ARAS
lui commanda de se tenir coi.
Deux ans après (c) il se présenta au cpucile de Constantinople , et demanda humblement pardon de ce qu’il avait suivi le parti de Photius , et protesta qu’on l’y avait entraîné par violence et par artifice. Il obtint ce qu’il souhaitait : le patriarche le reçut à la paix de l’Eglise , et lui donna place dans l’assemblée (d). M. Arnoldus avait connu en Angleterre un savant homme qui croyait qu’Àbucaras avait vécu au septième siècle (<?). On inséra les œuvres de cet auteur dans le supléraent de la Bibliothèque aes ères , à l’édition de Paris , en
(c) En 869.
(rf Nicetai PjpMagon. inVitâ Tpnatii. apud Cave . Iliaior. Litlerar. Scriptor. Eccka. , pag. 55;.
(c) Arnoldi præfutio.
(À) Un prélat.'] Les uns l'appellent archiepiscnpum Cariœ (1); les autres episcnpum Caria. K«tp«» ’ETiVatoTror, Carum episcnpum (a). M. Arnoîdus croit qu’ Abucaras était évêque deCha ran, dans la Mésopotamie : c'a été aussi le sentiment de Josias dernier (3). Photius avait destiné Abucaras à la prélature de Laodicée , comme M.
Cave le remarque.
(B) Gretser, les joignant aux autres .] Le Journal des Savans donna une idée très-fausse dr l'édition de ce jésuite.
Géntbrard, dit-on (4), a traduit et publié quinte dissertations de cet auteur,, et G/etser les a jointe » a ce quil a recueilli d' A nastase Sinaïte dans deux manuscrits de la bibliothèque de Bavière. Si l’on avait entendu le latin de M. Arnoîdus, oujae serait pas tombé dans cette fa u tei*7 ’hcodori Abucarce dissertaiiones quindecim jamdiii latine ver lit et edidit Genebrardus , deindè
(1) C*v«, Tiintor. Lilter. Script. Ecdrs.paj. 55". Oudin, Supplem., pag. ?5q.
(?) Spitelii Sprcimrn Biol .; Konigii Bibl. VCt. Cl nova; fl Arnoldi pnrfel o.
3) Simler, Epit. Bibl. Grvneri.
4) Journal XXI 11 de i085. pag. 368, /dit.
n6 ABUDHABER.
Thcodorum Anastasio Sinaïuv ob argumenli similitudinem conjuru it Jacobus Gretserus , deditque ex duobus codicibus MS S. ducis navariœ Atarimilinni (5j. On voit trois choses dans ce latin : 1°. que Gretser publia les œuvres d’Abucaras après que Génébrard en eut publié une quinzaine de pièces : a0, que Gretser les publia surdeux manuscrits du duc de Bavière : 3°. qu’il les joignit avec Anastase Sinaïte. Il ne paraît presque rien de tout cela dans le Journal des Savans.
On xi y voit pas que Gret»er ait publié plus de pièces que Génébrard , ni que Jcs manuscrits de Bavière aient servi à l’édition d’Abucaras : et on y soit qu’ils ne servirent qu’à l’édition d’Anastase, de quoi M- Arnoldus n’avait dit mot. Au reste , il ne faut pas croire que toutes les œuvres d’Anastase Sinaïte aient été publiées avec Théodore Abucaras : il n'y a que le Traité intitulé 'Ofny'ot , i. e. Dux vice advenus acephalo* , que l’on ait joint aux œuvres d’Abucaras dans l édition du père Gretser.
(C ) Gretser le J ail un peu plus jeune.] En lisant la préface de M. Arnoldus , on est presque convaincu que ce jésuite n a osé rien avancer touchant l’âge d’Abucaras. Gretserus vero quis fueril Abucaras , quo seculoflnruerit , ab Antonio F elstro SS. l'heol. D .
Ecctesiœ Frisengensis canonico , pneposito Spallensi , eu jus honori librum suum dédie nuit , discere vnlebat (6).
M. Arnoldus ne disant que cela de Gretser, insinue manifestement au il n’en faut pas chercher davantage dans la préface de ce jésuite. On y trouve neanmoins d’autres choses , savoir , que l’Ahucaras dont il est pavlé dans la vie de saint Ignace , patriarche de Constantinople, est le même que celui qui a composé les Dissertations.
(5) ArnoMi prxfit o.
(6) Id. Ibid.
ABUDHÀHE^ C’est le nom du chef des karmatiens (A), sous lequel ils profanèrent et désolèrent la Mecque, l’an 3in de l’hégire (B). Ils dépouillèrent les pèlerins , et en tuèrent i-joo dans l’e.iceinte même de la Caabn (a) ,
, C’est ainsi qu'on nomme la parité du
pendant que ces pauv res superstitieux faisaient le tour de cet oratoire sacré selon la rubrique de leurs dévotions. Les karmatiens ne se contentèrent pas de ce carnage; ils enlevèrent du temple la pierre noire (pi’on y vénérait comme un présent descendu du ciel {b) ; ils abattirent la porte du temple, et remplirent de corps morts le puits Zamzam , l’une des plus saintes et des plus sacrées parties du lieu. Pour surcroît d’affliction , Abudhaher faisait mille railleries de la religion mahométane; il amena son cheval à l’entrée de la Caaba , afin de lui faire faire ses ordures en cet endroit— là, et il disait aux mahoinétans qu’ils étaient bien fous de donner à cet édifice le nom de maison de Dieu ; car , ajoutait-il , si Dieu faisait cas de ce temple , il mourait déjà écrasé de sa foudre , moi qui ai profané d’une manière si outrée (C ) celte maison. La dévotion des mahomélans pour ce temple ne diminua point pour cela; ils continuèrent à y aller tous les ans en pèlerinage. Lorsque les karmatiens l’eurent aperçu , ils se résolurent à leur renvoyer la pierre
noire, apres 1 avoir gardee vingtdeux ans. Us voulurent plaisanter quelque temps après , et se moquer de la sottise de ces dévotions. Voilà des gens , disaientils , qui croient avoir la jtierte noire ; mais nous leur en avons envo)‘é une autre à la place de celle-là : l’objet donc de leur dévotion est un être faux et supposé. Ils songeaient par de tels dis—
temple qui est destinée à l'adoration et à l' oraison.
(b) Voyet la remarque (K) de l’article Août.