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dre d’ignorer si les effets de la réconciliation sont aussi doux dans le mariage, que dans la galanterie :
Amanlium irm amoris inUgratio ê/t (16).
(16) Terent. Andr., acu III , te. III , vs . *4*
ALTING (Jacques), fils du précédent , a été professeur en théologie à Groningue. Il naquit à Heidelberg , le 27 de septembre 1618, pendant la députation de son père au synode de Dordrecht. Toute son enfance fut un perpétuel changementde lieu (A).
Il fit ses études à Groningue avec beaucoup de succès ; et, comme sa grande passion était pour les langues orientales , il s’en alla à Embden , Tan i638 , afin de profiter des lumières du rabbin Gumprccht Ben- Abraham. Il alla en Angleterre l’an 164° » s y fi* connaître aux plus grands hommes, y prêcha , et y fut reçu prêtre de l’eglise anglicane par le docte Jean Prideaux , évêque de Worcester. Il avait résolu d’y passer toute sa vie ; mais il accepta la profession en hébreu , que la mort de Goinarus rendit vacante à Groningue. 11 y fut installé le 1 3 de janvier iG/j|3, le même jour que Samuel Des-Marets fut installé à la profession de théologie que le même Gomarus avait exercée. Les titres et les charges d’Alting augmentèrent avec le temps : il fut reçu docteur en philosophie , le 21 d’octobre • 1 645 ; prédicateur académique , l’an 1G47 ; docteur et professeur en théologie , l’an 1667. 11 avait fait deux voyages à Heidelberg , l’un en l’année 1 65 1 , l’autre en l’année 16G2 î et il avait reçu mille témoignages d’estime de l’électeur palatin Charles Louis,
ui le sollicita plusieurs fois 'accepter là une chaire de théologie , de quoi il s’excusa honnêtement. Il se brouilla dans peu de temps avec son collègue Samuel Des-Marets ; et il était difficile que cela n’avînt , vu que leur méthode d’enseigner n’était pas la même , et que sur divers points ils n’avaient pas les mêmes principes. Alting s’attachait à l’Écriture , sans aucun mélange de théologie scolastique. Il entrait dans la carrière de la gloire ; il se hâtait de s’y avancer : il ne manquait ni d’esprit ni d’érudition pour soutenir ses sentimens. Les premières leçons qu’il fit chez lui sur le catéchisme attirèrent tant d’auditeurs , que, faute de place dans sa chambre , il fallut qu’il se servît de l’auditoire académique. Il avait pour lui la plupart des étudians étrangers. Son collègue était habitué à se servir des distinctions et de la méthode des scolastiues : son nom faisait du bruit epuis long-temps ; il publiait quantité de livres ; il avait un grand feu d’esprit , beaucoup de savoir ; les proposans du pays s’attachaient à lui comme au chemin le plus sûr d’avoir une église ; car toutes les paroisses étaient servies par des ministres qui avaient éludié selon sa méthode. En voilà plus qu’il n’en faut pour allumer et pour entretenir la division, quand même le tempérament ne se mettrait pas de la partie. Alting avait à combattre des obstacles très-puissans : la pluralité des voix et l’autorité de l’âge étaient du côté de son adversaire, qui d’ailleurs avait pour lui une batterie capable de
gendarmer tout le monde , et de réveiller les préjugés les plus vénérables ; c’était de dire qu’AIting était un innovateur , un homme qui remuait les bornes sacrées que nos pères avaient si sagement mises sur les confins de la vérité et du mensonge. Il devint accusateur public seulement sur XXXI propositions erronées qu’il imputait à Jacques Alting.
Les curateurs de l’académie envoyèrent aux théologiens de Leide l’écrit de l’accusateur et la réponse de l’accusé, sans en avertir les parties, et les prièrent de prononcer là-dessus. On rendit un jugement digne de remarque (B):
on trouva Alting exempt d’hérésie; on blâma seulement son im-
Erudence à forger de nouvelles ypothèses ; d’autre côté , on trouva que Des-Marets avait man-
2ué de modestie et de charité (n).
e dernier n’acquiesça point à ce jugement, et n’accepta pas l’offre du silence : il voulut que la cause fût examinée par les consistoires, par les classes et par les synodes ; mais les supérieurs n’y voulurent pas consentir, et défendirent d’écrire ni pour ni contre le jugement des tliéolo—
Siens de Leide : ainsi l’ouvrage e Des— Marets, Audi etalleram partent, fut supprimé. Cette querelle fit un grand bruit , et eût pu avoir de fâcheuses suites , par la vocation de Des-Marets à l’académie de Leide ( b ) ; mais il
(a) Ctim Altingium ab omni hœreseas nota nbsoli-errnt , in ipso autem prude ni iam in procudendis novi im-entis . in Marvsio modestiam et chantutem rtfjuirerent. Vita Jacobi Alting.
[b) Et res miram ha bitura calastrophen , Matrsio (jtianujuam sent ad ihceLoçier proftssinncm Lupaunum in Batavis vvcato. Vita Jacui'i Altingii.
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mourut à Groningue (c) avant que de prendre possession de cet emploi. Il se fit une manière de réconciliation au lit de mort (C) : j’en parlerai dans les remarques. Alting fut obligé de se plaindre qu’on l’avait joué (D) , et ne fut point en repos après avoir été délivré d’un adversaire si terrible : le clergé grondait éternellement contre ce qu’il ap-
Eeîait innovations (E) ; mais le ras séculier arrêtait par sa prudence les tempêtes synodales ou consistoriales , et menaça d’interdiction ceux qui , dans quelque assemblée ecclésiastique , remueraient la querelle de ces deux athlètes. Alting n’eut guère de santé les trois dernières années de sa vie ; et enfin , une fièvre continue qui n’avait duré que neuf jours , l’ôta de ce monde , le 20 d’août 1 679. Il mourut
Sieusement , résigné aux ordres e Dieu ; et recommanda plusieurs fois à Menso Alting , son cousin, bourgmaître de Groningue, l’édition de toutes ses Œuvres. On a satisfait à ce désir quelques années après sa mort , par l’impression de cinq volumes in-folio (F). Il avait vécu hors du mariage jusqu’à l’âge de près de trente ans : enfin , il s’ennuya de cet état , et se maria (G). S’il avait encore vécu quelque temps, il aurait compose deux livres , l’un en latin , l’autre en flamand.
Le premier eût été une Apologie de sa doctrine , et l’autre une Histoire de sa Vie depuis son professorat; et l’on aurait vu par ce moyen l’injustice qu’on lui avait faite, en lui suscitant une
V Au mois de mai l6r3.
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