AGR
mndi herniim illorutn facinora flagitiaque in varias transfusa linguas, o tunique populo exposita dilucidè narrabo.
(T) Il eut quelques opinions qui n? étaient pas tle la routine J’ai déjà touché celle qui regardait la chute d’Adam. Les autres n’étaient nas si scabreuses, et n’avaient point d’autre mal que d’être conformes aux hypothèses des réformateurs. Sa Dissertation du Mariage , dédiée à Louise de Savoie, mère de François Ier. , donne de bonnes atteintes à la loi du célibat , et marque assez clairement que l’adultère rompt l’engagement conjugal.
Un de ses amis ( 1 1 1) lui fit savoir que cette Dissertation avait déplu à la cour, et qu’on n'avait osé d’abord le présenter à la princesse. Voyez ce qu’il répondit. 11 n’approuvait point les images , et de tout son cœur il aurait donné dans une réforme qui n'aurait pas produit l’érection d’autel contre autel (iia).
(V ) Il expliquait sa Philosophie occulte dune manière qy.i n’est guère différente des spéculations de nos quiétisles .] Citons encore une observation de Naudé , destinée à faire voir que, sous prétexte de cette clef, on ne peut pas soutenir qu’ Agrippa est le vrai auteur du IVe. livre de la Philosophie occulle. Sans qu'il faille objecter , dit-il (i i3) , ce que Le met me Agrippa dit en quelques endroits de ses epistres (**) , qu’il se réservait la clrf des trois livres qu il avait publics ( 1 1 j) : car , outre que l’on pourrait respondre avec beaucoup de probabilité , quif faisait mention ae celle clef pour se faire courtiser par les curieux , comme Jacques Gohnry (**) et I^igene.re (*3) disent qu’il se vantoit à marne dessein de savoir la pratique du miroir de Pythagore , et le secret d’extraire l'esprit de l'or d’avec son corps pour convertir enfin or l’argent et le cuivre , non toutes fois , si non autant que monloil le poids de celui
(tu) CjprUotinn , médecin de François J*T . V or es let Lettres d’ Agrippa, p. 83a, 833, 8.'6.
('lia) Vide Gesoerum m Bibliolh. , fol. 3oy , venr*o.
(n3) Nandé , Apologie pour le* grand» Homwe.« , pag. 414. 4*5.
r 1 ’ Euinol* LFI lihri IV, XIV Ubri V.
(1 14) N*udc te trompe , ils n étaient pas pu bL*éf encore,
("*) Libi-o .leMvst. not. Comment, in Paraccl». Je Vilâ longn , folio 61.
(*3) En ses Chiffre» , folio 16 et 37,
PPA. 3o~
duquel il avoit esté séparé , et non plus : outre cette raison , dis-je , il explique assez ce qu ’il entendait par une telle clef , quand il dit en la 19e. épist. du livre 5 : « üœc est ilia ver a et rtii- » rabtltum operum occulltssinia philo - » sophia; clavis ejus intellectus est :
>» quanta enim alliora inteHigimus , >• tanta sublimiores induirnus virtules » tant oq uc , et majora , et facihüs, et » ejjicactüs operamur. » Naudé s’est arrête la; mais AI. de la Monnaie ne s’y est pas arrêté; il m’a fait la grâce de m'avertir que les pensées d’Agrippa sont assez conformes à celles des quiétistes. On en sera persuadé si l’on examine ce que je vais rapporter.
Agrippa fait mention de cette clef dans deux lettres qu’il écrivit à un religieux (n5) qui s’attachait fort aux sciences occultes. 11 lui représente que tout ce que les livres appreunent touchant la vertu de la magie, et de l’astrologie , et de l’alchimie , est faux et trompeur quand on l’entend à la lettre; qu’il y faut chercher le sens mystique , sens qu’aucun des maîtres n avait encore développé , et qu’il était presque impossible de découvrir sans le secours d’un bon interprète , à moins qu’on ne fût illuminé de l’esprit de Dieu, ce qui arrive à très-peu de gens (116^ : (J quanta leguntur scripla de incxpugnabilt magicœ arlis polentid , de prodigiosis astroloeorum imaginibus , de monstrified alclitmistarum metamorphosi , deque lapide illo benedicto , quo , Midœ instar, contacta aéra mox omnia in aurum argon tumve permutentur : quœ omnia enmperiuntur vana, ficta , et falsa , quoties ad litleram practicanlur (117). 11 ne faut point chercher hors de nousmêmes, ajoute-t-il , « le principe de ces » grandes opérations : il est chez nous ;
» c’est un esprit intérieur qui peut » très-inuoceinment effectuer tout ce » que les magiciens et les alchimistes » promettent. Je ne vous écrirai point » sur cela; car ce ne sont point des » choses qu’il faille confier au papier.
» L’esprit les communique à l’esprit « en peu de mots consacré*. » Atquc
(t 1 5) Aurtlius nb Aquaptndenlc , Auguitinia* nus.
(116) A isi fuerit divino numine dluslratus , quod datur paucissimis. Agrippa , Lpiit. XI V Ubri V , pag. 91.4.
(1x7) Idem , ibid.
hoc est , quod le nunc scire vola, quia nobis ipsis est omnium mirabilium ef- Jecluum operalor : qui quicquid portenlosi Mathcmatici , quicquid prodigiosi Magi , quicquid incidentes nalurce persecutores Àlchimistœ , quicquid dœmonibus détériorés malejici Necromanlcs promit tere aitdcnl , ipse no vit discernere et ejfficere , idque sine omni crimine, sine Dei nffensd , sine relu gionis injurid. In nobis , inquam , est ille mirandorum operalor ,
No* habitat , non larlara : »cd nec aidera cosli.
Spiritus in nobis qui viget, ilia facit.
Veriim de his nobis quant latissimè lecuni conferendum esset et coram. IVon enim commiltuntur hccc litteris , nec scribuntur calamo , sed spiritu spirilui paucis sacrisque verbis infunduntur , idque, si quatulo nos ad te venire contigerit (118). Je tire ceci d’une lettre datée deLyon, le de septembre 1 5^7.
L’autre lettre futeerîte dans la même ■ville, le 19 de novembre suivant. Agrippa y ctale son mystère : il dit que la vraie et la solide philosophie consiste à être uui avec Dieu par un contact essentiel et immédiat qui puisse nous transformer en Dieu. « L’entendement, » ajoute-t-il , est la clef de cette philo- » sophie : mais , pour être uni avec » Dieu , il doit être détaché de la ma- » tière, et mort au monde, à la chair, » à tous les sens , et à tout l’homme » animal.» Son latin exprimera mieux ce galimatias: Quodadposlulatam philosophions attinet, te scire volot quôd omnium rerum cognoscere opijicem ipsum Deum,el in ilium tntâ similitudinis imagine ceu cssenliali quodam contaclu swe vinculo transirc , quo ipse transformer is , çfficiarcaue Dcus , ea demum ver a solidaque philosophia sit :
quemadmodiim de Moyscait Dominus , inquiens : Ecce ego constitui te Deum Pharaonis. Hœcest ilia ver a et summa mirabilium operum occultissima philosophia. davis cjus intellectus est , Quanta enim altiora intelligimus , tan- V» sublimiores induimus uirtutes, tantoque majora , et faciliùs , et ejficaciùs operamur . J^eriim intellectus noster carni inclusus corruptibili, nisi viam camis superaverit ,Jucrilque propriam naluram sorti tus , divinis illis virtuti bus , non poterit uniri ( non enim , nisi
(118) Idem, ibid.
sibi quant similibus congrediunlur ) ac pervtdendis illis occultissimis Dei et natures secretis omninô inejfîcax est :
atque
Hoc opus , hic labor est , superas evadere ad auras.
Mori enim oporlet , mori , inquam , rnundo et carni , ac sensibus omnibus , ac loti homini animali , qui velit ad hœc secrelorum penetralia ingredi : non , quôd corpus separelur ab anima : sed , quôd anima relinquat corpus. De quâ morte Paulus scribit Colossensibus : Moi tui estis , et vita vestra abscondita est cum Christo ; et alibi clariiis de seipso ait : Scio hominem, in corpore , vel extra corpus, nescio(Deus scit ) raptum usque ad tcrtiuin cœluin : et quœ r cliqua se quuntur (119). « Cette précieuse mort,
» continue-t-il , n’est accordée qu’à » un petit nombre de eens chéris de » Dieu , ou gratifiés a’une influence » bénigne de l’étoile , ou soutenus de » leurs mérites et du secret de l’art : » Hdc , inquam , pretiosd in conspectu Domini morte mori oportet, quôd coniingit paucissimis , et forte non semper; nam id
Pauci quo* srqaus «mavit
Jupiter, sut araeus evesit ad sethera virtos , '
Dits geniti polucre :
Primum , qui non ex carne et sanguine, sed ex Deo nati surit . proximè, quinaiuræ benejicio ac cœlorum gcnelhliaco dono ad id dignificati sunt : cceteri mentis nilunturet arte, dequibus oiuavoi te cerliorem reddat ( 1 20) . 11 reconnaît ingénument qu’il n’est pas du nombre de ces favoris du ciel , et qu’il n’espère pas même de parvenir à ce haut degré de bonheur : car il s’était toujours trouvé dans les tourbillons de la matière , homme sensuel , attaché à une femme , à la chair , au monde , aux soins domestiques , etc. Il veut seulement qu’on le considère comme un portier oui montre aux autres le chemin qu’il faut tenir (1 ai). P'erùm hoc te admonitum volo , ne circa me decipiaris , ac si ego aliquandô divina
(119) Idem , F.pist. XIX libri V > pag. 90g
(100) Agr. Kpiot. XIX til>n V , pag. 909.
(ni) Confère* avec cela les Suinx-i de la Foi, dont le sieur l’arisol patte dans son livre de La Foi dévoiler par la Kni»on. On en Uouve de* Extraits dans les Nouvelles de la Hépubl. dn Lettres, octobre, i685 , png. n4« et suiv.