‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 134 sur 134 · A R AU S · texte numérisé non relu

A R AU S

nulli in moerore , quitm de hdc cornmuni omnium condtlione audit* issent , ed lege nos esse natos , ut nemo in perpetuum esse p os sel expers malt , gr avi 'us etiam tulisse. Quocircà Carneades , ut video nosirum scribere A ntiochum , reprehendere , Chrysippum sole bat laudantem iLiunpidcum carmen illud :

Nemo mortali* c.«l, qurm non ouingat <k>l©e . Morbosqoe : mulli «tint liuuumli lïbrri ;

Kurtu» creandi : morsque e>t liait » cwoibw. Qu* generi humino augurera arqui<quaaa afférant.

Rcddenda est terr* terra (97). Tnm vita omnibus

Metenda ut frngcs : aie jubet nécessités.

JYegabat genushoc orationis quicquam omnino ad levandam œgriludmem pertinere. ld enim ipstim dolendum esse dicebat , quod in tam crudclcm nécessitaient incidissemus. JVom il 'an quidem orationcm ex commémorât tone alienorum malorum ad malcvolos consotandos esse aceommodatam (9S).

Rapportons aussi la réponse qui a été faite à cette critique de Carnéade :

Afihi ver o longé videtur sccùs. JVam el nécessitas Jet endee condtiionis humante, quasi cum Deo pugnare cohibtt.

admonetque esse hominem , quer cogilalio magnoperé luctum levât : et enumeralio exemplorum , non al animum malevolum obleclet , ajfertur.

sed ut ille qui mevret , ferendum si ht id censeat , qubd videat multos modérait et tranquille tulisse (99).

(L) Les partisans firent un procès à ses prêtres ] Qu’il me soit permis d’appeler ainsi ceux qui levaient 1« tributs de la république romaine dans les provinces. 11 y avait une loi qui exemptait de la taille les biens consacrés aux dieux immortels. Sur cria, les prêtres d’ Amphiaraüs prétendirent à l’exemption , et soutinrent que les terres qui appartenaient à cette divinité n'étaient soumises à aucune taxe.

Le texte de la lot est clair et précisa

(g^) Le vers grec rapporte par PlnUrq*e,dt Consolation*; , p. tto , et qui répond à ceci , •*<

’Eiç qip ovTtç* t ii y f'àvA-yxaiî»t «,>»•

Barthius in Slatinm, tom. III , pag. *75, c*njeclure qu’il faut lite f

’Eiçyii» <£lpovT»çy»T,x’ au *y*suarc *«£1*.

(98) Cicero Tnsculau. Question. , Lb. lit , cap ■ a5.

(99) Idem , ibid.

autem

AMPHILOCHÜS;

notre faveur, dirent-ils sans doute. Les inauguratus traditur. 1 Fuisse partisans répondirent que ces terres eum Iradunt Jilium Amphiaraï , qui n'étaient nullement dans le cas de la apud Thebas obierit uruî œlale ante loi , puisqu'elles étaient consacrées à Jiiacum bellum (io3). Je crois que Pline un homme mort , et qu’il est visible qu'une personne qui est morte n’est pas du nombre des dieux immortels.

Quoique ce raisonnement leur fût suggéré par l’avarice et non par le zèle de la religion , chose que des partisans ne tez que Solin prétend que Tiburtus consultent guère quand il s’agit de était petit-fils , et non pas fils d’Amleurs intérêts , il était pourtant si l’ " ¥ * " ! *

démonstratif, qu’il devait faire gagner leur cause. Je crois néanmoins qu’ils la perdirent. C'est dommage que toutes les pièces ne s’en soient pas conservées.

Nous n’en connaissons que ceci : An Amphiaraüs deus crityet l'rophonius ?

nous conte là un mensonge : les trois chênes sous lesquels Tiburtus , fondateurde Tibur et fils d’Amphiaraüs, aurait été inauguré , eussent-ils pu vivre jusqu’au temps de Vespasien? No-

?oii« neurum ininiuriatiurn Aicuieoii sou irere a ia seconde

je censorid , negabant irn- guerre de Thèbes(£) , et quelquest se ullos t qui y ahquando ° »*i 1» • j»

lissent ( ui>) Si on lesavait «ns d.IS£nt 1 a de-

phiaraüs. Je rapporterai scs paroles dans l’article Tibür.

(io3) Plînîus, Ub. XVI , cap. XLIV.

AMPHILOCHÜS , fils d’Àmpliiaraüs et d’Ériphyle ( a ) , fut JSfostri q u idem publicani , cùm es sent un célébré devin . Il accompagna a g ri in Bceotid deorum immortalisait Alcméon sou frère à la seconde excepti lege mortales esse

homines fuissent (100). «« . . .

laissés faire, Us auraient mis à la taille faire d Lriphyle (e) ; mais la plula plupart des dieux , et en roture part des auteurs sont d’un autre une infinité de terres sacrées : car sentiment. L’autel , qu’on lui

mortalité , eût-on pu produire à l’é- consacra dans Athènes (</), conpreuve de leurs exceptions ? Que n’eus- tnbua beaucoup moins a la gloire sent-ils pas obtenu au tribunal d’un de son nom , que l’oracle qu’il intendant qui aurait eu ordre de fa- aVait à Mallus, dans la Cilicie(A).

que mettre en parti la reeherche Lui et Mopsus furent les fondes faux cultes , pour y voir bientôt dateurs de cette ville , après la une bonne réduction. Mais de tels guerre de Troie (e). Ils se que— partisans , où pourraient-ils être en reIlèrent , et s’entre-tuèrent en

combien a paru solide à plusieurs duel, comme je 1 aidita.lleursf/). païens ce raisonnement : Il est mort ; Quelques— uns assurent qii’Am— donc il ne doit pas être adore comme philochus fut tué par Apollon (g). un,£[eii: , . , . , „ „ „ . Il joignit ensemble la royauté et

fait l'article d’Alcméon et (VAmphilo- 1» prophétie (A) ; car il fut roi chus, qui étaient ses Gis. Je ne trouve d Argos. Il est vrai qu il ne put pas que les autours grecs qui nous res- pas se maintenir dans ce royau—

tent aient parlé de Tiburtus , qui était aussi son fils; mais ils font mention d’Eurydice , de Demonassa et d’Alcmène, filles d’Amphiaraüs et d’Ériphyle (10a). Voyons ce que Pline conte de Tibur lus : Tiburtes originem multo ante urbem Bornant habent. Apud eos exstant ilices très , etiam Tiburto condilore corum vctusliores , apud quas

(100) Cicero , de Nature Deorum, Ub, ///, cap. 19.

(101) Dant la remarque (A) de l’article T*or«o*iv*. [Cet article n'existe pas* J

(xon) Riiuanwu , lib V , pag. i65.

me. Il en sortit mécontent , et alla fonder une ville dans le golfe d’Ambracie (B). Tite-Live a pris le change dans un passage que je

(a) Pausanias , Ub. V , pag. i65.

(b) Apollodorus, Ub. III, pag. 195.

(c) Apollodor. , lib. III, pag. 197.

(d) Pausanias , Ub. I , pag. 33.

Straho, Ub. XIV , pag. 4^4- Voyez

aussi Cicéron de Divinat. , Ub. / , rap. XL.

(f) Dans l’article Mopsrs.

(g) Slrabo, lib. XIV , pag 465.

(h) Ciccro . de Divinat. , lib. J, cap. XL.

a KPH i lo c nus.

citerai (C) On aura quelque chose dare , ut ad verbum respondeat Us , à censurer à M. Marin (D) Il ne

faut point confondre notre devin faclurum putavi , si düm prœlernaviavec cet AmphILOCHUS , dont une gabam , experirer oraculum , deumoie fut amoureuse (E). je rap- quedefuturisquidquamconsulcrem .

porterai ci-dessous dans une re- No,ez bie,n la «?«•»•;»»<* que Lucien porin «ii a rappoftee ; c est qu on proposait par

marque ce que Pline et quelques ^rit les choses sur lesquelles on de-

autres anciens auteurs en ont dit. mandait la réponse d'Àmphiloch us.

Qu’on ne dise pas que Lucien a forgé

(A).". avait un oracle à Mallus , lui-même les contes qu’il a débités

dans la Cilicie.] Pausanias assure que dans cet ouvrage : car cela n'afîaiblit

de son temps il n’y avait point d'ora- point notre preuve , puisqu'il est sûr

cle aussi fidèle que celui-là. D’où nous qu’il n'eût pas feint que cet oracle

Souvons inférer, que tous les oracles était célèbre, si depuis cent ans u paganisme ne cessèrent point par personne n’avait été le consulter, l’établissement de la foi chrétienne : C’est ainsi que M. Van Dale satisfait à Ta* ft ’A,u$»x6;fc» xoù xAp ’AÔMmioiç «c»» cette objection (5). 11 cite un autre Jv TÏirÔM» C»/uôç> xoù Kixixjxç i» Mclxx» passage tiré de l’Histoire du faux ded*\.vjftçAroy r£v ix f/xoîJ (i). Alexandre, dans laquelle Lucien Amphilocho in ipsd urbe A the- témoigne que l’oracle de Mallus était nienses ara sua est : in Ciliciœ vero fameux. On eût pu citer un troisième urbe Mallo ejusdem oraculum quod endroit ; je le trouve si favorable à omnium est , quœ œtatc med exstant , cette remarque , que je le rapporterai minime fallax . Les réponses de cet tout au long ï To» Tpcçams» , » ZtZ , oracle se donnaient en sonf»e : ’Eç-n n «où o /aÂxiça /ut cùroTryi^ti, to* A/uçi- MotXXa» iroXti t*c KiXixiaic A^upxô^ou xo^cf ôç ivatyoûc ÀvBpixav , xoù fivxpa.- Xpnrâpiov xoù Xp fi ovtjpAreav. Est xoiow ûioç eov , 6tc?ri«jti ô }*»»<tioc i? lü- Malliy quod est oppidum Ciliciœ , ora- xiki x, 4*t'è',/ut»oç Toi. sroxxat , mi -ye»culum Amphilocni , quod per somnia rtveit toi* fuoiv o£e x«ï mx* (6). De

I eciaircissemem uc ia »|uwuuu. ace es i juius , in t^uicia preectaru* inc

Cassius a parlé d’une peinture où Sex- vatianatur , multa mentiens , ef pro tus Condianus avait fait représenter duobus obolis prœstigiatorem agent. la réponse qu’il avait reçue de cet Nous examinerons ci-dessous la préoracle sous l’empire de Commode (3). tention de Lucien , qu’Amphilochus Voici un passage de Lucien qui nous n’etait pas le fils, mais le petit-fils

pCrSUadera rt 1 1 AmtlllîlocHuS nnssait «l’Amnliiariiic Disnnc pn attmrlint

alors pour

yÀpï£Aiyv~ " n 1 ( ------ x

to tr MatXX» towto /u«t»TUoy , txiqAVtÇA- ftx/u*£fv i/uot/ xc tpôrToc, xoù tc

tov rt y k où aix»9tv*Tov tivoli, xAi^Xpaiv x«ù to ’ Apiqn.iX90 /sarrtioi . (7) Cùm au-

iretpy<*( irpot *xo( ÀxoKpnc/ut*c.v , ciç et» tem essem in palriâ , florebant ad hue

iyypA^AC tic tic to ypappatriioy irctpA- Mopsi et Amphilocni oracula.

Jû rû xpoqnr* , xotxic a» t^tiy xyiuréi+uiy (B) Ilsortit mécontent d’ A rcos, et alla

jy <rca.pÂxhtt XiipAÜniAi rov X,t***fi*v » fonder une ville dam le golfe d'Am-

xoti ti rt pi /utxxiïToiv AuyC'jUhîvirATB ai brade.'] C’est d'un historien j»rave que

r» flt® (4^. Cùm ex Ægvpto redirent nous apprenons cela. “Apyoc to A/k«$*x*~

domum y audiremqtie illud in Mallo ^«xo» xxi ’A/uçuXo^iaty t»» «xxrt in-rw»

oraculum apertissimum simulque esse /mit* toc T^wixot ôixotiTf oiyot^a-fiiiratç , **«

verissimum , et sic evidenter responsa 01/x a.f«Txi/utw t» i» *Apyu xArAç-ÂTtt

(,) Pau«ania> , /,A. / , p«f. 33. V^X^OC Ô ' AgCfiApiOty i» Tp ’A.uCf ** xf

(a) XipbUin. in Epiu»m« Dionù , pag. a85, ag(; ' (5) >»n Dale , de Oracttli», pag. çfi.

(3) Idem, ibidem. (6) Loci»n. in De«rum Concil.o , pag 9^7,

(4) Locian. in Philopseude , pag 5oo , lom. tom. II.

//. V ir * (,) piat. d, Oraculor. defeetu , pag. 4^4. C-

AMPHILOCHUS.

KO Kir» , oyUWfVftOŸ t5 iAUTOU TTATpîJ't “Ap-

yoc oio/uatTKç. Kcti 5» J* ?roAiç £ur* fjttyiç-n

rSç ’Afl^XO^IAf , Kdti TOÜC Jl/¥«tT»T«tTOl/Ç

ii^ii ôixMTopstc (8). Argos Amphilochicurn et reliquam Amphilochiam Amphilochus Amphiarai films , post bellum Trojanum domum revenus , cum rerum status , qui Argis erat , ci no/j placerei , condidit in sinu Ambracico y urbem de codent pairice suce nomine Argos nominans , et erat fcec ur&i omnium Amphilochice regionis maxima , et potenltssimos habebat incolas. Strabon allègue ce témoignage de Thucydide ; mais il ajoute quelque chose : c’est qu’Amphilochus , mal satisfait du gouvernement établi dans Argos, s’en alla en Acarnanie , où il recueillit la succession de son frère (g). Thucydide ne dit point ceci ; et

Ï>ar conséquent Strabon a tort de le ui attribuer. Ceux qui prétendent qu’il adopte l’opinion de Thucydide (10) se trompent; car il paraît lui préférer l’historien Éphorus, quia dit

Î[ue la ville d’Argos Amphilochium ut bâtie par Alcméon , et que son fondateur lui fit porter le nom de son frère. M»t«c J* t»i» AptCpAxtcLv to “ Apyoc iç*i r'o A^^iXo^ixov xnio-p ta ' AKxpttuenoc x Ai t»» irttUcti (il). Post Ambraciani Argos sequitur Amphilochium urbs ab Alcmœone ejusque liberis condita.

Il ne faut pas dire qu’Apollodore n’a suivi ni Thucydide, ni aucun autre écrivain , en assurant qu’Amphilochus était le (ils d’Alcméon (ta): car il ne conte cela que sur la foi d’Euripide (i3). Notez qu’il observe que cet Amphilochus alla demeurer à Argos Amphilochium par le conseil d*Apollon.

Observons une grande différence entre Thucydide et Strabon. L’un dit

Su'Amphilochus , étant retourné à rgos après la prise de Troie , et n’y trouvant pas les choses dans l'état qu’il aurait voulu, se retira vers le olfe d’Arabracie, et y bâtit une ville 1 4) • L'autre raconte qu’Amphilochus, ayant bâti Mallus dans la Cilicie ,

(8) Thucydides, lib. If.

(9) Strnbo, hb. VJI, pag. aa5.

(to) Berkeiius , in Steph. Bysant. , pag. i?4* (11) F.phorus , apui Slrabonem , lib . VII , pag. ai5.

(ta) Berkeiius le dit pourtant dam set Notes sur Kticnnr de By tance, pag. ia4- (»3) Apollodor. , /1/1. fil , pag. aoi.

(»4) Thucydid. , lib. II.

après la prise de Troie , revint à Argos , et s y chagrina de l’état des choses , et s’eu retourna en Cilicfe , où il fut tué et enterré (i5). Voici d’autres brouilleries. Euripide dit qu’ Alcméon, devenu furieux, coucha avec Manto , fille de Tirésias , et en eut un fils et une fille ; celui-là nommé Araphilochus, et celle-ci Tisiphone (16). Cet Amphilochus, obéissants un oracle, fut s’établir dans Argos Amphilochium. Nous avons vu (17) que Lucien prétendait que l’ Amphilochus , dont l’oracle était si célèbre à Mallus, était fils d’Alcméon. Les autres disent

3u’il était fils d’Amphiaraüs. 11 y a eux partis à prendre parmi toutes ce9 confusions. L’un est de dire qu’il n’y a eu qu’un Amphilochus , dont l’histoire n’a été rapportée que par morceaux; c’est-à-dire que par des auteurs qui ont omis une partie de ses aventures. L’autre est de prétendre qu’il y a eu deux Amphilochus , l’un fils d’Amphiaraüs , et l'autre fils d’Alcméon , et que les auteurs ont quelquefois donné a l’un ce qui convenait à l’autre. On me persuaderait facilement que l’Amphilochus qui eut un oracle dans la Cilicie est fils d’Amphiaraüs , et que celui qui fut s’établir dans l’Acarnanieest fils d’Alcméon. La ville d’Argos de ce pays-là fut bâtie par Alcméon , et par ses fils : To “Apyoc <ro ' AptykoXtx'oi KTiV/Uflt ’ A}jtfAa.ionoi xcù nui Tra.iS'ety (18). Argos Amphilochicum urbs ab Alcmœone ejusque liberis condita. C’est ma première preuve. Amphilochus fils d’Alcméon fut averti par l’oracle d’aller demeurer dans cette ville d’Argos (19). Voilà ma seconde preuve. Pausanias observe que la postérité de Mélaranus régna dans Argos , jusqu’à ce qu Amphilochus , après la prise de Troie , se retira au pays qu’on nomma à cause de lui Am-

fïhilochie (ao). C’est l’ Argos Amphiochium et le voisinage. Or, il y a six générations depuis Mélampu9 jusqu’à cet Amphilochus : ' Att'o J* Msxaacto/oc ytim 1 T» ïç xeti ahuTjBK *<±ti /utt/'ttç ’A/u- ^ixô^outov ’A/^ict pkou (ai). A Àlelam-

( l5) Sfrabo, ld>. XIV , pag. 484, 485.

(16) Euripide», apud Apollodorum , lib. lit , pag. 3f»i. »

(i") Dam la remarqua précède nie, citation{6 ) . (18) Slrabo , lib. VII , pag. aa5.

(19J Apollodorus, Lb. III , pag. 701.

(30) P^usan. , Ub. //, pag. 60.

(ai) Idem , ibid.

AMPHILOCHUS.

prnle sex per totidem œtates usque ad Amphilochum Amphiaraï Jilium. 11 faut donc que celui-ci ne soit pas fils d’Amphiaraüs, comme Pausanias l’assure, mais d'Alcméon. En effet Mélam-

5 us fut père d’Antiphates , qui le fut ’Oïclès , qui le fut a Amphiaraüs . qui le fut d’Alcméon , qui le fut d’ Amphilochus. Si vous finissez par Amphilochus, second fils d’Amphiaraüs, vous ne trouverez point les six degrés dont parle Pausanias. C’est ma troisième preuve.

(C) Tite-Live a pris le change à son sujet, dans un passage que je citerai .] 11 a pris le fils pour le père dans ces paroles du XLV®. livre : Inde Oropum Allicœ vcntum est , ubi pro dco uates Atnphilochus colitur , templumque uetustum est Joniibus rivisque circa amœnum (22). Il est sûr que la principale divinité du temple dont cet historien fait mention était Amphiaraüs : il devait donc dire , ubi pro deo vates Amphiaraüs , et non pas Amphilochus colitur. Pausanias, qui s'était fait une étude particulière de ces choses , et qui avait beaucoup de talent pour y réussir, est beaucoup plus digne ne foi que Tite-Live. Or , non-seulement il assure que les habitans d’Orope bâtirent un temple au devin Amphiaraüs $ mais aussi il semble dire qu’ Amphilochus n’eut point de part à l’autel qui fut divisé en cinq portions, chacune desquelles appartenait à quelque héros , ou à quelque dieu (a3). Nous trouvons bien clans ce partage les enfans d’Amphilochus , mais non pas Amphilochus. J’avoue que la suite du raisonnement est propre à persuader que Pausanias ne l’a point omis : je ferais volontiers une correction dans le texte grec de cet auteur: je lirais haï toi/ îtciiJoc 'A/sqtfco/ioi/ , et Jilio Amphilocho , et non pas haï t<£» TAiS'otv ’A/t/^iXÔ/^ot/ , etfiliis Amphilochi : voyez la note (a4) j mais, après tout, ce ne sera pas douner Amphilochus pour le dieu du temple d'Orope.

(D) On aura quelque chose a censurer à son sujet a M. , Moréri. ] i°. Amphilochus n'est pas un certain capitaine grec , dont üomere fasse mention dans l'Odyssée ; car Homère

(ao) Titus Lisrios, lib. XLV , C. 37.

(23) Pausan., lib. I , pag. 33.

(34) Peut-être faut- il traduire les parole* de Pausanias par , cl ex Cliii ( Amphiarat ) Ampbilocho.

a dit seulement qu’ Alcméon et Amphilochus furent fils d’Amphiaraüs (aS).

a®. Cela étant , il ne fallait pas s'exprimer ainsi: On dit qu’U était fils d'Amphiaraë et d’Eripnyle. 11 fallait faire plus d’honneur à l’autorité d'Homère ; et jamais auteur tant soit peu versé dans la lecture des anciens n aurait employé ici un Ondit. 3°. L’Atnphilochus , dont Plutarque fait mention , ne diffère point de celui d Homère; il ne fallait donc pas le débiter pour un autre. C’était celui dont on consultait l’oracle à Mallus dans la Cilicie. 4°. Une fallait point dire qu'il apporta l'oracle à un certain Thespes tus de Solos (36). C’est changer un dieu en messager. 5®. On a ornis une circonstance qui devait être exprimée nécessairement : c’est que 1 liespesius mena une bonne vie après sa résurrection. Voyez Plutarque (37).

(E) fl ne Jaut pas le conjondre avec cet Amphilochus dont une oie fui amoureuse.] Voici ce que Pline dit de cela : Ouin et fama amoris (anseri) , Ægü ailecta forma pueri O lenit (2 8). C'est ainsi que le père Hardouin a corrigé ce passage : il y avait dans les autres éditions , Argis dilecla forma pueri nomme Ole.ni. On avait donc inséré deux fautes dans le texte de Pline : l’uoe touchant le lieu où l’oie fut amoureuse ; l’autre touchant le nom du garçon aimé. Ceci arriva, non dans Àrgos , mais dans la ville d’Ægium (29). Celui qu’une oie aimait s’appelait Atnphilochus, et non pas Olenus ; mais parce qu’il était natif d’Olène , on loi a donne le surnom d'Olenius. Un passage d’Elien a fourni au père Hardouin tous ces éclaircissecuens. T*

'KtyUU T»Ç A%AtA( fl’Ai/ôc’nxffiw/ "wpA ’Aptqi\t>%ov HfAoi )» X*r.

xi^n tovto (3o ).Apud Ægium Achaux oppidum anser umavit puerum , Olenium gente , Amphilochum nomme.

Theophrastus heve narrat. Athénée raconte la même histoire, et cite Cléarque et Théophraste ; mais cor*

(35) Homer. Ody». , lib. XV , vt. 348-

(36) On a corrige ’ cette faute dan* le a édOstms de Hollande.

(37) Plutarcb. de »er» Nnmiai» Vindtcti , f ■ 563 et seq.

(38) Plin. , lib. X , cap XXI f.

(39) Situés dans V Achaïe , proche de Su^onn Vorex PmiMnift» , lie. VU , pag- a3o.

(*3o) Ælianus , Hi»lor. Animal., lib. V , cap- XXIX. Voyet le père Hardonm , Emczdat.

XXI , in lib. X Phbh , pag. 4:4-

rigez une faute qui s’est glissée dans son livre : lisez ir Aiyût» , et non pas ii ’Apyut». Sans cela , l’on pourrait dire que le père Hardouin s’avance trop dans ces paroles: IVeque enim Argis, sed Ægii propc Sicyonem resgesta narratur ( 3i). Ne vouons-nous pas dans la version d’Athenée , apud Argioos puerurn arnavit anser , et dans le grec, il ’Apyut» <f* Tratâoç ùpàttrQtr %tir (3s») ?

(3x) H*rd. in Plio. , lib. X , pag

(3a) Athen., lib. XIII , tttp. rlHt p. 606.

AMPHITRYON , fils d’Alcée

(A) , fils de Persée , est moins connu par ses exploits que par l’aventure d’Alcmène sa femme, qui a servi de sujet aux poètes comiques

(B) . Alcmène était fille d’ÉIectryon , roi de Mycènes. Les fils de Ptérélaüs avaient fait une irruption sur les terres de ce prince, qui leur avait été fatale : ils y étaient tous péris ( a ), mais ils y avaient aussi fait périr tous les fils d’É- Jectryon (b). Celui-ci , se préparant à venger la mort de ses fils , laissa son royaume . et sa fille Alcmène entre les mains d’ Amphitryon , et lui fit promettre avec serment de ne point jouir de cette fille. Ceux qui avaient accompagné les enfans de Ptérélaüs avaient amené au pays d’Élide les troupeaux d’ÉIectryon.

Ces troupeaux furent rachetés par Amphitryon; mais, en les remettant entre les mains de leur maître, il eut le malheur d’être la cause innocente de la mort de ce pauvre prince (C). Comme on profita de cette occasion pour le faire sortir du pays des Argiens (c), il se retira avec Alcmène auprès de Créon , roi de

(a) Exceptez-en un quittait demeure à la garde des vaisseaux. Apollodor. , lib. II

PaR 97-

(fr) Exceptez-en le bâtard Licymnius, Apollodurus , ibid. , pag. gg.

(«) Il n'est donc pas vrai, comme on le dit

Thèbes , et reçut de lui les cérémonies de l’expiation. Après quoi il se prépara à faire la guerre aux Teléboes (D) , afin de venger la mort des frères d’Alcmène ; condition qu’elle exigeait de celui qui voudrait être son mari (E). Il fallut <jue, pour engager Créon à le suivre , il le délivrât d’un renard qui faisait de gros ravages. Il l’en délivra par le moyen de Céphale , qui lui prêta le chien que Procris avait amené de 1 île de Crète. Amphitryon , assisté de divers peuples , entra sur les terres de Ptérélaüs , et les ravagea ; mais il fut redevable du grand succès de cette guerre à la perfidie de Comèthe , fille de Ptérélaüs. Cette fille devint amoureuse d’ Amphitryon , et arracha , pour l’amour de lui , le cheveu d’or que Ptérélaüs avait sur la tête , et d’oü dépendait sa vie. Ce malheureux père mourut aussitôt ; et alors Amphitryon s’empra universellement de tous ses états. Il fit mourir Comèthe, et s’en retourna à Thèbes chargé de dépouilles. La première nouvelle dont on l’y régala fut qu’il avaitpassé la nuit précédente auprès d’Alcmène. Il était fort convaincu que cela était très-faux.

Enfin on sut que Jupiter avait joué ce tour-là en prenant la figure d’ Amphitryon. Celui-ci , sans se rebuter, s’approcha d’Alcmène, et la rendit un exemple de superfétation qui a été mille fois cite. Elle avait déjà conçu Hercule , et il lui fit concevoir un autre fils. Pour discerner celui qui était à lui d’avec celui qui était à Jupiter, il jeta deux ser-

dans le Supplément de Moréri, qu Amphitryon succéda à Electryon.

pens sur letir lit. üercule n’en eut point de peur, l’autre prit la fuite; il n'en fallut pas davantage pour connaître quUercule n’était point fils d’ Amphitryon.

On prétend qu’Alcmène mit sur sa tête un ornement qui faisait connaître au monde que Jupiter avait triplé la durée de la nuit pour la caresser plus long-temps (F). Il n’est pas vrai qu’ Amphitryon ait appris aux hommes à mettre de l’eau dans le vin (G).

Alcmène survécut à son mari (i d ). Les débris de leur maison se voyaient encore à Thèbes du temps de Pausanias (e). Il faut se souvenir qu’ Amphitryon était né à Argos (/). Il y a des auteurs qui l’appellent roi de Thèbes (g ).

(<f) Patisan., lib. I , pag. 3g.

(e) Idem , lib. IX , pag. 290.

(/) Plauti Ampli. Prol.

(y) Servira, in Æneid., lib. VIII, us. lo3.

(A) Fils d'Alcèe .] Apollodore dit qu’Hipponorae, fille de Menœcée, était la mère d’ Amphitryon (1). D’autres le font fils de Lysidice, fille de Pélops: d’autres lui donnent pour mère Laonome , fille de Guneus (a). Notez qu’il était oncle de sa femme ; car Anaxo , sa sœur, était la mère d’Alcmène (3).

(B) Il est moins connu par ses ex vloits , que par l’ aventure de sa femme , qui a servi de sujet aux poètes comiques .J Une des plus belles cornédies de Plaute est l’ Amphitryon. C’est le jugement qu’en fait mademoiselle le Fèvre * , qui l’a traduite en français, avec d^excellentes notes. Voyez les dernières remarques de l’article Tkléboes. Molière a fait une comédie du même titre. C’est une de ses meilleures pièces. Il a pris beaucoup de choses de Plaute ; mais il leur donne un autre tour : et s’il n’y avait qu’à comparer ces deux pièces 1 une avec

(x) Apollodor. , lib ■ II, pag. 97.

(a) Pausan. , lib. VIII , pag-

(3) Idem y ibid.

* Depuis madame D acier. Joly a fais , it l'occasion de ce passage , une remarque qui ne porte pat sur Bâtie, mais sur le Supplément au Aloréri de 1735.

l’autre , pour décider la dispute qui s’est élevée depuis quelque temps sur la supériorité ou l’infériorité des anciens, jecrois que M. Perrault gagnerait bientôt sa cause. 11 y a des finesses et des tours dans l’Amphitryon de Molière, qui surpassent de beaucoup les railleries de 1 Amphitryon latin. Combien de choses n’a-t-il pas fallu retrancher de la comédie de Plaute , qui n’eussent point réussi sur le théâtre français ! Combien d’ornemens et de traits d’une nou * ▼elle invention n'a-t-il pas fallu que Molière ait insérés dans son ouvrage,

Sc>ur le mettre en état d’être applaui comme il l’a été ! Par la seule comparaison des Prologues , on peut connaître que l’avantage est du coté de l’auteur moderne. Lucien a fourni le fait sur quoi le Prologue de Molière roule; mais il n’en a point fourni les pensées. Jamais un bon connaisseur ne dira ici :

ui béni vertendo ,el eat desenbendo malit ex reecis bonis latinas fecit non bonus (4).

Qu’on ne prenne pas ceci de travers , j’en supplie tout le monde ; je tombe d’accord , non-seulement que l’Amphitryon de Plaute est une ae ses meilleures pièces ; mais aussi que c’cst une pièce très-excellente à certains égards.

Il semble qu’on la jouait encore du temps d’Arnobe. Ponit animos Jupiter si Amphilryo fuerit actus pronunciatusque Plautinus (5). Je voudrais bien que nous eussions l’Amphitryon d’Euripide , et les deux Amphitryons d’Archippus.

(C )En remettant a LUctryonsestroupeaux f il eut le malheur d’ être la cause innocente de la mort de cepauvre prince.] Voici comment : Cüm bos una aufugtret , in ipsam Amphilryo tum quam manibus Jortè clavam gestabat immisit , quœ de bovis cornibus repuisa in Elcctryonis caput resiliens ipsum vitd privavit (6). Daus le Supplément deMorcri , au lieu de massue , l’on a dit pierre.

(D) Il se prépara à faire la guerre aux Tébboes.’] Nous disons ailleurs (7) quel peuple c’était , et nous marquons les différences qui se trouvent entre Apollodore , que nous avons suivi , et le scoliaste d’Apollonius.

(4) Terent. Prol. F.nnuch., vs. 7.

(5) Arnob. , lib. VII , pag. *3#.

(6) ApolloJ. , hb. Il , pag. 09.

(7) Dans l’article

(E) Alcmène exigeait cette condition de celui qui soutirait être son mari ] Nous verrons dans Tarticle auquel la remarque precedente a renvoyé le lecteur, qu' Alcmène demandait principalement qu’on vengeât la mort de son père.

(F) Sa femme portait sur sa tête un ornement qui témoignait que Jupiter avait triplé la nuit , pour la caresser plus long-temps. (8)] Voilà qui est sin-

Sulier. il lui devait suffire que la tète e son mari fût chargée du panache, et fortifiée d’ ouvrages à cornes et à demi-lunes capables de l’emporter sur les tours de la déesse Cybèle:

• Qunlit Berecinthia mater

Invehilurcurru Phrrgias turrita per urbe s g).

Qu’était-il besoin qu’elle portât trois lunes entières sur son front ?

• 4 • • 4 • • • Parvoque sllcmena superbit Hercule , lcrgenitrui criiiem circumdala Lund (toj.

Plusieurs interprètes veulent que ces trois lunes aient été le monument des trois nuits que Jupiter passa avec elle. Beau trophée portatif pour le pauvre Amphitryon ! Quel monument de son honneur sain et sauf! Voulait-elle que tous ceux qui jetteraient l'œil sur sa coiffure se souvinssent de la triple nuit que ses charmes avaient fait produire? Encore un coup , son mari ne devait pas trop s’accommoder de cet ornement. Je m’en rapporte à Molière, qui le fait acquiescer à la réflexion de son valet. Les amis d’Amphitryon ayant su que Jupiter promettait monts et merveilles pour la réparation de 1 injure, commençaient à lui en témoigner leur joie \ mais Sosie les interrompit :

Messieurs , voulez-vous bien suivre mon senliment ?

AV vous embarque z nullement Dans ces douceurs congratulantes :

C est un mauvais embarquement ,

8) Apoilodoru* , lib. //, png. q- elc >9) Virgil. Æncid. . lib. VI, vt.rSS.

io) Sut. Thebaïdof lib. VI f vs. a88.

Et d'une et <T autre part pour un tel compliment Lsts phrases sont embarrassantes.

Le grand dieu Jupiter nous fait beaucoup d’honneur ,

Et sa bonté sans doute est pour nous sans seconde.

Il nous vrotnel F infaillible bonheur D'une fortune en mille biens féconde ,

Et chez nous il doit naître un fis d'un trisgrand caur ;

T'ouï cela va le mieux du monde :

Mais enfin coupons aux discours ,

El que chacun chez soi doucement se retire ; Sur telles affaires toujours Le meilleur est de ne rien dire *.

Amphitryon trouve cela si judicieux, qu il y donne par son silence un entier consentement.

(G) // n’est pas vrai qu'il ait appris aux hommes a mettre de l'eau dans le vin.] Cette invention est d’un autre, si Ion en croit Athénée (ii)« mais comme cet autre se nommait Amphictyon ,\ il est arrivé à un trèsdocte critique de le confondre avec le mari d’Alcmène. Je ne doute point que de semblables méprises ne soient souvent cause de la diversité d’opiniobs que l’on trouve dans les auteurs. Lisez Athenee , vous direz qu Amphictyon , roi d’Athènes, a inventé le mélange de l’eau et du vin.

Lisez Casaubon , vous attribuerez ce secret à Amphitryon , roi de Thèbes j d où il arrivera que d’assez bons compilateurs formeront deux sentimens :

Quelques-uns , diront-ils, attribuent cette invention h Amphictyon ; d'autres l’ attribuent a Amphitryon. Voici les paroles de Casaubon : Quod mox de Amphyirionis (je rapporte l’orthographe comme je la trouve) inventa temperandi vinum sequitur quo pertineat subobscurum est. Spectat autem co ne quis miretur quod postea dicit, Homerum varia temperamenta vini ha buis se nota. Car entnt hoc miremur , ciim tÎÎc toû oï»ow xp&rtuç invenlor sit Amphttryo , q tient ante Iliaca tempora Thcbis regndsse nemo dubital (ta).

* Molière , Amphitryon , acte III , scène XI. (..) Athen iUb.IV, cap. XXVII, p. x7q.

(la) Câiaub. in Atben., p#g. 3,3 > 3^

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