‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 75 sur 134 · ABS TI NUIT VENERE ET VINO · texte numérisé non relu

ABS TI NUIT VENERE ET VINO

Cette abstinence fut insigne dans Agricola ; et c’était une chose bien rare à l'égard du premier point , au pays où il vivait : Lovanii vixil ho neslissimè , ab omni compotalione ac comessationc contra gentis suœ morem ahenissimus. Tant us erat in eo bonarum literarum amor , lam indefessum sludium , ut turpis y rnerisj'ornices et lustra ne noverit quidc tn (\). Elle était rare partout, et l'est encore à l’égard de l’autre point. Car, à la honte du christianisme et des lettres , on ne voit presque partout dans les écoliers qu’un penchant horrible à la débauche. Ils ne valaient peut-être pas mieux anciennement j et en ce cas-là , je m’étonnerais qu’on n’eût pas mis en proverbe , sine l^enere et Baccho frigcnl Musæ y comme l’on y mit, sine Ce rere et Baccho Jrigcl F ênus. Il semble que depuis long-temps la jeunesse qui étudie se conduit comme si la première de ces deux maximes était véritable.

(C) Et s’arrêta deux ans (5) a Ferrare ] Il y apprit le grec , et y enseigna le latin : il disputait avec Guarin, a qui écrirait le mieux en prose ; et avec les Strozza , à qui ferait mieux des vers : et pour ce qui regarde la philosophie , il en discourait avec Théodore Gaza (6).

(D) Ce fut i an 1482 qu’il alla au ,Palatinal ; il y passa tout le reste de sa vie.] Melchior Adam l’assure : Cum hoc (Joanne Camerario Dalburgio) ab anno 1482 partira lleidelberg.e , partim Wormati*, ad ullimum vitae actum usque vixit conjunctissimc (7).

Mais M. de la Monncie l’a trouvé en faute ; car voici ce qu’il riic marque : « Rodolphe Agricola , dans une lettre » qu’il écrit Jacobo Barbiriano , mal » datée de XCII au lieu de XXCII, et » dans une autre de même date à Jean » son frère , dit qu'en un voyage qu’il » fit cette même année à Heidelberg, m il donna sa parole à Jean d'Alburg ,

(.V) Horat. dcArte Poct., us. 4 1 î el itq.

(4) Melcb. Adami Vit» Pbilo>opb. , pag. «5. (5) En 1476 , ci *477.

(G) Valent André» Bibl. Brt<. , pag. 798.

(7; Melcb. Adami Ville Pbdosopfa., pag. il?.

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» chancelier du comte palatin . et évê- » que de Vorraes, de retourner auprès » de lui l’année suivante. On recon- » naît cependant par scs autres let- » 1res, qu’il n’y retourna point avant » le milieu de l’annc'e 1 4^ | . Ainsi , le » calcul de Vossius, pag. 566. de JJ ut. » Lal. touchant les trois ans de la ré- » gence de Rodolphe à Heidelberg (8), » n’est point juste* Sigismond de Fo- » ligni , autrement Sigismundus Ful- » ginas , se trompe aussi , quand il » dit que Rodolphe mourut en che- » min , au retour de Rome en son » pays. Rodolphe partit de Rome en » i^oo , et mourut cinq ans après à » Heidelberg. On ne voit point par la » lecture de ses Œuvres, qu’il ait fait » à Vormes la fonction de professeur.»

On a une lettre de Pierre Schottus , datée du 18 de février x 4^4 > dans laquelle il témoigne qu’il avait appris avec beaucoup de plaisir qu’Agricola avait commencé de faire des leçons à la jeunesse dans Heidelberg. Argen-

tinam revenus , eùm intellexissem

le Heidelbergœ cwpisse purgare et lin guas juvenum et aures , ut illce nil scelerosum balbutiant , hœ vet o * uis tarn peritis et dulcibus eleganliis delibaiœ , omnes illas sciolorum insulsas et verbosas ineptias quasi magicas incantationes déclinent . lùm ego vehernenter sum gavisus (g).

(E) Il commençait a y faire Je bons progrès. ] On sait de lui-même , qu’au commencement cette étude lui parut trés-diflicile : Studia llebrœa.... primiim ci plurimùm negotii, uti scribit ipse , exhibuerunt , ut sibi videretur cuni Antcco luetari{ io). Ensuité ayant rencontré un Juif qui entendait passablement cette langue , il alla en peu de mois jusqu’à pouvoir traduire sans fautes quelques psaumes de David :

JYactus Judœum ejus linguœ utcunque perilum paucis mens i bus tantum profccit , ut aliquot psalmos Davidicos in latinam linguamcitra culpam transtuleril (il). Il n’y a pas là de quoi dire avec Vossius, qu’Agricola était

(8) Hâtes i pie Mclcb. Adam ne dit point jk Agricola ait jamais enseigne la philosophie dans Heidelberg. Vossius suppose qu'il l'j enseigna trois ans.

(9) Centuria Epistolarun Pbilologicarum à Goldasio edi tara m , pag. 55, 50.

(10) Melch. Adami Vite l'iulo'opb. , p. 18.

(11) ld ibid. , pag. ip.

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