A K AK IA
» gade de Pologne. » Tout le monde a su les plaintes qu'un ami de la maison d’Autriche , déguisé sous le nom de Stanislaüs Lysimachus , eques polonus , publia en i683 contre les intelligences que la France entretenait avec le comte de Tékéli, parle moyen d’Akakia et de du Vernai-Boucauld.
3e viens de lire , dans un imprimé qui a pour titre, Journal d’Amsterdam (6) , que ce même M. Akakia eut beaucoup de part aux intrigues qui tendaient à faire tomber la couronne de Pologne sur la tête du duc de Longueville , par la déposition du roi Michel. On assure dans ce Journal que l’empereur en avait fait faire des plaintes au roi de France , et qu’il avait nommé , entre autres , M . Akakia comme un des principaux conducteurs de cette affaire : que M. Akakia fut mis a la bastille ; mais qu'il n’en eut que plus d’attention à l'intrigue qu’il avait commencée , et plus de loisir pour entretenir les correspondances qu?il avait liées : que ses lettres et sa négociation allèrent toujours leurtraint nonobstant cet emprisonnement , et que l’affaire fut si avancée , qu’il n’y eut que la mort de M. de Longueville (n) qui en empêchât l’exécution. Les médailles étaient déjà toutes préparées. Ce second emprisonnement de M. Akakia ne dura que cinq ou six mois , s’il en faut croii-e une personne que j’ai consultée depuis la lecture de ce Journal. Cette personne m’a dit de
5 lus que M. Akakia eut tant de joie e se voir choisi pour aller fomenter les troubles de la Hongrie , qn’encore qu’il fût bien malade, il se trouva bientôt assez de santé pour partir. N’osant prendre la route a Allemagne , il s’en alla en Angleterre, où ü Rembarqua pour la Suède , d’où ü se rendit#par mer à Riga , et de là en Pologne , où il est mort. C’était un homme d’intrigue, et qui agit vivement pour la conclusion de la paix d’Olive. ^
(E) Ceux qui ont mis sa mort a l’année iGo5 se sont abusés.'] C’est ce qu'a fait l’auteur du Diarium Biographi cum (8)î car voici comme il parle sous cette année-là : Marimus Aka-
(6) Il a paru an mois de septembre i6g3.
(7) Il fut tué au passage du Rhin , le 12 de juin 167a.
(8) Uentnngu» Wittc , professeur a Riga , en ï.ivonie.
kia , Gullus Catalauhessis , medicincr doctor et prof essor Lutetia Paris.
Après quoi il donne le titre de quelques livres dont Akakia de Chalona est véritablement l’auteur. Si l’on avait su que Brissot , dont notre Akakia fut disciple , n’était plus en France l’an i5ig, on n’aurait pas allongé la vie de ce disciple jusqu’à l’année i6o5 , ou bien on aurait dû dire quelque chose d’une vieillesse aussi extraordinaire que l’aurait été celle-là. Ce qui a pu tromper l’auteur du Diarium est qu'en l’année i6o5 il mourut un médecin qui s’appelait Akakia. 11 était petit-fils du disciple de Brissot. Guy- Patin en parle de cette manière avec sa liberté cynique : Deux docteurs de notre compagnie travaillèrent à l’Apologie de Théodore Mayerne Turquet ; savoir y Seguin noti e ancien y qui a toujours porté les charlatans , et son beau-frère Akakia , qui mourut, l an i6o5, de la vérole qu’il avait rapportée d’Italie , où il était allé avec al. de Béthune , ambassadeur a Rome (9). Si notre Martin Akakia eût pu gagner un tel mal au temps de cette ambassade , il aurait été, sans contredit, le plus vieux paillard de l’Europe.
(9) Patin, Lettre VIII de la première édition
AXAKIA (Martin), Parisien , fils du précédent , fut reçu docteur en médecine de la faculté de Paris , Tan 1672. Tristan de Rostaing , chevalier de Tordre , et Amiot , évêque d’Auxerre , se rendirent ses patrons (A) , et lui firent donner par Charles IX , en i574> ta charge de premier lecteur et professeur royal en chirurgie. [Quatre ans après , il devint second médecin de Henri III (<2). Comme il se plaisait à porter des leçons fort étudiées dans les écoles royales , et que cela lui prenait beaucoup de temps, il craignit que ta visite des malades et Tes fonctions qu’il lui fallait faire ù la cour ne fussent un fardeau trop pesant pour
(a) Voyes la remarque (A".
AKA
lui ; de sorte que , pour ne pas succomber à tant de peines , il se démit de sa chaire de professeur, sous le bon plaisir du roi , entre les mains de Jean Martin , homme très-capable de cette charge , comme ses écrits le témoignent (B). Mais ce Jean Martin , ayant bien considéré qu'elle serait incompatible avec ses autres affaires s il la voulait remplir en conscience, la rendit à Martin Àkakia. Celui-ci disposa tout aussitôt de cet emploi en faveur de Pierre Seguin, son beau-fils, et mourut fort peu après, l’an i588, à l’âge d’environ quarante-neuf ans. Il laissa deux fils dont je vais parler, et une fille qui fut mariée à Pierre Seguin , l’un des plus doctes médecins de la faculté de Paris , et qui exerça la profession de son beau-père dans le collège Royal, depuis l’an i588, jusques en 1699. Le traité de Morbis muliebribus , et les Consilia Medica de notre Martin, ne sont presque connus de personne que sous la fausse supposition qu’ils viennent de la meme main que les traités de Martin Akakia de Châlons. Je n’ai point vu de bibliographe qui distingue les écrits du père d’avec les écrits du fils :
on attribue les uns et les autres à Ma< tin Akakia Catalaunensi .
T y aurais été trompé , aussi-bien que M. Moréri , si je n’eusse recouru aux lumières de quelques aniis(C). Les deux livres de Morbis muliebribus ont été insérés dans le recueil qu’un médecin nommé Israël Spachius fit imprimer à Strasbourg , en 1 597 , de divers traités touchant les maladies du sexe; et pour les Consilia medica y on les trouve dans
le recueil de pareils ouvrages , que Scholzius fit imprimer à Francfort, en 1598. Il y a beaucoup d’apparence qu’Israël Spachius a cru que les deux livres de Morbis muliebribus étaient un ouvrage du disciple de Brissot. C’est lui sans doute qui mit au titre, Martini Akakiœ , M edici Regiiy et in univers itate Pari siens i professons medicinœ doc • tissimiy etc. L’ouvrage n’avait jamais été imprimé ; il courait en manuscrit. Spachius savait en général que Martin Akakia l’avait fait , et il crut bonnement que cet Akakia était le même dont le public avait déjà vu des livres ; ainsi , il lui donna les qualités de 1 Akakia de Chalons , et non pas celle de professeur royal , que l’auteur se serait donnée , s’il avait publié lui-même son livre.
(A) Tristan de Rostaing et Amiot furent ses patrons.'] On n en saurait donner une preuve plus convenable que les paroles que je vais citer d’un panégyrique de Henri III : rix dùm (c’est Martin Akakia qui parle) igitur in publicd orofessione , quâ nos Carolus rex christianissimus , Tristando Rostagnio équité torquato fortissimo, et Jacobo Amyoto Attissiodorcnsium episcopo de nobis referentibus , cohnncstavcrat , quadriennium complevcramus , cüm tu nos inter tuos mcdicos allegisti et conscripsisti. Ce panégyrique fut imprimé à Paris, Fan 1578 ; en voici le titre : Martini Akakiœ , régit et medici et professons , ob suam in ordinem regiorum ntedicorum cooptalionem , pancgyricus , Henrico
atesio régi chrutianissimo dictus.
(B) Les écrits de Jean Martin témoignent sa capacité .] René Moreau a eu soin de faire imprimer deux ouvra-
es de cet auteur : Prœlectiones in tirant Htppocratis Coi de Morbis interrus , à Paris, en 1637 ; Prœleciiom nés üi hbrum Htppocratis Coi de Aère y Aquts , et Locis , à Paris, en i64*>. Il a rais l’éloge de fauteur à la
AKAKIÀ.
tête du premier. On voit à la tête du de prendre de nouvelles lettres l7an second quelques vers latius d’Antoine i594- En voici la raison : pendant les Mornac , à la louange du même Mar- guerres civiles le nombre des lecteur* tin , qui fut l’un des commissaires à royaux se multiplia beaucoup plus la fameuse conférence de du Perron et que la fondation ne portait; plusieurs
de du Plessis.
(C) J'ai recouru aux lumières de quelques amis.] M. le professeur Drelincourt a eu la bonté de m’apprendre que Martin Akakia, auteur du Traité de Morbis muliebribus , cite non-seulement Fernel et Amatus Lusitanus, mais aussi l’ouvrage de Scaliger contre Cardan, et la Cosmocrilice de Corneille Gemma. Fernel dédia ses livres à Henri II , qui ne commença à
personnes avaient obtenu subrepticement les provisions de cette charge.
Henri IV cassa une partie de ces lecteurs en 1594» et redonna de nouvelles lettres à ceux qui furent retenus.
Pierre Seguin fut de ceux-ci. Voilà pourquoi sa promotion a été marquée sous l’an ï5<)$ par l’auteur des Antiquités de Paris ; mais , si cct aoteur était exact, il ne se contenterait jpa* de dire que Pierre Seguin fut mis à
pape Jules 1JI l’avait appelé. Le livre mourut cette même année , et que de Scaliger contre Cardan ne fut im- Pierre Seguin commença alors d’étre primé qu’en 1 557. Celui de Corneille professeur royal. Or, quiconque di- Gemma fut écrit à l’occasion de l’é- fait cela débiterait deux grands mentoile de l’an 157a, et ne fut imprimé songes. •
Îu’en 15^5. Il faut donc que ce Martin kakia ait été en vie l’an 15*75. Les
AKAKIÀ (Martin) , fils du
remarques de H. Drelincourt , que l’on précédent, fut reçu docteur eu
ment. Or, comme j’avais lu que Mar- m®<*ecinc a Pans , le premier de
tin Akakit - ■ ' ’ • - *-<* " ■*— -*
médecine Seguin fui
tembre i&ri (3) , je souhaitai de sa- ‘ “ TCT’. P"1 ^uusmuu
voir ce que Guillaume du Val a dit là- de Fierre Seguin , son beau-fre-
re (a). Il fit un voyage à Home, et mourut de maladie à Paris , sans laisser postérité, Pan i6o5
dessus dans son Catalogue des profes scurs du college Royal. Je l’ai su par le moyen de .M* Pinsson des Riolles (4) , qui a pris la peine , le plus obli-
/ y pv«uw ) âv iiiuo viiii vi . f % %
geamment du monde, de m’envoyer ^ ^ enterre avec son pere , à plusieurs particularités concernant les St.-Germain de PAuxerrois. Son
remarques de M. Drelincourt, il ré- fut médecin de Louis XIII , et »ulte nécessairement que l’auteur du mourut en Savoie, Pan i63o. Il
Martin Akakia Calai aune ns is ; V>. laiSSa PluS,eUrS «nfans (A), qu’il est bien vrai que Pierre Seguin fut pourvu dès l’année 1 588 de la charge de lecteur royal en chirurgie,
par la démission de Martin Akakia f . , .
son beau-père : mais qu’il eut besoin y1/ Jean Akakia laissa plusirut*
enfans.] i°. Martin Akakia , profes (1) Cett celle ou’Akaki* die , tant la déti - seur roval en chirurgie (1) , qui se dé
xxxîx‘,' CX~ C"'“r " • m‘l ÿ'sa charge en faveur de Matin, (3) tlU dit lui-mfm* , pag. ,36. ' nn , et mourut quelques an-
(a) Il se démit de sa charge , ayant été fau lecteur royal en médecine , le 10 septemh-* 1599 , par la démission de Jean Durci .
(3) Antiquité* de Pari# de da Breul , pag. 5G8. (4.' dfocat au Parlement de Paru.
(1) Il rélait déjà lorsque Gui 11* mue du VJ publia ton Catalogue, en i644-
nées après, en 1677, laissant un fils
3ui a été commis du contrôle général es finances , et une fille mariée à AI. le Vayer de Boutigni , conseiller au parlement de Paris. a°. Roger Araria : c’est l’homme d’intrigue dont j’ai parlé ci-dessus dans la remarque (D) du premier Akaria. 3°. Charles Araria , ecclésiastique fort pieux , at-