‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 116 sur 134 · S ALT · texte numérisé non relu

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Altilius aurait été plus blâmable , si, apres avoir obtenu la mitre à force de prêcher, il eût fait comme bien d’autres , qui ne prêchent plus dès qu’ils sc voient au rang d’êvéque. Ils savent,

3u’afiu de conserver cette sorte de omination , il n’est pas besoin d’employer les mêmes expédiens dont on s’est servi pour y parvenir (i3).

Paul Jovc n’a guère été plus heureux quant à la question de fait. Il prétend qu’Altilius ne fit plus de vers depuis son éle'vation à l’épiscopat, et que le plus beau de ses poèmes est rEpithalame d’Isabelle d’Aragon (i4)- Je ne doute pas que cette Isabelle ne soit celle qui fut accordée le 1er. de novembre avec Jean Galeas

Sforce , duc de Milan. Je ne saurais donc me persuader qu’ Altilius soit coupable de la désertion qu’on lui impute. Il devint évêque l’an 1471 :

le plus beau de ses poèmes fut composé depuis ce temps-là : peut-on donc sc plaindre que la mitre 1 ait fait abandonner le Parnasse ? Notez qu’il fit cet Epithalame , non pas au temps des fiançailles , mais au temps des noces d’Isabelle d’Aragon, c’est-à-dire , l’an 1489 (i5). Cela se prouve par les premiers vers :

Purpureot jam la: la sinus Tilhonia conjux F. x lui f rat , rot toque dtem palejecerat or lu , Coeruleum tremulo percurrem lumine pontum, Qui cupido iua vota viro desponsaque dudum Connubia, oftatoj y u t locos el gaudia Jerrtt.

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nulio Ghero. Le recueil de Jean-Matthieu Toscan est intitulé , Earnunn illustrium Poëtarum llalorum. Cet auteur dit dans son Péplum , quTi n’a lu que lEpithalame , et quelque peu d’épi^rammes d’Altilius. Celui qui a procure en 1689 une nouvelle édition des poésies latines de Sannazar (*) , et qui les a ornées de quelques notes, observe qu'il ne se souvient point d’avoir vu d’antres pièces imprimées d’Altilius, que l’Êpithalame et une épigramme; d où il infère qu'il s’en est perdu beaucoup, puisque Paul Jove parle des élégies de ce poète, et que Sannazar lui attribue des odes (18J. Pour réparer en quelque façon cette perte , on nous a donné dans les notes sur Sannazar trois ou quatre pièces d’Altilius , qu'on avait en manuscrit *. Le Toppi fait mention de trois piècesd' Altilius, insérées ne'Eiori de lie Rime de' Poeli illustri race a lu ed ordinali du Girolamo RusceUi , slampati in V enetia , nel 1 558, 4/1-8° (19). Ces trois pièces sont: Gabriclis Altilii Lamentalio , ejusdem Eptihalamium , ejusdem Elegia.

(*) C*e»t feu M. Brocchbutiu*. Rkk. eut

(18) Note io Saunas- , pag. 184.

* La Monnaie sur Ut Jugemrns des Sa ta K* , n®. i*34 , et Leclerc après lut , et Jolj aprtt eux, remarquent que cet pièces avaient paru e la tuile des poésies de BatiUus Zanchcuj , RiU, chet Oporin , *555, in- 8°.

(19) Toppi , Bibliolheca NapoleUna , p. 102.

Par-là , nous convainquons d'une rosse faute l’abbé Ughelli , qui a it qu’Altilius mourut dans son évêché de Policastro , l’an 1484 (16). On peut prouver qu’il ne mourut qu’environ Pau i5oi ; car Jovien Pon tauus observe, en parlant de la nouvelle de sa mort, que Sannazar s’en allait en France avec le roi Frideric (17).

(E) On n’a insère dans les recueils de Qrutcrus et de J.-M. Toscan , que V Epithalame d’Isabelle d’Aragon. ] J’entends par le recueil de Gruterus l’ouvrage qu’on intitule Deliciœ CC.

llalorum Poëlarumt collectore Ra -

( i3) Salluste a dit que , Imperium facile ii* arlibu» retinetur , quibua initio partum eat.

(j A) Joviu* , Eiogiorum cap. CXXV.

( iK) M. de U Monnaie m’a communiqué celle remarque.

(16) lighelti liai. Sacra, lom. VII , pag. rçfi.

(17) Jovian. Pont anus, in Dialogo cui htuluf .Lgidiu», pag. 1471, 1487. 31- delà Monnaie m'a indiqué cela.

ALTING (Henri ) , professeur en théologie à Heidelberg et à Groningue , naquit à Embden , le 17 de février i583. Sa famille était depuis long-temps fort considérable dans la Frise. Dès le berceau , il fut destiné à une charge où son père s’était signalé ; je veux dire au saint ministère (A). Pour cet effet , on l’envoya de fort bonne heure aux écoles ; et après qu’il eut fait à Groningue ses humanités et son cours de philosophie, on le fit aller en Allemagne, l’an 160 2. Il s’arrêta trois ans à Herborn, et v fit de si grands progrès sous le célèbre Piscator, sous Matthias Mar-

tmius et sous Guillaume Zepperus , qu’il obtint la permission d’enseigner la philosophie et la théologie. Il se préparait à voyager en Suisse et en France , lorsqu’il fut choisi pour être précepteur de trois jeunes comtes («)qui étudiaient à Sedan avec le prince électoral palatin. Il prit possession de cet emploi au commencement de septembre i6o5. L’orage qui menaça le duc de Bouillon de la part de Henri IV, et qui n’eut aucune suite , fut cause que le prince électoral sortit de Sedan avec ces autres jeunes seigneurs, en l’année ibo6. Alting les suivit à Heidelberg , où il continua d’instruire les trois jeunes comtes. Il fut même admis à donner quelques leçons de géographie et d’histoire au prince électoral , et il devint tout-à-fait son précepteur, l’an 1608. On en peut trouver des preuves dans la Bibliothèque Vaticane(B). Il l’accompagna à Sedan en cette qualité, et il l’instruisit d’une si bonne manière, que ce jeune prince, après son retour à Heidelberg , en 1610, étant interrogé sur tous les points de la religion devant le duc de Deux-Ponts, administrateur de l’électorat , et devant plusieurs autres personnes d’importance , répondit fort pertinemment , et en latin. 11 fut l’une des personnes d’élite qui accompagnèrent en Angleterre le jeune électeur, l’an 161 ?.. Il y acquit la connaissance de George Abbot , archevêque de Cantorbéri; celle de King , évêque de Londres ; et celle du docteur Hacquell , précepteur du prince de Galles. 11

(«' Le comte de Nassau , le comte de Solms el le comte d'Istnbtrsr,

eut même l’honneur de parler avec le roi Jacques. Les noces de l’électeur et de la princesse d’Angleterre ayant été célébrées à Londres au mois de février 16 1 3 (b) , Alting prit les deyans avec ses anciens disciples , et arriva à Heidelberg le ier. d’avril. Au mois d’août suivant , on lui donna la profession des lieux communs de théologie ; et, comme il .n’aurait pas pu présider à des disjputes s’il n’eût été docteur en théologie , il fallut qu’au mois de novembre il reçût le doctorat selon les cérémonies ordinaires.

En 1616 , on lui conféra une charge qui n’était pas peu pénible : ce rut la direction du séminaire , s’il m’est permis d’appeler ainsi le collège de la Sapience , qui était à Heidelberg. On voulait lui donner la profession que la mort de Coppenius rendit vacante l’an 1618 : c’était la seconde chaire dans la faculté de théologie ; mais il s’en excusa , et fit qu’elle fût donnée à Scultet* Il donna des preuves éclatantes de son savoir dans le synode de Dordrecht , oh il fut envoyé avec deux autres députés du Palatinat (c). Ce fut alors que l’académie de Leide fut réhabilitée par rapport au doctorat qu’elle avait laissé éteindre. Alting y créa solennellement licencie en théologie le professeur Jean Polyander, qui ensuite reçut de Scultet le caractère de docteur , et se vit par-là revêtu de l’autorité requise pour conférer le doctorat»

(b) Konig ne lui donne pas un temps convenable , en disant . fixit anno it>i3 • ce n'était point encore son état le plus florissant.

(c) Abraham Scultet , et Paul Tossan. Ce dernier fut député du sénat eccléfUiS'ique h lv-4 deux autres , de l’académie ,

4*o A LT IN G.

ses collègues Alting conçut sans tiraient ; or , c’est ce qu’ils ne fidoute bien des espérances peu rent pas. Il est vrai encore qu’il après son retouràlleidelberg. Les avait prêté l’oreille aux propositroubles de Bohème valurent une tions que le prince Louis Phicouronne à l’électeur palatin ; lippe (e) lui fit faire en 1634, de mais ces beaux commencemens venir rétablir l’académie d’Heifurent suivis d’une affreuse rui- delberg et les églises du Palatine. Tilli prit d’assaut Heidel- nat ; et qu’il s’etait déjà avancé berg au mois de septembre 1622, jusqu’à Francfort, au travers de et y laissa commettre tous les mille périls ; mais la bataille de désordres qu’on se peut imagi- Norlingen , gagnée par les Imner (C). Alting, échappé comme périaux , fit évanouir cette enpar miracle à Ta fureur du soldat treprise. Il fallut qu’il s’en re- (D) , alla trouver sa famille qu’il tournât à Groningue par des avait envoyée depuis quelque chemins détournés. Il ne parait temps à Heilbron. Il la rejoignit dans son histoire aucune autre à Schorndorf , et eut de la peine envie de transmigration. Lesder* à y pouvoir séjourner durant nières années de sa vie furent

Suelques mois : les ministres lu- un temps très-fâcheux ; les chaîérieus exerçaient contre lui le grins et les maladies le persécudogme de l’intolérance (E). 11 se tèrent cruellement. Il eut tant retira avec sa famille à Embden , de regret delà mort de sa fille l’an 1623, et fut d’abord saluer aînée, en ib3g, qu’il en tomba le roi de Bohème à la Haie. Ce dans une opiniâtre mélancolie prince le retint auprès de lui qui lui causa une fièvre quarte , pour l’instruction de son fils ai- dont il ne guérit qu’avec mille né ( d)y et ne voulut point con- peines, et encore 11’en guérit-il sentir qu’il s’engageât à servir qu’imparfaitement; car les restes l’église a’Embden , qui le deman- de la maladie dégénérèrent l’an dait pour ministre, ni l’acadé- 1641, en une fâcheuse léthargie, mie de Franeker , qui , en 1625, Cent combats livrés par les mélui offrit la place de professeur decins à ce mal l’avaient à peine en théologie , que la mort de Si- chassé , qu’il survint une afHicbrant Lubbert avait fait vaquer, tion domestique qui ramena plus Ce prince consentit avec peine , que jamais l’infirmité corporelle, l’année suivante , qu’il acceptât Alting perdit sa femme l’an 1643, une profession en théologie à et en conçut tant de chagrin , Groningue. Alting en prit pos- qu’il ne fut plus capable de sursession le ]6 de juin 1627 , et ne monter la mélancolie. 11 ne fit la quitta qu’avec la vie. Il est presque, depuis cette solitude vrai qu’il était parfaitement ré- jusqu’au jour de sa mort , que solu, en i633, de changer G ro- passer d’infirmité en infirmité, ningue contre Leide ; mais il s’é- Il mourut chrétiennement et détait réservé cette condition , que

les états de Groningue y COnSen- (e) H était administrateur du PnlaUnai ,

et il offrit en i633 à Alting une pince de prxr (</) Qui périt sur la mer de Haerlem , le 7 fesseur en théologie , et de sénateur ecclcstnsdr janvier ifSzQ. tique .

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