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volis occasinnem præbuit sinistra ipsi ominandi (i4).
(F) Regretter le temps. ] Du Maurier dit que François Aarsens mourut riche de cent mille livres de rente (i5).
(G) Laissant un fils qui a passé pour le plus riche de Hollande. ] Il était
ouverneur de Nimègue , et colonel ’un régiment de cavalerie. 11 laissa deux fils, dont l’aîné, nommé François, seigneur de la Plaate, se noya , passant d’Angleterre en Hollande, l’an i65g, après un voyage de huit ans en divers endroits de l’Europe. L’autre , nommé Corneille, a porté le nom de Sommerdyck : il a été colonel dans les armées de Hollande , puis gouverneur de Surinam, où il fut tué par la garnison mutinée , l’an 1688. 11 avait épousé la fille aînée de M. le marquis de Saint- André-Mombrun , dont il a eu plusieurs enfans, et qui est morte à la Haie l'an 1695, ou environ. De sept sœurs qu'il avait , il y en a trois qui ont été mariées à des personnes de ualité; les quatre autres se sont jetées ans une dévotion superstitieuse avec un tel emportement, qu’elles ont suivi le sieur Labbadie, ministre schismatique , comme si c’eût été un apôtre (.6). ^
04) Barlæu», Kpist. LXXVI, pag. 317.
(i5) Du Maurier, pag. 3-7.
06) ft les Mémoires de du Maurier , pag. 387 , 390.
AB ARTS, Scythe de nation (A), et fils de Seuthus. On en débitait tant de choses fabuleuses , qu’il semble qu’Hérodote même se fit un scrupule de les rapporter, et de s’en bien informer. 11 se contenta de dire {a) qu’on disaitque ce barbare avait porté une flèche par tout le monde , et ne mangeait rien. C’est n’avoir pas su la chose par son merveilleux; car ceux qui l’ont sue de ce côté-là ont prétendu qu’Abaris était porté sur sa flèche au travers de l’air (B), comme sur un cheval Pégase ; et qu’ainsi les rivières, les mers et les lieux inaccessibles aux au—
(a) Herodot., lib. IV , cap. XXXVI.
ABARIS
très hommes ne lui causaient nul retardement. Cette flèche avait appartenu à Apollon; et c’était apparemment avec celle-là qu’il avait tué les Cyclopes , fabricateurs de la foudre dont Jupiter s’était servi contre le pauvre Esculape {b). Apollon, après cette tuerie , ayant caché son dard sous une montagne , au pays des Hyperboréens , le recouvra d’une façon toute merveilleuse: car les
vents le lui reportèrent dès que Jupiter se fut apaisé envers lui (c). Ce n’est pas une petite affaire que de savoir en quel temps Abaris vivait (C) : il y a là-dessus une grande variété de sentimens qui a fait broncher quelques modernes (D). Il semble qu’il y ait moins de discorde sur l’occasion qui l’engagea à sortir de sa patrie, afin de voyager par le monde. Une grande peste, dit -on (d) , ravageant toute la terre , on n’eut point d’autre réponse d’Apollon , si ce n’est que les Athéniens feraient des vœux pour toutes les autres nations. Cela fit que divers peuples envoyèrent des ambassadeurs à Athènes , et que l’Hyperboréen Abaris fut un de ces ambassadeurs. 11 était déjà assez vieux; et , comine il s’en retourna en soi pays afin de consacrer à Apollon l’IIyperboréen , dont il était prêtre, l’or qu’il avait ramasse (e) , on pourrait prétendre qu’une collecte pieuse fut l’un des motifs de son voyage de Grèce. Il renouvela, pendant ce voyage, l’alliance des Hyperboréens
(bs Hvgin. Astr. PoeU, lib. II, cap. XV PaK 386.
(c) Id ib.
i(t) Ilarpocration , au mot "ACtcfic.
te) Jamhliclii Vita Pythag. , cap. XfX, Spanhcimii Not* in Cailimach. , pag. ^90.
et des habitans de l’ile de Délos (f). Il se mêlait de prédire l’avenir ; et comme il semait ses prophéties partout ou sa vie vagabondé le conduisait , on aurait pu l’appeler un oracle ambulatoire (É). Quelques-uns disent que ce fut lui qui fabriqua le Palladium (F), ce gage fatal de la conservation des villes qui le
Çjssédaient , et qu’il le vendit aux royens. II le fit des os d’un homme (g) , matière dont je ne pense pas que les faiseurs de talismans se servent jamais. On prétend qu’il pouvait prédire les tremblemens de terre , chasser la peste , et apaiser les tempêtes (G); et u’il fit des sacrifices dans Lacéémone qui eurent tant d’efficace , que ce pays-là , fort exposé à la peste , n’en fut depuis jamais affligé (h). Il composa beaucoup de livres (f) ; V Arrivée d'Apollon au pays des Hyperboréens ; les Noces du fleuve Hébrus ; une Théogonie où il expliquait la génération des dieux ; un Recueil cf Oracles , et un autre de Conjurations , ou d’exorcismes , ou , si l’on aime mieux ( k ) , de prières expiatoires. Tous ces ouvrages étaient en prose, excepté le premier. Ceux qui auraient toute la harangue du sophiste Himérius , de laquelle Photius nous a conservé un morceau (/), connaîtraient mieux qu’on ne le peut faire par ce fragment-là, si les
( f) Diodor*- Sicul. , lib. II, cap. XLVIl , pag . 126.
(g) Savoir, de Pvlops.
(Â) Juiublich. ubi suprà , cap. XIX. pag. 93; et cap. XX VIII, pag. i3l. ApoHouiu», eliam ubi suprà.
(i) Suidas, au mot ' ACetfic.
(b) Le mol grec dans Suidas est JtctÔsi pfMUÇ.
( l ) Pliolii Bibliolbeca , pag. u3&
AB À RIS
grands éloges que ce sophiste donne à quelqu’un s’adressent à Abaris. Du moins est-il indubitable qu’il le loue d’avoir parlébon grec (m). D’autres assurent que ses manières aisées et simples , et sa probité, le rendirent recommandable à toute la Grèce (n). Je n’ai
Eoint trouvé que Callimaque et ucicn parlent de lui , quoiqu’un grand critique l’assure (o). Si sa flèche avait eu le don qu’on attribue à la baguette de Jacques Aymar (H), il aurait pu faire de grands biens au monde , et ne pas craindre le reproche d’inutilité qu’Origène lui a fait(y>). Maison vient (a) d’apprendre (I) que le règne ae cette baguette a été fort court, et qu’il a enfin trouve son heure fatale à l’hôtel de Condé , à Paris.
(m) Voyez la remarque (C) . vers lajîru (n i Strabo , lib. VII, pag. 208.
(oj Casauboni Notæ in Strabon., lib . VJI, pag. 1137.
(p) Origenes conlra Celsum, lib. III , pag.
(17) On écrit ceci l'an 1693.
(A) Scythe de nation .J C’est Suidas qui lui donne cette qualité , et qui remarque fort distinctement qu’il vint de Scythie en Grèce , et qu’avec la flèche dont Apollon lui fit présent , il vola de Grèce jusques au pays des Scythes byperboréens. Tovroo ô pu>So\o-
•y QUflAtVOî 0IÇ*0Ç TOI/ TTtTbfAt VOt/ tLTTO TXÇ EX“ Xat«Tbc 'r“y ’TîrieCop»*» 2xt/8«».
<f» etî/TÇ» TTAfÀ TOI/ AîroXXûCVOÇ (1).
JUujus ilia fabufis celebrata sagitta volantis ex Græciâ , (et non pas ex Scythid , comme on lit dans la traduction ordinaire ) usque ad hyperboreos Scylhas. Eusèbc le fait aussi venir de Scythie en Grèce (a). Si l'article d’Abaris n’était pas en désordre dans Suidas, on en pourrait légitimement conclure que l’auteur y a désigné trois sortes de régions : la Scythie, où Aha* ris était né; la Grèce, où il alla faire nn voyage; et une autre Scythie, où
(1) Suida», au mot* ACxpu.
(a) Eusebii Cbronic. n. i454-
il fit aussi un voyage ; c’était celle des Hyperhoréens. On pourrait d’ailleurs en conclure qu’il ne se servit du vol de sa flèche que dans son second voyage, et par conséquent que ce fut en Grèce qu’ Apollon la lui donna. Toutes ces conséquences seraient justes si l’on avait affaire à un écrivain exact, ou si l’on était assuré qu’il a dit les choses telles qu’on les voit aujourd’hui dans ses ouvrages ; et alors il faudrait dire que Suidas a suivi une opinion très-particulière ; car presque tous les auteurs qui nous parlent d'Abaris assurent qu’il était Ilyperboréen (3) , et
Sue, lorsqu’il fit le voyage deGrè*ce, était parti du pays des Hyperboréens ; et s’ils parlent de sa flèche volante, ils ne manquent pas de dire qu’il Payait avant que d’aller en Grèce.
(B) Était porté sur sa flèche au travers de l'air."] Les paroles de Jamblique expriment cela fort nettement.
’Oïçv* Tcï i * 'TvrtpCoptoiç 'Aîrôxxamç J'etpn-
ôlTTI OLUTûb in'6^oèiUI»OÇ>9rOTat/UOt/Ç Tt KAt
irïkt iyti xflù t à etCatTai JiiCauvty cttpoCa.t»v TfÔTo» tiv* (4). Ciun Apotlini , ejus qui ab Hyperboreis colebatur , j a eu la sibi donato incquitarel , fluvios et maria, ac loca inaccessa per aërem quodammodo inccdens permeabat. M. Petit, en rapportant ce qui concerne cette flèche , s’est souvenu de ce qu’on débite ordinairement, que les sorcières vont au sabbat à cheval sur un bâton (5). L’un des journalistes, en faisant l’extrait du livre de M. Petit, n'oublia pas les vers de Villon , où un sorcier est appelé un chcvaucheur d’escouvettes (6). Je rapporterai tout le passage , parce qu’il donne lieu à une petite observation. M. Petit nous allègue les ravissemens d’Klic , le transport d' Habacuc , celui de Pylhagoras , et le dard qu Apollon V Hyper borèen avait donné h Abaris. C’était un dard merveilleux et fort semblable a ce manche de balai qui sert de cheval aux sorcières, à ce qu’on dit , pour s’en aller
(3) Htrodot. lib. IV, cap. XXXVI ; Diod. Sicul. , lib. HT. cap. XI; Apollon» Adm:r. Hislor. . srct. IV ; Jambliclii Viu Pylliagorae , cap. XXVIII , pag. 1*7 et *eq.; H arpor ration, au mol ” ACetptÇ. SclioliaRtes Ari*topban. ia F.qoii.; F.nsebin» , n. i5G8, etc.
(4) Jartblicb. V»u PrlhaROr* , pag. i?8.
(5) Pctitus, de Sibyliâ, lib. II , cap. VII ,
(6) Non est , le deutt-on vif brut lcr.
Comme un thevaucheur d'escouvelter.