‹ Dictionnaire historique et critiqueChapitre 99 sur 134 · NOUS · texte numérisé non relu

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par une interrogation : il déclare sim-

Slement qu’il ne dira point l’apologue 'Alcinoüs (8). Il est encore plus faux que ce qu’il dit soit en d’autres termes la même chose que la table d’Alcinoüs.

11 est certain qu'on trouve dans l’Indice des Adages d’Érasme , Alcinoi Mensa , et Alcinoi Apologus , comme deux proverbes differens. Le premier n’est point en titre dans le corps du livre : il n’est rapporté que comme un petit accessoire de Partage Srbarilica Ale ns a (9' ; et il est tire de ces paroles de Grégoire de Nazianze :

Oi/* eiç Aei'rbqé.yw irtri*. r àkk et c ’Axxirôoi/ xpinÇaLv, JSon ad Lotophagorum innpiam , sed Alcinoi mensam.

Hadrien Junius , qui a fait un recueil de proverbes après Érasme, où il a mis Alcinoi Horti comme un proverbe capital , cite dans l’explication de celui-là cet autre passage du même père touchant la table d’Alcinoüs :

Kaù Jo,tm AtyXatVTA ttù ’Axxuéois

Non xi mannureum dederis IxcUim Alcinoique mensam.

Lloyd cite un autre passage où ce saint docteur emploie la même phrase. Quant à V Alcinoi Apologus , Érasme le rapporte deux fois. Premièrement , il l’explique d’un conte de vieille , de longis et anihbus fabulante nlis ; et il se fonde sur les fables

Îu'Ulysse débita à la table d' Alcinoüs:

*rodigiosas ac deridiculas fabulas et pnrtentosa mendacia de ZsUophagis , Lœstrigonibus , Circe , Cycloptbus , atque id genus aliis plurimis rniraculis , frétas videlicet Pkœacum insci tid barbaricque (10). Mais ailleurs (1 1) , il nous apprend qu’il avait trouvé une autre signification de ce même adage dans le IV*. livre de la Rhétorique d’Aristote (ia), et qu’il veut suspendre sa décision jusqu a ce qu’il y voie plus clair , ou par les Commentaires de saint Grégoire de Nazianzesur ces livres d'Aristote (i3).

(8) Plato, de Repubt., lib. X.

(9) C* exile LXV *. de la IIe. centurie de la IIe. chiliade.

(10) F.raam. Adagior. cenlur. IV, chtl. II , num. 3a, pag. 469.

(11) Idem , centuria I , chiliade V, num. 8a,

^fia) il est dans le chap. XVI du livre III , dans l'édition de Genève , en i6o5.

(i3) Je n'ai jamais oui parler de ces Commentaires.

ALCYON IÜS. 397

on par quelque antre moyen. Je ne vois presque personne qui fasse attention à re dernier passage d’Erasme.

On s’arrête au premier comme si c’était là que l’on trouve le vrai sens : il s’en faut bien qu’on l’y rencontre ; car pour peu qu’on voie ce que dit Érasme sur les paroles d’Aristote , on se défie entièrement de l’explication

au’il avait donnée en un autre enroit. J’avoue que ce passage d’Aristote est obscur , qu’ou le lit difleremraent , et qu’il n’est pas peut-être sans quelque lacune ; mais il n’y a nulle apparence que par l’apologie d’Alcinoüs , on s’y doive figurer des contes de Ma Mère l’Oie. Gilbert Cousin , qui a fait un recueil de proverbes depuis Érasme , se figure néanmoins cela , quoiqu’il ne considère la chose ciue selon la citation d’Aristote (.4). Il y a un passage d'Élien , où Atcinoi Apologi , 'Axxitoou «tré^oyoi , ne se peut prendre que pour les discours qu’Ulysse fait à ce prince dans l’Odyssée ( 1 5).

(E) On aimait dans son royaume la bonne chère t et tes commodités de la vie . ] C’est de quoi Alcinoüs ne fit point mystère à Ulysse : Nous aimons t lui dit-il , les repas , la musi-

2ue% la danse , le changement d'habits , •s bains et le lit.

Alt) I’ ijsur Jatic t» x/ôetpc ti , £0fd Tl

EÎ//fltT«tT IÇjytOlCÀ, XOITfCt Tl ,

xoti It/Vflti ( 16).

Srmptr autem nobit conviviumque gratum , cilharaque , chorique ,

Vcslesque ad pennulandum aUemalïm , lavacraque caUda , et cubiha.

Horace exprime cela en cette manière :

. AUinolque

In cule curandd plus tequo operala juventu* , Cui pulchrum fuit in médias dormir t Airs , et Ad slrepilum ciiharœ cessation ducere cura/n (!}).

11 n'est pas besoin d'avertir que , par Alcinoi juvenlus , il faut entendre les jeunes gens du royaume d’Alcinoüs. Athénée parle quelquefois de la vie voluptueuse des Phæaques.

(14) Çognat. in Prorerb. num. 110: il cite, comme Erasme, le IV*. livre de la Rhétorique «t’Ariaoic.

(iÇ) Ælian. Var. Histor. , lib. XIII , cap. Xllt

(16) ITomeri Odyiif» lib. VIII , vt.

(17) H oral. Epiât. II Ubri I , vt. a8, stqq-

ALCYON IUS (Pierre) a été un de ces doctes Italiens qui cultivèrent les belles-lettres dans le XVIe. siècle. Il acquit une intelligence fort raisonnable * du grec et du latin, et fit quelques pièces d' éloquence qui ont mérité l’approbation des connaisseurs. Il fut correcteur d’imprimerie pendant long- temps à Venise , chez Aide Manuce (A) ; et il doit par conséquent avoir part aux éloges que l’on donne aux éditions de ce savant imprimeur. Il a traduit en latin plusieurs Traités d'Aristote (a) , et n’y a guère réussi. Sépulvéda écrivit contre ces ver-, sions , et y remarqua tant de fautes, qu’Alcyonius ne trouva point de meilleur remède à sa disgrâce que d’acheter autant d’exemplaires qu’il lui fut possible de l’écrit de Sépuîvéda , pour les jeter dans le feu (B). Paul Jove l’accuse d’un second défaut , qui est plus honteux cjue le premier : c’est d’avoir été un impudent parasite (C) , qui ne faisait point difficulté de manger deux ou trois fois hors de chez lui dans un meme jour. Je ne sais s’il en faut croire tout-à-fait Paul Jove; car il se brouilla avec Alcyonius {b) dès qu’il eut ouï dire qu’il avait en lui un rival dans la commission d’écrire l’histoire (D). Le Traité qu’Alcyonius fit imprimer touchant l'Exil contenait tant de beaux endroits parmi d’autres assez chétifs, qu’on crut qu’il avait cousu à ses pensées plusieurs mor-

• J. Ixclerc , dans sa Bibl. choisie, trouve étrange cette expression (/'intelligence fort raisonnable du latin . quand il s’agit d’un homme que peu de Cicérvniens ont égalé.

(a) Voyez-en la liste dans la Bibliothèque de Gesner.

(b) Voyez fo ÉpUrcs dçi Prince», fol 92, verso.

3ûB ALCYONIUS.

ceaux d’un Traité de Cicéron de Gloriâ , et qu’en suite , pour empêcher qu’on ne le convainquît de ce vol , il jeta au feu ce manuscrit de Cicéron (E), l’unique qui fût au monde (c). Les deux Harangues qu’il fit après la prise de Rome , où il représenta fort éloquemment l’injustice de Charles-Quint et la barbarie de ses soldats, dissipèrent un p«u les mauvais soupçons qu’on avait formés contre lui ( d ). Ce sont deux fort bonnes pièces. On parle d’une Harangue qu’il fit sur les chevaliers qui étaient morts au siège de Rhodes (e). Il était professeur à Florence , sous le pontificat d’Hadrien YI , et avait outre sa pension dix ducats par mois du cardinal de Médicis , pour traduire un ouvrage de Galien ( f ).

Lorsqu’il eut su que ce cardinal avait été créé pape , il demanda son congé aux Florentins , et ne l’ayant pas obtenu , il ne laissa pas d’aller à Rome plein d’espérance de s’y avancer (g). Il perdit tout son bien pendant les troubles que les Colonnes excitèrent dans Rome ; et quelque temps après, lorsque les troupes de l’empereur prirent la ville , l'an i527, il reçut une blessure en se sauvant au château Saint- Ange. Il ne laissa pas d’y entrer, malgré les soldats qui le poursuivaient , et d’y joindre Clément VII. Il se rendit coupable d’une noire ingratitude envers ce pape ; car , dès que le siège fut levé , il s’alla rendre au cardinal Pompée Colonne , chez qui il

(c) Jovius , Elogior. cap. CXXtll.

(d) Jovius , ibid.

(e) Lettres des Princes , folio $3.

(f) Cest celui de Partibus Animaliura.

Lettres des Princes , folio 9$.

mourut de maladie , au^bout de quelques mois ( h ). Sa vanité l’empêcha de devenir plus habile (F), et sa médisance lui attira beaucoup d’ennemis (G). Le Supplément de Moréri ne vaut rien sur cet article (H) : ce n’est qu’une copie fidèle des fautes énormes de M. Varillas. Au reste , il y a de savans hommes qui ont fort loué Alcyonius et ses traductions (I).

On trouve quelque chose qui le concerne dans les Lettres de Longolius , et qui n’est pas honorable (K).

(h) Pierius Valerianns , de Littéral, infelicitat. , pag. 63.

(A) Il fut correcteur d'imprimeriependant long-temps a y r.nise , chez Aide Manuce. ] Paul Jove n’en dit pas tant. Cùm diii in chalcographorum officiais , dit-il (1), corrigeruhs erroribus menstrué mercede operam na l'dsset, mulld observations ad prcecel • lent cm scribendi facultatem pervenit.

C’est de M. Varillas que je tire ce qui concerne Aide Manuce ; et j’avoue que je le fais en tremblant , vu le grand nombre de fautes que cet écrivain a commises touchant les beaux-esprits dont il a parlé dans ses Anecdotes de Florence. Le public lui est redevable , dit-il (a) , de l' exactitude dont usait Aide Manuce dans V impression des meilleurs auteurs grecs et latins que nous admirons aujourd’hui; car il a été toute sa vie correcteur de cette fameuse imprimerie Cette dernière particularité est fausse 5 car Alcyonius était professeur à Florence, sous le pontificat d’Hadrien VI.

(B) ! tacheta ce qu’il put d’exemplaires de l’écrit de Sépulvéda , contre ses versions d’Anstote , pour les jeter dans le feu] Paul Jove remarque cela : Quimi aUqua ex Aristide perperàm insolcntcrquc vertisset , in eum Seyulvedn vir H isp anus , egregiè Je fitteris méritas , edito volurnine per acuta jacu la contorsit.... , tanin quidem eriuhtorurn applausu , ut Alcyonius ignomi -

(1) Paul. Jovius, Elogior. cap. CXXITI , pac. 365.

(%) Varillas, Anecdoi de Florence, pag. 168-

niœ dolore miserè consternants , His- jeté au feu."] Paul Jove n’est pas le seul * parti hostis librns in tabernis , ut con- qui raconte cette supercherie funeste. crcmarel , gravi p relin coëmere coge- PaulManuce, dans son Commentaire retur (3). Voyelles F.pî très des Princes sur ces paroles de Cicéron : Librum tibi recueillies par Ruscclli , et tradui* celcriler mittam de Glorid (8) , en parle tes par Belleforèt, folio çfi. Voyez ainsi : Librns duos significal, quos fie aussi la XXVIIe. et la dernière lettre Glorid scripsit : (fui usque ad patrum du IIIe. livre de Longolius. Si benè le nnslrorum ælalt.m pervenerunt. Nam novi . ipse tudenunciabis ; c'est-à-dire, Bernardus Justinianus , in indice li que l'ouvrage de Sépulvéda était im- bmrum suorurn nominat Ciceroncm de primé , ut hominis ad lantœ conlume- Glorid. Is liber posteà cüm universam lice nuneium , vultum videas : quod B ibliolhecam Bernardus mnnacharum unum sanè spectaculum tibi magno- monasterio legdssct , magnd conquisi perè invideo. Nunquam enim is ex tus curd , neuti quant est invcnlus. Neoculis laboravil , quitùm ejus Jrontem mini dubium fuit quin Petrus Alcyospectdril (4) . nius, cui monachas medicosuo ejus trac -

(C) On l’accusa.... d'avoir été un tandœ Bibliothecœ potcstalem fecc-

impudent parasite."] Rapportons les tant , Homo improbus furto averterit. Et termes de Paul Jove : Citm nullâ ex sanè in ejus Opusculo de Exsilio asparte ingenuis> sed plané plebeis et persa nonnulla deprehenduntur , quæ sordidis moribus fœdaretur , erat enim non olere Alcy onium auctorcm; sedaliimpudens gulœ manetpium , ita ut eo- quanta pratstanliorem artifice tn videm saepe die bis et ter alienâtamen deantur. Nous apprenons de ce passage quadrd cccnitaret ; nec in edfaeditate qu’Alcyoni us était médecin de profesmalus omnino medicus , quod domi sion. Voyez la remarque (I). Or, puisdernùrn in lecti lintine per vomitum ipso qu’il l’a été d'un couvent de religieucrapulœ onere levaretur(5). M. Varillas ses , il ne saurait être vrai , ce me semne parle que de l’ivrognerie d’Alcyo- ble, qu'il ait passé toute sa vie dans nius ; il ne l'accuse que*/e s’ dire enivré l’imprimerie de Manuce C’est une noutoutes les fois <m’il en trouvait l'occa- velle preuve de l’erreur de Varillas. sion. Latomus,dont Paul Jove rapporte J’ai deux choses à remarquer contre les vers, fait mention des deux excès cet historien. La première est «lue, de ce personnage, de celui de boire et dans le Fragment de son Louis Xl, il de celui de manger. imputait à Philelphe le plagiat et la

(D) Paul Jove le crut son rival dans destruction du Traité de Glorid , et ci-

la commission décrire C histoire.] Celui tait les petits Éloges de Paul Jove. On qtû nous apprend cela ajoute qu'il l’avertit (9; que cela n'y était point, il n’était point vrai qu’Alcyonius dût a profité sans doute de cet avis en pucomposer une histoire, et qu’on ne hliant son Louis XI; car, aprèsa voir oh* l’avait dit à Paul Jove qu’afin de les serve, touchant Philelphe. les mêmes brouiller ensemble (6). Le cardinal de choses que dans le Fragment, il ajoute: Médicis se divertissait à ces querelles II n'est pourtant pas certain qu’il ait des savans : il se faisait un plaisir des été coupable de ce crime , qui passe inquiétudes où il jetait Alcyonius en pour un des plus grands qui se com protégeant Sépulvéda (7). Notez qu’Al- mettent en matière de littérature ; et il cyonius loua magnifiquement la pre- y a des auteurs qui l’imputent à un mière Décade de l'Histoire de Paul savant du meme temps , nommé A Icjro- Jovo, dans la 11e. partie de son Traité nius , et soutiennent qu’il s’appropria de Exilio. ce livre de Cicéron après en avoir

(E) On l accusait s' dire approprié changé le titre , qui était de la Gloire, plusieurs morceaux d’un traité de Ci - en celui de l’Exil (10). 11 applique à ce céroity de Gloriâ , et ensuite de l’avoir

* Outre les auteurs cités par Bayle , Jolr en

(3) P»ul. Jotiui , Elogior. cap. CXXI 1 1 , nomme cinq autres qui ont aussi accusé Alcyo-

pag ■ j65. mut Je s'ftre approprié le traite de Lion».

(4) Longolio» , Epist. ultim. libri III .fol. (ftjCicero, hpiilo • «1 Atùcum XXF/ Ubn

a56, verso. Xr .

(5) Paul. Jovius , Elogipr. cap. CXXIII , (g) Dans les Nouvelle* de la République de*

pag. *65. LeUre*. juin it»85 , article /, vers la fin.

(6) Lettre* de* Princes , folio g3- (to) Varillas , Hi*t. de Louis XI , liv. / , pag

(7) La même. . édition de Hollande.

4oo ALCYON IUS.

dernier fait la citation de Paul Jove. me je n’ai point ce Traité d’Alcjronius» S’il avait entièrement supprimé ce qui je ne puis détermine: par moi-même

« ni •« « i ii - miAuv ci M Vanille rn a mm marnup I p en*

cette supercherie, li ailleurs, on n an- wn.orme ^.^uc.uc, cuse pas Alcyonius d'avoir publié le Medices Legatus sivedeExilio Uber; livre de Cicéron, et d’y avoir seule- et qu un passage de ce livre (i5) m a ment changé le titre : on lui pardon- fait connaître que Jean de Medicis, lierait aisément sa vanité s’il n était qui a été le pape Léon X. y parle.

coupable que de cela; la.joie d’avoir Mais ce que je ne puis de terminer

l’ouvrage de Cicéron ferait oublier la par moi-même , je puis 1 affirmer sur fraude : mais on l’accuse d’en avoir a parole d un de mes amis, dont tiré une riche broderie pour la mettre l’exactitude et les lumières me son sur ses lambeaux, etpuis d’avoir brûle tres-connues (i 6,. Or , voici ce qu il tout l’ouvrage de Cicéron : Ex libro vient de me marquer : « Le Legatus

n Alcyonius, bien loin d’être écrit » pour servir de consolation au préten- » du provéditeur Cornaro, est adresse » par l’auteur ad JSicolaüm Schonberu gium , Ponlificem Campanum (17) , » et dans tout le livre il n’y a pas un » mot qui puisse directement ni indi- » rectement regarder Cornaro. Cet » ouvrage, imprimé à Bâle en *546, » est divisé en deux livres , dont voici » le titre de mot à mot : Pétri Alcyo- » nit Medices Legatus , seu de Éxi- » lia cul Nicolaiim Schonbergium ,

>anum. Il est écrit

deGloridCiceronis, quem nefaridmalignitate aboleverat mullorum judicio confectum crederetur. in eo emm tan quam vario cenlone pr ceci ara ex ce lien tis purpura fila, languentibus cæteris coloribus , intertexta notabantur (î il.

Ma seconde remarque estque, quand M. Varillas fait mention de François Philelphe dans les Anecdotes de Florence (ia), il ne lui attribue rien par rapport au livre de Glorid: c est Alcyonius seul qu’il accuse de ce forfait. 11 dit (1 3) que ce misérable pla-

giatreful oblige de consoler le prove- « Im ad McaUun, diteur Cornaro dans l’exil où il avait a Pontificem Can.p été condamne pour avoir été battu fa, - » en dialoRue , donl Je»n de Med.c.s, sont la guerre aux Turcs , quoiqu'il » (vnaeie depuis Leon X, Jules de "r eut point de sa faute. Algionu, » Médias , et Laurent de Med, es , fiAl lui envoya le livre intitulé De » sont les interlocuteurs. Voila poarfortiter tolerandâ Exilii fortuné : et » quoi on a rais Medices au titre ; comme ce traité n'était composé que » et parce que l auteur suppose que de sentences fort mal ajustées du livre » ces interlocuteurs s entretinrent peu de la Gloire de Cicéron , il ne laissa » de temps apres que le pape Jules U

nus, ravi du succès de son ouvrage , changea le dessein quil avait eu “f faire imprimer la pièce de Cicéron. Lt comme il savait bien que personne n en

» joint le mot Legatus à celui de A/e- » dices, » Voici , à coup sûr, une lourde faute. Il s’en repérait neanmoins sur la fin de sa vie (savoir Alcyonius ) cl.

comme il savait oien que pciauw*' , i /#

avait de copie, il U jeta dans U feu , fil une espèce d amende honorable a de peur qu’on ne trouât un jour par- la tête de, deux harangue, qu d avast mi ses papiers de quoi le convaincre composées a Venue, sur U désolation de larcin Si l’on compare ce narre de Home par les luthériens (18). U

avec celui qui se trouve dans la \ ie de Louis XI , on y admirera qu un meme homme puisse rapporter un fait avec tant de variétés incompatibles. Cornai 1) Jovitu, Elogior. cap. CXXIII, p- 366. (1a) Page i6(>.

(i3) Page 168.

(»4) C'esl ainsi qu'on a mis toujours dans rifiition des Anecdote*.

ne faut point douter que l’on n'ait voulu traduire là ces paroles de Paul Jove : Kcrüm non multo post con-

(t5) fl est curieux : lues-le dans Us Opwcules de Colotniis, chap. Xf^

(16) M. de Lerroque.

(1-) Il fut depuis cardinal: je parle de lui sous (Nicolw ) ScBo*»e*o.

(18) YarilU», Aoecdot de Flore ace, p 168.

ALCYON IUS.

firmatœ suspicionis invidiam duabus splendidissimis (Jrationibus peregtegiè mitigavit quiwi in clade urbis vehemenUssime inveclus in Cessaient t papuli Romani injurias et Barbarorum immanilatem summd perfecti oraloris eloquentia deplordssct. Y a-t-il dans ce passage la moindre ombre de luthériens ? Y a-t-il quelque trace de repentir , quelque vestige d’ainende honorable au suiet du livre de Glnrid?

Paul Jove a-t-iï quelque autre dessein ue de faire voir que les harangues Alcyonius furent trouvées si bonnes, qu'on crut beaucoup moins qu’auparavant qu’il fût incapable d'avoir produit de sa tête ce que le livre de Exi lio contenait de beau ? Il me paraît très-faux que ces harangues aient été composées à Venise.

Au reste, je m'étonne que Pierius Valerianus , qui a regretté la suppression d’un ouvrage, de laquelle il a taxé Alcyonius, n ait rien dit du traité de Glnrid. Ayant rapporté que Pierre Martellus n’avait pu achever quelques ouvrages à cause de ses maladies , il ajoute : Quatuor lamen libras exaclissimœ inlcrprelationis Jn MalhematG cas disciplinas Braccius ejus Jilius ab interilu veruliedrat , vel ipsius auctoris de se testimortio absolutos , atque ii Barbarorum (19' manus effugerant , Braccii ipsius diligentid in Arceni Æ. liant asportati. Sed enim in Pétri Alcyonii manus ciun inc idis sent , ità suppressi surit , ut nusquam ampliùs apparuerint (20).

Depuis la première édition de ce Dictionnaire, M. Bourdelot, médecin du roi £t de madame la duchesse de Bourgogne , m’a fait la faveur de m'envoyer son exemplaire du traité d’Alcyonius C est un petit in-4°, imprimé â Venise, l’an i5aa, in œdibus Atdi et Andreœ A salant Snceri. Il a pour titre : Pétri A cyonii Medices Legalus de Exsilio , et contient deux parties (ai), qui sont dédiées l’une et l'autre ad IVicolauni Schnnbergtum , Pontijicem Campanum. J'ai trouvé tout -à-fait juste l'instruction que M. de Laroque m'avait écrite touchant

(*9) pari» det soldait de Charlet-Quinl , qui pillèrent Rome , l'an

(30) Pier. Valerian. de Litterat. Infeiicit. ,

(ai) A la ire. , rm mel au haut det paçcs Medices Legatn» prior , el k la a*. , Medices L-;stu« posterior.

cet ouvrage. Il ne contient rien qui se rapporte à l’exil d’un provéditeur vénitien. Les trois interlocuteurs ne considèrent que leur propre état, lis étaient tous de la maison de Médicis, et souffraient encore le malheur du bannissement. Jean de Médicis se console et les console : c’est lui qui est le principal personnage de la pièce, et qui débite les raisons et les exemples ; c’est à lui, en un mot , que l’auteur prête son érudition et son style assezélégant. Notez qu’on réimprima cet ouvrage d’Alcyouius à Genève , l’an 16*24 » in-8°.

avec deux traités de Cardan (22).

(F) Sa vanité l empêcha de devenir s. habile.] C’est le sentiment de

Pierius Valerianus : JY on displicuisset mihit dit-il (23), Alcyonius , si quantum stylo prof ecerat y amicorum consilium de re b us ndhibere voluisset , qui nisi ipsimet sibi tantum arrogdsset , futurus ornnino fuerat è primo, ibus .

limitant enim Græcis , Latinisque Hile ris operam impenderat et disciptinis variis oblectatus erat.

(G) S a médisance lui attira beaucoup d ennemis.] Ecoutons encore le même témoin : Is eo pnrniun infelicitatis incommodoflagellatus est , quod dû, n de lilteralis omnibus malè sentit , dica cissimd omnes obtrectatione lace rabat , urulè omnium tara doclorumquam imperilorum in se odium concitdral .

Voyez ci-dessous la remarque (K).

(H) Ce supplément de Morérine vaut rien sur cet article ] i°. On n’a pas pris garde que Y A Igionus des Anecdotes de M. Varillas est une chimère des copistes. 11 y avait sans doute Alcionius dans 1 original de- ces Anecdotes , et par conséquent il ne fallait pas distinguer de Pierre Alcyonius , que Moréri avait fort bien placé au XVIe. siècle, le prétendu Algionius.

Cela tne fait souvenir que Claude du Verdier, page de sa Censura in omnes penè auctores , dit que Petrus Avionius a marqué beaucoup de fautes dans le livre d’Apulée de Mundo .

L’errata corrige Avionius par Alcionius. Néanmoins on a cité Avionius dans la page 56 du Plagiarinrum SyIlabus , imprimé à Amsterdam, en 1694, avec les Arncenitatcs Tficologico-Phir-

(33) Celui de Sapientiâ , et celui de Consolation e.

(si) Pier. Valerian. de Littéral. Infeiicit. p. 63.

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