‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 133 sur 134 · tome I · texte numérisé non relu

tome I

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» tout sens et entendement , qui s’ef- » forcent de venir contre nous à tout » un grand équippage ( Jupiter le » permettant ainsi) sera attiré quand et » eux h une finale perdition et ruine. » Voilà ce que Vigénère dit. 11 ne faut pas s’imaginer qu’Aajphiaraï* espérât que les fautes des directeurs seraient réparées par la justice de la cause (91) : il était trop habile homme pour croire cela $ il savait qu’une guerre juste n’a pas moins de nesoin qu’une guerre injuste de tous les secours humain* qui font réussir (9a) , et que, ne les ayant nas au même point à peu près que les défenseurs de l’injustice , on succombe presque toujours.

On le donne donc très-justement pour un exemple du sacri lice qu’il faut faire de sa vie , ou de sa prudence , à d'autres considérations , eu quelques rencontres. Lisez ces paroles de Cicéron :

y aluitapud me plus pudor meus quant timor. V eritus sum deesse Pompeii saluti , cùm ille aliquandà non défais set meœ. I laque , vel ofjicio, vel famé bonorum , vel pudore victus , ut in Jabulis Amphiaraiis , sic ego prudens et sciens ad pestera ante oculos positam sum prof ec lus (93). Au reste on a quelaue sujet de reprocher à ce prophète la disproportion de ses lumières, et de lcn railler, il prévit

que, s’il allait à la guerre , il y serait tué; mais il ne prévit pas qu’il y irait, et qu’en dépit de ses précautions on le contraindrait de s’engager à l’entreprise (^4)-

(K) Lu manière dont il consola une femme.... demande une note.] Plutarque ayant parlé des raisons qui doivent etre employées pour consoler ceux qui s’affligent de I4 mort prématurée de leurs enfans , ajoute (g5) :

u Et pour ce me semble-il qu’Atnphia- » raüs en un poème ne reconforte et >j console pas impertinemment la mère » d’Archimorus , laquelle estoit raer- » veillcusemcn t affligée et désolée pour

(91) Let ThSbaint avaient tout le tort dant ctU* guerre , et ne’anmoins ils eurent tout l’avantage dans le combat.

(9a) Voyet la remarque (C) de l’aiticle Baw- TUI (Ma«c).

(93) C.icero, Epist. f7-/, lib. t^I ad Familiar.

IÔ4) /*• C.omuienlairc sur la Vie d’A-

pollonius , ii ad ule en français par Vigcnère, liv. If. chap. XI , pag. 48R.

(q5) Plutarcl*. de t'.onsnlalione , ad Apolloniuin , pag- 110 , 1 11 .Je me sers de la version rt'Auivol, torn. /, pag. 78G. «

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î, la mort de *on fils , qui lui estoit » décédé en son enfance fort loin de » maturité ; car il dit :

• II ne fui one homme de mire né,

• Qui naît etti en tes jours fortuné » Vivcrsetnenl : il met ores sur terre m De set enfant , ores il en enterre ,

« Lui-'menne après enfin s’en va mourant s « Et toulesfon les hommes vont plurant . Ceux que dedans la bière en terre ils portent,

„ Combien qu ainsi comme les espics sortent . D’elle , qui sont puis après moissonnez ,

» j4us fi faut-il que les uns nouveaux net . Viennent en eslre , et les autres en issent.

» Qu’est-il besoin que les hommes remissent » Pour tout cela , qui doit , selon le cours . De la nature , ainsi passer tous jours?

• Il n'y a rien grief « souffrir . ou faire ,

» De ce qui est à l’homme nécessaire.

» Brief , il faut qu'un chacun soit en » pensant en soi-mesme , soit en disu courant avec autrui, tienne pour cer-

» tain, que la plus longue vie de l'homme

» n’est pas la meilleure. » Il me semble que Plutarque a mal placé ces vers lâ , puis qu’ils ne contiennent rien oui ait plus de relation à la mort des jeunes gens qu’à celle des autres. Je puis même dire que la comparaison des épis serait absurde , s’il s agissait d’apaiser une aflliction fondée sur la jeunesse de la personne que l’on pleurerait ; car, selon le train ordinaire , la moisson des grains ne se fait que quand ils sont mûrs. Il vaudrait mieux faire faire de l’attention à la destinée du fruit des arbres.

Comptez les pommes quand elles sont en bouton, comptez les ensuite chaque semaine , vous trouverez que leur nombre va toujours en diminuant.

C’est beaucoup si la moitié se conserve jusqu’au temps de la cueillette.

Quant au reste , les raisons d’Amphiaraüs sont assez bonnes ; mais elles n’ont rien que de commun : il conclut même par une maxime qui, dans un certain sens, est plus capable d’irriter le mal que de le guérir (9C). Nous verrons bientôt de quelle manière le philosophe Carnéade les critiquait.

Amyot n’a pas bien traduit ce grec de Plutarque , 0 •xa.pè. t» toiht» A(a- <pmpu*ç, par Amphiaraüs en un poème.

Cette version insinue manifestement qu’Amphiaraüs a fait un poème ; mais le sens de Plutarque est qu’il y a un poète qui a introduit Amphiaraüs se servant de ces raisons. Nous allons voir que c’est Euripide : Dicunlur non -

(gG) Vojet farüc/e Fqolqce», remarque (E).

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