put , mais sans succès , pour empêcher que Charles-Quint ne fit une treve avec les protestans d’Allemagne. Il fut créé cardinal par Paul III *, et destiné à la présidence du concile, avec deux autres légats (e). En attendant , il alla en Allemagne , légat du pape , l’an i538. Cette légation dura un an. Sa mort , arrivée le premier jour de février i542, l’empêcha de présider au concile. Quelques-uns disent qu’il mourut par la bêtise de son médecin (D). Je n’ai point

£arlé de toutes ses nonciatures.

T. Moréri fournira ce que j’ai omis. Aléandre avait publié quelques ouvrages (E). Il entendait fort bien l’hébreu et le grec , et on lui attribue une mémoire surprenante (F). Je ne crois pas qu’on ait eu raison de dire que l’hébreu était sa langue maternelle, ou, pour m’exprimer plus clairement , qu’il était né juif (G). On a eu plus de raison de l’accuser d’emportement ( f ). Il fit lui-même son épitaphe qui témoigne qu’il ne se dépitait point contre son destin (H), comme on

• Leclerc dit que cette promotion eut Leu le au décembre i536. Paul Ut avait, depuis le mois de mai de Vanne* precedente , rappelé auprès de lui Aléandre qui était nonce de Kenue depuis i533.

(*) Les cardinaux Campege et Simoneio.

C/") rojet la remarque 'G), à la Jin.

l’en a accusé. Érasme fait souvent mention de lui dans ses lettres , et presque toujours en mal (I). Il s’est plaint , entre autres choses , des mauvais offices <ju’il en avait reçus auprès de l’éveque de Liège, chez qui Aléandre avait un frère qui était beaucoup plus rand maître que lui en l’art de issimuler (K).

(A) Alexandre VJ souhaita de l'avoir à son service , ] Je me sers de cette expression , parce que l'auteur que j'ai suivi réduit la chose à un pur dessein qui ne fut jamais exécuté *. De la manière qu’il en parle , Aléandre ne fut jamais actuellement au service de ce méchant pape. Si cela est , il faut compter pour perdues toutes les réflexions qu'on a faites au désavantage d'Aléandre , en vertu de la pernicieuse école d'Alexandre V] , et de César Borgia , où l’on prétend qu’il a été élevé. Je ne décide rien ; je laisse au lecteur la peine d’approfondir un peu la ctfose :

Alcandrum ( qui paulo antè Cancella ri us Lçodiensis , et olim Jamosissimi Caesaris iUius Borgiæ seu ducis Valenlini secretarius fuerat , famulus hero dignus , et pars aulce Romance sub Alexandra VI , ) pessimè desetibit Luthcrus (1).

(B) Louis XI t le Jil venir en France , l’an i5o8. ] Pallavicini ne marque point cette année } mais comme il dit

?[u'Aléandre, figé de vingt-huit ans , ut appelé à Pans , je n’ai pas cru me tromper en la marquant , puisque d'ailleurs l’épitaphe d'Aléandre porte qu’il mourut l’an »54a. âgé de soixante-deux ans moins treize jours (a), ü était donc né le (3 de février 1480 ; car ceux qui marquent le jour de sa mort , la mettent au premier jour de février (3). Je suis surpris de la né-

* Leclerc explique qu' Aléandre . envoyé par le pape en Hongrie , riant tombe malade en route, fut obligé de revenir à V mise , et ne parut jamais à la cour sP Alexandre VI qui mourut au mois d’actit i5o3.

Jtj Scckeodorf , de Lulhcran. , lib. I , pag.

, nu m. 3...

(3) In Nomenclatore Cardinaliam , pag. i3i, et m UtorU de’ Poeti Greci de Lorenio Creuo , pag

(3) Oldoiau, in Athenro Koaieoo, pag. 3*7*

42* ALÉANDRE.

«licence des auteur» de ion épitaphe. (D) Quelques-uns disent qu’il mou-

H. ai » — A I o Mntt» n,t tmr In hSt 'up dp. son médecin ('dV 1

soixante-deux ans moins treize jours.

Cela ne peut être vrai que dans la supposition que Tannée 1479 ne commença pas au mois de janvier, et que Tannée i54*y commença: or il est

de langueur , contractée par les travaux de ses ambassades, lefit mourir:

Mox , diversis Legatiombus pro summis Pontificibus ad omnes Jerè christianos Principes fidélité r et diligenter

ru X Wf

1 annee j y louitucuüd . w *> o — ■

ridicule de supposer dans une épita- perfunclot et ideo in tabem deeapso. Un pbe une manière de marquer le temps passage de Paul Jove , mal compris

/] AntUiwwi ^nrufnrmi in T nri ptntinP

si destituée d’uniformité. le m’étonne que l’auteur du IVomenclator ne se soit point aperçu de cette fausse supposition. Il ait une chose incompatible avec le père Pallavicini : savoir, qu Aléandre n’avait que vingt ans lorsqu’il euseignait dans l’université de Paris.

d’abord , et puis métamorphosé de main en main en différent sens , aura peut-être donné lieu à cette bêtise du médecin d’Aléandre. Quoi qa’il en soit , nous apprenons de Paul Jove , qu'Àléandre ruina lui- même sa santé par le trop de soin qu’il en prit « et

lLUiiU UdOs 1 UUlftiOllC UC 1 «119» ic uup v*v 1 " *

(C) Il tomba entre les mains de quel- qu’il fut à lui-même un trcs-méchant aucs soldats qui le maltraitèrent. ] médecin , pour s’être servi de trop de

" ’ remèdes non nécessaires : Lcetatus est

«IU&4 *4* »V ON*vtf w-w- j

Voici ce qu'on trouve là-dessus dans une lettre d’Hiérome Négro à Mire- Antoine Michieli , datée de Rome le aode mars i$a5 : « L’archevesque de m Capue nous a racoropté un cas es-

ed purpurd per annos quinque (6) , pervasurus fwud tlubiè ad exaclam œtalem , nisi nimid tuendcc vcdciudinis sollicitudine intempestivis medica -

» trange d’Alëandre , ëvesque eslcu mentis, sibi herclè insanus et injeux i> de Brindes , et nonce de sa Sainteté medicus , viscera corrupisset (7).

» près le roy très-Chrestien : c’est qu’en (E) Il avait publie quelques ouvra-

« la plus grande fureur du combat , £«. ] M. de la Rochepozai (8 J me » et en celle confusion telle que la donne encore un petit sujet de me » pouvez imaginer , le pauvre gentil- plaindre de son manque d’exactitude. » nomme s’enfuyant vestu d’accous- il dit ou’Aléandre , quoique très-^ca- » trement digne de son estât d’éves- pable ae traiter les plus sublimes ma-

.... — 1 1 l.n Aa «\ • no #1 a I â« A av» a t 1 f\ne / I i> l'î “V V (V VS O 1 I iW'n TP

tiéres , n’avait pas dédaigné d’écrire sur les humanités , et de publier quelques petits opuscules , dont le sujet était tort mince : De re... litlerarid «* cet inferiori benè mereri non dedignatus est y exilis a rgu menti operul is cdUt s , quœ tamen autoris noruen et f omets, nec devant neque imminutum eunt (9).

Il n’y a point d’homme qui , lisant

» que * il tomba ès mains de trois » Espagnols , lesquels le prenans , et » sans autrement le cognoistre , le m contraignirent par* menaces et bra- » vades , de se tailler à trois mille » ducats de rançon , et le menèrent » en cest équipage par le camp , se « tournans souvent en arrière , et

>* l’importunans avec très-rigoureuses n n y -a jwwt <.» «v imuC » paroles de lès suy vre. L’effroyé éves- cela, ne se prépare à ne voir que de « que couroit après eux comme un forts petits livrets dans le catalogue des » laquay , sans oser dire qu’il fust Œuvres d’Aléandre , qui est à la suite » nonce apostolique. Mais , estant de- de ces paroles du Nomenclator. O- » dans Pavie , il fut recogneu par le pendant, voici le début de cette suite:

: j- v — 1-- — - 1- — - Scripsit vastum opus advenus swgu-

los disciplinarum professores , in quos censurant acerbiüs et felicem exercuit

(5) Vorn Us Jugeai. de* S*t»bi *ar le* Poe». loin. J II y mim. *»73, pag •

» viccroy de Naples , et par le roar- » quis de Pescarc , qui , avec grande » peine et difficulté, le délivrèrent de a ceste prison et servitude : néanmoins » fallut-il pour estrè quitte de son ser-

» ment , qu’il donnast aux soldats sus- "(6)Ii faudrait conclut d* là «rïf otent U » dits deux cents ducats pour homme cardinalat en *537.

» afin de les contenter. J’entends qu’il (7) Pautu* J <mu* , Elo*. , cap. XCFIIIyp.

» va à Venise .il vous fera le compte de *3*‘. ^ . , .. . . ■>

» ses disgrâces et mesavantures (4). » CarJnalium.

U) Lelirea de» Prince» , traduiUs par Belle- (9) Nomeadator Cerdindiw» , pag «*»» forêt, folio çfi. l6l4’

ALÉANDRE. 4*3

cahimum ; Tabulas in grammaticam grcecam **, scu potiùs grammaticam ad /il te ras grcecas ; Dialogos duosfestit'issimos , quorum aller Cicero relcgatus inscrioitur , aller vero Cicero revocatus (io); Carmina qiuedam illustrium poëtarum Italorum carntinibus i ru/ ila ; Epistolas multas , quarum 4 habes inter epistolas Federici Nauscœ, et alias in quibus de Rebus ecclcsiasticis agit ; Annolaliones item quasdam in bibliolhecd cardinalis Sirleli assers luitas. Si Von est choqué de voir un grand' et immense ouvrage , où Ton ne devait rencontrer qu'une petite dissertation , on ne revient pas de ce dégoût , en ne trouvant dans le catalogue des écrits d'un homme aucune marque qui fasse la distinction de ce qui a été imprimé , et de oc qui ne lest point. Voilà un défaut qui règne dans le Nomenclator , dans YAthenceum d’Oldoïni , et dans plusieurs autres bibliographes. Le grand ouvrage d’Aléandrc , où il faisait la censure de toutes sortes de professeurs n’a jamais été imprime. Il y mettait , ait - on , la dernière main lorsqu’il mourut : Mentre andava compierulo una vasiissinta opéra contra i projessori di tulle le scienze , fu assalito in Roma dalla morte ( il). C’est ce que M. Moréri a voulu aire par ces paroles : Il mourut le ier. février i54*, dans le temps qu’il allait publier un ouvrage considérable . Paul Jove a été sur cela l’original de beaucoup de gens. Quùm vastum opus , dit-il (ia), vastd Uld memorid adversùs singulos disciplinarum professores agitarelfRomœ inleriit. Les continuateurs de GeSner et Konig n’ont connu de tous les ouvrages a*Aléandre que les tables de la grammaire grecque. Draudius n’a pas même connu cela. Le catalogue d’Oxford ne contient qu'un petit poème de cet auteur

(F) On lui attribue une mémoire

*■ I mprimérs , selon Simler , en l5t^, in-8ft • Je ne sais , ajoute Leclerc , >i cel ouvrage est différent du travail cCJleandre iur la grammaire de Chrysoloras.

(10 ) Je Jais voir dans rarlicle d (Hortemio)

L»hdo , que cela est faux.

(11; Lor. Crauo, Iitor. de* Poeti Greci f p.

mrw

(11) Jovial in Flogiii, cap. XCVÏJI, p. lîi.

•* C'est , dit Lederc , une pièce de 1» vers,

intitul/e Potma ad Julium et Nacra» , imprimée à la page S6 du tome 1 des Delicw poëtoram Italorum de Craler.

surprenante. ] Je ne saurais prendre ce que Paul Jove en a dit que pour une saillie poétique, quoiqu’il lait assuré en prose. C est qu Aleandre retenait tout ce qu’il lisait , et qu’il le pouvait réciter long- temps apres sans se méprendre «n nen , ni quant aux choses ni quant aux paroles : Detur hoc incomparabilt inusitatas memorite félicitait quee in Hieronjrmo AJeandro supra cujusque vel antiqui scculi captum admiranter excelluit , ut ejus ex vero depicta faciès vel in pudendd ingenii sterilitate inter fecundissimas imagines conspiciatur , quando nihil eum cuncla volumina cupidè perlegenlem vel rerum vel verborum omninb subterf ugerii , quin singula memoriter vel à multis annis longo sepulta silentio recitaret ( i3). On a de la peine à croire cela si l’on ne le voit ; mais comme une mémoire ne laisse ^pas d’être très -heureuse , encore qu’elle ne le soit point au degré que Paul Jove vient de décrire , je ne doute point de la connaissance parfaite de plusieurs langues que l’ épitaphe d’Atéandre lui attribue: UcbraïcœtGrœ~ cce , Lalince , aliquotque aliarum lin guarum exoticarum ita exacte docloy ut cas rectè et apU loqueretur et scribe ret.

(G) Je ne crois pas qu’on ait eu raison de dires... qu’il était né juif. ] Luther et ses disciples donnèrent cela pour un fait certain *ï , pendant Ja première nonciature d’ Aleandre en Allemagne ; et voici ce que nous lisons dans les œuvres de Luther (>4) ’ Fenil his diebus Hieronymus Alean dery vir sud opinione longé maximus, non solùm propler linguas quas eximiè callet , siquidem Ebrcea illi. ver nacula est , Graeca à puero illi coûtait , Latinam autem didicit diutind prof ess ione , sed etiam mirabilis suis viaetur ob antiquitatem generis. Nam Judccus natus est , quœ gens immodicè gloriatur de Abraham vetustissitno se originem ducere. An vero baptisatus sil nescilur. Cerlum est eum non esse Pharisœum , quia non crédit resurrectionem mortuorum , quoniam vivit période atque cum corpore sii lotus pe-

(i3) Id. ihid. , pag. »3o.

*3 Leclerc combat longuement cette opinion de Luther.

(»4) Tome I ,fotio fy&. apud Seckendorf Je Lulherao. , lib. I , pag. ia5 , num. 4,

A24 ALÉANDRE.

riiurus t adeo nullum à je pravum qffectum abstinent. U sque ad insaniam iracundm est, qudvis occasione furent.

Impotenûs arrogantiœ , avariliœ inexplebihs , nefandce libidinit et immoditce , summum gloriœ mancipium t quanquhm mollior qûàrn qui possit claborato stylo (i5) gloriam parare , et pejor quam qui vel conetur m argumenlo honestn. At ne nesciamus , cessit feticissimè simulai a defectio ad Chrtstianos. Voilà un portrait qui nous» représente Aléandre , non-seulement comme un Juif qui faisait semblant d’être chrétien , et dont le baptême était une chose dcuteuse ; mais aussi comme un homme qui ne croyait point l’immortalitéde l’âme , et qui se

I (longeait dans les plus infâmes vouptes , emporté jusqu’à la fureur , avare et superbe au souverain point.

Il répondit à l'accusation d’être né juif , et déclara devant la diète de Worms , que ses ancêtres avaient eu la dignité de marquis dans l’istrie, et

au’il avait fourni de bonnes preuves e sa noble et illustre extraction lorsqu’il était devenu chanoine de Liège.

Il prit à témoin plusieurs personnes de probité qui l’entendaiept , et qui connaissaient sa famille. C’est M. de Seckendorf qui nous apprend cette particularité. Il l’a trouvée dans les archives desducs de Weimar, où l’on garde, entre plusieurs manuscrits, de ce temps -là , les actes de la diète de Worms. La longue Harangue d’Aléandre est en abrégé dans ces actes , et c’est de là que cet illustre luthérien a tiré ce que l’on va lire tel qu’il l’a traduit en latin (16) : Tandem questus est h Lutkero spargi quasi Aleander g ente J udœus esset : « Deum

(i5) Puni love témoigne qu'Jléandre ne s'exerça qu'a parler ; tique, lorsqu'il voulut écrire , il sentit trop tard son faible. { Sur cela Leclerc dit qu Aléandre , au contraire , a composé un grand nombre d’ouvrages dis sa jeunesse , mai t qu'il en est peu d'imprimés ; savoir : i°. la seconde édition de la grammaire de Chry coloras à laquelle U avait travaillé ; a°. la Gaomologia qu’il fit imprimer en i5i J ; 3°. la Préface du dictionnaire grec et latin , l5ia ; 4°. son épitaphe en deux vers grecs, rapportés par Bar le, remarque(ff), elUpetit Poème latin dont Bar le a parlé remarque (b y, 5°. quatre lettres dont le recueil de JSauséa , en i55o , ainsi aue Fqyle fa encore dit remarque(E)-, 6°. les Tabule m grammaticam gr*c*m , citées par Bajrle au mime endroit .)

(16) Scchcndurf , de Luther». , pag. 149,

» immortalem ! dixit , multi hic sunt » boni viri , quibus notas sum ego et » familia mea , et asserere ego uerè u possum , majores meos marchiones » in Islrid fuisse (17): quod verb pa a rentes mei ad inopiam redacti sunt ,

» fat o tribui débet. Natales mens itk » légitimait , ut in Canonieum Léo - » diensem receptus sim , quod factum » non foret , nisi or tus essem ex fa:

» milid dlustrt vel spectabiU. » Ce qui me fait croire que ce reproche de naissance judaïque était injuste , n’est pas une petite raison. Hulric Hutten publia contre Aléandre une invective, où il se mit si en colère qu’il le menaça de le tuer : Omnem advertam dUigentiam, omne adhibebo studium , omnia tenlabo conaborque , ut qui furore , amentiâ , et iniquitate gravis accessisti , vitd inanis hinc efferaris.

Neque enim exspectandum aanuc tibi est ut stylos doctorum hic airorum sentins , sed futurum crede ut fortium gladiis confodiare (18). Il n’ignorait

fias que ce nonce avait réfuté devant a diète le rënrochc do judaïsme , et s’était vanté ae descendre d’une maison très-illustre ; mais tant s’en faut qu’il s’engage à soutenir ce reproche* qu’il nie qu’on le lui eût fait. Peu m’importe qu’il ait eu tort de le nier; la preuve que je tire dt son silence n’en est pas moins bonne: car s’il avait vu quelque fondement dans l’accusation, il eût pour le moins soutenu qu’Aléander niait faussement son extraction juive. Ne lui soutint-il pas que les comtes qu’il sc donnait pour parens ne le reconnaissaient pas pour tel ? Nihil inictlexisti proximâ audition* citm mut h s quidam excusares judaïcam originem , nemo objiceret.

Nam esse malum qudcunque et tant gente editum sciebant omnes. ha que nemo magnoperè putabat generis pravitatem tibi objieiendam : ad^ersimi mores fremebant infensé multi. Et poterat sentiri jam manifesté qu<e esset animorum commotio : tu tamen , quasi illlc potissimüm expurgatione opus esset , mullis tractabas locum eum ad fastidium usque audientium ; sed tantd cum fiducid ut plané certus tibi esse vidercris neminem intolligere , quàm

(tv) On assure dans son épitaphe qu'il état», issu e comitibua Landri iu Carnti Pclrarptlof* ÎB latrii.

(18) Holricu H alternas iu Aleasdrom.

ÀLÉANDRE. 4*5

impudenter ibi mcntireris omnia. lllo enim posl mu/ta erupisti , ut adnobiliss. conutum % qui te penitùs ignorant , et quos tu haud satis nôsti , genus , ori- Çinem tuam referres (19). Or, comme il n’y a si petite chose qui , en passant de bouche en bouche, ne devienne considérable , je ne voudrais pas nier que la médisance qui courut contre le nonce , n’ait eu pour fondement ce que dit Paul Jove , que les Juifs admiraient l’habileté d’Aléandre en fait d’hébreu , et qu’ils n’avaient nulle peine à croire qu’il était de leur nation : Lalinœ grœcceque htlcrœ quiun tæpè alacriier jactabundo pro vernaculis hahcrentur , Hebraïcas admirantibus Judceis et suce stirpis eum facile credentibus , solertissimè didicit (ao).

Ceux qui chercheront à me critiquer sont avertis que je ne prétends point que le livre de Paul Jove ait donné lieu à la médisance : ma pensée est que , long-temps avant que Paul Jove eût dit cela , d'autres pouvaient l’avoir dit.

« Ce que dit Luther, qu’Aléander » était fort colère, est très-véritable : » on en peut croire Josse Gentin , se- » crétaire de ce cardinal, dans une >» lettre à Nauséa , évêque de Vienne

* (*)• Il lui dit de la meilleure foi du » monde, après lui avoir maudé la » mort d’Aléandre, qu’il ne sait où >> prendre parti , apres la mort de son » maître , dans l'appréhension où il

* est d’en trouver encore un plus em- » porté. Hactenùs , dit-il, alium Me- » cenatem Homce non quccsivi , eô

* quod immodestia etjurorhujus met » dejuncti inculcal mihi timorem , ne

* fuciam Glauci et un Diomède per- *> mutationem (ai). »

(H) II jit lui-même son épitaphe , qui témoigne qu’il ne se depilrtit pas contre son destin. ] Elle consiste en deux vers grecs , qui signifient qu’il était mort de bon gré, parce qu’il cesserait d’être témoin de plusieurs choses dont la vue était plus insupportable que la mort :

K<xt6xto» ou* au koi v , cti taCcojjcli

<£l i'ripLa.f/'TOÇ 19) Idem, Md.

jo) Joviui, Klojiorum cap. XCVllI, p. a3i. ^*) yttl s Kpi*t. tel Niuftcam à nriti MTipUrum , pag. 353.

(ai) Ce Supplément [ cV tt-à-dirt , et dernitr aient de M. de la Mofanair

IToxxvv , Srtrtp nfiî» axyior î? 6a-

VCtTOt/.

Voilà quelle serait la disposition de tous les hommes , si la réflexion , si la raison , si le bon sens , étaient capables de surmonter les impressions machinales qui Vjous font aimer la vie. Mais , laissant à part cette profonde moralité , ie dis qu’il est bien étrange que Paul Jove ait produit contre soi-même un témoin aussi formel que cette épitaphe. Il avait dit qu’Aléandre , indigné contre son destin, qui l’emportait un an avant l’année climactérique, rendit l’âme, en se plaignant de cette anticipation : Inter ut fato suo vehementer indignât us , quùm se prœreptum anno uno ante climactericum inter anxia supremaque suspiria quererelur (aa) ; et tout aussitôt il ajoute qu’Aléandre ordonna par son testament , qu’on mît dans son épitaphe un distique grec de sa façon , contenant cette pensée :

Excessi i vilte sr rumnis Jacilisqu» lubensque , Ne prjora ipsd morte dehiuc videam *.

Lorenzo Crasso dit à peu près la même chose, de ce dépit d’Aléandre contre son destin : Fu assalito in Roma dalla morte , contre la quale moslrossi anche negli ullimi sospiri sdegnalo (a3).

Paul Jove est tombé dans une autre erreur à l’égard d’Aléandre. 11 l’accuse d’avoir présagé de nouveaux malheurs prêts à fondre sur nos têtes:

nova s claaes imminerenobis ominatur ; mais rien n’est plus faux qué cela.

Aléandre ne regardait à l’avenir que par accident , toutes ses vues se portaient sur le passé; il s’imaginait seulement que l’avenir ne vaudrait pas mieux en ce monde. Voilà donc une seconde erreur de Paul Jove.

<^uant à la première , on ne saurait l’en justifier, qu’on ne le charge d’ailleurs d’une horrible médisance : c’est d’avoir représenté Aléandre comme un fourbe moribond , qui ordonnait par son testament qu’on fît accroire un grand mensonge à toute la postérité ; savoir qu’il n’était pas mort à

(m) Jovial Elogior , cap. XCKIII , p. a3i.

* Joljr , dans ses Addition, et Corrections , rapportent te autre traduction latine, sans doute de sa façon , et qu’tl donne comme meilleure que celle de Bajrle.

(a3) Lor. Crasso, Istor. de’ Poeiî Greci , p.

4*6 ALÉANDRE.

regret. Lorenzo Crasso rapporle que Scraderus a inséré dans scs Alonuraens d’Italie l’inscription sépulcrale d’Aléandre , avec la version latine

des deux vers grecs (?4)* Cette version est la même que Paul Jove a rapportée : elle n'est guère moins mauvaise que cell^-ci : Won t mût us obii ; quia quiesco , testis mullnrum quœ videra pejus est morte ( a 5 ).

Voilà ce qu’on gagne quand on se sert d’une langue peu connue : toute la force et toute la gr.Ve du distique grec ont échappé aux traducteurs.

Mettons ici une remarque qui m’a été communiquée par un habile homme : Jossc Genlin , tians sa lettre a JYausca , dit qu' Aléandre , trois jours avant sa mort , ayant mis ordre à toutes choses , servi ton bus et al iis præsentibus, pmnunciavit suum quod tieri cupichat epitaphium , quod hoc disticlio clausit , Katrôstvov, etc. Gela fait voir que l'épitaphe ne consistait pas entièrement dans ces lieux vers; mais que ces deux vers étaient seulement la clôture de l’épitaphe. Je ue suis point de ce sentiment : je crois que Centin a voulu dire que son maître renferma dans ce distique toute l’inscription qu’il ordonna que l’on

mît sur son tombeau.

(I) Erasme fait souvent mention de lui dans ses lettres , et presque toujours en mal. J Aléandre, bouillant de son naturel , et intéressé d’ailleurs à la ruine du luthéranisme , par sa qualité de nonce envoyé en Allemagne pour étouffer ce parti dans le berceau . n’avait pu souffrir la modération d'Erasme11. Ce ne fut pas tout : les ennemis d’Erasme ne cessèrent de le diffamer, comme fauteur du luthéranisme ; ainsi l'amitié et l’estime réciproques, qui avaient été entre lui et le nonce, souffrirent une grande diminution au premier voyage d’Aléandre en Allemagne : Hieronymum Aleandrum , nunciurn apostoheum , ho minent opprimé doctum mihique ve-

(i4) Lot. Craâjo , Istor. de’ Poeti Greci , p. a- 8.

(aj) Cbftneiu , lib. XVII , folio 458, la rapporte. Voyet SecLendorf , liv. /, pag. i a8 , ici. h.

* Leclerc a fait en réponse à Bayle L apologie d' Aléandre ; mats c’esl à V article Eit«ai qu'il avait renvoyé et qu'il a inséré ses longues et nombreuses notes. /Sans citer Leclerc Joly les a transposées et reproduites ici.

1ère ac jucundissimâ necessitudine eonj une l unt , miris mendaciis in me conati sunt irrilarc... Quid muhis ? per suaserant hontini , ut acri simplicique ingento prœdtlo , ila credulo , me pariint amicè de ipso et senlire et loqui. IV ce defuerunt , qui coalescentem amicitiam novis subindè delationibus ditcindcrenl C’est parler bien faiblement des mauvaises dispositions d'Aléandre, s'il est vrai, comme on n’en peut guère douter , que ce soit lui que l’on ait désigné ailleurs (37) par le titre de porteur de bulles t AiTrKat/uctroqipoç $ car ce porteur de bulles fit tout ce qu'il put pour perdre Erasme ^ et bien en prit à ce dernier , que l’empereur ne voulut pas faire tout ce qu'on lui demandait:

Me quominus oppressent per ilium non stetil : perieral E ras mus , si prônas aures principum reperisset. Une lettre qu’ Erasme avait écrite à Luther , et que .es amis de celui-ci rendirent publique, irrita si fort Aléandre, qu’il tâcha de ruiner son ancien ami , tant auprès du pape qu’auprès de l'évêque de Liège : Uæc ( epislola ) dédit ansam Aleandro jamprtdcm intquo m me animo ut me perdilum iret , conalus Lconis animunt irrilarc in me , simul Leodtensis episcopi qui priiu prnè deperibal , ut il'a loquar , tn E ras muni. JVarn ipse Leodiensis ostendit mihi litleras quas ad eum t Ronul senpserat Aleander salis odiosè me attingentes (a8). 11 affecta de dire que les hérétiques avaient trouvé dans les ouvrages d'Érasme le fondement de toutes leurs fausses doctrines : Jam audio multis persuasum ex mets scriptis exstilis se totam hanc ecclesue procellam. Cujus vanissimi rumorts pnpcipuus aulor fuit llicronytnus Aleander , homo , ut nihil altud dicam, non supersliliosè verax (39). 11 ne se contentait pas de mordre sur la religion d'Érasme , il médisait aussi de l’érudit ion et des ouvrages de ce grand homme. Cela paraît par une lettre qu'Érasme lui écrivit en l’année ï5*4

(76) F.rwmi FpistoU XX IV libri

"fil

(a7) Dan, la XXIV*. Lettre du XXV*. U rre,

pag. 1379.

(*8) Eraimi EpiitoU CXIII libri XIX , p.

(39) Idem , Epistola LXXXIV Ubri XX, p.

DigiUzed by G

ALÉANDRE.

(3o) , où il lui décharge son cœur. Il le regardait comme uu ennemi si irrité , qu’il le prit pour l’un des principaux promoteurs des censures que la Sorbonne avait publiées contre scs livres, et pour l'auteur véritable de l’invective qui avait couru sous le nom de Jules-César Scaliger : Non ta men erant proditurœ censurer, nisi qui* dam oleum camino addi dissent. Lu tetiœfuit Eccius, et utsuspicor Aleander , q uem suspicor hdc de causd prœcipuè sertisse , ut Erasmo moliatur ex Uium. Julii Scaligeri Libellum lam scio illius esse , quam scio me vivere.

ld tamen dissimulandum est , ne ntagis insanial prodito fuco (3i). J’ai montré ailleurs (3a) , qu’Érasine se trompe sur ce aernier fait : la harangue de Scaliger était l’ouvrage de celui dont elle portait le nom ; et dire qu’en i53i Aléandre allait à Paris principalement pour machiner la ruine d'Érasme , est se croire trop important, et ignorer la nature des emplois que le pape donnait à ce nonce.

Nous verrons ailleurs (33) si Érasme a eu raison d’attribuer à Aléandre un livre qui portait le nom de Dolet. 11 veut parler de ce nonce dans la lettre XXI V du XXV*. livre. 11 faut donc que la passion d’Aléaudre ait été extrême; car celui dont Erasme sc plaint avait fait • ourir à la cour de home un écrit (34) » où il disait au pape , qu’il s’étonnait que, tant de milliers de personnes ayant péri en Allemagne dans la guerre des Paysans , Érasme, l’auteur et le chef de ce furieux tumulte, vécût encore. On ne peut pas ignorer quel est l’auteur qu’Érasme cLési-

5 ne , puisqu'on trouve ces paroles ans une autre lettre : In me impu dentissimis argumentes causam agit ( Albertus Pius) , et a^tC hostilitcr , docere Laborans , me fuisse occasionem , causam , autorem et principem , totius hujus negotii . Quod idem agit Aleandcr in suo hacha , d émir ans me mdhuc spirare y quitta in Germani.1 tôt hominum milita sint tructdata (35).

«•) La LUI», du XVIII*. livre.

(il) Eraamua, Epiiloli LV1 Ubri XXX, pag.

.(3a)' Dans la remarqua (31) de Partiale

ÉftAIMK.

(33) Dans la mime remarque.

(34) la quo doecbat qu*d signifier! Hebneit ttaeha.

(35) Eraira. Fpiu. XC1X Ubri XX , pag.

En un autre endroit, il le désigne sous le nom de Verpüs (36) ; ce qui témoigne qu’il n’était point désabusé de la médisance qui avait couru , que cet homme-là était né juif. Si Aiéandre avait fait ce livre, il avait eu des liaisons très -étroites avec Érasme:

même table, même chambre et même lit avec lui, et il en avait reçu de bons offices ; car voici ce qu’Érasme nous apprend : Cum aller o fuit mihi olim non tectum modo ac me ns a , \>critm etiam cubiculum et ledits communes (3 7), ade'oque à me nulldlœsus est injuria , ut quùm illi res estent angustiores commendatricibus litteris meis nonnihil etiam adjulus sit , nec usqu 'am illius in scriptis meis nisi honorifica menlio (38). On ne peut s’empêcher de reconnaître là Aleandre lorsqu’on se souvient d’une autre lettre (3ç)\ où l’on trouve ces paroles : Ut video , tibi propemodüm persuasit (Aleander) :

al ego , qui è domestico oonvictu ac lectuli quoquè contubernio tolum intùs et in cute novi , tam scio esse ovum illius (4o), quant scio me vivere. Finissons la relation désavantageuse par un passage qui concerne les mœurs d’Aléandre. 11 vivait en épicurien à Venise, Pau i533, si nous en croyons Érasme : Nunc V enetiœ plane vivit epicureum , non sine dignitate tamen (4i). Sans doute par cette dignité, il entend la double mitre , dont il avait faitmention dans la lettre LX : Aleander, gemind milrd insignilus , nam Brundminus et Oretinus est , apud Cresarcm agit legatum Angticum (4^).

Ce dernier mot est équivoque , et peut-être Érasme n’avait point écrit Anglicum , mais Angelicuni , afin de signifier l’emploi de nonce apostolique qu’Aléandre avait alors en Allemagne. En tout cas, on n’eût point mal fait d’avertir dans une note marginale , qu’il n’était point ambassadeur du roi d’Angleterre auprès de

io5i : alla ast dalle de Bdla, la 1} de décembre iSsS.

( '6) Dans la Lettre XLIV du XXX*. livre, p. iq3i. V or et, aussi la LXXIY*. Lettre du même livre.

(Î7) Ce fut apparemment à V rnise , lorsque Erasme travaillait chet Aide Manuce.

(38) Epirt. XX tv Ubri XXV, pag. t3-jq.

, !3ÿ) La LVill*. Lettre du XXX*. tiVre d'Érasme , pag. ig&5.

(4#) Il parle de la Harangue de Scaliger.

(40 F.phtol. LXI1 Ubri XXX , pag. irùo.

(40 Erum. Epiai. LX Ubri XXX.

aléandre.

l'empereur Charlcs-Quint ; car c'est à quoi l’esprit du lecteur se porte tout droit. M. de la Monnaie a deviné très - heureusement qu 'Anglicum a été mis à cause qu’Érasme avait écrit en abrégé ÜpUcum pour apostoli cum.

Il faut pour le moins qu'on voie ici nn passage d'Érasme à l'avantage d'Aléandre : Etiamsi nommasses istum , qui Aleandrum Érasmo prœfert in omnibus , nihil erat periculi. Nam et ipse plurimàm tribuere sole a Aleandru, præserllm in liiteris , nihiloque magis me lœrli puto si doctior est , quam qtiod ditior est aul formosinr (43). La lettre où Érasme parle ainsi , est datée du 3i d'août i5a4*

(K) li avait un frère.... plus grand maître que lui en l’art de dissimuler. ] Érasme , qui nous apprend cette particularité , ajoute que ce frère était en cela beaucoup plus dangereux qu’Aléandre, qui ne savait pas si bien cacher ses desseins. Rapportons ses pro-

Sres termes : Habet fratrem apud Leoiens. hoc perniciosiorenf , quod omnia potest dissimnlare , id quod non potest

Aleander (44)-

Rome ; car s’étant agrégé des premiers à l’académie naissante des Humoristes , il avait toujours quelque composition à y faire voir ; et il fit même en langue italienne un Trailè fort docte sur la devise de cette assemblée.

La fécondité de son génie et de ses études se montra par divers écrits sur différentes matières. Il expliqua des antiques (A) : il écrivit sur la question des églises suburbicaires , et publia un ouvrage contre celui qu’un anonyme ( b ) avait composé là-dessus eu faveur des protestans *. Un volume de ses vers sortit de dessous la presse , et fut suivi d’une apologie de V Adonis du cavalier Marin , contre les rudes attaques du cavalier Stiliani. Urbain VIII lui témoigna avantageusement son estime ; car il travailla lui-même à le tirer du ser-

(43) EpinoU IV Ubri XXI , pag. io65. Vide •liant pag. 8 1 4-

(44) Era*mi Fpiitola LI Ubri XX, pag. ion.

. ALÉANDRE (Jérôme ), delà même famille que le précédent (a) , et petit-fils maternel de Jérôme Amalthée, a été un des savans du XVI Ie. siècle. Dès qu’il eut quitté leFrioul, son pays natal , pour aller à Rome , il trouva chez le cardinal Octave Bandini uq> emploi de secrétaire, qu’il remplit avec honneur pendant près de vingt ans. Il avait commencé de fort bonne heure à subir les hasards de l’impression ; car à peine avait-il reçu ses degrés de jurisconsulte, qu’il avait mis ait jour un Commentaire sur les Jnstitutes de Caïus. Il ne laissa point engourdir sa plume à

(a) On les distingue., en appelant Vautre Aleaudev Senior, et celui-ci Aleander Junior.

vice du cardinal Bandini , pour l’attacher à celui des Barberins ; desortequ’Aléandre devint secrétaire du cardinal François Barberin , neveu de ce pape. II fut du voyage de France , lorsque ce cardinal y alla avec le caractère de légat à latere. II ne succomba point aux fatigues de ce long voyage : il les soutint courageusement ; il s’en tira fort bien , malgré la délicatesse de son tempérament et sa petite santé. Il n’eut pas la même force à l’égard de la bonne chère. Il était convenu avec quelques-uns de ses intimes amis qu’ils se régaleraient tour à tour de. trois en trois jours : il ne pouvait s’empêcher , en présence de tant de

(/v"> C'était Saumaise.

* Joly remarque que cet anonyme n’ était point Saumaise , mais Jacques Godefroy , dont l'ouvrage parut en ibiy.

ALÉANDRE. 429

bons mets , de manger plus qu’il ne fallait , eu égard à un estomac aussi débile que le sien ; c’est pourquoi il tomba malade et ne put guérir de sa maladie (c). Le cardinal son maître lui fît faire de magnifiques funérailles à i’académie des Humoristes , et les académiciens ses confrères portèrent son corps au sépulcre ( d ).

Gaspar de Siméonibus y prononça l’oraison funèbre, le 3i de décembre i63i. Elle fut imprimée à Paris , l’an i636. Aléandre avait une manière d’écrire si nette et si dégagée , que le compliment qu’un de ses amis lui en fit mérite une réflexion (B).

(c) Ht. Bailfet , Jugem. *ur le» Poët. , nnm. l4ao, et Witte, dans son Diarium Biograpli., IP. part. . pag. 4 o , mettent sa mort à C an l63l. Wilte le nomme Alexander.

(d) Tiré de Nicius Erythræu» , Pinacoth. I. Voyez aussi Aliatius in Apibtu Urbanis, pag. 123, 124, 125.

(A) IL expliqua des Antiques . ] C étaient deux marbres , une table , et une statue. La table contenait la figure et les symboles du soleil j la statue était entourée d’une ceinture toute pleine de gravures. Voici le titre de l’ouvrage d’Aléandre : Explicatifs antiques tabula marmorea solis effigie symbolisque exscutplæ : Explicatifs sigiltorurn zona veterem statuant maminream cingentis. C'est un in-quarto imprimé à Rome, l’an 1616, et à Paris, l’an 1617 *. Je ne doute point qu’il ne soit entré par-là dans te commerce du père Morin. 11 paraît par le livre iutitulé, Ecclesia Orientalis Antiquitates (1) , qu’ils s'écrivaient quelquefois.

(B) Au manière d’écrire lui attira un compliment, ..qui mérite une réflexion.]

Pi icius Erythræus lui disait souvent :

Lorsque je lis vos ouvrages , je me trouve un habile homme ; mais quand

je lis ceux des autres écrivains , qui

* Joly explique que F opuscule de J. Aléane dre e*l rr imprimé dans le loin. IV des œuvres du père Sirmond , colonne 5g- à 600.

(1) Imprimé h Londres , l’an »6Sa , et à Vrurcforl , Fan 168 J, in- 1 a .

se piquent d’éloquence , je me trouve très-ignorant ; car je n’y entends rien. Qu’il y a peu d’auteurs latins aujourd’hui auxquels on puisse faire ce compliment ! Je ne parle point de ceux qui écrivent en style de chancellerie, ou de scolastique : je parle de ceux qui écrivent en orateurs, et qui travaillent leurs phrases. Ils ne sout prores la plupart du temps qu’à mortier la présomption de leurs leoteurs , qui se trouvent à tout moment accrochés par quelque allusion , ou par

Î quelque métaphore exprimée si conusément, qu’ils n’y voient goutte. Le mal est qu on ne mortifie guère les lecteurs par ce moyen , vu que l’amour-propre les engage à rejeter la cause de ces ténèbres , non pas sur leur ignorance , mais sur le galimatias de l’auteur. Quoi qu’il en soit , je m’imagine qu’on sera bien aise de voir ici la jolie pensée de Nicius Erythræus en original : Scribendi ejusdent ratio tum in solutd oratione turn in versibus adeo erat pur a, adeo elegans , adeo perspicua , ut sapé ex me audirct , tum demùm me mihimet doctum érudit unique videri , cüm sua legerem ; ciim aulem in aliorum scripta , qui se éloquentes dici vellent , incurrerern , tum plané me indoctum omniumque rerum rudem agnoscere , eo quod verbum prorsùs in illis nullum intelligerem ^). Cela devait lui être un motif puissant, pour ne laisser nulle obscurité dans ses éloges, et néanmoins on y en trouve. Quelques-uns ne voient pas qu’il ait exprimé clairement, si ce fut à Rome où à Paris ue la bonne chère fut fatale à Alcan* re : ils croient qne ce fut à Paris (3) . Pour moi , je ne doute point du contraire * : les conventions de se régaler tour à tour deux ou trois fois la se inaine sentent mieux des gens qui sont en repos chez eux, que des voyageurs. Outre que le voyage , que le légat François Barberin fit en France

(a) Nie» Erjltinei Pinacotb. I , pag. 4$.

(3) Vojes, le t Jugement dri Savant sur le* Poêles , loin. IV, nuin. 1^10 , pag. 5q.

* Baillel croyait que c'était de la trop bonne chère faite à Paris qu' Aléandre mourut à Borne. La Monnaie , dans une note sur le n°. >4?o des Jugement des Sa vans , appuie l’opinion de Baillel contre celle de Bayle. C’est aussi l’avis de Leclerc] et de Joly qui n’a pas manqué celle occasion de relever le philosophe de fistterdam.

ALEGAMBE.

Tan i6*5 , ne dura que peu de mois , etqu’Aléandre ne mourut qu’en i63 1 *.

* Le Crtfcim Ht ni m^t la mari de J. Alt a ri dre au il mars 16*9. Celle date , contester par Tfitéron , est confirmée , dit Joly , par Victorelli, à la fin\de son éloge du cardinal Aléandre , imprimé dite i63o.

ALEGAMBE (Philippe), jésuite flamand, naquit à Bruxelles , le 22 de janvier 1 5^2. Il étudia les humanités dans son pays , après quoi il s’en alla en Espa— pagne , et entra chez le duc d’Ossune. Il le suivit en Sicile, lorsque ce duc y alla exercer la charge de vice-roi. Se sentant une1 vocation à la vie religieuse , il

Ï)rit l’habit de jésuite à Païenne , e 7*. jour de septembre j6i3. Il fit son noviciat et son cours de philosophie dans la même ville , et ses etudes de théologie à Rome , d’ou il fut envoyé en Autriche , pour enseigner la philosophie dans l’académie de Gratz.

Ayant rempli les devoirs de cette fonction au contentement de ses maîtres , il fut avancé à la profession en théologie scolastique , et promu solennellement au doctorat l’an 1629. Sur ces entrefaites , le prince d’Eggemberg , favori de l’empereur Ferdinand II, voulut faire voyager son fils , et lui donna un jésuite prudent et docte pour confesseur dans ses voyages. Le père Alegambe fut jugé propre à cet emploi : ainsi on le tira des écoles pour le faire voyager avec ce jeune seigneur.

Il fut avec lui pendant cinq ans , et vit l’Allemagne , la France , l’Espagne , le Portugal et l’Italie. Étant de retour à Gratz , il y enseigna la théologie morale , et y fut le père spirituel de la jeunesse. L’an i638 , le jeune prince qu’il avait accompagné

dans ses voyages fut nommé par l’empereur Ferdinand III à l’ambassade d’obédience auprès du pape Urbain VIII. Il voulut avoir avec lui le père Alegambe.

Ainsi ce jésuite fit le voyage de Rome en qualité de confesseur de l’ambassadeur. Quand cette fonction fut finie, le général des jésuites le retint auprès de lui pour son secrétaire des dépêches latines qui regardaient l’Allemagne. Alegambe, ayant rempli quatre ans ae suite les devoirs de cette pénible fonction , fut contraint de la quitter , à cause que l’application continuelle à écrire lui affaiblissait trop la vue. On lui donna alors la préfecture des choses spirituelles dans la maison professe , et la charge de confesser dans l’église , de quoi l’on assure qu’il s’acquitta admirablement. Il mourut d’hydropisie à Rome, le 6e. jour de septembre 1662 (a). Il n’a pas fait beaucoup de livres (A); mais il ne laisse pas de mériter l’éloge d’un très— bon auteur ; car la Bibliothèque des écrivains de son ordre eàt en son

Senre un bon livre , et surpasse e beaucoup tout ce qui avait paru d’ouvrages de cette nature jusqu’à ce temps-là. Il fallut qu’il employât une grande peine à ramasser les matériaux : cela demande deux talens qui ne se trouvent guère ensemble , beaucoup de patience et beaucoup d’ardeur. 11 fallut ensuite mettre en ordre les mémoires ramassés ; et c’est ce qu’il y a de plus pénible dans cette sorte d’ouvrages, parce que l'on n’est plus sou-

( a ) Tiré de Sotuel, Biblioiheca Scriptorum SocicUtis Jeju, Romte it>^5 , w-fol af t pus- 706, 707.

ALEOAMBE. 43i

tenu de l’avidité ardente avec la- Sotuel lui donne Bibliotheca Scrip-

quelle on recherche les matériaux |(^3 , in.joLio . yaa p. joamnis Car qu’on n’a pas encore. C’est à Ro' Lusitanie ex Societate Jesu , Æome qu’Alegambe travailla à dres- nue, »649» Heroë* et Viciimœ

ser la Bibliothèque pour laquelle ‘“^^2

il avait recueilli tant de memoi- de Societate Jetu, qui inodiumfidei res (6). Elle fut imprimée à An- ab Hœrcticis vel aliis occisi sunt , /foyers, l’an i643. Il augmenta de ma , 1657, in-foho.

telle sorte ce que le jésuite Riba- (B) Il augmenta beaucoup la Bibho- , . * ' /r>\ theque de son ordre, que le jésuite lii-

deneira avait commence \B) sur badeneira avait commencée.] Afin que ce sujet, qu’au lieu que l’ouvra- je iecteur qui voudra savoir l’histoire ce de ce dernier n’est qu’un fort de la Bibliothèque dont nous^ parlons petit in-octavô , le sien est un in- n’ait point la peine de passeï d un tome

folio d une raisonnable grandeur. deneira coJromença en l’année 160a le Nous rapporterons dans les re- Catalogue des Écrivains jésuites. Son marques le bien et le mal qu’on écrit ne contenait que peu de feuilles; en a dit (C). Il songeait à une « l'augmenta depuis ; il lui donna la 11 Ii-*- . forme de livre, et le publia l an 1608,

nouvelle édition ; et, pendant les à Anvers. 0n le réimprima à Lyon , neuf années qu’il survécut à la l’année suivante, avec quelques addipremière , il recueillit beaucoup tions et corrections sur certaines diode choses qui pouvaient servir ou ^ <Pli n’avaient pas été bien con-

de corrections ou d additions. Le françaj8. Le père Jules Nigroni s’apère (Sotuel en a profité, lui qui perçut qne cet ouvrage avait besoin publia à Rome , l’an 1675, une d’étre retouché en beaucoup d'autres

nouvelle édition de cette Biblio- eo.lroils , principalement à 1 egarü Uc* . , * jésuites italiens : on Ut donc une nou-

theque (e). . Velle édition en l’année «6i3, à An-

On ne peut nier qu’il n’y ait vers. Le père André Schott en prit dans ce livre-la beaucoup d’au- «oin : elle fut notablement augmentée

teursmediocresetbeaucoupdau- ^ ))éfectueux . e| de là vintqu’Ateurs de la première voice ; mais iegambe s’engagea à le mettre en meilil y a des gens qui prétendent leur état, et à le rendre plus propre à

que, si l’on continue, il s’y trou- donner une liée avantageuse de le- M .. J;™,™,, rudition de la compagnie. Il le publia

vera une tres-sensible dispropor- ptm|de ,^3. u a été encore fort aug-

tion, c’est-à-dire que les grands menté par le jésuite Sotuel, dont l’ehommes seront incomparable- dition parut à Rome, l’an 1675 ; et il

ment plus rares dans la conti- faudra sans doute qu on 1 augmente “ tout de nouveau , tant parce que la

société des jésuites fournit incessamment de nouveaux auteurs, que parce qu’il est échappé plusieurs choses

nuation que dans ce qui a paru jusqu’ici. Cela me donne lieu de communiquer au public ce qui

se passa Sans un entretien de

quelques personnes de lettres , de YoTf^ Le second tome de la Bil’an 1 697 (D). bliothéque romaine (a) nous apprend

(b) Sotuel , ibide

(c) Soluel , ibide

(A) Il n’a pas fait beaucoup de livres.] Voici tous ceux qne le jésuite

bliot hernie ... «

mie le jésuite Bonanni travaille au Catalogue des Écrivains de sa contpa -

(1) Ex prmfalione Aleg«nat>«- (a) Imprimé à Rome, r<m 169a; Fautent t'appelle Pro»p«r Mandouo.

gnie , qui ont publié quelque chose depuis l’an 1670 *

L’exactitude d’ Alegambe est sans doute merveilleuse; mais il ne laisse pas d?y avoir encore dans son livre quelques péchés d’omission et de commission. Il n’a nas toujours marqué la première édition des livres; ce qui est un défaut important, et qui règne dans toutes les compilations qu’on a vues jusqu’ici. Personne ne s est encore avisé de publier un recueil exact de toutes les éditions , et de marquer soigneusement la première.

Gesner et ses continuateurs ont eu là-dessus une extrême négligence. Le père Sotuel, voulant éviter le détail où Alegambe descend quelquefois un peu trop , est tombé dans une trop grande sécheresse. Il s’en faut bien qu’il ne fût né pour ce travail autant qu’ Alegambe. Les curieux, je parle même de ceux qui l’excusent sur les ordres qu’il peut avoir reçus de ses supérieurs par rapport aux écrivains anonymes ou pseudonymes, mettent en cela son ouvrage tort au-dessous du précédent, où l’on trouve la découverte de tant d’écrivains cachés.

(C) Nous rapporterons le bien et le mal quon a dit de sa Bibliothèque des jésuites.’] M. Baillet nous fournira de quoi commenter le texte de cette remarque. Commençonspar le beau côté.

Il dit (3) que ' la Bibliothèque des écrivains de la société..., est un grand recueil qui a surpassé de beaucoup tous ceux de cette nature , et qu’on le doit considérer comme un des plus achevez en ce genre : que, selon Nicolas Antoine (4) , î*s jésuites ont fait voir par ce travail combien ils sont curieux et combien ils ont d'industrie pour les choses qui les regardent , et qu' ayant bâti sur lesfondemens de Kibadeneira ils ont élevé ce grand édifice , dont la beauté consiste particulièrement dans la justesse et la proportion de ses parties , et dont toute /a gloitc est due a Alegambe , écrivain si sûr et si juste , qu’il ne faut point appréhender de se

• Joly dit avoir vu le catalogue des manuscrits du pire Bonanni , et qu'il n'f a pas un mot sur crue continuation. En revanche, il parle d'un nouveau continuateur quil ne nomme pas, et dont rouvrage na pas paru. Barle , au surplus , avait cite son autorité.

(3) Baillet , Jagrmcoi des Savant , tom. Il , num. in , pag. >3o.

(4) Pratfal. Bibliolh. Seriptor. Hispaniç.

tromper avec lui , parce que non-seulement il est sans confusion , et quil ne prend jamais un auteur pour un autre ; mais encore en ce quil n'attribue point aux jésuites des livres qu'ils n'ont point faits , et qu'il est exact et fidèle h représenter ceux qui viennent véritablement de la société. M. Baillet ajoute , ue ce n’est pas une médiocre louange.., ’avoir évité avec tant de soin un vice dans lequel on a vu tomber la pluspart des autres réguliers qui ont écrit des Hommes illustres de leur ordre , et qui crayons faire honneur a leurs communauté z en grossissant indifféremment et sans choix le nombre de leurs savons et de leurs saints , ont mis au rang de leurs confrères quantité d'auteurs qui n’en furent jamais ; au lieu qu’on n'en voit presque pas un dans la Bibliothèque de la Société , qui n’ait été jésuite ; qu’on n’y voit pas même les écrivains qui sont sortis de leur compagnie ; comme Pajyre Masson , Gaspar Scioppius *, Marc- Antoine de Domini s , Chrestien Francken, etc. ; ou que , si on les y voit, c’est seulement

f>ar rapport aux livres qui ont précédé eur sortie : que c’est ainsi que l’on y trouve François de Macédo, Portugais ,

3 ni de jésuite se fl corde lier, et Claude ïausqucy , Flamand , qui quitta la société pour prendre l’aumuse à Tournai. Enfin, M. Baillet reraarqne que, selon l’auteur des Nouvelles de la Képubliquc des Lettres (5), Alegambe a Jort bien observé le goilt de notre siècle, c'est-à-dire , de toutes les per son - - nés de bon sens; que ce goût consiste à voir régner l’exactitude chronologique dans tout ce qui a du rapport a L’ histoire; que c’est ce qui a fait donner f approbation aux éloges d’ Alegambe, qui marque partout le temps et le lieu de la naissance des auteurs, loge où ils se sont faits jésuites , leurs emplois, leurs principales action s, selon la suite des temps , et que cet ordre a je ne

•' Leclerc dit que jamais Scioppius n'a été jésuite.

(51 Au mois de juillet 1684 , art. V , où il condamne indirectement ceux mut se contentent d'exprimer en belles phrases les qualités d'un homme , sans faire connaître ni sa patrie , ni sa famille , ni ses different emplois ; et oit il dit nettement, Qu'on ne saurait lire «n* dépit et san» »e plaindre de la négligence de lliulorin , la Vie de plonieur» jmpereor» de Rome ; qui »« nous apprend ni le lien de leur naissance , ni leur famille , ni lenr âge , ni la manière dont da s'étaienl avancés.

ALEGAMBE. 433

sais quoi qui revient extrêmement à l’esprit.. Au reste , poursuit i\I. Ëailict (6) , comme la compagnie îles jésuites a été jusqu’à présent la plus savante de toutes les sociétés régulières , c’est à-dire , pour te moins la plus abondante en toutes sortes d’écrivains {hors sur

la médecine ) on doit juger par-là

de i avantage qu’on peut tirer de celte riche Bibliothèque , qui est assez bien écrite , sans affectation de style particulier et sans ornemens trop recherchés.... disposée dans une très-belle méthode y et embellie d'un très-grand nombre de tables très -laborieuses et très-utiles. Voilà pour le bien ; passons au mal.

M.Bailletdit(7) que comme leicorps les mieux faits ne sont pas toujours exempts de taches et de défauts , quand leur beauté ne consiste que dans la taille et dans la proportion des parties, on ne sera pas surpris d’apprendre que cette belle Bibliothèque a rencontre ses censeurs , comme les autres ; que les uns ont cru y trouver un peu de cet amour de société , qui fait qu’on ne représente presque jamais les écrivains que par. le bel endroit ; qu’ils ajoutent quen effet on n'aperçoit dans tout ce gros volume que des éloges , et que , parmi une si grande multitude d'auteurs et de livres , on ne voit pas que i Alegambe et le Sotuel y en reconnaissent un seul qui soit mauvais , si ce n est peut-être ceux qui ont été mis à C inquisition ou à /'Index ; que d’autres . ont encore remarqué qu’il n’y a presque pas un écrivain dans toute cette Bibliothèque , qu'on ne nous dépeigne comme un saint. Il est vrai que tes personnes raisonnables doivent être satisfaites de voir à la tête et à la (in du livre une solennelle protestation , qu’on ne prétend pas être garant de ce qu’on avance sur la sainteté et les vertus que l’on attribue à ses confrères , non plus que sur les autres éloges qu’on leur a donnes. Il est plus difficile , selon M. Baillet (8), de bien répondre à deux autres points d’accusation. Le premier, estqu Alegambe, trompé par

(6) Baillet, Jugeinens des Savans , lom. II , num. 1 n, pag. 1J7.

(7) Là même , pag. x33.

(8) Baillet, Jugement des Strass , lom. Il , pag. i35.

de faux mémoires, que des personnes mal intentionnées lui envoyaient, a traité d’hérétiques M. Marion et M. Servin , et quelques autres magistrats illustres et bons catholiques. Le second est , qu’il a été trop indiscret de révéler certaines choses quil était trèsimportant h la société de tenir cachées et assoupies, comme, par exemple, lorsqu’il assure que l’Amphithéâtre d’honneur (*) , fait contre l’autorité royale par un nommé Bonarscius, est d'un célèbre jésuite , contre l'assurance que le père Coton avait donnée du contraire au roi üenri-lc-Grand ; et que d’autres livres , faits contre l’épiscopat et la hiérarchie en général, et contre le clergé de France et la Sorbonne en particulier , ont été composés par des pères de la société , quoique les principaux d’entre les jésuites de France , qui gouvernaient les maisons de Paris , ayant été appelés pour cet effet , eussent protesté, même par écrit signé de leur main, que les jésuites n étaient pas les auteurs de ces libelles. M. Baillet ajoute , que Sotuel a été plus discret

Îm’ Alegambe en ce point : car on ne it pas dans son édition les écrits du faux Smith, et du faux Of-Jesu , qui ont causé tant de scandale; non plus que les livres de Guimenius, de Vernant * de /'Apologiste des casuistes :

et il a eu soin même de nous avertir par avance que son silence à l’égard de ces sortes de livres devait passer pour un désaveu et une secrète condamnation quen fait la société , Mais on ne peut nier d'ailleurs quil n’y ait laissé les fautes d' Alegambe en beaucoup d'autres endroits , et que son édition ne soit moins exacte et moins belle que celle d’ Alegambe. Voyez la remarque précédente , à la fin. Je toucherai ci-dessous, à la fin de la remarque (C) de l’article Annat, uq petit défaut de cette Bibliothèque.

( D ) Je remarquerai, au sujet de cette Bibliothèque, ce qui se passa

(*1 Ce lirre est attribué au jésuite Carolut Scribomu • d'Anver* dans le catalogue de Ribadeneira, Lyon , io-8° , ebe* Pilleliotte ; et Anvers, ex Offictnd Plantiniand, t0i3. m-8°. Rem* cair.

* Si, dit Leclerc, Sotuel n'a point parle du livre publié tous le faux nom de Sieur de Vernant , c'etl que ce livre n'etl pat <Vun jésuite , mais d'un carme de la réforme de Bretagne , appelé dans le monde Bouaveaturc d’Hcredie , et dans Ut religion Booarcnture de Samte-Aone.

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