‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 48 sur 134 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

(«) Voyez les auteurs cités par le pèr « Maimhourg, Histoire <lu Schisme des Grec* AV. V, pag. i/jÿ, lûo. Edit, de Uoll.

ACINDYNUS.

Six aus après on le poussa encore plus vivement, parce que Jean Cantacuzène, qui était devenu empereur, aimaij Palamas. Les censures et les excommunications qui tombèrent à diverses {jgis sur la tête d’Acindynus , le réduisirent enfin à une vie plus tranquille et tout-à-fait obscure.

Jacques Gretser , jésuite allemand, publia à Ingolstad, en l’année i6 1 6 , les deux livres d’Àcindynus , De tssentiâ et opérai ione Dei. Léon d’Aliazzi a publié un oëme (b) et quelques fraginens e ce même auteur (c), qui , ayant eu la destinée de passer pour hérétique assez long-temps (A), a trouvé enfin des juges plus éclairés et plus équitables (K).

(b) Gr«c. Orlliod lom. /, à pag. 766,

ad 770. *

( c ) In lib. II, cap . XVI, de Coiueaiu, etc. apud Apprndic. Cave . Hiât. Liler- Script. Eccle*. pag. 3^. Consultes cet /.p pendue , touchant cct article-ci.

(A) De passer pour hérétique assez Ions-temps.'] Comme dans la chaleur de la dispute on ne songe qu’à presser son adversaire, on ne s’éblouit que trop souvent à un tel point , qu’on ne s’aperçoit nas que l’on passe d’une extrémité à l’autre, ou qu’au moins on pousse ses raisons si loin , qu’elles rouvent trop. Je ne doute point que arlaam et Acindynus n'aient par là donné prise à leur adversaire Palamas, et qu’étant orthodoxes dans le foud , ils n’atent quelquefois raisonné en hérétiques. Pratéolus n’a pas manqué de les placer dans son catalogue ; mais il est impossible de rien comprendre dans rarrêt de leur condamnation , tel qu’il le rapporte. Ce qu'il y a de moins obscur dans son livre, à l’égard de Barlaam et d’Acindynus, est que le concile qui fut convoqué pour les condamner fut célébré en présence du hi n heureux et très-célèbre empereur Micuel Andronic Paléologue , et de Jean son tils , sous Henri VII , empereur d'Allemagne , et le pane Jean XXII, environ l’an i3 z 3 de Jé-

sns-Christ (1). Tout cela fourmille de fautes, car, i°. dans le siècle (a) dont il s’agit ici il n’y a point d’autre empereur de Constantinople qui puisite être traité de bienheureux par uq catholique romain que Michel Paléologue 11 se réunit avec le saint siège, et il mourut dans celte union. Or il ne se nomme pas Michel Andronic j il n’eut point de fils nommé Jean , et il mourut l’an ia83. Eu second lieu, l’empereur dont le fils se nomme Jean ne se nomme qu' Andronic Paféologue , ne commença de régner qu’en i3j8, et. n’eut point pour contemporains Henri Vil et Jean XXII. Enfin , il est faux qu’Àcindynus ait été condamné environ l'an 1 3 1 3 Le père Gaultier n’oublie point dans ses tables chronologiques Barlaam et Acindynus : il les loge au quartier des hérétiques , et cela sur le témoignage de Pratéolus.

(B) rt trouve enfin des juges plus équitables.] Voyez les auteurs cités par M. Moréri : je veux dire Pontatius sur Cantacuzène, et les Annales de M. de Sponde, Voyez aussi celles de Bzovitis , le père Gretser (3) , le père Maimbourg (4), et les auteurs qu’il cite dans l'ouvrage indiqué à la marge.

(x\ Pritcoli Klrodi. [Irret. pag. 86, edit Colon. ann, i6o5 , •

(*) On prend ici ce mot en général pour tr<pnce de cent années , à les commencer on ton veut-

CS) GrrUrri .Voir in ('«oUcuxenuiD , et in editione Ac.ndyni.

'4' Maimbourg , Hi»t. du Schisme de* Grec*, lie. V.

ACINDYNUS (Septimius) fut consul de Rome avec Yalértus Proculus, l’année que Constantin, fils du grand Constantin, fut tué auprès d’AquPée <a ). Il avait été gouverneur d’Antioche , et il arriva une chose sous son gouvernement qui mérite d’être rapportée. Saint Augustin en fait le récit (b). Un certain homme ne portant pas à l’épargne la livre d’or à laquelle il avait été taxé, fut mis en prison par Acindynus , qui lui jura qu’il le ferait pendre

(<*) En 34o, selon Calviuus.

(b) August. de SercovacDomini m rnoate, lié. I , cap. XVI .

ACINDYNUS.

s’il ne recevait cette somme le jour qu’il lui marquait. Le terme allait expirer sans que ce pauvre homme se vît en état de satisfaire le gouverneur. Il avait à la vérité une belle femme, mais qui n’avait point d’argent : ce fut néanmoins de ce côté-là que l’espérance de sa liberté lui apparut.

Un homme fort riche , brûlant d’amour pour cette femme , lui ofTrit la livre d’or d’oii dépendait la vie de son mari , et ne demanda pour toute reconnaissance ue de passer une nuit auprès ’elle fc). Cette femme , instruite par l’Écriture que son corps n’était point sous sa puissance , mais sous celle de son mari, communiqua au prisonnier les offres de ce galant, et lui déclara qu’elle était prête de les accepter , pourvu qu’il y consentît , lui qui était le véritable maître du corps de sa femme, et s’il voulait bien racheter sa vie aux dépens d’une chasteté qui lui appartenait tout entière et dont il pouvait disposer. Il l’en remercia, et lui ordonna d’aller coucher avec cet homme. Elle le fit , prêtant même en cette rencontre son corps à son mari , non par rapport aux désirs accoutumés, mais par rapport à l’envie qu’il avait de vivre ( d ). On lui donna bien l’argent qu’on avait promis ; mais on le lui ôta adroitement, et puis on lui donna une autre bourse oh il n’y avait que de la terre. La bonne femme, de retour à son logis (car elle avait été trouver

(c) Pollicens pro unâ nocte , si ei misceri rellel , se auri libram dalurum. Augustinua,' de Serm. Domini in Monte, lib. I, cap. XVI .

{d : Ilia corpus non nisi marito dédit , non concnmbere , ut solct , se J vivere cupienti. AuguaUniu, i bid.

le galant à sa maison de campagne) , n’eut pas plus tôt aperçu cette tromperie qu’elle s’en plaignit publiquement. Elle en demanda justice au gouverneur, et lui raconta le fait d’une manière fort ingénue. Acindynus commença par se déclarer coupable , puisque ses rigueurs et ses menaces avaient fait recourir ces bonnes gens à de tels remèdes :

il se condamna à payer au fisc la livre d’or ; ensuite il adjugea à la femme la terre d’où avait été prise celle qu’elle avait trouvée dans la bourse. Saint Augustin n’ose décider si la conduite de cette femme est bonne ou mauvaise (A), et il penche beaucoup

S lus à l’approuver qu’à la conamner (B) , ce qui est assez surrenant (C). Nous avons vu ci— essus (e) le même relâchement de morale dans saint Chrysosto— me , au sujet de la conduite d’Abraham et de Sara.

(«) Dans la remarque (A) de V article A»i-

MtLECH.

(A) N'ose décider si la conduite de celte femme est bonne ou mauvaise .1 Cela est clair par ces paroles : IViliil hic in alteram partent disputo ; liceat cuique œslimare quod velit (1). Ailleurs il met en question si la chasteté d’une femme perdrait son intégrité en cas que , pour la vie de son mari , et par son ordre , elle couchât avec un autre homme. Scrupulosiùs disputari potest ulriint illius mulieris puiheitia violaretur , eliam si quisquam carni ejus comrnixtus foret , cüm id in se fieri pro mariti vitd , nec itlo nesciente sed jubente permiUerel , ncquaqu'ant fidem deserens conjuraient, etootestatçm non abnuens montaient (a) ? Rivet, ayant cité ces paroles , ajoute (3)

(i) Alignât r]e Serroone Domini in Monta, lib. /, cap. XVI .

(a) Auciutinii» rontra Faust. Manich., lib- XXII, cap. XXXVII.

(3) Riveti Exercit. LXXIII in Gcno». Opsr. tom. I , pag. aSa.

ACINDY NUS.

que saint Augustin rapporte que le sait sans avoir dessein de sauver sa cas arriva sojs l'empereur Constat)- vie, devient innocente lorsqu’on la tin (4/ 1 lorsque Acimlynus, etc. fait pour sauver sa vie. Le prisonnier

(li; Beaucoup plus a i approuver d’Acindynus aurait fait un honteux qu'a la condamner ] Cela paraît ina- maquerellage , et consenti à un adulnifesteraent par ces paroles : 1 Von n'a tère proprement dit, s’il avait permis est ejistimandum ne hoc etiam Jemi- à sa femme de coucher avec ce galant, na, vtro permutante , facere pnsse vi - afin de çagner une livre d’or; mai» dcalur ; quod omnium sensu s ea cludit. parce qu il n’y consent qu'afin ae sau-

Quamquam nonnuUœ causa posant ver sa vie , ce n’est plus un consentc- «jr Utero ubi et us or mariti consensu ment à l’adultère, c*est un».* chose per* pro ipso marito hoc facere débet e vi- mise. Qui ne voit que si une telle deatur.... IVihil hic in altérant partem morale avait lieu, il n’y aurait point disputa... SeJ tanien narrato hoc facto de précepte dans le De'calogue dont la ( savoir celui de la femme dont le mari crainte de la mort ne nous dispensât ? était en prison sous Aciudyuus) non Où sont les exceptions en faveur de ilà respuit hoc sensus huntanus , quod l’adultère? Si une femme n’est pas in illd muliere vira jubenie commis- obligée d’obéir au commandement de sum est , quemadmodiim ante a , t ütn ne point souiller son corps quand cela sine ullo exempta res ipsa ponerclur , peut épargner à son mari le dernier hoiruimus (5) Je ne sais donc sur quoi supplice, elle ne sera point obligée à sc fonde le théologien protestant que y obéir quand il s'agira de sauver sa î'ai cité dans la remarque précédente, propre vie; car Dieu n’a pas exigé de lorsqu’il assure que saint Augustin nous que nous aimassions personne penche plus vers la condamnation que plus que nous-mêmes. On pourra donc vers la justification de cette femme impunément transgresser la loi de la Quo facto Acindyni explicato , libe- chasteté afin d’éviter la mort. Pourrum unicuique pèrmiitit Auguslinus quoi une semblable raison ne rendra* astimare quod velil , quamvis in eam t-elle pas permis l’homicide , le vol , partem propensinr videalur , quod id le faux témoignage, l'abjuration de sa fieri non liceat (C). religion , etc. ? Les plus grands hoin-

(C) Ce qui est assez surprenant .] Un mes sont sujets à donner à gauche et grand théologien comme lui ne de* à s’égarer dans les chemins les plu» vait-il pas savoir que noire vie, qui unis. Est*il bien difficile de connaî* n’est qu'un bien temporel et périssa- tre que saint Paul n’a point prétendu ble, ne nous doit pas être assez pré- qu’un mari pût disposer du corps de cieuse pour nous sembler digne d être sa femme en faveur du tiers et du rachetée par la désobéissance à la loi quart ; saint Paul, dis-je, lorsqu’il a de Dieu? Car, comme cette désobéis- dit que la femme n’a point la puissance est un péché qui nous soumet è sauce de son corps et que cette puisune peine éternelle et à un mal mo- sanceestà son mari? Cependant vous ral qui blesse un être infini, il n’est voyez que saint Augustin s'embarrasse pas moins contre la prudence que con- dans ces paroles de l’apôtre, et qu’il tre la droite raison d’aimer mieux fait grand fond sur la distinctiou /Wacom mettre un péché que perdre sa rito jubente potes tatem non abnuens vie. Je ne dis rien des abtmes de cor- marnaient. Nous verrons ailleurs (y), ruption que l’on ouvre de toutes parts qu’il s’est servi de cette doctrine de sons nos pieds, en nous disant qu’une saint Paul pour justifier Abraham et

Sara touchant le concubinage d'Agar.

Écoutons un théologien qui , pour avoir vécu plusieurs siècles apres ce père, ne laisse pas d’être meilleur moraliste sur ce point. Qud m re (savoir l’aventure de la femme dont le mari était pri-onnier d’Acindynus)

mirant est lalem ac tantum vtrum potuissc dubitare , citm ex saerd senp -

(7) Dent la remarque (I) de Vtultvle Ssa*.

chose qui serait un crime si on la fai-

(4) Il y a Constantin* dam l’Ouvrage de saint A «gaslin que j’ai cite.

(5 Aug ut. «te Sermone Dotnini in Monte, lib. I , cap. XVI.

* Joly ne conteste pat let texte r cites par Barle , mais il prend la drfen-e de taint dugusttn, qui opine *ealeiue»t par c»mpirai»on , et dit que . hors i'esrtnplr qu il allegur , ce « rime fait horreur, cl que H -n* fil eiemi.le il ne révolte pa. tant. L.-J. Leclerc d/fend aussi saint

Jusustm.

KiV«U Oper. lam. 1 , pag. agi.

ACONCli. i»i

twd constat apcrtissimèmalumaliquod ériger en auteurs; mais on n’y

pœna nimquam esse redimendumma- tr()Uve s0„ tralté de la Mé

lo cu/ptv . et vilarn potius esse depo- . , , \ . »

neridan , quant ut eam nobis aut atiis thode (c) y qui est unebonnejDiece

serve mus idjncientes ex quo Deus of- (B), quoique l’auteur ne l’eût J)Ufenderetur. Aulio modo i taque cen - bliée que comme un essai (d). Il

tendum ml licitum esse adutterii rente- avait composé en italien un oudturn vcl martio . vcl uxon vitandœ . V ai •« » r

alterius nccis causa ; quai potius mor- vrage touchant la manière de for-

tem ex peciare convertit , imb vero ultra tiHer les villes, lequel il mit lui—

expetere , quant alterutrius castitatem prnderc , ob cujus conservulioncm moitié pudicisstnue feminœ non solunt ab altis occtdi sustinuerunt , sed etiam (quod tante il probare nnlint ) sibi ipsis

même en latin pendant son séjour en Angleterre (e); mais je ne crois pas qu’on l’ait jamais im—

Ï)rime. Il travaillait aussi à une

ogique (/), à quoi la mort apmra, sed etiam inter Christinna, ,8). paremment l’empêcha de mettre

parlerai en son lieu. la dermere main. Ce fut domma-

Lisez les dmœnitates Juris de M. Me'- ge; car c’était un homme qui nage, au chapitre intitulé, de Mardi pensait juste, qui avait beaucoup

lenoctnio : Adulterarumriros ordineri de aiscernement et beaucoup de non potuisse. C est le Xe. chapitre de . . . T. , . . * , . ,

cet ouvrage. Voyez-en la page 5a de Pénétration. Ils était formel idee

l’édition de Leipsick , en 1680 ; in 8°. la plus raisonnable de cet ouvra-

(8) Rireü Op*r. , tom. i , Pag. a8i. ge , et il se croyait obligé d’y tra-

irnvrp /t v w vailler avec d’autant plus de soin *

ACONCE( Jacques) , en latm ,, . it ,£ allait ’

Acontiüs, philosophe, îunscon- ^ »r • > ri

. .r ’ • . , ser dans un siecle encore plus

ï* «C Yvi'eU •’ ]na^Ui .. éclairé que celui où il vivait (C).

Trente, au XVK s.ecle («). Il Sa conj2cture était bien fondée

embrassa la retormation ; et , ,nv ». , , ...

, * . * (IJ). II n a pas eu sur la religion

ayant passe en Angleterre au i / *. 1 • • „

les memes principes que Calvin :

temps de la reine Elisabeth , il *, ^ » .1. r u ,

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