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Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne et moderne

rimitation des anciens Grecs, nos aïeux se réunissaient sur Ici places publiques , arrêtaient les voyageurs pc^r leur demander des nourelles ; nés premiers pères ne connaissaieat pas d'autre moyen pour satisfaire leur c jriosité.

Aujourd'hui la faeiiilé de l'enseignement , la liberté de la presse , la multiplicité des journaux rendent plus vive encore la passion que nous tenons de nos ancêtres. Bientôt aucun de nous n'ignorera ce qui se passe sous le soleil ; mais^ en attendant, il noos reste quelque chose k apprendre. Nos Jeunes gens, au sortir du collège, savent parfaitement, je suppose, ce qu'ont été les Épyptiens , les Grecs et le^ Romains ; mais que 9 parremis à Tfige de raison , on leur demande ce qu'ont bit nos pères , ce qu'a été notre proTince , notre bourg, notre Tillage , très-peu seront en état de répondre d'une manière satifaisante.

Cependant l'histoire de notre pays doit nous intéresser plus TiTcment que celle des contrées que nous n^arons jamais visitées; le sol de notre enfance doit aroir plus d'attraits pour nous qu'il n'en eût pour ces savans étrangers qu'on fit accourir dans tous les temps. A la vérité , ce sol ne nous offre point les ruines de Thèbes et de Paimyre ; mais nous j trouvo^is celles d'autres Tilles qui ont été le siège de l'empire du monde et le foyer des beaux-arts de l'Attiqae ; nous n'y voyons pas ces montagnes formées des 09semens*de cette multitude de guerriers qui tombèrent sous le fer des conquérans de l'Asie ; mai* nous y rencontrons, à chaque pas les champs de bataille et les

arcs triomphaux des coiiquérans ilcs Cinules. £ii un mot, le sol de la Provence ne nous rappelle pas tout ce qui a illustré les graodes nattons de la terre ; mais en même-lemps qu'il nous en dôme une idée sensible 9 il nous rappelle des souto* nirs infiniment plus dignes de notre attention.

Avant d'explorer le sol chcri de notre enfance , ayant d'aller fouiller dans ses entrailles pour découvrir ce qu'il nous tient caché» il nous conyiendrait d'avoir un guide sûr et fidèle pour nous éelairer dans notre route. Gomment nous procurer ce guide , quand nous savons qu'il n'existe pas ? Je ne vois d'autre moyen que celui de nous le créer nous-mêmes. Le désir d'être utile et agréable à me^ compatriotes me donna la hardiesse d'entreprendre le DicOamuùre àiâtorûfa^Upogrtifihi^ qu9 éê ia^ PrcTênce mieUmiê #1 nwdnm , ouvrage bien au-dessus de mes forces. Je viens de le terminer, et je serai payé de mes peines, si les imperfections de mon travail trouvent grâce auprès de ceux pour qui )'ai osé reutreprendre»

n est peu d'iiistoires particulières sur lesquelles on ait plus écrit que sur celle delà Provence* Les Celto-Lygiens^ premiers habitans qui occupèrent ce point de la terre, eurent sans doute

leurs hiijtoricns ; mais , malheureusement pour la science , leurs écrits ne sont point parvenus jusqu'à nous^ et il est probable qgie le commencement de l'histoire de ce pays sera toujours enveloppé d'un voile impénétrable.

Les Grecs , qui jetèrent le premier germe delà civilisation sur cette terre inculte et sauvage, et les Latins, qui vinrent ensuite rendre cette terre aussi fertile que la campagne de la capitale de l'univers» eurent Paussidonius» Strabon» Diodore» Polybe , Pline , Tlte-live» et une infinité d'autres historiens

qui , & travers les fables et les idées superstitieuses de leurs

tcjnps , nous ont laissé un grand jour sur des époques et des fai|s que nous ne connaissons que d'après leurs ouvrages. Les Maures africains et les barbares du nord envahirent la Pro-

Tence. Plusieurs écrivains nous ont transmis les excès de ces peuples craeb et furieux ^ mais aucun ne s'est attaehé à entrer dans des détails qui intéresseraient aujourd'hui jusqu'à la moindre habitation.

Nos historiens moilerues , paniii k'S(i(i('ls je compiends principalement Nostradamus y Honoré Bouche , d'Anville ^ Papou et autres , * n'étant pas suiSsamment éclairés par leurs prédécesseurs « et n'ajant su trouTer la plupart des lieux que la barbarie aTait fiiit disparaître , non seulement ont con*fondu certaines positions avec d'autres, maïs ils ont placé des yilles celtiques ou romaines , là où, du temps de ces peuples ^ il n'y avait pas d'habitation , et ils ont négligé de désigner des lieux importans qui font époque dans l'hiitoire des Gaules. Cest ainsi qu'ils ont donné de la célébrité à certains pays au détriment de certains autres injustement laissés dans l'oubK.

Nos auteurs contemporains, adoptant sans défiance la plupart des erreurs des Bouche , des Papou et autres , erreurs qu'ils auraient pu reconnaître en se transportant sur les lieux pour examiner les sites, les tesliges^-et coiiparer les distances actuelles ayec celles marquées dans les anciens itinéraires. Les erreurs dans lesquelles ils sont tombés m*ont porté à constater ce qu'il y a de vrai ou d'inexact dans leurs ouvrages et à désigner les lieux importans qui ont échappé à leufs recherches^ toujours' bien résolu & ne pas trop me fier au témoignage des personnes qui yeulent à tpat prix donner de la célébrité ù leur pays.

C'est ainsi que j'ai prouvé l'invraisemblance que les Phocéens eussent eu le projet d'établir leur pHnclpale colonie sous un ciel pestiféré et au milieu des boues du Cœnm des latins ; que j'ai jugé que la capitale des SaiUns ne derait être sur aucun des points qui lui ont été assignés par les modernes et par les contemporains ; que j'ai reconnu que les 'Liganniens étaient au nord-ouest des Oxibiens} que j'ai trouvé Pancieu ^ittfA encore existant emportant son nom primitif.

quoique tous les auteurs récens s'accordent à dire que non seulement il n*euste plus aucun Testige de ce lieu., mais qu'on ne saurait reconnaître le poiot où il ae trouTÛt ; c'est égilement ainsi que j*ai découTert le forum voconii que les modernes ont essayé de placer sur cinq points diflèrcDS^ sans de« Triqer sa véritable position , etc. , etc.

Mon travail ne se borne pas à l'histoire de toutes les communes de la Provence. Ayant touIu rendre mon ouvrage aussi utile qu'instructif 9 i*ai cru bien laire d'ajputer à l'historique Ja dcseription topograpbîque de tous les lieux. Cette description consiste à fiiire connaître la situation de chaque pays, les • monumens ou les restes de monumens anciens qu'on y trouve^ la température^ la qualité du sol, les carrières , les mines » les belles sources et les objets d'histoire naturelle qu'il renferme » les productions de Pagrlcultnre, celles de Tioduatrie , en désignant les genres de manufactures et de fabriques, les foires, la population et la distance en lieues de poste de chaque commune avec son chef-lieu d'arrondissement , et de chaque chef-lieu f^'arrondissemeot aTcc la capitale du royaume f etc*

J*al cru 9 pour Tutillté des naTlgateurS) devoir faire ii|ention de tous les ports et de tous les caps de notre céte maritime ; pour Tagrénient des amateurs de la science , de décrire DOS principales montagnes, de donner une idée sur la manière .dont elles .se sont formées , de fiûre connaître le cours de nos fleuTes et de nos rivières , de désigner les sites les plus curieux et les plus dignes du crayon de nos habiles dessinateurs » etc.

J'ai fait tout mon possible pour ne rien omettre d'essentiel dans mon ouvrage; mais je ne me flatte pas d'avoir épuisé la matière. Je n'offre à mes compatriotes qu'un bouquet composé .des fleurs les plus éclatantes du vaste parterre que j*ai exploré.

E. GARGIH.

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