‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 19 sur 134 · ILLE · texte numérisé non relu

ILLE

de qui j’emprunte ces paroles, faisait état , en l’année i636 , qu’eZ/e contenait 35 ou 4° mille .

personnes. C’était sa patrie; et il est remarquable qu’en fort peu de temps elle donna trois bons géographes, lui, Pierre Duval (f),e t père Philippe Briet , jésuite. La rivière de Somme se partage là en divers bras , qui passent au dedans et au dehors de la ville. On n’est point demeuré d’accord de ce que le même Sanson assure (g) , qu’ Abbeville a été de tout temps la capitale du Pouthieu (A) , et que les autres villes du Ponthieu n ont rien d’ancien , en comparaison de celle-là (B).

Encore moins lui a-t-on laissé passer la prétention, que cette ville s’appelait autre fois firitan nia (C), et qu’elle était l’une des

Ï>lus florissantes de toute laGaule, ong-temps avant Jésus-Christ. Nous dirons en son lieu les suites de la querelle que le père Labbe lui fit là-dessus (D). Abbevilleade beaux privilèges; et , comme elle n’a jamais été prise, on la nomme lapucelle du pays (A); et elle se dit en sa devise semper fidelis , toujours fidèle. Qui voudra voir amplement tout ce qui concerne cette ville, les privilèges de ses majeurs, les hommes illustres qui y sont nés ou qui y sont morts , etc.

(i), doit consulter Y Histoire généalogique des Comtes de Ponthieu , imprimée à Paris , chez

( f) Fils (Tune sœur de Sanson.

{g) Sanson, Antiquité d’Abbenlle , p. 5g,

(A) Duval , dans son Traité de la Franee,

pag 70. .. '

(i) C* 'est avec raison que j’ai nu* un et ratera ; car ce livre est tout plein de matières étrangères : on y trouve le chevalier Bayant et d’autres personnes qui n’ont aucune triation au Ponthieu.

ABBEVILLE

François Clousier, l’an 1657, in - de Marseitte estons devint Scipion, in -

folio. L auteur na marque son defrU/nnm> NarboJt Corbilo , pas noin que par ces lettres , r . 1. D. un d'entre cur rien seul rien dire de mé- J. M. C. D. ; mais on sait qu’elles rite , encore aue ce fussent les meilsieni fient frère Ignace de Jésus bures villes de toute la Gaule. Il sup-

Maria carme déchaussé Voyez deM^eme tZ

1 article oàNSON (Jacques). voir cette iguorance. Sa raison est que

, . . . celui qui leur faisait ces questions

(A) A été de tout temps la capiUtle ë|ait ^ même Scipion qui perdit U

du Ponthieu. ] Le pt re Labhe le réfuté .)renij£re bataille qu’Annibal gagna a'OS» J“r ce point : Vous n aviez pas Jur le9 Romams. ,| ,uppose n„e ce Scilu, M. Sanson, les tares cl membres • vou|an, MVoir no,'ve||es ,le

muraiUes de Cenlule deux mille cinq ^nVTnt Mmpi!^nter7'nriÜKÎt‘ricents .maisons , plusieurs artisans , pondre à se» question»- Ceci sera exaquantite de rues. etc.,qu Abbeville est miod dans l'article de Pythéas. Voyons mise au rang des bourgs et villages, ,c9 auh.„ hypothèses de Sanson. Il qui en dépendaient ( O. S il en faut rcmart.ue : i °. Que la ville de Narboncroire le vers tant chanté dans le pays, ne a ^ p„nexdes pUisancienr.es et Turribus à cenlum Cenlula nomen habet , des pl US florissantes villes de la Gaule,

. . . 0 et que (6), néanmoins .elle n’est nom-

les cent tours qui flanquaient les mu- qo\,prè3 «lie de Britannia , parrailles de Gentule lui donnèrent son rai |es ^rojs dont Scipion voulut sa-

V» . . voir des nouvelles. a°. Que le Relgium

(B) ly ontnen d ancien , en compa - de8 Commentaires de Jules César était raison de celle- la. ] « Cela est faux, » une rt;„/Qn entre les Belges (r) , qui disent ceux de Saint-Kiqmcr (3) ÿ « et comprenait ]e Beauvoisis, l’Amiénois, >»qu avez- vous dans Abbeville qui pArtois et peut^trc encore /es Ve r- ». marque quelque ancienneté , puis- mand0is et les Senlisicns. 3». Que les ». que votre cglise collegiale de Saint- habitan8 des côtes de la Grande-fcreta- ,, W«i fran reconnaît pour fondateur étaient sortis du Belgium (8), et » Guillaume de Taluas , et Jean son ° qU avaient retenu u nom <îes cités

» lils , après 1 an onze cent de salut ; desquelles ils étaient sortis : c’est César » et que le prieure de Saint-Pierre, or- qofnoo, l’appre„d. 4». Que , selon » dre de saint Benoit, ne fut fonde que [J, dénombrement de Pline (o) , il faut » quelques années auparavant : car , le, >u nomm? Britanni

» pour la paronsc de Notre-üame du aK.nl habité dans le Ponthieu (.o). » Lhâtel , cela no ressent encore que 5. quc de tous les endroits du Bel- .. le village? » Quant a frcdéga.re, que iu£ d’où il est passé des peuples en Sanson avait cite comme un temo.n Angleterre, il n’y en a point qui doive ae 1 existence a Abbeville au temps venir en ligne de compte autant que »*7'îII7 ,.^roin * °.n ej répond (4) rt*lui qtîj est situé sur la mer , c’est-àqu il faut lire an chapitre xevi, non dire autant que le pays de Ponthieu. pas alqur Abacivovdla évadons aufu- „ ;nfirc (Je |out cefa |M Brimais nique a nacivo villa evadens aufugit.

(p Q“î,ct"£ ville s’appelait au- m^eboid ils y~ont nnUfau

trcfms Britannia. ] Il fonda ce senti- anciennnonli et qu’ensiite ils l'ont ren-

que I

tanni de Pline sont les principaux du Belgium qui aient passe en Angleterre

ment sur un passage de Strabon , où il crut trouver (5) que les députés

( i ) Labbe, Tableau* Méthodique*, page 3ao. (a; /Jt mfme, page 3t6el 317.

(31 Là m/me, page 3ao.

(4) Là m/me , page 3a 1.

S a 0500 , Recbercbe de l'Antiquité d’Abbe-

du général à tout le pays et qu’ils ne

▼die ,

(6) Page 8.

17) PaS* 30-

(8) Page m ir et

(q) I.tbro IV, cap. XVII.

Recbercbe d’Abbeville , p- 46.

Germait. Ant. Itb. II. cap.

mieux lire Brianni que Britann».

[()) I.tbro I r , t (loi Santon, Re (i«) Cluvier , G 'XI II, aime mit

ABBEVILLE

s'appelaient pas Brilanni sans que leur capitale eût le nom de Britannia.

Il faut donc que la capitale du Ponthieu soit cette ancienne Britannia dont Scipion voulut savoir des nouvelles. Or, Abbeville est la capitale du Poothieu; elle était donc, sous le nom de Britannia , la plus florissante ville des Gaules , dès avant la seconde guerre punique.

Sans doute il y a de 1’érudition et de l'esprit dans cette longue gradation d’hypothèses et de conséquences , de la manière que l’auteur l’a soutenue :

mais il n’en saurait résulter qu’un pur roman et que des chimères , puisque le fondement de tout est un passage mal entendu. Voici le fait, Strabon rapporte (12) que Polybe a mis entre les contes fabuleux defcythéas, qu’aucun des habitans de Marseille qui avaient eu commerce avec Scipion n’eût pu lui rien dire de considérable lorsqu il les questionna sur la Bretagne ; non plus qu’aucun habitant de Narbonne ni aucun habitant de Corbiloa , les meilleures villes du pays : c’est là le vrai sens du texte grec , comme on le peut recueillir non-seulement par les règles de la grammaire, niais aussi par l’humeur du pèlerin dont il est ici question, rii/i «ç iipuxt IIO-j/Cioc, /x»»rô«ç t»t Cto lît/ôto» /uuboKvyxQiircev* £ ri Mfltcra-fltAiaTflïv /xi»

vri/uuuuçaLircei 2*ii7r»«ri oCSttç uX* **7'<‘»

iT un [a* ( ùj'toi ipaer»Ôtiç xnro rois Îxm- TÎteiot Cxtp tj»c B/iTTatrixiic , o Cil rail ix N at;»â»oc , cCJ'i t»v ix KopCn\vvo( , atrrip *vxi ipsçau voXtiç <râ» rttur* (l3). Je parle de Pythcas : cet homme , pour mieux faire valoir scs hâbleries et ses fanfaronneries, affectait de se vanter qu'il apprenait à ses lecteurs mille choses qui avaient été ignorées jusqu'à ce temps-là. Il ne faut donc pas douter qu’il n’uvançât hardiment que sa relation de la Bretagne donnait les premières connaissances que l’on eût eues de cette île \ et que, pour le prouver , il ne se servît de cet argument , c’est que Scipion n’en avait pu rien apprendre d’aucun des habitans de Marseille , ni des habitans de Narbonne , ni des habitans de Corbilon sur la Loire, quoique ce fussent les plus florissantes villes de la Gaule. Chacun voit combien Sanson a pris de travers

(ta) Slrabo , Lb. IK, vase «qo.

(»3j Idem , Ünd.

les paroles de l’ancien géographe , à quoi apparemment cette traduction latine ne contribua pas peu. Cujus (Corbilonis) mentionem facierts Poly bius , simui Pylheœ referl commentant , Massiliensium scilicet qui Scipionem convcncrunt milium quiequam hab uisse dignum mémo rat u quod di cerel inlermgatus de Britannid , itemq uc Narbnn ensium et Corbilonensiumt ciwi h ce 1res urbes G ail t ce omnium estent optimee . On peut aisément croire , lorsqu’on n’est pas assez attentif, que ces trois meilleures villes de Gaule , dont le traducteur fait mention, s’appellent Britannia , JVarbo et Corbilo.

Mais , si l’on est attentif, on voit que Bp itt av ix» se prend là pour l’île Britannia ; c’est ainsi que Strabon a coutume de s’exprimer sans l’addition du mot vnVoc, insula (i4).

(D) ï^a querelle que le père Labbe lui Jit là-tlessus.'] Il fit sa déclaration de guerre et son premier acte d’hostilité par ces paroles : Britanniam Ab • bavillœus chalcographus interprelatur Abbeville , lepidissimo commenta , quod non tam ex Pylheœ mendaciis , quant ex ignoratione linguae grœcoe editurn malignam in lucem demonstrabinius alias , ciim primum singularem ilium de Britannid tractation nancisci et legere dalum fuerit. C’est ainsi

Î[u’il s'exprima dans son Pharus Galice antique » , imprimé à Moulins en 1644. 11 n’avait pas lu encore le livre

?ue Sanson avait publié sur ce sujet à aris l’an i636. 11 avait seulement

vu le nouveau phénomène de Brilannia , non pas dans la grande carte de l’ancienne Gaule , publiée par Sanson l’an 1627, mais dans la petite carte qui vint après celle-là. Ayant enfin lu ce livre , il en réfuta les fbndemens , en l’année 164&* dans ses Tableaux méthodiques de la Géographie royale; et n'oublia point de remarquer qne , selon le sens que le sieur Sanson donnait au texte de Strabon , il faudrait dire que les habitans de Marseille étaient dans une profonde ignorance par rapport à la ville de Narbonne , l’an 53a de Borne , quoiqu’il y eût quatre cents ans à peu près que Marseille était bâtie, et quoique Narbonne fût une ville très-florissante. Sanson n’avait pas manqué de sentir la diffi-

(i4) V ojret , entre autres endroits y b en /, y âge 71.

ABBOT

culte ; et il Ja para le moins mal qu'il lui fut possible (i5). Mais à qui persuaderait-on qu’à cause que les Marseillais avaient souvent guerre avec leurs voisins , ils n'avaient pas eu le temps de savoir ce que c'était que Narbonne ? Le passage de Justin (16) que Sanson rapporte ne nous apprena-il pas qu'avant l'an 36a de Rome , ils avaient souvent vaincu les Carthaginois, et qn'ds avaient fait alliance avec les peuples d'Espagne ? Le père Labbe ne se trouva pas trop bien de son triomphe ; car Sanson fit des sorties sur lui, à son tour, qui renversèrent presque tout le Pharus Galice aniiquæ *. Notez qib’à l'égard de son hypothèse touchant Bntannia , il écrivit une réplique (17) qui n’a pas été imprimée.

(15) Sanson. Recherche de l’Antiquité d'Abbeville , pape 76 et cuir.

(16) Justious , Itb. XLÎIJ , cap. V cl VI.

* Dans une longue note sur cette remarque,

Joly tâche de justifier le P. Labbe du reproche de plagiat que lui faisait Sanson.

(17) Vojret la remarque (A) de l'article Pimii, à la Jin.

ABBOT {à) (Georges) , archevêque de Cantorbéri, et auteur de plusieurs livres (A) , était fils d’un tondeur de draps, et naquit à Guildford , dans le comté de Surrev , l’an 1 502. Il fit ses études à Ox ford , ety devin t , en 1 5cj7 , pri 11cipal du collège de l’université.

Deux ans après, on lui donna le doyenné de Winchester, qu’il garda jusqu’en l’an 1Ü09. Il succéda à Thomas Morton au doyenné de Gîoccster. Jusque-là, son élévation n’avait été ni fort éclatante ni fort prompte : mais dans la suite elle fit de très-grands progrès en fort peu de temps. Il obtint l’évêche de Lichtfield le 3 de décembre 1609, l’évêché de Londres ou mois de février 1610 , et l’archevêché de Cantorbéri au mois de mars suivant {b). Son érudition, et le talent qu’il avait

[a) Il y en a qui disent Abliat.

\b) Ex A t li en u Oxonicualius , vol. I.

de bien prêcher, contribuèrent moins à ces grands sauts de sa fortune que la faveur du comte de Dunbar , dont il avait été chapelain. Sa conduite ne plut pas à tout le monde. On trouvait étrange qu’il eût plus de considération , chez lui , pour son secrétaire que pour ses chapelains; et

3u’il fît, hors de sa maison , plus ’honneur aux gens du monde qu’aux gens d’église. On crut que n’ayant jamais passé par les bénéfices subalternes à charge d’âmes , je veux dire que , n’ayant jamais essuyé les diflicultés qui se trouvent dans la direction d’une parôisse , il était par-là devenu moins propre à user d’indulgence envers les ministres. La sévérité qu’il avait pour eux, et sa connivence sur la propagation des nonconformistes , étaient deux choses ui faisaient parler contre lui. La ernière a été cause qu’un auteur moderne a dit que, si Laud avait succédé à Brancroft, et que le projet de conformité n’eût pas souffert l’interruption qu’il souffrit sous Abbot , il n’y a point de doute qu’on n’eût fait cesser le schisme dans l’Angleterre ( c). Abbot devint désagréable au roi Jacques pour avoir été contraire au dessein que ce prince avait formé de marier le prince de Galles avec l’infante d’Espagne. Les ennemis de l’archevêque , s’étant aperçus de cela , crurent avoir trouvé une occasion favorable de le perdre; arce qu’ilsespérèren t de su rprenre la religion du roi Jacques , en alléguant la sainteté des anciens canons. Pour mieux entendre ceci , il faut savoir qu’ Abbot avait

(c) Ex Fulveri liùro , cui Utnlus , Wortbies of Eogiand.

ABBOT

tue par mégarde le concierge du parc de Bramzel , qui appartenait à milord Zouch. L’évêque de Lincoln , qui était garde des sceaux , fit eu tendre à milord Buckingham , que l’archevêque de Cantorbéri était déchu ipso facto de sa dignité, par le meurtre qu’il axait commis. Il allégua les lois d’ Angleterre , et la sévérité de l’ancienne discipline. 11 fit craindre que les papistes ne tirassent avantage de ce qu’on laisserait exercer les fonctions d’archevêque et de primat du royaume à un homme qui avait les mains teintes de sang. En un mot, il fit si bien , qu’on expédia une commission à quelques évêques et à quelques autres seigneurs, pour examiner le fait. L’issue n’en fut point agréable aux ennemis de Georges Abbot ; car on jugea qu’il n’était point devenu irrégulier par ce meurtre involontaire. Ceci se passa en 1621 ¥. Six ans après, il s’éleva contre lui une nouvelle tempête qui le renversa. 11 ne s’en faut pàs étonner : le favori (, J) lui voulait du mal , et ne pouvait digérer que de certaines personnes qui lui étaient odieuses fussent trop souvent à la table de Ta n hevêque, l’une des meilleures de ce temps-là. Le prétexte dont on se servit fut que ce prélat refusa son approbation à un sermon du docteur Sibthorp sur l’obéissance apostolique , encore que le roi lui eût commandé de l’approuver. Alors on le suspendit de toutes les fonctions de la priraatie, et on les fit exercer par quelques

• Joly , d'après Niceron , remarque que Us Lettres de pardon données le 2 1 novembre 1621 sont antérieures et non postérieures à la protestation , qui est de i6z3.

(d) Le duc de Buckingham.

prélats, et entre autres par Guillaume Laud , qui depuis fut son successeur (e). Abbot se retira dans le lieu de sa naissance, et puis au château de Croyden , où il mourut le 4 d’aout 1 633 . On voit son tombeau avec divers ornemens , et avec diverses inscriptions, dans l’église de Guildford.

Il fonda un hôpital bien renté dans cette ville. Il y a un autre Georges Abbot (B), qui a publié en anglais une Paraphrase sur Job; de courtes Notes sur les Psaumes ; Vindiciœ Sabbali (f)- Il vivait en 1640*.

(t?) Tire" des Historical Collections de Jean Rusbwortb , tom. J, où l’on voit un long mémoire de Georges Abbot sur les procédures de sa suspension.

If) A t lien» Oxonienses, tom. 1.

* Chanffepié a fait , dans son Dictionnaire , quelques additions à cet article.

(A) Et auteur de plusieurs livres. ] Les principaux sont : Qutesliones sex theologicœ totidem prœlectionibus disputalœ , imprimées à Oxford , en 1 5<)8.

Doclor HiLl’ s Reasons for Papistry , unmashed ; c’est-à-dire , les Raisons du docteur Hill (i) pour les Papistes , démasquées , à Oxford , en i6o£. Des Sermons sur le prophète Jonas. L’Histoire du massacre de la V altehnc. U ne Géographie , dont la neuvième édition, qui n’a pas cté la dernière, est de l’an 1007. Ces trois derniers ouvrages sont en anglais; comme aussi le traité de ta f^isibililé perpétuelle de la vraie église, imprimé à Londres en 1624 > auquel il n’a point mis son nom.

(B) (7« autre Georges Abbot.] C’est à quoi n’a pas pris garde ic sieur Henninges Wille , dans son Diarium biographicum , où il donne à l’arclievêque de Cantorbéri les ouvrages de cet autre Georges : les Pataph rases sur Job et sur les Psaumes , et les Pindiciœ Sabbali. H lui donne aussi un Traité contre les Evêques , et un autre contre les Brownistes. Ce serait une chose bien rare que le primat d’Angleterre eÛLt écrit contre les évêques.

(U C’éiait un homme qui niait embrassé la religion romaine.

24 ABBOT

ABBOT (Robert) * , frère aîné du précédent , naquit comme lui à Guildford (a) , et fit comme lui ses études à Oxford , dans le collège de Bailleul. L’un de ses premiers emplois fut la charge de lecteur à Worcliester, d’où il passa à celle de ministre de l’église de Tous les Saints au même lieu ; et peu après à celle de ministre de la paroisse deBingham , dans la province de Northampton .

Tout cela se fit entre l’an 1 58 1 et l’an i588. Il fut reçu docteur en théologie à Oxford l’an ^97 , et il devint chapelain ordinaire du roi Jacques , dès les premières années de son règne. Il fut fait en 1609 principal du collège de Bailleul. Trois ans après, il fut élevé à la charge de professeur royal en théologie dans l’université d’Oxford. Il choisit pour ses leçons une matière si agréable au roi Jacques , et il la traita si profondémen t et si doc temen t , qu’on a cru que ce fut la seule cause de sa promotion à l’évêchédeSalisbury. La matière qu’il choisit fut l’autorité des rois, laquelle il mita couvert de toutes les subtiles atta-

Îues de Bellarmin et de Suarez.

’est ce qu’on peut voir dans le liv re de Supremd Potes taie Régi Cl , imprimé à Londres en 1619. Il avait publié lui-même en 16 1 3 un livre latin qui ne fut pas moins agréable que ses leçons :

ce fut une Réponse à l’Apologie que le jésuite Èudæmon-Joannes avait publiée pour son confrère Henri Garnet. Il ne jouit pas long-temps de sa prélature; car, ayant été sacré le 3 de décembre

* Joly se contente, de renvoyer au tome XV~l des Mémoires de Niccroa.

(a) En i56o.

16 « 5 , il mourut de la pierre le 2 de mars 1618 ( b ). Il n’y avait pas encore deux ans qu’il avait convolé en secondes noces ; ce qui avait fort déplu à l’archevêque de Cantorbéri son frère (c). On s’est étonné qu’ayant fait paraître son savoir et son mérite , tant de vive voix que par écrit; réussissant à tout , à prêcher , à faire des livres et des leçons , à disputer , à soutenir une thèse , à présider , et développant à merveilles les questions les plus difficiles, il soit monté si tara à la prélature. On en a donné trois raisons : premièrement , il n’était pas ambitieux ; secondement, on lesoupçonnaitd’être puritain ; troisièmement, enfin , ses parons avaient de la peine a consentir que l’Église fxkt ornée des dépouilles de l’académie, et qu’il quittât la qualité de professeur pour prendre celle d’évêque (</). Cette dernière raison me semble très-fausse. Quoi qu’il en soit, ceux qui ont comparé les deux frères l’un avec l’autre donnent l’avantage à Georges , en fait de prêcher eloquemment; et à Robert, en fait de prêcher savamment. Ils disent que Georges était plus propre aux affaires , et que Robert était plus profond théologien. Ils ajoutent que la gravité de Georges était accompagnée d’un air sévère , etquecellede Robert avait l’air riant (e). Celui-ci passe pour un calviniste mitigé ; car il expliquait selon l’hypothèse des infralapsaires le dogme de la prédes-

(b) Le sieur Wifte met ceUe mort au onzième mars 1617. Ce qui l'a trompé , est que tes Anglais ne commencent pas l'année comme les autres nations.

(c'i Athen. Oxonicna.

( d) Fullcr, Worthies of England.

(«) Là meme.

tination. Je donne les titres de ses tiens. Ils jouissaient dans la Perse ouvrages (A). Il y a eu depuis lui d’une pleine liberté de conscien— un Robert A b bot , natif de Cam— ce, lorsque cet evéque s’émancipa bridge, qui a publié divers livres de renverser un des temples où en anglais. Il a été ministre à Lon- Ton adorait Je feu. Les mages s’en dres , après l’avoir été au pays de plaignirent d’abord au roi (A), Kent et ailleurs ( f ). Le Catalogue qui fit venir Abdas ; et , après fade la Bibliothèque d’Oxford a cou- voir censuré fort doucement, lui

Sé cet auteur en trois : on y parle ordonna de faire rebâtir ce teme trois Robert Abbot, auxquels pie. Abdas n’en voulut rien faire, on partage les livres qui n’ont été quoique le prince lui eût déclacom poses que par une seule et ré qu’en cas de désobéissance , meme personne. il ferait démolir toutes les églises

des chrétiens. Il exécuta cette menace {a) , et abandonna les fi-

( f ) Atben. Oxonienj.

(A) Je donne les titres de ses ou-

- - t n ♦ l\tref $* ses dèlesà la merci de son clergé (B),

orages. J Outre ceux dont j ai parle, . , P ,

il fit le Miroir des Subtilités Papisli- ?UI » ? a^ant VU <lu avec doulenr

<fuesy à Londres, en > 5^4 ? Sermons Intolérance cju’on leur avait ac-

$ur le Psaume cent dix , au même lieu, cordée, se déchaîna contre eux

\uGuÉZjpe^ts°!clZ ?vec beauCOUP de Abdas fut

Ire le docteur Bishop; et une Réplique le premier martyr qui périt en à la Réponse du même docteur , à Lon- cette rencontre : il fut , dis-je , le

dres. en ifin ! PPQ ntialrA onrri a ac TtrpnilOr fYioi«Krn ni 1 . a *

dres, en 1611 : ces quatre ouvrages premier martyr , si l’on peut ain-

*ont en anglais , et fen ai abrégé les s{ nommer un homme qui , par sa titres. Aniichnsti Dcmonstralio con- - «vmuicqui* parsa

titres. A nuchristi Dcmonstralio con- /jlw» • ■»’ ,r\ i»* i- T

ira P ontijicios , à Londres , en »6o3 W témérité (C) , exposa 1 Eglise a

(i) ; Exercitationes de Gratiâ et Per- tant de malheurs. Les chrétiens , ^erantid Sanctorum , â Londres , ep qui avaient déjà oublié l’une des

X* aso^Ta7TJllZslI, ?rinciK?les Parties de la p»‘*»<*

trouvé dans son cabinet ; il contient eva»gelique , recoururent a un quaire volumes, et il a été donné à la remède qui causa un autre débibliothéque d’Oxford , par le docteur luge de sang. Ils implorèrent l’as-

SiSUnCe Ie ThéodoSe;ce qui allu-

Marthe fut la fille unique et héritière ™a Une longue guerre entre les de notre Robert , évéque de Salis- Romains et les Perses (c). Il est

bory (a). L’Enître aux Romains ne vrai que ceux-ci eurent le désavantourait point de sujet de controverse >• i

sur lequel ce docte 'prélat u’dtcnde le f*"™ 1“ 1,S

grand talent qu il avait pour la pôle- lie uattradent pas les Romains ; et

que , par le moyen de leurs vie—

nuque.

(«) Scali^r leu» fort ce livre don, le Sc.lige- to*reS > I* persécution particulîè-

,l ** a' re des chrétiens de Perse ne de-

dan. le c o,-p, de cet article. f viendrait pas generale sur les au-

ABDAS , évéque dans la Perse , (a) Theodoreti Hùt. Eccl. , lib. y ,

au temps de Théodose le Jeune , .... .

fut cause, par son zele inconsi- me cet Moue. Voyes VoetiiDiipnfaf., tom. dere, d une très-horrible perse- 111 ' P0*- 3,°-

cution qui s’éleva contre les ch ré- xr/ZA*”1* H“1' EccIcs » Iib FII> caP-

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