‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 86 sur 134 · I26 A ILLI · texte numérisé non relu

I26 A ILLI

junctioncm apparuisse in eœlis. Alqui J'alsissinium est quod sibi sumit de anno vel dtluvii vel natalis Domini :

nec levés est errnr , sed spississimus ; in priori quidem numéro annorum pene sexcentorum , in altero autem paulo pauciorum (aï). Quid mirum ?

Omnino Cameraccnsis fuit Chronologies imperitissimus , ut vel arguit quod Arrianam hœresim cœpiste dicat anno Christi seplingentesimo , quant verisimiliùs iiun penè exatinctam dixtsset. Ortam veto constat feri initio sœculi quarti ( aa ). Si Thevet eût écrit avec jugement, aurait-il parlé de Pierre d’Ailli en ces termes ? « Je u désirerois que tous ceux qui se mesu lent d’astrologiser daignassent un )> peu mettre le nez avant dans ses « livres : ils n’y perdroient leurs pei- « nés • car, outre les singulières obscr* « vations que je viens de ramentevoir » (a3) , ils y trouveroient la sentence » minutée a l’encontre de ceux qui , » sous le nom de la vraye astrologie , u prennent plaisir de s’embéguiner u du faux masque d’astrologie , in- » troduisans une idolâtrie des astres « du tout abominable (a4). » Cette prétendue idolâtrie n’était pas plus à craindre au temps de Thevet , que le culte religieux ae la terre : de sorte que, si les livres de Pierre d’Ailli n’étaient bons qu’à convertir cette sorte d’idolâtres , on n’avait presque point à faire d’eux. Mais comme d'autre côté ils étaient propres à entretenir le crédit de l’astrologie , par les vertus que cet auteur attribne aux conjonctions des planètes , choses dont Thevet ne dit pas un mot , leur lecture était infiniment plus préjudiciable que profitable.

(G) Qui condamna Jean Hus au supplice. ] Ce ne fut point sans l’exhorter à se soumettre , et. sans lui déclarer que c’était le meilleur parti à prendre : Examinâtes dictis testium , et rccitatis articulés erroneis in Patrum consessu , cardin a lis Caméra ccntis , judex causas députants à Cnncilio , dix il ad Joanncm Huss : « En

(si) V OKsiüii , fian t ton hypothèse, a dû trouver ici une erreur de plus de six cents ans.

(aa) Yomîu», de Scientii» Malbemat. , p. at5. (2 3) Il n'avait parle" que de la réduction de tous les parallèles de Plolomée à doute.

(a4) Tkevtt, Histoire des Homme» illustres, lom. F II , p . 8g.

» via? dune propositœ sunt tibi , ut ex » hii eligas unam : aul le q fier a s om- » nt/to tofum in poleslatern et grattant » Concilié, ejusque décrétés super hde » re acquiesças ; ita namque fiet ut u Concilium o b honorem Domini nos - » tri Regis Romanorum nunc prœsen- » tis ac fralris ejus Rohemiœ Regis ,

» clementer actururn sit tecum ; aut si » ex dictis articulés quosdam t entre » ac defendere intendas , et desideres » aliam audientiam , concedetur tibi » quidem ; sed lune scias hic esse mag- » nos et illuminatos viros qui Jortis- » aima habent advenus articulos tuos » fundamenta , et verendum est ne in - » de gravioribus involvaris erroribus.

» id consulendo dixerim tibi , non ut « judex (a5). » M. de Launoi , ayant rapporté cela, a joute que cet hérétique aima mieux soutenir opiniâtrement ses opinions et être brûlé, que suivre le conseil salutaire du cardinal d’Ailli : erùm htigiosus homo dogmata sua nimis perlinaciter pmpugnare maluit et comburi , quant usque adeo salubre cardinal ts Alliaci constlium seqni.

(H) Il parait dans le Catalogue des témoins de la vérité. ] « Par lu déter- » minalion du concile de l'Eglise fran- » çoise , il fut délégué pour dénoncer » aux deux papes, qui s’entrequerelw loicnt pour la papauté , qu’ils se » démissent du siège papal. Pour res- » ponsc , lui fut dit que les papes de « nome sont exempts de toute tache » de schisme ; mais que c’estoient les » prélats françois , qui de gayeté de » cceur schisraatisoient. Pour cette » occasiou , il fut depuis renvoyé , » suivant l’avis du concile tenu à » Paris , avec le sieur Jean Maingre »

« maréchal de Houcicaud , lequel par » après est ri lia bien l'antipape à Avi- « gnon , comme aussi le cardinal » d’Ailli lui lava la tête du long et du » large (26). Et c’est ce que Henri « Panlaléon semble le coucher au « roolle de ceux qui en cette saison » crièrent et de voix et d’escrits con- » tre l'ambition des papes , corrnp- « tion de l’Eglise , schismes et divi- » sions qui lors pulluloient grande-

(a5) Launoii Hi»t. G y mon» il Na»ar r*. p-lf- 4» ex Ilusstlte cuju-tdam 1 (rlatione , apud Rrovium, ad ann. 1 4 ■ 5, nuin. 4".

(a€) Voyet ce que iiu Plesiis-Mornay cite Jr Froi>* >rd , sur cette matière , dan.' son Mystère d'iniquité , pag. 4^6, et tuiv. Edition de Sat.mur , en lût i , in-folio.

ÀILL1. ^2^

» ment : disant qu’il a escrit un livre zélés sectateurs , après avoir trouvé » intitulé de la Ré formation de /' Ê- dans des auteurs fort approuvés de u ghse , lequel pourtant ne se trouve l'Eglise son sentiment de la transsub~ » pas au catalogue de ses livres , qui stanliation , qui était presque le seul » sont en grand nombre , tant en théo- point qui l’arrêtait . il mit quelque » logie , qu'en mathématiques (27). » temps après dans ses thèses thénlngi- Kien n’est plus vrai qoe ce qu’assure ques un extrait du livre que le cardi- Pantaléoo touchant le livre ue Pierre nal d'Ailli , évêque de Cambrai , a d’Ailli. Quant au Catalogne des té- fait sur le Maître des Sentences , pour moins de la vérité , compilé par Fia- faire voir que ce cardinal propose foetus Illyricu» , on y trouve Pierre pinion de M. Descartes touchant les d'Ailli , condamnant ** le dogme de la accidens de l'Eucharistie , et l’accorde transsubstantiation (28) , et donnant avec la définition du concile cecuméau concile de Constance un projet de nique de Constance (S2). réformation, selon lequel la cour de • (K) Il composa beaucoup de livres.) Rome eût été privée de tant de moyens Ses Commentaires sur le Maître des qu'elle employait pour amasser de Par- Sentences , et les quatre Traités qui gent j les prélats eussent été obligés à ont été rais dans l’appendix du Fas bien vivre et à remplir leurs fonctions; ciculus rcrum expetendarum , furent la pompe des cérémon;es , tes fêtes su- imprimés à Strasbourg en 1^90. On perdues +a , l'abus des jeûnes , et la imprima au même lieu , et en même canonisation des saints , eussent été temps , un volume de ses Traités et abolis ; le nombre des moines , des de ses Sermons . Une partie de ces images et des temples eût été dimi- traités fut réimprimée a Douai , l’an nué (29)* Nous pouvons croire certai- i634, parles soins de Léandre de Saint-

inséré trois ou quatre dans l’Appendix quatre cens dix , le douzietme aoust , du Fasviculus rerum expetendarum et au commencement que l’art d’impri fugimdarum (3o). Orthuinus G rat tus merie fut en usage en France , dans avait déjà inséré dans ce Fasciculus lequel il y a grand nombre de figures le traité de ce cardinal de Emenda - de mathématiques (33). Cela ne peut tinne Eultsiœ. Ce que j’ai dit tou- être; car l’imprimerie ne fut inventée chant la diminution des moines ne qn’environ Tan i4|0* • H eût pu dire s'accorde pas avec ce que Thevet avait qu’on imprima à Louvain , en 1487 * ouï dire , que Pierre d’Ailli composa le Sacramentale de cet auteur , et à pu livra intitulé le Bouclier de la Pau- Paris , en 1488 (34) , ses Quœstianes vreté t où il faisait l apologie des reli* in spheeram mundi Jonnnis deSacrogieux mendiant (3i). bosco , cum Commentariis Pctri Cir-

(I) Les cartésiens le mettent aussi veli Daronensis Hispani. Ses Météo au nombre de leurs précurseurs dans res furent imprimé* à Strasbourg, l’an la question des accidens. 3 Un profes- *5o4 , et à Vienne en Autriche , l’an

(3s) Baille» , Vie de Oescarte», ivm- II , p. 5aî.

(33) Tlievet , Homme* illustres , lotn. VII , pag. 89.

* Jotj reprocha à Bayle ton ignorante fur ce qui concerne V origine de V imprimerie , et ta date ; mai t quoique le premier produit connu de l'imprimerie s ayant une date certaine , toit de îlfS* , U esta croire que P invention et let premiers estais ont du précéder d'un certain nombre d'années; et Bat le n'eu pas remonté trop haut, en diiant 1440' , malgré la critique de Joly. Quant à la date de que Thevel donne à un livre imprimé de d'Ailli, teclerc pente

Îu'il faut lire >4o° , et qu'il s’agit du traité : »e < 'oncordantii Astronomie* cura Théologie , imprimé en ejjet celle année même à Augsbourg, in- 4°-

(34) Selon Grsner, Biblioth. , folio 547 verso, ce fut en i4*»8*

seur de Louvain , des plus opposés

à H. Descartes , devint l'un de ses plus

(a7'Thetel, Hommes illustres , tom. VII ,

pag. 88.

** Jolr fait observer que Bayle lui-même, dans ta remarque (I), reconnaît que d’dilli admettait la transsubstantiation.

(38) Voyez la Dissertation de M. Alli*, k la tfte de la Determinalio Fr. Joannit Parisiens!» , imprimée à Londres en t68G, in 8°, p. 71, 73.

*a Leclerc et Joly remarquent que , loin de conseiller d’abolir des fêtes , d'Ailli travaillait à leur multiplication, ainsi que Bayle P a dit dans le texte.

^*9) Voyet du Plessis , Myst. d’iniquité , p.

(3o) Imprimé a Londres , Pan 1690.

(3»)Ttte»et, Homme» illustr. , pag

3a8 AILLI.

1509. Sa P’ie du pape Célestin V fut imprimée à Paris , l’an i53g (35) , et se trouve dans les Vies des Saints , compilées par Surius. Le titre de cet ouvrage fait quelque peine , parce u1 il donne à Pierre d’Ailli la qualité e confesseur de Charles V j mais il vaut incomparablement mieux supposer qu’on a mis là Charles Ve. , au lieu de Charles VIe. , que de dire qu’il y a eu un autre Pierre u’Ailli. Posscvin , qui a cru cela, s’est fort trompe'. Je ne vois point de matière qui ait autant tenu au cœur à ce cardinal que l'astrologie ; car, outre qu’il présenta au concile de Constance un écrit sur la réformation du calendrier, il a composé les livres suivans : Tractatus de vero Cyclo lunari; f^iginlilogium de Concordanlid astronomicœ ventatis cum theologid ; Tractatus de Concordid aslronomicœ ventatis et narrations historicœ (36); Tractatus élucidanus astronomicœ concordiez cum theologid et cum historica narratione ; A pn loge tic a Dejcnsio astronomicœ ventait s (07) j Alia secundo apologetica Def 'ensio ejusdem (38) ; Tractatus de Concordiddiscordantium As ironomorum.

Le sieur du Peyrat assure (39) que bodin , en sa préfacé de la Demonomanie des Sorciers , fait mention d’un livre composé parle cardinal d'Ailly, ou il a soustenu gu il ny a pas une seule démonstration necessaire en Aristote , hormis celle par laquelle il a démon sire qu’il ny avoit qu'un Dieu. Il y a là deux petites choses à reprendre ; car Bodin ne dit point , comme du Peyrat l’insinue , que Pierre d’Ailli ait fait un traité particulier sur cette matière ; et il dit que cet auteur a remarqué dans Aristote quelques autres démonstrations , quoiqu’en petit nombre (4o).

(L) Quelques-uns n’ont jamais été imprimés. ] Ils sont dans la bibliothèque du collège de Navarre (41) : M. de

(35) 7 oui ceci etl tiré, ou de îtf. de Launoi Hi«t- Gymn. Navarre, pat. 476 el suiv. , ou du P. Labbr , de Script. kccietiaU. , pag. 180.

(36) Jl le fil à Baie , l’an i4>6

(37) Il la fit à Cologne , au mou de septemb-

(38) Faite à Cologne, au mou d'octobre «4i8.

(3q) Dans ses Antiquités de la Chapelle dn Roi de France, pag. 345.

(4°) Rodin, Prrf. delà Déuionomanic, p. *4.

(4») On en trouve une partie à Cambridge ,

Launoi en donne la liste. 11 y en a qui contiennent la réponse à des questions bien curieuses , comme ; Ultiim esse tria supposita unius naturœ sit perfeciio : Utrùm libertas creaturœ raltonalis ante et post lapsum inlrinsecè sit œqualis : IJtriim creaturœ rationalis conscientia errone a ejus net uni ex cusare pnssit ? Cette dernière question me fait souvenir de certains écrits • qui ont paru en Hollande depuis quelque temps , sur les droits de la conscience erronée. On y a prouvé d’une manière si démonstrative , que toute action faite contre les lumières de la conscience est essentiellement mauvaise , et qu'il la faut éviter nécessairement et indispensablement , que ceux qui ont voulu combattre cette doctrine se sont précipités dans ce sentiment affreux , qu'il ne faut pas toujours agir selon les lumières de sa conscience ; d’où il s’ensuit , qu’on fait quelquefois une bonne action en agissant contre les lumières de sa conscience : monstre de doctrine , qui renverse toute la morale , et en comparaison duquel le probabilisme le plus outré est un sentiment innocent.

Ce qu’il y a de rare en cela , c’est que ce sont des fanatiques qui se sont jetés dans ce précipice , eux , qui ont plus d’intérêt que personne à travailler pour les droits de la conscience. • (M) De rimailler en langue vulgaire. ] Je cite en marge mon garant , qui assure que Pierre d’Ailli a escrit plusieurs vers françois , en rit h me usitée de son temps , lesquels ont esté mis en vers latins par IVicolasdeClcmangis.

Jèn ai vu, dit-il f/j2) ♦ quelques-uns imprimez il y a plus de cent ans. Il ajoute que le même auteur a escrit en français un livre intitulé , les sept Dcgrez de l’Eschellc de Pénitence , figurez el exposez sur les sept psalmes pénitcntiels , imprimé à Paris. Je crains que la Croix du Maine ne nous trompe quant à ce dernier ouvrage; car M. de Launoi marque positivement qu’Antoine Bélard fit un« version française du Traité latin de Pierre d’Ailli sur les sept Psaumes Pénitcntiels , et que Denys de Harsi

dans le collège d'Emmanuel. Oudin. Suppléai, de Script. Eccle»ia»t. , pag. 690.

(4a) I.» Croix du Main* , Bibliulh. Fran^v , pag. 38t.

AYRAULT. 32q

imprima cette traduction à Lyon .

l’an 1 544 » »*»“ 16 (<P)-

Voici un supplément : * Le* vers « français de Pierre d’Ailli , desquels » la Croix du Maine a parlé , sont au » nombre de trente-deux seulement , » et contiennent une courte descrip- » tion de la vie d’un tyran. Nicolas » de Clémangis en a fait une para- » phrase en vers latins hexamètres , » imprimée avec les français de Pierre « d’Ailli , à Ja fin du livre intitulé » le Mépris de la Cour , traduit de » l'espagnol de Guévare , en français , 3» italien et allemand , à Genève , » in- 16 , chez Jean de Tournes , en » i6o5. La paraphrase de Clémangis » se voit aussi à la fin de ses épîtres , « page 355 de l'édition de Leyde. A »> l’égard de la traduction d’Antoiuc » Bélard , Antoine du Verdier, page « 5i de sa Bibliothèque , dit que c’est » en i54a qu’elle fut imprimée , chez » Denys de Harsi , in-16, à Lyon,

A1M0N , prince des Ardennes, a été , dit-on {a) , le père de ces quatre preux que nos vieux romans ont tant chantés. O11 les appelle ordinairement les quatre Jîls Aimon . Ils n’avaient qu’un chevàl à eux quatre , nommé Bayard. Je ne parlerais pas d’une chose qui ne passe que pour un conte à dormir debout, si je n’avais à dire que ces grotesques de nos vieux romanciers et les fables qu’ils ont écrites de nos paladins , ont fait irruption dans le sanctuaire. La superstition des peuples les a introduites dans la religion; et si quelqu’un avait dit à ces impertineus écrivains , Hæ ni/gæ séria duccrit in main [b) , il n’aurait pas été un mauvais devin. L’histoire de Luxembourg, composée par Jean Bertels , abbé

(/*' Johan. BcrleU, Ilist. Luxëmb. in Descripl. oppiJi Chiminchi.

\b) notât. de Arts Poeüca.

d’Epternach , nous apprend que Renaud , l’aîné de ces quatre frères , a été martyrisé pour le nom de Jésus-Christ , qu’il a été canonisé , que l’Église célèbre sa fête , et qu’on lui a consacré des temples , et entre autres l’église de Saint-Renaud , dans le pays de Cologne , à laquelle est annexé un couvent de filles. On voit aussi à Cologne l’église du même saint , auprès de celle de Saint- Maurice ; et dans cette église , l’image des quatre frères sur la muraille. Ils sont sur le même cheval , et leur aîné Renaud a un diadème (*) autour de la tête , comme une marque de sa sainteté. On prétend qu’après avoir été un grand guerrier sous Charlemagne , il se fit moine à Cologne (c) , qu’il mourut martyr, et qu’à cause qu’il fit des miracles après sa mort , on lui bâtit une église (d).

(*) Le mot d'usage est auréole , du latin aurcola , employé en celte signification , mais bien ironiquement , par l'université de Cracovie , dans ces paroles de la page 585 du T. I. (2. édit. Amsl. 1726) de Y Histoire (lu concile de Constance de M. Lenfant. Si fines incljrti regni Polonia tanquàm vulpecula,.... subintrare satagerent ( Hussitæ ) non segniiis apttd nos ac apud vos facibus Jlammeis vestiti , pro suis dogmattbus ignitas exciperent auréolas. V#)ez Ménage, au mot Auréole de sou D/c/. Etjrm. Rem. cbit.

(c 'Ferrarius in Catal. Sanctorum , ad 7 januar.

(rf; V oyet Voctii Disput. Theol., tom. III, pag. 5o8. .

AYRAULT ( Pif.rre), en latin AErodius , lieutenant criminel au siège présidial d’Angers , sa patrie, naquit l’an i536. Il fit ses humanités et son cours de philosophie à Paris ; ensuite il fut étudier en droit à Toulouse ; d’oii il passa à Bourges, pour profiter des leçons de Duarénus , de Cujas et de Doneau , trois des

33o AYRAULT.

plus excellens jurisconsultes de ce temps-là. Ayant pris à Bourges le aegré de bachelier, il alla revoir sa patrie , y fit quelques leçons publiques sur ledroit civil, ety plaida quelques causes. Il avait alors vingt-deux ans. Il retourna à Paris quelque temps après , et y devint l’un des plus célèbres avocats du parlement (A). II y publia , en 1 563 , le$ Déclamations de Quinlilien , qu’il corrigea en divers endroits , et qu’il accompagna de notes. L’année suivante, il fit imprimer dans la meme ville un Traité du Retrait lignager , composé par François Grimaudet , avocat du roi à Angers , et y mit une préface de la nature , variété et mutation des loix. Il publia ,en 1667 , un livre intitulé , Decretorum Rerumve apud diversos populos ab omni antiquitate judicatarum libri duo .... Accedit Tractatus de origine et auctorilatc rerum judicatarum. Il l’augmenta beaucoup dans les autres éditions (B).

Il quitta Paris l’année suivante pour aller exercer dans sa patrie la charge de lieutenant criminel.

Il l’exerça avec tant d’exactitude que , comme un nouveau Cassius, il fut appelé Y Écueil des accusés. Pendant les désordres de la ligue , il exerça par intérim (C) la charge de président au meme siège , et s’en acquitta avec la meme intégrité que de l’autre.

La ville d’Angers lui témoigna son estime en plusieurs manières, et principalement par la charge d’échevin perpétuel qu’elle lui donna. Il fut fort brouillé avec Philippe Gourreau , maître des requêtes , son compatriote ; et il publia une lettre apologétique

contre lui , en 1577 (n). Il fut ferme dans le bon parti contre la ligue; et il était obligé de l’ètre, non-seulement par la charge qu’il avait au présidial , mais aussi par celle de màître des requêtes du duc d’Anjou , qu’il avait eue conjointement avec le jurisconsulte Baudouin , avant que ce prince montât sur le trône. La 'Harangue cju’il fit à ce duc faisant son entree à Angers, le 7 de janvier 1 570 , a été imprimée avec le Discours (D) qu’il lui adressa pour le louer de ses victoires et de la restauration de runiversité d’Angers. Ce discours roule principalement sur ce que Baudouin avait dédié à ce prince deux anciens panégyriques : celui qu’Euménius avait faitdeConstantius, et celui que Paca tus avait fait de Théodose. Le discours qu’ Ayrault publia l’an lÔBq, sur la mort de Henri III , et sur le scandale qu en avait V Église , témoigne son attachement au parti de ce monarque. Il n’y mit ni son nom ni celui de l’imprimeur.

M. de Thou en a parlé avec éloge (b). On a trouvé parmi les papiers de l’auteur , la version latine qu’il en avait faite. II écrivit en ce temps-là un discours oii il exhortait Henri IV à se faire catholique ; mais de tous ses ouvrages, celui qui l’a fait le plus connaître dans les pays étrangers, et surtout parmi les protestans , est le Traité de la puissance paternelle (E). Il le composa pendant le procès qu’il eut avec les jésuites , au sujet de son

(a) IL en Jtl deux éditions du ns ta même année , à Angers , la seconde plus ample que lu première. Celle pièce est en lutin.

{b) Thuan. HUtoriar. lib. XCV.

Ris aîné, qui avait pris l’habit de leur ordre (c). Il l’avait envoyé dans leur collège de Paris , afin de le rendre plus capable de lui succéder un jour , et il eut quelque temps après le chagrin d’apprendre qu’ils lui avaient persuadé d’entrer dans leur corps.

Il en fit ses plaintes au parlement de Paris {d) ; et , quand il eut su qu’ils l’avaient fait évader, il présenta requête au pape , et obtint des lettres de Henri III au cardinal d’Est, protecteur des affaires de France, et au marquis de Pisani , ambassadeur de cette couronne (e) , par lesquelles lettres le roi demandait très -instamment qu’on sollicitât un ordre du pape pour la liberté du jeune garçon. Tout cela fut inutile. Le Traité de la Puissance paternelle * qu’il adressa trois ans après à ce fils désobéissant , ne fut pas plus efficace. Quoique Ayrault eut d’autres fils , il ne laissa pas de se chagriner excessivement de la perte de celui-là. 11 avait épouse à Paris , en i564 , Anne Des-Jardins , fille de Jean Des-Jardins , médecin de François Ier. , de laquelle il eut quinze enfans (F) , dont dix étaient en vie quand il mourut à Angers , le ai de juillet 1601 , âgé de soixante-cinq ans (y). J’emprunte de M. Ménage cet article (g).

(c) Voyez l'article suivant.

\d) Le 19 île mai i586.

(e) Elles sont datées du 1 8 juillet 1 586.

• Ce Trait»* de la Puissante paternelle fut , dit Leclerc , imprimé à Tours en l58z , in- 12 de 82 feuillets. Joly rem-oie aux Mémoires de Aicéion , pour un catalogue plus détaillé des ouvrages de P. JytémU. ' ,

(f) Sainte Marthe s'est trompé dans t' Elofte de Pierre Ayrault , où il ne lui a donné que soixante- trois ans de vie.

(g) Ex Vilt Pétri Ærodii , ah Ægidio Menagio, ejus ex flui nepotc, scriptd . et typis data Paris iis , an no 10^5 , fn-^.

(A) Il devint tun des plus célèbres avocats du parlement . ] Antoine Loisel , en son Dialogue fies Avocats fin parlement fie Pans, met notre Ayrault dans la liste fies plus fameux , et lui donne la prééminence sur Bodin.

Il est vrai qu'il remarque que Bodin ne réussit pas dans le barreau. Voici comme parle Loisel : Maistre Pierre Ayrault fut aussi pourveu de l'estât de lieutenant criminel a Angers , dont il estait , et s’y relira sur la jin des grands jours de Poictiers de l’an 1567, encore qu’il plaidait assez bien et doctement , mieux beaucoup que ne faisait maislre Jean Bodin , Angevin , quelque grande et exquise doctrine qui fust en lui ; car il ne lui succéda jamais en plaidoirie qu’il ait faite (l).

On imprima à Paris , l’an i568, quelques plaidoyers de Pierre Ayrault (1).

Ils furent imprimes à Rouen, en i6i4, avec les notes et les additions d’un jeune jurisconsulte. M. Ménage , qui dit cela (3) , pouvait ajouter qu’on les imprima à Paris, en 1698, in-8°. , avec quelques autres opuscules de Pierre Ayrault. Les curés de Paris le choisirent en i56^ pour plaider leur cause contre les jésuites \ cependant il ne la plaida pas j et peut-être que cela vint de ce qu’on ne trouva pas à propos que les intérêts des curés fussent séparés de ceux de l’evêque de Paris. C’est la conjecture du sieur du Boulai (4)* Quoi qu'il en soit , son plaidoyer fut rendu public, comme je viens de le dire dans la note (4).

(B) // augmenta beaucoup son livre dans les autres éditions. J La seconde édition est de Paris , en 1673 , in-8°., et contient six livre». La troisième est in-folio, et a pour titre, Rerum ab otnni aniiquilale judicalarum Pandectce. Elle est aussi de Paris , en »r>88. Après la mort de l’auteur on im-

1>rima les mêmes Pandectes .à Paris, ’an i6i5, avec le petit Traité de P a trio Jure. 11 les avait revues et corri-

(1) Loiirl, apntl Menag. in Tertio». de P. Æro, dio, ej ut Vile prjimxit , pop. nvj.

fa) // y en <1 XXfI. XX*. est celui

Îiu'il avait prépare pour Us curés de Paris contre es jésuite t en i564>

(3) In Vil» Pétri Ærodii •, paç. 16.

(4) In Historié Acadrm. Parviens. , tom Vf , pag. 966, "pud Menag. in Tr^tioi. de P- Ær«d., png. xe»i

gées. M. Ménage en avait promis (5) une nouvelle édition qu'il devait accompagner de petites notes marginales qui auraient indique' les sources d’où Ayrault avait tire scs exemples.

L’ouvrage est fort docte : Confinât enim res ab muni antiquilate apud Indos y Judœos y Grcecos , Romarins , Francas, aliot que judicatas (6). Celui qu’il fit en français , de l'Ordre et instruction judiciaire dont les anciens Grecs et Romains ont usé en accusations publiques y conféré h l'usage de noslre France , est bon et curieux. Il fut imprimé pour la première fois à Paris, en i575, in-8°. La seconde édition , qui est de Paris, en i588, in-4°. , fut augmentée de deux livres. La troisième fut augmentée d’un livre , à Paris , l’an 1598, in-4°. (7). Ainsi l’ouvrage comprend quatre livres. Le quatrième livre, qui traite des Procès faits au cadavre y aux cendres y a la mémoire , aux Lestes brutes , choses inanimées , et contumax , avait été imprimé à part, à Paris, en iSç? , in b°.

J’ai oublié de dire que son Traité de Decrelis Rebusve apud diversos populos ab omni antiquilate judicatis , fut imprimé à Francfort, l’an i58o, sur la première édition. Les abréviateurs de Gesner n’ont connu notre Pierre Ayrault que par cette édition d’Allemagne. Ils ont mal cru qu'il s’appelait Paul.

(C) Par intérim.] M. Ménage fait durer deux ans cot intérim : Et prœ turce muncre per bicnnium funclus Ærodius est (8)5 et néanmoins il dit qu’Ay rault ne fut nommé à cette charge que le onzième de mai i58q, et qu’Henri- le -Grand en pourvut un autre au commencement de l'année ineunte anno i5go (g).

(D) Sa Harangue a été imprimée avec le Discours , etc.] M. Ménage n’a

as bien marqué le temps auquel ces eux pièces furent imprimées : il dit que ce fut en 1677, et qu’alorsle «rince qui y est loué était roi de Pologne et duc d’Anjou. C’est dire assez clairement qu’il n’était pas roi de France:

(5' In Vit» P. Ærodii , pag. a8.

(6j Ibidem . pag. aj.

(7) C'est ainsi qu'il faut traduirt cet paroles d* M. Ménage : Qurtn pu tira anno 1.788 duobus Uhrit rl anno iSqB tribut aucliorem in eddem urbe pubtica- il. V»U Pétri Ærodii, pag. i".

(8 Ibidem , pag.

(9) Ibidem , pag. a3.

néanmoins le duc. d’Anjou fut sacré à - Reims au mois de février , et il était censé roi de France dès le jour que Charles IX décéda (*o). Soyez assuré que la Harangue et le Discours en question parurent en 15^0, et par conséquent lorsque celui qu’on y louait n’était, pas encore roi de Pologne.

(E) /<« Traite de la Puissance paternelle.'] L’auteur l’écrivit en français et en latin : un de ses compatriotes , nommé Jacob Frubert , le traduisit en italien (i i). Voyons ce qu’en dit M. Ménage: Fgil cum fugitvvo fi lio tanquàm cum absente reo , hoc est * annotalionc et programmai :

Qualu populrd marrent philo mêla tmb umbrd

Amissot qurrilur feslut (ta) ,

et quœ sequuntur : Notum enim tibi carmen est : talis Petrus Ærodius amissum filium insolabiliter in scriptis suis querilur. Fide queeso.... quos ipse questus fundat in hbro tertio (Jrdinis judiciarii, modo fratrem Johannem Ærodium , modo Rcnatum filiunt compeflans. Quis veto tant férus ac ferreus est , qui iùm querelas ejus le-

Îat in libello illo aureo , et tôt laudius a ôtephano Pascasio celebrato (i3), quein de Patrio Jure adfugitivum filium contra jesuitas scripsit , à gemitu et lacrimis temperare pôssit?.... At non solus Ærodius fatum suurn gemuit , ingeniuére et alii : legs Stephani Pascasii et Johannis Rodini (i4) ed de re ad Pelrum Ærodium Epistolas. Lcge Antonii Arnaldi advocali Parisiensis. ... Ç)r*aionem pulchcrrimam , habilam in senatu Parisiensi . contra jesuitas , anno M DLXXXXl V (i5). M. Ménage a rapporté dans scs remarques ce q^t 'Antoine Arnauid dit là-dessus, et ce qui fut rénondu par Pierre Barni, procureur aes jésuites du collège de Clermont. La réponse va là, que les jésuites ne voulurent jamais recevoir en France René Ayrault , bien quU cu*t pour le moins dix-huit ans ; mais que , sans leur rien découvrir , U s'en alla en

(to) Or' tait le 3o de mai i5'4*

(i».‘ Mcnagii Vit» P. Ærodii, pag. a8.

(ia) Virgil. Géorgie. , lib. ir, vs. 5it.

(i3) K ojet la X*. Leurs du Livre XI* dtt Lettre» de Pâ*quicr.

(«4)Jlf. Minage produit la Lettre de Bo&o pag. 7$2.

(i5) Ménagé, Vit» Ærodii , pu g. 3?. *

sillcmagne, où il fut receu (16). Voyez .la remarque (A) de l'article suivant.

(F) Il eut quinze enf ans .] Nous destinons uo article particulier à son fils aîné. Pierre Ayrault, son second fils, succéda aux vertus et à la charge de son père, et fut président en la sénéchaussée d’Angers, conseiller de ville, et maire. 11 procura, en i6o3. une profession en droit dans l'académie d'Angers à Guillaume Bardai. La Harangue qu'il fit à Marie de Médicis , mère de Louis XIII , à Angers, le 16 d’octobre 1619, se voit au VIe. tome du Mercure français. Il fut député à l'assemblée des notables convoquée à Rouen en 1617. 11 a laissé postérité.

Jean Ayrault, son frère, fut avocat au parlement de Paris. Guillaume Ayrault, leur frère, religieux de l’ordre de Saint-Benoît , docteur de Sorbonne , eut beaucoup de part à l’amitié de Louis Servin, avocat général au parlement de Paris. Goyonne Ayrault, l'une de leurs soeurs , épousa Guillaume Ménage , avocat du roi au présidial d'Angers. De ce mariage est sorti feu M. Ménage (17), l’un des plus doctes hommes de b rance.

(16' Ibidem , p. a5l.

(17) Ex Vitâ P. Ærodii. Vojn la Ci talion (g) A* cel article.

AYRAULT (René), fils aîné du précédent , causa un trèsgrand chagrin à son père. Il naquit à Paris le 11 de novembre 1567 , et fut donné à instruire aux pères jésuites (a). Pierre Ayrault les estimait alors et les aimait (A), et n’aurait pas accepté de plaider contre eux pour les cures de Paris , comme il l’avait ■ accepté en l’année i564- Ayant vu dans ston fils aîné un esprit fort vif, beaucoup de mémoire, et plusieurs qualités aimables , il pria très-instamment le provincial des jésuites et le recteur

(a) Menagii Vita P. Ærodii , pag. 2^5.

(b) Quos lune ipse et amabal et magni faciebat : quin et eos vocari Ândegavum et ibi sedem hubere aliquandb va lu il. Vita Ærodii , pag. 35. V oyetrcn aussi la page 245, ou il cite Ayrault au Iwrv III de son Ordre

' udtciaire.

du collège de Clermont , lorsqu’il leur mit cet enfant entre les mains , qu’on ne le sollicitât en aucune manière à entrer dans leur religion : il leur dit qu’il avait d’autres enfans à consacrer à l’Église ; mais qu’il destinait celui-là à remplir sa charge , et

Su’il en voulait faire le soutien e sa famille. On lui promit tout ce qu’il voulut. Néanmoins , les grands talens de ce jeune homme firent souhaiter aux jésuites d’avoir un sujet de cette importance dans leur société ; de sorte qu’après qu’il eut étudié deux années en rhétorique sous le père Jacques Sirmond, ils lui donnèrent l’habit de leur ordre en# i586. Son père, sans l’avis duquel cela s’était exécuté , fait beaucoup de bruit. Il les accuse de plagiat , et les somme de lui rendre son enfant. Ils répondent qu’ils ne savent ce qu’il est devenu. Ayrault impètre chefs de monitoire, et obtient un arrêt du parlement <jui ordonne aux jésuites du collège de Clermont de ne point recevoir dans leur ordre René Ayrault , et de notifier aux autres collèges cette défense. On n’obéit pas à cet arrêt : on transporte le jeune homme de lieu en lieu ; on lui change le nom ; on l’envoie eu Lorraine, en Allemagne, en Italie (A). Henri III fait agir auprès du pape son ambassadeur et le protecteur de ses affaires ; Ajrault en écrit à sa sainteté ; le pape se fait montrer * le rôle de tous les jésuites du monde ; René Ayrault, revêtu d’un autre nom , 11e paraît pas dans le

* Leclerc demande où est la preuve de ce fait.

rôle (c). Trois ans de peines et de recteur k Reims, à Dijon , à Seni, recherches n’ayant rien produit , à Dole , à Besançon ; il fut assis* le père recourt à sa plume , fait tant du provincial , et procureur

(d). René y lit une réponse

mais ses supérieurs ne trouvèrent 18 de décembre 1644 (g1)- Son pas à propos de la publier. On ai- père , par acte passé devant noma mieux que Richeome , pro- taire et témoins , le priva de sa vincial des jésuites de Paris, ré- bénédiction , Pan 1693 ; mais il futât l’ouvrage de Pierre Ayrault ne persévéra pas dans sa colère (B). Voici les aventures de René, jusqu a sa mort , car on trouva Il entra dans Pordre , à Trêves , parmi ses papiers un écrit où il le 12 de juin i58^ : il passa en- lui donnait sa bénédiction (C).

suite à Fulde , où il répéta ses études de rhétorique. Il parcourut PAllemagne , et y fut pris par les protestans ; il alla à R

( g ) Ex Viti P. Ærodii. Voyez la Citation (y) de l'article précédent.

(A) En Lorraine , en Allemagne ,

et en Italie .] Antoine Arnauld , dans

me, et y étudia un an en philo- son plaidoyer de Pan 1594, exposa Sophie, sous Mutius Vitelleschi que les jésuites avaient sousü ail René

(e) Il continua cette étude l’an- A3r,rîuJt ?“ ^ * .«“*<«« °"i ’ *

. qu ils le tenaient en Italie et en Espa-

nee suivante a Milan, et vint grte. U ne paraît pas qu’on lui ait ^a- Pachever à Dijon ( f). Ayaut ré- mais fait voir l'Espagne (1) J et il n écenté les classes dans la même tait guère loin de sa dix-neuv ième an-

ville pendant quatre ans , avec

beaucoup de succès, il en sortit , réjuldl L’ouvrage de Pierre Ayrault.] lorsque les jésuites furent bannis Sa re'ponse n’a pas été imprimée, non

vint ensuite k Avignon, et y tur idaggressus estLudavicu*.Richeo-

étudia pendant quatre ans en nms...quod me docuit pn*ai* ipuus -v r 1 • % • • 1 Jxciuiti Ærodii od ipsuni Hier lêMiü

théologie , apres quo f Epistola , cujus exempter, quee sua est

na a Rome , d ou il fut envoyé à humanitas , misit ad me Rotnd Petrus Milan , pour v enseigner la rhe— Passions presbytersocietatisJcsu doc-

torique. U le fit pendant quel- tissimus, idemque jesu^cæ historur * r . • scriptor ce lebernmus. oed ne que roques années , et puis ponsionern suant vulgavil Richeomus .

France. Il y passa par les plus qud de causé nescio (a), illustres emplois de son ordre. Il (C) Son père laissa un écrit où. il régenta la philosophie, il prêcha ; lui donnait sa bénédiction .3 II était »-

il fut prefet de college , sujt . pieu doint sa paix , son amour

et sa grâce a mon fils René Ayrault.

(c) V oyez le texte de l’article précédent , ^U( donne ma bé nédiction , au rrwn

vers la fin. Père, et du Fils , et duSaint-Es-

JJ^Voyes la remarque ( ) e a ep prit. Et je lui pardonne tout ce en

( e ) Il a été général des jésuites. (1) Ifvpaninm quoque petiùtr fft.lt o crédit**-

{/) En ce temps-là , le cours de philoso- ,n. Menât» V.u H. Ærodii, gag. 3?.

phie durait 3 ans.

(î) Mcnaf. , Vil* P. Ærodii, pag. 3*j.

AITZEMA. 335

quoy il peut m'avoir offensé. Et je prie Dieu l’assister de son benoist Saint-Esprit, quelque estât ou vocation qu’il puisse entreprendre (3j. v

(3) Menag , Vit* P. Ærodii , pag. iS>j.

AITZEMA (Léox d’), gentilhomme de Frise, né à Doccum , l*an 1600 , a été conseiller des villes anséatiques , et leur résident à la Haye. II a compilé une histoire des Provinces — Unies , qui a eu beaucoup de débit, et qui est d’un grand usage à ceux qui sont employés aux affaires politiques, car on y trouve mot à mot les traités de paix , les instructions et les mémoires des ambassadeurs , le$ lettres et les réponses des souverains , les capitulations des villes et autres actes publics, chacun en sa langue originale, et puis traduit en flamand. C’est en cette dernière langue que cette histoire est écrite. O11 en a fait deux éditions (A). Quoiqu’elle soit principalement considérable à cause des pièces authentiques que fauteur y a ramassées avec beaucoup de patience et d’application , je ne voudrais pas juger du reste comme a fait M. de Wicquefort (B).

J’ai ouï dire que cet historien a parlé d’une manière désintéressée de ce qui regarde les disputes de religion. M. Arnaud l’a cité pour une chose qui n’est pas trop avantageuse aux protestans (a).

Valère André parle d’un Léon Aetsma, Frison , qui fit imprimer ses vers latins de jeunesse à Franeker, l’an 1617 (^)* Quelques-uns croient que ce poète ne

(«) ypyee f Apologie pour les Catholiques, part. //, pag a tÿj.

(h) Valer. Andr. fiibliotbeca Bcîgica , pag. Çni.

diffère point de l’historien dont je parle dans cet article (c). Léon d’Aitzema mourut à la Haye , le 23 de février 1669, après y avoir exercé environ 4<> ans la charge de résident des villes anséatiques qui lui avait été procurée parFoppiüs d’ Aitzema , son oncle , résident de Hollande à Hambourg (C). Notre Léon étai^un fort honnête homme , officieux , affable , libéral envers les pauvres , et très-versé dans la politique. Il parlait plusieurs langues, l’allemand , le français , l’italien , l’anglais. Son père était secrétaire de l’amirauté de Frise [d).

Il ne sera pas inutile de remarquer qu’on a déjà vu trois volumes in-folio de la continuation d’Aitzema : le premier s’étend depuis 1669 jusqu’à 1679; *e se' cond depuis 1679 jusqu’à 1687 ; et le troisième depuis 1687 jus“ qu’à 1692 (e). Un ministre nommé Aitzema , a écrit en flamand sur les Sibylles.

(c) Konig. Biblioth. , pag. ig.

( d ) Elle résidait alors à Doccum : présent tentent elle résidé à ffarlingen.

(e) Ces volumes sont imprimés à Amsterdam ; le premier en l685 /le second en 1688 , et le troisième en 1698-

(A) On a fait deux éditions de son histoire.'} La première comprend quinze volumes in-4*. , qui ont été imprimés l’un après l'autre : le premier en r657 , et le dernier en 1671. Le premier commence à la cessation de la trêve qui avait été conclue par les soins de Henri -le-Grand entre l'Espane et les Provioces-Unies , et s’étend epuis l’année 1621 jusqu'à l’année i6a5. Le dernier comprend l’histoire de l’an 1668. La seconde édition est en sept volumes in-folio , qui ont été imprimés en 1669 et en 1671. Le dernier de ces volumes contient une table générale des six autres , avec la Helation de la Paix de Munster , et un traité qui a pour titre le Lion rétabli ,

336 AKAKIA. v

et qui est la narration des choses qui se passèrent dans les Provinces-Urnes en i65o et en i65i , par rapport à quelques charges importantes dont la vacance fut remplie. Ce traite avait déjà paru l’an i65a, in*4°- La Relation de la Paix de Munster avait été imprimée en latin l an i654-

(B) Comme a fait M. de Wicauefort .] C’est d'Aitzema qu’il parle dans les paroles que l’on va lire : « L’histoi- 3) re , ou le récit des affaires d’état et » de guerre , qui a été écrite en Hol- 3» lande , en quatorze ou quinze volu- 3> mes , contient plusieurs traités , ré- 3> solutions, et autres pièces authenti- 3» quesj de sorte qu’elle peut servir » comme d’inventaire à ceux qui 3> n’ont point d’accès aux archives de 3> l’état ; mais ce que l’auteur y a » ajouté du sien ne vaut pas la gazet- 3> te , de quelque façon qu’on le puisse 3> prendre. Il n’a point de style, son 3> langage est tout-à-fait barbare , et 3» ce n’est qu’un chaos que tout le » composé de son ouvrage. Cela lut est 3» commun avec la plupart de cpux j> qui , en ce pays , se mêlent d’écrire 3> r histoire sans ordre et sans permis- 3> sion, et presque toujours saus juge- 3> ment et sans vérité (î). » Avouons

3ue ce jugement est bien sec et bien ésavantageux , et qu’il choque bien des gens.

(C) Fomos d’Aitzema, son oncle , résident de Hollande a Hambourg.'} J’ai trouvé un endroit qui le concerne dans l’un des volumes de M. Pufendorf. J’y ai vu qu’en i636 ce Foppius, envoyé des Proviuces-Unies à l’empereur, assura dans Ratisbonne , que Salvius lui avait écrit que les Suédois voulaient commencer à négocier la paix à la cour de Vienne, et que Salvius nia cela (a). Néanmoins roppius s’empressait extrêmement à négocier la paix : mais la Suède ne le crut

I joint propre à un tel ouvrage ; et ’on trouvait ridicule qu’il se fit de fête pour un tel dessein , et surtout quand on songeait que depuis qu’il était passé dans la communion de Rome , il employait toutes sortes de moyens à s’insinuer dans les bonnes grâces de l’empereur. Nec Aittma idoneus tan-

(i) Wicqoefort, de l’Atnbasiadeur , tom. I , pttg. i-s. Voyex aussi ta page 44t>-

(a) Pufendorf, de Rebu* Sueeici* , lib. IX. pag. 396 , liant. 5^ , ad ann. «t>3-

toc rei autor habehatur , omnibus qui hominern nôrant irridentibus , quod iste heic se inqerere non dubitaret ;

Stiem prœsertim post suscepta sacra \nmana gratiœ Cœsaris omnibus modis adrepere constatât (3).

(3) Idem , 1 bid.

AKAKIA (Martin), professeur en médecine , dans l’université de Paris , au XVIe. siècle , était de Châlons en Champagne (A). Il s’appelait Sans-Malice * ; mais selon la coutume d’alors, il changea son nom en celui à' A kaki a (B), qui signifie en grec la même chose que Sans-Malice en français. Il le transmit à ses descendans qui l’ont toujours porté jusqu’à cette heure. 11 fit des progrès considérables à Paris, sous le professeur Pierre Brissot (a) , et apprit de lui la plupart des choses qu’il publia ensuitesur Galien (C).

Il fut reçu docteur en la faculté de médecine de Paris , l’an 1 52 6.

François Ier., dont il fut l’un des principaux médecins , le considéra beaucoup Je ne sais point en quelle année il devint professeur en médecine ; mais il l’était au temps que Gesner publia sa Bibliothèque , c’est-à-dire , l’an i545. Il mourut l’an i55i. II avait pris pour armes, de gueules à la croix d’or accompagnée de quatre cubes aussi d’or , avec cette devise : Quœcunque ferat J'or tuna , ferenda est; Faut supporterfortune , quoi quelle apporte .

Il prit pour femme Marie Chauveau , veuve de Silvain de Monthelon , et en eut un fils , qui fut

* Leclerc doute que Sans-Malice fût le nom de la famille d'Akafua. Goujct qui , dans son Mémoire sur le Collège royal de France. tom. II! , pag. 37 , cite les Recherches sur l'Origine de la Chirurgie, rapporte que le vrai nom d’Akakia était Malice.

(a) Moreau, in Vil* Briaoti.

AKA

Ïtrofesseur en médecine , comme 'on va voir. Presque tous ses descendans mit marché dans la meme route ; mais il s’en est trouvé un qui s’est mêlé d’autre chose que de médecine (D). Ceux qui ont mis la mort de notre Martin Akakia à l’année i6o5 , se sont étrangement abusés (E). Marot a parlé de lui avec éloge : ce qu’il en a dit a été cité par M. Ménage {b).

(A) Ménage, Orig. de la Langue Française,

(A) Il était de Chdlnns en Champagne.] M. Moréri , n’ayant pas entendu ce que veut dire Calalaunensis , a cru bonnement qu’Akakia était Catalan. Il était de Catalogne , dit-il ; et , pour comble de méprise, il nous renvoie à Quensted , qui a marqué positivement que ce médecin était de Chdlons , ville dont l’évéque se dit comte eC pair de ï'rance (i).

(B) Il s’ appelai t Sam-Malice; mais. . . il changeason nom en celui d’ Akakia] C’est ce que témoignent René Moreau dans la Vie de Sylvius , et Gabriel Naudé , dans son Jugement sur Augustin Nipbus (a). Voyez aussi la Mothe-le-Vaier, à la page 277 du XIIe.

toine de ses Œuvres ; et M. Ménage , dans les Origines de la langue française (3). Le père Labhe croit que tout cela nest qu'un ex post facto , ou allusion gentille faite après coup , ou bien un sobriquet qu'on lui aurait donné y et qui aurait ensuite passe en nom de famille (4). Il se fonde sur deux raisons : la première estqu’A’x axi'a signifie, non pas un homme éloigné de toute malice ; mais l'éloignement de la malice. La seconde est que ce médecin de François 1er. aurait écrit Mcacia , ou Akakia, s’il avait pris un nom métamorphosé de la langue grecque. Pour confirmer la première, il ajoute que ce médecin, s'il est vrai

(i)Qoenit. de Patrii» Viror. Erndjtoram , pag. 5t.

(y ) Âu feuillet O iij.

(3) 4 la page 4 de r édition de Paris, en 1694, in-folio , [ou page 6 édit, de «y5o.j

(4) Labbe , Étymologie* des mou fonçai* ,

pag. 10.

Kl A. 337

qu’il s’appelait auparavant Sans - Malice, eust mieux fait de quitter ce nom féminin ’Ax&xix, pour en prendre un plus mas/e et qui eust du rapport à 'Axixtec, Acacius , mots usitez parmjr les Grecs et les Latins. Qui est-ce qui ne se mocqueroit de la simplicité ou bestise de celui qui, ayant pour nom de famille , Pelé , ou Vertueux , tournerait son nom en grec , et s’ appellerait ’Axa»7rixiA , ouvA^«t» ? Ces raisonslà sont très-faibles. On peut avouer, uant à la seconde, que dans l’ordre fallait écrire, ou Acacia , ou Akakia; mais je pense qu’eflèctivemeut cet habile médecin signait de la dernière manière. A l'égard de l’autre raison , il est facile de voir que le père Labbe ne dit rien qui vaille; car le nom masculin ’Axaxioc ne répond pas aussi juste que le féminin ’A xeixia. au mot français sans malice.

La comparaison de pele ou vertueux , est hors de propos, puisqu’il est certain que Sam-Malice n’a point la nature u’un nom adjectif, et que si un homme qui, aurait porté le nom Avec- Pelure, eût voulu le gréciser, il eût dû prendre celui de Synalnpecia plutôt que celui de Syna/opecius .

(C) Il publia diverses choses sur Galien .] 11 publia, en >538*, une traduction latine des deux livres de Galien de Ratione c uratuii , et l’accompagna d’un Commentaire (5).

Après cela , il traduisit l’ Ars Aie dica , quœ et ars parva , du même Galien. Cet ouvrage fut imprimé à Lyon, en i548. 11 est aussi l’auteur d un livre imprimé à Paris, l’an i555, sous le titre de Synopsis eorum quœ quinque prioribus libris Galeni de Jacultatibus simplicium medicamentorum coatinentur .

.(P) Un de scs descendans se mêla d’autre chose que de médecine .] Une lettre de Guy-Patin, datée du 22 juillet 1664, contient ces paroles : « Le » roi a fait mettre à la Bastille le » frère de M. Akakia, notre collègue, m pour avoir écrit quelque chose qui a » déplu à M. le prince. Il avait été » employé , il n'y a pas long-temps , » pour le mariage du duc d'Enguien , » et avait été secrétaire de l’ambas-

* Quoique n'ayant été imprimée qu'en i538, cette traduction est de i53a, comme le prouve Jolr après fa clerc.

(5) Geiner. in Hibliolli. , folio 5oo.

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