‹ Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne et moderneChapitre 2 sur 8 · APERÇU SUR LA PROVENCE · texte numérisé non relu

APERÇU SUR LA PROVENCE

La Provence est une partie du royaume de France, bornée awnord par le Dauphtné ^ à Test par les états du roi du Piémont , à l'ouest par le Languedoc et au midi par la Méditerranée. Son étendue était autrefois bien plus considérable qu'elle n'est au|oard'huî , par elle comprenait tout le comté de Mice et la principauté de Monaco , une partie des départemen» de la Dr5me et des Hautes- Alpes. Mais aujourd'hui, sous la dénomination de la Provence» on comprend les départemens du Yar , des Basses-Alpes , des Bouches-du« Rhône et de Vaucluse.

La Provence a environ i ^loo lieues carrées; et dixneuf Jieues de Provence font à-peu-près le degré.

Nous dirons, mais seulement en les comparant entr'elles , que la partie méridionale de la Provence est chaude et sèche , que la partie est et nord , au con* traire 9 est froide et humide» que la partie du centre est tempérée. Qu'importe que pendant sept ou huit mois de Tannée la neige couvre quelques-unes de nos montagnes, qu'importe encore que sur quelques points de notre territoire nous soyions exposés à des chaleurs excessives» nous aurons toujours le droit de dire que nous vivons sous le plus beau ciel » que nous respiron'r l'air le plus doux et le plus pur.

Pour ce qui concerne la nature du sol » la Pi'o-

TCDce se divise en trois bandes ou zones. Celle du littor9l , depuis Toulon jusqu'au Yar , est schisteuse ou granitique; celle de la partie froide et humide est marneuse , et la bande moyenne est calcaire. Chacune de ces trois zones a certaines productions qui lui sont particulières.

L'histoire de Provence se lie avec celle des nations les plus puissanteset les plus célèbres , avec celle de la Ju^ée, delà Grèce, de Kome, de l'Afrique , de 11* talie, de l'Espagne , de l'Empire, de la France et de tous les peuples du nord. Les Gomèrites, descendaus de Gomer» petitrfils deKoé, furent les premiers hom* mes qui passèrent en Europe sous la conduite de Dis, ou plutôt de Samothès surnoinnié Dis» leur premier roi , qui régnait a^i i4 ans avant Jësus-Christ, c'est-à* dire , 254 ans après le déluge et 5oo ans avant Moise , ce qui peut fort bien être lëpoque où les enfans de Gomer, sous la conduite de Dis, sortirent de TÂsie* Mineure.

On n'est pas précisément assuré de lëpoque où les Gomériles arrivèrent dans cette cxtiémité de la terre; mais on sait ^e tous ceux qui setablirent en-deçà du Bhin prirent le nom de Celtes , et que ceux qui se fixèrent en It^lie^ enti e les Alpes et TArno , étaient connus sous le nom de Liguriens. On sait aussi que» ' du tempsde Philippe, roi de Macédoine, ou seize siècles avant Jésus-Christ^ toute ia partie de la côte maritime qui se trouve entre le Rhône et les Alpes était appelée Celto-Lygic ou Ccllo-Ligurie,

Avant que des colonies étrangères vinssent s'établir dans h CékorLygie , on ne txwxwmt dans ce pays ni ville ^ ni maison bâtie. Cependant il y avait clcscamp.s ' retranehés et fortifiés ponr senrir de délense en cas de guerre. On en veit encore des restes d'un trèsgrand nombre, lisse trouvent sur des émineuces , entourés d'une double , et ifuelques uns d'une triple enceinte de murailles en pierres sèches. La plupart ont été restaurés parles difiérenspeupiesqui^ dans la suite, s'y étaient réfugiés.

Plusieurs familles cello-lygiennes formaient une peup)ade ^i avait un chef particulier , et plusieurs peuplades se ligunent ensemble pour se défendre ou pour attaquer la nation ou les peuplades voisines. Un lieu désigné par les Latins sous le nom ét MaUia était ch<NSÎ pour lesassemUées générales de hiuaUon. C'est là où résidaient le roi et les principaux chefs. Cette scNTle de quartier-général se trouvait toujours situé en amphithéâtre , exposé au soleil levant , abrité des vents du nord et de Touiest, à portée d'un retranchement naturel» et non loin de quelque source, rivière ou ruisseau abondant.

D'autres lieux étaient établis pour lediange des marchandises et des denrées. On les appelait Marka , du celtique Mari: > qui s'i^mùalt frontière. En eiTet, ces lieux se tronyaient toujours sur les limites d'un état. On s'y rendait à des époques fixes ^ pour s'y procurer principalement du sel.

Dès qu'une colonie phocéenne eut fondé Marseille^

la Celto-Lygie comuieaça à changer -de face. Les indigènes apprirent insensiblement de ces éCran^rs l'ait de construire des villes et desy bourgades; on vit naître parmi eux le goût du commerce et de i 'industrie » on les TÎt planter , cuHiyer la yigne et ToliTier. Les Dnii^ des , prêtres celtes » admirent dans leur culte les erreurs 9 lés superstitions et les abus des religions gree* ques et t'îî> ptienjies. Le luxe oriental fut en partie adopté par des peuples qui allaient, pour ainsi dire , nus 9 et qui jusqu'alors n ayaient habité que dans des ' antres de rochers, dans des creux de vieux arbres ou ,sous des berceaux de ramée. Les besoins que les Gelto-Lygiens eurent les soumirent à des relations continuelles avec les Marseillais , et ainsi le langage des descendans de Gomer fut enrichi d'une infinité de termes Tenus de la Phocide.

Les Romains à qui les dieux avaient ordonné, à ce qu'ils croyaient, de ne déposer le glaive quelorsqa'ib auraient asservi lunivers , les Romains forcèrent la Celto-Lygie à adopter leurs lois, leurs arts, leurs mœurs et leur langage. Ils lui communiquèrent aussi leur luxe pour les monumens , leur passion pour les spectacles et leur ambition pour les hautes charges* Marseille et Yaison fuirent érigés en république , Aries devint le siège de l'empire romain, et la Celto-Lygie, qui prit le nom de Gauie TramalpiM , fut habitée par des principales familles de Rome.

Les Sarrasins, les Yisigoths , les Iluns, les Normands et plusieurs antres peuples, barbares appor*

tèrent dans la Gaule leur génie destructif» et plongèrent les pëuples dans l'ignorance et Tabrutissement;

Les comtes de Provence firent leurs efforts pour rendre leurs peuples heureux. C'est sous leur rè^^e ^ue les troubadours acquirent une si grande réputation » et que leur langage devint celui des principales £Euanl« les du royaume de France* En 14^7* le dernier eomle (le duc d'Anjou ) légua la Provence Charles YIII qui en fit une province de son royaume.

Depuis cette époque , si Ton considère que la Provence a ('té tour-à-tour déchirée par des guerres .étrangères et par la guerre civile , que depuis le i5* siècle jusqu'à 1 720 , la peste y a neuf fois exercé ses ravages 9 on ne s'étonnera point du décroissement de sa population. Cependant elle compte aujourd'hui pins d'un million d'habitans. Nous espérons que le ))ieni'ail de la vaccine et des mœurs épurées par la civilisation mettront bientôt la population en rapport avec l'étendue de notre territoire. Mais il faudra alors demander des moyens d'existence , non pas à celte vaniteuse ambition qui nous &it aujourd'hui tant de mal , mais à l'agriculture, source de la vraie richesse.

Ke voit-on point que c'est seulement parce qu elle manque de bras pour la culture , que la Provence ne fournit point à ses habitans le blé qui leur est nécessaire? La condamnerons-nous à être toujours tributaire des étrangers ? Elle avait des risières plus belles que celles du Piémont; elle fournissait du riz aux autres provinces du royaume » enéchan(|e de plusieurs

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' antres denrées ou marehnadtsea première néoeatité. Elle a beaucoup ide TÎgnea anfonrdlmi, mais les ouvriers manquant 9 on ne les plante ordinairement qu*à des endroîls faoîles » c'eafer^^îref dans las fonds

qui donneraient abondamment toutes sortes de céri^alesy et onn^lige de les planter de préférence aux exposîttoos qui leur seraient les plus favoririiles» ou dans des terres vagues abandonnées aux chèvres ou, plutôt, aux ronces et aux paliures. Il jr a tels vins, en Provence , qui entreraient en concours avec les vins des rives du Abône , s'ils étaient iabriqués selon des ]>i océdés autres que ceux qu'on tient encore des siides d'ignorance. Je ne citerai poîot les vins de la Gaude , des Mées, de la Giotat, ni de la Halgue près de Toulon, parce que ceux des pays les moins réputés peuvent devenir aussi bons, en les fesant avec un peu plus d'attention sans avoir plus de peine.

De tous les arbres qu on cultive en Provence lolivier est, sanscontredit , leplusremarquable. Dans quelques endroits, et surtout aux environs de Marseille et deletang de Berre , on sale généralement le fruit de cet arbre précieux. Partout ailleurs on en fait de l'huile. L'huile de hixe se vend toujours à bon prix. Celle qu on fait sans précaution est destinée aux fabriques, et on la vend k plus bas prix , surtout depuis qu'on voitailluer dans nos villes de commerce les huiles étrangères et les huiles de graines. Si, comme nous devons Tespérer, puisque leur intérêt les y invite , les propriétaires consentent à renoncer à leurs vieux et ab-

sardes procédés » slls Teulent soifre les utiles exem"

pies qui leur soat donnés par ces çultivuteurs éclairés qui^ieiUqiie ce n'est poiot miaiiqpier m respect dû à la mémoire des ancêtres ^ que de mettre à profit les leçons de l'expérience » alors nos huiles seront redierchées partout , et obtiendront assurément la préférence sur celles qui sont importées inaintenant de Port-Maurice et de la rivière de Gènes.

Parmi les fruits qu'on récdte en Provence , nous citerons encore les figues de Marseille, d'Ollioules» de Salemes» d'Antibes» de Yence» de Grasse, etc. ; • les amandes de Yalensole, de Riez, de plusieurs villages près de l'étang de Berre , etc. ; les châtaignes ou marrons du Luc, de la Garde-Freinet , de Pignans , deGonfaron, de Collobrières, etc.; les citrons, oranges , poudres, bigarrades, jujubes, grenades, brugnons d'Hyères , d'Ollioules , etc.; les prunes-Brignoles des environs de Digne et de Castellane ; les passes de Roquevaire , de PignanS/, de Toulon , etc. ; les câpres des communes du littoral depuis Toulon jusqu'à Marseille; les noix de la partie inférieure du département des Basses-Alpes ; les fruits à pépin de la haute Provence , etc.

La culture du mûrier, le plus propre à la nourriture des vers-à-soie , vient de prendre une nouvelle vigueur ; bientôt la basse Provence aura une grande partie de ses routes ombragées par cet arbre si util< à l'industrie française.

Les plantes fourragères , notamment Tesparcette et

le gros sainfoia oa sainfoia à deux coures ^ ont prociii^avxmaaTaissolslamèmeferliKté^'aiixlNMis. Tels

champs étaient abandonnés aux ronces et aoxpalioreSf qui sont aujourd'hui couverts de riches moissona* >

La culture de la garance , depuis peu introduite en Provence 9 a fait la fortune dW grand nombre de communes. La cultnre du tabac serait aussi pour nous line source de richesses , si elle n était contrariée par un odieux monopole qui pèse principalement sur Tagrîculture. La culture de la raquette, propre à élerer la cociienille du Brésil y aurait besoin d'être encouragée dans la partie chaude de la Provence , et cet inî'» secte s*y multiplierait mieux que le kermès aux environs de 1 étang de Berre. Le pistachui-4éribinthui ^ ( bu pétéiin ) > qui» sur la bande calcaire 9 croît parmi les ronces et les arbustes , sur les vieux talus et dans les fiiches, sans qu'on ait encore songé à lutiliser 9 griffé en pistacher , deviendrait un arbre précieux par le revenu qu*il procurerait à Tagriculteur.

L'arboussier vient naturellement sur la bande schisteuse 9 au bord de la' moindre eau coulante. Son fruit couleur d'or , d'une douceur et d'un parfum trèsagréable » tombe et pourrit sans que personne daigne en retirer le momdre proGt. Il est certain 9 et l'expé* rienceena été faite par d'habiles chimistes, que ciuq livres de ce fruit , qui ne coûte que la peine d*aUer le cueillir , donnent une livre d'un sirop qui équivaut à une livre de beau sucre , et le marc distillé rend un rhum aussi délicat que celui de la Jamaïque.

Le lin de la' Nouvelle Zélande, la patate du Halaca 9 plusieiirs autres plantes précieuses dont les es»

sais ont Irès-bien réussi » procureront bientôt de nou* Telles richesses aux agriculteofs vigilans.

On trouve en Provence des vulnéraires aussi bons que ceux qui nous viennent ordinairement en poudre on dénaturés des montagnes de la Suisse ou de celles de l'Auvergne et de la Franche-Comté. Les plantes qui naissent, en Provence, sont plus convenables au tempérament des Provençaux y étant nourries à l'air et des sucs de la même terre qui produit leurs graini( et leurs légumes. Nos montagnes de l'Arche , d'Alloa» de Seyne , de Laclien , de Lure et le mont Ventoux offrent l^^ plantes médicinales les plus salutaires. . .

En fait ^e mines , on trouve dans la Provence du fer proprement dit , du for chromaté , de l'or , de l'ar-

d'alquifoux , de la houille ou du chai-bon de terre , de la tourbe y^du souilre» du vitriol de mars» de la po22olane> manganèse , etc.

• Les carrières offrent des pienes calcaires , des marbres statuaires, des marbres de toutes sortes de nuances , des poudîngues durs et moux , des gypses blancs 9 rouges et gris» des pierres coquiliières, des tufs» iiu granit de toute beauté , des brèches dont une est comparée à celle d'Alep , des pierres ollaires , du mica, du schiste, du micaschiste , de la tourmaline, de l'albâtre, du jaspe , du poq^hire, etc. , etc. Les principales rivicres qui b^gneut , arrosent.et

fertilisent la ProTence ^ sont le Rhône , la Darance * le Var, le Verdon , FArgens, le Loup, TEstéron , la Siagne , le Buech, la Bleonne, la Sorgue, rOuvèze, TAlgaes , FAuzon , la Na^ue , le Calavon , la Blanche , rUbaye , la ^artubie^ la Gapcau et l'Aye.

Les trois principaux canàux sont celui de Grapone^ celui de Boisgelin et celui de Bouc auquel on travaille encore ; depuis long-temps on a formé le projet d'en ouvrir un autre qui conduirait jusqu'à Aix et Marseille , les eaux de la Durance prises à Canto-Per" drix. On pourrait aussi dévier les eaux du Yerdon pour les conduire dans les ahrondissemens de Brignoles et de Toulon , sans qu'on eût besoin de percer des montagnes ni d'établir de fortes jetées.

Les fontaines les plus abondantes sont celles de Tauduse , de Sorp appelée aussi Fontaine^l'Évêque » celle du Yal, la Foux de Meyrargues, la Traconade de Jouques> la Siagne de Mons, la Foux de Draguîgnan» la Foux de Grasse » Fédaye de Gonfaron, les ' sources de Signes , Tourtour , Valensole , etc. ; les fontaines des eaux minérales de Digne , Gréoux» Aix, Sault, Manosque, Geireste, HisoUy Baries^ Ansouis, etc.; les sources salées de la Sausse, Ifourîez, Barrème, Glumane » Ainac, Tartone, etc. ; les fontaines intermittentes de Colmars, Castellane , etc.

Les îles principales de la Provence sont au nombre de dix, savoir: llle de Bouc, anciennement de Métapina , et ensuite de Corrento , à l'embouchure de l'étang de Berre ; celle où se trouve unepartie de

la fiUe deà llarlîgaes , eônautf aolrefois sous le mâm

de Blasco ; îles dlf , Ratoneiu et Pomègue qui se trouTent devant Marseille, et doQt les noms an** ciens étaient Stutium, Plùmiiê et PAîlc; kâ files d'Hyères ou les îles d'Or , autrefois les Stacades; elles sont au nombre de trois priMlpales^ sardr : oelle du Lertot ou de Titan ^ anoienMtte&l Hyp&a , celle de . Portcros , autrefois Meze , et celle de Porqueroles , dont l'ancien htm était fnUi enfin les Iles de Lérins près dé Càiines. Celle de Sainte^Marguerite s appelait autrefois Lerû % eelle de Saînt-nHmiorat s'appelait Lerina ; les Gelte-Lygiens la nommaient PliÊnatka

La côte maritime de Provence offre beaucoup de ports accessibles ; les principaux sont » en eommen* çant près du Rhône , ceux de Tour-de-Bouc , Marseille, Ciotat , Bandol , Saint-Nasaire, la Seyne, Tourlon, Saint^^Tropez et Antibes. H y a aussi quelques bon<* nés plages telles que celles d'Hyères, Cavalaires, Fréjus, Saint-Raphaëly Cannes» Gourjôuan, Cagnea, etc.

Les montagnes dont la Provence est hérissée sont les Alpes, qui comprennent toute cette chaîne en des* sus de la région des oliviers , entre la Durance et le Yar ; les Alpines , qui sont celles sur la rive droite de Pancien lit de la Durance'; les Maures qui bordent le littoral du département du Var et auxquelles on comprend celles de PEstérel, de la Sainte -Baume et de l'Étoile ; enfin la montagnie Sainte-Victoire , dont 1^ ramiGcations s etendeut jusqu'au Var et jservcnt decbelon aux Alpes.

Les principales pkces miiiudressont» Toulon , Har-

scille cl Antibes. Après viennent l'île Sainte-Marguerite f Saint-Tropez , £ntrevaux. Ensuite ce sont Siste-* itm, CoImarSy Saint-Vincent,. Seyne et la Ciotat Les villes qui ont garnison sont , Aiz 9 Avignon, Arles, Dragaignan , Carpentras, etc.

Les villes les plus populeuses ^Dnt , Marseille , Aix , Avignon, Toulon, Arles, Grasse, Draguignan, Garpentras Orange , Tarascoa, Brignoles, Martigues, Manosque , Hyères , Apt, etc. Les principales , sous le rapport commercial et industriel, sont, Marseille, Grasse, Avignon , Aix, Apt , Carpentras , Brignoles, Draguignan , Digne , etc. ,

l»es villes archiépiscopales sont , Aix et Aries, qui ne forment plus qu'un seul archevêché , et les villes épiscopales sont, Marseille, Avignon , Fréjus et Digne* Les évècbés supprimés sont ceux de Yaîson , Gavaillon, Carpentras^ Apt, Sisteron, Senez, Biez, Yence, Grasse et Toulon.

L'ancienne division communale de la Provence était en haute et en hasse. La première eut d'abord pour capit le la ville de Ries, et ensuite celle de Forcalquier. Laseconde eut, dans le principe, la ville d'Ailes pour capitale, et ensuite celle d'Aix. La division actuelle est toute diflférente ; elle est divisée en quatre départemens, savoir: ceux du Yar , des Basses- Alpes , des Bouches-du-Bb6ne et de Yaucluse , formant ensemble la 8^ division militaire, quoiqu'il ny ait que les trois premiers qui dépendent de la cour

royale d*Aix ; celui de Yaucluse e&t du jressort de la cour royale de Nîmes.

Le département du Yar a pour chef-lieu Draguîgnaa, et pour sous-préfectures, Brignoles, Grasse et Touloû; cette dernière ville a encore une préfecture et un tribu* nal maritime. Le département des Basses-Alpes a pour chef-lieu Digne , et pour sous-préfectures, Barcelonnette , Castellane , Sisteron et Forcalquier. Le dépar-^ tement des Bouches-du-Rhône a pour chef-lieu Marseille qui est également le chef-lieu de la S* division militaire, et pour sons-préfectures, Arles et Aiz qui est aussi le siège de la cour royale. Le département de Yaucluse apour chef-lieu Avignon, etpoursous-préfectures, Apt , Orange et Carpentras où siège la cour d assisés.

Toutes les villes de la Provence et la générahté des bourgs et villages captivent l'attention par d'agréables ou de glorieux souvenirs. On en jugera par les diverses notices qui composent ce Dictionnaire.

DICTIONNAIBE iQiiStaniqiiu

£T TOPOGRAPUIQUE

AINCIEMNE £T MOD£IUN£.

ÂB£ILL£S (L£s). Hameau de Yerdolier. Voyez, Sault.

ADRÉS (Le$). Hameau de Montauroux. Voyez ce mot*

ADUNICATËS. Nom dW peuplade celto-lygienne. Sa position ne nous est connue que par ce passage de Plioe : Regio Oxibiarwn^ Idgamarum^ que s super qttos , Sueiris, Quariatf$ , Adunicatei. Les Oxibiens occupant la plage des environs de Cannes et la campagne de Grasse , les Lig^unîens étant dans les environs de Calltan , et les Saetri aux environs de Castellane^ on ne peut placer les Quariates et les Adanicates que sur la route de Grasse à Caatellane. Aussi presque tous les auteurs affectent aux premiers

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les rives de TArtubi près du logis du Pin , et aux seeopds la campagne entre Séranon^et Andon.

iEGYTjNA. Une des villes capitales des Oxibiens, peuplade celto4f ({ie^jçie qm oçcupait le littoral entse Antibes et la Sîagne. £gytiia se troayait an Hea ap* pelé Gourjouan. Les Rowaias la détruisirent et forcèrent les^ habiUitts à aè retirer dans rintérieur des terres. Plus tard, elle renâquit de ses cendres , mais elle fut anéantie par les Maures ou Sarrasins; ce fut jllors que les faabitans allèrent se fortifier sur la hauteur où se trouve le village de Mougins.

iiMINES-rOllTUS. K^a^/ez Port-miou.

.£RI A. Position ancîennèy près de la rive gauche du

llhône, sur une hauteur, au lieu même où est la tour de Lers , reste du Château-Neuf» dans le territoire de Bédarrides ; on n'en voit plus de vestiges,

AGAY , Agayb ou Nagàte. Anse sur la cote maritime du drpartemenl du Yar, formant un port qui sert de relâche aux vaisseaux* La voie aurélienne passant par là , les Romains y bâtirent une ville qui, d'après l'itinéraire d'Autonin, s'appelait Portas A gâtants, duquel on a fait jégay. Un auteur modehue prétend que cette ville s'appelait, à cette époque, Athenopolis^ tandis que cette, dernière , suivant les q>parence8 » se trouvait près de fanse d'Antéa, entre Agay et la Napoulle. Sur une élévation vers la mer, entre Agay et SaintpRaphaël , sont les restes d'un ancien phare que les gens du pays nosunient Tour d§ Darmont. Il n'est

pas vraisemblable que cet édifice ait servi de lien jde rëfoge à la reine Jeanne I**, ainsi que plusîeora ^écrivains ont osé l'avancer.

La caranque d'jiurèle, entre Agay et ia KapouUe, a fait faire plusieurs conjectures aux savans qui ont' exploré cette partie du littoral. La plus probable, c'est qu'on lui donna le nom dlMurèie, à cause qu'elle touchait, la voie aurélienne ( lou camin Aurelian ) qui suivait cette côte.

La Garonne d'Agay, sorte de torrent qui descend de TEstérel, forme, avant d'entrer dans la mer, un marais pestilentiel , unique cause de l'insalubrité de cette position maritime, et de Téloignement de tous habitans.

AIGALABES (Les). Hameau dans le territoire de Marseille ; le château n'a rien de curieux , mais son point de vue est magnifique* On peut promener ses regards sur la campagne de Harseilleetsur une grande étendue deoner. Pas une voiture sur la route d'Aix , pas un navire dans le Golfe ne peut voyager sans être aperçu des Aigalades.

AIGLUN ET w NOBLES, Aigltmum. Village à 3 lieues de Digne (Basses-Alpes). Dans les anciens titres on lui donnait le nom de Casirum de Egkfind, Le climat est doux et tempéré ; le sol aride , excepté sur le bord de la Bléonue» produit du blé et du viu* Pop. 383 hab.

AIGLUM. Village du canton de Saint-Auban , à 1.5

Keues de Grasse (Yar). C est la seule commune du canton qui produise les principaux fruits de la basse

Provence. Le le rrl Loire offre uoe grotte où se trou- Te du cristal de roche ; il offre aussi une cascade fort curieuse formre par les eaux de la petite rivière de la Gironde. Un petit vent qui se fait ressentir le matin emporte une grande quantité de gouttes d'eau qui, vues au lever du soleil, uiontrenl en l'air une sorte de queue de paon de plus cent mètres de circonfë- . rence, où brillent toutes sortes de nuances. Les plantes ou les branches d'arbres qui reçoivent ces gouttes d'eàu se <y)uvrent eh m'oins dehuit jours dune couche de tuf , et deviennent des pièces curieuses pro* près à embellir un cabinet. Pop. > 5oo hab.

AIGOUX (Saint). Cap sur la côte maritime du département du Yar , près de Roquebrune,

AIGUËS. Rivière qui prend sa source dans le Dau-

pbiué , passe par IXyons , entre dans le département de Yaucluse , arrose les territoires de Cairanne y Camaret , Orange , et se jette dans le Rhône en*dessus de Caderousse ; son cours est de vingt lieues. Elle reçoit les rivières de l'Oule, d'Ennuyé et plusieurs autres ruisseaux. On trouve dans son lit des géodes qui renferment des cristaux dans une marne durcie. Près de Nyons est un pont à une seule arche» ouvrage des Romains. Quoi(£u'il ne soît plus dans la Provence, \ nous citerons un fait assez curieux : Un vent particulier descend tous les matins depub la source jusqu'au

pont sans le dépasser , et remonte raprès-raidi depuis le pont jusqu'à la source saos se faire resseutir en^ idessos ni à une certaine distance des deux rives.

AIGULN£S, Castrum de Aquina w Aquinia, Village du canton d'Aups, à to lieues de ]>ra^ip;nan (Yar), près la rive gauche d^i Verdon, sur uue hauteur» à une extrémité de la vaste plaine de Camp- Juers (Camp dê Juies), Le château du Heu es^ fort beau et sou perron est manifi<}ue ; le point de vue est fort étendu*

Le territoire fournît du vin, de l'huile, du foin, de bon blé et de belles raçines de buis dont les kabitans, au nombre de i ,1009 fabriquent des ouvrages recherchés dans le commerce. Ces ouvrages ne sont pus aussi élégans que ceux qui nous viennent de Saint-* Claude, mais ils sont plus solides.

AINAG. Village à 5 lieues de Digne (Basses-Alpes). Productions, les mù^les qu'aux environs. Pop. 11 /^lu

AIX , AqtuB^Sextiœ, Ville fort ancienne, fondée par quelques Phocémis de.liarseitte joints aux Celto« Lygiens du pays qui voulurent quitter la vie sauvage. Cependant cette ville reconnaît pour son fondateur Caîii»-Sextius Galvinus , général romain , qui, Fan de ilome 65o , vint s établir dans ces lieux pour préserver Marseille des incnisiond des Celto-Lygienset autres peuples barbares de la Celtique. Il remporta sur les premiers une grande victoire près du lieu où est la ville d'Aixy à laquelle il donna le nom d'Aquas S^xîiw^

formé, comme on Toit , du nom de ce fondateur et de celui des eaux thermales.

Sons les empereurs , Aîx devint colonie romaine.

Mais, au lemps de la décadence de lempire , elle passa successivement sous la domination des Yisigoths et des Français. Les Sarrasins la possédèrent à leur <our. Après eux, elle fut soumise à des souverains pai^ ticij^ers jusqu'à Charles 11, dernier comice de Provence et de Forcalquier, qui institua Louis XI 9 roi de France, pour son héritier. Cette ville n était pas alors bien considérable, mais elle fut augmentée sous le règne de Louis XIV.

C'est près de la ville d'Aix , qu'à l'époque de l'arrivée des Phocéens en Provence, se tromrait la capi^ taie desSégobringiens , peuple qu'il ne faut pas confondre avec les Saliens, car ils n'étaient que lenrs alliés et avaient un chef .particulier. Le roi des Ségobringiens fit transporter sa eonr dans la ville commencée par les Marseillais. C. Sextius s'en étant empaié , l'agrandit , la fortifia , l'embellit, la peupla en grande partie de familles romaines , dédiant la ville au Dieu Mercure, et les eaux thermales à Priape. Ces eaux étaient connues avant Sextius ; les Ségobringiens en fesaieut usage et y étaient beaucoup attachés , aussi virent-ils avec douleur qu'on élevât des fortifications près de la source. Ils s'en plaignirent , et Sextius , pour les tranquilliser, leur assura, que les ouvrages qu'il lésait construire étaient destinés à conserver aux habitaiis ces eaux précieuses dont ils se montraient si justement jaioux.

Le loDg séjoar des barbires en eette fille et leurs dévastations furent cause que les eaux se perdirenL £llet n'ont été retroui^ées qu'en 1704 » en enlevant les décombres d'une vieille maison. Non seulement on découvrit une source d'eau chaude qui sortait à gros boniUons ^ mais encore des bains dont les dimensions montraient assez qu'ils avaient été publics. D'ailleurs y un metUuia dé pierre , une quantité de dailles et d'inscriptions trouvées parmi les décombres qui cachaient les eaux, attestent que ces bains étaient réellement eeqx qui avaient été bâtis par les Romains* On les a reconstruits de nouveau pour le public, et on a fait à côté une rotonde au milieu de laquelle est une fontaine de cette eai| où les pauvres vont boire ou se laver gratuitement.

Plusieui's cliianistes ont çs&ayé d'analyser cette eau. On a reconnu que sur vingt-cinq livres «e trouvent 12 grains de carbonate de chaux, 18 grains de carbonate de magnésie , 7 grains de sul£ftte de chaux, une quantité de gaz oxigène , et une matière animale de la uatuie de la gélatine.

La ville actueMe ferait l'admiration des amateurs du beau , du majestueux , si elle n'était point privée de ses monumens anciens qui attestaient le bon goût des Romains. Le {Nrinc^pal édifice qu'on y trouve est la cathédrale Saint -Sauveur ; la façade n'en est pas fort ancienne ; les sculptures qui décorent cet édiiice et la porte d'entrée sont de i5o4. Quelques personnes ont cru y reconnaître des.sujets païens, mais les bons con-

naUseurs n'y aperçoivent cjue deux prophètes et six femmes vêtues comme on Tétait au 16* siècle. Cliaque compartîmenl est orné d'arabesques et séparé par des guirlaudes de fleurs et de fruits, le tout traité avec . art et dun goût peu commun ; mais malheurement cet édifice a eu à souftHr du vandalisme réfolutionnaire. On éprouve un sentiment pénible , en voyant sur ce clvf-d'œaYre des temps modernes l'empreinte de li* gnorance , de l'irréligion et de la fureur.

Cet édiQce fut bâti au lieu même où se trouvait un temple dédié au soleil. C'était un vrai monoptère dans le goût du Panthéon à Rome. Les colonnes du baptistaire sont un reste de cet ancien temple ; elles sont toutes de marbre , cependant il y en ayaît deux en granit de TEstérel , pris dans la carrière d'iisclans. On en voit encore une intacte ; elle décore la fontaine qui se trouve devant l*hôlel-de-vîlle d*Aîx ; cette pièce est ce que cette ville ofl're de plus- curieux.

Les Romains avaient élevé à Aix trois fameuses tours qui étaient, sans contredît , les plus beaux monumens qu ils eussent laissés dans les Gaules. Elles étaient enclavées dans une vaste enceinte de murailles où se trouvait la demeure des gouverneurs, des prêteurs romains et de tous ceux qui, dans la suite, ont administré la province. Ces monumens furent respectés [)ar les barbares et admirés partons les princes qui avaient visité cette ville. Pourquoi a-t-it fallu que la philosophie et Tinconstanee du dix4iuîtième siècle aient porte les hommes à anéantir ces chefe^l œuvre. Quel-

que temps ayant leur destruction, ou avait décou- Teriy au couchant de k tour dite du Trésor 9 une rotonde composée de huit colonnes de marbre ou de brèche de couleur verte. Comme cette trouvaille ex« citait des disputes entre plusieurs envieux , on recombla celte fouille et Ion ensevelit ce monument précieux. Espérons du zèle, des lumières et du patriotisme de nos administrateurs qulls ne dédaigneront pw la gloire de rendre au pays ce qui peut lui rester encore des trésors de l'antiquité.

Le nouveau palais de justice se trouve au m^me local où étaient les trois belles tours. Ses quatre façades, loin de nous la faire publieryuous en font, au contraire, bien plus déplorer la perte. 11 est possible que l'intérieur de ce palais, lorsqu'il sera ûni, nous dédommage un peu de ce que l'eitérieur a de défectueux ou de disproportionné.

Une salle de bains antiques existe sous la fontaine de la place aux herbes. Cette salle est une rotonde dans le pourtour dç laquelle sont pratiquées seize niches contenant chacune Un siège de marbre et deux tuyaux dont Tun devait servir pour Feau chaude et Tautre pour l'eau froide ; mais depuis plusieurs années 011 eu a fait murer l'entrée. C'est agir sagement , car à quoi bon laisser paraître des monumens qui feraient rougir les architectes de notre siècle.

Cependant on conserve dans une salle de l*hôtel*déville une belle pièce de mosaïque et le fameux bas-

relief de raccouchement de Léda; ce dernier morceaoi laérite sa réputation, '

La ville d^Aix avait antrefoir une cour d'amour qui se distinguait sur toutes les autres par les moyens de €OBciiiatîoQ que les juges employaient pour pacicifier les parties. Ils trouvaient moins agréables de prononcer des sentences que de faire des amis et des heureux. Les dames du pays se diq»utaîeat à l'envi Ja gloire de défendre Tinnocence et de la faire triompher de ses persécuteurs. *

L'hôtel-de-ville, qui est digne de la capitale de la Pro?ence , renferme une bibliothèque plus riche que celle dé Marseille ; un seul don lui valut quatre^vingt mille volumes.

L'université de droit de la ville d'Aix fut établie par le pape Alexandre Y , ce qui attira en cette ville les principales lumières de province.

L'ancienne ville d'Aix est assez irréguUèrement bâtie. Ou y voit des restes de façades de construction romaine. La nouvelle ville a ses rues bien percées; le cours est la principale place qu'on y voit ; elle est superbe et nouvellement plantée. £lle est entourée de beaux hôtels qui en font le cadre le plus élégant possible. Il est à regretter qu'elle soit traversée par la grande route. Comme elle n'est point pavée , il arrive qu'en hiver elle est couverte d'un ))Ourbier qui empêche les com- .munications , et en été, la grande poussière qui s'en élève au moindre vent va suffoquer les personnes jusque dans leurs appartemeus.

•La ville d'Aix est très^bieu liahiu!e , surtout pen<* danl l'kiver , aussi la sociélé y «st-elle exceUente el Stmi polie ; poor ainsi diae, hd laflet de la ca|Hlaki; ks dames surtout y brillent par leur esprit et leur aima* ble gaSté. Ua tien de la popdalâoii y vil de ses revenns. En été, les familles riebesse disséminent dans la campagne et laissent leurs vastes maisons sous la surveillance d'un simple gardien.

Au faubourg Saint-Jean, il y a une fort belle caserne pour ime place qui n'est pas militaire ; eUe ne date que de i ']5o.

Le territoire d'Aix est fort aride, quoiqu'il touche à la rivière de TAr qui le traverse en partie, là en serait autrement, si la ville eût entretenu les acqueducs qui lui amenaient les eaux de la traconade de Joncques ainsi que celles de Saint-Antonin. La terre est une marne calcaire blanchâtre , d une nature crayeuse et , par conséquent , peu propre à la culture. Cependant on y récolte du vin , peu de blé, quelques amandes et trèspeu d'huile. Les pâturages d'hiver y sont très-recher* chés, aussi la vie animale y est meilleure qu'à Marseille^

Les carrières gypseuses du territoire d'Aix offrent dans le calenre marneux une quantité abondante d'hélisses terrestres et fluviatlles , et d'empreintes dé poisson d'eau douçe. Lntre 1^ piatrières et la ville est un beau calcaire nlicieux grisâtre , d'un grain très-fin et brillant , renfermant beaucoup d'ossemens pétrifiés qu'on avait pris pour des anthropolites, mais qu'on a enfin reconnu appartenir à des ruminans.

Cette sorte de brèche osseuse ne se montre pas audessus du sol. Ou y trouve également des eiupremtes de palmiers, de joncs , de papyrus , de roseaux , de fougères, etc.

Le voisinage de Marseille nuit beaucoup. an commerce de la ville d'Aix. Cependant elle pourrait devenir iadustriclle ; ce qui le prouve, c est qu'elle pos-* sède des filatures de coton > des fabriques de toile et de drap , des teintureries, des imprimeries en toile. Ëile pourrait avoir encore d'autres fabriques qui se» raient pour elle une source de richesses*

La ville d'Aix est aujourd'hui le chef-lieu de laçadëmie d'AJx» ayant dans son ressort les départemens du Yar , des Bouches-du-Rhône , des Basses-Alpes et de ia Corse , le siège d'une sou&-pré£ecture du département des Bouche^u-Rbône; elle a une cour royale, un tribunal de première instance , un cour d'asjsises , un tribunal de commerce^ un archevêché , une école de droit, une chambre de manufacture. Son commerce consiste principalement en vin y huile d'olives » amandes , ean-de-vie , laines , drap , soirie ; elle a quatre foires dans l'année ; celle du i o février dure trois jours ; celle de la veille de la fête-Diieu dure huit jours ; celles du 24 septembre et du 5 décemjt>re durent 5 jours ; tous les jeudis il y a marché pour les bêtes à laine. La ville est traversée par la route de Paris à Antibes et par celle de Marseille aux Alpes ; elle est à doo lieues de poste de Paris. Pop* a5>ooo h. . Les commmies du ressort des deux justices de paix

de celte vîHe iont , Aîx, Ep:iiîllc»s, Saint-Marc de Jaumegarde , Meyreuii , ThuloDct, Yauvenargues al ^i quelle»

De&criptioo de la procession de la Fête-Dieu.

Trois grands personnages jouent leur rôledansceUe procession ; ce sont le prince d' Amour ^ le roi de ta Bazoche, et l'Abbat ou l'abbé de la jeifiesse. Le premier était pris dans le corps de la noblesse » le second dans celui dn barreau , et le trolnème dans cetoides métiers.

Le i^rmce d'amour , drôlement costumé , était le principal offieier des jeux. En cette qualité , pendant toute l'année, il siégeait au conseil de la ville après les . consuls et y avait voix délibératire. Mais comme cette charge était pour lui trop dispendieuse ^ il fut remplacé par un autre perscmnage connu sous le nom de lieutenant do prince d'amour, à qui on accordait une indemnité de mille francs» le droit de pelote et l'entrée gratuite au spectacle ; sa suite était composée d'un porte-enseigne, àx bâtonniers, des tron^ttes, . violons , tambours , etc.

Le roi de ia bazoche, aussi drôlement costumé que le prince d'amour^ et ayant en sus le cordon bleu et la décoration du Saint-Esprit, était précédé de son cortège qui était le plus nombreux et le f4us magnifique; i* c'était le premier bâtonuier suivi d une compagnie de mousquetaires ; un second bâtonnier suivi du capitaine des gardes , du connétable , de Tamiral , du grand-mailre « du chevalier d'honneur et d'une corn-

pagnre de gardes è casques ; 5* le troisième bâtonnier et sa compagnie de mousquetaires ^ le guidon du roi» le lieutenant du roi» les symphonies et les juges;

4* enfin , le roi de la bazoclie entre deux gardes du parlipment » et suivi d'une troupe de jeunes gens invités par lut.

L'abbatj tenant un bouquet à la main , était accompagné de deux abbés et d'une grande suite de parens et d'amis. Il était précédé de dix oCSciers , un guidon 9 un porte enseigne , un lieutenant d'abbé et six bâtonniers qui commandaient les compagnies de fusiliers attachés à l'abbadie , pour exécuter les décharges de mousqueterie. Uabbat avait aussi voix délibérative au conseil et fouissait d'un droit de pelote.

La veille de la Fête-Dieu , vers les neuf heures du soir 9 les bâtonniers de l'abbadie et de la basoche parcouraient la ville accompagnés de Bfines et de tambours. Dans leurs dillci entes stations, les bâtonniers simulaient un combat à la lance, et saluaient les diH mes en finissant chaque pas d'armes i ce jeu tonf che* valeresque s'appelait la Passado. '

Une heure après , le grand cortège dn gwst se met* tait en ordre. La marche était ouverte parla renommée à cheval y sonnant de la trompette ; un groupe de chevaliers lui servait de cortège.

Ensuite venaient deux personnages grotesques , montés sur des ânes» entourés d'animaux et escortés d'nne foule d'enfans qui les poursuivaient avec de^ huées.

Après c était Momus'avec ses grelots, Mercure poi^

tant les aîles et le caducée , la Nuit en robe noire parsemée d étoiles , et tenant à la main des pavots.

La mythologie était tout-i^coiip interrompue par le groupe des Rascassetos , composé de quatre individus ayant ponr tout ornement deux poitrails de mulets ; une têtière couTrait la tète de trois d enlr'eux , et armés , Tua d W peigne , l'autre d'une brosse , et le troisième dW forfe , sorte de ciseaux dont on tond les betes, ils entouraient le qualrioiuo affublé d'une grande perruque, et fesaient sem^blant de le peigner, le brosser et de le tondre.

Le jeu du chat venait ensuite. Un Israélite tenait une perche surmontée d'un veau en bois doré ; trois autres Hébreux , dont l'un tenait un chat à la main , se prosternaient devant l'idole; Moïse arrivait, portant les tables de la loi; Aaron , revêtu de ses habits pontificaux , cherchait à calmer le courroux de Moïse.

La mythologie reparaissait; Pluton et Proserpine précédaient le groupe des petits diables qui voulaient s'emparer d'une âme ûgurée par un ^eune enfant Têtu de blanc et à demi-nu; cet enfant se tenait fortement à une croix qu'un ange lui présentait ; les diables, ne pouvant enlever tarmetto (l'âme), épuisaient leur rage sur lange qui recevait des coups sur ua coussin placé entre les deux aîles.

Les grands diables, au nombre de douze, arrivaient entourant Hérode ; un homme vôtu en femme , dont le costume parodiait la mode du jour, se tenait à cùt4

d'Ucrode et le brossait ; on l'appelait la diablessej mais elle représentait réellement Hérodiade 9 car, dans Icvigine, elle figurait dans un autre groupe où se trou- ?ait saint Jean-Baptiste 9 et qui a été supprimé.

Neptune et Amphitritc venaient ensuite , accompagnés d'une troupe de Faunes et de Dryades dansant au son dn tambourin. Le dieu des bergers paraissait à cheval, poursuivant la nymphe Syrinx <juij pour indiquer sa métamorphose » portait un roseau à la main; Bacchus était assis sur un tonneau , la coupe d'une main et le thyrse de lautre; Mars et Minerve, Apollon et Diane tenninaientle groupe mythologique*

Il était suivi du spectacle de la reine de Saba, qui n'est autre chose qu'une carricature ; trois suivantes, un danseur et un tambourin formaient toute sa suite ; chaque fois que la reine s'arrêtait, le danseur, tenant en main une cpce dont la pointe supportait un petit château garni de cinq girouettes » exécutait une dans» à l'imilatioa des baladins de l'Iudc ; la reine, les mains fcur les hanches, suivait les mouvemens du danseur et lui rendait ses sduts avec une gravité affectée ; les suivantes clôturaient le jeu en exécutant aussi une danse.

Saturne et Cybèle paraissaient à cheval avec les at« tributs que la fable leur donne ; ils étaient suivis par doux troupes de danseurs ; après venait le grand char de rOlympe portant Jupiter et Junon; Vénus et Cupidon présidaient aux jeux , aux ris et aux plaisirs ; la marche était i'ermée parles trois Parques qui étaient là pour rappeler que la mort termine tout; ainsi finist»ait le ^tÀ€t.

Le lendemain, jour de la Fête-Dieu, vers les dix heures du matin , la procession était précédée des groupes.de la veille, qui avaieat trait à lancien et au nouveau testament ; il en paraissait aussi de nouveaux

que nous allons faire connaître.

Les tirassounsm C était la scène du massacre des Innocens ; Hérode présidait lui-même à l'exécution ; il était escorté d'un tambourin^ d'un porte-enseigne et d'un lusiiier qui, au signe donné, fesait une décharge; «pielques enfans , vêtus d'une seule chemise de toile écrue , tumbaienl à terre et se vautraient dans la pous-> sière; Moïse, à ce spectacle, montrait au roi sanguinaire les taUes de la loi.

• La belle ( toile. . Les trois mages allant à Bethléem, précédés d*un ange portant une étoile flamboyante au bout d'un loni; bâton ; trois pages, chargés de présens , suivaient les mages.

Les apôtres. Leur costume était oriental, et chacun d'eux portait un symbole propre à le faire reconnaître ; leur divin maître était avec eux , et marchait recueilli et comme accablé sous le poids de la croix.

Saint Cliriatopke. Un homme très-fort , caché sous un squelette énorme, à longue barbe blanche , et dont les bras étaient étendus en croix , portait sur une des mains un enfant Jésus de carton.

Les chevaux-'frus^ Ces chevaux étaient de carton; un trou placé sur le dos permettait au cavalier d'y passer jusqu'à la ceinture où il fixait la carcasse du cheval avec» de^ cordons ; le cheval était caparaçonné de

inanière que le bas de rhomme en était caché ^ c'était le cavalier qui portait le cberal ; 0 tenait delà

a^ain gauche la bride , et de la droite une épée; cet escadron était guidé par un coureur, un héraut et un arlequin quis évertuaient à faire des sauts et des gambades; les cavaliers exécutaient au son des tambourins diverses manœuvres d'équitation , en fesant imiter à leurs chevaux tous les mouvemens naturels du cheval.

La Mort. Les feux qui précédaient la procession étaient terminés , comme ceux du guetj, parla Mort ; mais elle avait déposé les attributs mythologiques pour se montrer dans toute sa laideur«

Silut que les jeux étaient terminés , c est-à-dire , vers les quatre heures du soir , la procession sortait de la cathédrale ; ce qnî la distinguait et la rendait plus imposante , c'étaient les trois cortèges du prince d'amour^ du roi de la bazache et de Vabbadie qui venaient y clalor toute la pompe de leurs riches costumes, et y exécuter des décharges de mousquete-^ rie ; c'étaient les corps de métiers et les corporations avec leurs bannières et leurs drapeaux; c étaient les autorités Civiles et militaires et un nombreux clergé , au milieu d'une foule immense arrivée de tous les points de la Provence et provinces voisines.

Cette cérémonie , qui a paru ridicule à quelquesuns , ne doit t'tre considérée que comme la fidèle expression des mœurs du temps , comme un mystère muet où tous les objets se dessinent aipec leurs, véri* tables couleurs.

La marche du guct^ qui se fesait la veille et dans la nuit , était un mélange de sujets tirés de la fable et de la bible. Ce nèlange n'était pas fait sans dessein ; il se rapportait à ces temps où le paganisme triomphait partout , excepté jdans la Judée , où la vérité ne se montrait qu'à demi , mais dans l'attente d'un triomphe prochain; c'est pourquoi tout<^sles divinités païennes étaient rassemblées ; mais leur marche était souvent interrompue par des personnages tii^s de l'ancien testament ; c'était là le premier acte des mystères.

Le lendemain, le polythéisme ne se montrait plus ; les personnages de l'ancien testament reparaissaient et étaient suivis par ceux du nouveau , qui ne figuraient d'abord que les scènes les plus mémorables de la naissance du Messie; mais le mystère de la Rédemption était bientôt caractérisé par le groupe des apôtres et de leur divin maître prêt à accomplir les prophéties ; c était le second acte.

Enfin tous ces jeux aUégoriques ayant cessé , la religion chrétiennesemontraittriomphante et dans toute sa pompe ; c'était là le troisième et dernier acte des mystères.

ALAMONT£. Position ancienne désigné^ par Titinéraire d'Antonin , sur la route de Sisteron k Gap , qui n'était pas la mOme d'aujourd'hui. On a coikservc ce nom dans celui de Mouestier d'Alamont, sur le bord de la Durance, à 5 lieues et demi de Sisteron ; ce lieu portait, en xigo, le nom de CdstrumrALanwtUU. On

iissure que c est la même position que celle d'Alarante, dont il est (ait mention dans la table théodosienne..

ALARÀ]NT£. Vcyez Alamonte.

ALAUMUM. Les Iiistoriens ne sont pas d'accord sur la position d'Alaonium ; cependant» d après l'itinéraire d'Antonin , il est à prusamer elle était à Aulun » dans le territoire de Lurs.

ALB£RTAS. Yiilageà 2, lieues d'Aix. Voyez^wî,.

ALBICI ou, Albiccei. Peuplade celto-lygienne qui avait pour capitale Albbgï. Plusieurs écrÎTains modernes , voulant donner de la célébrité aux lieux qui avoisinent Marseille , ont fait nombre de conjectures pour placer ce peuple au plan d'Anps, sur la montagne de la Saiute-Baume ou dans la campagne d*Aubagne» ou à Aubagne même ; mais les preuves les plus convaincantes attestent qu'il occupait Albiosc près de Riez. Cependant on peut croire avec vraisemblance que quel* ques AVblci , après que Marseille eût étë soumise par César, pour ne pas retourner dans leur pays qui était trè»-pauvre , s'établirent aux environs de Marseille , principalement à Peynîer , mais ils se trouvèrent confondus avec les habitans de la contrée*

ALBIOSC y anciennement Albege. Village du canto^i de Ries , à une lieue du Verdon et 1 5 lieues de Digne (i]asses-AIpes).Ce village appartenait aux Albici, nation celto-lygienne dont parle César. Le climat y est tempéré \ le territoire produit du blé , des léguines^t du

vîn peu recherché. Le pays n'oflVa d'aulre iudustrio celle de ragricuiture. fop. 190 hab.

jLLCOr^IS. Ancienne position qui se trouvait entre Heraetea eaccabaria et Pampaniana , .c'est-à-dUre, entre Saint-Tropez et les îles d Ilyères. Je crois cju'Alconis se trouvait au même lieu où est le port de Cavalaire. Voyez ce moL

ALEIN9 AUignum ou Castrum akniù Yillage du canton d'Eyguières, près de laroute de France, à lol, d'Arles (Bouches-du-Rhône), dans une plaine fertile et sous un climat tempéré. Le territoire , naturel* lenient sec et stérile, doit sa fcrlililc aux eaux du caual de Craponne ; il produit du grain , du foin et du chanvre ; les mûriers y viennent très-bien. Les ha- Litans, au nombre de 1^200^ sonthons^ laborieux e( d'une grande vivacité.

ALLAUCH, AUa*jdium. Ville à 5 lieues de Marveille» son chef-lieu de canton. Ce fut ia première co* lonie marseillaise. Le climat y est sain et tempéré ; le roaëstral y iait ressentir sa violeuee ; les habitanssont vifs, laborieux et ont le génie commerçant; les femmes surtout vont presque tous les jours à Marseille vendre leurs denrées. Le terroir^sec et aride, produit beaucoup de vin, de l'huile , du blé et despoires. Il y a des mines de gypse blanc, gris et rouge ^ beaucoup de craie et quel*ques indices de mine de fer ; on n'y boit en été que de l'eau de puits et de citernes. L ancien lieu se trouvait sur^ une hauteur et était défendu par des mu-

1 ailles et des tours dont on Yoit encore les ruines* Pop. ^yioo hab.

ÂLL£MAGJN£ » A Uemania , A iia mania et ji Uema*

nhm^ Village da canton de Riez 9 à 1 4 lieues de Digne

( Basses-AIpcs ) , au bord de la petite rivière de Colostre 9 à 1 extrémité dune plaine inégale, longue et irès-étroîte y au pied d'une colline du haut de laquelle roulent , en temps d orage , des torrens d eau qui menacent d emporter le Tillage. Ils trarersent la principale rue et y déposent beaucoup de gravier et de cailloux.

Allemagne a été un lieu considérable. Les eaux stag«

nantes de la rivière , les grands défricheinens et» plus encore, tes effets désastreux des guerres civiles se plurent à dépeupler ce village. Le seigneur du lieu, un des chefe du parti des réligionnaires, fut assiégé dans son château par le baron de Vins. Lesdiguières vint exprès du Dauphiné pour secourir le seigneur d Ailemagne qui était son parent. Un combat meurtrier eut lîeu entre les Bazats et les Carcistes; onze gentilshommes, quarante oiliciers , six cents soldats périrent dans cette journée; de Vins fut complètement battu > jnais le baron d'Allemagne y perdit la vie.

Dç sa^es précautions ont rendu ce village plus salu* brc. Des bourgeois de Riez ne dédaignent pas d'aller passer la saison descbdieurs dans leurs campagnes près d'Allemagne, et de respirer lair à toute heure du joui*. Le territoire produit des ti uilc^ , dc5 uoh , du blc ,

du fonorage , dea légumes et surtout du Tin exqub. Le TÎUage n'anonce pas être dans une grande aisance ;

un. grand nombre de maisons sont délabrées. Il y a peu d'années qu'une trombe d*air enleva la toiture de plusieurs habitations , déracina des arbres et emporta un gros noyer avec toutes ses branches à une grande distance du lieu où il avait été arraché* Pop. 700 hab.

ALLONS , Pagus A llonsensis ^ Allontium, Village du canton d'Annot, à 8 lieues de Castellane , dans une vallée très-froide en hiver» car il y tombe beaucoup de neige. Les montagnes soat couvertes de bois de hêtre ; la source de la fontaine du roi arrose une par^ lie de la plaine qui produit du blé et du foin. Pop. fy]2 hab.

ALLOSou Aixozi Alhstrttnu Petite ville, chef-lieu de canton pour son territoire seulement, à 6 lieues de Barcelonnette. Elle était la capitale des Gallitae , peuple celto-lygîen. Il est fait mention d'Ailos dans le^ trophées d'Auguste. On prétend que Gharlemagne fit bâtir l'ancienne paroisse qui se trouve à environ deux cents pas en-dessous de la ville qui subsistera encore long-temps ^ malgré le peu de soin et de res« pect qu'on a pour cet ancien odiilce. On trouve «1core des restes de fortes murailles et de deux forts dont l'un est à l'est et l'autre à l'ouest de l'endroit.

Allos faisait partie de la vallée de Barcelonnette ; la

Fottx^ laBauQielle et Boucher sont les trois principaux

hameaux du territoire. Un grand nombre de ruisseaux

arrosent la campagne ; les priacipaut sont , Auriac , Anchay , Boucher , Ghancelaye, Roubions, Tapié et Takebière* Le cKmat est trèfr-froid ; le sol fertile ; les montagnes, couvertes de gazon> nourrissent en é te une grande quantité d» bétail Tenant des environs d'Arles ; elles produisent beaucoup de plantes médicinales fort estimées et des framboises excellentes. On y voit beaucoup de chamoix » des chèms sauvages » des barta- TeII(\s et même des faisans ; on y trouve aussi du cristal de roche.

Dans le territoire d'AIIos, et anV>mmet de la haute montagne du Laus, est un lac qui a près d uue lieue de circonférence » et à certains endroits plus de trente pieds de profondeur. 11 donne naissance au ruisseau du Chadoulainet fournit beaucoup de truites excellen* tes et bien saumonées; on y en a pris qui pesaient^us* qu'à cinquante, soixante et quatre-vingt livres l'une ; peniiant l'hiver , on les pêche en brisant la glace qui est à la superficie. Plusieurs auteurs ont avancé que ce lac donnait naissance au Yerdon , preuve certaine qu'ils n'ont pas visité ce lieu » car la source du Yerdon se trouve à deux lieues du lac.

Le bois est abondant, mais il n'y a que le mélèze qui soit propre à la menuiserie ; on s'en sert également pour la charpente des maisons qui sont toutes couvertes de paille. Les habitans, au nombre de i ,4 ^ 0, sont naturellement vifs et emportés, mais l'éducation

Corrige facilement lem^ caractère.

ALPES. Montagnes qui séparenit la France de l'Italie ; eUes scpareat également I4 Provence des étaU du roi de Sardaîgne* Les anciens appelaient Alpes maritimes cette chaîne de montagnes qui sëtend depuis la Durance, près d'Emhran et Briançon , jusqa'à la mer, près de Cimiez et Nice. Les principaux animaux que cette montagne renferme sont l'aigle royal, le vautoor, la marmotte , le chamoix, la cbè?re sauvage et le loup gris.

ALP£S (Basses). On a donné ce nom à nn dé« parlement compris dans l'ancienne Provenee. Il forme cinq arrondissemens ; Digne est le chef-lieu; Barcelonnette , Castellane , Sisteron et Forcalquier sont les sous-préfectures. Sa population est d environ ij50)000 habitans.

ALPINES. On donne le nom d'Alpines à tontes les montagnes et fortes élévations qui se trouvent dans Tancienne Provence , sur la rive droite de la. Dnrance prise dans son ancien lit» de sorte que ton-*

les les hauteurs qui se trouvent entre Orgon, la Crau* d'Arles et le Abône font partie des Alpines»

AMIRAT, Amiratum, Village du canton de Saint- Auban» à i5 lieues de Grasse ( Yar) , sous un climat pur et tempéré, et formé des hameaux Amirat , Barlet , Maupenq et Ubac. La belle source du Barlet jointe à jcelle de Creissonnière arrose les prairies et les jardins. Le pays avait aulicfois l>ea\jcoup de vignes ;

m y recueille des fruits excellens. Les habitani , an nombre de i4o» sont d'un caractère ardent

AMPUS, Amputare. Village à 3 lieues de Dra^ guîgnaa (Var) 9 son chef-lieu de canton » sur Tanciennc voie romaine qui conduisait de Fréjus à Riez, le nom Amputare kd vient de ce que les Romain^ avaient établi en ce lieu un hôpital pour y soigner les soldats blessés. Le village est sur une élévation terminée par un précipice. Le territoire est d une étendue considérable et produit beaucoup de blé et des truffes excellentes; il y a une belle carrière de marbre qu'on exploite avec succès. Pop. 1,300 hab.

C'est dans le territoire d'Ampus que se trouvait Antea ou Anteiiy capitale des Suelteri. Quoique les historiens modernes n'aient pu déterminer sur quel point du territoire était cette ancienne position , je Fai reconnue moi*mème au lieu où se trouve le ha-^ meau de VAntier , par corruption Lenlier; voyez ce qull en est dit à l'article Dkagcignan.

Le duc de Savoie , forcé de quitter la Provence 9 vint camper avec son armée dans le hameau de Lagne. En 1 745 , une partie de Tannée espagnole , qui se rendait en Piémont, y campa aussi. Ce quartier est giboyeux f mais il a aussi des vipères en quantité.

Au quartier dé |Reynier se' trouvent encore plu* sieurs restes de retranchemens qui paraissent être de conMruction romaine , un village ruiné ainsi qu'une j)iirlic d'un château fort où sont encore nombie de ttiCUi'trières de différentes largeurs^

ÀNASTASIE (Saints) .Village du canton de la R(h qaebniMaime, à 3 lieues de Brignoles (Yar). La par* lie da territoire que la rivière de Niasole arrose dans la plaine, produit du blé 9 du vin , de l'huile, dufoia et des haricots blancs excellens. Pop. 56o hab.

ANATUilA. Cette ville» dont Pline fait mention ,

était près de Ferabouchure du Rhône, en-dessous d'Arles» et était la capitale des Anatilii. Les alluvions du fleuve en ont couvert les fondemens.

ANATILII. Peuple celto-lygien qui occupait la rive gauche du Ahône près de son embouchure , et qui avait Anatilia pour capitale. Gela étant» ce pays n'appartenait pa^ aux Saliens » comme le prétendent plusieurs écrivains du siècle.

ANDIOL (Saint). Tillage du canton d*Orgon , sur la route d'Avignon, à 5 lieues d'Arles. Le climat est le même que celui d'Orgon» mais le sol est plus fertilew . Pop. ^5o hab.

ANDON, Andùntm, Village du canton de Saint-Aoban » à g lieues de Grasse (Yar)» et près la source du Loup. L'ancien village était sur une élévation au cou* chant du territoire ; il fut brûlé de même que celui do Torèno. Vers le milieu du siècle dernier , on com* mença à bâtir la nouvelle commune. La température est à-peu-près comme celle de Séianon. Dans le territoire»«on trouve des forêts de pins d'une énorme grosseur; un trouve ^é;^ de pasâ»c-pavtout asses

long jpoar les couper en billots ; on a essayé de faire flotter les moins épais sor le Loup , mais ce traTail est fort pénible et très-coûlenx. Pop. 270 hab.

A^DRÉ (Saint). Bourg, chef-lieu de canton , à 4 1. de Castellane, sur la rive droite du Yerdon. Le pays abonde eh fourrages et en fruits à pépias; il s^yfait un commerce de laine ; il y a même une mécanique mue par l'eau» pour carder et filer la laine ; on y élève beaucoup de menu bétail qu'on garde tout riii* Ter malgré les neiges.

6 abit'jdndré est ainssi le nom d*un hameau dans le territoire de Marseille*

AINGÉS. Petit village à 4 lignes de Forcalquiei^ (Basses-Alpes). Le climat et les productions sont les mêmes qu'aux environs. Pop. 6g hab.

K^GLES, ^ngnli. Village du canton de Saint-André, à 4 lieues de Gastellane. Il fesait partie des terres baussenques. Pop. 282 hab.

ANNOT, j4nnotia,'BouT^, chef-lieu de canton, à 10 lieues de Gastellane et à une lieue de la rive droite du Yar, sur la petite rivière de Taire. On y voit des oliviers , des vignes et beaucoup de châtaigniers dont le fruit est très-petit ; il y a des £Ed>riques de draps communs; le climat est un des plus doux des environs. Pop. 1,097 hab.

Au quartier dit vers-la-vîlle , on a découvert, à différentes repri$e$ , des tombeaux t^ès-ancicus. G e^t près

de là que se trouvait la ville primitive qui a dû être couverte par les éboulemens de la monlagne, et no« tamment par des roches qûi s'en sont détachées. La plupart de ces roches sont percées d'une cpiantité de trous carrés, et disposés de manière à fair^ juger lement qu'ils ont servi d'appui aux poutres d'une multitude de maisons qui y étaient adossées.

A environ une lieue d'Annot» et sur la route d'£atrevaux , se trouve une grotte, dite de Saint-BenoU f elle est fort cuikuse, non seulement par sa vaste éten« due et par les stalactites qu'on j voit , mais par les ossemeus humains qu'on découvre dans les enfoncemens les moins accessibles. On présume avec vraisemblance que ces ossemens sont ceux des Gelto-Lygiens do, pays qui, pour avoir fait cause commune avec les Oxîbiens, les Déciates» les Suelteri et plusieurs autres peuples contre les Romains , furent, par ordre de Ful« vius, poursuivis jusque dans les bois et dans les cavernes où on les fit périr par les flammes. On découvre encore dans la grotte Saint-Benoît des parties de chaihon qui semblent provenir du cooibuslible qu'on employa pour exécuter cet ordre inhumain ^c'est-ledire^ pour étouffer les malheureux qui , pour se soustraire à leuis ennemis ^.s'étaientcachés dans cet enfoncement.

AiNSOUIS, anciennement Castrum de Amoims , actuellement Amomium. Yillage du canton de Pertuîs, à 7 lieues d'Apt (Yaucluse), et à une lieue

d§; la Dui'^Qce , daui» une \dUée d<^s plu$ agréables de

la Provence , ce qui loi attira de bonne heure d«i habîtans ; les mines d'un château toti ancien en sont une preuve certaine. Le ciimaty est tempéré, mais les hiveM y sont plus froids que dans la partie moyenne de la Provence. Les habitans, au nombre de 996 , y jouissent de la santé et y sont tous dans l'aisance.

Le sol, partie sabloneux et partie argileux, donne des productions excellentes ; les plus recherchées sont les navets , les melons , les prunes et les cérises. On y fait le commerce des céréales et des truffes des en* virons. Les fossiles sont trè&-fréq^uens dans le territoire ; on y trouve une petite source d'eau bitumineuse et froide dont le peuple, pour se purger, va en boire jusqu'à soixante verres dans une matinée. Cette «au sort d'un trou creusé en forme de puits sur une élévation ; on la désigne dans le pays sous le nom é!aigo blanco.

AMTEA ou Antkis. F oyez Aiipus.

Antea est aussi une caranque avec plage, entre Agay et la NapouUe. Du temps des guerres continentales , les Anglais y vont quelquefois faire aigade. C'est près de là que l'on croit que les premiers Marseillais jetèrent les fondemens ^AlhenopolU* Ce ne fut peut- •être qu'un commencement de ville ou même qu'un temple dédié à Pallas.

ANTIBES, AntipoUs, Ville maritime et militaire, chef-lieu de canton , à G lieues de Grasse ( Var). Soi| ancien nom dérive d'un mot grec qui signifie vis^vU,

é t opposé» En efl'et , elle est située en face de Nice » mais en deçà du Var ; elle fut fondée par les pre<« miers Marseillais qui la gouvemèrenl jusqu'à ce qu'elle fftt tombée au pouvoir des Romains» Ces derniers en firent une ville latine , Tagrandirent , Tembdlirent de plusieurs monumens remarquables, à rexception d'un amphithéâtre. Il y avait une école d'utriculaires , où' l'on apprenait à naviguer sur des outres enflées» Un acqueduc conduisait au cirque les eaux de Fonvieilie , source qui se trouve sur le chemin de Biot; ce canal «st encore en assez bon état. Les eaux de là fen-taine de Bouillie ^ à deux lieues d'Ântibcs , sur la route de Grasse , venaient alimenter les fontaines et les bains publics»

Antibes avait un théâtre qui se trouvait à l'endroit où il y a le parc de Fartillerie^ On y trouve encore quelques marches ancrenues Un jeune enfant nommé iSeptentrio, âgé de 12 ans, mourut pour avoir dansé pendantileoxjours de suite snrcetiiéâtreypour amuser et s attirer les applaudissemens des AntipoHtains. Une tnsoription romaine mppofte ce fait On est fondé à croire, par une autre inscription qu^on y voit encore, que quelque fktteur avait fait élever en cette ville un monument au fameux cheval fioristhène tendrement aSectionné de l'empereur Adrien.

La ville d'Antibes devint opulente par son commerce* Elle rivalisait avantageusement avec plusieurs autres plus importantes ; mais l'invasion des Sarrasins et des pirates j les incursions des peuples du nord,

les diil^reos sièges qu'elle essuya , Grent disparaître son commerce el ses habitons* Cependant elle en con* serva assez pour être laprincipale ville de la contrée, et elljs eut des princes et des seigneurs particuliers. Les monumens ftureit détruits et enserelis sous les terres. De temps eu temps on découvre de belles pièces d'architecture, des pierres d'inscription, des tombeaux, des mosaïques , des médailles de bronze du Bas-£mpire, etc. La paroisse d'aujourd'hui se trouve au même emplacement où il y avait autrefois un temple (iodié ù Diane, qui était la même que celle d'Éphèse et de Marseille , k laquelle on avait consacré toutes les forêts du littoral. A dVté de cette église sont deux hautes tours qu'on croit avoir été bâties deux cents ans avant J. C. ; ce sont ces deux pièces seulement qui attestent l'ancienneté du lieu. s

Dans cette église , ainsi que dans {dusieurs autres de la Provence , on y célébrait dans un temps la fftte des Fous , sorte de saturnale qui avait lieu le jour de • Noël ou le jour de l'Épiphanie Le peuple s*y montrait avec toute l'indécence possible , chacun se piquant d'employer le moyen le plus.extravagant et le plus propre à changer le temple de Dieu en une maison de scandale et de dissolution.

Chez les pères franciscains » également à Antibea » on célébrait la fête des Innocensde la même manière que la populace célèbre aujourd'hui le carême pre* nant dans les rues d'un village ou dans les carrefour^ d'une ville. Ucureusemeut pour la rehgion ,

toutes ces scènes ridicules et scandaleuses ne se renou- Tellent plus ; elles furent introduhefl pendant les siè-.

des d'ignorance , des siècles plus éclaires les ont fait disparaître*

Le territoire d'Antibes n'est pas fort étendu , mais il est très-bien cultivé ; toute la campagne n'est que jardins, vignes et vergers; lesc^vîersy sont très-beaux et leurs huâes excellentes ; les figues sont préférables

à celles de Grasse ; les vins sont assez estimés ; les melons, tous les fruits, les légumes et les blés méritent la préférence qu'on leur donne ; le tabac de ce pays est bon et rend considérablement à ceux qui le cultivent ; les orangers , les jasmins d'Espagne , les tubéreuses, les roses et autres fleurs fourni^ssont aux fabriques de parfumeries et des eaux de senteur du pays. Ije séjour d*Antîbes serait on ne peut plus agréa* ble , si la ville offrait un peu plus d'amusement à la ^ société, et surtout si Ton n'y était pas comme en prison.

Le territoire d'Antibes oflire de la brèche de i\ice, de Narbonne , de Gibraltar, et principalement de celle dite d'Antibes qui est toute osseuse ; il est étonnant qu'on n'ait jamais découvert de squelette qui put constater à quels genres d'animaux ces ossemens appartenaient. La campagne offre plusieurs coulées volcaniques. La principale est celle de l'étang de Yaugrenier, à environ cent mètres du bord de la mer, où , pendant l'hiver, on va à la chasse des canards, sarcelles, macreuses et autres aaimaux aquatîtjues. Ce creux n'est

autre those qae le cratère d'un volcau éteint On en trouve sur tout le littoral^ depuis le Yar jusqu'en delà Toulon.

La belle résistance que les habitans d'Antibes opposèrent à l'armée autrichienne, en 181 5, valut à cette ville le titre honorable de bonne ville du royaume. Une colonne au milieu de la place attestera long* temps la bravoure et la fidélité des Antibois. La ville ^st défendue par un fort sur le bord de la mer , et par des remparts et des bastions solides et imposans ; mais elle est malheureusement dominée y et il faudrait plusieurs autres forteresses pour la rendre inabordable du côté de la terre; le fort Carré la défend assez du côté de la mer. Le port n'est propre que pour les petits bâtimens du cabotage.

Il y a à Antibes une justice de paix , un tribunal de commerce et de prud'hommes, 4 foires dans l'année, savoir : le 24 janvier , le 20 juin , le 20 août et le 18 novembre. Pop* 5,âoo hab.

Les communes du ressort de la justice de paix de cette ville sont , Antibes^ Biot et Yalauris.

ANTONIN (Saint). Village du canton de Tretz , à a lieues d'Aix et au midi du mont Sainte-Yictoire. Les

soldats de Marius s'y étaient retranchés. Ou y voit encore les reslesde racqueducque lesRomains y avaient constrait pour conduire les eaux du lieu en la ville d'Aix. Le climat est -doux et sain. Pop. â3Shab.

APÏ* Yiiie des plus anciennes de la Provence ;

elle était capitale des Vulgientes, peuple eelto-lygien. On croit qu'elle s'appelait HaU Les premières phi» langes romaines ' qai pénétrèrent dans le pays dé* truisirent celle ville ; mais Jules-Ct^sar la fit reconstruire et lui donna son nom : jâptOr^uUa'FuigierUei. L'empereur Auguste affectionna égalementcette ville; aussi , après sa mort , on lui éleva un temple dans Âpt» faitquî^est attesté par plusieurs inscriptions. Le temple wrmt un certain nombre de prêtresses spécialement occupées à brûler des parfums et à chanter des hymnea en l'honneur de cet empereur. Il parait que ces prêtresses avaient le droit de se marier ; une ins» criplion trouvée à Apt annonce qu'une liiie nommée Yénonia Ifaximilla fit élever un monument aux dieux mânes en mémoire de sa mère ^ prêtrçsse du temple d'Auguste.

Les Romains embellirent cette ville à-peu-près de la

même manière que tant d'autres où Ton avait établi des colonies ; mais elle n'eut point d'amphithéâtre qui n'étaient réservés que pourlesviUeadu premier ordre. Sous Trajan, Apta Ju/i'a jouissait d'un droit italique auquel diverses prérogatives étaient attachées. On ne sait point de quel empereur elle l'avait reçu.

Au commencement du i â*"* siècle , on trouva à Apt trois statues qui furent transportées à Versailles ; les deux plus grandes sont d'un bon travail et dignes de figurer dans- un muséum. Le monument le plus singulier qu'on ait trouvé en cette ville , c'est une table d« maibre noii-, sur laqucile^se trouve gravée l'épiUn-

phè Al faméai cheral Boristhène que ranperenr Adrien affectionnait à tel point , qu'il lui fit ériger un tombeau et une colonne sur laquelle il fit gra*-

ver une épitaphe de sa composition. Le voyage d'Adrien en Provence , l'an 120 de J. C. , a fait croire à quelques-uns que cet empereur, passant par Apt , eut le malheur d'y voir mourir son cheval , et que c'est là qu'il lui fit élever un monument ; mais comme on n'a jamais découvert le tombeau ni la colonne , la généralité a pensé qu'un contemporain de cet empereur , voulant lui faire sa cour , imita sa folie en fesànt élever un cénotaphe en l'honneur du ciieval impérial*

Lors de la décadence de l'empire romain , la ville d'Apt essuya diverses révolutioas qui lui ûrent perdre une partie de son ancien lustre. Les Sarrasins vinrent ensuite comme on réparait la ville, et ils la ravagèrent de iiouvea!U..Ge ne fut que vers la fin du 10* siècle que ses malheurs cessèrent, et quelle parvint à se relever à-peu-près de ses ruines. Ce n'est guère que de cette époque : que date la cave souterraine qu'on voit dans l'église cathédrale , où l'on trouve diverses pierres gravées de plusieurs figures , et qui avaient vraisemblablement servi à quelque temple des dieux du paganisme. Mais cette particularité doit-elle foire penser que la cave sacrée a été construite avant l'ère chrétienne? non, certes, car ces pitures sont disposées sans ordre 9 placées cà et là au hasard, ce qu'on neùt point fiiit dans un temple consacré aux dieux.

En 1662 , du temps des guerres de rellj^ion , la ville d'Aptfut assiégée par le baron des Adrets. Les habitans lui opposèrent une résistance héroique, mais- ils anraient été infailliblement forcés de se rendre , si le comte de Sommérive ne fût prcoDliptement venu à leor secours.

Les gens d Apt croient communément que sainte Anne vint finir ses jours dans cette ville qui, tous les ans, en célèbre la fêle. La reine, mère de Louis XIV, en 1 623 9 fit écrire à l'évêque de cette ville pour qu on pria la sainte dintereéder pour qu'elle eût bientôt un dauphin. La fête de sainte Anne étant un jour de foire pour ce pqrs, est cause que la plupart des Pro« vençaux ne connaissent cette ville que sous le nom deSantana d'Apt^ ce qui ^Hgm^Q Sainte- A une d^ApU La ville d'Apt n'est pas bien grande ; elle est en-^ tourée de vieilles murailles mais très-solides. Son éloignement de la mer» des grandes rivières et des principales routes est cause qu'elle n'a pu étendre son commerce ni s'attirer une grande réputation. Elle n'en est pas pour cela plus malbeureuse ^ au contraire » se» existénce> depuis le départ des barbares, a été des plus paisibles et des plus heureuses. Les babitans ont des mœurs et ne s'exposent que rarement à être repris de la justice.

On fabrique à Apt des bougies très-eslimées , de la conBture très-recherchée , des étoffes de laine

et de coton , des chapeaux , de Tean-de-vie, et surtout de la poterie qui jouit d'une grande réputation.

Les environs offrent toutes les matières premi&refr pour cette dernière fabrication ; de bonnes argiles ronges 9 de blanches et de Titrifiables serrant à la faieace , d'autres argiles plus compactes propres à la fabrication des eauxrrfortes qu'on y distille égaleiaent» Les coteaux situés à l'est fournissent un saMon fin léger qui rend les argiles plus fusibles dans les fabrîqnes de fiûenoe ; il relève rëaiail de leur oawerlure.

En creusant dans les terres des environs d'Apt, oor trouve plusieurs autres productions précieuses et eurieuses ; tantôt » c'est une ocre supérieure à toutes celles qu'on connaît ailleurs; tantôt, ce sont des py« rites qui annoncent des minerais et des fossiles ; tantpty ce sont des pétrifications de plusieurs objets diÛé-^ rens; ici, ce sont plusieurs sortes de coquflhgesy principalement des cornes d'Amon , qui sont minera^ Usées avec le cuivre et le fer % là» ce sont des poissons plats tels que la dorade , la soie et autres à demîpétri&és et très-bien conservés jusqu'aux nageoires ; ailleurs , ce sont des carrières de gypse enrichies de cristaux sélénitiques , et quelquefois des pierres spé^ culaires i toutes cas curiosités sent oonnnes depuis long-temps.

On trouve également aux environs d'Apt beaucoup de silex très^fin dont on se sert pour la ftibricatiou des pierres de fusil ; celles qui proviennent des fabriques d'Apt sont fort estimées ; elles sont ordinalment claires , transparentes , sans tâche et de couleur

frore. Heureuse est la ville qui excelle dans son in-* dnstrie; il est hors de doute» qu'arec la probité et Ta* juour du travail , elle ne parvienne à la fortune.

La ville d'Apt est trèft-iroideeahiTeret très-chaude en été , à cause de sa situation dans une longue ralléè entourée de coteaux dominés par des mootagues nues du côté du nord » et couTertes de neige une partie de l'année. Les amphithéâtres sont complantés de vignes et d'oliviers et embellis par plusieurs maisons de campagne agréables ; la plaine » en outre des terres à blé , offre des prairies et beaucoup de mûriers pour la nourriture des yers-À-soie. Le pays est assex bien habité; on y trouve des familles honnêtes qui vivent de leurs • revenus. Leur société est agréable et instructive ; les personnes qui la composent ont plus d'acquit que de présomption , plus de modestie que d orgueil ; c'est ce qui fait que le séjour d'Apt ne peut qu'être agréable à celui qui veut vivre loin du moude, quoique dans la société des hommes.

La ville d'Apt n'a plus sonévèché ; elle est nft cheflieu d'arrondissement du déparlement de Vaucluse , sur le Calavon, à lââ lieues de Paris; eUe a quatre foires dans l'année,' celles de Sain1>-Clair, de Sainte» Luce 9 de Quasimodo et de Ste-rAone. Pop. 5^727 hab.

ARALUCI, Aralucis , nom qui signifie ^ de la banière. Tous les historiens modernes ont donné à tort le nom A^AralticU au village de Mandelieu. On

pense avec plus de vraisemblance que ce village s'ap-

peluît Àd iMeum , et que AralueU désignait la grotte de la Sainte-Baame sur le revers de la montagne de r£st^el»4laoôtédeiamer. En effet , U semble que les raywt du soleil passant par une ouvertore qui se trouve encore au haut de la voûte, dardaient sur ua point intérieur de la gprotte où il pankit qu'ancienne* ment il y avait un autel; on croit reconnaître encore remplacement du trépied où le grand prêtre rendait ses CM'acleft.

ARAUS. Voyez Orange.

ARBOIS. Montagne qui se trouve entre la Penne et Trébillane, près Aubagne. On y trouve les ruines de deux églises fort anciennes, ce qui annonce que celte hauteur était habitée. Nous savons que des barbares venus de la Celtique lyonnaise secoururent les premiers Marseillais et s'établirent ensuite sur le littoral, depuis Marseille jusqu'au Yar. N'allons pas croire 9 comme certains auteurs modernes, qtié 'é^ Albici Isoient venus se placer au milieu d'un peuple qui leur était étranger et même ennemi ; pensons plutôt que la montagne d'Arbois n'a été oeéufiëé qàè par des soldats de Beliovèse. -

ARCHAIL on Archal, JrchaUo. Village à 3 lieues

de Digne , son chef-lieu d'arrondissement et de canton. Climat froid, sol de mauvaise qualité, ne produisant que du blé ; deux torrens arrosent le territoire.'

Pop. ijO hab.

ARCHE (L'), et par corruption Larche , Archîa, Âacieime ville du canton de Saint-Paul » à 5 lieues et demi de Baroelonnette et à s lieues de rArgentjère y village du Piémont , pays des Oratelli , peuple celto* lygîen» que les auteurs anciens s'accordent à placer près des Nëmenturi. Il y avait autrefois un fort carré dont on voit encore quelques restes. C'est au lac de la Magdelaine et à celui de Lausagni que se forme le point de partage des eaux de la Provence et de celles du Piémont ; les premières donnent naissance à TU* bayette» et les secondes vont grossir le Pô qui asott embouchure dans la mer Adriatique.

La montagne de l'Arche» dont le sommet est à dySso mètres au-dessus de la mer , présente une Ion* gue plaine couverte de prairies. Dans le mois de juillet qui est son printemps » on admire la beauté des fleurs de cette prairie et la vivacité de leurs couleurs , on respire avec un égal plaisir leur doux parfum, on y recueille toutessortes de plantes médicinalesinfiniment préférables à celles de tous les autres lieux de la Provence. On est ûappé d etoxmement, àla vuede limmensité de pays que Ton découvre du haut de cette nlontagne, depuis les hautes Alpeset la Savoie jusqu'à la mer. Les botanistes ne manquent pas de visiter cette montagne dans la belle saison. Le pays jest si frmd ea faiver^ que les habitans , au nombre de ^ôo , descendent dans les cUmats tempérés pour y vivre de leur travail.

Les plantes les plus remarquables par l'éclat de leurs couleurs ou par la suavité de leur parfum ^ qui se trou-

Tcnt sur les montagnes pastorales de la vallce de Barcelonnette ét notamment sur la montagne de l'Arche sont 9 le lys bulbîfère » le lysmaitagon, le lys pampon, la fritillaire mélcagre, le panicaut des Alpes, le sabot de Vénus « lëpilobe en é[n, l'aconit Napel» Taconit paniculé^raconit anthora» le troUius d'Europe, le ci-» clamem d'Europe , Fancholie vulgaire , les ancholiea visqueuse et alpine de Linné , l'asphodèle rameux de Xînnë, la violette à éperon, la violette à grandes fleurs, la violette jaune, la tulipe sauvage, la daphné» le pied d'alouette élevé, etc. , etc. ; tontes ces fleurs pourraient être cultivées dans les jardins.

11 ne pourrait pas en être de môme du plus grand nombre de fleurs qui viennent naturellement dans oettc région froide , et paimi lesquelles nous citerons particulièrement l'orchis noir qui répand une forte odeur de vanille, l'orchis odorant , l'orchis canopsea , les primevères, les saxifrages, les androsaces et une infinité d'autres qui, au printemps de ces pays, charment la vue et pénètrent les sens,

ARCS (Les) , Coêirum de Areubm. Village du can- • ton de Lorgnes, à 2 lieues et demi de Draguignan et à une demi-lieue de la rive gauche de la rivière d'Argen&» La plupart croient que le nom de ce village vient d'une fabrique d arcs^et de flôclies établie par les Romains. On croit qu'un gratnhkUfice qui est hors la ville et qui sert maintenant d'usine, fut cette mèmefabrique établie pai' le peupic-roi. Ua connaisseur ue^saurait couveoir

que ce soit là une constnictioii romainey tout au ph» si elle est du douzième ou quinzième siècle. D^autres

pensent que le nom de cette commune provient de plusieurs arcs enMtisse que les Romains y aTaient construits , on ne sait trop pour quel objet. On y en voit encore quelques-uns vers la partie haute du village ;* je pense que ces arcs sont les restes d'un retranche* ment romain qui fut fait lorsque les armées d'Antoine et de Lepidus étaient en présence sûr les deux rives du Flumcm Argcntum. Ce retranchement a dû être construit par Antoine qui se trouvait sur la rive gauche; ' Lépidus en avait également construit un sur la rive droite et dans le territoire de Yidauban.

Le village des Arcs est bâti en amphithéâtre » sans ordre et sans goût, à une belle exposition au midi; les rues sont sales et étroites ; les eaux des fontaines, prin^^ cipalement celle dite àaSaùuzé, sont fort bonnes et arrosent, de concert avec une autre belle source , une grande partie de la campagne qui produit abondam^ ment du vin , de llmile, du foin , du blé , des haricots et surtout des melons très-estimés. Il y avait, en 1 d 1 4 9une fabrique de sucre de betteraves et de sucre de raisin , mais cet établissement tomba à la paix conti-^ nentale. On trouve encore dans le pays des fabriques d'eau-de-vie et une filature pour la soie,, Population 2,5oo hab. ; foire , le 29 août.

On Toit, à Tealdu village, près la forêt des Maures', une fontaine d eau ferrugineuse qui dépose une sort© de terre jaune ocracée. Au kver du solçil, on y voit

sur leau surnager une sorte de crème lëgère dont les couleurs approchent de cellesde Tan^eii-ciel. L'alkali phlogistique en précipite un peu de bleu de prosse, le reste n'est qu'une chaux de fer qui rend cette eau un peil minérale et dont on pourrait se ser* vir dans le besoin*

AB.ËLATE. f^oyezJimLS.

ARGEMS, jirgeniium* Village du canton de Sainte André , à 7 lieues de Castellane et sur la riye droite

du Yerdon, .Climat assez froid; les personnes y vieillissent rarement ; les habitans, au nombre de 2669 y sont laborieux et savent tous lire et t'erire. La seule industrie est Tagriculture ; le sol est mauvais , aussi produit-il. peu de blé et quelques herbes potagères.

AllGENS ou Argent , Amnis Argenieus ou flumenê Arginîum* Rivière qui partage presque le département du Var. Sa principale source se trouve dans le territoire de Seiiion. Elle reçoit , près de Châteauvert^ les eaux de Barjob, Varages et Ollières^ et forment ensemble une petite rivière qui devient considérable en recevant celles de Caulon, Carami , Nissole» Braque 9 Floryeille, Aye» Martubie « Endres » Foumel. Elle arrose principalement les territoires de Correns, Montforty Carcès^ Lorgnes» Yidauban, les Arcs, le Muy 9 Roquebrune , le Pugetet Fréjus , et va se jeter dans la mer à une lieue de celle dernière ville, après un cours de âo lieues. Elle est flottable depuis le

pont qui se trouve sur la grande route, et sert à transporter les billots et les planches provenant des scierieft. du Mtty.

Le nom d'Argens fut donné à cette rivière à cause d« la limpidité de ses eaux qoî, près da pontj sont presque toujours d'an éclat argentin.

La rivière d'Argens offre des cataractes près de la chapeUe Saint-Michel, entre Vidauban etle Thoionet; la riW^ se précipite du haut d'an rocher trè&-élevé dans des goulires très-profonds , et leau disparait entièrement pour aller ressortir à un quart de lieoe environ ; ces cataractes sont une belle horreur qui mérite d'être vue. Un paysan eut le malheur de sy laisser entraîner par Tean en présence de plusieursper^ sonnes ; le fil de Teau le conduisit à l'endroit qui ' avait le plus de profondeur » et comme il ne frappa sur aueon rocher, il revint bientôt ao-dessos de Teau écumante. Il appela du secours pendant long-temps» mais le grand bruit fit que personne ne put l'entendre ; d'ailleurs , on le croyait mort , et les spectateurs s'empressèrent de fuir un lieu qui leur avait donné une scène si déplorable. Ils frirent porter cette fâcheuse nouvelle à Yidauban , pays du malheureux noyé.

Cet infortuné ne s'étant fait aucun mal» attendit jusqu^au lendemain pomr voir si l'on viendrait le secourir. Mais ne voyant arriver personne pour lui jeter des cordeaafin de le retirer de ce gouffre , pressé par le froid et par la faim , il se résigne à k mort. N'étant pas aise de souffiiir loug-temps» il«e précipite eu pion-

géant au fond des eaux et en se dîrigeauit du côté OÙ elles fuyaient ; la force du courant le poussa avec une rapidité surprenante et fut le jeter sur le sable à une petite distance en dessous de l'endroit où la rivière repardt Un laboureur » en allant abreuver ses boeufr, l'aperçoit, lui prodigue ses soins et le conduit à Vicbuiban, m moment même où sa famille lui fesait cendre les honneurs funèbres.

C'est sur les rives de l'Argens , entre Yidauban et les Arcs» et en face du Forum Véconu , que les ar« mécs d'Antoine et de Lépidus furent quelque temps en présence.

Les alluvions de TArgens ont formé la vaste plaine

entre Roquebrune , le Puget et Fréjus , qui , dans le principe n'était qu'un golfe. Vers le milieu du siècle dernier, en creusant un puits près d'une grande ferme sur la rive gauche de la rivière et presque en face de Roquebrune 9 le terrain s'éboula« ties eflbndreurs d'abord efii^ayés descendirent jusqu'au fond et trou-* yèrent une maisonnette avec plusieurs ustensiles de ménage fort anciens.

Les différentes couches de terrain vuesdans cetébou* lement sont très-marquées; tantôt , on dîstingge le schiste micacé des hauteurs de la Garde-Freinet ; tan* tôt» on reconnaît le calcaire graveleux ou argileux» ou ferrugineux des collines au nord; tantôt, enfin, on peut se convaincre que les terres de grès de la région de TEstérel ont aussi contribué à combler ce vaste golfe pour, en faire un des gicuiers du département du Yar.

( 65 ) ARIS. Vojez Si60N<3.

AKLëS. Quelques auteurs modernes ont Sût remonter l'origine decetteville à la plus haute antiquité.

Plusieurs ont voulu la rendre la capitale des Salieiis^ et ont assuré que Protis, un des chefe de lapremière colonie phocéenne qui vint en Provence , alla en ce lieu demander au roi Nanus ou Comaauâ la permiâsion de fonder une ville sur la côte de ses états. Pline dit que les Anatilîi habitaient vers l'embouchure du Khône, et, à cette époque, la mer était très-rapprochée du lieu où se trouve Arles. Mul auteur ancien n'a fait mention de rexistence de cette ville avant la fondation de Marseille. Nous savons que la bourgade qui servait de chef-lieu aux Salions était la capitale de tous les peuples alliés aux Saliens. Une capitale oà se tenaient les assemblées générales de la na- • tion devait occuper un point central, et non pas être tout-4-fait à lextrémité , et sépaiée des autres bourgades par des déserts » par des marais impénétrables » et surtout par une grande rivière difficile à traverser, telle que celle de la Durancc , qui , dans le principe, au lieu d'aller se jeter dans le Rhône , passait d'abord d'Orgon à Lamanon , entrait dans la Crau et se jetait dans la mer , près de Foz-les-Martigues; et ensuite d'Orgon passait par Saint^Gabriel , les Baux, et resserrait le territoire d'Arles entre elle et le Rhône.

La ville d'Arles n'a pas eusté avant César. Les Anatilîi ont pu fttre alliés des Saliens ; m^is ils ne con-

aiaissaieulpas l'art de construire (lesmai4K>iis^ quoique leur chef-Jièu s'appelAt Anaiilia, Lorsque Scipion fol à la poursuite d'Annibal ^ ce général roAimn passa aa lieu où se trouve la TÎlle d'Arles ; et Polybe, historien de cette goerre, ne parle nulle part qu'il y existftt des traces d une habitation. Marius même , lorsqu'il divisa les eaux du Rhône dans le canal qu'il fit creuser à une très-f etîte dislance du lieu oh Arles fut bâti, n'aurait pas manqué de la connaître : il se serait fait un devoir de la préserver de l'attaque des barbares. Les barbares eux-mêmes, qui passèrent le Rhône sur ce point, auraient saccagé cette ville>si elle eûtréeUement existé*

César est le prcânier auteur qui fasse mention d'Ar» les , non comme une ville , mais comme un lieu propre à la construction des galères. U nomma ce lieu A relate, qui signifie large plaine. Il ne dît pas que les babitans furent employés à la construction de douze galères destinées contre Marseille , mais qall envoya des ouvriers pris dans ses légions , et qu ensuite , après avoir jugé de l'importance du lieu, il envi^a le questeur Tîbérius avec une colonie pour s'y établir. Voilà donc la véritable origine de la ville d'Arles.

Cette Tille 9 par sa position , deyint bientôt l'entre* pôt des Marseillais et des peuples de l'intérieur. L'ap-t ' pas du gain y attira un grand nombre de familles remaniés et gauloises. Les unes bâtirent Tarascon et Avignon sur le bord du Ahône ; les autres Gavailion. sur le bord de laDurance. Les revers qu'éprouva Marseille attirèrent tout le commerce à Arles, et cette

ville devint si peuplée» si riche » si florissiiite) tpie \t grand Constantin l'aflecUonna vivement , lui donna

son nom: Nobiie totius Gaiiiœ imperium, l'orna d'uu grand nombre de beaux édifices et y établit sa résidence. Ce fut cet empereur qui défendit les jeux de Tarène; il y substitua les courses d'hommes et de che- Tauxy la joûte » les sauts 9 décernant des prix à ceux qui s'y distinguaient. Il permit la fête des Maios ; c était une suite des fêtes du paganisme» enl'honneur de la déesse Haia. Le premier jour de inai-y une fille richement parée était placée sous un dais» ses amies demandaient poliment aux passans quelijûe pièce de monnaie pour acheter une bague , un collier ou une écharpe à la Maio. Cet usage subsiste encore dans cpielques communes » mais on n'expose que des filles jeunes, el cette fêle n*est considérée que comme un jeu d enfant.

A cette époque » la ville d'Arles se trouvait divisée

en deux parties ; celle sur la rive gauche du Rhône était la ville de Constantin* Cet empereur y fit bâtir le château de la Troulle qui fut long-temps la demeure des souverains. Il fit reconstruire les murailles qui tombaient de vétusté» et convoqua lui-même en cette ville le premier concile où l'on condamna les erreurs des ^ovatiens. La partie sur la rive droite <lu fieuve s'appelait lavilledeSaint-Géniez» en mémoire du martyre de ce saint. Cette dernière subsiste encore en pe» tite partie » et c'est le faubourg de Trinquetaille qui , naguère > communiquait à la ville par un pont d<[ bar

teaux , et actunUement pai* un joli pont en iii-de4ér« Le haut rang que cette Tille occupait dans l'empire était soutenu par une grande magnificence. Peu de villes pouvaient, à cette époque, offirir de si beaux édi« fices et de si grands monumens. Plusieurs empereurs se plurent à i embellir. Parmi ce&yastes édifices, quelques-uns offrent encore de beaux .restes ; mais le plus grand nombre est disparu ou va bientôt di^frraître.

Après avoir été pendant six siècles sous la domination des Romains , la ville d'Arles tomba au pouvoir des Gotbs y et passa successivement par la force des armes sous le joug de plusieurs maîtres ; lesSarasins détruisirent un grand nombre d édifices publics et brûlèrent la ville de Saint^Géniez.

Saint 'Trophime, archevêque d'Arles, fut le premier qui apporta les lumières de l'évangile en cette ville. Ses descendans les communiquèrent aux villes de Tarascon , Avignon, Apt, Vienne, etc. , ce qui valut à 1 église d'Arles la suprématie sur celles des autres villes de la Gaule. Cette gloire lui fut injustement disputée par celle de Vienne, et cette contestation faillit occasionner une grande effusion de sang. Un grand nombre de conciles se sont tenus en Provence , principalement dans la ville d'Arles , et leurs décisions obtenaient toujours l'approbation du souverain pontîlé. - I^a ville d'Ariesaeu un grand nombre de rois. L'empereur d'Occident prétendait avoir la suzeraineté de ee royaume ; mais ni lui, ni ceux à qui i} donna cette

couronne ne sont parvenus à la posséder. Richard* Cceor-deJiion» roi d'Angleterre» à qui l'empereur avait donné le litre de roi d'Arles pour le défrayer de la tyrauaie qu'il avait exercée sur lui , voyant ijue ce titre n'était que chimérique , ne remplit pas la moindre démarche pour se faire reconnaître par les Provençaux.

• Il serait trop long de détailler tous les événemens mémorables qui sont arrivés à Arles. Il suffit de dire que cette ville fut réunie à la France en même temps que le reste de la Provence ; mais qu'elle est bien déchue de son ancienne grandeur! Sa population^ qui n'est aujourd'hui que d'environ 19,000 âmes , annonce une ruine prochaine , à moins qu on ne parvienne à dessécher les marais qui Tavoisinent , ou qu'on n'y dirige une eau coulante propre à les assainir ; ce qui ne serait ni bien difficile , ni fort dispendieux» en déviant les eaux de la Durance prises à Rognonas.

Dans ses premières années , la ville d'Arles a cultivé les sciences et les arts. 11 y eut une académie où Ton enseignait les langues latine ol grecque ; aussi parlait-on daus cette ville avec la même pureté qu à Aome et à Athènes. Plusieurs inscriptions nous ont transmis que les femmes mêmes rivalisaient avec les hommes dans ces études.

Au commencement du 1 7* »ècle 9 il s'était établi en cette vUle une sorte de société littéraire qui fut d Sabord une image de *la cour d'amour, mais qu'on érigea bientôt en une académie dont l'éniulation lui lit

des envieux. Malheureusement on y admit des Jeun".'; gens ; la fougue de leur jeunesse » leur incoustance et . leur légèreté firent tomber cette société sans qu'on ait jamais pu la pcljever, malgré les efforts de piusieurs savans du pays. Cependant la ville offî*e encore assex de personnes instruites pour qu'il soit possible de faire renaître cet établissement qui y serait d autaat plus plus utile 9 qu'Arles n'offire aujourd'hui presque aueiHi agrément aux habitaos aisés. Ce serait^ d ailleurs, pour ce pays où» comme dans le reste de la Provence, le bas peuple est encore fort arriéré sous le rapport de la civilisation , un foyer d'où jailliraient bientôt les lumières si nécessaires aux progrès de l'agriculture et; des arts.

L'église cathédrale d'Aries est d'une haute antiquité; le portail, bâti au i S* siècle, est le chef-d'œuvre

de rarchitecture de ce temps ; il représente la tentatioti de la première femme, la naissance de J« C. , le jugementdernier et saint Michel pesant lésâmes ; on y voit aussi des scènes 'de la vie agrcuste. L'intérieur de cette église est fort vaste et décoré d'assez bons tableaux; la petite nef fait le. tour même du sanctuaire»

Dans l'église Sainte-Anne, toute délabrée, se trouvent un grand nombre de sarcophages dont quelquesuns sont assez curieux, un autel dédié à la bonne déesse , des 1 )as-reliefs dont l'un représente les heures, le fameux Mithras , le groupe de Médée prêt à égorger ses enfans. On y trouve aussi un grand nombre de

cjppes, d'auteb yoUfs, etc. Les priactpales pièces oot été enleyées et transportées à Paris.

L'amphithéâtre qui, naguère^ était, jdans soniatérieur » encombré d We multitude de petites maisons qui le cachaient , est aujourd'hui mis à découvert. On n a plus besoin de monter sur le toit de ces maiions pour mesurer de Toeil l'étendue d'un édifice qui t dû être magnifique. Il paraît qu'il était plus vaste et d'un meilleur goût que celui de Mimes, Hais malheureusement il a été victime de la rage et du génié des-> tructif des peuples barbares qui ont occupé longtemps la yille d'Arles. Le premier étage de cet amphithéâtre était en pilastres d ordre dorique , le second étage était en colonnes d'ordre corinthien; la colonie de gauche de la porte du midi conserve encore son chapiteau pour en servir de preuve ; on voit les restes de plusieurs gradins. Il j avait quatre portes d entrée, mais il nVxiste plus que celle du nord qui , quoique sans ornemeut, est très-belle et d'une forme majestueuse ; elle introduisait dans Tanène par un corridor dNme construction ingénieuse et- magnifique. Sous cette même porte est le passage d'un étage souterrain qui est la partie la plus curieuse de tout Tamphithéâtre. Un homme de l'art jugerait facilement qu'il aurait été impossible au temps de détruire un pareil édifice.

Dans le 8* siècle , cet amphithéâtre fut changé en forteresse ; on éleva des tours sur les portes d'entrée , mais leur construction est bien différente de celle qui leur sert de base.

Non loin de cet édifice , et du côté du midi , on

trouve les restes du théâtre; deux colonnes qui décoraient la 8cèn§ existent encore dans la petite cour de l'ancienne maison de la miséricorde ; elles sont de brcche d'Afrique avec bases , chapiteaux et entablement de marbre blanc. Quoique ces colonnes aient été dégradées par quelques accidens inconnus, et qu on n'en ait pas tous les soins qu'elles méritent , elles ioal l'admiration des connaisseurs.

Le cirque se trouvait sur le bord du Rhône. Il j avaitun obélisque d'un granit de TËstérel qui fut transporté , en 1676 9 sur la place du Marché. C'est le seul monolithe de granit qui peut-être ait été exécuté hors de rÉgypte ; cet obélisque a en tout 62 pieds d*élé« Tatîôn.

C'est quelquefois sur cette place qu'a lieu le combat c<mtre les taureaux pri» dans llle delà Camargue. On établit une enceinte circulaire en dehors de laquelle sont de^ gradins pour les spectateurs; on lâche un taurêau dans cette arène ; des hommes armés de bâtons l'excitent, le taureau court sur celui qui lepro^ Toque , et au moment où il baisse la tête pour le dosser» l'homme saute lestement par côté et lui assène un coup de bâton sur le muflle ; l'animal s'irrite , entre, en fureur y mais c'est en yain qu'il consume ses forces; d'autres le remplacent et ne sont pas plus heureux; eniin , le plus sauvage et le plus fort , qu on a réservé potur terminer le combat , est introduit avec une grande cocaide de ruban attachée à ses cornes; le prix est

destiné à celui qui pourra enlever cette cocarde. Après des essais long-temps infractueUZy un TÎgoareux athlète se présente. Loin de fuir le terrible aùimal, il court ai? devant de lui y» et , saisissant les cornes > il le renverse sur le dos, ce qui lui donne le teâips d'enlever la cocarde. 11 arrive quolcjucfois que le taureau , poussé à bout y poursuit avec opiniâtreté l'homme qui latta* qofi et lui porte des coups plus ou moins dangereux.

Les Romains avaient un forum près du lieu où est la place Saint-Julien ou place des Hommes ; on en à trouvé des traces dans les caves du quartier. On a cm reconnaître un quadrangulaire vaste et profond, en touré d'une double galerie voûtée, dont une partie soutenait une autre galerie garnie de colonnes et de balustres.

Un ancien acqueduc souterrain traversait le Rhône

et portait à la ville de Saint-Géniez les eaux qui lui étaient nécessaires. Cet acqueduc, quoique moins large et moins haut que la belle route que les Anglais vien« nent de construire sous la Taraise, ne put subsister long-temps. Il fut remplacé par des tuyaux de plomb qui touchaient au fond du fleuve ; il y a peu d'années , on relira un de ces tuyaux parfaitement conservé.

Les alentours de la ville d'Arles seraient charmans dans un pays sain. Les bords du Rhône offrent de grandes troupes d'éphémères sortant des eaux , et tombant presque en même-temps sans vie ; les libcllulines , vulgairement appelées dèmoisclles , y *^oiit également très-nombreuses pendant l'été. 11 y en a

dVine espèce qui ne vivent que deux heures. Pendant ce court espace de temps elles grandissent, saccout|>lenty se reproduisent et meurent. Les deux animaux les plus curieux , selon moi , qui se trouvent aux envi* rons d'Arles, sont le castor de France (lou vibré) , ^ vit dans le« ilôts des embouchures du Rhône, avec à-peu-près les mêmes habitudes et la même intelligence du castor du Canada , et une sorte d'araignée de couleurverte pointillée de jaune, à laquelle on vient de donner le nom de miccromcnata soriccoi" des, parcequ elle produit un ûl épais qu on peut mettre en peloton et employer à certains ouvrages de filature.

Les sauterelles et les criquets prennent naissance dans les pays chauds de la Provence , et principalement à Arles ; ils causent un dommage considérable à Tagriculture. En 161 5 , dans le territoire d'Arles et de ses environs, pins de six mille hectares de champs à blé furent dévastés en peu d'heures par ces insectes malfaisans. L'autorité ordonna une chasse générale, et on recueillit trois cents quintaux de ces insectes et trois mille quintaux de leurs œufs.

Le territoire d'Arles est un des greniers de la Provence ; le blé y donne quelquefois le quarante pour un. Tous les àns , des milliers de moissonneurs y arrivent de toutes pafts et même des pays montagneux pour s'aider à couper les blés. Il e^t rare qu'il n'en meure pas un certain nombre à cause de Tinsalubrité du climat, et la plupart des autres se retirent dans un état

toatadîf tpsi les empêche de tniT«iller de long-tenjps. Le pays d'Ârles recueille aussi beaucoup de fourrage; il pouirait en fournir pour tout le département ; il a

ausM tWs vignes et toutes sortes d'arbres fruitiers, ruais le fruit en provenant n'est guère bon. De nombreux troapeaiix sont nourris pendant rbirer dans la campa* gnc d'Arles, et, pendant l'été, ils sont envoyés daus la haute Provence et dans le haut Dauphiné* * Le costume actuel des femmes d'Arles et de ses environs a été beaucoup modifié ; elles ont quitté le drolet, mais elles portent un justaucorps très-court, d'une étoffe noire, sur un jupon d'une couleur tranchante ; leur eoili'ure est remarquable par un nœud de ruban très-large; elles aiment les dentelles et se parent de riches LijV)ux. Arles est, de tous les pays delà Provence, celui où les femmes apportent le plus de soin , depro* prêté , d'élégance dans leur costume ; mais les hom* mes forment en cela uu contraste qui n'échapc pas à . l'observation des étrangers. Heureusement on en est bientôt défrayé par cet accueil civil et affectueux qu'on rencontre rarement en Provence. Avec quel zèle ils s'empressent de montrer à un étranger les curiosités du pays, lui donnent tous les renseignemens possibles 9 lui offrent leurs services et leur amitié ; ib ne ressemblent point à ces flatteurs qui vous touchent la main et vous trahissent presque ( ii inùme temps. Ce sont des hommes irancs, qui ont le cœm* sur les lèvres^ et qui ne sauraient feindre de l'amitié pour quelqu'un qu'ils ne pourraient souffrir.

Arles est aujourd'hui un chef- lieù d'arrondissement ân départemeiit des Bouchès-da-Rhône , etsous-préfecture ; il y a aussi un tribunal de commerce, mais rarchevèché a été supprimé. Cette ville se trouve à 189 Heues de Paris et a trois foires dans l'année , le ^ 17 janvier, le i4 février durant 8 jours, et le 5 mai durant un jonr. Voyez les mois Crm, Cordes, Camargue et Montmajonr.

. Les communes du ressort des deux justices de paix de cette ville sont Arles, Fontvieille et le Masblanc.

APiTACELLA ou Arctacella. Voyez- Celle.

ARÏIGNOSC, Arlignoscum, Village du canton de Tavernes, à 9 lieues de Brignoles (Yar), sur la rive gauche du Yerdon. L'air y est pur et vif. Le* maladies et les guerres civiles avaient entièrement dépeuplé cette oommune. Il y a près de deux siècles , une colonie génoise et quelques familles espagnoles vinrent s y établir ; aussi le caractère des habitans, au nombre de 5oo , est bFen différent de ceux des communes voisines. La principale production du pays est le blé, qu'on va vendre aux marchés d'Aups et de Barjols.

ARTIGUES, Castrum de Araga j, ensuite Artigos ovLjirtigies* Petit village du canton deRians , à 8 lieues de Brignoles (Var) , au bas d*une colline sur laquelle on trouve les restes de l'ancien village. Sa position au nord fait que le soleil n'y paraît que cinq bu six beurres pendant les petits jours ; aussi l'hiver est rigou-

revoi 9 Vait pur et les maladies rares. Le sol , da du village, est gras et fertile; au cote opposé , il est sec et stérile ; cependant il produit du vin potable et du blé qui est recherché pour la semence. Pop. 260 hab.

AKTUBIË ou Narigbie. Hivière du dépaitemeut du • Yar ; elle prend sa source au territoire de Montferrat , passe à celui de Châteaudouh)le , reçoit ua torrent qui vient d'Ampus , traverse la jolie plaine d« Draguignan où elle prend le nom de Piê , pour reprendre celui d'Artubie ou jNar lubie au commence* ment du territoire de Trans où elle reçoit les eaux de la Poux de i)ragiiignan , et va se fêter dans !' Argens, en delà du village du Muy. On ne doit pas confondre cette rivière avec Arluby.

ARTUBY. Autre rivière qui prend sa soui'ce dans les montagnes près de Séranon , et va se je^ dans le Yerdon , en dessus^d^Iguinea.

ASSANES. Partie de la commune d'Ansouis.

ASS£. Rivière du département des Basses-Alpesy formée par le torrent de Blioux qui passe à Senez , et par le torrent de Clumane. Le nom d'Asse ne convient à cette rivière qne depuis le bas du village de Barrême , quoique certaines personi^es le hii don* nent même à Senez. L'Asse est sujette à des débordémens ; son lit lest mobile et rempli de creux et de cailloux ^ ce qui le rend un peu glissant. Il est dan*^

gcreiix de traverser cette rivière quand elle est un peti forte. Le proverbe du pays dit : La rivière d'Asse ne façonnait i/ue ifui ia passe. Elle se jette^ans la Durance , près d'Oraison»

ASXOIiX, AstoniumouCastrumd'AstoinL Yiliage canton de Turrîm ^ à 9 lieues de Sistermi ; • le climat y est IVoid et sain ; il naît dans le temtoire plusieurs sources ou torrens qui forment la rivière de la Sasse. Les habîtans, au nombre de i53 , ne se livre qu'à l'agriculture.

. ASTAOIMLELA ou MjysraoïiBiA. Ville très-ancienne

et jadis considérable près de l'embouchure de la Duransole , au cap même d'Œil ^ au bord de 1 étang de Saînt-Chamas. Elle fut bâtie au même lieu où se trouvait le niallus des Salions. Ce fut là où Protis , chef des Phocé^s qui fondèrent Marseille , vint obtenir la permission du roi du pays dopt^ il^épousa la fille Gyptis. Ëuric, roi des Yisigoths y détruisit Astromela. Les harbitans prirent la fuite, et au rétablissement de Tordre^ une partie (ut bâtir la yille d'Istres, et l'autre partie celle de Berre. On trouve encore beaucoup de ruines de la ville d'Astromela , surtout en fouillant la terre.

ATHENOPOLIS , Fitk de Minerve. Position romaine qui, selon les apparences, se trouvait sur le bord de la mer , près de la caranque d'Antea , entre

la Napoulle et Agay ( Var), sur la voie auréliennc où l'on a découvert depuis peu une pierre milliairc. Ccr-

faîns auteurs modcraes onl plact^ Âthenopolis même à Agay 9 sans songer que» du temps des Rotnaiios , ce dernier ]i6<a s'appelait Portas Agatonis.

Les Marsellais ont dû fonder Athenopolis dont le nom est tout grec. Us rétablirent misembiablement sur un point où il y avait de l'eau potable , et ce point est près de la caranqueti'Antea; un temple dédié à 1a déesse de la sage»e peut seul avoir donné le nom à cette position.

AYAKTICI. Peuplade ceko-lygienne qui occupait

les environs de Sisteron.

AYATICI. Peuplade celto-lygienne, alliée des Sa* liens. Elle occupait les bords de 1 étang de Berre , de«> puis Saint-Mitre jusqu'à Saint-Chamas. Leurviile chef- Heu s'appelait 9 sous les romains , MiamifA» F ayez

ce mot.

AUBAGME , Alba7iîwi^l0^ chef-li^ de canton, . à 4 lieues deUarseiUe, sur la route de Toulon. Au->

bagne est d'une origine presque inconnue. Quelques auteurs ont cru qu'une colonie ariésienae s'établit dans la plaine d'Aubagne au commencement de Tère chrétienne ; mais deux raisons combattent assez for* tement une pareille idée. La première est que César, eonsidéré comme fondateur d'Arles , s'empara de la Yille d'Aubagne et la joignitau gouvernement d'Arles, et chactui sait que César existait avant l'ère chrétienne; la seconde raison est, cju'au premier siècle de notre

ère» latfite d'Ailes nëtait pas encore assez populeuse

pour envoyer une colonie bâtir sous les murs de Marseille, ville déjà assez puissante, qui n'aurait point per« mis un établissement qui n'avait d'autre bpt que de tenir ses habitans sous le joug des Ilomains.

Quelques historiens modernes ont voulu soutenir quun démembrement des A Ibici, et môme que tous les Albki qui habitaient aux environs de Riez , habî«^ taîent également le plan d'Aups la montagne de la Sainte-Baume, et qu'ils s'étendaient jusqu'à Aubagne où ils rendirent des services à César, et que ce général , par reconnaissance , leur permit de s'établir à Aubagne. Les^ ibici ne pouvaient être en même temps et près de Riez , et près de Marseille . Nous savons que quelques yi^//» tci qui occupaient la campagne d'Abiosc , joints à quelques Yariacens cpii habitaient Yalensoles , s'étaient fait distinguer par leur valeur lors du siège de Marseille. Quelques-uns de ces braves ont pu sëtablir dans enviroi^É|g€tie vOle, principalement à Peynier oinl en exist^^rore une preuve physique ; mais il étaient en si petit nombre , qu'ils se trouvèrent confondus parmi les habitans du pays. Rien n'atteste qu'ils aieut formé un^ établissement particulier.

Le rapport du nom d*j4lbania avec celui d*Albici a yraisemblablenient fait conjecturer que les A Ibici avaient fondé Aubagne, Je préférerais un autre conjeQ* ture bien plus probable. César ayant 'été bien servi par des Albains , soldats de la campagne de Rome , leur distribua des terres aux envMn>ns de Marseille et leur

permit cl*augmeaier une ville qui existait déjà et à laquelle U donna le nom SAIbanUi. Il ne serait pa»

étonuaat que cet empereur eût souiiiis celte ville au gooTemement qu'il avait créé à Arles ; la colonie à' A /• boni a j, jointe aux différentes stations romaines des environs 9 pouvait avoir pour but d'i lre un poste impor* tant contre MarseiQe , en cas qu'elle se brouillât aveo Rome,

Depuis le commencement du. treizième siècle jusque vers la fîri du quinzième, la ville d'Aubagne passa sous la domination de beaucoup de maîtres qui» par leur susceptibilité» leurs vexations et leurs di»>putes avec leurs voisins , principalement avec les Marseillais qui l'ont prise et saccagée plusieurs fois » ont été cause que , pendant près de trois siècles , les habit'ans d'Aubagne ont été leurs victimes. Ayant .constamment les aimes à la main , ils étaient devenus les* meilleurs soldats de la province. Dans le temps de la ligue » étant restés fidèles au parti du roi » ib furent» en 1 589 , assiégés dans leur château par le comte de Garcès i mais celui-ci» après avoir éprouvé la plus vi* goureuso résistance et perdu beaucoup de mond^ » se , retira lionteusemeat. Les babitans» se croyant hors de danger» se livrèrent à leurs occupations domestiqae&| mais, peu de jours après, le baron de Yios, gendre du comte de Carcès, surprit la place et maltraita cruellement ceux qui n'avaient pas pris la fuite* Cela n'empêcha pas que les gens d'Aubaine ne fussent des premiers à proclamer Henri lY » et qu'ils ne contri-

buasseni de toutes leurs forces et déboute leur Lra- Toure àfaire rentrer lesMarseîllaissousi'autoritéroyale.

La ville d'Aubagne est bâtie sur un tertre argileux retooTcrt de poudingue. Du coté de Touest, les maisons sont bai<icnëes par l'Hureaune ; an centre de la ville passe un torrent qui inonde les quartiers ncui's quelquefois jusqu'au premier étage des maisons. Les ruines de l'ancien château paraissent encore au haut de la ville vieille. Le pays possède des tanneries, des papeteries , une vingtaine de iabricpies de poterie , et une fabrique de faïence tiès-ordinaire. Les montagnes présentent des indices de iîer hydraté et des pyrites martiales de couleur faune à reflet mélalliqne ; on y trouve aussi des mines de houille non encore exploitées.

Le territoire d'Aubagne est fort vaste et presque tout en plaine ; il est très-bien cultivé et fournit de l'excellent vin en abondance , du blé , de l'huile , des câpres , des légumes , des plantes potagères, du foin, des fruits des plus belles espèces et des meilleures qua» lités. On porte le tout à Marseille où l'on en tire un parti fort avantageux. C'est ce qui est cause de la grande aisance des habitans qui spnt au nombre d'environ 6,000; aussi sont-ils gais, actiis, spirituels, sociables et passablement heureux. Il y a quatre foires dans Tannée , saTOÎr : le lundi avant la quinzaine de Pâques 9 le jeudi avant la Fête-Dieu » le ai septembre et le 8 décembre.

Les communes du ressort de la justice de paix de

téiie ville sont^ Aubagae , Cuges» Géménos el la Penne»

AUBAN (Saint), autrefois Mont-Aubàn. Village efaef-liea de canton, à iS lieaes de Grasse (Var). Le nom de ce lieu annonce assez qu'il est d'origine romaîne^ Le voisinage du Brîantium fit qu'on distribua cette terre à quelque capitaine nommé Âlhaniu$, nom qu'on francisa {Alban) 9 et qu'on corrompit (Auban ), ce qui fit adopter à ce village saint Auban pour patron , à cause de la ressemblance de nom.

La Clue de Montauban est un, passage qi}i, quoique fort scabreux , est très-curieux à voir. C'est une montagne coupée en deux ; elle est formée par de grandes couches de pierre calcaire , la plupart inclinées à riîorizon. L*Estéron , rivière qui vient du côté de Soleillas , passe au milieu et coule avec plus ou moins de fracas , suivant la profondeur de son lit et 1 apreté des rochers. U est presque impossible à l'œil de l'homme de suivre le cours de cette rivière au fond de ce précipice. Le chemin se trouve à mi-côte sur la rive gauche , taillé dans le roc et couvert, dans une asses longue étendue, parle rocher même ; la vue du précipice et la hauteur des montagnes dont les cimes semblent presque se toucher, rendent ce passage ténébreux et effrayanW C'est la plus belle horreur qu'il y ait en France ; {a Suisse même n'offre rien de si curieux à voir. Le^ neiges qni s'amoncèlent en hiver dans cet espace resserré empêchent d'y pénétrer, et il

y aurait du danger h le tenter pendant cette saison.

rigoureuse ; les glaces y ont quelquefois jusqu'à quatre pieds d épaisseur. Pendant la révolution, les soldats qui passaient par ce chemin se plaisaient à faire tomber les pierres du parapet .dans le précipice , pour jouir du bruit affreux qu elles faisaient dans leurs chûtes , ce qui rendit ce passage encore plus dangereux. Heureusemeni on vient de le réparer ; mais on aurait dû élargir le chemin» en creusant de nouveau dans le roc; par ce moyen, deux bêtes chargées pourraient se rencontrer sans se heurter*

La partie de celle montagne qui se trouve sur la rive droite n'offre qu'un énorme parvis d'un Idiome* tre de longueur sur environ soixante mètres de hau« leur , et qui senil)le s'être séparé de l'autre partie. Vers la mi-hauteur du point le plus. élevé se trouve un trou de la forme d'une porte cochère, à l'entrée duquel on aperçoit de la bâtisse. Jusqu'aujourd'hui personne n'a pu faire une conjecture vraisemblable sur le moyen que des hommes ont pu employer pour parvenir à ce trqu , ni pour deviner le but qu'ils se proposaient en allant bâtir lè; j'ai toujours pensé que quelque seigneur du lieu aurait voulu établir un colombier dans cet enfoncement

Sur le rocher oà se trouve le chemin , était anciennement un village appelé Saijff-Estève, On y découvre encore une face d'une' grande et haute cour carrée garnie de meurtrières. L'habitation était entre la tour et le précipice ; elle était entourée de fortes

Oigitizeci by

murailles » surtout du côté de la tour ; cette hauteur offre quelques simples asses rares.

Dans le territoire de Saint-Auban , il y a une fontaine nommée fomn de Careêtier. ËUe «doune lieu à un préjugé assez drôle ; cette merreillense fontaine ne coule quen temps de disette et de mauvaise récolte » et annonce » dit-on , par sou flux périodique, > que les biens se vendront fort cher ; dans les aiinoes abondantes elle Itarit. On ue sera pas étonné de ce phénomène, lorsqu'onsaura que, dans ce pays, les grandes pluies à la iin du printemps et les orages sont les causes des mauvaises récolles , et que ce ne sont que ces pluies qui peuvent fournir à la fontaine de quoi couler tout Tété. L eau de cette fontaine est plus froide que la glace; il serait daîogereux d'en boire et même d'y tremper ses mains sans précaution.

Le elimat de Saiat->A.uban ést froid et sain ; le sol ?arie à chaque instant ; il y a des forêts de hêtres dont la feuille est employée pour les paillasses, et le bois fournit à la seule industrie du peuple en hiver» qui est la fabrication de cuillers à pois, de fuseaux, degrugeoirSy de coquetiers, de grandes jattes etd'é^ chelettes, sorte de harnais pour les bêtes de sommç. Celte commune a formé un étabUssement qui devrait être adopté dans tous les petits endroits; c'est un bureau de bienfaisance qui , à la fin avril , fournit aux habitans du blé sans intérêt , et aux malades indigons du linge , des couvertures et de l'argent jusqu'à cent cinquante francs. Pop. 65o liub.

Ce village vient de fournir un de ces hommes extraordinaires qui , sans la moindre cultore , ont an génie inné qui se montre en tout ce qu'ils entreprennent. Cet homme s'appelle Libutadd. 11 a inventé plusieurs mécanismes fort ingénieux dont le dernier lui a valu un brevet d'invention et une pension du gouvernement. Croirait-on que cet homme, qui fait honneur au pays qui la vu naître , est méprisé , calomnié» contrarié par ses compatriotes qui devraient lui élever une statue. Ter est le sort de Thomme de talent et de génie que le trop d'attachement à son pays engage à végéter parmi des hommes rustres , grossiers , ingrats et ij^norans, tandis qu'il pourrait vivre heureux et considéré parmi des personnes honnêtes qui savent apprécier le mérite.

Les communes du ressort de la justice de paix de ce lieu sont , Saint-Auban , Aiglun , Amiral, Andon , Briauçonnet, Caille, Colongue, Gars^ le Mas, SaU lagriffon 9 Séranon , et le Yalderoure*

Al BKiN AS 9 A Ibenaciunu ViUage du canton de Reillanne , à 3 lieues et demie de Forçai quier. On y élève l)raucoiip de pourceaux. Le sol produit du blo , des légumes et des fruits. On trouve , au quartier du Plan, un sillon de souITre assez pur. Pop. i ^o hab.

AUBIGNAN , Àubignanum, Bourg du canton de Carpcntras. Ce lieu est devenu célèbre par le siège mémorable que ses habitans soutinrent pendant les gnon os de religion, et parle courage intrépide qu'ils déployèrent en repoussant les protestans. 11 est géné-

ralement reconnu que les habitaos d'Aubignan ne

sontbons quepourlelat militaire. LeurpaiM.ssene leur permet pas de &e livrer à aucun travail ^ eacore moiufi à celui de Fagriculture ; ils sont fort heureux d'ha- .biter un pays fertile cjui , malgré leur iusouciauce , leur fournit de l'huile y du blé et des légumes suffisamment pour vivre; cependant ils élèvent des vers* à-soie qui leur donnent des cocons fort estimés. Au*bignan aurait besoin, d'une colonie d'agriculteurs de Sault , et il changerait bientôt de face. Peut-être qu'alors l'exemple de ces derniers ferait un meilleur effet sur les Auhignanais que toutes les remontrances qui leur ont été faites et qu'on leur fait journellement. Pop. I9730 hab.

kXnSiGtiO^jAlbignatcum, Il conviendrait mieux

qu'on l'appelât Le Binosc, car cest là le vrai nom de ce village qui fait partie du canton et de l'arrondissement de Sisteron dont il est à une lieue et demie , sur la rive droite de la Durance^ avec un hameau nommé Im TorèU Le climat y est beau et froid en hiver , à cause des vents qui y soullleut fréquemment ; l'air y est très-pur , et le sol passablement bon. Un canal de dérivation des eaux du Jabron contribue à le rendre productif; ses principales denrées sont, le blé , l'avoine^ l'épautre , l'orgé et les légumes. Pop, "bt^i hab.

. AUDIBËRGUË. Montagne au nord d'Ëscragnolles, arrondissement de Grasse (Var). On y trouve des

fossilles et même des bélcmnites de plusieurs dimeu*

Oigitized

sions. Ce fut sur cette montagne que tomba la fa-

iiiou.se aérolilhc qui , naguère , se trouvait à Caille ^ et qu'on a transporté à Paris*

1.0 peuple dos onvirons croit que cette •montagne reoteriue une miue de fer trcs«pur. 11 serait à dési* .rer que la chose fût vraie 9 pour «pie les paavres ^ns pn^sont avoir eu hiver une occupation industrielle telle que la fabrication des clous pour souliers dont ont fait une grande consommation dans la haute Pro- Ycuce. Mais je crois que le peuple se trompe , car je n'y ai rencontré 'a^cun indice qui m'assuràt la pré* sence de ce métal,

AUGES. Petit village à 2 lieues de Forcalquîer son chef-lieu d'arrondissement et de canton. Ses productions sont les mêmes que celles des pays environnans. On y élève beaucoup de pourceaux. Pop. 69 hab.

AULUN. Voyez Alaumum.

AUPS ou AuLPS» anciennement Aips, Castrum de

Alpibus ou de Alpes , Villa Alpium, Oppidum de Aipibm* Petite ville chef-lieu de canton» à 6 lieues et demie de Draguîgnan , sur la voie romaine qui con-» duisail de Tréjus à liiez. Aups lut visité par plusieurs Romains illustres et notamment par Jules-César. Ce fut là qu*on montra à ce grand conquérant le premier magistrat du lieu » couvert de bure et s'occu-* pant à labourer la terre » et qu'à cette vue. César répondit qu'il préférerait être le premier citoyen à Aups que le second à Rome.

Oigitizeci by

Dans le territoire d'Aups se troi^vent encore nombre de piem miKaires sur la voie romaine qui de Fréjus • allait à Riez. On y yoit aussi les raines d'nne bftiisse antique qui porte le nom dUnfirmiero 9 preuve que , éa temps des Romains^ il j avait dans ce quartier un hospice militaire , puisqu'il s'y trouvait une inGrmerie. £u fouillant dans les terres , on trouve de temps k antre des tombeaux ou obélisques portant inscription et renfermant des ossemens ou des armes romaines , ainsi que le petit mobilier dont on les garnissait

An-dessus de la ville actnelle et au pied de la montagne , sont les ruines de l'ancienne ville qui tira son nom de sa ritaaticMà au pied de lachaine des Alpes. En 1574? habitans d'Aups furent massacrés par les religionnaires; cela ne les empêcha pas d'être eonstanmient attachés au pàrti catholique et d'être des premiers à reconnaître la légitimité de Henri IV. Pendant le temps des guerres civiles, les habitans de la nouvelle vaille furent se' réfugier dans les ruines de rancienne où ils se mirent en état de repousser tonte attaque.

La ville actuelle se trouve dans la plaine ; ses nies sont fort étroites et très-sales, à cause de la quantité de featunes et des ruisseanz qui s'y trouTent. Les façades des maisons, presque toutes d un goût ancien, sont noires , à cause de l'humidité de l'atmosphère qui procure des brouillards. On y trouve cependant * une belle rue et une asses jolie place devant la paroisse , où l'on a construit depuis peu une fontaine

en marbre du pays qui est veiné roogè. On trMre dans la eaoïpagne une mine de fer en grain et des bancs de aâble quartzeux;

Au commencement de ce siècle , une bande de brigands qui infestait le département» fut attirée par le préfet du Var dans une maison de campagne k vingt minutes de la ville , sur la route de Quinson, Pendant .la nuit \ elle fut cernée par la gendarmerie et quelques soldats; un des brigands, d'accord avec l'autorité f mit feu à une mèche qui tenait à une barrique de poudre placée exprès , et toute la- bande Jut en un instant ensevelie sous les décombres.

On trouve à Aups des tanneries et des fabriques de poterie commune. Le climat est tempéré , Tair sain et vif ; le sol produit beaucoup de blé très-estimé^ d*? l'huile d'olive et du foin' exceUent, Le grand nombre de petiles sources qui se trouvent dans la campagne arrosent les prairies.

Naguère , un torrent qui passe au eouehant dé la ville déborda un jour de foire ^ entra dans la ville et emporta des troupeaux de brebis' ain^ que des hommes qui voulaient tenter de les préserver.

Les jom:^ de foire à Aups sônt^ |a u février , le 25 mars , le 12 mai, le i5 août , le 8 septembre, le .lundi après le 9 octobre , le. ô et le ^ i décembre. Pop. 5^00 hab.

Les communes du ressort de la justice de paix de cette ville sont 9 Aups, Aiguines, Baudinard, Bauduen, les Salles et Vérignon.

AbRËILLE ou Oreil^ f AureUa. Petit village da canton dliyguières » à 6 iîeues d'Arles , bâti depuis environ deux siècles y au pied des collines nommées tes Houpies, Il fut construit sur les ruines d'une ai|tre vîllaire dont on ignore le nom. Les vents et les eaux rendent le pays fort sain ; le sol est aride et ne produit guère que de lliuile. On y nourrit de nombreux troupeaux , et on y élève beaucoup de vers-à-soie ; il y a aussi quelques cardeurs à laine. Le canal de Craponne et l'ancienne voie ànrélienne traversent 4e territoire. On y trouve de temps à autre des vases an« tiques 9 des urnes cinéraires en terre cuite et des tombeaux de brique , signe du séjour des Romains. Je pense avec fondement que c'est en ce lieu que se trouvait la position romaine appelée Teritioê. Pop. 700 hab.

AUllËLy jiureium. Village du canton de Sault» à 9 lieues de Carpentras. Le climat y est froid ; les neiges couvrent quelquefois la campagne pendant tout Thiver. Les habitans profitent de cette saison rigoureuse pour fabriquer des étoffes de laine. Le sol est ingrat et ne produit que du blé .et du foin. La tour du village est un monument fort ancien ; il n y a autrement de curieux que deux gouffres profonds. Pop. $00 hab.

AURENT. Petit village du canton d'Annot , arrondissement de Castellane» d'une population de 125 habitans. C'est dans le territoire d'Aurent que na^t

la Coulome qui arrose quelques terres.

AUIIIA. Voyez AsaïA.

ALTiIAC. l^olit village de 55 babitans^ à 5 lieue» de Brigaoles. F oyez SainivEstàve.

AURIBEAU ou , plutôt ^ Auribel , Auribeltum, on

Ilorrcum beili. Village à 2 lieues de Gra&se son cheflieu de canton. Les auteurs moderpes ne sont pas d'accord sur la position de Yad Iwrrea des Romains. Les nos placent cette position a la ^iapoulle , d'autres à «Cannes et d'autres à Grasse. Les uns et les autres ont été induits en erreur, car Vad Iwrrea véi^onà parfaitement kbiorrcum belli qui est Auribeau» village sur la rhre gauche de la Siagne. César y établît des greniers pour le scirvice des troupes qui allaient dans 1 lulérieur. On voit encore une porte ouvrage des Romains. Il était difficile à un chariot d'y passer , car elle était ' ibrt étroite. Le bon état dans lequel elle se trouve la fait admirer de tous les connaisseurs qui visitent ce lieu.

L'ei^osition d'Auribeau est magnifique. Le village est bâti en amphithéâtre^ au haut de langle d'une éle- ^ vation » et visant au midi. D'un côté on voit le mis* seau de YaucluSe bordé de vignes , de prairies et de closeaux presque tous garnis de plantes potagères ou légumineuses; de l'autre c'est la Siagne dans un fond , omhragée sur dillcrens points par de beaux peupliers. Là rive opposée au village est une des montagnes nues du Thaneron , qui contraste singulièrement avec la partie du terriloii*e d'Auribcau qui n'est

qaune forêt de beaux oliviers. Âu midi est la TalUle par où la Siagne , devenue flottable , passe pour aller

&e rendre dans la plaine de Laval. La mer se nioatre au fond de cette vallée » et , sans lunettes d'approebe, on distingue les bâtimens de Fétat et du commerce ijui vont de Marseille en Italie*

Une voie roihaine qui 9 du pays des Oxibiens, conduisait dans crlui des Ligauniens , suivait la Siagae et passait sous Auribeau qui défendait ce déûlé.

Le village est sous un climat chaud en été et tem« péré en hiver ; il ne possède point d'eau jaillissante , et on est obligé d'avoir recours à l'eau de puits ou à celle de la rivière. La principale denrée du pays est l'huile d ohve qui vaut celle de Grasse ; il est malheureux que les oliviers y soient en grande partie infectés du gallinsrcte qui semble s'être acclimaté dans le pays. Pop. 600 bab.

AURIB£AU ou XvvLmt, Auribellum. Village adossé à la montagne du Léberon , et à n lieues d'Apt son chef-lieu de canton ; climat tempéré. On y a découvert des monumens antiques de toute espèce » et tout prouve que les Romains avaient établi en ce lieu un camp d'observation. Sans avoir besoin de lunettes d'approche, l'œil distingue facilement les vaisseaux à la voile à la distance de douze lieues. On y cultive des mûriers et des arbres fruitiers ; le commerce du pays consiste en plantes potagères que les habitans d'Auribeau portent jpurneliement à Apt. Pop. 1 55 hab.

AURIBEAU ou AuRiBEL, Aurtbellitm. Petit village da caotoo de Tfaoars, à 6 lieues de Digne* Le sql de ce pays «i^t sec et aride ; le climat y est vif et froid ea liiver , et pendant l'été les chaleurs y sont plus fortes que sur le littoipl. Productions , seigles et pommes en quantité. Pop. i47 hab.

AURIOL , Juriotlm , Castrum de Aurioiis. Rourç du canton de Koquevaire, sur Tlluveaune, à ^ lieues de Marseille. Quoique ce bdurg n'existât pas du temps des Romains , la campagne avait été distribuée par «Jules-César à nombre de familles romaines qui se plurent à l'habiter ; elles rembellîrent de nombre dé viilœ ou maisons de campagne , et de roonumens la îplupart assez curieux » et dont la variété foisait l'agrément de toute la vallée de l'Iluveaune. Aussi, à différentes époques , on y a découvert des restes de temples 9 des tours , dés piscines ' et autres bassins d-agrément. Eu creusant les terres , ou a trouvé des tombewix assez riches , des inscriptions et beaucoup de médailles de plusieurs régnes.

Mais f dans le huitième siècle ^ lorsque les Sarrasins infestèrent nos côtes et firent quelques incui^ sions dans le pays , les habitans de la campagne d'Aurîol quittèrent leur mllœ pour aller se fortifier sur une colline. Le bourg (qu'ils établirent prit le nom de Po^ diolvm ; il est encore connu sous celui de Pajol; mais on n'y voit que les restes d'une grande tour carrée , d'une ligne forli fiée, de quelques cassines, et d'un ancien temple dédié aux Naiades.

Dans le douzième siècle 5 une grande partie des babilans» ne pouvant se loger dans le bourg, se décidèrent à venir bâtir de nouvelles demeures près du château d'Auriol qui fut d abord appelé T taris aquœ^' après Turres quatmr à cause de ses quatre tours, et en-» smie Casteiium massiliense^ et ce fut en époque où les .Marseillais s'en emparèrent pour punir iea habitans de s'être déclarés pour Charles Duras ; ce château fut également pris et dévasté par le duc d'É-« pernon , pendant les guerres de religion.

On croit avec fondement que Caïus Marins fit construire la. grande tour d'Auriol dans la crainte qu'il ne prît (antaisîe aux barbares dont il était à Taflut de passer par Marseille , et ensuite par. celle vallée ; le nom de cette tour semble assez l'annoncer : Turriê magna ou Turris Mariana , en français Tour mane^ . Au-devant dé cette tour se trouve .une place sur la? quelle on foule le blé» et qu'on appelle w^fir^é/^ Marius. ' Pe suite après les guerres de la ligue, rhabitallon fut tranq>ortée sur la rive droite de la rivière.

La plaine d'Auriol , quoique fort étroite , est presque toute arrosable ; les plants d oignons sont estimés dans la contrée ; les fruits rouges y sont d'une qualité supérieure et sont recherchés à Marseille ; les vignes sont toutes sur des coteaux , aussi le vin en provenant est assez estimé; ses panses entrent en concurrence avec celles de Roquevaire.

Les hauteurs d'Auriol étaient autrefois couvertes de mélèzes ; ils ont fait place aux chênes verts et

blancs infiniment plus convenables à aa climat tempéré. Quelques oliviers embellisseot les coteaux , mais ils ne donnent pas un grand produit.

Ou trouve dans le territoire des carrières d'une craie très-blandie et fort pure , du gypse blanc et gris, des argiles pour la poterie et les briques hexagones, des mines abondantes de houille et de fer hy« draté et des coquilles fossiles en grande quantité. ' Le bourg offre des fabriques de poterie et de bri* ques dites tameites d'une excellente qualité , des distilleries d eau-de-vie et des moulins à papiers. La population est de 4»3oo habitans ; les jours^ de foire sont, les 17 septembre, 29 octobre et 5 décembre.

AUROINS. Village du canton de Salon , à j lieues d'Aîx* Son nom lui vient A'Aarosui , parce qu'il se trouve à une exposition bcittue par tous les vents. Le climat «est sain et tempéré ; le soi est fertile, surtout ' dans les vallées , où Ton récolte beaucoup d'olives et du bon blé. Le village ne dale que du neuvième siècle ; il fut souvent troublé pendant les guerres civiles. Pop, 200 hab.

La petite montagne de Caronte se trouve dans le territoire d'Aurons. A son sommet on voit Jes débris d'un fort et les restes d une ville que le peuple nomme vUUMTOuto; on présume que c'était VAietia des Bomains , que des historiens ont placée en Bourgogne.

AUTON ou AuTUON, Autlio. Petit village du canton de la Motte » à 5 lieues de Sisteron ; son climat est

très-4roid en hher y 0 y tombe une grande quantité de neige qui ne fon4 qu au printemps. Le Vau&oa et ]-Attthéon, niissejsna qui ne tarissent jamais, arrosent

les terres et les rendent assez productives. Pop. 54o h.

AUVAYE ou AvAYE. Position auprès de la source de la Siagné 9 où les Romains avaient établi nn poste pour la garde 'des eaux qui de cette source passaient dans un superbe aquédnc qui les condaisait jusqu'à Fréjos.

Autour de cette forteresse romaine dont on voit encore des vestiges, plusieurs familles de Callian fa- - rent bâtir des maisons pour se mettre sous la protee* lion de ce poste» Ce village s'accrut lors de Tirrup* tion des barbares ; mais» lom des guerres de religion, ne se trouvant plus en sûreté , tous les habitans déguerpirent poor aller augmenter le bourg de Fayenoe et les lieux circonvoisins. Auvaye n'olfre plus que des ruines, et notamment celles de la forteresse dont j'ai reconnu Jes deux piliers d'une porte du tî6té d'un précipice.

AUZET, Castrum Auzetu Yillage do canton de Seyne, à 10 lieues de Digne. Climat venteux et très* froid en hiver. Le chaume qui couvre les maisons est souvent enJevé par le vent. Les habitans , au nombre de 3o3 9 sont tous agriculteurs ; ils vivent de leur tra« vail , mais ils ne s'enrichissent pas. Ils recueillent des grains et des légumes ; ils ont beaucoup de pins ' et des hêtres ; du fruit de ces derniers 9 ils retirent

une huile qui sert à éclairer , et qui devient mangeable en Tieillissant. Pendant Thiver les habitans tra- Vaillent à des étoffes de laine dans des étables. D y a dans le territoire une source périodique qui coule pendant dix mois et cesse pendant deux ; mais ces eaux ne sont pas potables. Les hauteiurs voisines offrent des simples en abondance.

AYAiNTlCI. Peuplade celto-lygienne qui était voîsîne des Bodionticij à en juger par ce passage de Pline: Avanticos atque Bodionticos quorum oppidum Dinia. ' On ne pent guère assigner aux AvéuUici que le pays qui se trouve entre la Durance et Farrondissement de Digne mais il serait difficile et même impossible de désigner sur quel point se trouvait leur chef-lien. Si les premiers Romains qui envahirent la Celto-Lygie pénétrèrent dans cette contrée, nous, sommes autorisés à croire que nulle famille un peu importante ne S}' établit 9 car elle nous aurait laisse quelques traces de la magnificence de cette époque , et nous aurait transmis quelques détails sur un peuple considérable qui figura dans l*année gauloise qui alla porter ses ravages en Italie.

AVATICI. Autre peuplade celto4ygienne qui paraît ^re une division des Saliens. Elle en était très-voisine, car elle occupait les bords de FétangdeBerre, depuis le pays des Saliens jusqu'au cœnus qui est l'étang de Caronté d'aujourd'huL La ville capitale de ce peuple était, sous les llomains, Makiïdià. Vo^ez cemot.

AVERNE ou liATEiiNBy ou La Yxbnb. Gtande forèl

dans le territoire de la Molle, département du Var, près du littoral, entre le golfe de Grimaud et Hyères. Les CamaîuUei , peuplade celto-lygîenne , habitaient celle contrée. Les premiers Marseillais vinrent leur donner les premiers principes de civilisation et len instruisirent dans leur reli«j;ion. Un temple, dédié à Diane , fut élevé sur les ruines de celui de Diê^ et on consacra à la déesse des forêts tous les bois des environs, où se trouvaient alors beaucoup de cerfs et de sangliers. Plusieurs volcans dont on voit encore des traces , et Tinvasion des Sarrasins détruisirent le temple 9 incendièrent les forêts et rendirent le pays presque entièremenl désert%

Dans le douzième siècle, un certain nombre de religieux de Tordre de Sainl-Brûno , vinrent s'établir dans cette solitude où ils vécurent long-temps en paix et dans une félicité peu connue des hommes avides qui troublent fréquemment la société. Mais, à la fin du dix-huitième siècle, c'est-à-dire au commencement de la révolution française, ces pieux solitaires, menacés de la mort la plus emelle , se sauvèrent en Italie , où ils errèrent pendant plusieurs années, et moururent dans leur, émigration.

La chartreuse de l'Averne se trouve sur le penchant d'une colline. Elle fut bâtie avec de la pierre oUaire grise , dure , mêlée de filets d'asbeste tachetée de noir, et qui a l'apparence du plâtre gns. Une partie de ce vaste bâtiment a été détruit ; il n'en existe plus

que le corps des sapérieurs et celui qui était destiné ètix TOya^enrs» Ce lieu si long- temps habité par des hoDimes pieux et hospitaliers, cette maisoa de prière et de charité , n'a maintenant pour habitans que des valets de ferme et des gardiens de chèvres. Au lieu du son d'une cloche qui rappelait autrefois les heures de la prière , du trayail et du repos, on n'en* tend plus que le bêlement des grands troupeaux de chèvres blanches qui se nourrissent là où les brebis mourraient de faim.

Les forêts de rAveme sont sur un sol qui n'offire que montagnes , i^allées et précipices. Elles sont garnies de pins maritimes, de chênes-liège et de châtaigniers. Le bois àbrûler du premier, Técorce du second et le fruit du dernier sont embarqués pour Marseille» Le Sol est composé de schiste, de quarts micacé d'une grande beauté, de gneiss arrondi engalet, de granit strié, de schorl ^ de l'asbeste incombustible, et de quelques fragmens de la tmrmaline magnétique. On y trouve aussi de la cyanite prismatique , de la cyanîte lamellaire, de la cyanite à lames divergentes, du spath pesant études blocs de serpentine çà et là, que les cliartreux avaient extraits d'une carrière voisine ; mais point de source d eau pour alimenter une fontaine , ni pour arroser un jardin ; à peine trouve^t-on quelques petits surgeons d'eau qu'il serait inq>ossible d'en réunir plusieurs. Les hirondelles ne nichent jamai» dans cette contrée, faute de terre compcicte pour faire leurs nids.

( loi )

Une partie des forêts de ïAjeme, mise en culture»

suffirait aux besoins d'une population de six mille âmes au moins qui pourraient avoir leurs habitations pris du pmi de Camlaire , où il n'y a qu'une forte tour et un poste de douaniers ; la campagne donnerait des primeurs comme celle d'Hyères ; l'oranger y serait moins exposé aux rigueurs des saisons ; la vigne produirait considérablement du vin préférable à ceux des environs qui jouissent d'une bonne réputation , et la côte maritime du département du Yai* n'offrirait pas une longue lacune sans habitation nécessaire aux navigateurs.

AYlGNOîifjivenio, et, plus souvent» Avenio Ca* varam. Ville chef-lieu du département de Vaucluse , sur la rive gauche du Rhône» à une demi-lieue du confinent de la Durance et dans une plaine fort vaste » à 181 lieues de Paris.

Le nom A* Avenio est celtique» et signifie rivière^ ce qui est une preuve de l'ancienneté d'Avignon. Tous les historiens modernes s'accordent à dire qu'elle était la capitale de la nation celto-Iygienne appelée Cavam. Cependant le territoire d'Avignon ne montre aucune preuve qu'on ait pu y établir le chef-lieu d'une grande nation d'alors. Je crois qu'Avignon était une ville des Cavareê, mais que la capitale se trouvait à Carpentras. Les premiers Marseillais vinrent établir à Avignon des comptoirs pour leur commerce intérieur. Ce fut là tfup d'autres Marseillais se décidèrent à monter le

fleuve pour aller donner naissance au commerce dani le Lyonnais. De Lyon iîi montèrent la Saône » et aUè^ rent jusqu'à l'Océan propager les lumières et le luxe de l'Orient. Ce furent donc les Marseillais qm, les premiers, pénétrèrent dans toute la France actuelle pour y faire connaître les avantages de la civilisation » du commerce et de l'industrie,

(^ésar ne manc[uapas de s'emparer d'Avignon et d'y établir une garnison. Les desoendans de cet empereur ' se plurent à embellir cette ville. On y trouve encore des traces de la magnificence romaine , tels que des arceaux qui formaient les anciennes murailles , une colonne d'ordre corinthien , des pavés en mosaïque que l'on rencontre quelquefois en creusant les terres, etc. Il y avait aussi un temple dédié à Jupiter, derrière la petite montagne de JNotre-Dame-des-Dons. Dans le siècle dernier, on trouva près de là une tète de Jupiter, une de Jaaus Bifrons et une de Julia Mammea, mère de l'empereur Alexandre Sévère. .

Daas la décadence de l'empire romain, la ville d'Avignon éprouva diilérentes révolutions, soutint plusieurs sièges, fut possédée par plusieurs maîtres, et changea souvent de forme de gouvernement. Les SaiTa^ins s y réfugièrent en 737 ; Charles-Martel les en chassa et brûla une partie de la ville. En 1226, Avignon fut assiégé et pris par Louis YIII ; mais les Avignonais ne tardèrent pas à secouer le joug. .Us érigèrent leur ville en république qui fut d'abord gouvernée parades consuls ; ensuite l'autorité fut conûée

à QA seul f^ommmiT, souple titre de Podestat. Mab cette souveraineté -ne dura que vingt-six ans. Tous les hommes qui oeciqpalent un oett^ rang dans la villa avaient leur parti , et se faisaient la guerre pour obtenir le pouvoir suprême.

En i2s8 9 toutes les terres que Raymond YII possédait en-deçà du Rhône furent données forcément au pape ; mais elles furent rendues par Innocent lY. Ce pays rentra dans les mains des pontifes de Rome , sous Pbilippe-le-Uardi et Grégoire X ; mais la villa d'Avignon ne fiiisait point partie de cette possession » ^oique les papes y ûssent leur résidence* Ce ne fut que vers le milieu du quatoraième siècle » que la reine Jeanne vendit à Clément VI la villç et l'état d'Avignon pour le prix de quatre-vingt mille Aorins d'or qu'elle ne toucha pas» attendu qu'après Taole de vente > le pape réclama pareille somme qu'il prétendait lui être due pour im arrérage de la censé annuelle à laqqjelle le royaume de Naples était soumis; les* Provençaux appelèrent cette alliénation f vent^ tnaUtfiuremc et maudite.

Clément Y s étant établi à Avignon en i3o8, y fit transporter aussitôt le siège pontifical ; mais Grégoire XI retourna à Rome en 1 576 , et ne laissa pomr gouverneur qu'un vice-légat qui avait tout à la fois la juridiction ecclésiastique et civile. Depuis cette épo-^ que 9 Avignon et le comtat Yénaissin ont été pris et rendus par la France dans trois occasions différentes; mais, au commencement de la révolution ^ elle s'en

empara pour la quatrième fins, et finrçtt le sonveram pontife à y renoacer, attendu que Clément YI ne les avait acquis que d'après un droit eontrouTé qa'3 avait fait valoir dans un moment où la reine Jeanne était dans le malheur, et où elle sollicitait de ce piqpe la déclaration de son innocence du crime qpi hu était imputé à tort par le roi de Hongrie.

CeClément VI étaitaTÎde desrichessesdecemmide; son goût fut également celui des grands de sa cour ; son frère , le cardinal Hugues Rogiec, laissa après sa mort plus de quinze cent mille livres presque toat en or. Les grandes richesses des gens d'église attirèrent à Avignon une armée de brigands nommés /^r tardé" venus , tous Anglais. Ils affamèrent cette ville dans un . moment où la peste y exerçait ses plus grands ravages , puisqu'en quatre mois eUe perdit dixHsept mille persounes, parmi lesquelles se trouvaient neuf cardinaux, cent évêques, un millier d'ecclésiastiques et huit officiers de la cour du pape. Cette armée de brigands se grossit considérablement par Tarrivée d'autres troupes anglaises , allemandes , brabançonnes et gascon- . lies ; elles se livraient au pillage , au meurtre et au viol. C'en était fait de la Provence , si le marquis de Montferrat n'eût trouvé le moyen de les conduire en Italie pour les mettre aux prises et les faire détruire par les Yisconti.

Le Rhône baigne les murs d'Avignon du côté de l'ouest. Le Ut de ce fleuve fut rapproché de la ville à Foccasion des diSérens sièges qu'elle essuya. On ne

sait trop si ce rapprochement fut fait par les assiégés pour se mettre à coavert de» coup» de maia de l'eiinemi y ou par les assiégeans pour mettre leur camp à Tabri des insultes des assiégés ; mais on sait positivement que cette dérôtion aoecasionnë dans les environs de grandes marres deau, et que des champs entiers s'étaient changés en marab infects et insalubres qui donnaient la mort aux habitans de la campagne et à ceux des communes voisines. Ce mal a été réparé en grande partie , mais il y reste encore à faire*

On passait autrefois ce fleuve sur un beau pont en |nerre qnVm appela long-temps le fomt du miracle^ En 1 178 , persuadé que Tignorance aimait le 'merveilleux > on publia qu'un jeune pâtre , âgé de douze ans , nommé Bénéaet , avait été inspiré de faire cons> truire ce pont. L'âge de ce pâtre , son état, sa pauvreté, n'inspirant pas tonte la confiance qu'exigeait un pareil projet , on fit croire an peuple que cet enfant avait, lui seul , chargé sur ses épaules une pierre de treixe pieds de longueur sur sept de larguenr , et qu'il l'avait portée au lieu môme où le pont devait être commencé. U n'en fallait pas tant, dans ce siècle de stupidité 9 pour échauffer des cervelles déjà naturellement vives. On cria au miracle ; les bourses s'ouvrirent ; on fit des legs dans les testamens; les souverains de Toulouse et de Forcalquier concoururent à lenrichir. Mais , dans la suite » les eaux du Rhône , pour détromper le peuple qui 9 par tradition > aorait

perp^taé une pareille erreur , emportèrent daas ua instant et le pont » et le miracle*

La yiUe d'Arignon serait aaae^ importaate , si , à (lifTércntes époques , elle n'avait pas perdu beaucoup dliabitans. Le commerce aotnel n'est rien , oompara- * vivement à ce qall a été. Son industrie pourrait être infiniment plus considérable et lui attirer un grand nombre d'ouvrien ; mais cette ville est one de celles qui voient de sang-froid de petites communes s'enrichir de leurs dépouilles, et qui ne font aucune démarche pour les recouYreir. Elle a pourtant encore des fabriques d eau-forte , des manufactures d ctolTçs ^e soie à peine connues dans les environs, et un grand nombre d'imprimeries qui travaillent pour les départemens du midi , principalement pour les ouvrages classiques et pourleslivres de piété. Les éditions d'Avignon sont très-ordinaires et sur mauvais papier , ce qui est cause qu'elles se vendent à vil prix ; cependant il y a quelques imprimeries qui s'attachent aujourd'hui à mieux faire et à procurer une meilleure réputation aux presses de leur ville.

Avignon n'a ni rue bien allignée , ni belle place ; la ville est bâtie en rond , entourée de vieilles murailles flanquées de tours construites avec de grosquar* tiers de pierres taillées avec assez de symétrie et .sou> tenues à certains endroits par des arceaux; mais toutes ces défenses ne saui'aient g^antii* la ville pendant une heure de siège.

Dansuutemps^on comptait à Avignon sept portes 9 sept paroisses , sept églises privilégiées , sept confréries de péûitens , sept collèges » sept hôpitaux , et plusieurs autres établissemens remarquables par le nombre septénaire. Il y avait aussi une fa^cuité de théoiogie, une de droit» une des arts» une de médecine» une université fondée en ijoj, et une académie lit- .tëraire, qui subit le même sort que ceile d'Arles, c'est-à-dire qui mourut peu d'années après sa naissance. Tous ces établissemens ont disparu pour faire place à un athénée et à un hôtel pour les invalides , une préfecture , un tribunal de première instance et de commerce» une bourse et chambre de commerce et un conseil de prud'hommes.

Avignon, dont le site serait très-agréable » si ce n ctait le maëstral qui s y fait vigoureusement sentir» se trouve en même temps dans la position la plus heureuse pour le commerce. Le Rhône » toujours navigable , et la route de Marseille à Lyon servent à voi- • lurer les marchandises qui viennent de la Suisse et de tous les départemens de France » ainsi que celles qui de Marseille montent dans les pays au-dessus de la Provence , ce qui procure journellement à Avignon des voyageurs en tout genre. Le territoire est très-gras et de lapins heureuse fertilité; les promenades» toujours en plaine » sont magnifiques ; la plupart des chemins sont bordés d'arbres quigai'antissent du vent . et de Tardeur du soleil. De tous côtés on voit des allées de mûriers qui servent à élever «ne quantité

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prodigieuse de vers-à-soîe , ce qui est cause que toutes les maisons de campagae soat , au printemps , con- Terties en' ateliers pour ces insectes , et que le pays compte une infinité de filatures pour la soie et des moulins pour la tordre. Le sol produit avec succès la garance , la gaude , la graine d'Avignon , le chardon de bonnetier, beaucoup de blé , de légumes , de fourirage , de vin et d'huile d'olive. Il y a de belles pépinières d*arbres fruitiers et d'arbres d agrément, qui fournissent à trente lieues à la ronde. Presque tout ' le territoire est arrosé par les belles eaux de la Sorgue , qui sont celles de la fontaine de Yaucluse. Ces eaux, après avoir fertilisé la campagne, viennent servir aux belles teintures du pays. Le territoire offre une fontaine d'eau minérale nommée Font couverU; cette ëau est un peu sulfureuse et purge légèrement ; elle est une ressource médicinale pour les pauvres de la contrée.

La population d'Avignon est de 29,960 habit. Us sont naturellement affables et gais avec les personnes de qui ils n'ont pas à se plaindre. Comme il n'en coûte rien pour se bien conduire envers des citoyens occupés de leur ménage et de leur industrie , )e pense que tout honnête homme peut être assuré de l'estime , de l'attachement et de la protection des Avignonais. 11 y a à Avignon quatre foires dans l'année 9 savoir : le 34 février, le 3 mai , le i4^^P^^^^'^^ ^^P" tembre.

AYE ou Aille. A un quart de lieue du village de

Gonfaron (Yar) , sar la route même de Toulon à Aatibes» estime îolie source qui porte le nom de Védayêf corruption de fontaine d'Aye, qui, après avoir reçu les eaux des montagnes qui la resserrent , va se réunir à TArgens y à une demi-lieue au-dessus du Muy. Cette rivière est la seule du département où 1 on pêche des moules ; des poiphyres et un granit dur en for* ment souvent le fond. Le porphyre éprouve une in-« terruption dans le territoire de Yidauban f et donne lieu k une belle cataracte au-dessous de laquelle on m établi une dérivation pour deux scieries à planches. Lors des grosses pluies» la rivière d'Aye est un torrent dangereux pour ceux qui se hasardent à la traverser hors des deux ponts*

AYNAG. Petit village à 4 lîeues de Pigne» dont le territoire oUre une source d eau salée* Pop. 1 1 5 hab*

• BADINE. Port de la Badine. Petit port dans le golfe d'HyèreSy le loog de 1 etaog de Gieas.

BAGNOL , Bagnolls, autrefois Caêîrum de Banoh. Village du canton de Fréjus, à 5 lieues de Draguignan, dans une contrée qui avait long -temps servi de réfuge aux Sarrasins. Il fut peuplé , dans le treizième siècle, par trente-cinq familles génoises conduites par le noble Louis Amero , dont les descendons s'appellent seule-* ment Mero. Cette colouie, en arrivant en ce lieu, adopta les mœurs , les usages et surtout le langage des Provençaux ; elle perdit entièrement Tidiome et les mœui's génoises.

Le village est Mti en amphithéâtre , à l'extrémité dune vaste foret dépendante de celle de TEstérel, dans un lieu peu fréquenté» quoique près de la route de Fréjus à Castellane. Le climat est assez sain ; le sol» schisteux» produit du blé» du vin» de Thuile» des haricots dits de l'œil noir , des noisettes et des châtaignes moins belles et ne se conservant pas autant que celles des autres parties des Maures^ Dans les forêts de pins, on trouve en quantité des fraises plus parfumées que celles des jardins cultivés» des morilles et des champignons vrais agaricus deUciasus ; des san-

glîers habitent ces forêts et y attirent les chasseurs des villages voisiDS.

Il y avait autrefois dans le territoire de Bagnol une Terrerie qu'on pourrait rétablir a?ec avantage , ne fûtce que pour consommer le bois de pin qu'on laisse souvent pourrir surplace» faute de pouvoir le vendre. Une pareille mantifaeture pourrait aussi se servir do charbon de terre de la mine très-abondante qu'on trouve dans le pays et à un endroit d'un accès facile. Une pareille industrie donnerait de Taisance kux habitans de ce pays qui sont au nombre de 800 , et ils seraient par là intéressés à la conservation des forêts qu'on incendie de temps à autre.

BANDOLS » Bandolum » autrefois Bsimoa. Village

du canton d'OlIioules , à 4 lieues de Toulon , formé , en 1714» par un démembrement du village de la Ca-* dière. Quoiqu'il soit d'une origine très-récente > il est fort mal bati ; mais il est dans un site riant et sain et sous un climat chaud. La gelée n'y est pas connue f ce qui rend ses vins ezcellens et fort recherchés pour les colonies ; les orangers y viennent en plein vent ; • bien des productions de l'Afrique y viendraient éga* lement bien ; le sol, quoique pierreux et sec, donne des primeurs; au cœur de l'hiver, on y recueille des artichaux et même des pois verts ; le terroir serait productif , s'il pleuvait souvent ; mais les vents de la mer forcent les nuages à aller se décharger un peu

plusavsmtdaDsriutérieur des terres; un seul ruisseau arrose quelques lardios.

Le port de Bandoh serait le plus sûr etle plus com* mode de la Provence , s'il plaisait au gouvernement de le iiftire confectionner sur un bon pbn. Il y aurait remplacemeDt d'un superbe arsenal de marine qui ri" .valiserait avec celui de Toulon. Le comte d'Ëstaing , qui connaissait par&itement la localité 9 le proposa au ministre du roi , mais quelques mauvaises considërations empêchèrent que ce projet ne s'effectuât. La France a plusieurs établissemens de ce genre sur l'Océan , pourquoi n'en aurait-elle pas deux sur la Méditerranée? Celui de Bandols f asseï fort par sa position, n'aurait pas besoin d'une nombreuse garnison pour repousser toute attaque ennemie. D'ailleurs ^ Marseille et Toulon serviraient de boulevards à Ban* dois , si le gouvernement daignait en faire un nouveau Cherbourg. £e projet qu'il a d'ouvrir des établisse mens de charité pourrait fort bien lui fairé envoyer à Bandols de pauvres ouvriers propres à être employés aux travaux de la marine 9 et une infinité de brouil- • Ions oisifs qui infestent les villes , seraient tirés de la misère et de l'ennui > et le village de fiandols, qui n'a aujourd'hui qu'environ 1 ,3oo habitans , deviendrait en peu d'années une ville très-importante et digne de Tafiection du roi.

BAAOM , Baiwnum* Bourg che£-lieu de canton» à

5 lieues de Forcalquier , bâti sur une hauteur , ayec un beau marché tous les lundi. Ses forêts offrent beaucoup dé chênes , ce qui est cause qu'on élève beaucoup de cochons dans le pays, et qu'il s'y fait un grand commerce de pourceaux. La plaine est agréable et bien cultivée ; elle est arrosée parle Calavon, qùii prend naissance dans le territoire , et elle produit principalement du blé 9 des légumes , du foin et des fruits de toutes espèces; le pays a une verrerie dans la cam* pagne. P<^ 1,340 hab.

BAR (Le) , Castntm de A Ibarno. Village chef-lieu de canton , à 5 lieues de Grasse ( Var) , sur la rire droite du Loup et sur le penchant d'une colline, ce qui est cause de sa grande irrégularité. Le territoire est coupé par des collines couvertes d'oliviers et de figuiers, dont les productions fort estimées attirent beaucoup d'argent au pays. Les eaux de la fontaine du village et celles du Loup arrosent les jardins et beaucoup de prés. Au bord de la rivière , il y a une belle papetene qui, malheureusement, ne fabrique que du papier d'emballage; Les truites de la riviène sont excellentes et bien saumonées ; il est dommage qu'oii ne leur donne pas le temps de grossir et même

de niulliplier.

Du temps des Romains , tout le territoire du Bar n'était qu'une épaisse forêt qui servait de retraite à de nombreux troupeaux de sangliers qui firent donner le nom d'^prc» à la rivière. Ces animaux ont entièrement

di^ara, ainsi qae les chênes qui leur fonnussaient des glaads. Pop. 1^200 hab.

Les commanes du ressort de la justice de paix dn

lieu sont, le Bar, Caussols, Châleauneuf, Clcrmont, Gourmes» Gourdon, Opio» Roquefort, le Aouret» Tourrettes et Yalbonne.

B ARBAN. Sorte d'ile , hameau de la commune de Koguoaas.

BARBANT AiNE , Barbantanus autrefois Bstummiic

ou Bellime. Village ducaDloiidc Cliâleau-Ilenard , à 6 lieues un quart d'Arles, non loin du confluent de la Durance , situé sur une hauteur, dans une contrée fer« tile en vins et en fruits excellens. Le climat est sain , et le pays très-e3qKMé au maeStral; le sol est en pârtie ravagé par les inondations du Rhône et de la Durance, et le restant est aride. On trouve dans les collines des pierres coquiOîères et du grès. Les femmes de Bapbantane font le commerce des plantespotagères qu'elles Tont vendre journellement à Avignon ; les habitans , au nombre de 2,400, tous agriculteurs, aiment avec rage la danse et les farandoules , et un jeune homme qui n'aurait pas la passion de danser , i&t-il un Crésos, trouverait difficilement à se marier dans un pays où quiconque ne danse pas est censé n être bon à rien.

BAIICELGMNETTE et la vallée du même nom forment le premier arrondissement communal du département des Basses-Alpes.

Les Eiuhiens , nation celto4ygieane connue sous le

noui (ie^/77ccûfiï plurent les premiers habitaos de celte vallée, ou, plutôt, fuientle peuple le plus considérable; car ii y en avait plusieurs autres qui étaient ses alliés « naturels, tels que les J\émolani , les Embicnz ^ les Nemmturi et les OnUelU. Ils établirent leur capitale , c'est-4i-dire ce que les Latins appellent leur malius , au lieu où se trouve le village d'Ubaye , non seulement parce que la température est la plus douce de toute la vallée, mais parce que de là ils surveillaient leurs voisins et pouvaient les arrêter, en cas qu'ils eussent voulu Tenir troubler les différentes peuplades de la vallée.

Les Esuàienê et leurs alliés , inyités par les Boiens et lesimubriens , autres peuples qui habitaient le revers des Alpes du coté duPo, à faire cause communie pour attaquer les Romains, marchèrent vers lltalie, surprirent les phalanges de la république dans la Toscane , les battirent, se chargèrent d'un riche butin, et prirent ensuite le chemin de leurs montagne^ pour aller y cacher le fruit de leur victoire et de levu'S rapines. Mais l'armée du consul £mllius, qui se trouvait vers l'Adriatique , et celle du consul Attilus , qui , venant de la Sardaigne , débarqua sur les côtes occidentales delltalie , prirent les montagnards entre deux leux , et leur tuèrent ou mirent hors de combat environ quarante mille hommes.

Cette grande défaite fut. cause que les Esubient et

les autres peuples de la yallée virent arec plaisir , quel* que lemps après ^ Ânoibal se diriger vers l'Italie. Ils n'eurent garde de se réunir aux autres Celto-Lygiens pour aller disputer le passage à un conquérant qui semblait devoir bientôt les venger de ceux dont ils . avaient à se plaindre. Malheureusement les Carthaginois furent complètement défaits. Les Romains , pour punir les Embiem, envoyèrent de nouvelles forces dans les Gaulés , qui rendirent les peuples de la vallée tributaires de Rome , et Auguste, dans la treizième année de son règne , vint les soumettre au joug de Tempire , ainsi que Pline l'assure, d'ciprès le trophée des Âipes qui se trouvait à la Thurbie, près de Monaco.

Les Enubim» et leurs alliés supportèrent patiem* ment le joug des Romains ; ils finirent par s y accoutumer et par se lier intimement avec leurs mdtres de •qui ils tenaient leur instruction.

Plus de cinq cents ans après y les barbares du nord Tinrent , le fer et la flamme à la main , désoler cette contrée. Heureusement ils en furent bientôt chasses. 'Pendant leur séjour , les habitans furent entièrement démoralisés et ôontraints de vivre en sauvages dans les heux les plus tristes et les moins accessibles. Après l'expulsion des barbares , nombre de moines hénédio* lins, animés par cette charité chrétienne qui faisait toute leur gloire et la règle de leur conduite ^ accoururent former trois établisseroena dans cette vallée , dans la seule vue de réunir les familles éparses , de les civiliser , de les initier à la foi de l'évangile ^ de leur

apprendre à se construire des maisons, à défricher et à cultiver les terres , etc.

Dans la suite , les Sarrasins vinrent , à différente» reprises, infester toute la vallée. Us détruisirent nombre de villages, et en construisirent de nouveaux dont, la plupart ont conservé leur nom arabe. . ..

En 973 y Guillaume P' , comte d*Arles , aidé des troupes de l'empereur Rodolphe , expulsa pour toujours les Maures , et la vallée fut réunie à la Provence. Baymbnd Bérenger Y, autre oorote d'Arles » bâtit la ' ville de Barcelonnette près des ruines de celle qui avait été construite par les Romains, et donna à la vallée le nom du chef-lieu.

Comme Louis 11» comte de Provence , était occupé, à la conquête de Maplés , Ainédée YIII » comte de Savoie, s'empara de la vallée; mais il en fut chassé dès que le comte de Provence fut de retour de soa expédition. A la mort de ce dernier , Amédée lY la, reprit et la garda jusqu en i447 9 époque où René d'Anjou la reconquît de nouveau pour la perdre presque en même temps ; François s'en empara en i536. Cette même année, l'armée impériale étant entrée en Provence , le duc de Savoie profita de cet événement pour reprendre Barcelonuetle ; mais il fut forcé de l'abandonner , comme les Allemands repas^ sèrent la frontière. La paix de Cateau-Cambrésis finit par l'accorder au iîavoyard. Ln i(ijo, Louis XIll s'en empara , mais il la rendit deux àns après. Enfin le ti*aité> d'Ulrecht Unit par la douuer à la Trance. C'est ain^i

que, pendant vingt siècles, cette vallée fat le théâtre

successif des guerres de ses voisins , qu'elle en éprouva tous les ravages et toutes les sollicitudes. C'est aussi ce qui est cause qu'on n'y trouve plus aucun vestige des moiiumeos qui pourraient aujourd'hui intéresser les voyageurs et les historiens.

Un auteur contemporain veut , qu'avant l'arrivée des Romains, celle vallée fût connue sous le nom de vaiiis nigra , vallée noire. Pour moi , loin d'être de cel avis, je pense que loule dénoniinalion latine ne doit dater que de l'invasion des Latins ; et qu'avant l'arrivée des Romains , cette vallée devait avoir un nom qui dérivât de celui de la rivière qui la baigne dans toute sa longueur , qui est d'enriron ' quinze lieues de pays. Cette vallée , dont la plaine est à environ i,5oo mètres au-dessus du niveau de la mer^ est située entre des montagnes extrêmement raides et élevées, qui sont loutes découpées par des vallons, des ruisseaux et des torrens qui n'offrent au premier conp-d'ceil que des solitudes et des précipices aflireux. Presque toutes ces montagnes , dont quelques-unes ont plus de 3,6oo mètres au-dessus du nWeau de la mer, sont couvertes de gazon , de plantes odoriférantes plus belles et plus suaves que celles de nos parterres, * et de plantes médicinales qui possèdent les mêmes vertus que celles qui viennent des montagnes de la Suisse et de la Franche-Comté. Parmi ces dernières, nous citerons principalement l'u^sêitfA^ des Alpes, Yangéit'' que des montagnes , i'arbouêier bousserole , la cacalie

Oigitizeci by

des Alpes, le carvi, la conise , diverses espèces dtï^ dentaireêy le darorue pUmtaginé ^ ïeliébore blanc et noir , YeUébore d'hiver , le fénouil des montagnes y la gravelle vulgaire , Vimpératoire ^ ïivèche , les deux espèces de iunairei^ le neerprwn purgatif, différen» orchis odorans , ïornica des montagnes , le pied-dc" chat s^diquintefeuiUe ainsi cpie la potentille ^tiqueuse» le raitin de renard j la reine de$ pré$, le laurier ro$9 des Alpes , le rosier pimprenelte , le sabot de Vénus j U umick, des montagnes, les trente-neuf espèces de<imfrages, dlnnombrubles espèces de eeandh, le eeUn des montagnes, le séneçon blanchâtre , le spirea^ le taiiiron à feuilles d'ancolia , les thiapsis de toutes les espèces , principalement celai de rochers, des montagnes et des Alpes, \a toijue des Alpes, la vaiériane^ etc.

La face de la montagne des Orres , qui borde la rive droite de TUbaye, n offre dans sa base qu'une roche schisteuse ; sa partie moyenne, quelques parties de grés ; et sa partie supérieure, le calcaire nu et un gravier infertile , tandis que la face des montagnes qui bordent la rive gauche , beaucoup moins penchantes que la première , offre de belles forêts de sapins et de mélèzes, et des prairies naturelles où le menu bétail va paître par milliers pendant la saison où la neige a fait place à la. plus belle végétation ; les plaines, excepté celle entre le village des Thuiles et celui de Saint-Pons , sont toutes labourables ou couvertes 'de prairies arrosables , de vergers et de jardins potagers.

L*aîr de cette Vallé est fort «ain ; les pluies y sont fréquentes ; les gelées des mois de mai et juin nuisent souvent aux récoltes , surtout aux endroits élevés ; l'hiver y est trcs-long; le IVoid , les neiges, les glaces intercepjteat les commuaicatiohs, et forcent les habitans à passer les journées dans des stablalts ; ceux de la ville deviennent de vrais salons , vu que toutes les personnes honnêtes « 'généralement fort instruites , les / fréquentent et s'y livrent à tous les amusemens de la bonne société.

Le printemps , toujours tardif, est ordinairement pluvieux dans toute la vallée, surtout dans le vallon de Fours ; les pluies et les vents nuisent aux céréales , aux prés et aux fruits ; Tété n'y commence qu'en juillet, et les chaleurs n'y durent guère que. âeu\ mois f encore sont-elles tempérées par un vent frais qui commence vers les neuf heures du matin , et ne cesse qu'au coucher du soleil ; l'automne y est la saison la plus agréable ; elle donne des fruksexcellens, même des prunes et des cerises ; on ne trouve quelques vignes que près du village d'Ubaye , mais le raisin n'y parvient jamais à une parfaite maturité.

Les terres de la vallée sont bien cultivées ; on sème les légumes en mars et avril , et le froment en août et septembre; la moiâson conuuence en juillet, et ne finit y sur les hauteurs > qu'au commencement octobre. Quelquefois les moissons sont surprises par les neiges qui les couvrent pendant sept ou huit mois. On assure .

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que la qualité du blé n'en est point altérée ; cela pa-> raitrait fabuleux , si nous ne savions en est souvent ainsi sur les monta^rnes de la Suisse.

Les quadrupi-des qu'où voit sur les montagnes boi* sées et gazonnées de la vallée sont , le loup commun » le renard , le chamois, le chevreuil, la marmotte, le lièvre blanc , le lièvi*e gris 9 récui'euil blanc , lecoreuil noir, la fouine , la belette , le blaireau , la loutre , le loir, etc. ; les oiseaux sont, l'aigle royal, l'aigle commun, le vautour des Alpes, le milan y lëpervier^lef^u* cou, le corbeau, la cresserelle, la corneille à bec et pied rouge , celle à bec et pied jaune , et celle à bec et pied noir , le faisan , le coq-de-^bruyàre , la bartavelle , la perdrix grise , la perdrix rouge , la perdrix blanche , le coucou , la grive , le geai , le passereau des montagnes , la pie y le grimpereau , la bergeronnette , sans compter les oiseaux qui y viennent au printemps pour en partir en automne, ni les oiseaux nocturnesi qui sont les mêmes que dans la basse Provence. Les abeilles y sont communes , et d,es mouches cantarides vivent sûr la feuille des frênes.

Les montagnes de la vallée renferment beaucoup de marbre de diÛerentes couleurs. Les torrens en pré7 cipitent des blocs plus ou moins considérables. On trouve dans l'Ubaye, dans les torrens et même dan^ les champs en culture , des marcassites dor, d'ar^ gent et de cuivre ; il y en a de jaunes, de grises et de noires. Dans les terrains penchans , ou trouve des coquillages , des poissons et des plantes pétrifiés ; dans

les montagnes du Châtelar et dans celles qui sont an* dessus de Barcelonnelte, ouToît, au bas des rochers,

des pierres qui sont transparentes et qui ont toute la dureté du cristal. Le sol de la vallée est argileux et mêlé d'une marne noirâtre qui contribue beaucoup à la fertilité ; l'ardoise est commune entre les communes de Jausier , le Chfttelar, He3rronnes et TArche; on remploie pour la couverture des maisons et des murs qui clôturent la plupart des jardins*

Plusieurs auteurs assurent qu'il y a une mine d'or dans les montagnes de Mauries et de Fouillouse; j'avoue n'avoir rien rencontré qui pût m'indiquer la présence de ce métal. Je crois qu'on le trouverait plutôt sur la montagne de Morgon qui tient au village de Pontis. Il y a une mine de plomb à la montagne de Pallon près du hameau delà Malune , territoire del'Uvemety sur le chemin qui conduit à Allos» et une de fer à un quart de Heue de Barcelonnétte. C'est là que les Sarrasins , qui, pendant plus de deux siècles, ont habité ces montagnes , fabriquaient leurs armes , leurs outils et leurs instrumens d'agriculture ; on y dccouvre encore des débris de fiE>rges qu'ils y avaient établies à cet effet; il y a aussi , sur plusieurs points de la vallée» de la tourbe et des mines de charbon de terre reconnu très-bon et facile à être exploité.

La vallée de Barcelonnétte , ainsi que toute la haute Provence, a sans doute été plus habitée qu'elle ne l'est aujourd'hui ; les terres y étaient mieux cultivées et mieux soutenues, et les récoltes élaienL plus assurées ;

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aussi les habitans n'abandonnaient pas leur pays à l'ap*

prociîo de Thiver, comme ils font aujourd'hui. Quantité de villages sont tombes en ruines ou ont été détruits par les Maures et par les guerres dont ce pays a été le théâtre ; ceux qui ont survécu à la fureur des soldats ne sont que des diminutifs de ce qu'ils étaient autrefois. Le manque de bras et la nonchalance des ' agricul leurs soiil deux des principales causes de la médiocrité des récoltes et de la pauvreté deshabitans; aussi la plupart des cultivateurs vont avecleurs familles passer l'hiver dans la basse Provence ; les femmes ramassent des olives et des châtaignes ; les enfans travaillent avec leurs mères; s'ils sont jeunes, ils demandent Faumône , font les décroteurs , les souillons de cuisine» ou font danser la marmotte ; les hommes servent de goujats aux maçons, fendent le bois à brûler, jouent de la vielle , font voir la lanterne magique , etc. Les habitans du vallon de Fours prennent un plus grand essor. Au heu de s'arrêter en Provence , ils vont exploiter les provinces du nOrd ; ilep est même qui poussent leurs courses jusqu'en Belgique, en Saxe et même eu DanemarcL Us restent plusieurs années sans retourner dans leur pays , mais ils n'y reviennent jamais sans être chargés de numéraire et d'objets précieux.

Ceux à qui l'âge ou les infirmités n'ont pas permis de quitter le chaume paternel, s'occupent en hiver à carder, à ûler la laine, et à en faire un drap commua et grossier pour les vètemens des deux sexes.

La pauvreté ou l'avarice est cause que les hommes

se Daurmscnt foit mal. Ils coiiservcnt leiu' sobriété tourne daps leur migratioa , et quand ils soat obligés de se nourrir à leurs frais; aussi tout le numéraire ' qu'ils touchent peut être cousidëré comme bénéfice. La plupart emploient le fruit de leurs économies à l'achat de quelques maixiiaudises qu'ils colporteut d'abord, qu'ils étalent ensuite sur les places publiques; ils finissent toujours par s'établir dans quelque ville , et devieunent en peu d'années de riches marchands. Les moins heureux retournent dans leurs climats pour y cultiver 1 héritage de leurs pères, sans désespérer de faire fortune un jour. Quelques-4ins ne dédaignent aucun moyen vil ou peu délicat de gagner une pièce de monnaie. Tout pour l'argent ! Rien pour la considération ! telle semble être la devise de ceux qui végètent dans leurs masages.

Il est des circonstances où ces hommes ne conservent pas leur sobriété, et c*est toutes les fois qu'ils sont invités à quelque ieslin. L'usaj^e de cette vallée est que les mariages, les baptêmes et les funérailles sont célébrés par des grands repas qui réunissent quelquefois jusqu'à cent cinquante personnes; rieu n'est épargné pour satisfaire la soîf insatiable et le vorace appétit des convives, qui témoignent en bien mangeant et en s enivrant la pait qu'ils prennent à la fête qui les réunit.

Les personnes honiït^tes savent se distinguer du commun par une conduite décente et polie. La mui* titude emploie dans les affaires une superfluité de paroles cngagcaiiles. Sitôt un maixhé est conclu, le v«ii-

deur montre à Tacheteur le vice de la marchandise

qu'il vient de lui livrer, surtout lorsqu'il s'a^t de la vente d'une vache » d'uu mulet etc. , marchés qui ont lieu ordinairement sur la place de la Grave. Celui qui achète à terme emploie ordinairement toutes sortes de prétextés pour ne jamais payer. La présence d'un huissier peut seule lui faire délier la bourse et satisl'aire le créancier. J avoue cependant que le pays offre des personnes qui se conduisent avec plus de délicih tesse , et qui méritent toute confiance.

Au lieu même où se trouve la ville de Barcclonnette, il y avait anciennement , ainsi que nous l'avons déjà dit, une autre ville qui seiTait d'entrepôt aux Humains. Elle fut rehâtie et entourée de murailles en t23i ; mais, dans la suite, elle a souffert plusieurs incendie» funestes. En i54fi, les Français y mii*ent le feu; en i558, ce fut le marquis dUxel ; en i582 , le baron de Yins ; en 1 60 1 , Lesdiguières, chef des hu^ienols; en 1714* ^^^^ ^'ut encore brûlée par accident; en 1 740 , la foudre y mit le feu à plus de quatre-vingt maisons, et en 1761 , il y eut plus de cent mai^sons qui furent la proie des flammes.

La ville d'aujourd'hui se trouve dans la plaine, à 194 lieues de Paris. Ses rues sont larges; ses maisons bien bâties et bien alignées ; il y a plusieurs places fort régulières ; les promenades sont très-agivables, surtout celles en delà de l'Ubaye, qui vient presque baigner les murs de la ville et qui arrose toutes les rues et les jardins. La ville a un tribunal de première

instance et deux foires, le luadi de Passion cL le 3o septembre. Pop. 2^099 hab.

Les communes qui font partie du ressort de la jus-» tice de paix dulieusout, Barcelounelte, EncJiastraye, Faucon, Fours, Jausiers, Sainfr-Pons, les Tbuiles et UTcrnet

BÂRCILONNETTE. YOlage sur la rire droite de la

Durance , aouvellement soustrait au dëparieiiieat des Basses-Alpes , pour être réuni au départemént des Hautes-Alpes.

Barcilonnette est aussi l'ancien nom du village de

Saiût-Laurent-du-Yar.

BARGEME, Bargema. Yillage du canton de Comps, k 7 lieues et demie de Draguignan. Les guerres iiH testines forcèrent les habitans à se fortifier. Us entourèrent k'urs habitations de fortes murailles en pierres de taille. On n'entre dans le village que par deux portes voûtées d'une assez forte solidité.

Le caraclère des habitans de Bargème a eu longr temps une triste réputation. Leur indolence , jointe à la .stérilité du sol, les rendant toujours pauvres, ils ^ étaient poussés au crim^ et à la mauvaise foi par la misère et par la faim. La division des terres communes aux habitans de ce pays a donné de 1 aisance . à presque toutes les familles ; aussi le peuple se conduit-il mieux qu'avant la révolution, La religion est ce qui a le plus contribué à ce changement subit. Un hou prêtre leur a prêché d'exemple , et chacun s'est

empressé de rimiter. Leur petite paroisse est aojoar* dlini la plus folie , la mieux décorée et la plus richement meublée de toutes celles de la montagne , le tout ) grâce au nouTeau zèle et à la générosité de la

population, au nombre de 3Go bablLans.

BARGEHONT , Bergamônwn , Bargemonum. Til-

lage du canton Callas, à 5 lieues et demie de Draguigiian> sur un coteau fertile et agréable, entouréde collines, et au pied d'une haute montagne dont U I chaîne , se soutenant à-peu-près à la même hauteur depuis la Durance jusqu'au Yar» forme une ligne de démaixation qui divise la Provence en basse et en haute* Cette chaîne , en calcaire du Jura, se montre toufours en dessus de la région des oliviers» et les expositions ^u midi présentent souvent la roche nue.

Bargemont ne fut » dans le principe , qu'une viUa romaine. Un officier y attira sa famille et ses esclaves pour exploiter les terres et y cultiver la vigne et 1 olivier. D est à regretter de ne plus y trouver de vestiges de la construction de cette première maison de campagne> ni ceux des temples, des bains , des piscines et autres monumens dont les Romains aimaient à embellir leui^s demeures rurales. Cependant on y découvre, de temps à autre, des médailles du Haut- Empire , des urnes cinéraires renfermant des lampes sépulcrales, des ampoules, et tout le petit mobilier funéraire de ce temps. On distingue les cendres des personnes opulentes, en ce qu'elles «ont renfermées

dans une petite urne de verre bleu, qui cai elle-même, pour sa conservation 9 renfermée dans une grande urne de terre cuite.

Les Sarrasins ne manquèrent pas d exercer leur gé* nie destructif sur cette ville et sur les habitations qui se trouvaient dans le territoire. Au commencement du dixième siècle ^ Bai^emont passa sous la domina* tîon des rois d'Arles. La fortification du lieu date de cette époque; on voit encore une partie du rempart ainsi que plusieurs tours; le reste fut détruit pendant les guerres intestines.

Le village actuel estplus considérable qu'il ne lëtait anciennement. Le climat en est sain ; la vie animale et les eaux y sont excellentes ; le terroir est fertile près du lieu , à cause de nombre de petites sources qui Tarrosent; le pays n'a presque pas de plaine; tout est amphithéâtre couvert d'oliviers. Les principales productions sont, l'huile, le foin, de bonnes figues, des cerises noires et toutes sortes de fruits exqui?. On y trouve du gypse blanc en abondance et d'une extraction facile, ce qui fait qu'on ne vend le plaire blanc guère plus cher que le gris. Lcshabitans, au nombre de 1,9:20, sont vifs, spirituels et industrieux ; leur petit commerce s'étend jusqu'à Grenoble, d'où ils apportent du chanvre. Les jours de foire sont bien suivis , principalement pour le menu bétail; elles se tiennent le lundi nprèsÇuasimodOyle 5 août, le 21 octobre et le 2 5 décembre.

BARJOLS; Barjoiium. Petite ville chef-lieu de can-

ton , h 5 Keues de Brignôles. Sa jolie exposition et les belles eaux au haut de l'amphithéâtre aliirèrent eace lieu plusieurs familles romtiiies qui y établirent leur» deiTieures. Elles y trouvèieiit quelques habitans de la nation des SueUeri arec qoi elles se lièrent et vécurent -en bonne intelligence , et formèrent an Heu important par la position. Les Sarrasins désolèrent la campagne, A leur expulsion , les habitans sé réunirwt sur l'amphithéâtre où ils se fortifièrent. Plus lard ils construisirent une citadelle qui attira au pays des scènes 9mA sanglantes qulofrible..

Le seigneur de Flassans, homme naturellement dur et violent , mécontent de Tédit du roi qui cherchait à pacifier les catholîques^avec les protestans , se mit à la tête d'une troupe de fanatiques et de gens sans aveu» se livrait aux plus grands excès dans tous les lieux qu'il parcourait. Poursuivi par une armée de dix mille hommesy il Tint avec ses quinse cents partisans s'enfermer dansBarjols, o6 il savait être bien reçu pairies habitans. 11 y fut bientôt bloqué par l'armée duroi, commandée par Saint-Auban et le baron des Adrets. La place n'ayant que quatre petits canons (dirigés par des hommes peu exercés , ne put se défendre long-temps. Le quatrième jour (6 mai i&6s ) , la ville fut prise d'assaut; six cents personnes furent passées au fil de i'épée; les prêtres jetés dans les puits, les églises pillées , les autels profanés , les reliques de saint Marcel brûlées. Plusieurs personnes de marque , pour avoir lavorisé Flassans, furent pendues contre les intentions

du roi qui voulait qu'on ramenât par la Toiè de (a douceur tout le inonde à l'obéissance. Flassans fut asses heureux pour s'échapper. Il fut se cacher dans une des îles de Lérins, où il attendit le moment favorable d'aller se yenger sur les protestans dans la ville d'Orange. Toutes les fois que lui ou ses soldats enfonçaient leurs épëes dans le cœur d'un religionnaire , ils lui criaientavecrageetfiireur;Paye£ar/<?b/ PayeBmjolsl En 1 590 , la ville de Barjols fut encore attaquée par un corps de protestans èommandés par d'Ampus. La ville se rendit à composition» moyennant quatre-vingtdix mille francs , très^forte somme pour le pays d'àlor&; mais les soldats » habitués aux cruautés les plus révoltantes 9 et ulcérés par l'esprit de parti qui égare les hommes, égorgèrent inhumainement et contre la foi des traités plus de cinq cents habitans ; et les parens ou descendans de ceux-ci n'ont jamais essayé d'exércer leur vengeance, pas même dans le cours de la dernière révolutioh qui , dans plusieurs lieux 9 a éveillé les anciennes haines et remis les partis en présence.

Barjols a voulu être en quelque sorte tranquille spectate,urdes dissentions politiques. Le pays a préféré se livrer à rindustrie; aussi on y trouve des tanneries , des papeteries, des moulins à foulon , des fabriques de colle-forte et de poterie. Il y a. dans la ville une fort jolie place, ombragée de beaux ormes, et embellie d'une belle fontaine. Le climat est doux et tempéré^ l'air sain; le sol, quoique ingrat , est bien cultivés il

produit du foin , du vin et de l'huile, malgré le froid de 1820 qui endommagea cruellement les oliiriers. On trouve dans le territoire plusieurs carrières de marbre non exploitées; une espèceest tout blanc, l'autre est rose mêlé de blanc et de noir. Pop. 3,300 hab. Foires, le lundi après le 17 janvier, le huitième jour après Pàquii, le 27 juin, le 29 septembre et le 3o novembre.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieu sont, Bar jols, Aiuias, la Bastidonne, Bëiaudun, Bras 9 Bruc , Espanon, Saint-Martin, Pontevès, Sellions et Yarages.

B ARLES. Village du canton de Seyne , à 8 lieues de Digue , situé dans un vallon , sur la petite rivière de Brès. Pays très^-froid en hiver , k cause des neiges qui y séjournent de six à huit mois de Tan. On prouve dans le territoire une sorte de pierre grise ,vitrifiablç, dans laquelle on distingue des points brillans qu'on prendrait pour de l'argent natif. Le pays oiTre une fontaine d'eau minérale propre à la guérison des écrouelles. Il importe qu'elle soit connue, pour que les personnes attaquées de cette maladie aillent s'y baigner et tâcher d'y trouver la guérison. Pop. 5o8 hjab.

BARNABÉ (SiXNT). Hameau dans le teirîtoire de

Marseille.

BARON (Le) ou AtBAi^oif, Castrum AlbaronL n»r

inean des Saintes-Mariés» dans la Camargue, pris de la tiye gauche du petit Rhône*

BARRAS. Village du canton de Thoars, à 31ieoes de Digne, sur la rive droite de l'Edaye. Le sol produit du blé et du mauvais vin. Pop. 20^ hab.

BARRÊBIE, Bamma, Bourg chef-lieu de canton, à 7 lieues de Digne, sur la route de Castellane , et à la jonction de la rivière de Blioux et de celle de Ckimane , qui, ensemble , 'forment la rÎTÎère d'Asse. L'ancien lieu était bâti sur une élévation nommée le Col-Saint-Jean; mais^ en io4o« il fut entièrement consumé par la foudre; la paroisse fut seule exceptée. Ce fut alors que les habitans transportèrent leurs demeures au pied delà colline età nne exposition abritée des ?ents froids et impétueux, sous un climat doux et fort sain. La plaine » qaoique très-peu étendue» est fort agréable et oflBne de jolies promenades ; elle esttrès-fertile en blé, fruits, pâturages « chanvre et plantes potagères; le sol des hauteurs est ingrat, stérile et trèspenchant; il ne produit des céréales qu'à certains points; ailleurs on ne pourrait y faire passer le charrue; les. bœufs ou mulets qui la traîneraient seraient en un instant précipités dans le fond des vallées. Population 1,070 hab. , j compris les hameaux.

BARROUX (Le) , Albakoux ou Aubaboux. Wlage du canton de Malaucène , à 5 lieues d'Orange , situé sur une élévation d'où Ton aperçoit oneplaine immense

qai satisfait agréablement la vue, puisqu'elle se porte

sur toute la partie de Tancien bas corotat VciiaLssm. La plaine de Barroux est fertile en blé et eu huile. On trouve dans les collines du gypse et des fossiles curieux; le climat e&t sain et purifié par le maëstral. Populat. gao hab.

B ARTHELASSE. Ile formée par le Rhône , en face

d'Avignon. C'est vers le centre de cette île que Ton doit placer Tancien lieu appelé MuiatioCypreueia^ que des auteurs modernes ont placé près delà ville de Sorgues. IVous savons que cette position touchait la rive gauche du Rhône, à une Heue d'Avignon. Mais comme, depuis 1 époque de la destruction de cet ancien lieu , on a détourné une grande partie du fleuve pour lui faire baigner les murailles d'Avignon , on ne peut plus assigner à la position romaine la rive gauche du nouveau lit du fleuve , mais celle de l'ancien lit, et, par conséquent^ fintérîeur de File de Barthelasse.

Cette île sert quelquefois de retraite à des malfai* teurs» à des hommes poursuivis par la justice, et surtout pour des affaires politiques. Ils se ticuneat prinpalemént dansles iscios, sortes d'îlots qui se trouvent au milieu du fleuve. On n'y va guère qu'à la poursuite des grands coupables,

BARTHÉLÉMY (Saint). Hameau dans le territoire

de Marseille.

BASTIDE D'ESCLAPOMS (U). Village du cantoi^

de CompSy à 7 lieues de Draguigoan. Laocien village^ nommé EsclaponSf était situé au pied de la montagne

de Lâchons , du côté de Test, et entouré de fortes murailles dont on yoit encore des vestiges ; il fut détruit pendant les guerres civiles. Le climat est asses froid» l'air très-sain; il y a des forêts de chéaes, de pins, de sapins et de mélèzes ; les pâturages y sont bons et abondans ; les fromages du pays sont estimés ; le sol est peu fertile* Pop. 1 5o hab. V oyez Escjlapoxhs et Laghins.

BASTIDE DE JOURDAN. Village du canton de Pertuis » à 6 lieues d'Apt. Tei^itolre fertile et bien cultivé; il produit principalement du blé assez estimé.

Foire, \q 21 avril. Pop. ëiohab.

BASTIDE DE PRÉVÔT ou La Bashoonne-Saikt- Chkistophe 9 Locm inhabiiatu» saneti CkrhtophorL Village du canton de Barjols, à 4 ligues de Brignoles. On n'y voit que des maisons de campagne habitées par des cultivateurs et des bergers. Climat tempéré ; sol maigre, sec et, pour ainsi dire, stérile. Cependant, à force de soins et d'engrais, il produit du blé, des légumes et un peu d'huile d'olive. A queic^ue distance de réglise , on voit des vestiges d'un village qui fuL détruit par les Sarrasins. Pop. 80 hab.

BASTIDONNE DE SAVERTE, Bastidonna Savcricana* Village du canton de Pertuis, à 9 lieues d'Apt, et sur la rive droite de laDurance , bâti sur le penchant

Oigitizeci by

d'un coteau. Les fontaines couîaal rarement en été,' on e&t réduit à boire de l'eau de puits. Le défaut de sources et la situation inclinée du sol empêchent les habitans de former des prairies et des jardins; cependant on n'y trouTe personne dans l'indigence, tant est que rhomme laborieux procure par ses soins la ferti-« lité au soi le plus ingrat, fût-il entièrement privé de substance végétale. C'est ainsi que le territoire, quoi-

que d'une petite étendue et d'une nature infertile, produit, à force de travail et de persévérance du blé», du vin et de l'huile. Pop. 3oo hab.

BASTIDONNE. Voyez BASTlJ)oN^£ de Prévôt.

BATAILLES. Kivière qui coule près d'ilyères, et qui, après un cours de deux lieues, va se jetter dans

la mer, près de Bormes,

SAUDIMËM ou Beaudinbiit, Baudimentum. Village à 4 lieues de Sisteron son chef-lieu d'arrondissement et de canton, au pied de la montagne Saint- Joseph-de-la-Pérusse« Sur un rocher fort élevé sont les ruines d'un château qui avait appartenu à la reine Jeanne, oii cette princesse allait quelquefois passer le temps des chaleurs de la canicule. Le territoire est arrosé par deux ruisseaux ; le sol produit du chanvre , des truffes noires bien parfumées , des pommes de ter* re , de l'avoine , du seigle , de lepeautre , des légumes, peu de froment et peu de viu. Le commerce du pays consiste en bois de hêtre pour le chanronnage, et eu

c&arbon de bois; le gibier y abondai! autrefois , mais

la licence le rend tous les jours plus rare.

Sur la montagne de Grapon est un grand creux nommé bu traou de touh (le trou de la marmite). Il en sort un petit vent continuel et sensible. Dans la montagne de la Pérusse , on trouye une fontaine d'eau minérale , appelle fontaine dû faces. Le village est fort ancien. Il fut connu des Romains. On trouve souvent, dans les terres des médailles et des tombeaux antiques. Pop. i55 liab.

BAUDINÂR, Belltpn Dinacium ou Bella Dinarium. Village du canton d'Aups, à lo lieues et demie de Draguignan, et à une lieue et <^uart de la rive gauciie du Yerdon» où se trouve un pont dit de Sitveêtre^ d'une seule arche et d*une hardiesse qui attire les regards des curieux. Climat sain et tempéré; terrain pierreux 9 mais fertile en blé^ vin » buile et légumes; avec plus de bras, le pays produirait davantage. Lesforèts sont de cbênes blancs mêlés de quel<{ues pins; on y élève beaucoup de cochons. Le territoire renferme du joli marbre qu'on néglige entièrement ^ quoique d'une extraction facile. Pop. 33phab.

BAUDRON, Castrum de Baudran. Village qui fut

détruit en même temps que celui de Favas, et dont les territoires n'en font qu'un. F oyez le mot Favas.

BAUDUEN, Baudomum. Village du canton d'Aups,

à 10 lieues et demie de Draguignan> sur la rive gauche

Oigitizeci by

. -du YerdoB. Il étail ^tonnii dans an temps soos le nom

de Beuduciijiwn , et se trouvait sur la voie romaine qui conduisait de Frëjosà Riez. Le climat est sain et tempéré , quoique un pea exposé aux vents; le sol peu' fertile ; le territoire est parsemé de focherset de terres incultes» et ofire d'assez beau marbre dont les qani^ res n'ont jamais été exploitées. Le commeree du pays est déchu avec sa population qui n'est plus aujourd'hui que de lyooohabitans* C'est la patrie de saint Lambert; évoque de Yence. Les moulins et les papeteries du pays «ont entièrement abandonnés,

BAUME (La) SISÏERON ou La Baume de Charda- ▼ON. Sorte de faubourg de Sisteron , séparé de la ville par la Durance, que Ton traverse sur un pont en bâtisse, d'une seule arche.

BAUMES DE VENISE. Bourg chef-lieu de canton, à -4 lieues d'Orange, à couvert du maëstral et autres vents du nord par une montagne, ce qui fait que la température y est aussi doucq que dans la région la plus méridionale de la Provence. Le sol est arrosé par de belles eaux qui ne tarissent jamais; aùssi la plaine n'est que prairies, jardins et terres labourables, pres« que entièrement couvertes de mûriers ; les vins muscats blancs et rouges y sont délicats; les câpres qu'on y recueille en quantité sont fort estimées; mais les huiles y sont trop grasses , et ne peuvent servir que pour les lubriques. Dans le torrent de Saiettes> oa

trouve trois sources d*eau salée, mais^^ine sont pas considérables. Pop. i ,690 hab*

Les commQnes qui font partie du ressort de la fustice de paix du lieu sont, Baumes, Gigondas, rAfare, la Roque-Alric^ Sabiet, Sucette et Vacqueiras.

BAUM£ (Sainte^. Montagne du département du Tar, à 7 lieues de Brigaoles. Son nom dëri?e d'nne grotte, en provençal uno baoumo , célèbre dans Thistoiré de lëglise et dans les annales de la Provence. Cette grotte, connue sous le nom de Sainte-Batmef Se trouve sur la montagne de ce nom. Un énorme rocher de nature calcaire, escarpé sur ses deux faces > domine de beaucoup une vaste forêt dont les arbres, d'une hauteur prodigieuse et d'une belle verdure , présentent, du haut du rocher, l'aspect d'une vaste prairie couverte d'un gazon uni. L œil du voyageur ne peut ae figurer que cet immense tapis, d*un vert uni, soit formé par les cimeaux des chênes , des ifs, des pins^ des érables, la plupart aussi vieux que le monde, quoique d'une vigueur égale à celle de leurs premiers âge$.

C'est sur cette élévation qui domine cette antique forêt , et d'où l'on découvre toute la basse Provence ; c'est sous un climat aussi froid que le sommet des Alpes et des Alpines que Ton aperçoit au nord et à l'ouest; c'est en ce lieu ballotte par tous les vents qui soulèvent de temps à autre l'onde écumante de la vaate étendue de mer que l'on voit à l'est et au midi;

c'est enfin dans ce lieu sauvage et sUencienx que là

Magdelaine de levangile vint faire pendant trente ans une pénitence rigoureuse ; et à son approche , tous les animaux nuisibles et malfaisans abandonnèrent 4 la sainte, et pour jusquà la fin des siècles, cette solitude digne de la plus grande vénération.

Telle a été la croyance des Provençaux de cette époque; telle est encore celle de la généralité des Provençaux d'aujourd'hui.

Cependant quelques personnes du siècle ont la. manie de répandre des doutes sur l'arrivée de la Magdelaine en Provence. «J'ai lu, dit l'un, dans un cer* « tain auleur, que la Magdelaine était morte à Ephèse. «Je Tai lu ; or elle n'est pas morte dans, le désert de «la Sainte-Baume en Provence. « D aprèsce raisonnement, il sulTirait à un ennemi de la foi, à un atliée d'écrire des faussetés, des rêves absurdes, pour que son verbiage lût considéré comme un article de foi pour que ses lecteurs fussent autorisés à nier les vérités les plus incontestables.

L'autre , entraîné par le ridicule raisonnement du premier, et ayant une secrète conviction de la sainteté du lieu dont nous parlons^ ajoute: «Il est possible «que , des religieuses ayant habité pendant long-temps « un monastère sur la montagne de la SaintCN-Banme , «une sainte fille nommée Magdelaine y soit morte; et «que , dans la suite, le peuple ait cru que cette fille , «née peut-être en Provence , était la même que la «Magdelaine de l'évangile*» Da|)rès ce dernier, la

nommée Magdelainc morte dans ce désert, serait réellement une sainte. Gela étant , en voilà assez pour que . ce lieu mérite toute la vénération des personnes qui soul dans cette croyance.

Je ne contesterai pas que sur cette montagne il ne W)it mort une sainte fille provençale qui portait le nom de Magdelaine; car je sais qu en ce lieu il a réellement existé un monastère de filles qui subsista plusieurs siècles ; mais (^ela ne détruit pas que la pécheresse de l'écriture n'y soit venue long-temps avant, et qu elle n y ait fait une longue et austère pénitence. Nous savons qu'après la résurrection de Jésus-Christ , par suite de la persécution des chrétiens dans la Judée, une barque amena sur la côte de Provence, et dans l'île de la Camargue, Marie Jacobi, Marie Salomé, Marcelle et Sara leur savante; nous savons que cette barque contenait aussi sainte Marthe qui se fixa dans une petite île du Rhône , là mêine où se trouve aujourd'hui la ville de Tarascon, et sainte Magdelainc qui préfera au monde la plus triste solitude , où rien ne pouvait la distraire dans ses prières , ni interrompre les larmes qu'elle aimait à répandre pour Tomour de son Dieu.

Saint Maximin fut le seul mortel instruit du lieu où vivait la sainte pénitente. Ce fut lui qui l'assista dans ses derniers momens; ce fut aussi lui qui lui fit ériger une chapelle dans la grotte, et à l'endroit même où elle avait rendu le dernier soupir. Les largesses et la foi des comtes de Prov^ce et de François i*' firent augmenter et emb^ir cette chapelle ^ et construire un couvent

pour les religieux différens ordres (][uî s y sont suc^ cédés juscju aujourd'hui.

Parmi les personnages illustres qui ont visité la Sainte-Baume, nous pouvons citer saint Louis » roi de France^ Charles II, prince de Salernes et comte de ProYence» Jean I*% roi de France, Charles YI, Louis XI avec Marie d'Anjou sa mère , AnnedeBretagne , épouse de Charles Yll, et depuis de Louis XII, Louise de Savoie, mère de François I*', Claude de France sa première femme et la duchesse d'Alençon sa sœur, Éléonore d'Autriche, femme de ce monarque, accompagnée de son fils Henri II , les ducs d'Orléans et d'Angoulème, Charles IX accompagné du duc d'Anjou son frère et du roi de Navarre (depuis Henri lY), Louis XIII, Anne d'Autriche, Louis XI Y, et enGn la duchesse d'Angoulême, fille de l'infortuné Louis XYL

La chapelle de la Sainte-Baume subit, à l'époque de la révolution, le sort de tant d'autres églises; elle fut dévastée. £Uea été un peu restaurée sous le règne de

Louis XYm.

A quatre-vingt mètres au-dessus de la grotte , et à mille mètres au-dessus du niveau de la mer, est une sorte de crucifère appelé le saint Pilon , comme on dirait ie saint Pilier, la sainte Colonne^ ^Là il y a une petite chapelle bâtie par un cardinal de la maison de Bouillon ; elle était ornée d'une belle statue , et revêtue intérieurement de marbres envoyés de Rome* Tout a été détruit* dans cette chapelle, et elle restera vraisemblablement long-temps encore dans cet état.

Le pic des Béguines ^ point le plus élevé de cette montagne, est à once cent quarante-^piatre mètres an-dessus du niyeau delà mer. Ce pic est d'un marbre veiné rouge, renfermant entre ses couches des cames, des tellines et autres coquillages , vrai dépôt que la mer a formé, on ne sait trop à quelle époque.

Quelques écrivains modernes, plus propres à séduire par de faux brillans qu'à instruire par un raisonnement juste , ont cru pouvoir , d un seul coup de plume , expliquer une énigme qui a toujours paru comme un problAme impossible à être résolu par des hommes. C'est la nature, ont-ils dit, qui a formé dans la terre des cailloux qui ont la forme de toutes sortes de coquilles; des cailloux qui ressemblent à toutes sortes de poissons, à toutes sortes de plantes, à toutes sor* tes d*ossemens.

La multitude, au contraire, moins présomptueuse que les prétendus jsavans , trouve surprenant que les plus hautes montagnes de la terre offrent, même à leurs sommets, une quantité prodigieuse de coquilles et de poissons fossOes ou pétrifiés. Aussi croît-elle que ce sont les alluvions de la mer et des rivières qui ont formé toutes les éminences du globe que nous habitons, à des époques qu'on appelle déluges.

Comme on ne voit point de raz-de-mer qui élèvent les eaux à la hauteur de la moindre des collines ^ on peut douter qu'il en ait existé qui les aient élevé(\s jusqu'au sommet des Alpes et des pics ies plus éievëf« Comment doue se fait-il que des dépots marins se

IroUTent sur foules les élévations du ^obe? Jusqu'à

préâcnl les géologues de toutes les nations n ont donné C[U6 des conjectures plus ou moins yraisembkblest mais pas une assez satisfaisante. Sans être géologue moi-même 9 on me permettra » j espère , dëmeltre mon opinion que je crois contraire k toutes celles données avant la mienne.

Le globe de la terre n'ayait, dans le principe, ni élévation 9 ni vaUée. Les eaux dé la mer, conténues dans une inûnité de lacs plus ou moins étendus , poussées par la moindre tempête» inondaient une certaine étendue de pays. Comme elles se retiraient avec plus de vitesse qu'elles n étaient venues» ces eaux eutraînaient dans leur fuite une terre alluvine; et cette terre, composée de grès, d'argile, de gravier, de cailloux , de sablon , d'ossemens même , couvrait une quantité prodigieuse de coquilles et de poissons que les eaux de la mer avaient amenés. Ces dépots contri-^ buèrent à former la bande secondaire qui enveloppe le globe, et cette bande couvrit la bande primitive qui, •comme chacun sait, est toute granitique , et couverte -généralement par le calcaire. Toat cela n'a pu avoir lieu qu'à des époques infiniment reculées, et qui datent de plus de six et de dix mille ans.

Ce n'est qu après ces différens événemens que les moutagnes se sont formées, non point paç les débor^ démens de la mer* ni par ceux des fleuves-et des rivières , car il n'en existait point alors ; non point par

les eaux ploriales qu'on a supposé avoir sillonné la terre et creusé les gorges , les vallons et les vallées ; «nais par une révolution du globe , excitée par le feu central de la terre. Ce feu intérieur, par un pouvoir incalculable, força la double écorce qui formait Ten- Yeloppe du globe à faire une infinité dëruptions d une nature différente que celles des volcans, niais telles àpeu-près que celles que certaines maladies intérieure! font faire à la superficie du corps des animaux.

C'est ainsi que la bande primitive ou granitique souleva la bande secondaire , tantôt calcaire ou coquillière , tantôt marneuse, et forma les différentes élévations qu'on nomme pics , montagnes, coiUnes , coteaux^ etc. Quelquefois la bande secondaire ne fut que déchirée ; de là ces couches inclinées par Télévation du granit qui passa à travers les cratères et les déchiremeus pour faire des coulées entre les couches de la bande secondaire , ou même au-dems de ceâ cou^ ches. Le plus souvent le granit n'a fait que soulever à plat les bandes supérieures ; c est ce qu on voit à la montagne de la Sainte-Baume, dont la base est granit tique, le massif est calcaire, et le sommet est couvert à certains endroits de dépôts marins, provenant des différentes inondations delà terre qui eurent lieu avant la formation des montagnes.

Nous verrons, dans le cours de cet ouvrage, la manière dont se sont formés les canaux et les réservoirs qui se trouvent danslmtérieur de la bande scoondaire^

et qui serrent de récipient aux eaux phiviales qui filtrent dausia terre , pour alimenter les sources et fournir aux fontaines et aux rifières,

BAUM£ (Sainte). Il existe dans le département du Yar une autre grotte qui porte le nom de Samie" Situme. Elle se trouve sur la montagne de l'Estérel , du côté de la. mer» au bord d'un ailreux précipice qui fit donner au quartier le nom de maou peys , mauvais pays. C'est là où saint Honorât» évêque d'Arles» par attachement pour saintLéonce, évêque de Fréjos^vint passer plusieurs années, avant d'aller dans l'île de Lérins» qui porte son nom » où il fonda une célèbre abbaye,

Un amateur contemporain prétend que cette grotte a du être un temple que les Romains dédièrent à Apollon conducteur do char du soleil et dieu de la lumière. Il croit que ce temple fut appelé ^r^/f/ct^» au* tel de la lumière» nom qui lui convient parfaitement» et non au village de Mandelieu , ainsi que lesécrivain^ modernes ont osé l'avancer. Pour moi» je pen^e que. le temple de la lumière fut fondé parles premiers Hariseillab» et qu'il se trouvait, dans le principe, sur le plateau au-devant de la grotte où est aujourd'hui une sorte de jardin garni d'un grand nombre d'orangers qui y viennent naturellement» quoique ce soient des hommes qui les y aient introduits; que ce temple ayant été détruit par les Oxibiens» lorsqu'ils étaient brouillés avec Marseille» les cérémonies jrdipeuses eurent lieu dans

l'intérieur de la grotte obscure où la lumière ne pénètre que par une ouverture au haut de la voûte^ par où les eaux pluviales tombent dans une citerne. Dans cette grotte se trouve encore un autel chrcLicu où, tous les ans , le premier du mois de mai, on célèbre la messe , à cause d'un grand nombre de personnes des communes de Fréjus et de Saint-Kaphaël qui s y ren*dent en dévotion. Auprès de la grotte, on trouve des châtaigniers, des figuiers, des noyers, des cyprès, un houx de haute futaie , et des oliviers sauvages venus naturellement dans les rochers, où Von présume que les oiseaux laissaient tomber des olives qu'ils apportent des territoires où Ton cultive cet arbre, f^oyez Estkkbl.

BAUMES (Les). Hamei^u daiïs le territoire de Maiw

seille.

BAUMETTES. Village du canton de Gordes, à 4 1.

d'Apt Pays pauvre , sol sablonneux et assez stérile ; on y cultive cependant beaucoup de mûriers. Pop. Iâ6hab«

BAUX (Les), Baueium. Yillage du canton de Saint- Remy , à 4 lieues d'Arles. Climat moins malsain que les communes en-dessous ^ le sd est propre aux tAi^ vîers qui donnent une huile excellente. L'étang de Comte est à une lieue des Baux, près des marais. qui vont se foindre à ceux d'Arles. Les montagnes du pays , comprises parmi les Alpines , fournissent de belles . sources ; les pâtupages en sont gras, et les fromages ' fort estimés. Pop. 6oo hab.

L'empereur Coarad ^ qui n'avait aueun droit sur la Provence, en ayant donné llnféodation aox 8eig:iieur8 de la maison de Baux , ceux-ci essayèrent plusieurs ibis à main année de manifester leurs prétentions , ce qui occasionna de grands troubles et Teffusion du sang. 'En 1161, la citadelle de Trinquetailles, réfuge etbou* leyard des rebelles, ainsi que trente autres places baussenques, furent prises et rasées parRaimond de Barcellonne , vrai comte de Provence.

BAYONS, Bayo. Village sur la rive droite dè la Sasse. Le territoire oflSre une bande sehisteuse od l'on trouve

des pierres quartzeuses et vitrifiables , ainsi que des pyrites; le sol produit du blé et des légumes; La foire du pays est le 8 septembre. Pop. 720 hab.

BEAUDUC. Etang de la Camargue , en face des Saintes-Mariés.

BEAUJEU , Castrwn de bcllo joco. Village du canton de la Javie , à 6 lieues de Digne, divisé en plusieurs petits hameaux, dans des gorges assez tristes. Climat froid en hiver ; les collines sont infertiles, les vallons peu productifs , malgré l'abondance des eaux de l'Origeol et celles d'un ruisseau qui naît dans une petite prairie, près du chemin de Seyne. Pop. 43o hab.

BEAULIEU. Fay^ Aocuis.

BEAU MES. y oyez Baumes de Vénise.

BEAUMONTS, BeUomms. Village du canton 'de Partais ^ à 9 lieues d'Apt, non loin de la rive, droite

de la Durance. On y trouve des pyrites et des mines de charbon de terre. Il y a peu d'anaées» une seeousse de tremblement de terre en sépara presque toutes les maisons. Climat et productions^ les mêmes qu'à Mirabeau. Pop. i,o5o hab«

BËAUMONTS , Laeui de beUo monte. Village du canton de Malaucène , à 6 lieues et demie d'Orange. L ancien lieu était sur une élévation au pied du Mont- Tentoux. Les guerres de religion ayant détruit le château et le village , les habitaus vinrent établir leurs demeures aux hameaux des Yalettes» de Kotre-Dame et de Sainte-Marguerite. Climat tempéré » sol bon et fertile ; ses productions sont, le blé, le vin, Thuile, les légumes, le chanvre, le foin et beaucoup de millet noir dont on se sert pour engraisser la volaille et les cochons ; le territoire n'est arrosé que par un ruisseau qui naît au pied du Mont-Yentoux. Pop. 5So hab.

BËAURËCUEILS. f^cr^f^ Saint-Aktonin. ^

BEAUSSET (Le) ouBeaucet, Beaucetum. Village du canton de Pemes, à deux lieues de Caipentras. Climat tempéré ; on y recueille beaucoup d'huile ; la soie y forme une branche de commerce très-lucrative ; aussi la campagne offre une grande quantité de mûriers , et le village possède un grand nombre de filatures ; c'est la patrie de saint Geo», ermite et solitaire. Pop. 32 5 hab.

BEAUSSET (Le), Beauêieium. Yillage chef-Ueu de

canton, à 4 lieues trois (juai U de Toulon , sur la i*oi|te

de Marseille et d*Aix. Climat tempéré , air bon , pur, sec et élastiqae ; une partie da territoif e prciduit un ynn excellent pour les colonies ; on y recueille aussi da blé» de Thuile, des câpres, mais peu de fruits; lef forêts da pays sont* considérables et garnies de pins; on en retire la résine dont on fait la poix , le galipot , leau de térébenthine. La principale industrie est la fabrication du charbon de bois, qa'on poite à Toulon et à Marseille. Foire^ le dimanche de Quasimodo. Pop. SySoo hab.

Les communes du ressort de Ja justice de paix du lieu sont» le Beausset, la Cadière» le Casteliet, AiiKmx et Signes.

BEAJUYEZËT. Village du canton de Cobnars, à i3 lieues de Castellane, sur la rive droite du Terdon. Le sol produit du blé, du fruit et de bons pâturages pour les nombreux troupeaux qui vont y passer lëté | les fromages du pays sont fort estimés. Pendant l'hiver, on y carde la laine et on y fabrique des étoffes communes. C'est la patrie du curé Gaufpredy, qui, accusé de sortilège , fut brûlé vif à Marseille ; ses parens changèrent leur nom en celui d*£ngelfred. Pop. 690 habitans.

BëC-DE-L:AIGLE. Cap de la côte maritime du département des Bouches-du-Rhône , près de la Giotat, qui forme le golfe des Lecques conjointement aTCC le cap de Tarente.

Oigitized

BÉDAÏÏRIDES , Betterrilœ. Boui^ chef-îiea de . canton , à 3 lieues d'Avigoon , dans une contrée délicieuse 9 fertile et abondante » surtout en ezcellens pâturages , sur la rive droite de i'Ouvèze, et près du confluent de TOseille et de plusieurs canaux. Le sol produit principalement du blé , du vin , du foin , des légumes» des plantes potagères et de beaux fruits* Pop. dydso bab.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieu sont , Bédarrides » Gourtbéson , Sorgues et Yédènes.

BÉDÉ JUN , Bedejtmvm. Petit village à 4 lieues de Digne ^ situé dans un pays montagneux. line produit des grains et des légumes que pour nourrir ses habitans. Pop. 1 1 5 hab.

BÉDOIN , Bedoumm. Bourg du canton de Mourmoiron » à 3 lieues de Carpentras , situé sur le penchant d une petite colline , et une partie en plaine. Il est entouré de murailles solides et fort anciennes ; le territoire , parsemé de bouquets de cbènes verts , est divisé en trois parties, dont lune est sabloueuse» 1 autre aigîleuse, et la troisième couverte de pierres de grès. Le sablon qu'on rencontre en plusieurs endroits est employé pour les fourneaux des verreries ; les argiles servent aux fabriques de poterie du pays ; ces mômes argilçs pourraient être employées à l'amendejoient des terres sablonneuses ; mais'ce sera plus tardj c'est-à-dire lorsque les agriculteurs seront plus

instruits sur Tayantagc qui résulterait d'un pareil me*, laûge.

La campagne offre beaucoup de vignes et de mûriers; la terre , vitrifiable, présente des pyrites, indices certains du charbon de terre, <jtt on dcTrait employer pour le chauffage , pour les fabricpies et pour les fila* tares de soie du pays, vu que le bois à brûler commence à manquer, et qu'on ne s'occupe guère du reboisement des forêts.

Dans un quartier du territoire, on voit les ruiner du Tillage de Frontignan« Les habitans, échappés au massacre par les barbares, abandonnèrent ce lieu pour s'établir sur la route ou à Bédoin , pays ancien et vraisemblablement habité par les Romains, à en juger par les inscriptions qu'on y a trouvées à différentes époques. Le Mont-Yentoux est dans le territoire; les productions sont, le blé, l'huile, les mûriers, les fourrages, des fruits excellens et du vin ordinaire. Population â,â5o hab* U s'y tient une foire, le i4 septembre.

BËGI£RS, Castrumde BeUegerio^ Village du canton de la Javie , à 7 lieues de Digne. Le sol produit des légumes et du via médiocre. Pop. ^^b-

BEINES. Village du canton de Mécel , à 6 lieues de Digne , sur la rive gauche de l'Asse. Le territoire n'offre en grande partie que des horreurs et la plus triste solitude ; le seul hameau des Pallus est riant en été $ on y voit des prauies et des eaux limpides et

Oigitized

abondantes ; l'huile en est très-bonne^ et les fruits dé- Ucfeux. Pop* 4^7

BELCODÈNES, Belcodenœ, vulgairement Brecroth' edo. Village du canton de Roquevaire, à 6 lieues de Marseille. Le tmritoire abonde en mînea de charbon de terre. Pop. 25o bab.

BELGENCIER , Belgenciocum. Village fort ancien du canton de SoUiès-Pont, à 4 lieues et quart de ToijH Ion. On y trouve fréquemment des inscriptions qui attestent que ce Heu existait du temps des Romains» La Gapeau arrose le territoire et lui procure des mou* lins de plusieurs espèces , des tanneries > des poteries, des papeteries et une fabrique de savon , qui aug<« mentent les richesses du pays; les plantes exotiques y viennent bien. L'illustre Peyresc, né dans ce village, y avait acclimaté les végétaux des régions les plus chaudes; les principales productions sont, le blé, l'huile et du vin excellent. U y a deux foires, le i5 janvier et le 1 6 août. Pop. i ,5oo bab.

BELLINTO. Foyez Barbantane.

BELLE-AFFAIRE. Yill âge du canton deTnrrîers, à 8 lieues de Sisteron, divisé en plusieurs petits hameaux. On y trouve, dans plusieurs vallons, du marbre qui ressemble à la brocatelle d'Espagne , du poudingue , des cailloux roulés ; le sol produit du blé , de l'avoine , du chanvre, des légumes ; le climat est froid. Pop. 3;2 bab.

BÉNAT. Gap de la côte mariUme da départemeal da Yar » près de Bonnes.

BENOIT (Saimt}. Tillage du canton d'Annot, à i

de Casteliaaej prè« du Yar. Climat tempéré , sol ingrat» aride et presque stérile; k force d'engrais et dQ

culture 9 il produit du bic et du vin. Pop. 543 bab.

BERHEINÇON. Voyez Brégançon.

BÉRITIINL Peuple chananéen, qui habitait dan3 les enTirona de la Penne » près de Glandères, non

loin d'£ntrevaux et de la rivière du Yar.

BER.RE , Berra. Village chef-lieu de canton , sur 1 étang de ce nom » à 5 lieues et demie d'Aix. Lorsque , la vUle d'Astramela fut détruite par les Yisigoths conduits par leur tqî Euric,^ c'est-à-dire vers la fin du cinquième siècle , une partie des habitans vinrent bàtir la ville de Berre à laquelle ils donnèrent le nom de Cadarose ; ce ne fut que long-temps après qu'elle prit le nom de Berre.

Lors des guerres de religion , Berre était reconnu comme place importante. Le duc de Savoie» voulant se maintenir en Provence, fit tousses efforts pour s'emparer de cette place ; il l'assiégea et s'en rendit maître en iSgi ; mais, sept ans après » il fut forcé de la rendre au duc de Guise. 11 aurait cté inutile d'entre^ tenir ses fortifications» vu que» par les nouvelles tac« tiques militaires , cette place ne pouvait supporter le siège d'un jour.

Cette ville esl asses bien bâtie; 8on port est sûr et

la plage est fort commode. Plusieurs môles facilitent rembarquement des marchandises ; mais il n'y a pas êe fontaine ; un seul puits fournit aux besoins de l'habitation. Le peuple y est souvent oisif» ce qui est cause de sa grande dissipation. D n'existe pas en Provence de pays où il y ait moins de mœurs. II serait dangereux à une famille étrangère d'aller faire sa résidence dans un pareil lieu. Aussi tout le inonde fuit ce . ' pays avec eflroi, soit sous le rapport de ce relâchement blâmable , soit sous celui de son mauvais climat C'est bien dommage ; car cette ville est très-agréablement située y et son territoire est très-productif en grains» huiles, amandes et jardinages. Sa population est de. l,joo hab.

Les communes du ressort de la .justice de paix de cette ville sont, Berre^la Fare , Rognac , Yelaux, Yentabren et YitroUes. ',

L'étang de Berre » qui» dans le principe» a dû être appelé A/ are Astramela^ de la ville d'Astramela, et non Mastritmeia, d'un conte que l'on &it sur une nommée Marthe, a environ quinze lieues de tour. Il est bordé de nombre de communes qui» la plupart» respirent un air malsain qui occasionne des fièvres întermittentes en été et en automne. Au sud-est, letang est traversé par un chemin qui se trouve quelquefois entièrement sons les eaux. Une tradition populaire attribue ce ciiemiu à Caius Marias qui» dit-on » le fit construire dans une seule nuit en présence des enne-

mis. On ajoute que le nom de Cayon, que ce chemin. \ a conservé long-temps » vient da latin Cmm. On l'ap* pella ensuite candn de jay^ etaD^onrdliiii le ehemn du roL Les savans qui l'ont examiné conviennent tous que la nature seule a contribué à sa formation. Ce chemin forme Tétang de Marignane , auprès duquel sont les salines deBerre qui fournissent du sel jusqu'au centre de la France. On entend aujourd'hui , par étang de Berre, une division de J ancienne Mare Astramela^ et la plus proche de la ville de fierre. V oyez MAmoras.

BESAUDUN, BeMudunum. Village du canton de Coursegoules , à i o Keues de Grasse , situé au milieu

d'une colline, vis-à-vis la montagne de Chairon. Cli* mat froid en hiver » tempéré en été; sol peu productif en grains et en légumes , mais qui donnent abondamment des pâturages et des fruits exquis. Populat, d3o hab.

BÉSAUDUN ou Bézaodun. Petit village du canton de Barjols, à 8 lieues de Brîgnoles^ et d'une population de Sa hHbitans.

B£SS£. Petite ville chef-lieu de canton , à 3 lieues de Brignoles , près de la rivière de Nissole , et touchant à un lac très-poissonneux, dont l'eau ne croupit jamais. Il n'y a point de danger à s'y pron^ener en bateau. C'est un plaisir qu'op s y procure assez souvent en été.

La viUe est assez bien bâtie ; elle a des mes fort larges et bien «lignées ; ses deux places ont chacune une

fontaine abondante ; le territoire est presque tout en plaine arrosée par la rivière; il produit du blé, du rln, de riuiile , des haricots blancs et des plantes potagères; les ruisseaux sont remplis d'écrevisses» Quoique le pays ne nourrisse pas de nombreux troupeaux , on y fait des fromages très-estimés ; il y a quelques fabri-* ques d*eaii de vie. Hubert de Tins fit le siëge de Bes« se , et remporta d'assaut dans l'année 1 578. Les foires (lu pays sont 4 le ^5 août et le 21 septembre. Pop. 1)650 hab..

Les communes du ressort de la justice de paix de cette ville sont , Besse, Gabasse , Gandumy , Flassans , GonfaroA et Pigpans,

BÉVONS, Bedùnium. Tillage à une lieue et demie

de Sisteron son chef-lieu d'arrondissement et de canton y près delà montagne de Lure. Territoire peu fer* tile ; cependant il produit du blé dont le grain est gros et pesant; les fruits et le vin y sont excellens. Pop. 190 hab.

BEYiMî. ^lye^ Bbinb.

BIANSON, Le torrent de Seîllans , réuni au ruisseau de Camandre de Fayence , AuRiou de Tonrrettes, à la Caniiolc dn Callian , et à la Font-Durane de Montauroux t forment h rivière de Bianson qui reçoit une partie des eaux des Maures de. Callian , et va se jeter dans la Siagne , près de la chapelle de saint Ca&siii , du Thaneron et de la tour carrée , de construction romaine^ f\}3X défendait autrefois cie défilé.

. BIOT, Village du canton d'Antîbes, à 5 lîeues de Grasse^ sur la rivière de la Bragoe. Ce pays est fort ancien y car on y voit encore les ruines -d'un temple dédié à la chèvre d'or. Les Sarrasins le détruisirent et menèrent tous les habitans en esclava^^. Une colonie de (amilles génoises vint jeter lesfondemens du village actuel sur une colline qui a pour noyau une roche principalement composée de débris de coquilles arron * dis et réduits en sable, renfermant par intervalle des glands de mer , des peignes» des cames, des vis» des pinnes marines, des huîtres, des oursins, des tuyaux de mer et autres coquillages assez bien conservés. Le langage du pays est le génois corrompu , qui s'altère considérablement par le rapport que les habitans ont avec les étrangers. l,e village de Biot est renommé à cause de ses fabriques de poterie, principalement pour les jarres et les marmites, qu'on porte par mer et par terre dans plusieurs départemens de France et même dans le Piémont. Le climat est assez tempéré; le sol produit du blé, du vin, de la bonne huile, des ûgues belléset fort estimées, et beaucoup de tabac excel<* lent qui donnerait un bénéfice considérable aux agriculteurs du pays « s'il n'étaient point contrariés et vexés par un monopole qui est un lourd fardeau qui pèse aur le peuple.. Il y a dans le territoire de belles argiles et du beau mairbre qui, travaillé , obtieudrait la préférence sur ceux qu'on tire de Carrare* Pop. ^,200 hab»

BLAISE (Saint). Ancien village ^ dans le territoire de Figanières. U n'en existe plus que desminef.

BLASCON. Après que lespreinicrs Marseillais eu* reni yaincu les Cœnobringiens, et qu'ils leur eurent ôté tous les moyens de faire la guerre, \U leur firent goûter les avantages de la civilisation. Plusieurs pçu-« plades se formèrent; celle de Blascon vint s'établir dans Tile où se trouve une partie de la ville des Martigues» nom qu'elle portait déjà, et qui parait venir de Haê~cœnij poisson de cœnus, paroe qu'on y pôchait et qu on y pèche encore beaucoup de muges qui font l'espèce de poisson la plus particulière de l'ancien cœnus,

BLAUYAG , Blautaeui. Village du canton de Mouiw moîron, à 2 lieues de Carpentras. Le climat est bon , Tairpur» le sol argileux et sablonneux; les productions sont les mêmes qu'aux environs. On y fait ordinaire» ment d'assez bonnes récoltes. Les grains y sont bien nourris > et le blé pour les semences est recherché des villages voisins. Pop. 080 hab.

BLÉGIER& frayez BiGvM.

BLÉO^E ou BuouNX. , petite ihrière du département des Basses-Alpes , qui prend sa aonree dans vu hameau nommé Prats, parcouit une espace d'environ lâKeoet, passe par les territoires de Blégiers, Cham« pourcin , la Javie , Mousteiret , Marcoux , Digne , Courhon , Ifs Sièyes, Malijai j où elle se jette diask Do* lance»

Oigitizeci by

Les Bodionticî occupaient les deux rives de celte rivière. On pense que le nom de ce peuple a été corrompu, et qu'il deyait tirer son nom de cehii de la rivière ; voilà aussi pourquoi plusieurs auteurs contemporains nomment ce peuple Biediontici et BUdmUeu

BLIOLX, Blirium. Village du canton de Senez, à 4 lieues de Castellane. Climat sain , sol assex bon ; le peuple y aime le rin avec excès» Les ruisseaux Ricoufreide et Chaussano arrosent le territoire , se joignent à un autre ruisseau qui porte le nom du village même, parce qu'il y prend sa source ; tous réunis, ils vont se joindre à celui de Clumane, près de Barrème » et forment la rivière d'Asse. Les productions de Blioux sont les mêmes qu'à Senez. Pop. 84o hab.

BOABES 9 Castrùm de Bogadà, Ancien village , séparé de Senez parle ruisseau de Blioux. Il fut détruit par le cruel Raymond de Turenne. {Foyez Les Mébs).

On n'y trouve aujourd'hui que quelques métairies.

BODIONTICI, corruption deBledonici, dérivé du nom de la rivière de Biedona y la Bléoune. Les Bodion-' tiei étaient un peuple celto-lygien qui, selon Pline, occupait les rives de la Bleoune, et avait son chef-lieu à Digne.

BOISHAUX. Hameau dans la Camargue , et près des Saintes-Manes.

BOISSET , Boissetum. Hameau à 3 lieues d'Apt , son chef-lieu de canton, sur la rive gauche du Cala->

. von» La plaine prodoU de l'huile et du nn ; les collines sont assez bien boisées ; le territoire offre des schistes remplis des débris de testacees et des jolis icthyolitbes; les pierres coquillières y sont très-commimes ; on y aperçoit aussi dçs cailipux silices et du sable micacé.

BOISSON. Voyez Buisson.

BOLBOTOM. yoyezl^ciiXBMXME&.

BOLL£i>l£. Ville chef-lieu de canton , à 4 lieues d'Orange , non loin du pont Saînt*Eqprit. Le terri* toire^ fertile, est arrosé par Lez, qui baigne les murs de la ville. On y recueille du blé, du vin , dn jardinage, de l'huilé et autres fruits exquis. Pop. 4»68o hab. Les foires du pays sont, le 2 janvier, 2 février , jl5 mars, 6 avril , i3 août, 8 sq>tembre , 1 1 novembre , 8 décembre et 21 décembre.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieu sont , Bollène , la Garde , Paréol, la Hotte, la Palud, Mondragon, Mornes et Sainle-Ccciie.

BOMPÂS. Hameau du canton de Cavaillon , à 2 1. et demie d'Avignon , bien près du pont de la Do» rauce. 'Les productions sont les mêmes qu'aux villa*

gcs voisins.

BOINDË. Belle source et étaxig très-poissonneux, d une lieue et quart de tour , an midi du village de

la Motte-d'Âigucs , près de Pertuis,

BONNIEU. Cap de la côte maritime du déparlemeut des Boucjies-du-Hhôae » au midi des Martigues.

BOMEIX, Pefite ville chof-Jieu de canton, à 3 lieues d'Apt , située su* le pencliaot de la moutaga^ fia LcberoD , visant au nordJ L'anciealîeu était autres fois ]>ati eu lu' luicycle au pied de la môme montagne. On le nommait Jiitrone; mais^dansle treisème siècle;sd« temps des guerres des Albigeois , leshabitans , fatigués des troubles qu'ils éprouvaient , furent bien aise de se piettre en mesure de défense pour l'avenir ; ils abandounèrent leurs demeures.pour aile i en construire de nouvelles sur la iiauteiir , et sqi|S la protection d*ttn vieux cbâteaa bien fortifié. Us s'entourèrent de bonnes murailles flanquées de tours ; on ne pouvait entrer dans .cette enceinte, que par deux portcls jfçaniieë chi^ curie d'une herse et d'iuie avant-porte qui en défendaient Tapprocbe ; deux £Eiu)>ourg8 s établirent ensuite hors la -ville et du côté du nord. Le nom de' cette ville dérive du joli point de vue qu'elle offre et qui estasses étendu.

A environ une lieue deBonieux et du côté de lest, on voit sur le Cauiou ou Calav.on un beau pont à trois arches qui fut construit par les troupes de Jules-César. Il est encore en bon état et porte le nom de Pont JuUen* Les Romains construisirent en outre le chemin Moumiou, qu'on voit encore sur le bord de la rivière et sur une longueur de quatre lieues. . . On prétend qu'il y a une mine dV>r sur la mpa«

tagiie au midi de la ville. Le peuple prend souvent des pyrites pour de i'or^ ou, du moins , pour du miuérai. Cette montagne , ou , plutôt, le yallon de Yalmasque, qui se trouve à l'ouest , nous rappelle un fameux combat qui s'y livra entre les catholiques et les hugue* bots. Le climat de Bonieux est doux ; les productions sont à-peu-près les mêmes qu'à Apt ^ il y a foire le 17 janvier. La population est de a)570,hab*

BORMAM. Foyez Boemes.

BOIIMES9 Barmaon Barmium. Bourg du canton de CoUobrières, à 9 lieues de Toulon ^ sur le penehaat d'une colline y à une petite distance de la mer. Son nom annonce assez que les Borniani , peuple celto^ lygien, habitaient dans la contrée ; maisrîenne prouve qne le chef-lieu fftt à Bonnes. Je suis fondé à croire que leur mallus était au même endroit où se trouve la ville d'Hyères» position la mieux à portée d!Oibia 9 qui était le port de ce peuple d'où roa tirait du poisson en abondance* D'aiUenrs , c'était là à-peu-près le centre du pays que ce peuple occupait » tandis que le lieu où se trouve le village de Bormes eu aurait été tout-à-fait à Textrémité.

L'histoire rapporte qu'en 1482, saint François de taule 9 appelé eu France par Louis XI , aborda à Bormes 5 et trouva le pays désolé par une peste des plus désastreuses ; que ce saint , pour récompenser la charité qu'il reçut des habitans, obtint du ciel la guérîson desmalades ; et que | depuis cette époque , ce boui-g

ti*a phis été attaqué de ce fléau , lors même que la

contagion iulestait les pays voisias, ce qui est souvent

Les jardins de B ormes offrent les mômes productions que ceux d'Uyères ; le climat eat aases sain » les collines trèa^rtîles $ on y recueille du blë et dé belleè châtaignes qiron embarque pour Marseille. Au bas de la plaine est le hameau de La?andoii , où Ton a ëta* bli une pêcherie. Les Catalans y venaient à la pèche du corail. Le territoire oilVe du talc savonneux argenté^ des terres ferrugineuses connues dans le commerce sous le nom de crayon sanguin , des terres bulaires , du poudingue assez compacte , et des forêts de pins. Pop. i,5oo hab. Foire, le dimanche de Quoiimodû*

BOUC , Coêtrum de Bucco. Village du canton dte

"Gardapne, à â lieues d'Aîx, et perché sur un rocher. Une ancienne forteresse qui se trouvait au lieu même du vieux château portait le nom de naHle foriaUiitan agttense , ce qui annonceiail que ce village a été un faubourg ou une dépendance de la ville d'Aix. Les habitans , renfermés dans cette forteresse » repoussèrent vivement les attaques des ligueurs commandés par de Yins. Le village de Bouc, depuis 1767» est nommé Albert AS, ou plutôt, par suite de rentêlemcnt des Provençaux, ce village est nommé indifféremment Bouc ou Albertas. Le climat est sain, [le sol fertile ; on y recueille peu d'huile, mais elle est excellente; peu de blé , et beaucoup de vin propre à être embarqué. Pop. 1 ,^00 faab.

( i64 ) BOUC. Voyez Tour ©e Bouc.

BOLLBON , anciennement Bourbon, Bulbo^ autre- Ibis Castrum de Buibono, Village du canton de Château^» Benard , i 5 lieues d'Arles , siu'la rhrë gaudie duRbône, et au pied d'un coteau en lace du confluent du Gardon* •Climat sain ; le fleuve inonde tous les ans une partie -de la plaine et la rend très-fertile , principalement en blé. Pop. i^ioo hab.

. BOLllGUET (Le) » autrefois Bagàkr^. YUlage da canton de Comps , à 6 lieues et demie deDraguignan. Le village de Bagarrissç trouvait sur une hauteur. Les ferres de religion fm*ent la cause de sa destnictîoa et de rétablissement du nouveau lieu dans la plaine. Climat froid; sol de médiocre qualité et marneux » oflQrant du i^ez; il* produit beaucoup de prunes^ Le Jabron et le ruisseau de Boubion arrosent quelques terr^ Fpp. 200 hab. '

BOUBGU£T ou Bourgbt. Village du canton de Kelllanne, à â lieues ti*oîs quarts de Forcalquier. Productions, les mêmes qu'aux environs; on y élève beaucoup de pourceaux. Pop. 55 hab.

BOURRËLY. Château fort curieux dans son inté*

rieur, à un site fort gracieux, sur le bord de la mer^ à une Ueue et demie de Marseille.

BOUYOA' ou BoYON » Boyo. Village du canton de Coursegoules , à 1 1 lieues de Grasse. Climat froid $ territoire baigné par TEsteron et par le ruisseau de

Boyon ; la principale recolle ejst celle de l'huile d*o-^ lîve, peu de blé et peu de vin. Pop. 55o hab.

SRAiNTËS , BrantuÙB. Village du canicm de Malau-

cène , à 9 lienes d'Orange. Climat froid à cause des montagaes qui lentourent et qui sont couvertes de neiges pendant Thiver ; le sol est fertile en Ué,, mes et pommes de terre. Ou trouve dans le terri-» toire des mines de bouille qu'on pourrait uliliser. . Pop. 49^ bab.

BRAS y Brachium. TilDsige du canton de Barjok^ Il 4 Keues de Brignoles, sur la rivière d'Argons, qui; sépare le territoire de ceux de Seillon et de Saii^t^ Ëstève. Dans la campagne de Bras se trouve un lac dont les eaux sont très-profondes ; elles devinrent rougeâtres lors du fameux tremblement de terre de Lisbonne. Le peuple a cru long-temps que si l'on manquait , le jour de la Saint-Marc 9 de venir procession-, nellement autour de ce lac, il en sortirait des flammes qui réduiraient tout le village en ceiidres ; bien plus, ce peuple s'imaginait entendre, le jour de laMagdelaine , la voix plaintive et lamentable de plusieurs . personnes qui y lurent abîmées lorsque ce creux se forma. Le terroir est argileux et d'une bonne qualité; il produit du blé et du vin. Pop. 1 ,320 hab. Les foires* sout , le 3 août et le^^G décembre.

VRk&'VkSSErBrasvaiUs/issîce. Yillage du can*

ton de Mézel , à 5 lieues de Digne , sur la rive droite de TAsse, et sur une batteur près du torrent appelé

VaUon.deê Cardeurs* Ces deux rivières sont redootables lors de leurs crues » et elles causent un dégât considérable dans les terres. On pas^e ordinairement l'Asse sur les ^Miules des paysans cpii travaillent dans la plaine ; un étranger ne s'exposerait pas seul dans une rivière qui lui offre du péril par l 'inégalité de son Kt. Le clknat est doux et sain ; les productions sont^ les prunes , les légumes, le chanvre, le vin , les pommes de terre et de la bonne huile. Pop* 599 faab.

BRAliX ou BusAux, Brancldum, Village du caulon d'Annot, à 1 2 lieues de Castellane. Climat et produc» lions, les mêmes qu'à Annot* Pop. 460 hab.

BRÉ6ANÇ0N ou Bekgançon. Petite île avec un château y séparé par un canal étroit d'une pointe du continent, en face de Port-Cros ,^'une des îles d'Uyères. C'est dans l'île de Brégançon que se trouvait Prr^aniiumj qui, selon Étienne de Byzance , était une des TÎUes celto-lyguriennes voisines de celle à^Olbia.

BRÉNON , Brenonum. Village du canton de Comps, à 8 lieues de praguignan, sur l'Artubi et le Jabron, adossé à la montagne de Clare , du sommet de laquelle on aperçoit au soleil levant la flèche du clocher de Préjus, quoique cette ville en soit éloignée de 10 lieues en ligne droite. Pop. 1 15 hab.

Le climat est tempéré en été, mais très-froid en hiver , parce que le soleil n'y darde de ses rayons que pendant quatre heures de la journée ; le sol est marntui ; la marne du pays est appelée roubine, et ne bun-

làlllcpasle terrain ; cependant on y recueille beaucoup de fruits. Il y a dans le territoire de la craie , du char* bon de terre} des coquillages fossilles et pétrifié*

BRÉOULLE (La) , Breduia. Village du canton du Lauzet , à 8 Heuesde Barcelonnette , près du confluent delUbaye^ et divisé enplusieurs parties presque toutes sur le même alignement. Climat sain et froid en hiver » à cause du vent du nord qui fait qu'il y pleut rarement;, aussi on n'y récolte d'autre fourrage que le sainfoin. Une grande partie des collines ne produisent rien , ce* pendant il y en a qui^ vers le haut, ont des hêtresi des pins et des mélèzes; et vers le bas, quelques noisetiers ét quelques vignes , où l'on voit les ruines d'un ancien couvent de templiers. La montagne du Col la dme est toute brillante du côté du nord» à cause de la grande quantité de pyrites cpii réfléchissent les rayons . du soleil. Jolies sont des indices certains que la terre renferme des mines de charbon de terre; on croit qu'il s'y trouve aussi de l'ardoise.

* L'ancien village se trouvait sur une colHne assez éle« vée , près de la Durance , et que l'on nonfme le Châ^ tcau ; on y voit encore des vestiges de sesforlilications. Le duc d'Ëpemon assiégea opiniâtrement cette place défendue par un brave du pays , qui , à cause de sa valeur, fut surnommé La Breoulle* Le chemin qui du village conduit en Dauphiné, est tracé, à travers des ix)chers, dans une longueur d'environ deux cents mètres. Ce lieu a offert un passage très-dangereux jus-

• ( i68 ) qu'en"! 755 , époque à laquelle radmiiiistration y fit '

construire un parapet. IJ mérite quelques regards, sous le double rapport de la singularité du site et de la hardiesse destraTaux. Pop. 918 hi|b«

BRIANGONNET , Castrum Briamoni. Village du

caulon de Saint-Auban, sur rEstéroii, à 12 lieues de Grasse, Ce lieu est fort ancien ; c est le Brigantium des Romains , position considérable , dont il ne reste' d'autres traces que plusieurs inscriptions que Millin a négligé dé voir. Cependant cet antiquaire dit avoir vi« site la Provence ; nous pouvons assurer qu'il a néglige toute la partie montagneuse et les deux tiers de la partie basse. Bien plus , il a passé près des lieux où se trouvaient des inscriptions intéressantes, sans qu'il diûgnât s'écarter de dix minutes de son chemin pour les exaiAiner % cette négit(;ence provient sans doute de ce que le pays n oOVait pas de beaux hôtels pour le recevoir 9 cependant un véritable amateur mange et boit quand il fait une trouvaille, t^e pays du Brîançonuet lui aurait ollert, chez les habitans, des médailles d'or et d'argent qu'on trouve journellement en cultttivant la terre, et dans l'habitation, des inscriptions sans nombre qui offi:ent le plus grand intérêt alux amateurs d'archéologie.

Le village actuel est entouré de belles prairies qui servent à la nourriture de plusieurs troupeaux. Le ter* rîtoîre offre beaucoup de pyrites que certains minéralogistes peu instruits prh*ent pour du cuivie ; ils ia-

daîsirent en erreur placeurs crédules qni dépensèrent beancôup d'ai'geilt' pou^faire èr^uaer dans la terre,

croyant trouver une mine abondante de ce métal. Pop. 53o hab.

SRIGAISTIUM. Vayvz Bvançonnsv. -

BRIGAtNÇOiN. /^(Jiyf^; BaiGiJiÇON. • •

BWGNOLÈS, Brinonia, de deux mots celtîqnesî brin prune , el on bonne , dont on a fait le mot latin Brinmia. Ville chef-lieu dWondisséroent da dépar- . tement du Var, avec tribunal de première instance^ tribunal de commerce^' à lieues de Paris.

La vdle dé Brîgiioles n'existait pas da teinps de^ Cclto-Lygiens , quoiqu'une partie de son territoire et toute la contrée fussent occupas par des Sueiteri qui avaient Antea pour capitale. La plaine de Brignoles n'était alors que marais occasionnés par la Caramie , rivière dont le lit , non resserré , changeait souvent de place. Ces marais rendaient le territoire malsain et presque inhabitable à un peuple qm , ne rîvaùt que de chasse 9 était obligé de parcourir chaque four la campagne , et de coucher en plein air dans toutes les sai* sons. Les premiers Romains ne jugèrent pas convenable dy établir une bourgade. Cependant plusieurs familles étrangères vinrent y défricher des terres , .et se construisirent quelques maisons de campagne sur une hauteur 9 hors de l'alteinte des inondations. Ce commencement d'habitation s'accrut cdhsidérablement^ lors de la destruction de Matavo ou Matavo^

nitm » qui se trouTait dans la plaine de Cabâflse. C'eat

sans doute ce qui a fait croire à plusieurs historiens que Brignoles était le Maiavo des aaeiens » quoique le

pays n oârît aucun vestige qui put les autoriser à le croire*

Dans le sixième siècle, Brignoles était déjà une yille

assez importante ^ et sa population allait toujours croissant* La ville, ne pouvant contenir tout le monde» on tai forcé de construire nn grand nombre de hameaux et de faubourgs. Parmi ces derniers, nous citerons Ceux deSaînt-Jean» de Saint-Martin , de Saint-Pierre» de Saint-Simian et de Brignolelte, comme étant les plus populeux* Mais» pendant les guerres intestines» ces feubourgs furent forcément abandonnés par les habitans. Ils se réfugièrent sur une éminence, autour du palais des anciens comtes de Provence. Ce fut là qu'ils bâtirent la ville actuelle ; ils l'entourèrent de murs et contre-murs flanqués de tours et de bastions; ils J creusèrent de larges fossés , principalement dans la partie en plaiie , ce qui la rendit forte et imposante aux chefs des diftérens troubles qui désolèrent la province. Les Tuchins ainsi que Raymond de Tnrenne firent de vains efforts pour s en emparer. C est alors que ce dernier» homme bouillant et emporté » fut assouvir sa rage sur le village de Camps.

L'heureuse situation de la ville de Brignoles » la bonté oe son climat devenu sain par les travaux des hommes, la beauté de ses promenades et la fertilité de son terroir , engagèrent les souverains de la Pro-

Oigitizeci by

?ence lî Tenir y passer la belle saiBon de chaque an-

née. Les comtesses ne manquaient jamais dy venir faire IçorscpucbeSy et d'y passer leors èonyalescences. Nombre de familles de distinction y fixèrent leur domicile, et Brignoles devint la seconde capitale de la ProTence. La noblesse ne manqua pas de s'emparer de tonte rautorité de la ville , ce qui ne lui fut pas difli* ciie chez un peuple qui préférait obéir à b^ folle va« nîté de commander. Hais comme les nobles établirent une sorte de gouvernement aristocratique , qui lésait les intérêts du souverain ainsi que ceux du peu[Je , Bérenger lY s'empara par finesse du consulat , et tint pendant un siècle la ville sous l'oppression. Les habitans parvinrent à secouer le joug despotique de leurs administrateurs , et laissèrent de nouveau le pouvoir à la noblesse oisive , qui vexa tellement le peuple parles abus les plus révoltans, que celui-ci se ligua et exclut à son toiu: ses oppresseurs » et du consulat et du con« seil* Mais 9 peu de temps après» le peuple, naturelle* ment bon , pleinement persuadé du regret et du repentir des nobles, leur pardonna et leur confia de nouveau toutes les charges municipales auxquelles ils tenaient par vanité plutôt que par intérêt.

Saint I<ouis, évêque de Toulouse, fils de Charles II et de Marie de Hongrie, naquit à Brignoles en 12749 et y mourut en 1297. Ses restes fui-ent portés à Marseille où ils furent visités parplusieurs princes étrangers. Mais une flotte espagnole, revenant dltalie, surprit cette ville^ s emparades riîliques du saint évOque , etles

emporta en Espagne où elles sont encore. Jesuisétoonc les habîtans de Bi%noles, bons religieux et ayant ime grande vénération ponr ce saint lenr compatriote, D aient pas profité du moment où les armées français sses étaient en Espagne, pour réelamerees priécieuses relic^ue;^. Il est hors de doute qu'ils uc les eussent obtenais sans difficulté.

Le connétable de Bourbon , par suite d'une brouille-

rie avec le roi de France , se mit à la tête d'une armée <

aiitriclilenile 9 et se reùdit midtre de la ville de BrI-

gnoles. La ville et les faubourgs ne purent tenir un seul jour contre là valeur de ce grand capitaine » tant il est vrai qu'il n'est point de place assez forte pour résister à la valeur d'uu général français. Maiç, onze ans après» Brignoles résista vigoureusement à l'empereur Gharles- Quiiit, qui croyait que sa seule présence ferait tomber les murailles et les bastions* Forcé de battre en re-' traite , il fut poursuivi par une centaine de feunes gens du pays qui, sans expérience dans l'art militaire , tom-> bèrent dans une embuscade et furent enveloppés par toute Tarmée impériale. Apres avoir tenté plusieurs fois inutilement de se faire jour à travers les rangs ennemis , et avoir jonché le sol de cadavres 9 hàrrassés de fatigue , et ne pouvant résister au nombre , ils se ren* dirent prisonniers.

L empereur, fier d'un événement qui venait de mettre entre ses mains les enfans des principaux notables du pays , retourna sur Brignoles , et fit précéder ses troupes par les prisonnicrs.liés ensemble. Les assiégés.

craignant de donner la xuort h leurs propres enfaiiSy ne brûlèreat pas une amorcé; au contraire, ils fxam^ rent les portes aux impériaux. Charles-Quiut entra dans .la viUe en trioiophateur e| la livjra au pUiage» Après ce premier tirait de bravoure et de grandeur» voulaut singer Komulus^ Çompée, César, Auguste et aMtres grands capitaines qui aTaieiit;fait bâtir des viUes m le lieu où ils avaient remporté upe gremde victoire, et auxquelles ils afaient donné le nom de JXkopoUs, iugnifie ville de la victoire; Cbaries-Quint> se eroyaixft sans doute un de cçs guerriers fameux, aurait voulu à J instant JËatire bâtii* ifue ville au milieu de la plaine de Brîgnoles; mais, présumant 'quV>n ne lui donneraîl peut-être pas le temps 4 en creuser les fondemens, il ae intenta de donner le nom de JVicopolii k la ville existante, nom quelle conservaune vingtaine de jours, c'est-à-*dire tout le temps quelle fut occupée par les Iroupes allemandes; •

Lors des guerres de la ligue , qui mirent toute la France eu combustiou, le duc dXpemon fut envoyé en Provence en qualité de gouverneur. Il soutînt de son mieux l'autorité royale ; mais 1 abus qu'il iit de sou autorité lui attira de . puissans ennemis. Il ne trouva de tranquillité qua Brignoles, où il élablit sa résidence. La crainte d'y être troublé fit qu'il s y fortifia de son mieux ; il y fit même construire une citadelle asseï importante, qu'il ût détruire jusqu'aux fondemens , lorisqu'il apprit La nouvelle de sa disgrâce » et qa*oa )ui eut intimé Tordre de quitter le pays.

Le baron de Tins, ayant une offense particulière à

Tanger sur cette ville, vint l'assiéger ; mais il éprouva une vigoureuse résistance. Feignant de renoncer à cette entreprise, il fut se cacher dans une forêt du territoire de Bras. Les habitans de Brigooles , croyant être délivrés entièrement de leurs ennemis » se livrèrent à la joie et à la débauche. A la nuit , tous les hommes / fatigués par la danse et par la boisson , s'abandonnèrent au sommeil; mais le lendemain, janvier, avant le lever du jour , de Vins vînt leur souhaitér la bonne année. Les dormeurs furent éveillés par les cris des mourans qui tombaient sous les coups des soldats de de Vins, et par ceux des femmes qui se désespéraient de voir saccager leurs maisons*

Pendant les guerres de semestre, Brignoles donna des marques non équivoques de sa fidélité an roi. Elle contribua beaucoup à la victoire remportée par le ré- • gîment Saint-André , le i5 juin 1649 > parlementaires, dans la plaine du Val. £lle indiqua, en 1746, aux troupes françaises qui venaient à marche forcée pour secourir Toulon , des chemins raccourcis à travers les montagnes qui séparent les deux villes; elle donna aussi des avis salutaires au maréchal de Belle-Isle, campé au Puget-les-Toulon , et par ses avis •son secours> les troupes du duc de Savoie furent refoulées jusqu'en delà de la frontière.

Les habitant de Brignoles , au nombre d environ 6,000 , ont des moeurs , de la religion et de la probité ; ils sont ûdèles et très-dévoués à leurs patrie ; ils sont

polis et très-affables envers les étrangers. On ne troufc point panni tas cette tourbe disparate qui fait à tort dëpréder lesgens de certaines Tilles. Le peuple se mo* dèle aux personnes honnêtes » et le riche ne dédaigne pas de sourire aux malhetureux» en supposant que le pays en offre.

La ville de Brignoles a d'agréable sa grande rue» sa place sur laquelle est une beHe fontaine » et 'les de* hors de la ville presque tous en plaine « mais entièrement dégarnis d'arbres; les hauteurs sont également nues , ce qui est cause que les rents ne permettent plus aux pruniers du pays de donner suiUsaninient de firuits» pour que cette ville reprenne la fabrication et le commerce des prunes-Brignoles , fruit très-estimé dans le nord de FEurope, principalement en Angle* terre , en Prusse et en Russie.

Brignoles a également perdu la fabrication du savon par le manquement d'oliviers du territoire , et celle de la faïence, à cause de la rareté des matières combustibles, ignorant qu'au bas de la montagne de Canderon se trouyait une abondante mine de charbon de terrre. Mais elle a conservé plusieurs autres genres de fiaJ>rication quelle soutient avec persévérance et succès» par le caractère industriel des liabitans, par leur fidélité dans la confection des marchandises» et par le petit bénéfice dont ils savent se contenter. C*esi ainsi que Brignoles a une papeterie ^ des tanneries» des ciergeries » des distilleries d'eau-de-vie et des filatures pour la soie i clic pourrait avoii' des verreries at des

marbreries, si Ton daignait exploiter les mines de Caaderon .qui sont prçsji{ue toutes d'un accès facile ou 9 du iRoiiis» ^'on pourrait rendre telles à.peu de frais.

, Le territoire de Brignoles 9 très-bien cultivé» donne principalement du blé, du vin, du foin du jardinage e| des légumes; on y trouve quelques oiûriers, .et l'on pourrait en augmenter considérablement le nombre , ne fût-ce qu'en ombrageant la grande route qui longe tout le territoire qui a plus de deux lieues de longueur. Le pays a quatre foires dans Tannée, savoir t le samedi de Pa$&ion » le mardi avant la Pentecôte, le i S août et le 1 1 novembre.

Les coinniunes du ressort de la justice de paix de cette ville sout» Brignoles, Camps» la Celle, Tourves« îeYaletTins. * '

BRILLÂNB (La) , BfhdBna. Tillage du canton de

Peyniis , à 3 lieues de Forcalquier, sur la rive droite de la Durance que Ton passe Sur un bac. Climat sain( le^ productions sont , le blé , les légumes et le gros sainfoin introduit depuis peu et qui, en outre des dou« Mes récoltes 4fu'!l donne , bonnifie les plus mauvais terrains. Pop. ^45 hab«

BROC , Caslrum de Braco* Village du canton de Yénce , à 9 lieues de Grasse , sur la rive droite du Var.

Pays fort ancien que les llomaius ont long-leinpji habité, à. en juger par les inscriptions, les tombeaux e^

les médaillçb qu'un y a trQUVcb. Climat tempéré en

ëié et froid en hiver ^ les productions sont , le h\é , les légumes » les ilgaes et Thiiile; une partie de la

plaine est arrosée par un ruisseau qui vient de Bésaudan. La foire est le 1 7 janvier. Pop. 800 hab.

BROYES f 'Brava. Village du canton de Gomps , à

6 lieues de Dra^uignan, dans la monlagae. Climat sain; produit du blé. Pop« â5o hab.

BEUE , Brm. Yillage du canton de Barjols > à 5 lieues de Brignoles. M. le marquis Roux-de-Corse acheta celte terre , fit reconstruire le village; quatre iles de maisons tirées au cordeau forment trois belles rues 9 dont celle du milieu , beaucoup plus large que les deux antres , est garnie de beaux arbres qui en font un fort joli cours. Des manufactures en plus dW genre y furent établies, et plusieurs familles s y fixèrent. Il est iacheux que des circonstances malheureuse» aient changé la face du pays. Les fabriques ne sont plus qu'un tas de décombres , et la plupart des maisons sont inhabitées. On n y compte plus que 33ohab.

BRUNET, Coêtrum de Brmeîo. Yfllage du canton

de Yalensole, à 10 lieues de Digne 9 sur la rive gauche deTAsse. Climat froid » à cause de son exposition aux vents du nord; le sol produit du blé , des grains, des amandes, et abondamment de fruits, principalement les prunes, les poires et les pèches. Pop. 53o hab.

BRUSQUET (Le). Yillage du canton de la Javie ,

à 3 lieues de Digne. Il est bâti au même emphce^ ment o& se trouYaît autrefois le bouif de laLautière^ Castrum de Lauzeria , qui , dit-on , fut détruit pendant les guerres intestines. Le territoire oflre beaiw coup d'arbres fruitiers qfui produisent considérable* ment ; on y fait beaucoup de pnmes-Brignoles qu'on expédie dans les villes de commerce. Pop. 61 5 hab.

BUEGH. Petite rivière qui prend sa source dans les

montagnes de la Croix-Uaute en Dauphinë , d'ou^ après un cours de 1 3 lieues 9 elle se rend dans la Du-

rance , près des muis de Sisteron.

BUISSON , Boissonwn, Village du canton de Vaîson, à 5 lieues d'Orange, sur la rive gauche de rAi* gues. Terrain fertile, s'il n'était pas négligé ; les coW Unes présentent beaucoup d'ostracites. Pop. 3g5 hab»

BUOUX, Buolis. Village du canton de Bonieux, à une lieue et demie d'Apt. Pendant les guerres de religion , il fut le théâtre de quelques exploits militaires; mais son fort fuiit par être détruit. Climat doux et tempéré ; sol de médiocre qualité , encore e^t-il dé* gradé par plusieurs torrens ; cependant il produit du seigle y du froment, ^des noix, des amandes, des raisins et des fruits exquis. Les pâturages y sont abondans et les laitages y sont meilleurs que dans le voisinage. Pop, s4o hab.

CABALES, Cabanœ, Village du canton d'Orgon^

à j lieues et demie d'ArleS|Sui* la rive gauche de la Du^

rance. On dit que des bergers constnibirent là quelques cabanes 9 qui servirent bientôt de gSte aux voyâl^nrs qui d'Avignon allaient à Tarascon» Ces cabanes se multiplièrent ; plusieurs fSaimilles d'artisans y accouru-* rent et s*y établirent pour y exercer leur métier. De simples cabane^ furent converties en n^aisons , et un petit lieu de repos est devenu un assez jolr village. Le climat est sain ; le sol est fertile en grains et çn mûriers; aussi» dans le pays, on élève beaucoup d« vers-à-soie. Foire, le juillet Pop. i,35ohab.

CABAllOS. f^oyez Titan, une des îles d'Hyères,

CABASS£. Village du canton de Besse, à 3 lieues de Brignoles , sur la Kissole. Ce lieu est le MatavQ ou Matavmiwn des anciens , position celto-lygienne et station romaine , qui se trouvait sur la voie auré« lienne qui de Fréjus allait à Aix.

Plusieurs auteurs qui ont écrit sur la Provence sans l'avoir suffisamment explorée, placent M^Uavo, les uns ^ à Brignoles , les autres à Vins et même à Gotignac , quoique ce dernier lieu fut extrêmement éloigné de la voie aurélienne. Gomme une erreur entraîne tou* jours à une autre , la fausse position dô Matavo en fit donner une inexacte au Forum Voconii , qui a été placé , tantôt à Gonfaron , tantôt au Luc , et, en dernier lieu, au Cannet du Luc,

Papon a reconnu par lui-même que Matwoo était réellement à Cabasse; mais il n'a pas pris la peine de s'assurer de l'endroit oii devait se trouver le Forum

P^ocanii; il vit bien qu'il y avait erreur , ou ches fef

histêl^îens de la Provence qui l'avaient précédé , 01» dans ritinëraire romain qai donnait les distances; Pour corriger cette erreur, il dit qu'au lin de xii milles de distance entre Matavo et Forum Voconii^ ainsi mar« que dans Titinéraire, il follaitlire vu. Ce moyen est unique pour trancher une pareille difficulté. C'est tout conmie s'il eût dit que le C » chiffre qui signifie toujours tenî , doit dans le besoin être pris pour L ^ autre chifire qui dési<;ne le nombre cinquante. Si Papon se fût transporté lui-même sur tous les lieux » et qu'il eut pris la peine de chercher les véritables positions, il n'eût pas manqué de reconnaître que le Forum Voconii ne pouvait être au Cannetyàcause d'ua grand circuit qu'on aurait été obligé de faire pour éviter une direction impratioable » mais bien à TaraàeaUf naguère Taradel , corruption de Taladel, distant de Cabasse de xu milles» en passant par le.Thoronei et le pont d'Argens, près du hameau des Saintes-Mariés, seui pont qui, à l'époque des premiers Homaias, fût sur cette rivière , et non celui qu'on construisit ensuite dans la plaine entre les Arcs et Vidauban. 11 aurait eu pour «econde preuve la plaine des Arcs et de Yidauban, ou il est dit que les armées de Lépidus et d'Antoine campèrent sur les rives de l'Argens près du Forum Voconii; il aurait vu que la route de Fùtum Jàiii k Matavo était tout-à-fait directe, et qu'il existait entre ces deux derniers lieux la distance exacte marquée dans ritinéraire; et alors» non seulement Papoa eût

Mlevé les ertexm des ëcrmiiis qui rafaieiil.pi^oéd[4 1

mais il eût évité d'en commettre lui-même , ne fût-ce que celle de dire que la route de Forum JuUi (fré)us) à Reiis ApoUinarU (Riez) passait par JFViriMi Foamii, jinUa^ etc.

L'estiiudile auteur de l'annuaire du département

du Yar , à qui je suis redevable de plusieurs reAselgaemens précieux , fait mention d*une pierre miUiaire^ divisée en deux pièces , qui se trouve dans le cime* tière joignant T^gUse de Cabasse p et dont voici U copie exacte :

IMP. CAES tu VAL. CONS TANTUSD F. AV6.

niVf. HAXI XUNI iV6«

nspon* nm. CONS

TANn. AV6.

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