‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 82 sur 134 · XXX I · texte numérisé non relu

XXX I

(, f ) Piato , de Repuhl., lib. .Y, pag. ^65.

{g) Dans l'article Tecmesse.

que l’Écriture Sainte donne au roi Saul à l’égard de la taille (h).

11 fut le sujet de plusieurs pièces de théâtre, tant en grec (ju’en latin (*). Le fameux comédien Ésope n’aimait pas à les jouer (A). Les Grecs rendirent beaucoup d’honneurs à ce brave capitaine après sa mort (/). Ils lui dressèrent un superbe monument sur le promontoire de Rhétée (F). On a conté quelques aventures miraculeuses touchant ce tombeau (G). La faute que Ronsard crut avoir faite touchant Ajax (H) fut corrigée dans une nouvelle édition.

(h) J’ oyez la remarque (G).

(») Auguste en avait commencé une. Voyez Suétone , dans sa \’ie, chap LXXXV.

(k) Cicero de Ofîiciis , lib. /, cap. XXXI.

( l) Quialus Calaber , lib. V ; Dictys Crel. lib. V.

(A) (Tétait , après Achille , le plus vaillant capitaine grec.’] C'est sur le témoignage de plusieurs poètes, que je fais celte restriction :

’Ay/f®» a.5 pty if*? oç *»» Ttxst/x®-

noç Aïotc ,

*Oqp ’A^ixivç pu tvj»y. (ô yàp ?roxù qip~ TatTôC Xtv.) ( i)

Virorum verù longe prerslantiisimut eral Te' lamoniut tjnx ,

Inlerea diun Achille f in odio permanebat ; ( nam it multo forUstunus eral. )

Pindare appelle Ajax xpaèriç-ov , A^iXioc éirtp , (a) j slrenuissimum , ex-

cepta Athille , in pugtui. Sophocle en dit autant (3). Horace n’en ait pas moins : Ajax Hcros ah Achille secundus (4). Plutarque rapporte comme une tradition qui ne recevait point de dillicultc , qu’Àjax était le plus beau , le plus grand , et le plus vaillant de tous les Grecs , après Achille ^5). Cela est bâti sur ces paroles d’Homère :

AiJtvô' OÇ 7Ttpi ftl» tiJ'oç irtp tf ’ tp4} A Tl- Tt/XTO

(i) Homer. Mi ados lib. II , et.

(■tj Pindar. Nem. VII.

(3; Sophoc. in Aiace.

Moral. Sal. III , lib. II , et. ig3.

S) Plutar. Symposiac., lib* IX , quer t. K pag. :4o , A. ‘

3it>

A JAX.

T»» «tXAav AotvatttV yvr iyùjuvncL II»- Xlioovat (6).

Ajacem , qui eximius et formd et rebut gestii fuit »

Inter alioi Greecot poil A c fuite m , in quo nihil desiderabatur.

Plutarque fonde là-dessus l’objection qu’il fait à Platon , qui a feint que l’âme d’Ajax ne fut enrôlée que la ringtième : T l oov (err»») où fiurtpeuet /Jtit ’o Aïetç kÂxxovç xau jutyiS oi/ç xeù ctv Jpîiatc «ici qtpt'rctt fxtr àuùy oyat n»Miû'v*. Quid ( inquit ) nonne Ajax semper ab Achille secundus habetur pulchritndine , magnitudine , ef fortitu dinc? M. Moréri rapporte ce passage tout falsifie $ voici ses paroles : /Vutarque remarque en ses Questions de table , pour quelle raison Platon ne donne après Achille que la vingtdeuxième place a l'âme d’Ajax , qui était estime le premier en beauté , en force et en courage ; et il fait voir que ce philosophe se jouait par la différente signification des noms.

(B) Sa fureur fit beaucoup de bien aux assiégeans. ] On aurait néanmoins grand tort d’en conclure que le vrai courage a besoin d’un tel secours. Les utilite's du vice n’empêchent pas qu’il ne soit mauvais. Je vous renvoie à ce beau passage de Cicéron. Dion igitur desiderat fortitudo advocatam iracundiam : salis est instrucla , armala par ata, per sese. Dlam isto modo qui dem licet dicerc utile ru vinolentiam ad fortitudinem , utilem etiam démenti am , quod et insani et ebrii multa faciunt sœpè vehementiüs. Sernper Ajax fortis , fortissimus lumen in furore.

Nam facinus fecit maximum , quùm, Danois inclinanlibut ,

Sunnnnm rem perfecit ma nus, prtolium quùm restituil insaniens .

Dicamus igitur utilem insaniam (7).

(C) Il était invulnérable par tout le corps , U une partie près.'} Voici l’origine de cette singularité. Hercule , voyant Télaraon fâché d’être sans enfans, pria Jupiter de lui donner un garçon qui eût la peau aussi dure que celle du lion de Néraée , et autant de courage que ce lion (8). 11 vit une ai-

(6) Horarri Odyisne lib. XI , vs. 54g; vide eliam vs. 468.

(O t'iccro Tuscul. , lib. IV, cap. XXIII et XXIV.

(8) P.ndar. bthmic. Ode VI. Apollodor. , Ub. lit.

gle , après avoir cessé de prier , et la prenant pour un bon augure, il promit à Télamon un fils tel qu'il venait de lui souhaiter, et ordonna que cet enfant fût nommé Ajax, à cause de l'aigle (9) qui avait fourni le présage. H revint voir Télaraon, après la naissance d’A jax ; et se faisant donner cet enfant toût nu , il l’enveloppa de la peau de son lion de Némée : d’où il arriva que tout le corps d’Ajax devint invulnérable , excepté la partie qui se trouva sous le trou qui était dans cette peau , à l’endroit où Hercule portait sou carquois (10). On n’est point d’accord touchant la partie qui se trouva sous ce trou ; les uns la mettent sous l'aisselle (n) , d'autres •au cou (ia), d'autres au côté (i3), d’autres à la poitrine. Tzetzès sur Lycopbron se range à ce dernier sentiment: et Ovide paraît en être au XIIIe. livre des Métamorphoses , vers.

Dixit , et in pectus tùm denique ruinera passum ,

Quù paluit ferro lelhalem condidit ensem.

(D) On a rapporté des circonstances de sa mort , dont les unes détruisent les autres.} Car il y a des auteurs qui veulent qu’il se soit donné la mort , dans la fureur qui le transporta, après avoir perdu le procès des armes u’Achille : d’autres disent qu'il n’eut point de démêlé avec Ulysse touchant ces armes; mais touchant le palladium qu’on avait enlevé de Troie au saccageraent de la place. Ces deux narrés sont incompatibles , vu que les armes d’Achille furent adjugées à Ulysse avant la prise de Troie, et qu Ajax se désespéra peu après l’adjudication. Quoi qu’il en soit, Dictvs de Crète raconte qu’Ulysse remporta le palladium sur Ajax, par le jugement des chefs, et qu’Ajax, transporté de colère, menaça de tuer ceux qui lui avaient fait cette injustice : mais que le lendemain il fut trouvé mort dans sa tente, transpercé d'un coup

(9) Les Grecs nomment l'aigle AiCTOÇ.

(10) Suida* in Ar^iît/iç'iii î ScboliMif) So-

E* ocli* in Ajacem ; ScboliasL IJomen in Uiados . XXIII ; et Ticu.es in Lycopbr.

(1 1) Suida* in ho-ÿ&StLçtt.

(il) Apud Ttctzcn ; item Scboüajtcs Hamrti in tlinlot iti. XXIII.

(i3) Scboluit. Sopbocli» in Ajacem.

AJ.

d’épée (»4)- Ulysse, soupçonne de cet homicide, et voyant les murmures de l’armée, s’embarqua, et mit à la voile le plus promptement qu’il put. Suidas (i5) et aédrenus avouent bien qu’Ajax et Ulysse disputèrent le palladium; mais non pas que les juges aient prononcé en faveur de l’un ou de l’autre. Ils disent qu’on se sépara , avant qu’il y eût rien de décidé , et que la nuit suivante Ajax fut trouvé raide mort. 11 y en a qui veulent que son combat avec PAris lui ait été aussi funeste qu’à son adversaire : il y reçut une blessure dont il mourut (16) , et il y tua Pilris (17). D’autres disent aue lesTroyens, avertis par un oracle, que le fer ne pouvait rien sur son corps , et que , si on voulait le faire mourir , il fallait l’accabler de boue , le firent périr de cette façon (18).

(F.) Un de ses caractères était l'impiété.'] Quand il partit pour l’armée , son père lui recommanda de joindre toujours à la force de son courage l’assistance du bon Dieu. Ajax lui répondit que les poltrons même sont souvent victorieux avec une telle assistance ; mais que pour lui, il s’en passerait , et qu’il était assuré de vaincre sans cela :

T«xw , Sbpi

Botskoo xpartiv /uit y a-ùt S’ du jtpetf rtir.

’O S’ tÂJaxo (jLirms xdQpôymç i/uu^atTO, Tlinp , 0i5K jutv xaîv 0 pttSn a?» op.ni/ Kpdrtx xatTatxTsVrtiT . tyai Si xsti Si%& Km»v , TiTCiôa. tout’ irtrarctTuv xxioc (19).

Mijili , inquit, virlule

y élis vincere , sed auxi liante Dm semper velu vincere.

Ip<e verts superbe ae stulli respondebat , Adjuvante Dr o , inquit , eliam ignavi y 1 ncere soient. Ego verà , vrl absque Auxilio divino , confido me islam aUracturum este gloriam.

On trouve encore un passage tout semblable dans le même auteur.

El Si tiç 8tôtv jSxatTToi , çôyo ty dv xa IXOC TOV XC*lWo»St (ao).

Sed ctun Deus adversatur , tune eliam ignavi ejfugiunt e mambus virorum Jbrlium.

( *4) Dict. 8ret. , lib. V .

(i5) Suida» in voce. TlctkXxStoy .

, »t») Darcs Phryigiu* et Scbolia»t. Sophocl- in Argument. Ajacitt.

(17) Dir« l’Iirytiui.

1 8) 4pud Scbolia.l. Sophoi'l , ibid.

i;ij Sophocle* 1/1 \\ace t pag. 8a, Ht.

(ao ) Ibid. , pag. il.

Minerve se voulut mêler un jour de lui donner des avis ; il lui répondit fièrement : Ne vous mettez point en peine de mon poste; j’en rendrai bon compte : vous n'avez tju’a garder vos bons offices pour les autres Grecs (ai). Une autre fois , elle s’offrit à conduire le chariot d'Ajax dans la mêlée : il ne le voulut point souffrir (aa). 11 fit même effacer de son écula chouette qu’on y avait peinte (a3). Il craignit apparemment que cette peinture ne fût prise pour un acte de dévotion envers Minerve, et pour une défiance de ses propres forces. On ne serait pas équitable, si l’on n’apprenait ici aux lecteurs qu’il n’est pas si indévot dans Homère ; car, s’il n y prie pas Jupiter en se préparant au combat contre le vaillant Hector , il demande pour le moins que d’autres fassent des prières à ce Dieu , ou tout bas, de peur que les Troyens ne l’entendent , ou même tout haut ; car , ajoute-t-il , je ne crains personne (a4). H n’y a pas là de quoi le donner pour un modèle de dévotion , comme on le fait dans le Commentaire sur les Emblèmes d’Alciat. Reclè Ajax apud üomerum qui Deos invocat sese ad arma compo nens ; neque enim putat sibi felicius rei benè gererulœ auspicium capere posse quant ab invocationc numinis (a5). C’est mal rapporter le fait; le passage du XVIIe. livre de l’Iliade, vers 645 , ne sert de rien ici. Il ne veut pas

3ue les Troyens sachent qu’on prie •ieu pour le bon succès de ses armes ; cela peut recevoir deux explications :

il craignait peut-être que lesTroyens ne prissent cette invocation de Dieu pour une marque qu’on se défiait de sa valeur; ou bien, il craignait que les Troyens , avertis des vœux que les Grecs feraient pour lui , n’en fissent de semblables , ou même de plus ardens , pour leur Hector. La première de ces deux explications lui laisse une vanité fort injurieuse à Dieu : la seconde lui laisse beaucoup de persuasion du pouvoir céleste. Mais , à quoi sert cela, puisqu’il consent qu’on prie tout haut ; qu’il y consent , dis-je ,

(ai) Ibid. , pag 81.

(aaj Scholiaste» Sophodi».

(a 3) Idem.

(a4) Homeri ! li ai). , lib. VII, vt. 196.

(a5) Comment, ia tlmbleiu. CXXVll Alcuii,

pag. 547.

A JAX.

pat* la confiance qu’il met en sa force et en son adresse $ eu un mot, par la raison qu'il ne craint rien, et qu’il se soucie peu que les Trovens fassent des contre-prières , ou qu ils n’en fassent pas ? llst- ce là un exemple de niété que le commentateur d Alciat doive proposer ? Un homme disait l'autre jour que les princes catholiques font fort mal de laisser mettre dans les gazettes les pèlerinages de Lorette, les offrandes , les vœux , les prières de quarante heures , qu'ils ordonnent pour obtenir une glorieuse carnpa-

Sne; car, dès que leur ennemi le sait,

. ordonne les mêmes choses chez lui, et promet encore plus de largesses aux saints et aux saintes. On lut ré-

Sondit que cela montrait la bonne foi e ces princes : ils ne veulent pas surprendre les arrêts du ciel $ ils ne veulent pas, comme Ajax, ôter à leur adverse partie la connaissance de leurs requêtes , et les moyens de se pourvoir contre : ce serait vouloir qu’on prononçât sans avoir ouï les deux parties.

(F) Les Grecs lui dressèrent un superbe monument sur le promontoire de Wiclée.'] Ce fut uu de ceux qu’ Alexandre voulut voir et honorer (16). Nous disons ailleurs (a^), qu’on a tort d’accuser Pline d’avoir ignoré la vraie situation de ce tombeau. Mais , s’il est vrai que les Grecs aient érigé ce monument , que veut dire Horace, quand il censure Agaraemnon d’avoir laissé Ajax sans sépulture ?

. . . Cur Ajax héros ab Achille r ecundus Putre<cit, loties servalis clarut Achtvis , Garnirai ut populus Priami Priarnusque inhumait > ,

Per quem lot juvenes patrio carutre sepul- • erv (28)?

Je réponds que ce poète ne fait qu’employer un des incidens de la tragédie d’Ajax : c est celui où Sophocle feint qu’Agamemnon ne voulait pas consentir qu'Ajax jouît des honneurs de la sépulture. Il céda enfin aux fortes instances de Tçuccr. Kr marquez qu'il y a des auteurs qui disent que l’on ne brûla point le corps d’Ajax , et qu’il y en a qui disent que l’on le brûla.

Dicfys île Crète et Quintus Calaber sout de ce dernier parti : Philostrate

(36) Diodor. Sien!. , Ub. XVII.

(2-) Parti la remarque (K) de l'article Ac bille. (38^ Moral. Salir. III , lie. //, vs. iqi.

est du premier. Il dit que Calchas déclara que la religion ne souffrait pas que l'on brûlât ceux qui se tuaient eux-mêmes 29). Voyez dans le même Philostrpte comment les Athéniens se distinguèrent à honorer ce héros. Pausanias nous apprend que l’une de leur»

tribus portait le nom d’Aj ,x (3o) , et que les honneurs qu'ils décernèrent , tant à lui qu’à Eurysaces, son tils, subsistaient encore (5i). Ceux de $alaminc avaient bâti un temple à Ajax (3a). Toute la nation grecque l’invo- 11a quelque temps avant la bataille e Suiamine (33), et. lui consacra ensuite, comme une partie des prémices destinées aux Dieux, l’un des vaisseaux qu’on prit sur les Perses dans cette mémorable journée (34)-

(G) On a conte quelques aventures miraculeuses touchant son tombeau. ] Ulysse , ayant fait naufrage sur les côtes de la Sicile, perdit, entre autres choses , les armes d'Achille. Le bouclier sort it ensuite de dessous les ondes auprès du sépulcre d’Ajax , et y fut appendu; mais, le lendemain, il fut frappé de la foudre. Voilà ce que Ptoloraée fils d’Hephestion rapporte (35). Pausanias dit , en général , que la tempête porta sur le tombeau d Ajax les armes d'Achille, après le naufrage d Ulysse (36). La matière était trop belle et trop féconde en moralités pour u'être pas empaumée par les poètes Voyez dans l'Anthologie ce que les Grecs ont chanté sur ce sujet (3ç). Alciat eu a tiré l’un de ses emblèmes (38). Quant aux prodiges, ou aux mer veilles, qui firent parler d'Ajax après sa mort , voyez Pausanias , à la page trente-quatrième du premier livre. Ne finissons point cette remarque , sans dire que les vagues, ayant entrouvert le tombeau d'Ajax , on fut curieux d’y regarder, et l’on remarqua qu’un os du genou était aussi grand qu’un de ces disques ou palets dont on se servait dans les jeux de prix

(39) Philostrat. in (leroïci*.

(30) Pausan. , lih. I .pag. 33. Ptalarch. Srmpov , hb. /, qutrtt. X, pag . 6s8. Ucrodot. , Ub. V , cap. LXVI.

(31 ) Pausan. , ibid , pag. 33.

(33) Id. ihtd.

(33) Herodot., Ub. VIII , cap. I.XIV.

(34) Id. ibid., cap. CXXI.

(35) Apud Pliolium , pag. 4^4-

(36; PauMina» , Ub. I , pag. 34.

(37) Aoiliol. , Ub. I , cap. XX II, initie

(38) C’est U XXVIII*.

Digilized

AJ

(3q). L’homme qui le racontait à Pausanias (4o) voulait qu’il jugeât par-là quelle avait été la taille d Ajax. Homère la lui donne tout-à-fait avantageuse.

Avhp Tt juty&ç Tg vE^o^ot 'Afyûetf xtqxtKm ZT tùpt&t c*/uiouç (4l).

r ir lalusque magruisque , Prvceri» tim:u Argicorwn turn capile tum lotis huaient.

(H) Ronsard crut avoir fait une faute louchant Ajax. ] il avait mis Ajax parmi les braves qui prirent Troie ; mais il l’en ota dans la deuxième édition de sa Franciadc , ayant été averti par Florent Chrétien, qu’Ajax se tua avant la prise de cette ville (4a). Apparemment, il ne savait pas que, selon quelques auteurs, ce grand capitaine ne mourut qu'âpres le saccageim-nt de Troie : car, s’il l’avait su , il aurait dit à Florent Chrétien u’il n’ignorait pas ce que Homère, ophocle, Ovide; et quelques autres ont raconté ; mais qu’il savait aussi ce que d'autres avaient dit , et qu’il avait mieux aimé se conformera Dictas de Crète qu’à Homère : et ainsi, il n’eût point tait l’aveu d’une faute.

C’est un aveu très-mai plaisant à un poète, et meme aux autres auteurs.

(3q) Pausania» , hh. I,pag. 34- (/,o> Foret dant la reman/ue (D) de l’article precedent , quelques fautes concernant ce passage de Pausaaias.

Ç4‘) Horaer. I liait., lib. III , es. aaG. f4?) F ojet les Note» de Florent Chrétien sur le Philoctèlc de Sophocle.

AJAX, fils de Teucer, fit bâtir un temple à Jupiter, dans 01 be , ville de Cilicie. Le prêtre de ce temple était seigneur du pays qu’on appelait 'f'rachiotide. Plusieurs tyrans tâchèrent d’envahir ce pays-là , et de s’y maintenir ; de sorte qu’il devint un vrai théâtre de brigandage. Après qu’on eut exterminé ces tyrans , il fut appelé le Pays de Teucer et la Prêtrise. Voilà les noms qu’il avait du temjvs de Slrabou , qui ajoute que la plupart des pontifes qu’on y avait vus avaient porté le nom de Teucer ou celui

AX 3ig

d’Ajax ; et qu’Aba , fille de Zenophanes, l’un des tyrans , étant entrée par mariage dans cette famille, se rendit maîtresse du pays après que son père l’eut gouverné spüs le titre de tuteur. Elle fut confirmée dans la possession par Marc-Antoine et par Cléopâtre , auxquels elle avait fait sa cour habilement. Après sa mort, le pays revint au pouvoir de ceux qui eu devaient être les possesseurs légitimes. C’est là tout ce que Strabon nous en apprend ( a ).

Recueillons de là , que le Supplément de Moréri est tout plein de fautes dans cet article (A). La remarque que je joins à cet article le prouvera suffisamment.

(a) Ex Strab. , lib. XI F , pag. 462.

(A) Le Supplément de Moréri est tout plein de fautes dans cet article. ] Après l’avoir bien mesqré, je trouve que le meilleur moyen d’être court , c’est de rapporter tout entier l’article du Supplément ; le voici : Ajax, fils de Teucer , roi de Salarnine en ttle de Cyprc , ay anl succédé a son père , consacra un temple a Jupiter en la ville d’Olbus. Il se maintint dans la possession de ce royaume contre plusieurs princes qui s‘ en voulaient rendre maîtres , et le laissa h ses dcsccndans , qui portèrent presque tous le nom d'Ajax ou de Teucer. Strabon , /. if. Je remarque contre cela : i°. Qu’il n’y a point de lecteur qui ne soit tenté de croire , en vertu de ce narré , que la ville d’Olbus était dans Vile de Cypre. a°. Qu’il n’est point vrai que Strabon dise \pi Ajax succéda à son ncre au royaume de Salarnine. L’infatigable Meursius, qui a tant cherché les noms de tous ceux qui ont régné dans l’île de Cypre, n’a pas trouve un seul Ajax (1). 3°. Qu'il n’est point vrai que plusieurs princes aient tâche d’oler à Ajax le royaume de Salarnine. Leurs attentats regardaient la Trachiotide , le patrimoine ou le domaine de l’é-

(1) Foret son Traite de Cypro, lib. //, cap. FI I et seq.

glisc de Jupiter Olbien dans la Cilicie; et Strabon ne dit pas qu'on ait tâché d’en dépouiller Ajax, ni même qu’Ajax en ait été' possesseur. On peut bien bâtir un temple , sans en être le pontife, et sans jouir des biens qu’on lui attribue. 4°- Que, supposé qu *Ajax eût été tout à la fois prince et prêtre de la Trachiotide , il serait faux qu’il en eût conservé la possession, et qu’il l’eût laissée à ses descendans : il est clair , par la narration de Strabon ,

?|uc la suite des successions légitimes ut interrompue quelquefois.

AJAX , ecclésiastique recommandable par sa piété et par ses bonnes mœurs , sous l’empire de Théodose. 11 avait un frère nommé Zénon , qui était de la même sagesse que lui. Ils la firent éclater d’abord , non pas dans la solitude, mais dans la ville de Gaza ; puis ils s’attachèrent à la vie monastique. Ils reçurent souvent de rudes coups à cause qu’ils soutenaient courageusement la foi orthodoxe contre les païens. Ajax Avait épousé une très-belle femme ; mais on dit qu’il ne la connut que trois fois , d’oii sortirent trois garçons; après quoi il se sépara d’elle par rapport au commerce conjugal, et gouverna sagement l’église de Botolium. Il éleva deux de ses fils à l’étude des choses divines et au célibat , et maria le troisième ( a ).

(a) âoiom. , lit». VII , cap. XXVIII.

AIGUILLON , petite ville de Guienne , sur le confluent du Lot et de la Garonne , à quatre lieues au-dessous d’Agen (A) , fut érigé en duché-pairie, pour le duc de Mayenne , l’an 1 $99- Les lettres en furent vérifiées au parlement l’année suivante (n); mais la postérité de ce duc ayant manqué ,

(a) Le 2 de mars.

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