‹ Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne et moderneChapitre 5 sur 8 · DIS MAN · texte numérisé non relu

DIS MAN

NVMISAE. GAESIAE. G. NVAaSK F; COMIVGI. PIENTUSIM AS. TIXIT

iNNis. IX u fleucnrs. atusuan

D. use T, MAC BT* USG P. MIN^ VIAK., VmmiS*. . YIYO. S7* NJf IU8IV8. CHBIS1T& UBE&TT8. 8tB BT SVIS. F£GBBTIIT

■ Eatroveaeef,oa9ppMejiuikinêfpalud$^Qt£aronêê'^. des maorais dessééhës qui cependant conservent ton-, jours leur nature marécageuse, parce que, daas la saison {riavieiise , ils restent inondés. Le sol de ces^nrones on palunt est très-approchant de celui des tourbières. Il ne paraît même formé en beaucoup deo-^ droits que de débris de plantes aquatiques réduites en lin terreau charbonneux.

La- partie-ouest du territoire de Fréjus offre» sur une^ très^grandeétendue» des^anm^s qui n'ont presque pas.d écoulement, quoique saignées par de larges fossés^, dans lesquels Teau reste stagnante ou s'infittr^ d^BSles terres qui SToisinent ees Ibssea^-; ce qui fait que-^ quoique ces ^^r(7n«s paraissent sans eau, il s'en exhale pendant l'été des- miasmes délétères. Aussi i que» quon fasse, quelque moyen qu'on emploie à Fréjus, le climat sera toujours le même ; et les^étrangers qui, dans la saison des chaleurs» reeeiront et respireront la rosée du soir et du matin, paieront cher leur im* l^rudence.

• Fréjus est privé d'eau potable. On a recours à cellA-

de puiU public^ pu partîouliers« La plupart de ce& pnito tirent leurs eaus du bieZf qui est une dérivation de la rivière d'Argens, et ces eaux ne peuvent être ^e moUassea et d\xa goût vaseux. Depuis peu^ on a oonstruit à Fréjus une machine hy drau]i<{ue d'un grand entretien, <jui él^ye les eaux du bie^ à une grande hanteuTy les jette dans des porgeoirs» et de là, elles vont alimenter deux fontaines qui n ont d'autre utilité que celles de Tagréoient» et de servir pour abreuverles liètes desomine. Cependant il est des époques où Ton peut les employer pour les lavoirs de ouisine, et c'est lorsque Von craint que celles des puits ne tarissent.

Nulle ville de Provence ne se présente sous un si bel aspect que celle de Fréjus. Elle n'est poin( resserrée par des montagnes qui la pressent et l'étouffient, enla privant de la circulation de lairetdes vents alizés; elle n'est point environnée d'un terrain sec» maigre et infenitilcy qui rend la campagne triste et fatigante à Vaàl du voyageur» qui aime à trouver le beau» le bon et le variée. La ville se montre, de plmsieurs lieues loin, sur une petite éminence qui domine > d'un côté une vaste étendue de mer qui se perd dans un vaste horixon, et de l'autre one grande plaine couverte de moissons, de prairies, d une multitude de jardins, deptantes aquatiques» de lacs et de misseausc, où, pendant l'hiver ^ l'oie, le canard 9 la sarcelle et autres oiseaux de passage viennent par milliers chercher une nourriture abondant» et •ervir de proie aux diasseurs de la contrée. la ville , 00 découvre la vallée de TArgens et df^la Nartuhie»

qui se prolonge jusqu'à Jlntéa, anciettiie CjipilaliQ dfH pays. A droite et à gauche , ce sont des montagnes schis-, teuses, moitié nues et moitié couvertes du piu maritime 9 dont la verdure semble se marier avec celle de Tolivier qui décore les montagnes calcaires qui forment le ibnd du tableau. Bans la plaine , on admire au loin le cours de la rivière d'Argens, et plusieurs villages dont la réflexion des rayons du soleil fiait briller les JE&çades des maisons et la 0èche des clochers.

Le territoire de Fréjus est d'une étendue immense*. U tient k lembouchure de TArgens et à celle de la Siagne. La partie à Test est formée par la montagne de r£stérel dont nous avons déjà doxmé l'article , et auquel noua renvoyons le lecteur, et par le hameau de la Napoulle , que nous citerons en son lieu avec des détails ioteressans«

La côte maritime 9 au revers de la montagne de l'Es* iérel, oiire quelques points qu'il importe de connai-, tre. En partant de la Napoulle pour venir à Fréjus» on marche sur la voie auréiienne , vieille roule exist^te . encore en partie» et connue sous le nom de chemin UuréUan, On trouve d'ahord la plage Thhle^ vulgairement Tbéoule^ C est dans cette petite plaine que Ton ensevelit sainte Tulle» au rapport de saint Eueher» son père. Sur cette même plage se trouve une fabrique de savon abandonnée» qui a dû être la plus considérable de la Provence. Lesfabricans de Marseille jugèrent à propos d en faire Tacquisition» pour n'être plus forcés de soutenir. une concurrence qui leur eût été oné«

■ ( 458 ) ieiise. lîîiè bêllè fontaine d*eaa potable coule natorelSà fement d'au rocher et tombe dans la mer. Les bâti-, meps Tiènnent y faire aiguade» sam^-wAr besoin, de débarc[uer les futailles.

Après Tient le cap Thëoule , le cap Row et la grande caranqne SAnîéa, où se trouve une antre fbntaitaepropre à fournir de l'eau aux navires. C'est dans cette caranque que les premiers Marseillais» qui jetèrent les fondemens d'Athenopolis sur la hauteur de Monturbis, devaient tenir leurs vaisseaux comme en un bon abri^ Cest Hr aussi où les A nglais , pendant la dernière guerre contre la France , esqroy aient des débarcations pour fikire aiguade» et pour tacher de surprendre les troupeaux de chèvres qui broutaient au bas de la montagne. La conformité du nom de cette caranqiie avec celui de Tancienne capitale des Suebeti, aonence assez que cette côte appartenait à ce peuple, etnonauz. Ozibiens, ainsi quW n'a pas craint de l'aTancer..

Près de la caranque à*Antéa , il y en a deux autres, celle de Saint-Barthélemy et celle à'Aurèie, dont le nom dérive de la voie auréUenne quî y passait; Non Ipin de cette dernière , se ti*ou?e une tour dont quelques personnes ont fait grand cas^ quoiqu'elle n'offire rien de rare ni d'ancien* Sa mauvaise constmetion prouve assez qu'elle n'a point été élevée comme forti- * fication. Anne petite distance de cette tour , et toujours sur le chemin aurelian^ qui est, j'ose dire^ impaticable^ on trouvii une pierre milUaire «?ec cette inscription;

niBTNICIA

PoTesTaTk XX YIIII

Près do torrent de Boidoiiris, oa tioiiTe dés œiw

rîères exploitées par les Romains; elles sont dans le même état que lorsqu'on les abandonna. Le porphyre était exploité par banquettes et à la trace. On remar^ qvLe, dans le roc taillé à pic^ les rainures pratiquées pour enlever les blocs. Dans une dé ces carrières, on trouve encore deux blocs parallélipipèdes ébauchés et prêts à être enlevés ; ils ont sept mètres de longueur sur quatre-vingt milimètres d'épaisseur; Ils paraissent avoir été préparés pour des fûts de colonnes de la même dimension que celles qui se trouvent dans une prairie près de la ville de Ries.

La partie ouest du territoire de Fréjus est une vaste plaine qui s'étend jusqu'à la mer et à la rive gauche de TArgens. Cette plaine était, dans le principe, occupée par la mer, et ne formait qu'Un grand golfe. Le charriement de la rivière et de plusieurs torrens ont non seulement comblé ce golfe , mais, depuis le séjour des Romains, ib'ont exhaussé le terrain, de manière . à ce que les eaux pluviales ne peuvent plus s'écouler. Les terres labourables produisent beaucoup de blé , à cause de leur fertilité. Les jardins, qui sont considérables, donnent abondamment des légumes et surtout des plantes potagères. Ces dernières sont sopèrbes^ loais sans goût^ à cause des eaux mollasses dont on les

arrose» 11 en est de même des fruits de tontes sorter d'espèces. Les foiustsoat ég^emeat peu estimés ; mab les pois-chiches et tout ce qui est arrosé par le Rcyrant jouissent d*une réputation bien méritée. . l^ganmeÊ de f^refmi » aiosii^e celles d'Arles , sent garnies de joncs, de^ masses etr de^roseans panachés (arwida^pkragmUes)» Ces derniers sont entièrement négligés, tandis qn'cii pouvait les conper en été, en feire des fascines, et les enterrer dans les vignes, commeun engrais qui a lavantage d'entretenir la!>rTigueur des. planta sans altérer la quaKté db TÎn. Le taaucis es| l'arbuste qui vient naturellement au bord des ruisseaux du territoâre. Deshonuue&labosieuY ne manqueraient, pas de substituer à leur place l'osier cultivé, dont le^ produit ne peut être contesté , ne fût-ce que pour I4 confection des futailles et la iabrieation des paniers» Le roseau cnl^é (ïarwidO'-danax) croH également* sur le bord des fosses ou ruisseaux., et sans aucune espèce de soin. Fréjus en a beauooap, et ç'a été pendant long-temps le priacipal objet de son commerce. Oa eifiédiait ces roseaux coupés en tuyaux propre^, à en Ciire des épomlets ou des peignes pour les tisseurs. Ce commerce a considérablement perdu, et les vo« seaux ne setrimt bientôt plqs que pour faire des claies propres à y mettre sédm des Sgues ou à d'autres usages, peu impoctans..

La patate du lialaca, dooè la culture a- été aban<donnée dans le département des Bouches-du-Rhône ♦ a tiès^bien féusti dana celui du Yar, Oa eaa £û|

«ssal eu grand «dans le territoire de Fréjus, près de lâ Naponlle. Ce fruit a donné des toberculés saas nom^ bre et d'an goût exquis.

L'olivier Tient assez bien sor les amphithéfttres dil territoire ; mais llmile en pronrentot aVist pas de la première qualité*

Depuis quelques années on a fait de grandes pkntations de figuiers qui , dans la suite , pourront ^nnè^ «m bénéfice considérable , mais jamais aussi important que celui de ta çulture du tabac, si eUe n'était pas eon^ trariée par Tadministration. Les qualités de tabac qu'on recueille dans le département sont reconnues supérieures» et on ne les emploie que pour la première tqualite.

La ville de Fréjus offre <[uelques monumens publics

qui méritent l'attention des curieux. Nous citerons le |>alais épiscopal, le séminaire, et surtout Tbopital qu on Tient de construire sur un plan qui fait le plus grand honneur à l'architecte qui l'a conçu*

Fréjus est célèbre, non seulement par son ori-* gine> par son ancienne importance et par les hommes illustres qu'il a produits, mais par le débarquement de Napoléon , lorsqu'fl revint d'Égypte pour renverser le gouvernement directorial, et par son embarquement en i8i4> lorsque, déchu de l'empire, on le conduisait à nie d'Elbe. Le pays est réputé par les bons an** choix qu'on y sale, et qui sont, sans contredit, les vieillenrs connus*

Il y a deux foires dans Tannce, savoir: le troisicme

hmdi «Inès la ftte tfe el lé $ octôlm. Bopiikti a,65à hab.

Les communes du ressort de la justice de pak.da

Heu sont, Frëjus, Bagnols^ le Muy, le Puget, SaintiUphaël et Roquebnme*

FRETTA. Tille ancienne dëtraite pair les Sarrasins , yers la fin du huitième siècle» £lle se trouvait dans le ter^ ritoire de Saint-Remy* Op ne dok pas la confondre a?ec Glantmk

FUGEIRET, Fugœreiwn, Yillage du canton d' Annota à la lieues de Gasiellane» sur la Goulomo , avec un hameau nommé Argenton. Le climat est tempère en été et froid en hiver. Le sol est fertile; mais la pa^ fie oÀ domine le sable ne produit qiie des châtaigniers , dont le fruit est la principale nourriture du pays. Ou en transporte jusqpi'à Digne et k Grasse. Population 65o hab.

FUYEAU, Jffuvellum, Castrum dè Affuvelh. Village du canton de Trets , à a lieues et demie d'Aiz , et sur une éminence. Sa position a dû être importante du temps des guerres civiles. Les. ruines romaines y sont assez fréquentes^ non que dans le territoire il y ait eu une ville ni une bourgade » ni même un paguu^ mais des tiU» et des fermes pour l'exploitation en grand des terres» De temps en temps on y trouve des tombeaux et des médailles à Tefligie de plusieurs eai>' pereurst

Le territoire oflre des carriires de pierres de coif 4ont on se sert pour aiguiser lesftacilles et autres jns« trumeDS tranchans ; et un grand nombre de mines de cbarbon de terre. exploitées ijm procurent un grand revenu au pays. Le sol produit de l'huile, du yfn et du blé ; les forêts de pins donnent de la résine et de la

GADAGNES. F^cyez Gttimii-IhirMiB-GAbAiMs*

GAILLET. Foyez TocavKs.

GÂLÉJON. Étaog situé entre Fos-les-Martigues et le Rhône* Pliisieun canaux Tiennent y aboutir, et dessèchent les marais d*Arles. Cet étang est séparé par un Slot de celui de Ligagnan^ et sont Tun et Tautie remplb de poissons»

GALINIÈRE. Ancien Tillage dti canton de Tret2 ,

sur la route d'Aix à Brignoles. Il a été réuni au village de Château-Neuf-le-Rouge » et.n*o8re plus aujourd'hui qu'une grande auberge qui porte le nom de Gaiinière»

GALLICUS-SINUS. Foyéz Gom m Lton.

GALLITi£. Peuplade celto-Iygîenne dont il est fait mention dans le trophée des Alpes. Honoré Bouche les place à Golmars, et Papon à Allos. Le peu de dis^ tance qu'il y a d'un de ces lieux à l'autre fait croire que les GallUœ les occupaient tous deux. Cependant je pense que le chef-lieu était près d'Allos*

GAMAGOBIË ou FCY de Ganâgobie. Petit village du canton de Peyruis^ sur la rive gauche de TAusson f

non loia de son eonflnent dans h Darance. Produo lions , les nièmes ^'aux lieux voisias. Pop. ^9 h^h»

GAPEAU op Cà?SAU. Aîvière du département da •Ya?9 dont nhe des sources est À Signes et Tautre à Bel-

gencier. Elie reçoit les torrens de Cners, Pignans et CoUobrièreSy et se Jette dans la mer, près d'Hyères. y ers son embouchure, sou lit est large et profond ; il est même navigable*

. GARCIN. Fayez Gassin,

GARD ANE, Gardanœ. Bourg chef-lieu de canton, <à 2 lieues d'Aiz. En 1574» les huguenots surprirent ce lieu et y commirent toutes sortes d'horreurs. Le ter-

* ritoire renferme beaucoup de mines de charbon, de

* terre. Le sol est fertOe et agréable ; il produit du blé , du vin» de l'huile et beaucoup de plantes potagères, notamment des betteraves et des melons , qu'on porte

* par charretées à Aix et à Marseille , ce 4jui attire beau* ' "Coup d'argent au pays. Pop. 2,960 hab.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieu sont, Gardane, Albertas ou Bouc, Cabriès, Cbllongue ou Simiane4es-Aix, Mimet, les Pennes et Septèmes.

GARDE (La) , Gmrdia. ViUage à une lieue de Cas-

tellane son chef-lieu de canton et d'arrondissement.

Climat sain ; le territoire est arrosé par nombre de pe- . tiles sources et misBeaux; il produit du blé 9 du seigle ,

des légjomes, des noix, des prunes qu'on fait sécher et . qu'oBL livre au commerce, et beaucouji de foin. On y

nourrit du menu bétail et nombre de bêtes de somme dont on fait le commercé. 'P6p^ ^78 l&h,

GARDE. Cap de la vieille Garde. Gap de la cote maritime du département du Yar, au midi de la Sejne.

GlLRr)E.tKRtOL,Gumla'Pttrwes. Village du canton de Bolenne » à 2 lieues et demie d'Orange y et sur une élévation. Air pur et sain. Le sol produit da sa* fran et du blé. On j eultive des tnèriers^ ce qui fait que dans le pays on élève des vers-à^oie en quantité. Dans le territoire 1 il y a un lac ou étang qui abonde en tanches j caipes et autres poissons. Pop, 225 haK

GAIIDE-FREINET (Xa) , en provençal la Gardafreinetf ou simplement la Gardi; en latin, jPraâ?âte^ciiN. Bourg du canton de Grimaud, à 8 lieues et demie de Draguignan.

Le nom de Fraxinetum ne vient pas » c<Mnme l'ont

-cru quelques auteurs, de ce que la montagne où se trouvait placé le fort Freinet, dont nous parlerons bientftt, était couverte de frênes. U n'y en a pas un peutêtre dans tout le territoire de cette commune^ et il .a dû en être toujours de même. Le frêne ne vient naturellement que dans les terres fratches et légères ; on en voit beaucoup dans les terres alluvines de la plaine ' deGrimaud, mais il ne peut croître sur. les montagnes arides de la Garde-Freinet.

J'ai lieu de croire quela^iirrfe du Fraxinetf la fur» tereiêêduFraxinetétlePraxinetéttàenttroisUeûzdài^ tincts et assez éloignés les ws des autres. La démon-

Stration de celte vérité m'entraînerait trop loin ; je me eontentera d'indiquer, à l'appui de mon opinion, dî* Terses bulles du pape et chartes du onzième siècle , en faveur de l'abbaye de Saint-Yictor, et rapportées par Ruffi y qui désignent le village de h Molle el le mo» nastère de Saint-Pons près Grimaud comme étant au Fraxinetp quoique ces lieux aoienl dislans d'environ trois lieues Vim de Taulre ainsi que du ^age de la Garde-Freinet. Jn Fraxineto , in viUâ quam vacent ad Moliem^ etc. ^ dit une charte de Tan ioi4*

Il y avait, du tempâ des Romains, dans le site riant et abrité où se trouve la chapelle de Saint Clément» à une demi-Jieue de la Garde^Freinet, un village dont on aperçoit encore quelques vestiges* Ce village a dû subsister jusqu'à l'arrivée des barbares afiicains» A se trouve rappelé dans Paflfouagement de laoo, en ces termes : Item castrim quondem sancti ClementU Oa trouve auprès de la chapelle les débris de nombreux tombeaux de briques; on y découvrit aussi ^ il y a en- YÎron quarante ans, un tombeau creusé dans le roc. La dalle qui le couvrait a été brisée et n'e^e ploF* Quelques restes d'antiques murailles et d'autres débris attestent le séjour des Romains en cet endroit* Noua savons qu'ils ne négligeaient jamais de former quelque établissement dans les sites agréables. Il s'en est ^lu de peu, à la fin du siècle dernier, que ce village ne fût reconstruit par les habitans de la Garde. Obligés de rebâtir leur église paroissiale , il fut question de l'élever au quartier de Saint-Clémenty dont la posilkm

est aussi gracieuse que remplacement du village ao* tuel est triste et pénible. Les cfaétiTés maisons qui se trouvaient autour de rancienne<e^ise auraient été abandonnées, et on en aurait construit de plus décentes auprès de la nouTelle paroisse, au quartier de Saint«- Clément. Quelques propriétaires y dont les intérêts au* raient été lésés par la réalisation de ce beau projet, s'y opposèrent fortement et le firent abandonner»

Il exista, peu après Texpulsion des Sarrasins, dans ' le territoire de la Garde , un tili^e qui portait le nom de Freinetf puisqu'il sè trouVe une longue suite de Séigneùrs qui en prenaient le titre > à commencer par saint Fulcher » père de saint Mayeul , ainsi qualifié dans une charte de l'an 1026, contenant donation du lieu de la ^'apoulle à l'abbaye de Lérins.

Cerillage subsistait encore en 1 3d5; On trouve , dans les archives de cette commune, des lettres obtenues en la chancellerie, le 4 juin 13^5 , portant exemption du feiiage pour les lièux de Hreinet , Saint-Tropez , le Luc, la Lauzède , etc« Ils devaient sans doute cette fa* Vedr à Tépuisement qù*ikay^dent éprouvé danslaguerre ruineuse que le roi Robert soutint , quelques années auparavant , contre les Gibelins d'Italie.

Lè village de Freùut était sitiié auprès du moulin ruiné de la Moure. Il fut saccagé dans la guerre civile occasionnée par Charles de Duras, et abandonné pendant la guerre encore plus cruelle que fit ensuite Raymond de ïurenne. Les habitans se retirèrent alors au pied des rochers escarpés sur lesquels les Sarra&ias

avaient ^labîi un petit fort ( ce qu'on appelait Guar^ dia dans la basse latinité) , et où se trouvait, à cette époque 9 an château appartenant à Jean de Pontevés» Celui-ci leur concéda » le &juin i394, un nouvel act^ dliabitation avec plusieurs privilèges» entr autres celui de prendre dans la forêt dit bois et le liège nécessaire pour couvrir leurs maisons. C est depuis lors que levillage et le château ont porté^ le nom de la Garde-Frei* net. Ce château fut rasé ensuite par ordre du maréchal de la Valette , donné le 7 novembre 1 589.

Le village ^e>lk Garde était^ autrefois resserré dans une espèce de creux , entouré de rochers escarpés, et couvert par un ravin profond qui en rendait Taccèa difficile. Ses maisons étaient basses, étroites et d*oné mauvaise construction ; ses rues, sombres et tortueuses, iormaient un véritable; labyrinthe; son a^ect était des' plus misérables , et ses habitans fort pauvres.. Depuis une cinquantaine d'années , et surtout depuis la paix continentale, les choses sont bien changées s le commerce des bouchons répandu l'aisance dans ce pays peu favorisé de la nature ; le* village s'est rapidemenK" étendu vers la route de Saint-Tropez ; des places plauf tées d'arbres, des ruesJarges et droites, bordées de maisons d'assea, benne apparence, quatre fontaines dour nant une eau toujours, abondante et lin^de, en ont iait un joli séjour..

Un chemin étroit et scabreux, conduit en dixmiou» tes sur remplacement' du fort Freinet, situé au nord* ouest sur uii> rocher isolée et dominant toute la chaîne^

qui coart à*peu-prèg nord et sud. La partie vers midi est tout-à-fait escarpée ; Ton ne peut y monter qu'à l'aide de degrés mal iaillës dans une rodie schisteuse, et l'on arrive aux restes de la porte de l'ancien château. On trouve au-delà une plate-forme d'une petite étendue, entourée de deux eôtés par un fessé d'enwon dôme pieds de largeur sur huit ou neuf de profondeur, et des «ntres côtés par de gprands précipices» Celte plate-forme présente asses bien la forme d'an dont la partie circulaire tourne vers le nord , et détache la plate-forme de la crête des rochers qui b*j joifpient par mie pente assez doQce» Au milieu se Toît nne citerne carrée, dans laquelle oa descend par des degrés taillés dans la pierre et bien conserrés. Autocir sont à peine quelques vestiges de remparis et de logemens.

£n face du fort Freinet , à une derai-lieue ?ers l'est, on aperçoit le Mùnê Peigroi on Pigroê* C'est snr le sommet de cette montagne que saint Buvon se fortifia, et d'où il contribua à la prise de la Garde du Fra* minei, Bellendns, qui rapporte ce fait dans la Tie de saint Buvon, appelle cette montagne Pigros, nom qu'elle a consenré jusqu'à aujourd'hui..

Quoiqu'on ait disputé sur le lieu où était la forteresse du Fraxinet, si célèbre aux neuvième et dixième siècles, par le séjoor des Sarrasins (i), il est bien

(1) Un auteur contemporain vent contester h ce pays d'aroir été un des principaux lieux de lefuge de» Sarrasins. Il prétend que l'endroit nomm^ Fraaeinetum par les historiens, n'est autre que le village actuel de Fraissinié| près de la commune de Ribiers , dans les Hantes- Alpes , et au nord du boarg

2fojtn,prif d» SiiteroB. U veat mni foc 1« racba ummépitrn im^iK

««rtaîn qu'elle se trouvait dans le diocèse de Fréjus,.

et près du golfe sambracien.. Une suite non interrompue de chartes et de titres authentiques prouve que la ¥allée qui s'étend de kiGarde-Freinel Yers le goUe de Grimaudi a toujours porté, depuis le dixième sièclè> le noui de taliiê Fraxinetù Une charte » rapportée par H» Bouche, contient la donation faite, en 980, par Guillaume I** à Gibelin, de Grimaldi» de la vallée du Frazinet et des terres^ à Uentour du golfe sambracieui^ Une autre, charte de 1.0149 rapportée par Kuffi, dési* gue le village de la HoUe de cette manière : In camitatu ForOrJuliensi id est in Fraxineto, invillâ quam vocent ad jtfi'//m..Uneautre'Cliarti3 de \I^(Xf mentionnée aussi par H«. Bouche» porte que Pierre Âcigne» sénéchal de Provence^ était seigneur de la barooie de Grimaud et. du Yal-Freioet». £nfin li^ barons de-Glrimaud.ont toujours pris» jusqu'à la i:évolution> le titre de siA^ gneurs du Yal-<Freine^

Ces indications sont parfaitement d'accord avec la tradition looale et la récite des historiens modernes^ oirtout avec l'auteur qui raconte que Hugues^^isoLdiiAr* les et d'Jtalie» ayant appelé à son secours* la flotte-de

tut le.Mit Pffrai y tok • aoroudi de Fnûiniiié. Four qpe>Mla ftt oMjabletf il fimdnit 1m moutagaM det Maures q[iiioconseiit tout le littoral dapiiii. GemiM jusqu'à Hyèces 9 ftaitenk mr let rivei da Bueeli et do labitNi ; .q«e l» wbuu 9ambnKilM$km, Mm bttfeiMi jpitail tene. Dit en enviraoe de Sliteson; tt qoe I»flotie q^ Vwmgmiat d'OffitDleBroje« eo W » ponr altaqeei peimeretparteneles Senrerint da.F!niiiiet» eùtnoaté le BhAœ et la Daraiice jusque dam les Alpes. Quelquefois^ pour Touloir dèoiier trop dé •élébiité à nurpap en préjudice des MMseï » «UtTMWfdee cboiesqaipfA*> lent niidicule et m désaveu»

Grèce , elle entra dans le goîfe sambraeîen y et mit le feu aux navires des Sarrasins ^ tandis que lui-même les assiégeait par terre.

Les Sarrasins, qui établirent leur quartier-général daùs la forteresse du Fraxinet , vers Tan 890 ^ profiterent habilement de leur position* avantageuse , pour S*y maintenir pendant un siècle contre les attaques de leurs emiemis» et fondre de là sur tous les Ueax qui leur ofinraient un riche butin* Placés sur les hautes montagnes de la Garde-Freinet, ils avaient derrière eux le golfe de Grimaud , qm^ leur donnait un abri suré pour leurs navires et une communication facile par mer avec leurs compatiioles d'Espagne et d'Afri* qué» d*o& venaient continuellement des renforts. La plaine fertile, située entre le goHe et les montagnes, était entourée de villages peuplés de Sarrasins» et four* aimit facilement an besoin dliommes plus redoutables par leur courage et leur férocité que par leur noiilbre et leur habileté dans Fart militaire. D'immen^ ses ét épaisses forêts de pins entremêlées de bruyères , de ronces et de genêts épineux , à travers lesquelles serpentaient aTCC peine des sentiers tortneu, epn-« vraient l'aride plaine du Caiinètj et les flancs escarpési dés montagnes rendaient les approches de la forteresse très-difiicile, tandis que d» hant des remparts de lu Garde, les Maures découvraient une vaste étendue de paysj» çe qui leur pernaettait de suivre les mouvement de leurs ennemis et de tomber sur eux- à propos et à Fimprovistc« • ' • ,

Sè'fà' 98 sè répaÂdbfent o<nome on tèmtit dëTasUK '

teur dans toute la Provence et jusque dans le Langue- * doè et le Dauphlné» La plapait des Tilles de Prorence forent en proie à leors ravages. Ils occupèrent pendant loDg-tempsla vallée de Bareelonnette et plusieurs postes^lmportans dans lés Haolès et les Basses-Alpes. Dans^ leurs courses, ils massacraient tous les hommes en état de porter les armes , emmenaient les femmes et lea enfims eselaVes en AfSrîqoe, détruisaient par les fiam-» mes et le fer les édifices publics et pai liculiers, et se reliraient toujours chargés d'or et de tous les objets ' prédeux qulls avaient trouvés dans les villes saccagées.

Les seigneurs provençaux contribuèrent eux-mêmes à augmenter la puissance des infidèles, en les appelant todi^-tour à leurs secôurs les uns contre les antres. C était dans un temps où les diflérens seigneurs s entredéchiraient cniellement pour veiigér leur susceptibilité offensée, ou pour s'emparer des dépouilles de leurs ad-» versaires. Tous eurent bientôt à se repentir d'avoir al^ tiré des barbares sous leurs bannières. Toulon fi(% sac<- ' cage deux fois dans l'espace de vingt-un ans; Préjus fut presque knéanlL Ces Maures s'étant joints , en g55 » à une escadre de leur nation,, surprirent la ville de G6^ nés, la pillèrent, passèrent au fil de Tépée tous les, ' . hommes, et n'accordèrent la vie qu'ànx femmes él aux enfans , qulls regardaient comme un butin pré« cieux. Maîtres de toutes les places fortes, est-il dit dans une ancienne charte, ils ont ravagé tout le pâys; détruit les églises et les moaastères, anéanti les moK >

nHflifmdtt bon goût des Romaiiis; des lieu les phxs agréables ils eu ont fait la plus affreuse solitude ; et séjour de rfaomme- civilisé est devena le repaire dea bêtes féroces.

Les ehrétiens firent les-pkis grands efibris pourpurger le sol. de la Provence de cette poignée d1afidèles> qui le désolaient, llugoes^ roi d'Arles et d'Italie, aidé de là flotte de rempereur d'Orient ^ les* vainquit sanâ les détruire. L'empereur d'Occident, Othoa I" dit le Grand 9. envoya contre eux ses troupes à plusieurs re« prises 9 et promit de venir les combattre en penoone» mais toujours saas succès. Conrad-le-Paciûque ^uu de ses successeurs à l'empire» les ayant attiré dans un piège 9 détruisit un de leurs coi^.d'acraée^ et les affai-» blit au points qu'ils ne purent continuer leurs courses de quelque temps. Cependant » malgré leurs combats journaliers et leurs pectes fréquentes, les Sarrasins nfavaîent pu être entamés dans la possession des mon* tagnes oà ils s'étaient retranchés. Enfin un événement en apparence peu important, amena leur expulsioa totale de la Provence. Saint Hayeul, abbé de Gluny». revenant de Rome avec un nombre considérable dei voyageuss qui s etment mis à sa suiie-, et^ pour ainsi dire, sous^la protectioade son caractère sacré» fat pris et fait esclave par les Sarrasins du Fraxinet II fsdluli vendre les vases sacrés de son abbaye pour payer sa Mnçon et celle de ses compagnons. Mayeul né en Pro» vence» d'une famille distinguiée» jouissait alors d'une grande réputation de sainteté et d'un grand crédit^

mrtoiil auprès de ms compatriotes. Chnllaume.l*',

comte de ProTence ^ avait pour lui tant d'amitié et de vénération, qu'il lui fit des donations considérables, cntr'aulres celle de la'ville de Vallensole , et voulut reccToir de sa main l'habit de religieux de son ordre avant . de monrir. Ses ^diorlatîons, comme un prélude aux croisades que vit éclore le siècle suivant , excitèrent le prince et les principaux seigneurs provençaux à la desâtiction des infidèles qui souillaient la Proyence de leurs présences et de leurs cruautés.

Gibelin de Grimaldiji fioniface de Castellane, Butod, qui depuis fut mis au rang des saints, et plusieurs autres seigneurs qui avaient déjà combattu en particulier les Sarrasins , joignirent leurs troupes à celles de truillaume, et, sous ses auspices» attaquèrent^ vers Tan 975, la redoutable forteresse duFraxinet. Saint Buvon était parvenu à se retrancher sur la montagne de Pigros, vis-à-vis la garde duFraxinet. Le capitaine de la garde sarrasine de ce poste important vint se plaindre an saint guerrier, dit l'histoire de sa vie, de ce que le commandant de la forteresse lui avait inconsidérément ravi sa femme qu'il aimait plus que toutes les ri* ichesses du monde ; et, pour se renger d'une pareille insulte, il livra à Buvon le poste et la garde qui lui étaient confiés. Cette trahison ayant facilité auxProTen« çaux Taccès des montagnes , la fameuse forteresse du Fraxinet» que Ton avait long-temps regardée comme imprenable, fot enfin assiégée et prise d'assaut. Gnii* laume fit passer au fil de lëpée le chef des Sarrasin^

âraît fait prisonnier , et tous les soldats de lak garnison <^ui refusèreat d eiabra&ser le cliristiaiiwme.^ n fit aussi raser la forteresse», pear qu elle ne pal h l'avenir servir de refuge à de nouveaux barbares. Uattaqua ensuite les diyeises babitalions qu'ils avaient fitites à Grimaud , Cogolin-, la Molle, Maravieillé, Gas-^ sin , Ramatuelfe et autres pointes des montagnes d a-* lenteur, que'les anciennes chroniques désignent sous^

nom-dé Mmoh-Maurus^ét qu'on appeltë encore aa^ jourd'hui montagnes des MaureSi Ces villages ûrent peu de résiètance* Les hommes capables de porter les armes-, furent massacres; les autres, ainsi que les femmes et les enfans, furent réduits eu servitude, et au quator-^ sième siècle , on iRoyait encore leurs descendans être* les esclaves des Provençaux dont ils avaient été sUongtemps la terreur*

Le climat de la Garde^Freinet est tempéré ; l'air est pur et salubre, mais beaucoug^plus froid que celui des communes voisines, à cause de sa situation au nord et de son exposition au Maëstral et autres vents qui • dans* leur impétuosité , enlèvent quelquefois des parties considérables de' la toiture des maisons, quoiqu'elles soient , en général , chargées de grosses pierres , et qu'elles aient leurs pentes à l'opposé des vents du nord^

Le territoire» quoique vaste, n'est formé que par une chaîne de montagnes rocailleuses et de vallées profondes et pas du tout soutenues. Il s'y trouve peu de terw res labourables et de prairies. Les vignobles ne sont pas considérables et donaent ua vin commun ; Thuile^ au

^eoDlnife » est d'une bonne qualUé^-itiais on y tti re» cueille fort peu. On estime beaucoup les herbes potagères de la Garde^ surtout les naTets. Le gibier n y «st point rare» quoique «oins abondant qu'autrelbis*

Les produits les plus Importans sont , les forêts de pins, les écorces du chène-liége et les marrons. Les châtaignes «t les marrons de ce pays sont les meîlleura que l'on connaisse. La plus grande partie s'embarque au port de Saint-Tropez pour Marseille , Toulon » Mice et les autres ville du littoral ; le reste s'expédie directe* xnent par le roulage pour les autres villes de Provence, pour Lyon et pour Paris» Partout les marrons de la Carde sont recherchés , à cause de leur saveur agréable ^t de leur grosseur. On en trouve qui pèsent près de quatre onoes pièce. Us ne sont connus dans Imtérieur du royaume que sous le nom de marrons de Lyon et quelquefois de marrons du Luc. La production des châtaignes a diminué depuis la révolution, parce que les vieux châtaigniers périssent peu-à-peu et sont rarement remplacés par des plantations nouvelles» toute latteup tîon des propriétaires tendant en ce moment à augmenter le produit des chêues-liéges. Cependant les bonnes récoltes peuvent donner encore douze mille quintaux de châtaignes, poids de table. Sur cette quantité , on en prélève environ deux cents quintaux , qui doivent peser une once chaque » et quW appelle paasebcUcs ou marrons.

. Le produit des chènes-liéges a décuplé en peu d'années et augmentera encore k l'avenir. Les bouchons de

lâ Garde scmt {oâtement renommés dans le nord dé

la France et dans plusieurs pays étrangers. Leur con* sommation augmente journellement, et doit encoi»rager les propriétaires à faire des semis de ces arbres précieux, qui réussissent dans tout le terroir^ et même au milieu des rochers schisteux qui en occupent une portion considérable jusqu'à présent sans valeur.

Il y a dans ce territoire des mines de cuivre, d'alqutfoux et de plomb argentifère. Il y a peu d'années qu'on en exploitait une de cette dernière espèce à la montagne de Peygros. Le minérai était de bonne qualité ; cependant elle a été bientôt abandonnée, comme cela est arrivé souvent pour les mines de ce pays, quoique les échantillons de minérai , qu'on a conservés, prouvent qu'il n'était pas d'une qualité inférieure à celui qu'on extrait des mines de la France, dont Texploitation est la plus profitable. L'anglais O'Connoer et l'allemand Hik exploitèrent long-temps 9 pendant le siècle passé et avec avantage, l'un la mine de Vénéron, l'autre celle des Mourgues. Si les entreprises des nationaux n'ont pas réussi aussi bien que celles de ces étrangers 9 ne doit-on pas penser que c'est faute de connaissances assez profondes dans cette partie , d'expérience et d'une bonne direction, plutôt que parla pauvreté des mines, qu'elles ont échoué? C'était du moins l'opinion d'un minéralogiste de profession, qui avait résidé plusieurs mois dans ce pays.

Les habitans sont, en général, industrieux et actifs. 11 est ftcheux que l'instructioii soit peu répandue, car

l^ttlelligence ët Tespril naturel ne 'sont pais rtrea dm «ux. Ceux qui habitent la campagne se livrent excluarment àTagricuitare. Il sont laborieux, droits» simples el charitaUes. Il n'en-estpas tout-Mait de même dans le village » où ix>utes les idées sont tournées ?ers le plaisir et la passion de s'enrichir. L'on s'y occupe principalement du commerce des bouchons, qui est encore assex lucratif, quoiqu'il offre moins d'avantages qu'il y a dix ans. Outre les hommes occupés à ëcorcer les lièges dans les forôts, et ceux employés à transporter le liège en planches à la Garde-Freinet et les bouchons il Saint-Tropez, Marseille et autres tilles, cette industrie occupe un nombre considérable de bras. L'on y compte yingt-huit fabriques de bouchons, qui occupent, suivant les saisons , de trois cents à quatre cents ouvriers hommes ou femmes. Ces dernières se montrent fort adroites à ce métier dangereux. On remarque dans ce moment une jeune fille qui peut rivaliser avec les meilleurs ouvriers pour la quantité et le ûni du tra- TaiL On évalue à cinq mille balles de trente mille bou* chons chaque , le produit annuel de toutes ces fabriques , qui s'expédie dans tout le nord de la France et à l'étranger.

Il y a encore à la Garde une petite fabrique de draps communs. Il y avait , avant la révolution , des tanneries» dont le cuir vert pouvait rivaliser avec celui de Grasse. Cette industrie a été abandonnée sans cause apparente dqpuis plusieurs années. Cependant rabondance et la bonne qualité des eaux» la facilité de se procurer l'é*

Ciorcd de chêne vert et la fenilie de myrthe^ enfin le

.nombre considérable de bestiaux qu'on élève dans les cinvirons, devraient engager à.reprendre cette branche d*indastrie« On poorrait aussi reprendre le blanchi* ment de la cire et la fabrication des bougieS| ^u'on y avait exécuté autrefois avec succès.

On y tient trois foires par an : le 3 mai » le 8 septem* bre et le 23 octobre ; jnBÎ& elles sont fort peiji importantes.

Il y a dans le territoire beaucoup de hameaux , dont

le plus considérable est celui deMoure^ où se trouve tme é^ise érigéf en paroisse l'an 17171 et maiqte- . nant desservie par un recteur. Il comprenait autrefois tout le territoire de la commune du Plan-de-la-Tour, . qui en a été détachée pendant la révolution. PopuL 2,1 12 hab.

GARÉOULT , Garaudum , Catirum de GareUo. Vil*

lage du canton de la Koquebrussane , à 5 lieues de Brijgnoles. Les terres fur.ent distribuées à des familles romaines qui y établirent des fermes pour l'exploitation agricole.. Aussi ^ à dii^erentes époques y on y a trouvé des restes de monnmens et des pierres d'ins- . cription. Le clocher qu'on y voit encore était une tour . qui 9 pendant les guerres intestines, avait servi de défense aux habitans., La partie dn territoire du côté du levant est trés-fertile, à cause des eaux de la.Nissole qui l'arrosent ; celle du coté, du couchant est, au oon- " traire^ presque enitièremenit stérile* Le pays oflre des

^stitteiies ^^eaU-Je-vie , ét f^rodnlt étiê hartcôtâ et beaucoup de via. Pop. 800 hab.

GÂ&GARIA, Fo^ez Saint-JeAn-ds-Gàrguier,

• GARGAS , Gargatium, Pelit village à une lieue d'Apt son chef-4ieu d'aitondissem^ et de canton. Climat sain ; ^ol fertile, 7 a ^hes Tignea et des allirea fruitiers ; mais les principales productions «ont, Thuile et le blé. Pop. go5 hab.

CrÀAGUlEiL Foyez SAonvJiAii-BB-GAaGumu

GAROUPS. Cap situé an sod d'Anlibes. On le re^

connaît à une espèce de petite forteresse bâtie sur une élé valions jC 'est près de cette pointe que Ton tr^uTô vue coulée Tolcaniqoe.

CrARRAUw Montagne au midi de Cipièrtes^ où l'on

découvre de temps en temps des bélemnites de plusieurs variétés.

GA&S. Petit village du canton de Saint-Auban.^ à i5 Kenes de Grasse , et sur l'Estéron. Territoire coupé par des montagnes; sol peu fertile « qui donne pourtant du blé et'qnelçuea herbages. Pop. 3oa Jiab.

CASSIN» anciennement Gabsin , en latin Gatêinm* Ce dernier nom dérive des mots Guardia Sinus, C'é* tait autrefois un petit fort bâti sur la pointe d'une col* line fort élevée, d*où Ton découvrait tout le Sinus êambracUanuê ( aujourd'hui goife de Grimaud ) , et une grande éteodae de mer^ depuis Fréjus jusqu'aux

tks d'Hyèrcfi. Lorsque de ce fort oa apercevail leê navires des Sarrasins, et, pins tard, des barbaresques qui ont infesté ces côtes jusqu'au commencement du dix-huitième siècle» on faisait un signal d'alarme qui rtait à l'instant répété par le château de Grlmaud. Aussitôt les malheureux cultivateurs de la contrée met-* taieoit eo sûreté leur familles et leur lroopeanx, ets^ar* maient pour repousser TennemL II parait que ce ibrt s'acquittait très-bien de ce devoir i oàr on ne trouve au* cnne preuve p soit dans les histoires de Provence , soit dans les anciens titres, que Gassin ait jamais été plis, quoique sa position l'exposât égdement aux attaques des ennemis extérieurs et à celles des fauteurs des fruertes civiles. Ib ne iurent cependant point à i'abii de» troubles qui agitèrent la Provence en dlvm temps. On sait que les habitans de Gassin contribuèrent vaillammept, pendant les guerres de la Ligue» à la prise des châteaux de Cogolin , de Ramatuelle, et à la citadelle de Saint-Tropez , tombés au pouvoir des ligueurs» Plus heureux pendant la révolution de 1 789 , ils ont joui d un calme profond, par suite de l'union et de la sagesse des personnes de toutes les classeset conditions. Aucune d'elles n'a éprouvé le moindre préjudice ni la moindre animosité pour les affaires de circonstance.

L'ancienne enceinte du village de Gassin subsiste encore en grande partie, ainsi que la porte qui était fort étroite et à un seul battant. Sa construction pa-^ raît remonter au douzième ou au treizième siècle*

Cette ealséiiite ïbl a^ndîe presque cld doublé VeM

le milieu du quinzième siècle; mais, dans le dix-sep* iième eièciû , oa lut obligé d'abaltre cette deruièjre pour faciliter r«grandisaement du village. Ct^pendaut, ji mesure que la sécurité fut plus grande, les habitans eommeneèrent à abatKloniier le. village» placé sur des irocliers presque iuaoœMbles, pour se retirer dans leurs maisons de campagne. Il y a peu d'années, ce village n'offrait presque plus que des maisons noircies par le temps et des masures ruinées ; il' semblait menacé d un «ibandoB presque complet, comme sont ceux de la Molle, SiiyFoulrs, Séranon, Chénérilles et tantd*tta» très dont il ne reste plus que des débris sur des rochers escarpés^ Mais il a repris une nouvelle vie, depuis qu'une administration municipale plus soigneuse est parvenue , avec de bien faibles moyens , à tracer deux chemins praticables aux charrettes et qui se croisent ' même au-dessous du village. Les masures ont été rem* placées par des maisons nouvelles ; les anciennes ont été réparées $ Ja population agglomérée s'aooroît peu«* à-peu et tout annonce pour ce pays un atenir pros« père, ou du moins satisfaisant.

Le territoire de Gasstn a été long-temps habité par des Romains. Ou trouve presque à chaque pas des traces de l,eur ancien séjour , soit dans des restes de cous» tructiouê, telles que des conduites d'eau, des bains, des piscines ^ des villce ou maisons de campagne , soit par des tombeaux, des tirnes funéraires, des lampes sépulcrales I des moulins à bras» des iiiscriptions tu-

Biulaîres indéchiffrables à la vérrté, et beaucoup èe médailles du Haut-Ëmpire enfouies dàns la .terre. U -paraît qu*il y avait dans ce temps deux villagiesy TuH .à remplacèment actuel du château de Bertràird , Faotie* autour du mimillagè de CaVakire, qui était l'àn^eieu Alconis des itinéraires, qu'un auteur contemporain affirme âtre VHeracka Caccutbaria , ^pte tous les au^ teurs 8*acoordent à -{rfacer dans le ten*iti>ire de 5^t¥ Tropez» Ces deux tillages forent détruits par la première irruption des Hautes» Tan 730» Les babitans qui échappèrent au massacre , cherchèrent alots un refuge dans un endroit qui àe put être aperçu des bailiares lorsqu'ils débarquéràiènt sur la côte , et qm leur permît cependant de les voir venir de loin. Ils crurent ravoir trouvé sur uite mônfâgn^ voisine de Gassîn, qui porte encore le nom de P^itle-tieilie. Peubêtre faut-il reporter à cette époque reculée la bâtisse de Ift chapelle de Notre-Damenle-Gonsolation et teelle de la fontaine couverte, placée dans un vallon en-^ touré de bois , que forment la colline de Gassin avec celle de ViUe^ieiUe. Gettechapelle fort âneienne a servi de paroisse jusqu'au milieu du seizième siètle.

Les Sarrasins dii Fraiinet ont été les premiers fondateurs du nouveau village de Gassin ; car ils y établirent un poste fortifié qui leur servit de boulevard» Une singularité qui distingue Gassin de la plupart des an-» ciens villages bâtis dans une semblable situation , c'est qu'on n'y trouve point de vestiges d'ancien chfltean« Dans le fait ^ il n y ça a jamais eu. Cela vient de ce

^ae h seigneiiri^ en était dkisée entre plosiears eo-w seigneurs qui , ayant somrent recours au coorage de^ leurs vassaux, étaient obligés de leur laisser de grands fmiUges qulb surent défendre jusqu'en 1789. Parml^ les arrîère-fie{$ répandus sur le territoire , il y en a?ait> un- dont le nom est assez remarquable pour que je le* consigne ici 9 quoique. je.n'aie pu en découvrir l'origine. C'était le fief Virgile. La famille qui en portait le nom existe encore ; mais depuis ^elque temps elle a quitté . le pays.

Le hameau de Cayalaire ^wyezxe mot) fait partie duterritoire de Gassin. Parmi les poissons qu'on j pè«. cbe) BOUS citerons principalement les poissons yolans. Us ressemblent un peu ^ pour la forme et la oeuleur^ aux maquereaux ; ik sont munis dé deux nageoires.* latérales fort amples qui s étendent jusqu'à lorigine dela que^e , lorsque ce poisson .est en repos» et qui luir serrent d'ailes*.pour s'élancer au-dessus des eauxiirimev distance de cinquante è soixante mètres.

Le climat de Gassin est fort sain et tempéré* JiCS val-» lées , abritées des vents d'est et de nord-ouest , jouissent de la température la pkis douce. On y voit: en pleine, terre des paknîersj'dts orangers, des citroanieis^ des: poncyres d'une 'grosseur peuconinuBe et chargés defruits. On a admiré pendant long-temps , à une demilieue au-delà. de Gavalaire, un palmier d'une hauteur prodigieuse ; il donnait des dattes sans noyau , qu on pouvait manger, quoiqu'elles fassent un peu âpres et fort petites. Cet arbre a péri lors du froid rigoureux

de iSâOw Lft Tallëe où il se trouvait porte dejpais dea

siècles le nom de quartier du dattier^

Le terroir de Gaseia est généralement fertile. U produit du vin, de llimle» beaueoqp de blé, de foin, des fruits et des légumes^ Le gibier y abonde, surtout les lapûift, les bécasses et les perdrix rouges. Le sol est très-favorable au développement des arbres, prin-t dpalement des pins^ Il n'y a pa^ de rocber aride qui nese boise en peu de temps^ Les roches schisteuses et les collines escarpées qui bordent la côte vers Cavalaire, fournissent en ^piantité le meilleur liège de Provence , et produisent asseï de châtaignes^

IL n'y a point de rivière dans cette commune, à cause de sa position péninsulaire^ Le principal courant d'eau est le ruisseau de Bourrian, qui traverse la plus grande partie du territoire , et se jette au fond du golfe de Grimaud. Il coule presque toute Tannée , et net en mouvement plusieurs moulins à {arine et une scierie i planches. SesdébofdemeqscouveutsDUivent lia plaine et la fertilisent

Je ne dois point terminer cet article, saos signaler à la curiosité des amateurs d'antiquités deux monumens qui méritent de iixer leur attention. Le premier est une masse de terre en forme de cône tronqué, d'environ quatre-vingts piçds de hauteur et d*une lar^ geur proportionnée, construite de main d'honunes sur le sommet dWe montagne^ entre Gassin et Grunand > on l'appelle Jia colline de la Moutte, Je pense que c'est lui comment druidaiL L autce est un vaste retranch^k

vent en pterres sèches qui couronne tout k-sommefe

du Mont-Jean, l'une des montagnes les plus élevées des Maures. C'est un ouvrage des Gelto^Lygieas. W peut avoir été le principal relnanebenienl des Cèma^ tulici qui, eomm^ nous lavons déjà dit, occupaieni cette contrée,.

Le territoire offre aussi plitoieurs carrières de se^Â pentîae. Celle du quartier de la Canade a été exploittée^ longtemps pour fournir à la déeoration egclërieurode la plupart des édifices des communes yoisines.

Les habitans de- Gassin sont géuéralesient bons- et konâètes, mais peuindustrieux* Osse^ivrenl presque^. exclusivement à l'àgnculture , qui; manque encore de bras. Cependant il y. a dans le pays deux fiaibrlqnes dO" bouchons^ Le principal commerce consiste dans l'ex-^ portation des vins, qui supportent très-bien le transfCMrtparmer, et dans reiplottation4e leurs vastes lorèts^ .déplus. Pop. 660 bab^

GATTIÈREI&, Gatterià. Village dœantonJeTence,

à 7 lieues et demie de Grasse, situé dans un pays de montagnes, près, du Yar, et peuplé en grande partie par des familles originaires du Piémont, ce qui est eause que les mœurs ne sont pas toujours françaises». Climat tempéré. Le territoire -oSre des mines de char- . . bon de terre; le sol produit du Lie, des ligues,, doi saisin et des olives» P<^« 53o hab..

GAU. lié de Gau. Ilot près de la côte maritime dui

di^pactemeat du Yai*, au midi de la Se^iic.

. GAUBEB^T^ Gaubenm^^f dans le doiuièiiieiii^ de, CoMlrum 4e Galberto. Petit Tillage à deux lieues de^ Higfïe 3oa chef-Ueu d'arrondissiement et de Gaatoa^ for la me gauche de la Bléonne^ Pris 4e l'ancien ¥il« l9ge se trouve i^a çoc];ier 4,e grès qui s'avance isolément len la rivière cpi'ii doviine. C'est là qu'on Toit les resn tes d'un petit temple ou fanwn,^ dont une partie est taillée dan^s le roc, et ^autre pariuU ayoj^: ét^ en bâtisse. Ce temple fort ciimux. a dft appaijrteniv ^lyie viUm, mainç.

' Des reslea de forte. bltis6e.et de fortifications se re* VMurquent encore sur le plateau de Gaubert. Le sol produit du blé , du foin et des prunes <{u on livce au, çomnjterçe dv cbeflieu. Pop^ 4 > l^ab».

. GAUDE*. Village dRoanU^n d^ Vence, à 7 lieues de Grasse 9 divisé en trois hameaux. Les habitans, presque tous d'origine piémontaise ou génoise 9 sqat ^un Tent en guerre avec ceux des villages voisins , quoique leur origine soit la même. A la moindre rixe , ils se battent et s'assassiftet^ » après s'être mutuellement promis de ne point recourir à la justice. Frqncê de justice, se disent-ils avant d en venir aux mains. Mais comme il en i^ésulte quelquefois des iccidens ftcheux, ils manquen.t facilement à leur promesse. Il y a dans le territoire une belle maison de templiers. quW vient de restaurer. Le climat est très-chaud. Le solest pierreux ^t sablonneux , et presque tout en coteaux. On y recueille abondammeat de l'huile, des figues et de^

• ( 489 ) Tins qui seraient les plus etdméi de la Prcrrence, 8% 9 «Uknt point frelatés. Les ceps de vigne qu oa ente» aouTent sur d'autres arbres sauTages, soAt disposés eu forme de treilles, de manière à laisser passer librement les rayons du soleil , en ajMit soin encore de donner aux rameaux les fonetîoiis convenables. La richesse du sol de ce pays doit être attribuée aux alluvions que produisent sans oesse les nombreui^ çours d'e^u qui ar^? rosent les vallées, et qui entraînent avec euxim limoii plus ou moins productif. Pop. 65o bab.

GÉMÉNOS, Cfémini. Village du canton d'Âubagne, ^ 5 lieues et demie de Marseille, et sur la route]|d'Aij^ à Toulon. La campagne de ce village est» sans contre^ dit, la plus agréable du département, et mérite d'être visitée quand toutes ses prairies sont en ûeurs .et se^ lielle^ promenades ombragées par des arbres qui forment des voûtes de verdure à une bauteur prodigieuse. Un joli labyrinte , de beaux jardins et des vergers arrosés par beaucoup d'eau qui se divise et se si^bdivise ^n une infinité de petits ruisseaux, le doux parfun\ des fleura t le cbant d'ui\e piul(itude de petits oise^MX de différentes espèces, tout contribue k extasier et à pétrer les sens de lëtranger qui visite ce pays, encbanr leur. Les Marseillais y viennent tous les ans pour y jouir d'une vue agréable, d'une fraîcheur délicieuse , pous les beaux portiques des promenades, qui çpndui- ^nt liu qi^artier de Saint-Pons.

, J)9/B^. le mêine te^^ritoire, il y £^ le moa^tè^ç dijt

Saiat-Jeaa-de-Garguier» à l'endroit même où il y ayaîl anciennement un temple en l'honoeàr de Bacefans^

Qn y trouva une inscription portant ces caractères :

Ce monastère prit le nom de Gorguîer, Au latin Gar^^ gark^f ancien bourg dont il ne^ reste phm^ aocan Te^ tige, et qu'on pr&ume vmis^ M dlSo^^WM^ emplacement. :r.^ Jp v,. .

C'est même à Gargarla tpe lBgptétMm JÊU^ilÊÊià établirent un marché, peu considérable^ à la yérité,. . car il n était fréquenté que par les familles des cam->. pagnes qui se trouvaient éparses dans^la contrée , et par quelques bourgades qui s'y établirent ensuite.

£n i&2(if on a découvert dans la campagne de Géménosnnmonumenl funéraire consistant; en trois tir^. nés emboîtées l'une dans l'autre. Celle extérieure était en terre cuite avec deux anses ; la^secondcY de la mêmematière , portait dans son fond une plaqœ de bronxeparfaitement polie ; le pied de la troisième urne posait sur cette pla^e. Cette dernière était en ?erre etarait environ treize pouces de hauteur. Elle contenait deft. cendres^ desossemens, desxlous placés en croix^ une< lonphore et un anneau en matière calcaire.

Le territoire offre aux amateurs d'histoire naturelleune iaQnité de coquilles fossiles , dont la plupart tiennent encore fortement aux rochers ; et les amateurs de l'industrie y voient avec plaisir une papeterie qui

^npe nombre d'oovriers, et une belle manufactuce*

de verre à vitre» ou l'oa travaille aussi le verre cristaU Il est dommage que ee dernier établissement soit quel<juefois contrarié par la concurrence. La vigne et 1 olivier viennent^bien dans le territoire, dont les hau^ tenrs sont couvertes de pins. Uy a une foire le 4 juin^ Pop. i»75o bab,

GÉNIÈS (Saimt). Haineau danale territoire de Mar-^ aeille,

GÉNIÈS-DE-DROHONT (Saiht). Fcyiz Dao«

hons-Saini^Géniez,

GIEINS. Presçpi lie et étang situé au sud de la ville d'Hyères. Lëtang a environ une lieue de longneor. On le nomme aussi Yétang de Pesqukr, D\ui eèté de la presqu'île est la petite rade de Giena, et de Tautre la grande rade d'Hyères, dont l'entrée est défendue par le château Brégançon. Vo^cz Hydres. *

GIGNAC, Yillage du canton des Hartigues» à 7 lieaea d'Aixt divisé en nombre de hameanx dont les uns sont distans de trois lieues du chef-lieu. Les production» sont les mêmes qu'aux «avirons. Pop. 1^00 bab«

GIGNAG^ Gignacum ou Gignochan. Wlàge à 3 l» d'Apt son chef-lieu d'arrondissement et de canton. Citait autrefois un lieu crasidérable. Comme le parti des huguenots y déminait , le pays se révoka contre Is roi. Des forces marcbèreot couUre ce village, et il fui

brûlé ainsi- que k ohâteaa fort qui se trouvait sur vok locher».

Le t<»rritoire de Gignac est de peu d*é tendue ; ui> quart produit du blé , du vin et de rhuUef-di^ quart M produit rieui eè les autres deux quàtfir-' àMÉf élNN»^ verts de chèiies. On trouve dans les collines un sabionblanc que l'on a employé pour faire I4 porcelaine ^ et dont on se sert dans la verrerie. C'est une espèce de kaoMn ou- sable quartzeux» Pop. môàab»,

GIGOGNAN. Hameau de Sorgues^ à.ane^lieuftiÉi! demie d'Avij^on. Son territoire produit dèîtout abondamment, m4is surtout du l>lé , du foin» des plaBli^ potagères et des fruits. On- y cultive de»mûnerir%li quantité ;:aussiraisanoe est dans taises l^s.fainjilles» eti on n'y vpit point d^ n^lheurenz».

GIGOMDAS. Petit village du canton de Baume-de-. Venise, à 4 lieues d'Or^uge. Climat^ nature du sol et. productions, les mêmes qn'à Yaqnera^^ Population

" GI€K)RS. Petit viihige du canton de Turriers » k 8 lieues de Sisteron, Sol peu fertile, qui donne du blé^ des pcHBmes de terre et de bons pâturages où

l'on engraisse des. troupeaux d,e nîenU'bétai(.,Popul. 22Q bab.

. GIN ASSERVIS, Gymnoiium cervorunu Bourg, du •anton de Kians, à 7 lieues de Brignoles. Les anciens fomtesde Provence , chassant volonjtiers le cerf, avaient

'èuhli diff&rentes vénairies. Ginassertis «n éUûl tme^ aussi availHil «h parc pour les cerfs» et des garènes |>our les lapins. Aujourd'hui la campagne n'offre guère que des pourceaux qui sont le commerce du pays^

Le territoire de Ginasservis contient un souterrain qui, dans le principe, communiquait dun couvent de I)ruides à ukl de Druidesses. iDes templiers s'établi» rent sur les ruines de l*un , et des religieuses sur les ruines delWtre. Ce dernier a donné son nom au quartier (îeU HhaUngeoi) , et se troure dans le territoire de Saint-Paul-de-Durance* Climat assez pur et sain; le soi ne produit guère que du Mé $ mais cette production y est abondante et recherchée. Pop^ 800 bab. Foires, les i4 septembre et 1 1 décembre*

GIRAUD. Étang de la Camargue» et dans l'île du

tlan du Bourg, formée par le grand Rhône, le canal du Japon et la mer*

GLANDE YES. Ancienne ville épiscopale» sur la ri?e droite du Var» à vingt minutes d'Entrevauz. Elle esl appelée dans les anciens titres, Glandat^ Glanda ^ GuLNOATÀet Glandaisra; et ailleurs , Cité du Gland, CivitaêGlaHdis, GlANd^t [et GLAnntirtM '; en demies lieu Glanatina. Cette ville , connue dès le quatrième siècle, fut dévastée parles Lombards au huitième, par les Sarrasins au dixième, et enfin ruinée et détruite au quatorzième par les guerres civiles et par les débor» démens du Yar. Il ne reste de cettè Tille qu'un ancien château situé sur une montagne qui a conservé le nom

de GlandèreSé L^ancieime TîUe était ati bas ilb cette

montagne. Le siège ëpncopal fat transféré à Entrevaux ^ çoHune étant la viile la plus à portée; mais on a fiai par le auf^ rimer»

GLAMUH, que Pline ikomme Glanwn Idvu^ était

une ville qui appartenait, dans le principe, à un pou-» pie allié des Saliens , et placée entre Cavaillon et Er* naginum* Tous les historiens s'accordent à placer Giûi* num à quelques minutes de la ville de Saint-^Remy* {Foyezcemot,)

6LEISS0LË& Foyez Touemoux.

GOLFE DE GRIMAUD. C'est le Sinus sainbracitantu ' d'Antonin. Les Sarrasins venaient fréquemment y débarquer des troupes pour renforcer celles du Fraxinet et des autres postes qu'ils avaient dans la contrée. La flotte de l'empereur d'Orient y yint aussi pour com** battre contre ces barbares, pendant que Guillaume I*' les attaquait par terre.

. GOLFE DE LYON. C'est le gallicm sinus ou mûre gnecum. GoUie de là Méditerranée» dans lequel les

différentes branches du Rhône se jelteot.

GOLFE JOUAN ofu Jean, en proyençal Gourjouam Petit golfe de la côte maritime du département du Var, entre Antibes et Cannes* Son nom actael semble lui avoir été donné par les Espagnols, lors de leur séjour dans Tile Sainte-Marguerite, une de celles de Lérins» C'estaufond de ce golfe que se txonmt^giina,

une des deux parties de la capitale des Oxibiens. Le^ Sarrasins ont débarqué plusieurs fois dans ce golfe pour venir exercer leurs ravages dans rintérieur des terres. En i ô i5 , Ks^oléon y débarqua, à son retour de llle d'£ibe.

' GOLFE DES tECQUES. Golfé fermé par le Bee^

de-l'Aigle, sur la côte du département des Bouchesdu-Rhône, et le cap de Tarente» sur la côte du dé-» parlement du Var. C'est dans ce golfe, et près de ce dernier cap, que se trouvait la ville de Tauroentum^ fondée par les Phocéens. * •

Ce golfe a donné son nom à un hameau de la commune de Saiut-Cyr. Ce hameau est tout--à-€ait au bord de la mer. Il s'accroît chaq^ie jonr, et deviendrait im«* portant, si Ton pouvait y construire uu môle propre à abriter les vaisseaux mardiands.

GOMFAROiNy Gonfaroy anciennement Castrum de Ccnfaria, Village dn canton de Besse» à 5 lieues de Brignoles, situé dans un espèce de gorge qui s*élargit à l'entrée et à la sortie » et que le maréchal de BeUe*lsle trouva à propos de faire garder, en 1746, lors de l'entrée des Allemands en Provence. B'Anville place en ce lieu le Forum Vocomi des Romains. Nous avons suCQsamment démontré cette erreur aux articles Ca- BAsss, Deagoignan et Takadel, auxqueb nous renvoyons nos lecteurs.

La principale production du pays est le via, qui a la réputation d'être le meilleur de^ environs et de

Bènlfrir îe tràniqfiort On y recndDe |>eti Aè hli et^eU

dliuile, mais beaucoup de marrons^excelleas, (jui attirent beaucoup de numéraire. Le pays n'a jkls aâiiet de bras pour l^agricultûre et n'offre aucune indvMi^e. Cependant une papeterie copviendrait bien ea-dessUâ de la belle fontaine d'Aye, qui donne naisianee à la rivière de ce nom. C'est à Gonfaron qu'aboutit le che»min du Caradou , jadis continuellement infesté par des dévaliseurs de grands chemins. Il n'est pins fré-. ^entéi depuis que les grandes routes sont bien entrer tenues. Pop. i^SSobab*

GORD£> Gordœ. Bourg chef-lieu de canton , à 5 1. et demie d'Apt On croit que c'était la capitale des

Vorderueii peuple celto-lygien. Il est possible que ce peuple occupât le territoire de Gordes» mais je doute que le malins fut au môme endroit où se trouve la ville. Le climat est beau» tempéré et fort sain. Les eaux n^Y sont pas abondantes; cependant le sol est boit et fertile ; il donne un peu de toutes les productions de la basse ProTcnce. Le territoire comprend le hameau des Imberts. Pop. 2,855 faab. Foires, les 5 fé-^ Trier et 22 mars.

Les communes du ressort de la justiée de paix de ce lieu sont. Cordes, Baumettes, Goult, Joucas, Lioux, Murs» &oussillon et Saint-Pantaléon*

GOULT» Gaudium, Village du canton de Cordes» à 3 lieues et demie d'Apt. C'est^ sans contredit» un

des pays les plus pauvres de la Provence; car le sol^ isablonneux, maigre et presque stérile^ est entièrement ravage par deux niisseaut. knsà le peuple et même i^elques fabricans d étoffes communes sont le plus flOQYent privés d'argent, de manière à ne pouvoir travailler. Cela ne les empèehe pas d*ètre toujours joyeux. On élève dans le pays des vers-à-soie , et on j engraisse beancoop de tcodboiis. Pop. t,3i5 hab»

GOURDON, Gordo. YiUage da canton du Bar, à 6 lieues de Grasse , situé sur une montagne de rochers tailles à pic du côté de l'est. Plusieurs auteurs donnent à ce lieu le nom de Gardoru Poinsinet de Sivri» traductêur de Pline , dit que Gardon était une ville alliée des Déciates. Il suflit de connaître ce village , pour juger qu'il n'a jamais été une ville , et bien plus, que ce Keu nVxistait pas du temps des Romains. Lë village n'a dû se former que lors de l'invasion des barbares. Les habitans disséminés dans la campagne, réunirent leurs habitations sur un seul point propre à s'y défendre contre toute attaque ennemie. De ce point on découvre une vaste étendue de mer, les monti^es du comté de Nice et l'île de Corse.

Sur un pic très-éievé, au bord du Loup, se trouve une grotte spacieuse, dans laquelle il y a un creux qui est un véritable four à cuire le pain. Il paraît même avoir servi à cet usage du temps des guerres intestines. On vient d*en enlever les pierres pour les employer ailleurs pour ie même usage. Dans cette grotte il y

a également une fontaine o& coule une eau excellente.

Les bergers vont y chercher de l'eau dans leurs marmites de cuivre. Avec leurs souliers ferrés» ils passent sur un chemin d'un demi-mètre de largeur an plus, taillé sur ]a roche calcaire. Le moindre faux pas les précipiterait à trois cents mètres de profondeur. Peu avant d'arriver à la grotte , cechemin est coupé par une grande çrevasse du rocher. Autrefois il y avait sur ce point une sorte de pont-levis;mais il n'existe plus aujourd'hui. Les bergers franchissent ce passage aussi lestement X qu un petit fossé au milieu d une prairie dans la plaine. Un seul homme » avec des provisions , pourrait vivre long-temps dans cette grotte , et se défendre contre l'armée la plus nombreuse et laplus redoutable. Aussi cette position est appelée la forteresse de Gou/rdoiu Comme ce pic ne défend pas le village, et qu'il ne peut servir ^e de lieu de retraite , on ferait mieux de le nommer le retranchement de Gourdan.

Quoique le village et le territoire de Gourdon soient assez froids, à cause de leur exposition aux vents du nord et de l'est, on y recueille du blé, du vin, de rhuile et quelques fruits. Pop. 240 bab. •

GMNÉGONE (La), que Poinsinet de Sivri a prise pour une grande ville très-ancienne et alliée des Déciates; que tous les historiens modernep de la Provence ont désignée comme un ruisseau, qui prend sa source dans le territoire de Draguignan et va se jeter dans TAr» gens» près du village de Roquebrune; la Granégone

n'est qu'un nom de quartier qui ne fait nullement époque à Thistoire de Pxo?ence»

GRAND-BOIS ou Grambois, Garambaditm. Village du canton de Pertuis, à 6 lieues d'Apt. Territoire peu vaste; soi fertile et bien cultivé par de bons agriculteurs; aussi produît-îl abondamment du blé, du foin, dn vin et des légumes* Pop. 870 hab.

G&ADUS, yajez Golfe de Lton.

GRANS* Village du canton de Salon, à ô lieues d'Aiz^ situé sur une branche du canal de Craponne , et près

de la vaste plaine de la Crau. Climat tempéré et sain; sol très-bien cultivé : aussi produit-il de la bonne huile y du blé et du vin en abondance. Les eaux du canal engraissent les terres et arrosent quelques prairies et iea jardins. Pop. i,goobab. '

GRASSE, dans le principe Crassuê, aujourd'hui

Grassa , quoique dans un temps on l'appelât GracCm Ville chef-lieu d'arrondissement du département du Var, à 233 lieues de Paris, avec tribunal de première instance, tribunal de commerce et un évêché supprimé* L'origine de cette ville n'est pas si ancienne que cer» tains auteurs modernes ont osé l'avancer. Elle n'était pas la capitale des Ligaunî. Elle était daos le pays des Oxibiensqui occupaient la rive gauche de YAcro (la Siagne). Tout au plus si l'on peut supposer que, du temps des Gelto-Lygiens , il y eut un marka (sorte de. foire) dans la campagne de Grasse , où des peuples de

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rinterieur, tels que les Ugavnij les Quariatesy les Adunicates, les Velatini^ Venaient, k certains jours de Tannée , échanger leurs denrées ou leurs marchandî* ses pour des objets qui leur étaient nécessaires, tels que le sel que les Oxibiens ramassaient dans le golfe de Laval ou dans Vétang de la NapouUe.

Après la défaite des Oxibiens, quelques-ims de ces malheureux Tinrent habiter la campagne de (Brasse pour y vivre de la chasse et de la rapine , et surtbut pour se livrer à des cruautés contre les Romains de qui ils avaient tant à se plaindre. Ils occupèrent bord la forêt de Malboscy qui se trouvait entre la ville actuelle et les hauteurs de Ghâteau-Meuf ) et de là ils allaient se poster sur le chemin Roumiou, qui d'Oxibia conduisait sur les Àlpe&

Vers Tan i5 de notre ère , Fempereur Tibère ayant fait sortir de Rome quatre ou cinq mille juifs, sous prétexte de leur donner des terres en Sardaigne, mais dans le fait , pour les faire mourir peu-4-peu par Tair empesté de cette île ; nombre de ces malheureux s étant aperçus y un peu tard à la vérité » de llntention cruelle et barbare de Tempereur, désertèrent la Sardaigne, et vinrent chercher un lieu du refuge dans la Gaule transalpine. Plusieurs barques abordèrent la côte des Oxibiens. Les habitans du littoral ne voulurent point admettre parmi eux ces pauvres proscrits. Ceux-ci furent forcés d aller chercher un coin d'asile dans l'intérieur des terres. Us se trouvèrent bientôt en présence >des malheureux de Malbm qui vivaient dans un état

de iauvage inhospitalier. Ils s observireat pendant quelque temps avec des craintes* réciproques. Ensuite

ils s'abouchèrent ^ se firent couGdence de leurs peines et de leur haine contre les Romains. Gmniae leur mak heur Tenait delà même source , les deux peuples firent alliance» et ne formèrent bientôt qiti une seule et même famille, quls'adonna à l'agricullure et à Fiadustrie. Ce nouveau peuple (jiiitta le fort de la forêt et fut s'établir au lieu où se trouve le hameau de Magagaosc» dont le nom dérive dn hiuïMagaUaf qui signifie cabanet^ loges , huttes; et non pas du provençal Magagno^ qui signifierait rfi^e^ fines$e, fourberie.

Plusieurs siècles après, les juifs qui se trouvaient dans les différentes villes de Provence, ayant exaspéré les habitans en se livrant aa vol et au meurtre, des me* sures sévères furent prises contre eux. H s'en suivît l'oiidre rigoureux de les exterminer. Ceux qui se trou^ paient à Maga,Ua, ne s'étant pas livrés à de pareib excès, et tenant beaucoupi à rester dans le pays où ils se tcouvaient et à conserver les terres qails avaient mises en grand produit, embrassèrent le christianisme en 585, ce qui leur fit obtenir l^ur grâce, ainsi que l'autorisation de bâtir une ville auprès d'une belle source où les Romains avaient construit, pour la garde des eaux , une tour et un corps de garde dont on voit encore les façades. Les habitans donnèrent à leur nouvelle habitatioa un nom qui pût rappeler la faveur qu'on venait de lejur accorder. Quelques auteurs ont cm qae le nom de cette ville venait d'un consul

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romain nommé Crassus. Ils auraient dû dire que la belle source de Grâce» ayant été gardée par un capitaine nommé Crasms , prit le nom de fontaine de Crus* $U9f et qu ensuite le nom de Crassus s'étendit sur tout le quartier. La généralité des Grassois actuels donnent pour origine au mot Grasse, la bonté de leur terroir^ mais si l'on fait attention que , dans les anciennes chartes y le nom de cette ville était écrit par un c * (Grâce) , on croira avec plus de vraisemblance qu'il dérive de la clémence ou de la fovenr accordée par le chef de la province.

11 est surprenant que cette ville n'ait jamais offert la moindre inscription qui rappelât quelque fait mémorable ou qui constatât son ancienneté ; preuve cerlaiiie que des familles romaines ne l'ont jamais habitée. Je crois môme que, dans le onzième siècle, la ville de Grasse n était pas un lieu bien important, vu qu'à celte époque y au lieu d'être le chef-lieu de la contrée, elle faisait partie de la principauté de Calian, qui comprenait tout l'ancien pays des Ligauni et desOzibiens«

Au reste, peu importe que la ville de Grasse soit plus ou moins ancienne ; qu elle ait été plus ou moins considérable avant le douzième siècle. Il suffit de savoir d'une manière positive que , depuis sa fondation , elle a été commerçante ; qu'elle a soutenu plusieurs sièges pour préserver ses richesses ; qu'elle' fut surprise par les Sarrasins, qui massacrèrent une partie des habitans et menèrent l'autre en esclavage ; que ceux qui avaient pris la fuite à rapprpche des barbares vinrent repeupler

ta ville ; qu'elle s'était liguée avec Pise, ville dlfolie,.

contre le gouvernement de Provence ; que la force des armes la fit rentrer daas le devoir ; qae lors du passage de Charlès-Quint , les habitans détruisirent leur ville et leurs maisons de campagne ^ pour <}ue les chefs ennemis ne trouvassent pas un toit pour s'y abriter ; que la ville fut rebâtie sur* la même hauteur ; que le baron de . Yins, l'assiégeant avec acharnement» fut tué sousies murailles dim. coup de mousquet par un de ses propres^ soldats^ etc.

C est une erreur de croire, comme la plupart des Grassois , que l'ancienne ville fût au pied de la colline et près de l'endroit où se trouvent les restes de la chapelle dite du Saint-Esprit, £n creusant daus les terres, on en aurait trouvé des vestiges. D'aiHeurs, il y a des preu* ves apparentes que l'ancienne ville se trouvait au midi de la ville actuelle , et que la rue Tré9-Castèou$ en faisait partie.

Il paraît que» dans la suite, la peste fit beaucoup de ravages dans le pays » puisqu'on fut obligé » pour se ga«^ rantir de ce fléau, d'établir une sorte de lazaret Si la campagne sous le val à!Anribe, On y voit encore les ruines dë plusieurs cabanes en bâtisse^ où les malhereuz pestiférés avaient été relégués.

La ville est mal bâtie » et elle n offre aucun monument curieux* Son église* paroissiale est une masse informe qui ne mérite pas d'être vue. Ce qui peut lui • donner quelque célébrilé*Ve'est que ^î(;^Dai}unc^> pape qui ne régna qu'un iour > en avait été prévdt

Grâflse est depuis kmg-lemps uoe èes principftles TiUes de oommerce de k Proyence» Les babitans sa- ' vent créer une industrie , et surtout la perfectionner^ Cependant cette ville possédait autrefois l'art de dé* graisser les huiles , ce ^ui occupait beaucoup de mal-^ heureux et attirait un grand profit au pays. Cet art est entièrement perdu. C'est k peine si les Grasseis d*aa^ jourd'hui savent s'il a existé» On. ne voit plus dans cette ville ces £isd>riqnes de gsmts qui fournissaient toutes les villes de France et les cours d'Europe. ( Nice fabrique (des rubans dits encore de Grasse , qui jouissent d'une réputation bien méritée). Les premières ont été transfé-» réesà Grenoble, et les secondes ont trouvé unsûrasilq .i Saint-£jtienne-en-Forèt« On n'y rencontre plus ces fabriques de cuir vert » dont la qualité étmt naguère trè&recherchée dans les montagnes de la Pravence et dans celles du Dauphiné, à cause de sa grande supériorité sur tous les autres. Ces établissemens sont entièrement ton\bés y non par le manque de demaodes et de consonn mateurs ; non par le manque des marchandises pr&t mières et des moyens de fabrication, m^is par la mau-r vaise politique des nouveaux fabricans., qni voulaient en peu d'années frire une aussi grande fortune que ceux qui» depuis plusieura générations» travaillaient dans la partie.

La parfumerie est une industrie récente dans cq paySit £lle ne date que du milieu du siècle dernier^ Le premier parfumeur conduisit lui-même deux cais« ses de sa marchandise jusqu'à Paris», où. il vendis s%

petite pacotille dWe manière très-avantageose t et se fit une réputation qui lui rendit tributaires toutes les cours de l'Europe. Un pareil succès ne pouvait manquer de lui susciter des rivaux* Plusieurs maisons de Grasse entreprirent la même industrie, qui leur fut également avantageuse. La concurrence s est accrue à un point» que les petits fabricans, pour arriver promptement à la fortune , ont nui à la réputation que les bonnes maisons sëtaient acquise. Cependant , quoiqu'on en dise» la ville de Grasse offre encore beaucoup de fabricans délicats qui » possédant une honnête fortune» tiennent à conserver la bonne renommée des parfumeries du pays.

La fabrication des boîtes et bonbonnières est presque entièrement t<Mnbée. Les anciens ouvriers se seraient attachés à perfectionner cet état ; mais les ouvriers actuels» soit négligence» soit dégoût» i abandonnent entièrement aux grandes villes du royaume. Quoique cette industrie ne soit pas assez importante pour regretter de l'avoir entièrement perdue » elle le tait assez pour donner du pain à un grand nombre de malbeureux.

Le commerce de Grasse achette une grande partie des eaux de senteur de l'Italie et des différentes contrées de l'Orient » les fleurs de la principauté de Monaco et du comté de Nice, les huiles de Tarrondissement , et \es cocons des environs. Il expédie ses parfumeries dans toutes les parties du globe » et ses huiles dans l'intérieur de tout le royaume. Par le retour» il attire

au pays toutes les productiaos agricoles et industrielles les plus indispensables.

Les habitaos de la ville de Grasse ont depuis longtems une réputation d'avarice » de cupidité que les populations voisines disent méritée. Je ne rappellerai pas ici le proverbe qui la consacre, parcequ en fait de moeurs y les dictons sont toujours de faibles autorités. Il est possible néanmoins, qu'à l'époque où le proverbe auquel je iais allusion fut créé et lancé cou Ir 'eux, les Grassoîs se comportassent en vrai citoyens dlsraël i peut-être qu aujourd'bui encore , tels et tels paraissent justifier par leur conduite l'opinion généralement répandue sur le compte de leurs pères. Mais à coup sûr 9 considérée dans son ensemble, la génération actuelle doit être jugée plus favorablement. Si des préventions subsistent encore, il faut les attribuer moins à une indignation excitée par des vices réels > qu'à cette envie que fait toujours naître le spectacle d'une grande richesse. Les Grassois doivent leur fortune , non pas à cet esprit de lésinerie qu'on dît présider à tous leurs actes, mais au courage, mais à l'intelligence et à l'exercice de toutes les facultés qui créent et font progresser- Imdustrîe. C'est par là principalement qu'ils ont élevé leur ville à ce haut point de prospérité, objet des sarcasmes de leurs voisins. L'aisance répandue dans toutesles classes de cette opulente cité a heureusement influé sur les mœurs. On a commencé depuis vingt ans à y marcher avec le siècle ; le précepte jadis à respecté , de ne parler jatnaU que la langue de sa mère, a été gé-

nérensement abandonné. Aussi ^ pea?ent-ils s'appli»

quer avec plus de vérité le mot d'un prince tristement célèbre^ et dire i II y a aujourd'hui en France douze mille Français de plus* Spiritaels, gais, hospitaliers , leur société est agréable, enjouée, et c'est surtout en faveur des étrangers qu'ils se mettent en frais d'amabi-* lité. Les grâces leur sont faciles : ils les tiennent de la nature. Les physionomies sont parfaitement en harmo* nie avec ce sol ricbe, émaillé, suave 9 parfumé, qui fait de ce pays une sorte d'Éden, Yaînement on chercherait à se faire une idée de ces lieux enchantés. Quand on voit ces merveilles de la nature et de l'in* dustrie, on n'ose plus accuser les poètes de mensonge. Les images qu'ils nous présentent et que nous croyons n'être que le fruit d'ingénieuses fictions, se trouvent là heureusement réalisées. Qui dira l'impression que font sur l'âme de l'observateur ces jardins étages où se montrent dans tout leur éclat les plus brillantes productions de Flore ; ces immenses prairies arrosées par cette FouXs dont l'urne inépuisable répand au loin la verdure et la fécondité; ces orangers aux fruits d'or, aux fleurs argentées , qui , en plein air , s'élèvent à la hauteur des arbres indigènes; ces oliviers enfin qui» serrés comme les pins de la foret, plus grands et plus touffus qu'ailleurs» n'étendent leurs orgueilleux rameaux que pour verser avec plus d'abondance leur précieuse liqueur. Si du cours vous portez vos regards sur le magnifique bassin qui s'oilre devant vous au midi, quel gracieux ensemble, quelle merveîUense diversité

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d'objets. Ici Mouanâ» là Mougias,^ à gauche Châtea»* Neuf, à droite la plaine de Laval et le sombre Estérel » en face^ au bord d'une immense mer, les îles de Lélias» et parmi beau jonff au bout de l'honaon, les montagnes de la Corse. Elle est délicieuse, en vérité, cette promenade du cours. Mais pourquoi là. où Tou ne Ta chercher que desidées déplaisir , est-on attristé par l'image de la douleur ? Pourquoi aujourd'hui encoce estron condamné à voir au bout de l'allée cet hospice que les convenances et la salubrité publiques exigeraient quon transférât ailleurs? Userait digne des magistrats de cette ville de mettre à exécution le plan conçu à ce sujet par un administrateur dont lagestion a laissé dlionorablesydiueiraçables souvenirs«.Toutefois, si les promeneurs ont à se plaindre de ce douloureux yoisinage^ les malades du moins n'ont qu a se louer des soins patemo]ji.qui leur sont prodigués. Placés dans des salles vastes, aérées, bien exposées, ils reçoivent les secours les plus empressés.. Une chapelle d!uae élégante simpliciié» ornée de trois tableaux, dûs au pinceau de Rubens, décore cet édifice, monument delà charité dW pieux évèque, dont la mémoire est encore chère à tous lies Grassoia.

La ville de Grasse offre depuis quelque temps des sortes d'aliénations^ la plupart avec penchant ausuicide*. Quand aux causes qui ordinairement proviennent d& l'hérédité ou du climat^ causespuissantes pour les ma-» hdies chroniques, on peut mentionner Tesprit dft certaines personnes, douées d une acidité démesurée^

Ajoutes à celle dernière cause le passage sobil de lâ

pauvreté à la forluDe> et vice versâ.

11 existe en cette Tille une seconde maladie qui fait bien plus de ravages que la première; c'est de la phthisie que je veux parier. La cause locale la plus puissante qui occasionne la phthisie, est, sans contredit 5 le froid bomide qui règne en eette Ville une grande partie de Tannée 9 et qui occasionne même des odontalgies terribles qui ne tie terminent que par la destruction complète des dents. Une cause secondaire de laphlbisie, c'est la négligence de brûler les vêtemens de ceux qui sont morts de cette maladie. Les frères et les sœurs s'en revêtent plutôt que de les sacrifier. Quelques-uns les font vendre, et empoisonnent des familles sainesl Une cause volontaire qui propage la phtisie, c'est le peu de délicatesse que certaines personnes ont de s'allier avec un sang phthisique. Ce>sacrifice de la santé provient toujours de Tavidité pour la fortune ^1).

Au quartier d'Anribe il y a une mine de charbon de tcHrre qui^ exploitée» serait fort avantageuse aux fabrications du pays, ne fut-ce que pour les fabriques de savon , les filatures de la soie et les moulins à huile.

Le territoire de Grasse, oflirant beaucoup d'oliviers, doit avoir aussi beaucoup de pressoirs à huile. Il y en a réellement un grand nombre; mais le pressurage s'y

(i) Tdlet cont les opinioiis de plnsiewt penomet de fait, qid ceiuiait> aèat le jnnp» KHet wm» ont été Irammitef , arec prière de les meDtionncr daiM oet article» comme u atii de la phw grande importuice ponrKatérèt des habilani. G'ett anad dant cette vue qae aovt 7 acooidioosime piaoe^ contre notre nia§e de nom occuper de maladicf.

fait fort mal* Les pressureurs se servent d'un levier trè^ court y et n'emploient pas assez de force pour bien exprimer rhuile. Aussi, en marchant sur les grignons qui sont répandus dans les usines» on croit fouler une terre limonneuse» Il n'est pas surprenant que ces grignons se vendent le double qu'ailleurs aux ouvriers ressert-cewrim On ne s étonne plus qu'un pressoir à huile s'y ▼ende jusqu'à quarante mille francs, tandis qu'ailleurs on les obtient pour huit mille. Un ou deux moulins à Sinety dans l'endroit forceraient les autres moulins à travailler avec plus de conscience.

La chapelle de Saint-Hilaire , au quartier de ce nom 9 était aiiciennement un temple dédié à Jupiter Ammon. Il se trouvait sur la voie romaine qui conduisait au Brigantiunu Près de cette chapelle on célébrait, il n'y a pas long-temps 9 le yav^nta/ des Romains (iajouomo des Grassois.) Mais de quelle manière? Tous les ans, le premier jour du mois de mai» l'autorité municipale idu lieu conduisait sur cette hauteur tous les jeunes gens de lun et de l'autre sexe. Là, celui et celle qui, au TU de tout le monde» injectaient plus loin leurs urines» obtenaient un prix, et étaient ensuite promenés dans la ville en triomphateurs. Heureusement cet usage indé« cent n'a plus lieu. Je suis assuré que le peuple d'aujourd'hui refuserait de se prêter à uae pareille cérémonie.

Les montagnes des environs de Grasse et du coté

du nord sont un chaînon de toutes celles qui, depuis la Durance près de Sisteron jusqu'au Yar ^ un peu en-des*

9X9 de son embouchure , servent de ligne de démarca*

tion entre la basse et la haute Provence. La partie inférieure de ces montagnes produit l'olivier; la partie moyenne aperda sesforèts et aurait besoin d'être reboisée; la partie supérieure n'est souvent aux expositions à lest et m midi que la roche nue. La nature de ces montagnes est un calcaire compacte de couleurs diffé* rentes ; tantôt c'est un beau blanc ou un blanc sale jau» nâtre, tantôt c'est un gris bleuâtre ou un rouge de sang. Cette dernière couleur provient de la grande quantité d'oxide de fer qui s'y trouve > et dont la poussière couvre les pierres d'une sorte de rouille qui * s'y attache fortement, mais qui ne pénètre pas dans l'intérieur.

Les couches de ce calcaire sont le plus souvent orîzontales. L'épaisseur est ordinairement considérable vers la base , et diminue à mesure qu'elles s'élèvent vers le sommet. Là elles se contournent subitement pour redescendre sur la face opposée* Ce calcaire a souvent le même caractère que celui du Jura, et fournit de l'albâtre et de belles carrières de marbre de différentes nuances. Ces couches calcaires sont composées de plusieurs substances, parmi lesquelles on distingue quelquefois le gypse , toujours entremêlé de lits d'argile de diverses couleurs, mais le plus souvent d'un blanc sale. Celte formation gypseuse est accompagnée de dépôts de sable en couches subordonnées, et qui se communiquent toujours sur des points différens.

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Les coteaui en-dessoos de cette chaîne de rnoota^ gne , et qui se troarent sur le littoral , «ont infioimetit moins élevés. Leur nature, dans Tarrondissement de Grasse^ est calcaire» mêlé cependaot avec da grès et én granit , par le voisinage de la montagne schisteuse et granitique, qui, de la montagne de TEstérel^ 6 etead par sillons plus on moins larges et plus ou moins profonds jusqu^à la rivière du Var. CW dans cette partie inférieure que l'on voit, en été 9 une sorte de mouche luisante que le peuple appelle baiuo Imemo* Des naturalistes croient que c'est le lampire d'Italie, genre d^insecte coléoptère ; d'autres le nomment rhinocéros, même nom d*un grand quadrupède qui porte une corne. Cet insecte ne se montre qu'à la nuit, et ne passe jamais sur la rive droite de la Siagne. Si on l'y porte , ou il y meurt presque en même temps^ ou lise bâte de repasser sur la rive opposée.

La ville de Grasse a trois halneauz, le Plan, Piescassier et Magagnosc. Elle a aussi quatre foires dans Tannée, savoir, le lundi après Saini-More , le lundi après Saint-Michel, le lundi après le 1" novembre et le lundi après Saint^jindré. ^op. environ i3,ooo hab.

La population de Grasse serait infiniment plus con* sidérabie, si cette ville n'éprouvait pas continuellement des migrations, toujours dans la vue d'acquérir des ri« chesses. Toutes les nations de l'Etu^pe sont exploitées par des négocians de cette ville , qui ne négligent ja* mais de procurer de la célébrité au commerce de leur pays. On ne trouve pas de villes en France qui n'aient

âfins letr séin qoelqiiès familles gttmnseSf qûi y ont été attirées pour le commerce des parfumeries ou pour loat autre ÎDdusirie^ Ajoatoas àcènx-là on grand nombre de jeuûes gens qui voyàgent sans interruptioa pour les productions du sol et des fabri^pies du pays^ Ces productions Èomt embarquées an port de la tîHib de Cannes y qui» dans le foit, n'est que le port de Grasse • quoiqu'il en soit à quatre lieues.

Les comi \uues du ressort de la justice de paît de cette ville sont. Grasse» Auribeau» Mandelieu et Pé^ goifeaSk

GRÂYESON, Cràmo. Village du canton de Château-Renard, à 6 lieues et un quart d'Arles. Climat et {iroductions, les mêmes qu'au cbef-lieu de caikton* Pop. 2^650 hidh

GRÉ ASQOE , Gredasea ou 6tê$cha. Yiliagé du can^

ton de Roquevaire • à 6 lieues et demie de Marseille^ 11 y a des mines de charbon de terre qu'on eiploitè avec avantage^ On y recueille du blé, du via en petite quantit^é. Pop. 3^0 hab.

CREMEUSE^ YiUage oii hanïeaû à 4 liMes de ï)igne. VcyezlékeiBihMsz.

GRÉOLIÈRES , GrisoUœ. Bourg du canton de Cour- )8egoules> à lo lieues de Grasse, et sur la rive gauche du Loup. Les Vélauni^ peuple edto-lygîeny avaient leur chef-lieu près du village actuel. Ce lieu est divisé ten ileus parties» en haute et en basse. C*est dans b

partie haute que les habitans s'étaient réfugiés et retnmçhés, lora de rirruption des barbares d'Afrique. La partie basse est dans une position plus agréable. La rivière ofire des truites bien saumonées. Le territoire est fertile en US , en vignes et en froits exquis. On commence à y introduire la culture de l'olivier, qui y vient très-bien. On y a trouvé une insbription fort ancienne sur un tronçon de colonne qui sert aujourd'hui de crucifère. Les fromages du pays sont exceUens. Les eaux pluviales découvrent joometfe* ment sur les terres penchantes des bélemnttes fort curieux. Pop. 800 hab.

GRÉOUX, Grisclitmiy Castrum de Greofy, aujourd'hui GredobB. Village du c;anton de Yalensole » à i4 L de Digne, et à deux minutes de la rive droite du Yerdon, dans une vallée agréable. Les Romains ne manquèrent t>as de fi^quenter cet endroit, non point à cause de la fertilité du territoire et dcila douceur du climat, mais à cause des eaux thermales minéralisées qu'ils y découvrirent' eux-mêmes. Ils en firent la recherche en creusant un puits très-profondément, et la source trèsabondante sortit du fond en bouillonnant et ^'élevant d'une manière verticale jusqu'au haut de cette première construction , sans que la sécheresse ait pu faire diminuer son volume d'eau, qui est toujours le niOme du jour qu on la découvrit. La température de cette eau est, selon le thermomètre de Réaumur, à 3i degrés, et la même que celle du sang de Thomme. L'a-

noJyse a fourai à tm habile chimiste contemportun te résolut suivant!

!Gaz hydrogène sulfuré. 14 poaces cubes. Gaz acide carbonique. *• 19 ponces cubes. Muri&te de soude. ... 5 gros ^ 3 grains» M nriatc de magnésie. . 21 grains.

Sulfate de chaux. ... 20 grains.

Carbonate de chaux. . 36 grains.

Barrégine * . 1 gros, .3 gr&tn9|»

Nombre de Romains opulens recouvrèrent la santé , ten faisant usàge des eaux de Gréotix. Aussi enrichirent*» ils celui ou ceux qui en étaient les propriétaires, au point qu'on y fit contmire un bel hôpital dont on croit reconnaître encore les yeslige s, et un temple dont on a trouvé des débris qui annonçaient un monument de bon goût^ Quelque grand personnage adressa un êic voto à la nymphe des eaux de Gréoux. Il était conçu en ces termes :

ÏLI A FAVSTINA , TITIL VITRASIl POLLIONÏS COKSVLIS II ) PRJilORIô II , IMPliRATORIS P0NTIFIÇi3 ASUS yXORy NYMl'UXS GAISfiUaS.

Ce qui prouve que la femme d'un Romain^ qui avait

été deux fois consul, deux fois préteur, général en chef, pontife et proconsul d'A^e , vint y chercher et y trouva la santé.

La réputation des eaux de Gréoux tomba avec la gloire des Romains. L'invasion des barbares du Nord et celle des Sarrasins firent entièrement oublier les vertus des eaux de cette fontaine ^ qui ne reprit sa

etiâbrilé que âans le doniième siècle. Possédée par

des templiers , ceux-ci eurent le talent d y attirer nombre de chevaliers français ipi , dans les croisades, avaient contracté en Palestiriè la coûtnme de se baigner. Les guerres intestines qui, pendant plusieurs siècles, couvrirent la Provence de deuil, virent détruire de fond en comble cet établissement précieux pour la santé.

Deux siècles et .plus se scmt écoulés sans que personne songeât à le réparer. Il a fallu un propriétaire aisé, un homme mstrutt, un homme qui connaissait à fond l'art d'Esculape , pour rendre à ces eaux une partie de leur primitive réputation. Aussi, depuis une trentaine d'années, un grand concours d'étrangers de IW et de l'autre sexe, de tous les rangs et de toutes les conditions, viennent deux fois dans la belle saisoa y chercher la guérison de leurs maux.

L'établissement des bains se trouve à environ cinq cents pas à Test du village, et cent pas de la rive droite du Verdon. Des promenades bien ombragées, et plusieurs petits jardins anglais ornés de divers arbustes qui donnent des fleurs odoriférantes, font de ce site un séjour gracieux. L'hôpital , entièrement construit à neuf, est très-vaste , fort commode et digne de recevoir des personnes honnêtes. Les baignoires sont toutes de marbre. Il y en a qui sont carrées, et dans lesquelles on descend par plusieurs marches éga^ lement de marbre.

Le climat de Gréoux est tempéré. La plaine est

fort agréablë ; mais les amphithéâtres sont dégarnis d'arbres». parce que le terrain n'est pas soutenu et ne peut pas.l'ètre, à* cause du manquement de pierres» à moins qu'on ne les fît venir à grands frais de la rive gauche du Verdon ou des dèux extréinitéà du teiri-^ toire. Le 8ol*prodmt du vin , du blé » des amandes eti quelles oIives..Pop«. if4^ hab.^

. (aUUiON,,yiUagedii^cantondèyalréàa»à7lteu^ d*Orange, et sur la petite rivière de Letz. Sol fertile .en» céréales, huile et vins clairets. On y fait beaucoup ^ de m Mano dous» vulgaicement appelé: c4iKr«ft^«^PopN.

6RIMAUD, GrirnaldùSj Castrum de Grimaido, YW^ la^e chef-lieu de canton, sur le golfe du même nom à 9 lieues et démie de Diraguîgnan.

Quelques auteurs ont prétendu que ce lieu fut fôndé^

par*l68 niocéèns de MlEurseilIè» et-qull fi:^ nomm^

AthénopoèU (vîHe dè'Mînerve) (i). Pourmoi, je pense^

que Grimaud'a une origine encore plus ancienne. C'é«

tait» je croiâ» te chef-4ieu étszCamatuliei^ peuplade .

celto-lygiènne , voisine de celle des Bormani et de la

nation, des 5ii«/terî. Nous savons» d'après les auteurs

anciènsy que tes occupaient te littoral'» de«

puis rèmbouchure del'Argens jusqu'en delà d'AkonU^

(1) Pmdnt b r«valatiOB, Ofinand pfit le nom ^jHkèHopêlU, pam> qa*!! croyait lui avoir apparteiiAt oa plotAt pour lejeter cdai ^lltemit aoB premier Mugneur; maif kt habitani at lai étraBgot n'oot pat voalii «dqptor iu MNB enpraaté % d'antaDl plu ^ppà aa eonvenaftpai èca pajra^

qae nous avons placé à GaTalaire, *Le nom' du village

de Ramatuclle semble être formé du nom de ce peuple» à la différence de la lettre initiale^ Mais parce que le mot Ramatuelle a de l'analogie avec célni de Cam»^ tuiiei y il ne s'ensuit pas que ce village ait été la capitale de ce people, mais seulement qu'il se trouvait dans le pays occupé jadis par ce peuple. Ainsi que je l'ai déjà dit plusieurs fois et que je Je répéterai encore > une ville capitale était toujours y tant que possible » sur un point central et non tout-à-fait à Textrémité d'un territoire. Il lui fallait un retranchement naturel sur une élévation , un amphithéâtre exposé an soleil levant,t de l'eau potable à une petite distance, etc. ; tout cela se trouvait à Grimàud» ainsi qu'on peut encore s'en convaincre en explorant le lieu. Les Romains » s'établis* sant de préférence dans les villes capitales, ne manquèrent pas de venir habiter Grimaud» et d'y amener les eaux nécessaires par un aquéduc dont nous par* lerons dans cet article. Mais quel était le nom de cette viUe primitive? Quelle fut. son importance? Quelles sont les causes qui occasionnèrent sa ruine? Sur cela l'histoire est tout-à-iait muette^ et nous sooewcs i^rcés de garder un même silence.

Le nom de Grimaud, qui n'est connu que depuis, le dixième siècle 9 dérive de Gibelin de Grimaldi, qui reçut de Guillaume F* la baronnie du Val-Freinet , en récompense de ses exploits contre les Sarrasins , à l'ex* pttkion desquels U avait puissamment contribué. Gibelin en prit desuite possession. Il établit sa résidence et

le si^ge de ut barcmiiie dans la mdSleure el penMtre

la piu$ coDsîdérabie des habiUitkms que les Sarrasins araient fondées dans la contrée » sur les ruines de Tan-cien lieu, qu'ils avaient peut-être détruit eux-mêmes^ km de leur premier débarquement dans le golfe aam* bracitain.

Papon conteste, par des moyens. plus spécieux que lolides» Torigine du nom de Grimaad .et la ▼éraoiié de la charte qui en fait mention. Nous pouvons assurer que cette charte de Guillaume I*' a réellement existé * <fc qu'elle a été citée, en 17S2, comme frisant titre pour les barons de Grimaud, dans un mémoire au Con-^ stil du roi 9 dressé par le célèbre avocat Muraire, de SÉraguignan , qui fut depuis comte'et premier président dd la Cour de cassation, li existe encore dans le pays, plusieurs familles qui portent le nom de Gibelins et qui paraissent Tavoir tiré des anciens barons.de Grimaud, comme les familles BonifM^e à la MoUcy et Harquèzy k RamatueHe , des anciens seigneurs de«ees Iknnù

Kous citerons, pour seconde:- preuve, une des vallées delà Garde-Freinet, qui porte encore lé nom de Mourgues (1), ancien nom de la ville de Monaco, 3hef*lieu d'une principauté qui appartient aux Gci<« fnaldi depuis le dixième siècle. Le nom de Moargues^su provençal, comme celui de Monaco en italien, sijnifie moine. C'est pouiqnoi la fismiMe Grimaldi avail

(1) Dans toutes les commîmes où se trouve on qmrtier nommé Mûu^gues, il y a en des seigneurs de U famille de Gibelin de Onmaldi ) prinott' de Mourgocs , aujouidlmi Memco.

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pris pour ctmier à Mi araM un moine va à mî-oorpi^ Il ne serak pas impossible que le nom de la ville de

Monaco 9 du temps des Romains, Portus HerticUa MomBd , eût fait prendre » dans les «iècies d'ignorance»

le fils de Jupiter pour im saint moine ou un chaste reclus.

On Toity à l'entrée de l^égUse de Grimand, nn débris

de monument qui rappelle l'existence dans ce lieu de la iÎEuaaille Giimaldî* C'est une petite auge, deiormepynmidale » en beau maibre de Carrare , qui sert encore de bénitier. Sur la face la plus Yoisiue de la porte ol lit cette inscription :

p. ÇapBlZ IfOUACUVS O. GaiMALDI.

Elle est en letlvea tris-bien fonnées, dans le génie de celles qn'on voit sortes monnaies delà reine Jeanne et d'autres monumens du quatorzième siècle.

En i3ô8» JleandeChîmaldi» sénéchal de Provence pour Charles de Duras, ayant puissamment contribué, à &ire passer le comté, de Nice et la vallée de Barce- lonnette sons le domination de la maison de Savoie, perdit vraisemblablement alors ses possessions en deçà, du ^^êK, parmi lesquelleaoa compte la.seignenrie. d'An^ libes.

barojDinie de Grimaad passa successivement daosr le domaine de plusieurs ftniillea. iUnstrea ou trèa ei^ laveur auprès du souverain , ce qui prouve importance ^u'on y attachait. Nous citerons comme seigneurs de b b«roil|iie de Gnmnd et Y<^f reinet^ i* GuiUaim^

de Pcmterés qui, d aprèi Papon, prêta homnage pow

le fief de Grimaud^en 1 298. 2" Pierre d'Acigoé , grand aénéchai de Prorence. 11 était originaire d'Anjou , et le roi Reaé l'appelait son cousin. En i4i2 » il remporta une victoire signalée sur les Aragonais , entre le Rhône et la Dorance , ce qai loi valut une grande récompense. 3* Jean Cosse , seigneur italien > et neveu de BaUlxazar Gosse, qui fiit élu pape» en 141O9 sous le nom de Jean XXIII, qui, ayant embrassé le parti du roi René^ fut forcé de quitter les états de Naples, et perdit tous les biens quil y possédait. C'était un des plus grands capitaines et des plus habiles négociateurs de son siècle. En i45o, il fut élu sénateur de l'ordre du Croi$^ êanty en remplacement du roi René. 11 est qualifié 9 à cette occasion , seigneur de Grimaud et grand sénéchal de Provence. En i47<>» dans l'acte d'inféodàtion de la terre de Saint-Tropez, il prend les titres de comte de Troyes, baron de Grimaud et Yal-Freinet. 4* Étienne deVèse , fiivori de Charles YIII , qui le fit sénéchal de Ntmes et de Beaucaire, son pays natal. 5* Enfin Grî- Biand fat érigé en marquisat en 1627» par Louis XllI, en faveur du sieur d'Esplanès, auquel succéda la famille de Castellane-Saint-JuerSy qui le posséda jusqu'à la révolution,

Grimaud était le chef-lieu d'une baronnie distincte et séparée du vigaeyroê de Dràguigoan j tant pour l'admmistration civile que pour la justice, ainsi que cela &it reconnu , par arrêt du parlement du 22 novem-^ SoRçbe U jeone^ ea |iarlast du sié^e 4#

Boqn^BBartiae» en i ^6» dit qu'il fat entrepris per tet

troupes des vigoeries d'Aîx, BrignôldsyDraguîgnan,..,. Grimaud et des terres adjacentes^ 11 formait , par conséquent» un district toùt-à^iait 4istinet der Tigueries» quoiqu'il ne fît pas partie des terres adjacentes. Il avait un siège d'appeau auquel ressortissaieut les jugemeus des juges seigneuriaux de Grimaud, la Garde^Freiaety la Molle , Cogolin , Gassin , Ramatuelle et Saint-Tropei. (Il parait que Saiate-Uaxime et le £e?est ne saient point partie de cette baronnie. ) -

Le village de Grimaud, dont il est rarement fait mention par les historiens de Provence) parait a?oir peu souffert des guerres étrangères et des guerres intestines qui ont si souvent désolé la Provence. Il était deyenn le refuge de toute l'industrie et du commerce de la contrée. On y voit encore plusieurs vieilles maisons d'une architecture curieuse, tantôt dans le genre mauresque et tantôt dwast le goût* italien du moyeaâge. Des galeries à arcades, construites dans le quinzième et le seizième siècle, soutenaient les maisons de la Crrande rue et de la rue des Jtti6, et facilitaient la circulation des acheteurs au-^devant des houtiques dont elles étaientgaraîes* A cette époque de troubles etde rapines, les malheureux eommerçans ne pouvaient livrer leurs marchandises à la foi pubhque. Ils admettaient rarement les acheteurs dans leurs nàigasins» ait ils se tenaient renfermés comme dans une forteresse. Us ne traitaient avec eux qu'à travers un guichet ou unefcnètre» dontîIarétréQiflsaiisnt roaierture autanl €f»

le permettait le passage des objets vendus et payés d'avance^

Entre ces deux rues se trouTe » sur la place du Gros ,

ua puiu remarquable par son aatiquité , altestée par ses profondes entailles^ £sûtes dans les blocs de serpentine qui en forment le contour, par le frottement des cordes des seaux avec lesquels on puisait leau. Ce puits a été creusé à une grande profondeur dans le roc vif et au ciseau , long-temps avant riuvcntion de la poudre, /

A l'autre extrémité de la rue des Juifs' se voit l'église paroissiale, dont la cpnstruction remonte au moins au dixièmesiècle, £Ue est bâtie d'un granit grossier » d une couleur tirant sur le blanc sale , tel qu'on en trouve dans les environsi. Ses murs > fort épais, présentent sur leurs ibces extérieures et intérieures des blocs carrés et posés par assises régulières. La voûte présente intérieurement la même constructicin ; elle a la forme d'une croix latine; elle est ornée de six pilastres de forme dorique, mais dont les propprtions sont amaigries. Les bras de la croix fonnent deux chapelles, dont les Toûtes » ainâ ^e celle de la nef, sont construites en berceaigc. Tous les arcs sont de plein cintre. Tout prouve que cette église a été édifiée avant qu'on connût l'architecture gothique. Le cbceur est formé par une niche immense creusée dans un massif carré} aussi n'a^t^on pas craint de bâtir eu dessus , dans des siècles postérieurs , un clo* cher* assea élevé, sai^s que le poids énorme suspendu inr l'arcesia d'àuY^nure lût oui à «a solidité. L^ pous^

sée des Toùtes n est point soutenue non plus pardèâr arcs-boutans ni par des contre-forts ; et cet édifice réaia^ fera aux ri^eors des siècles ^ àmoitis que le génie des^ tnictif des hommes ne vienne hâter sa ruine.

An sommet de Hi cdline snr le penchant dte laquelle est bâti le village , à l'endroit même où (es premiers habitans dn pays avaient-oonstrait- nn retranchement ponr préseirerlenr bourgade , se trouvent Ifesmilies pittoresques du vieux château , dont la construction est attribuée par la tradition locale à la reine Jeanne I^jl Cette princesse intéressante et malheureuse , est toujburs vivante dans le souvenir des Provençaux» maU gré ses fautes et*ses grands revers. Cette construction , . bièn supérieure à celle des autres châteaux de la mêmeépùqjBte, a dû être faite par des architectes italiens dui qnitazfème siècle , et vraiserablabtement parles ordres de Jean Cosse , lun des hommes les plus distingués de $6n siècle, 11 subsiste encore deux tours^ rondes de la façade principale , ornées de cordons dè serpentine du meilleur eiTet. Les fènètres'y toutes carrées , ont des. chambranles de la même pferre. Au milieu du château s élevait une autre tour dune grande hauteur: c'était un véritable belvédé^, d'où Ton pouvait apercevoir la mer tout autour de la presqu'île de Gassin et Saint-Tropez. Cette pièce est tombée depuis environ vingt-cinq ansi Autour du château s'étend une vaste enceinte de murailles garnies de meurtrières , par où Ton défendait rapproche- du village. Ce château n'a été abandonné que vers le mili^ du dix-huitième siècle^ par le deiw *

liieraeigiieiir. Ajrantreçu dansiinebatailleaBêUeMor»

qui le rendait boiteux , il trouva beaucoup trop péaibie d*babiter m cbâteau dont raocès était trèa-e»» «arpë; c'est pourquoi il transporta son habitation au bas de l'endroit

Prèa du village de Grimabd 9 en creusant dans les ter* res, on a trouvé des tombeaux de briques, des médail» Ves et des bâtisses romaines; des voûtes considérables ont été déoouTertes» en nivelant la.place des mûriers. Mais ce qui affirme le plus que les Romains ont longtemps habite le liea primitif, ce sont les restes de Taquéduc qui amenait sur remplacement actuel de Grimaud la belle source de Painchaud , qui en est ëloi* gnée d'une lieue f et séparée par la profonde vallée d*BngaUtre8, Ces ruines ne sont .pas imposantes eomme celles de Taqueduc de Fréjus, construit pour l'utilité d'une vîUe qui tenait un haut rang dans la province , mais elles méritent encore l'attention et l'intérêt des curieuju On ne saurait trop admirer combien on avait su allier l'économie avec la solidité. L'eau était d'à-, bord conduite dans des tuyaux de briques soutenus par une maçonnerie légère» jusqu'à la vue de Grimaud. Là se trouvait un réservoir voûté, destiné à rassem^ bler les eanx avant de leur faire franchir la vallée qui a plus de trob cents pieds de profondeur. Du réservoir partait un nouvel aquédnc qui suivait le penchant de la colline dite de Houx, traversait le torrent d'Ëngalières sur un pont qu'on y avait jeté antérieurement > et remontait la colline opposée | en formant l'eau. On

a trouvé jusque vers PégUse actuelle des débris de eet

aqaéduc , qui était formé de tuyaux enduits d au vernis vert» de onze pouces de longueur sur deux pouces de diamètre , plàcés seulement Fun dans l'autre , et préservés par deux rangées de noues ordinaires cimen-* tées par un mortier romain. U reste encore des Testiges du réservoir, qu'on nomme le puits des fccs , et le pont qui supportait laquéduCy Ce pont, bâti en pierres brutes et chargé encore dWe portion d'aquédnc , peut avoir quatorze mètres d'ouverture et douze de hauteur en dessous de Tarche. Sa culée occidentale a été percée pour laisser pàtoage aux eaux d'un biez^ Il présente du côté du nord un joli point de vue. Sous son arche pleine de hardiesse et de solidité » Fou aperçoit une échappée de vue sur la plaine , on ne peut plus riante et pittoresque.

Le territoire de Grimaud est fort étendu. La plus grande partie est formée par des montagnes de granit" et de schiste argileux entremêlés de bandes transversales de quartz. L'une de ces bandes, d'une largeur et d'une longueur extraordinaires, est connue sous le nom de roucas blanc* On y avait exploité une mine d'alquifoux au quartier de Moareiyé Ces collines sont parsemées de petits bois de pins et de chenes-Iiége entre lesquels se trouvent un grand nombre de hameaux et de fermes isolées. La partie sud*ouest du territoire forme une plaine couverte de terres laboura-* blés et de prairies , où paissent de nombreux troupeaux de bœufs et de chevaux. Il n'y a point d'habitation

d&ns cette vaste étendue > à cause des inondations auX'* qu'élfofi elle est sujette en hiver, ce qui engraisse les terres par le limon cj[uc les eaux y déposent. La mer occupait autrefois cette plaine en tout ou du moins en grande partie. En creusant la terre à trois ou quatre pieds de profondeur près de la grande garonne, on y a trouvé du sable de mer mêlé de coquilles brisées. Il continue à sa former au fond du golfe , et stirtout du côté de Saint-Pons, des atierrissemens qui font recaler la mer peu-À-peu d'une manière sensible. Oh trouve en plusieurs endroits de la plaine des amas d'eau appelés garannes et foux. Ces derniers sont des étangs' fermés à Tembouchure des rivières et des torrens dans la mer; les autres sont de véritables lacs alimentés par des sources souterraines. La grande ^uroniM est fort utile pendant 1 été pour labreuvage des troupeaux de gros bétail, qui y viennent en grand nombre.

Le terroir de Grimaud est, en général, fertile. Quoi-» que les terres soient bien cultivées depuis la révolution , cette culture est encore susceptible de grandes amé« liorations. On pourrait y faire des récoltes plus riches qûé celles du blé et des haricots noirs qui s'y succèdent régulièrement, d'autant mieux que l'humidité de l'atmosphère 9 ou plutôt des brouillards du matin , procure la carie et la rouille an blé, et fait changer plusieurs tiges en ivraie. L'éducation des troupeaux donnerait de grands bénéfices, si elïe était mieux entendue. De-* puis la suppression du dépôt d'étalons à Cogolin , un particulier en a établi un à ses frais auprès de Grimaud.

On espèfe qu'il Contribuera à donner des clietanzplitt hauts de taille et plus étofies que la race ordinaire des eygtm, donila petiteise né saurait être compensée par la vigueur particulière à cette race*

Une fabrique de bouchons et troisbriqiietteriesfop« ment toute rindustrie de cette commune» Ces demiè^ res seraient susceptibles d'un grand développement, si Ton parvenait à périéctionaer leurs prodiMts ; ce qué je ne crois pas impossible , puisqu'on trouve des briques romaines dans le pays faites » vraisemblablement avec la même terre» et qui sont toot-k-la-foisploa dures et plus légères.

U s'y tient trois foires dans l'année f le jour de l'^s^ cension , le 1 5 août et \é 39 septembre. Elles sont les plus considérables de tous les environs ^ surtout celle du iSaoût, quîsetientàune demi-lieue du village, près de la chapelle de ]Notre-Dame-d&>-la-Queste^ dans un site liant et commode*

Un peu plus loin se trouve Salnt-Pons» maintenant simple métairie > mais auquel se rattachent quelques souvenirs historiques, tl par^t qu'il y a ea sur cet emplacement 9 alors baigné par les eaux de la mer, un village ou du moins une villa considérable du temps des Romains* En 1074 > il y existait un monastère qui subsistait encore eu 1290. Il a formé un arrière-ûef jusqu'à la révolution. On y voit encore une chapelle abandonnée , avec quelque s vestiges de tombeaux , d'un cimetière et d'anciennes bâtisses*

Le village de Grimauda «ne maison cimuDvne non*

tellement reslaurée , un beau presbytère, et ua hôpital richement doté pour un pays dont la population n'est que de 1,264 habitans. Des chemins bien entre* tenus traversent le territoire en tous sens» et facilite* ront les améliorations dont h commune est suscep» tible. Les principales productions du pays sont, Je foin , le blé et les haricots noirs. On y recueille aussi de lliuOe excellente, et une assez grande quantité de vin d*une qualité ordinaire.

Les communes du ressort de la justice de paix du Heu sont , Grimaud , Gogolin , la Garde-Freinet, Sainte» Maxime et le Plan-de-la-Tour,

£n ùice du village de Grimaud se trouye le gplfe du même nom , qui a environ une liene de large sur trois de long. 11 a dû être une sorte de vivier pour les CamaitUiei , peuple qui se livrait particulièrement à la pêche. Ce goli'e fut appelé par Antonin Sinus tSambracUanm. Plus d'une fois les flottes marseillaises et les flottes romaines y trouvèrent un sûr abri contre les tempêtes, et un port de salut, lorsqu'elles étaient poursuivies par des flottes 'ennemies* Plus tard, les Sarrasins, sortis de l'Espagne et de l'Afrique, vinrent y débarquer à différentes reprises des troupes nombreuses, qui se fortifièrent dans la contrée et envahi* rent toute la Provence. C'est également dans ce golfe que la flotte d'Orient vint attaquer les vaLsseaux des Sarrasins qui s'y tenaient en pleine sécurité. Pendant le blocus continental des dernières guerres, les vaisseaux de l'état «t les navires marchands, poursuivis

par les Anglais , venaient y chercher an heureux refuge 9 sans crainte que ces ty ransdes mers osassent venir

les troubler.

Ce golfe 9 formé par les territoires de Saînte-Ha- :dme 9 Grimaud 9 CogoKn 9 Gassin et Saînt-Tropes , est très-exposé au vent dest; il serait très-dangereux de le traverser lorsque ce vent est déchaîné. U est plus prudent alors aux voyageurs d'en faire le tour à pied t que de s'exposer daûs une barque (foi serait infailliblement engloutie sous les vagues. Nous donnons d'autant plus volontiers cet avis au public, qu'il ne se passe presque point d'années qull n'y ait des personnes qui s'exposent à être victimes de leur imprudence et de leur témérité.

HERAGLEA CACCABARU. YiUe de rancieime

Provence, avec un port de mer, siluë auprès du lieu où se trouve aujourdliui la ville de Saint-Tropex. y ayez ce mot.

Pline fait mention d'une autre ville de ce nom, qu'il dit placée aupr&s des embouchures du Rhôue. Quelques auteurs ont cru retrouver la position de cette ville à Saint-Gilles-les-Boucheries, près d'Arles^ mais dans le Languedoc. Cependant rien ne Tassure; car on peut trouver des positions convenables à une ville , soit dans la Camargue , soit sur la rive gauche du Rhône, et à Tendroit même où se trouvait la ville cel-. to-lygienne ^nfl^V/a , à laquelle les Grecs et les Latins peuvent avoir donné le nom d Heraclea; et alors elle aurait été réellement près des embouchures du Rhône , tandis que Saint-Gilles n'est près que de l 'embouchure d'une dérivation de ce fleuve > faite par les soldats de Marins.

HONORAT (Saint). Une des îlesdeLérins, vis-à- VIS la ville de Cannes. Les Celto-Lygiens l'appelaient Planasia^ les Romaius Lirinœ^ dont on a l'ait Lérins, C'est dans cette île que se trouvait la plus ancienne abbaye des Gaules ^ fondée^ vers Tan /yio, par saint Ho-

Doral, originaire de Toul, et dont la famille avait donné plusieurs consuls à Vempîre, Ayant quitté les déserts de rOrieut qui lui rappelaient la mort d*un de ses in* times amis y il vint en Provence chercher une solitude près de Fréjus» à cause de la :grande vénération qu'il avait pour saint Léonce , évèque de cette ville.

Aidé du secours de cet évèque , le saint solitaire fut bftlir un monastère dans lUe de Lérins» qui était alors déserte et infestée de serpens,dont la plupart étaient Ténimeuz» Nombre de moines, de toutes les nations et des principales familles^ vinrent y vivre, pendant plu* sieurs siècles^ dans la pratique des vertus et dans la sainteté. Beaucoup ont illustré cette île par leur grand savoir. Aussi elle a fourni long-temps des évèques à presque toutes les églises des Gaules.

Dans le huitième siècle, les Sarraâns surprirent cette Ile, s'emparèrent des moines , auxquels ils pro» posèrent de grandes récompenses, s'ils consentaient à changer de religion. Hais les trouvant fermes dans la foi de Jésus-Christ, ils les firent mourir de la manière la plus cruelle^ à l'exception de cinq, dont quatre furent menés prisonniers. Après avoir abbattn les églises et rasé les bàtimens, les barbares se rembarquèrent pour aller relâcher dans la rade d'Agay. Les quatre prisonniers prirent la fuite, marchèrent toute la nuit dans les bois et les rochers, arrivèrent à AralucUf c'est-4h-dire là où se trouvait un temple ou les ruines d'un temple dédié à la lumière* Ils se tinrent cachés dans un souterrain > et repassèrent le lendemain dans

nie» où ils eurent la douleur de trouter plus de cîncf

cents de leurs frères morts. Ils leur rendirent les hou-neurs de la sépulture , rappelèrent ceux qui étaient passés en Italie, et relevèrent en peu de temps le monas*^ tère. Quelques années après les Sarrasins y revinrent , mais ils n'eurent pasle temps d'y exercer leorscmautés^ Us ne purent assouvir leur rage qu'en 1 1 og. C'était le jour de Ik Pentecôte. Pendant que pères étaient à chanter leur office y lésbaii>ares débarquèrent, pillèrent le monastère et le livrèrent aux flammes.

En i4oi ^ dos pirates génois s'emparèrent de nuit et par escalade d'une tour qui se trouvait dans 111e , et ils la gardèrent jusqu'à la fin de Tannée, c'est-à-dire jusqu'à ce que, faits prisonniers, ils eussent subi la peine capitale au pied de celte même tour.

Le pape Adrien Y, en i5i6, et François I^, en iBsS, visitèrent cette 9^, en mémoire des saints maiw tyrs dont les restes se trouvaient dans cette terre. En i554» l^s Espagnols la saccagèrent* Douze ans après^ André Doria , général- de la flotte de l'empereur, y débarqua des troupes; en i635, les Espagnols vinrent s'y fortifier , et n'en furent chassés que deux ans après ; en 1746, les Anglais et les Autrichiens vinrent y détruire la forêt dont elle était couverte , et un an après ils furent forcés de Tabandonner. Au commencement de la révolution française, nos troupes arrachèrent les vignes qui auraient pu entraver leurs manœuvres.

Le monastère se trouve sur la pointe d un rocher qui s'avance dans la mer. Il fut bâti en 1116, pour

mettre les moines à l'abri de toate attaque de la part

des barbares. Cet édifice est carré, et ressemble à une forteresse* Il est surmonté d'one grande terrasse garnie de créneaux; les murs sont en pierres de taille. Ils ont résisté au canon des flottes ennemies, et plusieurs boulets sont encore attachés aux façades du côté de ' la mer. On passe sur un pont-levis pour entrer dans le monastère. Une partie de Imtérieur est encore logeable ; Fautre menace de crouler bientôt. Le dessous du premier étage n'est qu une vaste citerne qui résonne au moindre tapage; Tescalier est très-grand; il se ressent du goût du douzième siècle.

A Tentour de Tile on voit encore les vestiges de m petites chapelles qui ornaient le monastère au centre. LëglisCy dont une partie est tombée depuis peu^ était fort grande et en pierres de taille» de même que deux chapelles qui y étaient contigucs. L'entrée de l'église était décorée de deux colonnes de granit de TEstérel; on y en Toît encore une ; Tautre fut transportéeà Marseille. Plusieurs inscriptions se trouvent encore dans

le cloître. La plus curieuse est celle qui se trouve

sur un carré de marbre blanc, dans mi mur près du puits que saint Honorât fît creuser au centre de Tiie» lequel puits fit comparer ce saint à Hoise , pour avoir fait sortir de l'eau d'une pierre. Ce puits oiire une belle source d'eau excellente au-dessous du niveau de la mer.

Dans l'intérieur de l'île on voit encore nombre de petites cellules entourées d'une petite enceinte demvk-

railles. Chaque moiae' eu avait uue pour reuir- s'y 11- Trer àlaméditatioiiy.et pour s'y distraire eo^y eultîyaiit quelques plantes. Le public qui visite ce lieu est pé- Bétré d'ua saint respect pour une terre qui a été entièrement arrosée^ du sang dWe infinité de saints martyrs.

Cette Me est d\me fôrme a7ale> et d'environ une demi-lieue de ciroonfél^nce» bordée de-roehers ne

présentant que de petites anses accessibles à des ba-« teauxi La surface est presque unie ; aussi le canon du fbrtdellle Saiate-Marguerite la préserve de toute inva» siom Voilà pourquoi on devrait lacultiver» sans crainte de voir détruire les récoltes. Elle* donne du^blé» des haricots verts exquis. Il y a beaucoup de cacie , dont, la fleur est vendue aux parfumeurs deCIrrasse* L'oranger y viendrait très-bien en plein vent^ etfer^it de l'île un séjour enchanteur;; car son goint«de vue est des» plus-agréables..

HOllBJBA AD. FoyeziJLvmzAV^pths de Grasse.

HOSPIIALËT (L').9 anciennementCas^rttfii<(^JÏ0«-

piîaleriisy aujourd'hui Eèpitaletum. Village du canton de Banon». à 4^ lieues et demie de Forcalquier. Son nom vient d'une maison de chevaliers hospitaliers, dont nous ignorons l'époque de l'établissement, et non pas, comme certains auteurs -ont osé le prétendre, d'un hôpital romain, carxe lieu était fort éloigné de la voie romaine. Ce village a été long-temps une dépendance du village de Saumane. Productions, les mêmes qu'à

SainUÉtienne. Il fourait également des drogaistes, et

ou y spécule sur les pourceaux. Pop. i63 hab.

HUYEAUiNË, dans les chartes anciennes Yveiinm, anf onrdliui Hiàelna ou Ibebuu Tonreiit ou ruisseau qui prend sa source sur la montagne de la Sainte-Baume, passe à Saint-Zacharie, Auriol, Ao^uevaire» Auba« gne, et va se jeter dans la mer, à une lieue de Hai^ seille, près du château Bpurrélis. Ce ruisseau , pendant les fortes chaleurs 9 ne ooule pas eu dessous d'Auriol ; il reçoit les immondices de plusieurs communes, ce qui rend ses eaux plus propres à Tirrigation qu'à alimenter nombre de fontaines publiques de la ville de Marseille. A la vérité , on a soin de les faire dépouiller dans un purgeoir qu'elles traversent dans le territoire de la Penne; mais cela n'empêche pas quelles n'amvent ni fraîches ni propres , et chargées de tuf. On ne peut les rendre potables que par le secours du filtre.

HTÈRES, Arem^ autrefois Hobile CaHrum Arœth

rwn. Yille chef-lieu de canton, à 4 lieues de Toulon, sur la Gapeau, non loin de la mer. Cette ville est fort ancienne. Son origine remonte à la plus haute anti-* quîté. Je ne dirai point, pour lui donner une célébrité outrée, qu'elle a été la capitale d'une peuplade celto« lygienne.... Je serais contredit par la vraisemblance et par la saine raison. Mais je prouverai que ce lieu est habité depuis un temps immémorial, et je suis per« suadé que tous mes lecteurs se rangeront de mon afis.

Tous les auteurs anciens qui ont écrit sur la Pro?encef s'accordent à dire que les Barmani 9 peuple celto-ly-» gien, occupaient la côte maritime de Bormes et d*Hyères ; et que ce peuple avait pour voisins , d'ui^ côté les Conunmif et de l'autre les Camatuiicu D'après cela» 3 résulterait que le pays des Bormani n'avait sur le littoral qu'une étendue d'environ trois lieues» espace fort rétréci pour un peuple qui avait besoin d'une vaste étendue de terres » pour s'y livrer à l'exercice de la chasse. De nouvelles observations » que je viens de • faire sur le lieu môme, m'ont prouvé clairement, que les Bormani ont dû occuper nécessairement toute la val* lée de la Gapeau jusqu'à sa source , ainsi que celle du Aiou-Martia jusqu'à l'extrémité du territoire de Pi« gnans. Je dis plus ; la situation des lieux m'a convaincu que ce peuple avait son chef-lieu à l'endroit même où fie trouve Soliiès-Yille , et une bourgade sur la bau-* tenr qui domine la ville de Guers.

Mais» ainsi que tous les autres peuples , dont les territoires avoisinaient la mer» les BûrmatU avaient éta« bli près de la côte des cabanes pour ceux qui se livraient à la pêche et à la piraterie ; et ces cabanes se trouvaient sur l'amphithéâtre où est là viUe d'Hyères, et au pied d un retranchement naturel qui a dû être le poste le plus fort de toute la contrée.

Les Cénamani, peuple celte qui avait suivi Bellovèse dans sa migration , et qui labandonna pour s'établir sur le littoral» depuis Marseille jusqu'au Yar ; lesCénomant, dis-je » vinrent augmenter le nombre de cabanes des

pécheurs Aormcnî» tottt^ommeflsaQgmenlèceBt cdles

des pécheurs suelteriens , à l'endroit même où se trouve la ?îlle de Fréjus. Quelqujes-uns, secondés par des Marseillais eommerçans , jetèrent les fondemens de la ville à'Olbia sur le. bord de la iaec> à lest du golfe d'Hyères, et à*pea-près an m^me endroit qni porte encore le nom de port de l'Eoubo. Ceux qui ont prétendu était le même que la ville d'Hyères d aujourdlini» se trompent bien certainement i car les Marseillais n'ayant établi le j^remier que pour servir de comptoir et de relâche aux.naFjres , nTauraient pas choisi le haut d une montagne à une liene diprivage de la mer^ où il était impossible de faire arriver les vaisseaux.

Les Romains , à lenr tour, fondèrent une station maritime au nord de la rade de Giens , et sur le revers méridional de la colline AeSaiot-Saivadour, Cette station fui nommée Pampaniana, Elle devint considérable, puisque les ruines qu on y. découvre encore occupeut un espace d'environ cUx-sept mille toises carrées ; mais cela ne l'empêcha pas d'être abandonnée.

Les habitans â!Olbia et de PompommcL^ trouvant pins d'intérêt à cultiver les terres qu'à se livrer au commerce maritime , pour lequel ils ne se croyaient point nés» et ^tant fréquemment troublés par les pirates qui infestaient ces parages, abandonnèrent leurs villes pour venir augmenter la population qui se trouvait protégée par un fort naturel et, pour aiuR dire , imprenable. Les nouvelles habitations furent construites sur un plateaa o4 l'on avait usage de battre les grains » ç'est-à«dire sur

la place de Tmi^^ en provençal iéro on hyéro ; et comme

cette partie de la ville devint bientôt la plus considérable, elle donna son nom à la partie ancienne» dont le nom primitif est tout-à-faît oublié. Les nonveauz babitans, n'ayant d'autre eau potable que celle de la aonrce de VHumino^ tout-à-fait au-dessus de la colline» firent venir celles de la source de Mounacho, qui est dans la terre de la Gastilie, par le moyen d'un aquéduc« Ensuite ils embellirent la ville de plusieurs monumens qui ont entièrement disparus , par leiTet désastreux deh différentes incursions des Barbares africains» qui détruisirent tout et menèrent une grande partie des habitans en esclavage.

Après l'expulsion des Sarrasins du Fraxinet^ la ville fut reconstruite ; Teglise paroissiale fut bâtie sur les ruines d'un temple païen dédié à Bacchus* Les seules preuves qui en restent sont quelques chapiteaux or* jiés de feuilles de vîgne%

Comme les anciennes fontaines et les aquédncs avaient été détruits , on creusa d abord quelques puits sur la hauteur» ensuite on fit venir les eaux de la source dite la Moiré , qui se trouve sur le penchant d'une colline en face de la ville et du côté de la mer. Ce sont ces eaux qui alimentent les fontaines, actuelles.

Dans la campagne dllyères , et sur la rive droite du torrent de Borrel » on a découvert les ruines d'une viUa^ qui a dû appartenir à une riche famille romaine. On sait . qu'auprès de ïurbania^ partie d'une maison de campagne où logeait le mattre , les Komains établissaient

toujours un temple plus ou moins vaste ou élégant ^ qu'ils dédiaient à une divinité particulière. Ce temple' a'était ordinairement qu'an simple oratoire ; maïs quelquefois c'était un monoptère spacieux, enrichi de pièces d'architecture analôgues au bon goû^ et à la munificence de celui qui le faisait construire. Parmi les vestiges récemment découverts près de cette villa ^ devait être une mosaïque servant de tapfa aordevant de l'autel^ ou au-devant de Tendroit où se trouvait le trépiedsacré, et où le prêtre rendait ses orades*. Cette mosaiqiie» effet» se trouve encore dans la teore. BRe n'a pas assex. d*ét«n due pour qu'elle ait. dû seaûr à décorer. ime pièce^ d'appartement.

Quelques restes de bfttisse aneîènne en ce même lieu, ont été prises pour celles d une salle de bains. Je ne s«s trop si les eaux de la Gapeau étaient plus propres et plus saines du temps des Romains qu'elles ne le sont à présent ( i) ; et si les riches etsensuels habitans de cette époque ne leur auraient point préféré oellès qui furent par eux amenées à la ville , et dont nous parlerons bientôt

Sur la colfiae^ qui domine là villè d'Hyères, on a»

trouvé à différentes époques des pierres votives et. des^ pierres tumulaires^ la plupart portant inscription^^ et dans la campagne, des tombeaux reconnus pour avoir servi aux premiers chrétiens^ en ce qu'ils portaient des^.

(t) LetorKMtaeBonilcoatonNmMitCAétét Mifoa^MBfcaabk

•croix, et qn^ils renfermaient nn bénitier et à-peu-prèà le même mobilier que ceux des païens.

Parmi les raines de Pampoidana, on reconnaît en- 'Core aujourd'hui celles de plusieurs édifices ; et en fouillant dans la terre, on rencontre des arceaux en Ifttîsse, des restes d*aqnédacs qui araenaienl vraisem» blablement les eaux *de la petite source de Saint-Sal" eadour^m quai, des fragmensde mosaïque, des débris de toiles romaines , de vaisselles communes , etc.

Au quartier de Motre-Dame-de-la-Crau, ou a trouvé «lerntèrement, en creusant les terres, une briqnetteria de construction sarrasîne , et des tombeaux en briques avec ossemens, preuve incontestable que les Barbares africains ont séjourné dans le pays.

Le château de la ville d'Hyères, réputé imprenable à cause de son beurense situation, occupait une grande partie de la montagne qui domine la ville. Il <ut assiégé par les comtes de Provence, par Raymond de Turenne, par les Garcistes et par les troncs de Hemi lY : il op posa toujours une résistance opiniâtre.

Le baron de Vins , voulant venger ses cavaliers mafir» sacrés par les gens da pays dans le territoire de Guers, vint essayer de surprendre la place; mais il fut forcé de battre en retraite, après avoir laissé nombre de ses soldats morts sons les remparts.

Le duc d'Épernon , gouverneur de la Provence sous Henri lY, ayant l'indigne projet de trabir le roi, qui Favait honoré de sa confiance, ordonnaà M. de Signans de défendre et de conserver le château d'Hyères

jusqu'à la mort, pour ne le céder qu'aux troupes du duc de Mayenne ^ ennemi du roi. M. de Grésil » père de M. de Signans » quoiqu'il sût que son fils commandait cette place , accepta l'ordre du roi pour aller s'en emparer, pleinement persuadé que son fils ne méconnaîtrait point son père 9 et ne voudrait point sernr une autre cause que celle de Thonneur. Mais ce (ils, indigne du nom de Français» indigne de la famille à laquelle il appartenait , non seulement méprisa toutes les remontrances de son père , non seulement il lui opposa une vigoureuse résistance et le repoussa avec des pertes considérables; mais, peu de fours après , comme son père se présenta à lui , seul et sans armes , dans la vue de le rappeler au devoir et à l'honneur » il se saisit brutalement de ce vieillard , le recommanda sévèrement à des geôliers 9 qui le chargèrent à 14nstant de chaînes et Tensevelirent vivant dans un cachot. On peut , d'après ce fait , juger des mœurs du parti qui s'était armé contre la légitimité de Henri lY.

Le roi 9 indigné de cet événement , ordonne au duc de Guise de venir s'emparer de vive force du château d'Hyères, d'en chasser les ligueurs » et de délivrer par là les habitans de l'oppression d'un soldat inhumain. Six mois après, le château et les autres fortifications n'ofXrirent plus qu'un monceau de décombres.

Benri IV ne manqua pas de venir visiter sà bonne ville d'Hyères, et sa présence dédommagea les habitans de tout le mal qu'ils avaient éprouvé pendant le siège. Le roi fut conduit dans 1 église Saint-Louis, fondée

parLonis IX , lorsqu a son retour de la terre sainte, il débarqua à liyères avec sa femme et ses enfaas.

En 17079 l'armée navale d'Angleterre» Tenue exprès pour favoriser le duc de Savoie lorsqu'il assiégeait Toulon» débarqua à Hy ères quelques troupes» qui se crurent généreuses , parce qu'elles n'exercèrent aucune cruauté sur les persomies. Elles se coiiteutèreut seulement depîUer les campagnes» de brûleries grains» de couper les arbres » et de répandre à terre l'huile et le vin qu'elles ne pouvaient consommer. Les malades et les blessés savoyards furent envoyés à Hyères pour y être soignés ; mais l'insalubrité du pays les faisait périr par centaine. Les habitans» loin de se venger sur ces ttialheureux des outrages reçus de la part des Anglais, leur prodiguèrent leurs soins, et leur fournirent généreusement ce qui leur était nécessaire ^ exemple frappant du caractère des Provençaux» qui oublient facilement le mal qu'ils ont reçu» pour ne s'occuper que du bien que l'humanité leur commande de faire*

Le cKmat d'Hyères est tempéré en hiver» et trèschaud en été. Une grande partie du sol est fertile » et ses productions sont précoces. Au quartier du Rio* Ut'ûj avait autrefois des rizières très-productives qui attiraient beaucoup d'argent au pays ; mais l'idée qu'elles étaient cause de l'insalubrité du territoire » fit qu'on les abandonna à pure perte. Le coteau qui abrite la ville est couvert de beaux oliviers qui sont d'un bon produit » et la partie de la plaine qui l'avoisine n'offre que des jardins et des vergers » les uns donnant toutes

sortes de primeiiny les autres n'offrant presqae tpLth rangers j citronniers ^ pmcires, cédras, bigarradiers , qui y viennent en plein vent» ainsi que plusieurs au* - très plantes qu'on peut s y procurer, telles qneFtfc»* cia julibrissin , Valaysia citrodoray Yandropogon squar» rosuê-veti-veri de i'Jnde, Varwuio bambos^ le cafycanihm prœcaXf le easêia corymbosa y le easuarina êfuiieH fin iia, le Jasminum grandi florum, la justicia adathada, la tagerUro emina itidica, le magnolia gramUfiara^ le melalcufa iinari foiia, le meiia azcdarach, le metrosi^ deros alba, le nerium tplendens, le phaseoka caracolas le pUomiê leonurusj le phanii dactUifera^ le pittospo^ rwn sincnse, le polygala speciosa, le prunus lusitanica , la rosa banksiana alba, le $accharum officinarum, la visnea mocanera, Vyueca aioi folia^ etc« lin seul jardin donne souvent dans une année pour vingt-quatre mille francs de fruits, sans compter les produits des fraises , des légumes et des fleurs de parterre. Ces produits, joints à ceux de Thuile et de la grande quantité de Tin du pays , forment en cette ville un commerce continuel et toujours lucratif; aussi le sol du pays est estimé à des prix exorbitans. Le seul empla-* cément de la remise de l'Hôtel des Ambassadeurs fut, dit-on, vendu plus de dix mille francs. Cet hôtel ainsi que celui d'Europe peuvent rivaliser avec avantage ceux qui se trouvent dans la plupart des grandes villes, soit sous le rapport de lëlégance et de la commo^ dité^ soit sous celui des soins assidus et de la bonne chère, qui ne déplaisent jamais.aux voyageurs.

tl est bien mdhevrenx qoe cette Vi)le soit quelque»' Sois mal saine pendant les chaleurs de la canicule^ à tcanse des eaux stagnantes que la Gapeau laisse dan8 ]Boa lit, trop peu penchant pour qu'elles s'écoulent entièrement jusqu'à ila mer. On a bien essayé de dessécher ice marais; m'àis 6n n'est pas encore panremi an point ée préserver totalement la ville de ce miasme qui, s'il n'abrège pas les jours des habitans , les tient pendant plus d'un mois dans xin état de faiblesse qui les empêche quelquefois de se livrer à leurs occupations or-» dinaires.

Cette Tille, dans son état d'insakibrilé , est un séjour fort agréable aux étrangers » notamment à une mnltitade de familles ang^ises qui viennent tous le0 ans y passer le quartier d'hiver, pour y fouir de la douceur et de la beauté du climat > de la vue d'une campagne toujours verte et toujours ornée de fleurs et de fruits. Daprès cela , jugez de ce que la ville d'Hy ères devait être du temps où les Romains y avaient amené » par un bel aquéduc dont on découvre encore des vertiges sur plusieurs points , les eaux claires et limpides de l'abondante source du Thon , qui sort d'un rocher» derrière le village de SoUiès-Tou'cas» Si eèt aqûéduc était rétabli 9 ce qui ne serait ni bien pénible ni fort coûteux, et que les belles eaUx du Thon arrivassent encore à Hyères, il n'y a point de doute qu'elles ne rendissent l'air de ce pays aussi sain que du temps des B.omainss que la plupart des riches familles qui viennent passer la saison du froid en cette ville » n'y séjournassent tout^

IVuin^e ; notnlMte de cultivateurs étrangers 6e vins*

seat augmeater la population ; que toute la partie ina* récagense et inculte de la plaine ne fût rendue en peu de temps à sa fertilité primitive ; c est alors que le pays mériterait bien les titres qu'on lui donne , celui de jar« din de la Provence, et cekii d'Hespériede la France.

La ville d*Hyères devait un monument à la mémoire d'un de ses enfans» qui illustra la chaire évan^lique. Elle s'est acquittée de ce devoir avec convenance, et tous les étrangers qui visitent cette ville se font un plaisir d'aller saluer l'image du célèbre Maasillon. Mais la ville d'Hyères doit, selon moi, un même égard,

et de plus un tribut de reconnaissance à la mémoire de Jean Natte , parce que c'est à lui qu'elle doit une

grande partie de sa richesse. Jean ISatte, ayant conçu le louable projet de donner la vie et la fécondité à la eampagne du lieu qui l'avait vu naître, communiqua son moyen à l'autorité locale de cette époque. Mais celle-ci , prévenue défavorablement contre un homme qui n'avait d'autre expérience et d'autre recommandation que la solidité de son génie, se rit d'un projet qu'elle aurait dû admirer et encourager. INatte^ qui vou" kit à toute force faire le bien de son pays, ne se rébuta point du dédain quil avait éprouvé d'abord; il partit pour Aix, se fit présenter au roi René, lui soumit son plan et sollicita sa protection. Il l'obtint facilement , et l'on trouve encore dans les archives de la cour des com^ tes, registre Tawris, foL iio, l'ordonnance royale du %6tnar$ i46a , qui autoriu Jean Natie de faire manior

Ui eaux dé la rivière de Gapel dam la ville d'Hyères* Muoi d'un ordre supérieur , Jean Natte retourne dans son pays , et en dépit de la prévention , malheureusement trop en vogue daos les petits endroits , il amène de force les eaux de la Gapeau au pied de la ville d'Hyères et dans lés magaiQques jardins qui en font la richesse et rômement Ce canal , pris à envircm 7^000 mètres en dessus delà ville , commença de faire pour la salubrité du lieu ce que les eaux du Thon pourraient achever» si un autre Jean Natte daignait se charger de cette entreprise* La plaine , qui se trouve au midi de la ville , est d'une vaste étendue ; mais plus elle approche de la mer 9 plus elle devient infertile » à cause des sables et de Taridité du sol. Au fond de celte plaine se trouve 1» presqu'île de Giens, qui contient l'étang de Pes«« quier. Cette pointe du continent sépare deut belles rades. Celle à l'est est la rade d'IIyères ; elle est trèssûre 9 et l'on n'y a jamais vu de naufrages. Du temps des croisades, on s'y embarquait pour la terre sainte. Ce fut dans cette rade que saint Louis et sa famille prièrent terre ^ lorsqu'ils revinrent du pays des infidèles. La rade à l'ouest est la rade des Giens, Elle est préférable à la première , attendu que les vents d'est et du niidi ne peuvent y entasser des sables. C'est dans ces deux rades^ qu'en i85o, se réunit la fameuse flotte de cinq ou six cents voiles 9 chargée de toutes les troupes expéditionnaires qui allèl^nt faire la conquête d'Alger ^ de tout le matériel, des munitions de guerre et de bbucbe nécesâsaires à cette aimée.

Au quartier de Saint-Laurent^ et au bord de la mer, sont lés salines^ divisées dans plusieurs euclos oi!i se trouvent nombre de puits à bras ou à roue. Le canal de la Foux y conduit les eaux de la mer , et un autre canal y amène les eaux douces de la Gapeau qui , ensemble, suffisent pour la fabricalion du sel.

Près de Tennitage de iS'oire-Dame se trouve une grotte dite des fées, EUe est souvent visitée à cause des pièces de stalactites qu'on y voit. La cbapelle de ^otre*Dame est fort jolie et bien entretenue. On y voit un tableau de Pujet ; il représente les douze jtpàire$ allant visiter le Saint Sépulcre.

Au quartier de Saint-Salvadour, il y avait autrefois un monastère d*bommes connu sous le nom de Saint- Pierre d'Almanare. 11 futensuite cédé à des religieuses. Les pirates venaient souvent le aenacer, et les Maures le détruisirent en i4o6. Ses ruines sont confondues avec celles de Pomponiana^ mais il est fieicile de les distinguer sons le rapport de la construction.

On trouve au cap de Carqueyranne, qui forme la Tade d'HyèreSy de la malacbiste dont on a poli quelques fragmens pour orner des bracelets. C'est vrairsemblablement de lapis lazuli que Xirassendi assure avoir été découvert par Peyresc. C-est près de ce cap que se trouve 111e et le fori Brégançon qui défend la rade d'Hyèrea.

Tofde la campagne aux enraons de la fille est dé* Corée d une multitude de belles maisons de plaisance» la plupart occupées par des £unilles étrangères qui

Tiennent y dépenser une partie de leurs revenus. II «rrive songent qu'elles y donnent des fêtes et des

soirées aussi brillantes que chez les principaux habîtans- •des villes de premier ordre.

La ville d'Hyères offre des filatores poar la soie , car on commence d'y planter beaucoup de mûriers ; des distilleries d eau-de-vie » de rafle et d eau de fleur d'o^ ranger. Elle a trois foires dans Tannée: le i^^mai, le 25 août et le i5 décembre. Le territoire seul forme tout le canton. Population 7,200 habitans» y compris ceux du joli hameau de la Cran, au nombre d'environ 1,500 > plus suffisant ^u il ne faut pour former une com^ mune particulière.

Les Iles d'Hyères , ou îles d'Or , furent d*abord nommées Insu/œ Stœchades, à cause de la grande quantité de lavande {stœchades) qu'on y trouvait. Ces île», en face d'IIyoros, sont an nombre de trois habitées,, et une déserte. £lles sont célèbres par la mort de Yarlens, capitaine de Vitellius. Ce Valens, voulant trabnr son maître , s'était emparé de sa flotte dans là Ga-ule narbonnaise, et cherchait à soulever tous les-peuples de l'Italie. Une tempête l'ayant {été sur -fes Siœchades il y fut attaqué par quelques navires sortis du port de Fréjus, et commandés par Yalère Paulin qui agissait pour Yespasien,' nouvel empereur qui avait été proclamé par les troupes. Yalens eut la tcle tranché, et sa mort décida les VUellien» à* reconnaître Tautorité de Yespasien, di*^ne du rang où il venait d'iVtre élevé.

L'île dite du La'an^ ou.de JtVan est la. plus à l'est,,

^et à 7 lieues d'Hyères, On Tappelait autrefois Hypœa. Qaoiquelie soit la plus grande des trois , elle a trèfr-pea d'habitans, à cause de la grande quantité d'écueils et de rochers à fleur d'eau qui lentourent. Elle offre

•des carrières de talc blanc et de talc jaune à lames fort unies.

L'île de Port'CroSj ainsi appelée d'un port très^ profond nommé Port-Maye , où les vaisseaux peuvent mouiller par trois ou quatre brasses d^eau. Elle est à 6 lieues un tiers d'Hyères. Cette île, qui est la plus haute :de toutes 9 fut appelée par les anciens Mhze, à cause de sa position au milieu des autres. On y établit une batterie , lors de la dernière guerre continentale. Oa y trouve une grande quantité de granits, dont quelques-uns reniermeu^ des géodes, que beaucoup de personnes prennent pour des grenats.

Llle de Porquerolles est celle la plus à Tonest, et, par conséquent, la plus voisine de Toulon et d'Hyères £lle ne se trouve qu'à 4 lieues de la dernière. Elle ■ est la plus considérable par ses fortifications et par le nombre de ses habitans. Les anciens Grecs la nonw mèrent Prote. Les modernes lui ont donné le nom de Porquerolles i du latin Porçm^ attendu qu'à cette époque, une grande quantité de sfOP^Uer^ sortaient des forêts du continent , et venaient , à la nage , manger les glands, qui se trouvaient dans cette île. Il n'y a pas )ong-temps que cette ile contenait beanooup de £iiSsans; mais le long séjour des trqupes^les a entièirem^t .détruits..

Les iles d'Hyères ont appartenu saccessivement & toutes les nations du monde. Les Liguriens en dépossédèrent les Celto-Lygtens ; les Homains en chassèrent les Liguriens ; lei- Grecs y établirent de donces et paisibles colonies ; les Maures et les barbares du Nord y régnèrent tour-à-tour. Le christianisme y c<^daisit de pieux solitaires sortis de 111e de Lérins ; mais, eu 1 19Ô, ils y furent surpris par des Sarrasins et menés en esclavage. Nombre de leurs successeurs y éprouvé^ rent plus tard une semblable persécution. Dans le seizième siècle, par suite d'un édit de Henri II, une troupe de scélérats et de femmes libertines et sans po* deur y furent rélcguus comme sur une terre d'exil. £n i654« faible reste de ces colons repoussés de la société, s'adonnèrent à la piraterie et attaquèrent indis* tinctement les navires de toutes sortes de pavillons ; ils allaient s*èa emparer jusque dans les ports du con* ttnent. Les gouverneurs de ces fies soutenaient ce brigandage, qui pesait principalement sur les Provençaux. Heureusement LouisXlY réprima cette conduite , et fit restituer aax Provençaux ce qui leur avait été enlevé par ces forbans.

HYPPOLITE (Saint). Petit village de l'arrondissement et du canton de Carpentras, d'une population

de 160 habitaus.

FIN DU PREMIER VOLlUiE»

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