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ACCARISI.
parle d’une ville qui eût nom Acarnanie. ] M. Moréri l'assure pourtant. Elle est dans la Sicile , ajoute-t-il , et célèbre par un temple dédié a Jupiter. Il cite Cicero , Or. in Per rem , et Seivius in lib. P Æneid. M. Hofman va beaucoup plus loin ; car il marque deux circonstances : l’une que cette ville était proche de Syracuse ; l'autre qu’elle fut brûlée par les Goths. Il avait lu tout cela dans Charles Étienne. La vérité est que Cicéron parle non d'Acarnanie , mais d’Acradine , l’une des quatre parties de Syracuse. Ea tanta est urbs , ut ex quatuor urbibus maximis constate dicalur , quarum una , etc... altéra autem est urbs Sjrracusis , cui nomen Acradina est : in qud forum maximum , pulcherrimœ port ic us , ornalissimum prytaneum , amplissima est curia , templumquc eçrcgium Jovis Olympii (17). Servius, cité nar M. Moréri , a dit seulement que rAcarnanie est une partie de l’Épire (>8) , non pas un petit pays d’Égypte , comme veut M. Hofman (19).
pliquer les Institutcs à Sienne ; ce qu’il fit pendant six ans. On lui commit ensuite l’explication des Pandectes ; et , comme plusieurs ultramontains allaient étudier à Sienne, le grand-duc Ferdinand Ier. voulut qu’ils trouvassent un professeur qui expliquât le droit civil de la manière que Cujas l’avait expliqué.
Accarisi fut choisi pour cette charge, et s’en acquitta dignement ; après quoi il fut promu à celle de professeur ordinaire en droit , vacante par la mort de Bargalio, et la remplit avec gloire pendant vin^t ans. Sa réputation- se répandit : toutes les universités d’Italie le souhaitèrent et lui offriront des conditions très-avantageuses. Il résista
(17) Cicero ia Verrem., Or»t. VI, folio 77 verso .
(18) Servius in lib. V y Æneid. vt. *9®-
(««)) lient regiuncula Ægrpti. Servi» in Æneid. , lib. V 1 Hofman , voce Acarnania.
ACCARISI (François) , jurisconsulte italien , né à Ancône , fit ses études à Sienne. Bargalio et Benevolente y enseignaient la jurisprudence avec assez de réputation. Il eut pour eux beaucoup d’amitié, mais pour le premier bien plus que pour l’autre. Les raisons de cette inégalité étaient naturelles : Bargalio avait eu toutes sortes d’ouvertures de cabinet pour cedisciple(n) ; il l’avait loué extrêmement dans une harangue qui est imprimée et qui contient les éloges des Accarisi , et il lui avait commis en mourant le soin de faire imprimer sa belle Dispute de Dolo. Le premier emploi public de notre Accarisi fut d’ex-
fa' Ab il lofactusf itérât omnium suoptm stitdmrum parliceps. Nie. Erylhr*u«, FmacolJi. Il, cap. XXV.
long-temps à ces tentations par la considération des douceurs dont il jouissait à Sienne. Mais , à force de revenir à la charge , on le gagna enfin , et on lui fit perdre la résolution qu’il avait prise de mourir dans son premier poste , résolution qui n’a presque point d’exemple parmi les personnes de son caractère (A). Ce fut Rainuce Farnèse , duc de Parme , qui le fit succomber à la tentation en ajoutant aux promesses qu’il lui fit , et à la gloire de succéder à Sforce Odclus et à Philippe Marini, le grade de son conseiller dont il l’honora.
Le grand-duc ne souffrit point qu’ Accarisi fût long- temps au service d’un autre prince. Il le fit revenir bientôt (B) en lui donnant la première chaire de jurisprudence dans l’université de Pise. Accarisi quitta donc le duc de Parme , et alla exercer à Pise l’emploi qu’ou lui avait pré—
ACCARISI.
sente. Il l’exerça jusqu’à sa mort, qui arriva quatre ans après : ce fut le 4 d’octobre 1622 qu’il mourut à Sienue. L’auteur (b) qui me fournit cet article , et qui est le seul que M. Moréri ait cité, ne dit poiut qu’Accarisi ait écrit divers traités de Droite ni que Rainuce Farnèse ait taché en vain de l’attirer. Ce sont deux faussetés de M. Moréri , qui d’ailleurs n’a pas entendu ce que c’est que IV Non. Octobris ; car il s’est imaginé que cela signifiait le 26 septembre. Nous lui marquons une autre méprise dans la seconde remarque.
(è) Janus Niciu* Erjthneus, Pinacoth. II, cap. TXT.
(A) Résolutionqui n a presque point ét exemple parmi les personnes de son caractère Un des plus ordinaires défauts des professeurs est de ne pouvoir se fixer aux académies où ils commencent d’avoir de l'emploi. Au lieu de regarder cette première vocation comme une espèce de mariage , ils ne la considèrent que comme un engagement passager , que comme un intérim , et une place d’entrepôt. Ils y demeurent en attendant mieux. Ils n’ont nas plus d’attachement pour la seconde vocation que pour la première, et ils attendent a planter leurs tabernacles pour la dernière fois qu’ils soient parvenus aux meilleures chaires. On a dit de quelques personnes qu’en peu de temps elles font tout le tour des religions : il y en a d’autres qui font aussitôt qu’elles peuvent tout le tour des academies. Quelques-uns de ceux qui ne déménagent pas se font bien payer leur constance. 11 en coûte une lionne augmentation de gages à qui veut les retenir. Tacite , qui a sans doute compris bien de* defauts sous les termes de professoria lingua (1) , n’en eût pas exclu celui dont je parle s’il l’avait connu. Les gens d’église ne sont pas exempts de cette petite infirmité : on sait les plaintes des moralistes rigides contre certains pré-
(t) Taiiti Anaal., lib. XIII, cap XlV.
lats qui , commençant par un évêché d'un médiocre revenu, passent de degré en degré jusqu'aux plus éminentes métropoles. C’est une polygamie spirituelle, ou quelque chose de pis; car, selon l’esprit des anciens canons (a), il se contracte un mariage spirituel entre un pasteur et son troupeau. Les communions à plus petits bénéfices n'ignorent pas les effets de cette humeur.
Parcîus itla virit tamen objicienda memenlo (3).
(B) Il le fit revenir bientôt .] Voilà le succès de tant de sollicitations et de gratifications que le duc de Parme avait employées pour attirer Acearisi.
11 l’eut enfin , je l’avoue; mais on le lui ôta bientôt par les memes voies dont il s’était servi pour l’ôtcr aux autres. M. Moréri dit pourtant qu’Accarisi n’alla point trouver ce duc, et qu’i/ aurait trop fait de violence a son inclination s'il eut quitté sa patrie , où il était arrêté par les bienfaits de Ferdinand , grand-duc de toscane.
Nouvelle faute que l’on ne saurait excuser; car nous lisons dans Nicius Erythræus que , lorsque Acearisi alla servir le duc de Parme , il y avait pour le moins vingt ans qu’on lui avait conféré la nouvelle charge que le
Srand-duc Ferdinand avait fait créer ans le college de Sienne. Nous lisons aussi dans le même auteur qu’Accarisi ne professa que quatre ans à Pise, où il fut appelé peu après son engagement de Parme. Or il mourut en tfiaa, quatre ans après qn il eut accepté la chaire de Pise. Il faut donc
3ue le duc de Parme soit venu a bout e son dessein environ l'an ifiifi , au -
3uel temps il n’y avait point de granduc qui se nommât Ferdinand. M. Moréri ait lui-même dans l’article Mroicis que Ferdinand 1 mourut en 1 année 1609 , et que Ferdinand II succéda à son père l’an i fia i .
(,) Ne rirgi natif paupercula roeietate conlempid ditioris adultéra qutrrai amptrxu ». Hirronvmi KpUl. ad Occanum , tom. II , pag cité dans f Ari* au* Jésuite» d’Ai* »ur un.I'allet, etc. , pag. 37.
(3) Virgil. Eclo#. III , vs. 7.
ACCARISI (Jacques) , natif de Bologne , et docteur en théologie. Je n’ai rien à ajouter à ce que M. Moréri en a dit, si ce
n'est, i °. que les Harangues qu’il a données au public sont des pièces qu’il avait récitées à Rome , à Cologne ,àMantoue et ailleurs; 2°. * qu’il a professé la rhétorique pendant quatre ans à Man»
toue , dans l’académie que le duc Ferdinand y établit l’an 1627 (a).
(a) Ex Aub. Mineo, Script. Eccl. Sc c.
XVII ,pag. t5x.
ACCIÀIOLI (Donat), homme illustre tant par son érudition que par les emplois qu’il eut à Florence sa patrie, a fleuri dans le quinzième siècle. Il aurait pu devenir beaucoupplus docte qu’il ne l’a été , si les affaires publiques lui avaient permis de donner plus de temps à ses études , et si la délicatesse de son tempérament ne l’eut empêché de jouir d’une longue vie (a) Sa probité et son dés-intéressement n’ont pas besoin d’autres preuves que du peu de bien qu’il laissa à ses en fans Ses filles furent mariées aux dépens du public (b) , comme autrefois celles d’Aristide; et cela marquait en même temps combien sa patrie était satisfaite des services qu’elle avait reçus de lui. On l’avait envoyé en France pour demander clu secours contre le pape Sixte IV, qui harcelait extrêmement les Florentins; mais il mourut avant que d’avoir passé les Alpes (c). Ce fut à Milan , au mois d’août t4"3 * : il courait sa trente-neuvième année (d).
Son corps fut porté à Florence , et enterré dans l’église des Chartreux (e). L’épitaphe que l’on voit
(a) Jovius in Elogiis . cap. XVI.
(b) Volaterr. . lib. XXI.
(c) Jovius in Elogiis, cap. XVI.
* Joly dit que c'est en 1A78.
(d) Varillas, Anecd. de Florence, p. 169.
îe) Joviu» in fcdogiw, cap. XVI.
sur son tombeau est de la façon de Politien. Les ouvrages qu’on a de lui se réduisent à la Traduction latine de quelques Vies de Plutarque (A), à fa Vie de Charlemagne , et à des Commentaires sur la Morale et sur la Politique d' Aristote. Cette vie de Charlemagne ayant été quelquefois jointe avec celles de Plutarque , a donné lieu à une étrange bévue de George Wicélius. Il a débité cette vie comme un ouvrage de Plutarque {f) , tant il était versé dans la doctrine des temps. Quelques-uns ont accusé Acciaioli de plagiat (B) , par rapport au Commentaire sur la Morale d’Aristote ; d’autres ont outré les louanges qu’ils lui ont données pour ce livre (C). Il a eu beaucoup de part à l’estime du cardinal de Pavie , comme il paraît par les lettres qu’il en recevait, et que l’on trouve parmi celles de ce cardinal qui ont été publiées.
On trouvera ci-dessous un supplément considérable (D) *.
(/") tn Hagiologiâ , fol 178 , apud Voasiurn de Hist. Lat. . pag. 6*4-
* Joly a suppléé ou corrigé plusieurs choses dans un long et ennuyeux article , et
11 y revient encore dans ses additions et corrections. Chau/epié donne la liste de quelques ouvrages d' Acciaioli omis par Bayle .
(A) De quelques Vies de P/utar qnc.~\ 11 en aurait traduit quatre, si nous en croyions Vossin9 (1) et Konig (a) : celle d’Annibal , celle de Scipion , celle d'Alcibiade, et celle de Dcmétrius; mais, comme il ne paraît pas
3 ne ni la vie de Scipion, ni la vie ’Annibal par Plutarque , soient dans la nature des clioses, il est beaucoup plus probable qu’Acciaiolu* a composé de son chef les vies de ces deux grauds capitaines (3) , qu’il n’est pro-
(*) Vo«siu.i de Hi*t. Lat. , pag. 6*4- (a) Koniitii Biht. ve*. rt no s., pat;. 4- (3)4Poedant>a», de Script. Flor. , pag. Si,
ACCIÀIOLI. . 1 13
bable qu’il les ait traduites du grec.
C’est à quoi Vossius ne semble pas avoir pns garde. Apparemment l’abréviateur ue la Bibliothèque de Gesner lui a servi de mauvais guide. Le père Ménétrier assure qu’Acciaioli fut un imposteur en se vantant d’avoir traduit sur le grec la vied’Annibal (4).
(B) Quelques-uns ont accusé Acciaioli ae plugiaté] On prétend qu’il s'appropria les Leçons de Jean Argyropylus , et qu’il en bâtit le commentaire qu’il publia sur la morale d’Aristote , sans rendre à chacun ce qui lui appartenait. Scripta , quœ sub nomine Acciaioli eâ de rc circumftrunlur , non Acciaioli commenlaria , sed Argyropyli Prœlecliones Flnrcnlice habita:, et ab Acciainlo descnptœ editeeque a plerisque existimanlur. C’est ainsi que parle Simon Simonius dans Pépître dédicatoire d’uu livre imprimé en 1667 (5). Gabriel Naudé renouvela cette accusation long-temps après d'une manière fort positive. Argyroprlus Byzanlinus , dit-il (G), cujus Prœlecliones Florentin: habitas non absque manifesta plagii crimine sibi pogieà vindicavit Donatus Acciaiolus.
3f. Moréri a confondu la Morale d’Aristote avec le Commentaire sur cette morale : On a même cru , dit-il , que la Morale d'Aristote a Dficomachus , que Donal avait publiée, était t le la façon du même Argyropyle ; mais F olaterran soutient le contraire. Voilà comment cet auteur savait traduire le latin le plus aisé, je veux dire le latin de Vossius : il avait lu ers paroles dans Vossius : lmb, commenlaria ilia in Dlicomachid Aristotelis mufti arbitrant ur non ipsius esse Acciaioli , sed Prœlecliones esse Argyropyli , ab Acciaiolo auleni descr'iptas » inque luce.ni emissas. uVihil talc tamen de eo Folalerranus (7). C’est confondre deux fois les choses; c’est prendre le commentaire pour le texte : c’est prendre le silence d’un homme pour la réfutation formelle d’une accusation. Le docte Conringius a justiiié notre Donat contre Naudé; non pas en mon-
lt dit expressément : diclarit proprto Marie Vilain Annibalis et Scipioni».
(4) Votez le Journal de» Savant Ju a septembre 1697, pag.Üj.\.
(51 Sim. Simonii Commentai", in Arittotel. Etbic.
(fi) Naudsri Bibliozv. polit. pag. iG
(7) Votaiu* , de liiit. Lat. pug. 6a4-