‹ Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne et moderneChapitre 4 sur 8 · VI. VIR G. COBUVS. G. L. FAVSTVS ▼I. VIB. FBATBB. FEGIT · texte numérisé non relu

VI. VIR G. COBUVS. G. L. FAVSTVS ▼I. VIB. FBATBB. FEGIT

La première de ces inscriptions est le reste d une tomule qu'on a employé à la construction de la oha-> pelle de Notre-Dame ; les deux autres, je les ai fait transporter moinnême dans le sanctuaire de iëglise paroissiale , pour qu'on s'en servît de crédence, ou » plutôt , pour qu'elles y fussent en sûreté.

En outre de ces inscriptions , on trouve fréquemment^ en creusant les terres^ des tombeaux^ dcb vo^es

tf. IVLIO EVXINO

llllll VIBO AVG.

cinéraires, des amphores, des lampes sépulcrales, des médailles da Haut et du Bas-Empire, des ustensiles de ménage , des épées romaines y et des caveaux d une coostructioD fort aocieane.

Les Idgauni ayant fait cause commune avec les Oxibiens et leurs autres alliés contre les Romains , éprouvèrent les mêmes revers » et leurs viUes capitales furent entièrement détruites par les vainqueurs. Ltgaunia se trouvait , selon les apparences, sur lamphi* théâtre du Cavaroux. Le nom de cette terre est une corruption de Cadavéreux (Cadaverosus)^ à cause des .masures qu'on y trouvait , mais qui sont entièrement disparues.

Après ce désastre, une partie des habitans construisit une nouvelle ville sur les deux rives de la Cornera ; l'autre partie se divisa pour aller, sans quitter le territoire, jeter les fondemens des villages de Seillans« Montauroux et Avaye ou Auvaye. Tous ces lieux furent visités par les différens peuples barbares qui en* i vahirent la Provence ; mais nous ignorons les excès qu'ils y commirent,

Calian , en sa qualité de ville la plus ancienne et la plus importante de la contrée , fot érigé en principauté , et sa juridiction s'étendait depuis Seilians jus* qu'à la mer de Cannes , c'est-a-dire sur tout le pays qui avait été occupé par les Ligawd et par les Oxibiens, Les cartulaires des pères de Lérins qui, à cette époque, avaient un monastère dans le territoire de Calian » disent qu'en io5ë> il y avait un Uugo , prince

de Galian ; et qu'ea 1 094» il y en avait un autre nommé Futea^Dodû. Cette principauté fut eréée à Toccasiofi du mariage de Hugo , fils de Gibelin de Grimaidyt seigneur d'Axitibes, prince dé Momrgues, aujourd'hui

Monaco, avec Hermengarde , fille de Guillaume

comte de Provence » et en récompense des services

que le père et le fils avaient rendu à Guillaume \ors de la destruction des Sarrasins du Fraxinet. Ce démembrement ne fut pas pour longtemps ; le Calian» nais rentra dans le domaine de la Provence^ par l'extinction dé la postérité d'Hermengarde.

La seconde ville de Caliau fut, en ijgi , réduite en cendres par le cruel Raymond de Turenne , fib de Guillaume Boger , comte deBeabfortde Canillac, et d'Éléonor de Comminges. Les habitans allèrent s etablir sur plusieurs points du territoire. Les communes de Fayence et de Tourrette ne datent que do cette épo<iue ; auparavant elles n étaient que des hameaux de Calian , ainsi que celui de Saint-Paul et celui de Yermasque improprement appelé Saint-Laurent » ^qui n*est que le nom du patron de l'ancienne église dont on voit encore les vestiges.

Calian fut rebâti une troisième fois, mais sur une éminence où se trouvait un hameau fortifié qui , avec le fort du Castelet et le fort Saint-Barthélemy de Montauroux , avait servi de boulevard à l'ancienne ville. Le nouveau Calian est bâti en amphithéâtre et sans goût, mais à une belle exposition » et sous un climat aussi sain que doux»

la plaine en-dessous de la ville n'est formée que ' des allavicms de la Canuole ; ma sol ert sabiooeux et . ne possède presque pas d'Anmiis ; il ne produirait assez qua force d'engrais ; mais malheureusement le pays en manque 9 ro^me pour ses oUfiecs. U hii faudrait des prairies, et il en aurait, si l'un remettait les eaux de la Siagoe dans le iameuji aqueduc 9 encona existant en grande partie, que les RcwnaiaB avaient construit pour conduire ces eaux à Fréjus. Mais les Caliannais , naturellement spirituels et propres à tou* tes sortes d'instructions, sont abandonnés dès leur bas âge à leur Tolontés, et se rient de tout projet d'amé-» lioration.

Un jour viendra, sans doute, où des spéculateurs étrangers au pays viendront eflectuer une entreprise faussement qualifiée d'impossible. Et les eaux de ce canal seront vendues ou affermées à bon prix aux propriétaires. Cependant la commune est assez riche pour faire exécuter à ses frais ce grand travail, d'autant plus qu'une grande partie de Taquéduc romain est encore dans un bon état, et qu'il ny aurait proprement à £adre en entier que la jetée pour retenir les eaux au sortir de la source^ et un canal pour les conduire dans l'ancien aquéduc.

Les Sarrasins » à leur arrivée en Provence » donnée rent aux liabitans le spectacle de leurs danses guerrières. Une de ces danses, appelée laM^wrtêque, s'est conservée dans cette contrée^ Nulle commune ne s'y livre aussi souvent et avec autant de passion que celle

de Calian. Elle s'exécute en courant les rues les uns derrière les autres sur une seule file i en gambadant ou battant des entrechats, et s'arrètant de temps à autre pour boire à la ronde, ce qui échauffe leurs tètes et excite les disputes.

Les femmes préfèrent la danse dite le rigaudon; elle s'exécute toujours au son du fifre et du tambour. Un cavalier avec sa dame , suivis de plusieurs autres couples» courent deux à deux et parcourent plusieurs fois toute une place, pour vaste qu'elle soit ; quelque* ibis les cavaliers se séparent des dames et prennent une direction contraire ; tantôt les hommes font un grand branle , et tantôt ce sont les daines ; mais puis tous les couples se réunissent et courent encore en sens divers; tout celas appelle la vole, faire la vole ^klaqueUe succède le rigaudon , qui est de se prendre deux à deux» c'est* , à-dire un cavalier avec sa dame , se regardant en face, l'un allant en avant et l'autre en arrière jusqu a l'çxtré* mité de la place » et retournant de la même manière. Il arrive souvent que les couples se heurtent par le derrière » même avec intention ; ils se donnent des coups si rudes , si violens , que le plus faible tombe quelquefois à la renverse ; que ce soit un cavalier 9 que ce soit une dame qui tombe , tout le monde en rit aux éclats ; quand deux ou trois couples se sont entravés , ils font ensemble un petit branle , et reprennent ensuite leur promenade ridicule qui se ressent des Maures africains.

Le pas qu'on exécute au rigaudon s'appelle tricotter;

la plupart le font en dansant sur le talon , ce qui est risible pour l'ëtranger qui le voit pour la première fois, et insipide, si c'est à la seconde. On peut dire que dans ce pays la danse a lieu toute Tannée ; qu'il n'y a ni V À vent ni le Carême qui détiennent Si, par fois 9 il n est pas permis aux ménétriers de sortir avec leurs instrumensy les filles se réunissent sur plusieurs points du village et dansent parmi elles, en s'accompagnant de leurs chants qui ne sont autres que des cris perçans et pris au ton du fausset : c'est pourtant ce qu'elles appellent bien chauter.

B>en des gens croient que c'est la passion de la danse et la fréquente occasion de danser qui font que les Caliannais aiment leur pays de manière à ne presque pas pouvoir s'habituer ailleurs. Nous citerons un fait assez curieux, qui prouve que c'est un motif plus louable qui leur fait chérir le lieu qui les a vu naître. En 1707, lors de l'invasion des Piémontais, un gé* néral autrichien nommé Brounk , au service du duc de Savoie , et accompagné de sa * dame enceinte an dernier mois , arriva à Calian avec une partie des troupes qu'il avait sous son commandement ; la dame de ce général eut pendant la nuit les douleurs de l'enfantement et accoucha d'un garçon ; ce qui fut cause que le pays eut une garnison qu'on ne retira qu'à la retraite des Savoyards.

Quarante ans après , un corps d'armée autrichien passant par la petite route qui conduit de Grasse à Draguignan , éprouva des pertes considérables au pas-

«agede la Sîagne, par le courage et la valeur des paysans

calliannais. Les impériaux arrivèrent en force sur le pays de Calian 9 bien résolus de le livrer à ia prcne des flammes. Comme ils se disposaient à exercer leur vengeance et leur fureur, le général qui les jcommandait les assembla et leur dit : c Je sais que vous avez forc tement à vous plaindre des gens de ce lieu; ce sont c des inécbans comme nous n'en rencontrmMis peutf èire jamais ; ils se sont conduits à notre égard de « la manière la plus cruelle ; ils mériteraient une juste

fl réprësaille ; mais Ils sont mes compatriotes;

t Calian est mon pays^ et je dois le faire respecten c Malheur à cekii d'entre vous qui osera 'porter at- « teinte aux personnes et aux propriétés. »

On voit clairement que cet officier était le fils du général Brounk.

Le territoire de Calian est divisé en deux parties, séparées par celui de Montauroux. La partie à Tou^st se trouve sur la bande calcaire, et celle à l'est , sur la bande schisteuse. La première , qui est celle où se trouve la ville y est complantée de chênes verts et blancs dans ses expositions au nord , d'oliviers et de figuiers sur ses amphithéâtres au midi 9 et de vignes dans une grande étendue de ses plaines. Cette partie n'était autrefois qu'une épaisse forêt. Le soi est maigre, sec et pierreux , qui ne produit qu'à force de culture et d'engrais. Le sol est à-peu-prés tel que Diodore de Sicile le décrit, en parlant de la Celto-Lygie en général. «Les • Celto-lygîens qui viennent après la Celtique, dit-il»

t habitent un canton sauvage et stérile. Us mènent

€ une vie misérable, travaillent assidûment à des out vrages rudes et pénibles* Comme leur pays est cout yert d'arbres 9 ils sont obligés de passer presque tout c le jour à les couper : pour cet eilet, ils se servent de « haches extrêmement fortes et pesantes» Ceux qui « travailleiil ù la terre sont le plus souveut occupés à c casser les pierres qu'ils y rencontrent , car ce terroir c est si ingrat, qu'il serait impossible d'y trouver une « seule motte de terre qui fut sans pierre. Cependant, c quelques rudes que soient leurs travaux , la longue « habitude les leur fait paraître supportables ; ils açhet- € tènt une très-petite récolte par beaucoup de peines c et de fatigues. »

La seconde partie du territoire deCalian est appelée Thanérm, et, par corruption, Tanéran, C'était une vaâte forOt dans un pays fort ardu, d'environ douze lieues de circonférence» qui avait ses seigneurs {>articuliers. Le dernier de ces seigneurs n'ayant pas de postérité 9 laissa cette vaste terre à la maison de Cabris» et la juridiction à la commune de Calian, dont lesha- Litaus avaient seuls le droit d'y introduire des troupeaux, et de s'y défricher des terres , moyennant un droit de champart (de (asquo^f

Cette partie du territoire offre une population d'environ Soohabîtans, disséminés dans des cassînes épar* ses et toutes plus rustiques. Dans les terres cultivées se trouvent beaucoup de vignes, de figuiers, de noisetiers, d'oliviers çt de châtaigniers; mais les

vignes aplanîtes sur un sol très-penchant, ny durent que quelques années, vu que la moindre averse entraîne la terre soulevée et met à découvert les racines. Les terres en friche n'offrent que des forêts de pins maritimes, qui pourraient être remplacés par le pinui larix ou pin de l'île de Corso , ar[)rc prt'cieux pour nos ports de construction. Au fond de toutes les gorges et auprès du moindre surgeon d'eau, se trouvent des arbousiers dont le fruit , entièrement négligé , pourrait donner un sirop excellent et un rhum qui équivaudrait à celui qui vient de la Jamaïque ; les châtaigniers pourraient fournir une excellente nourriture, si Ton avait soin d'en multiplier l'espèce. La généralité des hahitans de ce quartier y est dans la plus affreuse misère , et le manque de nécessaire les porte assex souvent au crime. La plupart ne vivent que de la fabrication du charbon de bois. 11 y a pourtant des mit nés de charbon de terre et de plusieurs sortes de minerais, les mômes que Ton rencontre sur la montagne de TËstérel » dont le Thanéron est une dépendance. Toutes ces mines sont négligées et méprisées par des hommes aussi rustres qu'ignorans , qui ne travaillent point pour acquérir des biens , et ne permettent pas que leurs voisins fassent des plantations pour augmenter leurs fortunes. Ou assure qu'on s'occupe en ce moment de soustraire ce quartier de la juridiction de Calian, pour le joindre à la commune de Montauroux. Les hahitans de Calian 9 loin d'en ètrefSichés, s*en réjouissent et considèrent celte soustraction comme uue

termine qu on enlève d un corps qui tient à êlre pur

rl sain.

C est dans le quartier du Thanéron y et près de la chapelle Saînt-Cassîen , qu'on voit encore une tour romaine el tes rostos d'une fortilicalion établie plus tard, pour défendre le passage aux troupes qui remonteraieiil la Siai^ne cl le Bianson.

Calian est la patrie de sainteM axîme de la maison de Grasse ; elle mourut supérieure du monastère de iilles doul ou voit encore les ruines près du pont delà Camiole.

Le pays de Calian offre une papeterie , trois verreries et une scierie à planches. Les principales productions sont l'hnilc , le vin et quelques fruits. La plaine dite des Touas donnerait des amandes en quantité, s'il plaisait aux agriculteurs d'y cultiver l'amandier; et celle recolle les dclraierait souvent du manque de ' celle des olives qui y réussit rarement.

Les foires du pays sont, le premier et le dernier vendredi de mars et le 7 août Pop. 2^200 hab.

CALLÂS, Caliascium, Petite ville de Provence, cheflieu de canton , à 2 lieues et demie de Draguignan. Rien n atteste que le pays ait été occupé par des familles romaines. Son territoire n'était vraisemblablement à celte époque qu'une vaste forêt d(» pins, de chênes blancs et verts, défrichée en très-grande partie après l'expulsion des Sarrasins, pour y cultiver la vigne et l'olivier. La plus grande |>artic du tcrritoiie, encore

en friche, se trouve sur la bande grauilique. Le sommet de la montagne de Rouët est un granit primitif, dont les cimes dentelées allestciit la vieillesse; ses flancs et sa base sont hérissés de leurs débris; sa croupe s'abaissant insensiblement vers le nord , s étend et se lie aux grès qui y succèdent aux granits. Le bas de la montagne est coupé par la petite nvlère d'EndroSf autrefois Emiebs , sur laquelle , pendant les crues d'eau, Ton fait flotter les billots de pia destinés aux scieries do Huy.

Vers le milieu de la foret de Rouët , et môme sur le bord de la rivière, est un lieu appelé ïargentière. Aux granits qui se trourent dans cette partie sont mêlées des paillettes d*argent. Plus d'une fois ou a essayé de séparer ce métal; mais les frais ont toujom» excédé le profit.

Le granit s'étend aussi dans le quartier de Pennafort , où se trouvait anciennement un pagus établi par des Aornains. C'est d'une de ses carrières qu'ils tirèrent deux des belles colonnes qui formaient le temple du soleil de la ville d'Aix; celles que Ton voyait et que l'on voit encore dans les territoires de Valensole et de Ries , ainsi que Tobélisque qui se trouve sur la place du marché de la ville d'Arles. Celui qui connaît le quartier de Pennafort juge facilement de Tinvraisemblance que ces belles pièces d'architecture aient pu être transportées par eau^ ainsi que cciiain auteur a osé l'avancer.

Jja petite ville de Cailas est bûtie en amphithéâtre

( aag )

sur la bande calcaire ; elle est domiaoc par la cotline de Pioiy dont le sommet offre la roche entièrement nne; les rues, toutes étroites et tortueuses, sont sales à cause du fumier qu'on est obligé d'y faire pour la fructification des oliyier5. Ses habitans, qu on qualifie à tort de stupidité» sont laborieux, propres à l'agriculture et au commerce. Us transportent leurs huiles dans tout le Daupliiiio et mémo à I-noii.

En i43i , le pays de Callas s'était compromis pour cause d'insubordination et de désobéissence au roi. Des forces militaires furent dirigées contre ce lieu pour le détruire et pour châtier sévèrement les habitans. C'en était fî»it de Callas , si la ville de Draîi:uiîi;nan n*eùt employé tout sou crédit à la cour pour le préserver dVine ruine totale. Ce service est entièrement oublié.

En i5^9, le sci«5neur de Callas fut égorgé dans sou château par un ennemi particulier. Parce que les habitans avaient soutenu un long procès contre le seigneur » ilsiureut accusés d'être les auteurs de ce meurtre ; par arrêt de 1 584 » furent reconnus innocens. Le seul coupable futpuuipar la justice. Vax iGso ', les héritiers du feu seigneur ayant établi des contestations sur les droits féodaux, les habitans achetèrent les biens et les droits seigneuriaux ; et de ces derniers ils en firent hommage au roi qui les accepta.

Pendant la dernière révolution, le pays a été aussi calme qu'en temps de paix. Les honnêtes gens ne se sont point cachés , et ont conservé entre leurs mains l'autorité municipale. Le peuple n'a poiut envié des

charges pour lesquelles il ne se sentait point capable; aussi nulle persécution na eu lieu dans ce pays; au contraire , nombre de malheureux provençaux trouvèrent à Cailus un sur asile contre le délire révolutionnaire qui les poursuivait avec acharnement.

Le climat de Callas est tempéré ; le sol est en général assez mauvais et sec ; il produit cependant du blé 9 du vin et surtout beaucoup d'huile. Population J,100 hab.

Xes communes du ressort de la justice de paix du

lieu sont Callas, Bargemon , Châteaudouble y Clav iv is, Figanière , Favas et Montferrat.

CAMARAL. Cap de la côte maritime du département du Yar , près de Ramatuelle.

CAMARET, Camarettm. ViJIage à une lieue et un quart d Orange son chel-iieu de canton etd an ment 9 entouré de remparts» sur la rive gaucho de l'Aigues, dans une plaine ici l île et a^iéai^ie, à ia^^juelle on a ^donné le nom de plan de Dieu , pour prouver qu elle ne peut être meilleure. Les prairies, les fardins et les mûriers produisent considérablement au pays. Pop. 2f22i hab.

CAMARGUE (La). Grande ilc formée par le grand et par le petit Rhône et par la mer. Cette fie n'est éloignée de la ville d'Arles que par la largeur du fleuve, que Ton passe sur le même pont de fil de fer qui aboKtit au hameau de Trin quêtai lie. hesuinatilienSj peuple celto-lygien, occupaient cette île. Le mot Anatilii^ en

langue celtique , &\^mùc habitant d'une (lt\ Leur ville capitale se trouvait à leinbouchure du grand Khône d'alors , qui était peu distante da lieu où se trouve la ville d'Arles.

Le nom de cette fie est une corruption de Campus Marii ou de Calus Marias , dont on a fait Camaria ou Camargue. Marius avait fréquenté la Camargue • lorsqu'elle s'étendait jusqu'à l'étang de Galéjon, où passaient jadis les eaux du giaud llhoiie qui communiquaient avec les foaœ Marianœ. C'est sur le bord du Calé jon , et du côté de l'est , que les Marseillais Phocéens avaient bâli une ville qui fut nommée RItoda, Rhodos s Rhadanutia^ ville qui donna le nom au fleuve. Il n'en paraît plus aucun vestige. Les alterrisscmens du Khône l'ont entièrement couverte , et toutes les fouilles qu'on a faîtes depuis, n'ont pu découvrir le point ej^act où eJii' se trouvait.

Le petit Rhône a également fait un pas .vers l'est Son ancien lit élalL ce qu'on appelle encore le Rhône mort . Louis IX , dans sa première et seconde croisade , s'embarqua à Aîguemorte. La mer s'avançait jusque là. Mais le déplacement du petit Ilhoue a forcé la mer de se retirer à une grande distance de cet ancien port, i^'élang de Yalcares, qui occupe presque un quart de la Camargue , était un golfe très-enfoncé dans les terres. Le grand Rhône, par ses atterrissemens, a non seulement retressi ce golfe sur tous les points , mais il en a fait un étang , en le séparant de la mer par un banc de sable. Autrefois le grand Rliôuc portait ses

eaux jusqu'aux Saintes-Mariés , c esl-à dire à la pointe sud-ouesl de la Camargue.

Le canal du Japon , qui forme V\]e du plandc Bourg, ne date que de 1 7 1 1 • 11 fiit formé par une grande çnie des eaux du grand Rhône. Du cÔté de cette île , la mer recule d'une manière sensible. La tour Saint-Louis fut constmite en 1 757 sur l'ancien rivage , et elle en est aujourd liui éloignt'e au moins d une lieue. Ju^ez de combien la mer doit avoir reculé, depuis que les Ro* mains bâtirent la ville d'Arles.

Le terrain de la Camar<!;ue est un limon composé de silice » d'alumine 9 d'oxide de fer et de débris calcaires couverts d'une grande couche d'huinus qui, dans les marais > se rapproche de la nature de la toui*be. Beaucoup de branches d*arbres et de feuillages y sont enfoncés 9 et ne contribuent pas peu à la fertilité du sol

Yoici un fait singulier qui suq^rendra beaucoup de monde, et que la plupart trouveront fabuleux. £n traversant l'étang de Fourneaux lorsqu'il est & sec , on croit voir l'eau au-devant de soi, qui recule au fur et à mesure que l'on avance. Les personnes qui ne connaissent pas le phénomène du mit^age s'empressent de faire le tour de cet étang, tandis qu elles pourraient le traverser à sec.

La Camargue nourrit une grande quantité de chevaux et de bœufs sauvages; les chevaux sont très-légers à la course et beaucoup plus infatigables que les autres chevaux du royaume : mais ils sont sauvages et

i(^mbrageiix« On y a nouvellement établi nn haras de pins belle espèce.

Les bœufs, ou plutôt les taureaux, vulgairement appelés dans le pays bœufs marins, parce qu'ils vivent au

bord de Ja mer, n y sont plus aussi nombreux quo^ dans le temps où Ton j en comptait plus de seize mille. Ces animaux ne se nourrissent que dans des marais faugeux» sous un climat brûlant en él»é et très* froid en hiver. Ils ne sont soignés par personne, et vivent dans un état tout-à-fait sauvage* Des gardiens à cheval sont chargés d'un troupeau dont le moindre est de cent têtes, et le plus fort de f[ualre cents. Ils n'ont d'autre charge que de les faire rester dans le pâturage qui leur est assigné* Ces hommes sont si vigoureux, si lestes et si adroits, qu'ils ne craignent pas de s élancer dans les troupeaux pour leur enlever les jeunes veaux* Ces taureaux étant tous noirs , et ceux d'un troupeau se mêlant souvent avec ceux d'un autre , il est important pour les propriétaires de connaître chacun ce qui lui appartieuL A cet effet, on applique à chaque bête une marque qui désigne le troupeau ou le nom du • maitie. Cette opération s'appelle la ferrade. C'est un spectacle amusant pour les gens de la contrée, qui y accourent en foule. Les gardiens , auxquels se Joignent des jeunes gens d'Arles et des environs, tousmonts.»s à cheval, et armés d'un long trident, courent dans les marais à la poursuite des jeunes taureaux. Dès qu'on en aperçoit un, il est en même temps entouré, piqué et force de se diriger dans ime enceinte faite avec des-

charmes , des pieux et de tout ce qu'on a pu se procurer. Tous les spectateurs entourent la barrière ; la plupart sont armés de perches pour repousser au be* soin Taniioal.

Parvenu dans l'arène , le taureau est serré de plus près; et lorsquil est harrassé de fatigue, on le -combat à pied , et on ûnit par le renverser sur son dos Chacun s'empresse de tenir l'animal par quelque partie de son corpji. Le propriétaire approche de la personne de l'assemhlée qu'il veut honorer » lui présente le fer chaud , et la prie de venir l'appliquer sur le taureau. Dès que la personne a repris sa place, ou ouvre une issue à l'animal par où il se précipite avec toute la fureur dont il est succeplible, pour aller promener tristement sa honte dans les marais qu'il vient à peine de quitter.

Llle de la Camargue , dans ses extrémités » offre un animal Tort curieux qui mérite d'êire connu. C'est le castor de France » qu'on nomme en provençal hu vibré. Il habite les embouchures du Rhône et principalement dans les îlots qui se trouvent au milieu du ûeuve. Il ne vit que d'écorce d'arbres qu'il va couper lui même , et qu'il charrie par le courant de l'eau jusqu'à sa demeure, qui est très-commode et convenable à ses ba-* bitudes. Elle est si bien construite et tellement cachée, qp on ne peut la découvrir , à moins que le terrain qui la couvre ne s'éboule. Pour préserver leurs de* meures des inondations, ces animaux , à l'aide de plusieurs branches et de joncs entrelacés, élèvent sur l'entrée de leur tannière uue espèce de tour qu'ils ci-

mentent avec de largiie. Par ce moyen, les eaux des plus fortes craes ne les surprennent jamais.

Les moucherons et les arabites désolent les habîtans pendant i été. Les gens sont obligés de boire de l'eau du Rhône » parce que celle des puits est saumâtre et d'un goût si désagréable, que les bestiaux n'en veulent pas. Les poissons qui se nourrissent dans les étangs sont si mauvais, qu'ils occasionnent la fièvre à ceux qui ont rimprudence d'en manger.

Il y a , dans la Camargue , de rastes étables pour j recevoir les nombreux troupeaux qui, au commencement de l'automne , descendent des montagnes de la hault» Provence et du haut Dauphiné. Ils s'y nourris-, sent d'herbes salées qui sont favorables au menu bétaih

Les marais de la Camargue sont garnis d'arundo fliragmitcs, de joues, de musses et autres plantes aquatiques. Les prairies natorelles offrent le vulpin, Icfliole des prés, le loin , plusieurs lllugues et aïklres graminées, les bardanes, les onopordons , les centaurées, les carli« nés , les séneçons, les armoises , les chardons, etc. On y trouve aussi des lambruciies ou lamprusques, sorte de vignes sauvages qui donnent un vin un peu âpre, mais d'un assez bon goùl. Celui provenant des vignes cultivées est fort gros et assez mauvais. L'île de la Camargue, qui a environ dix lieues de long, contient huit hameaux et un bourg. F ayez Sainiss-Marus. .

CAMATLLICI. Peuplade celto-lygienne qui occu- . pait le littoral, depuis Temboucbure de l'Argens ju»-

.( ase )

qti*cn delà du village de Raniatuelle. Leur chef-lieu était, seloQ toute la probabilité, dans le territoire de

Grimaud. Voyez ce mot,

CAMÉLÏONE , Mans A cerna ou Cemenus Mons^ ïloutagae qui sépare la vallée de Earcelonnette du marquisat de Saluce dans le Piémont. Elle communique son nom à toutes celles qui forment la vallée ei qui s'étendent jusqu'aux sources du Yar»

CAMPDUHY, CampuB Dumy (champ de buissons), anciennement Camptuemiéi. Petit village du canton de Besse, à 2 lieues de Brignoles. Productions, les mêmes qu'aux environs. Pop. 80 hab.

CAMPJU£L, Cnmpug Julii (Champ de Jules). Vaste plaine pierreuse qui se trouve entre Trîgance et Aiguiues. On assure que Jules -César y ùi camper son armée. On trouve encore des vestiges de campement prés de Yérignon. Le duc de Savoie s y arrêta aussi, lorsqu'on le Ibrça à quitter la Provence , après s y être soutenu pendant plusieurs années par les intrigues de la comtesse de Sault, Celte plaine n'offre aucune source. Les grandes fermes qui s'y trouvent disséminées, donnent chacune jusqu'à mille et douze cents francs par an à des muletiers pour leur apporter de l'eau du Yerdon ou d'ailleurs. On présume que les eaux pluviales de celle plaine fournissent à la belle source dite /mitaine l'évéque, et qui se trouve dans le territpire de Beauduen. Cette plaine est giboyeuse ; on y va à la chasse des lièvres et des perdrix. 11 s'y trouve beaucoup de

vipères ; mais on n'entend peint dire que leurs morsares soient Tenlmeuses.

GAMPSy Coitrum de Campit. Village à une lieue de

Brlgnoles son chef-lieu de canton et d'arrondissement, bâti au pied d'un coteau» au bas duquel naît une belle source d'eau exeellente appelée» dans les temps les plus aincicnSf foiiê de Çampis. Il est immanquable que des familles romaines n'aient établi plusieurs vilUe dans le territoire. Je pense même qu'il devait y en avoir une considérable près de la fontaine, et que c'est cette villa qui formate YÎUage primitif.

Les troupes de Baymond de Turenne n'ayant pu . s'emparer de la ville de Brignoles , vinrent piller et brûler ce village qui n'olli'ait aucune di'fenso. Mais il fut bientôt rebâti. On y compte aufourdliui plus de quarante fabriques de ciiapeaux de laine qu'on expédie dans toute la Provence et dans les colonies.

Le climat est sain , le sol fertile. On y recueille un peu de toutes les productions de la basse Provence. Les châtaignes n'y sont pas aussi bonnes que sur les montagnes des Maures; mais le vin cuit qu'on y fait jouit d'une assez bonne réputation. Des bancs de grès très-étendus percent par intervalles à travers les masses calcaires , et font que les plantes potagères y sont ex* eellentes. Pop. lyioohab.

CANDERON. Montagne près de Brignoles, dont le M>mmet est à ^60 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle contient du marbre de différentes couleurs^

• du jaspe qui prend faciloment le poli ; il est fond bruitrouge parsemé de tâches blaochâtres et noires. Au bas de celle montagne se trouve une mine de charbon de terre qui, exploitée > pourrait être i'ori av^aatageuse . . aux fabriques des environs , et favorable à une verrerie qu W pourrait établir sur le lieum'^me.

CAMBIËE.. Plage à lentrée du golfe de Saint-Tropez , près de laquelle se trouvent des madragues pour

la pèche du thon.

CA^iNAT (Saint), Sanclus CannaUis. Village du canton deLambesCy à 3 lieues un quart d'Aix. Ce nom

vfut donnë à ce Keu par le fils d'un gouverneur romain qui résidait à Aix vers Tan 4?^* ^^^^ enfant fut

. nommé Cannât {Cannm natus) , parce qu'il naquit avec des cheveux blancs. II se retira du monde pour aller habiter, dans im bois solitaire voisin de la ville d'Aix ; il s'établit à un quartier appelé Satizet, de la quantité d'osiers noirs (de Saouzcs) , qui se trouvaient au bord d'un petit ruisseau qu'on y voit encore. 11 fut bien^ tôt relire de sa solitude pour aller occuper le siège épiscopal de Marseille. A sa mort, conformément à ses dernières volontés , il (ut inhumé au Sauzet , dans une petite chapelle qu'on y hàtit en son honneur.

L'arrivée des Yisigoths en Provence fit fuir nombre d'hahitans de la ville d'Aix el de plusieurs autres endroits. Ils vinrent s établir en ce quartier, et construisirent leurs demeures près -de la chapelle. Ils s'adonnèrent à cultiver un sol ingrat qui ne produit, mùmeau-

( aSgO

Jourd'lmî , cju*à force d*en«»raîs ; Cependant on y recueille du blé 9 du via et de l'huile. Des ëvénemens malheureux ont fait abandonner entièrement lè lieu du Sauzet ; et les habitaus ^ au nombre de i ,900 , ^ préfèrent avoir leur domicile sur la grande route.

Le territoire de Saint-Cannat n'était , dans le principe , qu une vaste forêt très-sombre , où les Druides exerçaient leur minlstèrç religieux. Les Celto-Lygîens n'étaient pas comme ces sauvages dont on nous dépeint rignorance et la barbarie. C'étaient^ au contraire^ des hommes qui vivaient en société , qui exerçaient l'hospitalité et qui rendaient un culte à l'être suprême qui 9 selon eux , présidait à la police du monde. Ih n'élevaient point de temple à leur dieu , car ils ne pensaient pas qu'il fût permis de renfermer son immensité dans des murailles ; aussi allaiént-ils lui rendre leurs homma<;es, non sur les hauts lieux, eonune fesaient la généraUté des peuples réputés civilisés , mais dans le fort des bois les plus sombres , les plus silencieux , les plus capables d'inspirer le respect , le recueillement y et de pénétrer de terreur. Les sacrifices n'étaient offerts que vers le milieu de la nuit ; le peuple s'y rendait avec empressement; chacun était muni d'une torche pour éclairer sa route , et pour accompagner avec pompe et solennité le taureau ou la génisse qu'on allait immoler.

En outre de celte divinité supérieure à laquelle ils avaient donné le nom de Dis » leur ancien roi, à qui ils claieiiL redevables de leur K'^islalion, ie.'^Ccllp-

Lygiens adoraient aussi un être inférieur, cpi*ils appe* laienliVe^i/A;c était, selon eux , le souverain des vents et des tempêtes , du feu et de leau , du froid, du chaud, et de tout ce qu'ils redoutaient le plus. C'est pourquoi ils lui offraient du gibier , du poisson, des plantesmarines et des fruits , ^elon qu'ils allaient à la chasse , à la pêche , ou qu'Us allaient se livrer à la navigation ou à un long voyage par terre. Leurs cérémonies religieuses étaient si imposantes, si édiiiautes et si dignes de respect et d'admiration , que la plupart des Phocéens , fondateurs de Marseille , abandonnaient leurs temples pour aller immoler des victimes aux divinités tutélaires des Celto-Lygiens.

Pour arrêter cette sorte de schisn^ , le gouvernement de Marseille décida de corrompre les mœurs et les usages des peuples de la contrée , et de renilre leur culte odieux aux étrangers qui viendraient s établir dans la Celto-L} gie. Il ne lui fut pas difficile d'inspirer à des hommes simples et sans expérience, l'idée de donner à leur culte une sorte d'uniformité avec celui que les riiocéeas rendaient à leurs dieux. 11 les engagea à choisir plusieurs hommes pour être les ministres de leur religion. Ces nouveaux prêtres , connus sous le nom de Druides , furent à leur tour séduits par les funestes exemples et les conseils pernicieux des prêtres grecs ; et en peu de temps, le sacerdoce druidal s'empara de tout le pouvoir, et eut sur la na« tion l'ascendant le plus tyrannique que jamais min'stres d'une religion aient pu s'arroger* Cet ascendant les

porta bientôt au plus affreux dospolisme , et le despotisme les rendit encore plus cruels que ceux qui leur ayaîent servi de modèle. Ce fut en vain que les nobles , autrement appelés cavaliers, parce qu'ils combattaient à cheval» firent lem« efforts pour étoufier, ou, du uioins, pour réduire le pouvoir des druides; le mal avait poussé de trop fortes racines. Ces nobles furent , par les druides, voués à la vindicte publique, pour jusqu'à ce qu'ils eussent témoigné beaucoup de respect pour eux ^ et qu'ils les eussent recoimus comme leurs supérieurs.

11 y avait quatre espèces de druides : les Druides proprement dits, les Bardes, les Vacerres et les Eubages. Les Druides avaient le soin des sacrifices , des prières 9 de l'interprétation des dogmes de la religion , de déclarer la guerre, de conclure la paix , de l'administration de la justice 9 de Tinstruction de la jeunesse dans les sciences et la divination , etc. Les Bardes chantaient des vers à la louange des dieuxet des hom* mes illustres; ils jouaient des înstrumenset chantaient à la lôte des armées. Les Vacerres ou Vates offraient les sacrifices 9 et vaquaient à la contemplation de la nature. Les Eubages tiraient des augures des victimes humaines qui avaient été substituées aux taureaux et aux génisses qu on immolait avant la création des druides.

Le sexe féminin n'était point entièrement exclu des fonctions sacerdotales ; mais il fallait être vierge et être élevé de bonne heure à cet état, pour apprendre à ju|^er les personnes qui s'étaient rendues coupables du crime

d'injure , de médisance et de dilTainalion , et surtout pour ayoir assez de force et de fermeté pour enfoncer le plaive de la justice dans le cœur des yictimes humaines. Ces filles, qui étaient en môme temps vierges , prêtresses, prophétesses, jup;eS'et bourreaux, étaient appelées Druideëses , et avaient leur monastère également dans une sombre forêt , et à peu de distance de celui occupé par les Druides. La fécondité des Druidesses n'était pas punie aussi rigoureusement que celle des Vestales romaines ; on croit qu elles étaient con* damnées à demeurer cloîtrées tout le reste de leur vie.

Le souverain prêtre Druide était un personnage trèsimportant; anssi , lorsque sa place était vacante, elle allumait les désirs des ambitieux. Le conclave s'assemblait alors par députés dans un des principaux monastères Druidals, et u en sortait que jusqu a ce que le nouveau souverain prêtre fût élu. On ne sait pas s'il y avait un pan'il souverain pour chaque royaume , ou aï un seul suffisait pour toute la Celto-Lygie. On ignore même en quel lieu ce chef des ministres Druides faisait sa résidence. Je pense qu'il devait y avoir un tel souverain pour chacune des cinq grandes nations celto-lygiennes , savoir : les Salicns , les Cavares, les Albici , les Suelteri et les Yédiontici ; et que leurs résidences étaient dans les forêts voisines d'Astramela , de Carpentorate^ de ileii, d'Antea et de Cemenelium. Us ne devaient point habiter à portée des villes grecques ou romaines, telles que Marseille, Arles ^ Yaison, Aix et FréjuSy sur lesquelles ik n'auraient eu aucune au^. torité. Leur puissance n'aurait pu s'étendre sur tous

les liâbitans; et, dans les iiiailieurs publics, ils n'auraient pu faire immoler sur lautel uq homme de leur choix, cjiii, le plus souvent, ctait uu citoyen dont le zèle leur iaisait ombrage.

Voilà ce que celaient (|ue les Druides; voilà quel fut le résultat de Taffreux machiavélisme des Phocéens et des Romains. Ce fut sous le prétexte de l'immolation des victimes liuniaines, que les Romains détruisirent la religion et les prêtres celto-lygiens. Les llomains n'ayaient pas raison de reprocher aux Druides, encore dans un état voisin de la barbarie , de sacrifier à leurs dieux des hommes qui, d'après Diodore de Sicile, n'étaient que des uiaHaitfMirs ou des malheureux que le sort de la guerre avait fait tomber en leur puissance ; quand les Romains eux-mêmes, à l'époque la plus flcrissaiite de leur civilisation , iniiniment plus barbares que les Druides , forçaient non seulement les prisonniers de guerre, mais leurs propres concitoyens, leurs pareus, leurs serviteurs à sentregorger euxHoaêmes, non coiiiine une punition due à quelque grand crime, mais auj( uns, pour avoir défendu leur prince et leur patrie, leurs enf ans, leurs biens, leur indépendance ; et aux autres, pour avoir osé adorer la divinité sous un nom différent et de toute autre manière que la mul* titude ignorante qui formait la masse de la nation ; ou pour avoir osé préférer les félicités de la vie future aux louanges et aux honneurs des grands, parvenus à la fortunepar le crime de la reb«'llion, et. en trompant le peuple; et le» Aomaind faisaient de la mort de cesinfor-

funés l'objet de leurs féroces comme de leurs plus chères rëcrëatioiis* Hommes , femmes y eofims, patriciens» plébéiens, prêtres ou magistrats, tous accouraient à l'amphithéâtre pour jouir de raffireuse agonie des Ganloisy des Romains, des sujets de Tempire, qu'ils contraignaient à se déchirer les uns les autres , ou qui devaient périr sons la grife et sons la dent des tigres » des lions, des léopards, animaux bien moins cruels que les hommes qui leur fournissaient journellement leur pâture. Et puis on nous fait encore l'éloge du peuple romain; on nous vante ses lois et ses mœurs; on regrette leur gouvernement, on déplore la chute de leur empire. Hélas! quel aveuglement ! si ces barbares n avaient jamais existé , ib n'auraient point communiqué à tous les peuples quils subjuguèrent, des prîn- . cipes de trahison et de cruautés qui se perpétueront jusqu'à rentier dépeuplement de la terre*

CA^iKES, Castrum de Cannis, Yille chef-lieu de canton, à 4heues de Grasse, sur le bord de la mer, vîs^-vis les îles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat , avec un tribunal de prud'hommes.

Plusieurs auteurs, tant anciens que modernes, ont dit que la ville capitale des Oxibiens était Mgytna; d'autres ont soutenu que c'était Oxibia. Selon moi, fe • pense que la capitale de ce peuple était divisée en deux parties, distantes Tune de l'autre d'environ une lieue* La première partie , connue sous le nom A^Mgytna, se trouvait j ainsi que tous les auteurs nous l'assurent.

au fond du golfe Jouan ; la seconde 9 appelée Oxibia, «tait aa pied d'un retranchement naturel, sorte de fortification qui avoisinail toujours lelieu oùlesanciens peuples tenaient leurs assemblées générales. Ce retranchement des Oxibiens se trouvait sur une éminence c[ui domine la ville de Cannes, où l'on voit encore les mines d'un ancien château qui défendait la plage et * la Toie auréllenne. Ce ehdteau, construit par les Maraeillais dès qu'il lurent maîtres du littoral, fut appelé caUrum Métrcetihum; en 1 1 3a , il prit le nom de au^ trum forian.

Les Romains, après avoir défait les Os^ibiens près ûe l'embouchure de VAcro (la Siagne) , détruisirent leurs villes capitales. Ce fut sur les ruines d'Oo'tT^/ a que les Marseillais jetèrent les fondemens de la ville de Cannes, qui fut saccagée et détruite par les Sarrasins, et les habiUns menés en esclavage. Des familles génoises, mêlées à quelques autres du pays qui avaient pris la fuite à Tapprocbe des bai^bares, repeuplèrent la ville actuelle <pie le commerce de Grasse fait valoir. Les bâtimens marchands ne s y arrêtent guère, parce <[ue la plage ne leur oiCre aucun abri contjce les vents du midi. Un double môle y serait très-urgent, et les navires, en cas de guerre maritime , y ser.iient en sûreté sous les batteries du fort de liie Sainte-Margue- . lîte. La ville de Cannes, qui a des parfumeries et des scieries, serait eu peu d'années une ville industrielle 4t commerçante, et l'on pourrait compter sur la fran- #chise et la bonne foi des habitans.

( s'iG )

C'est dans le terntoire de Cannes que se trouve h plaine de Laval , fameuse par la hafaîlle des Bomains contre les Oxihiens, vl par celle des Iroupes d'Othon contre.celles de Vitellius jointes à celles de Valius. Elle dura la moilié do la journée et toute la nuit d'après. Les soldats d'Othori, quoique victorieux, ne purent profiter de leur victoire. Ils se rembarquèrent pour 11talie, Yilellius lut s'entériner dans Antilles, et Yalius retourna tristement à Fréjus. Les soldats romains , dirigés par un nommé Cassius, construisirent une montagne au bord de la mer, pour qu elle leur servit de retranchement et de défenses contre Tarmée d'Othon. Parce qu'on a bâti une chapelle- en l'houneur de Saint- Cassién au-dessus de ce tertre, la plupart ont cru que celte élévation était l'ouvrage des moines de Lérins. Les moines ont desséché bien des marais pour en distribuer la terre aux pauvres , maisiî n'ont point élevé des montagnes pour se rendre redoutables.

La plaine de Laval était, dans le principe , un golfe ouvert du côté du midi, et fort abrité sur tous les autres points. La rivière de Siague a, par ses atterrissemens, comblé cette vaste étendue de mer, et en a fait lui champ à blé et une prairie qui seraient très-productifs, si les eaux de la Siagne, sortant toutes les années de leur lit , ne les inondaient pour les convertir en ma* rais pestilentiels. Cette plaine n'était autrefois qu'une rizière qui fournissait une grande partie de la France. Les haliilans de quehjues petites communes voisines réclamèrent pour qu on discontinuât cette culture qui

( Al )

rendait le pays Insalubre. Ce moyen n a pas suffi pour rendre celle contrée plos saine, et la France s est rendne fribataireda Piémont pour se procurer du ris. On pourrait sans crainte cl sans inconvénient rétablir ces rizières ; on pourrait aussi rem{)lacer avantageusement la culture^ du riz par celle du pastel, du tabac et de la patate du Malaca. Cette dernière a très4>ien réussi dans un essai en grand qu on vient d'y faire , et le fruit en provenanl est aussi bon cjue si on Tavait recueilli dans les meilleurs fonds de la zône torride. C'est devant Cannes que se trouvent les îles de Lérins si célèbres dans l'histoire de l'église et dans les annales de la Provence. V Sa km -Honorât et Sainte-M.^r- • CUERITB. Les principales productions de ilannes sont^ le blé, le Tin et le foin. Lapècbe y esl abondante, et les poissons y sont meilleurs qu'à Antibes. Population a,95o hab. Foires, le i6 mai, le i4 septembre et le 6 décembre.

Les communes du ressort de la justice de paix de cette ville sont Cannes, leCannet, Mouans,Hougîns, la Roquette et Sartoux.

CAMNKT (Le). YiHa^je du canton de Cannes, à 4 1. de Grasse. Ce n'était naguère qu'un hameau de CanncfS ; mais, en 1 774 > érigé en commune. CevîHaj^e est divisé en plusieurs parties, et se trouve sous le plus beau •climat de la Provence. Son exposition est magniCque. il est abrité de tous les vents par des coteaux garnis de beaux oliviers et d'une grande quantité de beaux

orangers qnî parfument le viHap^e et la campagne. Le» roses, les tliubéreuses, la cassie et plusieurs autres fleurs embellissent les jardins ^ et fournissent aux distnialeurs du pays. La campagne est arrosée d'une infinité de petites sources qui font de ce pays an paradis terrestre. Du village on découvre une grande «étendue de mvr qui vient baigner le pied de la rampe , les iles de Iiérins, dont la première n'est qu'à quelques minutes de la route d'Italie, et 1 ile de Corse dans un gi-and lointain, quand l'horizon est sans nuages au lever du so* leil. Le territoire produit principalement de la bonne huile, du via et des ileurs d'oranger; les jardins donnent des primeurs. Foires, le a5 novemb. et le 19 septembre. Pop. i,35o hab.

CANNET (Le). Village du canton du Luc, à 6 lieues

et un quart de Dragiiignan, situé sur une colline fort roide du côté du midi.

Ce serait faire injure au bon goût des Romains, de croire qu'ils avaient fait du Cauuet un lieu important. On ne peut pas même supposer que la voie aurélîenne passât par ce village. Le manquement d'eau , la forte rampe pour arriver sur cette élévation, et la fausse direction de Farfm Julii à jlfafitvi? sont une preuve certaine que le Forum Voconii des Romains n'était pas au lieu où se trouve le village du Gannet. Nous croyons l'avoir sulïisarament démontré aux articles Câbâssë, . Daaguignan et Tarad£AU > auxquels nous renvoyons nos lecteurs.

Cependant le lieu du Cannet fut connu des Homains. On y voit des traces de leur long séjour. Il est hors de doute que la vaste plaine , fertile en grande partie, et la belle exposition de l'amphithéâtre qui la garantit du côté du nord 9 n'aient attiré des familles romaines dans le pays. Des restes de monumens nous Taltostent de manière à n'en pouvoir douter. La chapelle de la Trinitéy sur la grande route, est construite en partie de pierres^épulcrales, la plupart portant des inscriptions. Le manquement d'eaune permitpas de bâtir une yiUeni un bourg dans ce territoire, mais simplement des viilœ OÙ maisons de campagne^ dont la plupart furent embellies de monumens et même de petits temples en l'honneur de quelques divinités paiticulières. Cette année même, le propriétaire de la terre dite Sainte^Maiste a trouvé, en faisant des fouilles, des traces non douteuses d'une piscine de construction romaine, composée de plusieurs bassins 9 dont un plus grand que les autres, et cou tenant une multitude de coquilles d'huîtres de rOcéan^ signes incontestables qu'il y avait près de là une maison de campagne qui avait appartenu à une riche famille. Une seconde preuve, c'est une plaque en plâtre blanc, garnie de moulures el autres omemens, et qui paraît avoir servi à renîbellisjiement d'une maison de maître. Ajoutons à cela des médailles, une grande quantité de fragmens de tuiles romaines et de briques tumulaires, une petite cuiller eu ivoire, des sortes de verres évasés, sur pied et à bord doré, des tuyaux de plomb propres à la conduite de l'eau, une

.petite coaqae en calcaire dur, très-bien sculptée , qui recevait Teaa d'un petit canal, et la donnait Traisemblablement à des bains , nombre de carreaux de marbre coulé y moitié blancs et moitié foncés , qui peuvent avoir servi ii une salle de bains ou à un petit temple , etc. Je ne doute pointj qu'eu continuant les recherdiesy on ne trouve en ce même quartier les fondemens de la villa dans ses trois divisions.

Une villa ou maison de campagne romaine était un grand bâtiment divisé en trois parties ; l'une , appelée tirbuna^ destinée uniquement pour le maître et sa famille; L'autre^ dite rmtUa^ comprenait tontes les habitations des intendans des travaux , des ouvriers, et même des esclaves , si le maître était un militaire ; enfin la troisième, désignée sons le nom de fructuaria^ se trouvaient, selonles lieux et les climats, les granges, les cuves, les pressoirs, les jarreries nécessaires à Té- ■ conomie rurale. Les Romains ne divisaient pas comme nous les propriétés. Us ne connaissaient, au contraire, que la grande culture. Une villa élaitsouvent un village très-peuplé , dont les propriétaires étaient comme furent pins tard les seigneurs au milieu de leurs vassaux.

L arrivée des Sarrasins dans le Sinm Sambracitanus (le golfe de Grimaud), força .vraisemblablement leshabitans du territoire de quitter la campagne pour aller ae fortifier sur la hauteur , et braver , par leur position , les menaces du Fraxinet qu'ilsavaient en face. L'histoire ne nous dit pas si le Cannet fut attaqué parles barbares ; eependnt noospottvonsle présumer 9 vu ^ tous

les autres lieux de la contrée ont éprouvé les effets da génie destnictif de ces ennemis des chrétiens^ Ce fut, je crois, à rolle occasion tjue quelques liabitans, pour éviter la mort ou l'esclavage , furent se cacher dans un lieu sauvage et d'un accès difficile auprès des cataractes de l'Argens, où, pour se livrer à leurs devoirs religieux, ils taillèrent dans le roc la chapelle connue sous le nom de Saint-Michel. L'avenue de celle chapelle, presque toute la voûte , les parois, les banquettes qui se trouvent au bas, la marche qui sépare le sanctuaire du corps de la chapelle, tout cela n'est qu'une seule et même pièce taillée au ciseau. 11 n'y a de bâtisse que la clef de la voûte, que le temps ou les hommes ont dégradée, et qu'on ne s'empresse point de réparer. Cependant cette solitude est souvent visitée par des curieux et par dessavans. Tous aimeraient trouver des preuves de la piété des fidèles d'aujourd'hui , qui pussent être balancées avec celles des premiers chrétiens qui s'établirent dans ce triste lieu ; tant il est vrai r[ue ce n'est pas dans le bruyant de la société , mais Lien dans la retraite, que riiommese dclache réellement du monde pour ne s'occuper que de son propre salut.

Le village du Cannet est d'une construction égale à celle de la généralité des communes rurales. Leshabitans n'avaient d'autre eau pour boire que celle des citernes du château seigneurial. Mais, lors delà dernière révolution, le peuple, égaré par l'e^it de circonstance, détruisit en un seul jour et le château et les citernes y sans songer qu'en nuisant à son seigneur il

( aSa ) .

se nuisait encore plus à lui-même. Aussi, depuis cette époque, les habitans Tont chercher l'eau fort loin et jusqu'au bas de la rampe , h une petite fontaine particulière généreusement rendue publique.

Ainsi que nous Favous dit^ le Cannet a une Taste plaine qui, bien cultivée fournirait aux besoins d'une nombreuse population. Elle est fertile, immédiatement au-dessous de la roule d'Italie, mais les trois quarts ne sont que des landes. £lle est traversée par la rivière d'Aye, et coupée par de petits torrens dont un donne naissance à une source d'eau salée. Les amphithéâtres de la partie calcaire sont couverts de beaul oliviers , et ceux de la partie schisteuse offrent des chènes-Iièges, des châtwgnkrs et de grandes forêts de pins de ph^sieurs espèces, parmi lesquelles on distingue le jMittispcnea et le pinus saliva. Ces arbres forment avec léurs branchesun espèce de parassol, et produisent des pom* mes fort grosses remplies de pignons d'un bon goût. C estime ressource pour les pauvres gens, qui vont les vendre dans les communes voisines , principalement à Dragiiignan, où il s'en fait en été une grande consommation*

Auprès du pont de TAye, il y a une verrerie où l'on fabrique tantôt des cristaux, tantôt du verre à vitre ou du verre vert. Au quartier Saint-Dalmas, il y a une mine de plomb quon avait commencé d'exploiter avec succès» La mésintelligence qui régna entre les concessionnaires, la mort du directeur, l'ignorance des ouvriers et la banqueroute que fit le régisseur, en enlevant la

caisse des actionnaires, furent cause de labaudoude cette mine. Tous les bâtimens qu'on ayait construit pour cette fonderie sont détruits. Les eaux et les ëboulemens ont comblé et fait disparaître tous les travaux.

Les principales productions du territoire du Ganne€ sont 9 l'huile, le vin, le blé, les châtaignes et les pignons. Pop. 810 hab.

' CAPELETTE (La). Hameau dans lé territoire de

Marseille. '

CAPET. Voyez Sépet.

CAPILATI. Nom générique des Cclto-Lygiens et des Gaulois qui portaient les cheveux longs. C'étaient ceux qui habitaient la haute Provence^ depuis en dessus de Yeuce jusqu'à Allos.

CARAMIE, Caramia, Petite rivière du département du Var, qui naît dans le territoire de Haxaugues , traverse les plaines de Camps, la Celle, Brignoles, le Val, et se réunit à llssole en dessous de Carcés, ou, ensemble, elles forment de superbes cascades.

CARCÉS, Career. Joli vOlage du canton de Cotî* gnac , à 4 lieues de Brignoles , sur la rive droite de l 'Argens. Son nom annonce assez que, du temps des Romains , on avait établi en ce lieu une prison pour j renfermer les malfiûteurs* Le pays a toujours été habité ; maïs le village n est proprement connu que par un de ses anciens seigneurs dont la conduite fait époque dans l'histoire de cette provinccf.

En 1 578 , n se forma en Provence une guerre intestines. Le comte de Carcés, grand sénécliai et lieutenant du roi 9 oommaildait les catholiques connus sous le nom de CarcisteSj autrement dits Marabecz ou Maraboiix , noms qui signifiaient crueb et sauvages, car, en effet 9 ils se livraient au vol , au viol , au meurtre el à luules les cruautés imaginables. Ils ëlAient commandés par le seigneur de Beaudumentetparle baron de Vins, neveu du grand séucchal. Les religioanaire^, connus à cette époque sous le nom de Razats^ parce qu'on les disait si gueux, (ju'ils n'avaient pas le moyen de se faire raser, avaient à leur téte les barons d'Allemagne , des Arcs êt d'Oraison. Ces deux partis ravagèrent la Provence, brûlèrent nombre de communes et saccagèrent les campagnes. Le parlement condamna la conduite des carcistes, el permit de courre sur eux et de les tailler en pièces.

A cet ordre , une partie de la Provence prît les armes , ^t en peu de joui*s 600 carcistes périrent devant Cuers 9 ^00 furent sabrés à Cabasse , et au moins autant trouvèrent la mort devant Lorgnes qu'ils assiégeaient dqpuissiz semaines» Presque toute la garnison du château de Trans, qui était nombreuse, fut passée au fil de répée, et le village deCarcésne dut son salut qu a l'arrivée en Provence de Catherine de Médicis qui pacifia les esprits pour quelque temps.

La rivière de Nissole, qui passe k Cabaisse» et la Caramiç^ qui longe le territoire de Brignoles, après

avoir confondu lejm w»9 yism»ui9/^ j^ter àm» i'Adr*

gens , en dessous du village de Carcés , où elles forment une cataracte dont le développemeat est d'eaviron six cebts mètres. L'eau se précipite sur des rochers taittés en amphithéâtre. L'irrégularité de ces barrages , l*é-i came qai les couvre , les iris qui les colorent, leléva^ tion verticale des rochers qui encaissent la rivière , les jardins dérobés dans leurs fentes, les arbres qui sortent de leurs moindres scissures , oflrent aux amateurs du beau, un ensemble d'autant plus intéressant que 1 utile se trouve confondu entre Tagréable, le triste et • le merveilleux. D'après cela , il n'est pas étonnant qu'en iG6o , Louis XIY ait visité ces curiosités pour pouvoir en faire le récit dans sa capitale. Il n'est pas étonnant encore que, de temps à autre, des amateurs distingués viennent s'extasier à la vue d un des plus beaux sites de la Provence.

Carcés est un grand pays de vin ; et comme il arrive souvent qu'on ne peut le vendre à aucun prix, on le livre à la distillalioii. Plusieurs distilleries se servent de l'appareil simplifié d'Adam, de Montpellier. C'est là la seule industrie du pays. On pourrait y introduire avec avantage la fabrication du vert-de-gris. 11 y avait autre* fois un moulin peur tordre la soie.

Les rives de TArgens offrent de belles prairies ; le reste du territoire est fertile en blé. Le cultivateur emploie comme engrais le mazin, qu'on trouve à peu de profondeur sur le bord de la rivière. Foires, le troisième dimanche après Pàqm$^ le ao juillet et le i5 octobre. Pop. A^oGg hab.

CARCOjNTE. Ville ruinée, qui se trouve dans le territoire d'Auron ^-ei près de la rive droite de la Tonloubre.

GARNIOL» Carniolum, vulgairement Carwisu.

Village du canton de Banon , à 5 lieues de Forcalquier. Climat tempéré ; air sain; le âol ne produit que pour les besoins du cultivateur. On y élève des pourceaux. Pop. go hab.

CAR^OULLES , Castrum de Carnolis ou Carn(h lum. Quelques-uns font dériver ce nom du latin cami' ficina, prétendant que, du temps des Romains, on avait exécuté des criminels en ce même lieu.

Garnoulles est un village du canton de Cuers, agi. de Toulon. 11 u était autrefois qu'un hameau du village de Château-Royal 9 qui se trouvait au haut dune colline , à rexlrOmité du territoire du colé du Pugct. Le village ainsi que le hameau ayant été brûlés du ' temps des guerres civiles de 1 583 , les habitans se réfugièrent à Pignans. Mais, en iSj^o, les propriétaires des terres de Château-Royal, pour être plus à portée de leurs biens, construisirent le village actuel de CarnouUes au lieu même où se trouvaient les ruines du hameau de ce nom. Le climat est chaud ; Tair pur et sain ; le sol 9 en général , est assez bon. Les principales productions sont , le blé , l'huile et le vin ; il y a quelques fabriques d eau-de-vie. Foire , le 1 1 octobre de chaque année. Pop. 720 hab. *

GA&OMB* Bourg à 2 lieues de Carpentrts son chef*

lieu de canton el d'arrondissements II est fermé de Hiurailles en pierres de taille , avec une poterne , un pont-levis, un fossé et toute l'apparence d'une ville bien fortiGce. Aussi i'ut-ii respecté pendant les guerres de religion. Le territoire produit beaucoup de vin , d'huile et de fruits ; il donne aussi du blé et toules sortes de légumes. On a trouvé dans la campagne un tombeau de pierre renfermant un cercueil de plomb, et à côté un pavé en mosaïque et uae statue d'Âpollon. Pop. 256 bab. Foire , le 22 septembre.

CAKONTO. rayez Corkïnto.

CARPENTRAS, Carpentarate. Ville chef-lîcu d ar-

rondissement du département de Yaucluse, sur l'Auzon » à 1 79 lieues de Paris. C'est une déplus anciennes villes de la Provence. Son nom CarpeiUorate est formé de trois mots celtiques, car on ciierviWe^pen colline, et lôrncfr passage ; ce qui convient parfaitement i cette ville.

Presque tous les auteuiris anciens et modernes s*ac-

cordent à dire que Carpentras est une des trois villes des CavareSf nation celto-lygienne qui occupait la rive gauche du Rhône et la rive droite de la Durance. Quelques-uns disent aussi que Carpentras était la capitale des j|/minf. Cette erreur est inconcevable. On serait fondé à croire que ces historiens avaient intérêt à donner de la célébrité à certaines villes au préjudice de plusieurs autres. C'est ainsi qu'ils ont désigné Avignon comme capitale desCavarea, tandis que, d'après

les auteurs anciens^ cette ville n était qu'une petite bour«

gadc, lorsque les premiers Marseîllaîsvinrent y établir des comptoirs pour le commerce iotérieur. D'ailleurs, le territoire d'Avignon n'offre rien qui ait pu conyenir au chef-lieu d'une nation cclto-lygienne : point de retranchement naturel , point d'amphithéâtre à l'abri des vents, et une vaste plaine qui , à cette époque, était marécageuse. Ajoutons que cette ville se serait trou-vée tout-à-fait à l'extrémité de celte nation, tandis qu'une ville capitale doit, autant que possible , se rap« procher du ceutre.

Si nous examinons la situation de Carpentras , nous y trouverons tout ce qu'on ne saurait rencontrer d'iudisp ensable à Avignon: retranchement naturel à peu de distance, exposition en amphithéâtre, terrain sec sur la hauteur, collines qui autrefois étaient boisées et giboyeuses, et surtout un point central entre les autres villes des Cararcs^ qui sont , Orange, Avignon fet Cavail- Ipn. D'après cela, loin de prendre en considération l'importance dos villes actuelles, ne jugeant que d'après les prouves physiques, la yraisemblance et la raison, nous rendrons à Carpentras ce qui lui appartient, en soutenant qu'elle fut la capitale des Cavarcs.

Les historiens qui, je ne sais trop pourquoi, ont transporté le siège de cette capitale à Avignon, sentirent que Carpentras avait dû appartenir à un peuple ancien. Aussi, pour ne pas lui ravir cette gloire, ils jugèrent à propos d'y assigner le chef-lieu des Memini,

et nommèrent cette ville Carpentoraie Mendniarms

au préjudice de Forcalquicr, vraie capitale de ce peuple. Cette sorte de larcin en fit faire un autre non moias iinpoHant. Comme le forum Neranis avait élé établi dans la capitale des Mcmini par Tibère Méron , lieutenant de Cé/sar dans les Gaules, quelques auteurs , ne trouvant plus co peuple à Forcalquier, ont cru de- Yoîr transporter ce fameux marché à Carpentras, Par ce moyen , ils se trouvaient d'accord avec ceux qui les avaient induits à erreur. Pour moi, exempt deprévealion en faveur ou contre Taocienn^té de telles ou tel tels villes, et m étant fait un devoir de relever toutes les inexactitudes et les invraisemblances historiques que je croirai reconnaître chez ceux qui ont écrit avant moi sur cette province, je soulicus que le fonnn N fronts appartenait à la capitale d^Memini^ c est-à-dire à Forcalquier, et non à la capitale des Cavares qut , selon toutes les probabilités, devait être Carpentras. Je soumets volontiers mes décisions aux personnes instruites, à celles qui ne mettent ni considération , ni partialité, ni caprice dans leurs Jugemens; et je suis persuadé que toutes se rangeront à mon avis.

On sait que les Fvoniains, voulant changer et adoucir les mœurs. des habitans de la Celto-Lygie f envoyèrent des colonies dans toutes les principales villes des différentes nations. Carpentras étant une ville capitale, reçut nombre de familles étrangères » qui rendirent le lieu infiniment plus considérable qu'il ne l'était auparavant. Aussi fut-il embelli de plusieurs monumeus dignes de la magnificence des conquérans des Gaules,

mais qui furent anéantis par les diÛcrfins peuples baf^ bares qui vinrent à plusieurs reprises désoler cette belle province et la couvrir de ruines.

En i530y Ja ville de Carpentras obtint le siège des* sénéchaux qui était à Pernes, et devint par là la capitale du comtal Tenaîsain. Six ans auparavant ^ il y eut à Carpentras un conclave pour nommer un successeur à Clément V. Six cardinaux italiens ronlaient que le souvcrain pontife fut de leur nation, afin qu'il transférât le saiut-siégc à Rome* Un plus grand nombre voulait un Français. Les cabales fermentèrent; l'esprit de parti se communiqua non seulement aux ecclésiastiques qui tie faisaient point partie du conclave , maïs encore à la populace du pays. L élection traînait en lenteur, quoiqu'on ciit supprimé une partie des alimens nécessaires à la subsistance des cardinaux. Le peuple , naturellement impatient, fatigué d'attendre, mit le feu au palais où le sacré collège était assemblé , et ce feu consuma une partie de la ville. Les cardinaux qui échappèrent aux flammes prirent la fuite pour aller quelque temps après se réunir à Lyon.

La ville de Carpentras se trouve sur une petite élévation, à l'extrémité d'une longue plaine. Sa campagne est bornée du nord et de Test par dé hautes montagnes dépendantes dut Mont^Yentoux. Cette situation , qui n'est pas la même de la primitive bourgade*, l'expose à tous les vents et la rend très-froide en hiver. Mais . en revanche , pendant l'été , elle jouit de plus de fraîcheur que les communes voisines.

' Caipentras possède une bibliothècpie (ondée par le célèbre évèque dlngoimbert. Elle est composée de vingt-cinq mille volumes et de huit cents manuscrits , parmi lesquels on en distingue plusieurs de Peyresc de Belgencier, qui vivait dansle dix-septième siècle; deux marine» originales de Yernet forment la plus belle décoration intérieure de cet édifice. Dans un des corridors se trouve un monument phénicien qui a donné lieu à une dissertation de Fauteur du y oyage du Jeune AnaekanU. Cette dissertation a été savamment réfutée par^un Carpenlracien , M. Tabbé Eysscrie , homme non moins recommandable par ses vertus chrétiennes i{ue par son savoir et ses lumières.

La bibliothèque est contigue à raacieu évèché » où aiégent aujourd'hui les tribunaux. Il est rare de trouver ailleurs une plus belle salle d'audience ; les frises en fiOnt peintes par les meilleurs maîtres du temps.

11 y avait 9 dans l'enceinte du palais épiscopal, un arc de Marius. On appr/*ndra avec plus d'indignation que de surprise^ que le cardinal de fiussy en iit le point d'appui d'une auperbe cuisine. On a cru pendant longtemps que cet arc de triomphe avait été élevé à la gloire de Marins* M. de Fortia prétend avec quelque appa« rence de raison que ce monument triomphal , ainsi que ceux d'Orange et de Cavailion, devait être consacré à Céaar, pmsque ces trois arcade triomphe se trouvent sur la route que le vainqueur des Gaules avait tracée dans ce pays. . .

L'hôpital de Carpentras est un superbe, édifice, à

trois corps de logis , où tout est beau , où tout est graod, trop grand peut-être pour une aussi petite ville. C'est au sein de ce monumcDt que reposeut, sous un tombeau de marbre blanc^ d'un assez beau style 9 les cendres vénérées de ce vertueux évêque d'Ingiiîmbert. Tous les voyageurs s'accordent à dire qu'il serait iliûjcîle de trouver un plus l^el escalier que celui de cet hôpital.

. En visitant les gracieux environs de Carpentras, l'attenfion est fixée par laquéducqui fournit l'eau iiécessaire à la ville. Celte conslructiou élégante el hardie^ ouvrage de l'ingénieur d'Allemand » est soutenue par quarante huit arches ; les deux dernières, à l'extrémité de la ville, sappuicut bur uu pout sous lequel coule la rivière d'Auzon.

L'église de Saint-SifTrein peut être encore citée comme un beau monument. Ou y conserve une relique chère à la piété des habîtans du pays ; un den saints clous qu'on assure avoir servi au crucilienient de Jésus-Christ ; le même clou dont le grand Constantin avait orné son casque , qui lui servait comme de talisman, et lui procurait toujours la vicloire contre les ennèmb qu'il combattait. Cette précieuse relique ne sort qu'à l'occasiqu des grands périls. Elle sortit pour la première fois dans le seizième siècle, et préserva la ville de la contagion qui couvrait de deuil tous les pays circonvoisins; et pour la seconde fois, en 1 790 , au moment où les Avignonnais assiégeaient cette ville pour laquelle ils ont toujours eu de rantipathie.

Le territoire de Caipeotras offre des jardins, des

prairies et des terres à blé. On y cultive le safran , la garance et une sorte de plante fourragcrc» qui amende les terres et donne un grand revenu aux agriculteurs. Cette plante est appeïcc gros sainfoin^ sainfoin chatid sainfoin à dettx coupes. Elle s élève beaucoup plus haut que le sainfoin ou esparcette ; elle s'accommode du mauvais terrain presque aiu^si bien que du bon, et n'a pas besoin d'être arrosée. Les hauteurs sont couver* tçs de vignes, d'oliviers cl d'arbres fruitiers. Sur tous les points on trouve des mûriers; aussi on élève dans le pays beaucoup de vcrs-à-soie dont les cocons sont fort estimés.

La ville de Carpentras a une sous^préfectnre» une cour d'assises, un tribunal de première inslance et un tribunal de commerce. Elle avait aussi un évêché sup* primé d'après le dernier concordat. On trouve à Car* pentrûs des fabriques d'eau-de-vie, d*esprit-de-vin, de vitriol» d'eau*fortey de vert-de*gris, de savon , de coIU forte, des tanneries, des moulins à garance el des filatures pour la soie. On y apprête la serge dite cadis* Il * y a deux foires dans l'année , le 2 1 septembre et le 27 novembre. Pop. 99Ô30 bab.

Les communes du ressort des deux justices de paix de cette vOle sont, Carpentras, Aubignan^ Carombi Saint-Bippoly te , Loriol et Sarrians.

CARPIAGAE. Hameau dansle territoiie de Marseille. .

CARQUËIRAIME. Gap de la. côte maritime du département du Var, près d'Iïyères , formant la rade de Giens. Oa y trouve de la malachite, doot on a poli quelques fragmens pour orner des bracelets. C'est vraisemblablement de lapis /azci/ê, que Gassendi assui*e avoir été découvert par Peyresc.

CAKRI ou CAREi-L£-RoL£T. Petit vDlage du canton des MartigueSy à lo lieues d'Aix, et à peu de distance du port qui porte également le nom de Carry,et qui forme un petit goli'e. Ge village est i'incaruê de liti* néraire maritime. Quelques-uns l'ont pris pour l'an- ' cienne Caltaria, petite ville de la Gaule narbonnaisç. Le vin de ce pays est piquant et se conserve ; il doit ses qualités à la nature du sol graveleux dans lequel les vignes se trouvent plantées. La pêche et le bois pro* curent un grand produit au pays. Pop. 4oo hab.

GARROS 9 Carroeium. Village du canton de Vence, à 10 lieues de Grasse ,r et à une petite distance de la ri* vière du Var. Climat venteux et sain ; sol aride sur le penchant des collines; celui de la plaine le long du Var est fertile et bon. Il y a dans le territoire desmi- , nés de charbon de terre et des fossiles. On y trouve de temps à autre des pierres d'inscription , preuve certaine que le pays a été habité par des Romains. Les oliviers y sont des plus beaux de la Provence , et Thuile est excellente. Pop. 65o hab.

GARSALii)£. Ilot près de la côte maritime du dé" partemeitt du Var , non loin de Sâ-Fours.

CASËMECTE. Fayez CàXKXEVvi.

C4 ASSIS» VillaCarcitana seioalesuns» CarcUUPar» tus suivant les autres. Petite ville port de mer du caotoa de la Ciotat , ù 5 lieues de Marseille. Les Romaias oat long-temps habité ce pays. Ils y ont laissé des traces de leur séjour; cependant ils n'en firent jamais un lieu bien important. L'ancienne ville était sur une élévation. Mais comme les habitans se sont adonnés à la navigation , ils ont juge à propos de transporter leurs demeures à portée du port. La pêche du corail est la principale industrie ; on en trouve même dans la mer de Cassis. La principale production est le vin» <pd jouit d'une bonne réputation ; le vin blanc surtout est assez recherché à Marseille. Pop. 2,Zoo hab.

^CASTELLANE, Castellum Salinensitimy on Petra CaHeUam Salinenêiunu Ville chef-lieu d'arrondisse^ ment du département des Basses-Alpes, sur la rive droite du Yerdon , à 207 lieues de Paris.

Les premiers habitans de Castellane étaient des Celto-Lygiuns, connus sous le nom de Saliniens, Ilsfai* saient partie de la nation Suetrif qui occupait les environs de cette ville. Elle en était la capitale. Sa situation à mi-hauteur d'un rocher, lui fit donner le nom de Sa^ linœ» et à ses habitans ^ celui de Salinien». C'est pat cette raison que les Romains l'appelèrent d'abord cité des Saliniens^ de sorte que le nom de Saliniens ne servait qu'à distingaer les gens de la ville de ceux de la campagne ; qui portaient le nom de Siictri,

Les Suetri firent cause commune avec les Ésubiens,

lorsqu'ils allèrent porter les troubles dans l'Italie ; avec les Oxîbiens contre les armées impériales, qui s'étaient emparées de la basse Provence ; et avec les Salîens contre C. Sextius Calviuus, <jui occupait les environs d*Aîx. Aussi les Suetri furent-ils traités avec la même rigueur que leurs alliés, et assujettis aux mêmes humiliations. Après avoir été long-temps tributaires de l'empire, ils furent soumis par Auguste dans sa conquête des Alpes; et cet empereur ne négligearien pour faire trouver à ce peuple 3on joug supportable et léger. Aussi, d ennemis implacables des Piomaiiis, les Suetri devinrent leurs sujets fidèles et dévoués.

Les Sarrasins ayant détruit 5a/fmp^ vers Tan 81 d ,1e reste des habilans se fortifia tout-à-fait au haut du rocher, là même où était le retranchement naturel qui avait servi de défense aux Suetri et aux Salinieng* Ce fut alors que ce Jieu prit le nom de Petra Casleliana. Ensuite la population ayant augmenté, l'on bâtit une ville Lien fortifiée en dessous de l'ancienne, et on la nomma simplement CatieUana. Après les guerres , les habitans descendirent dans la plaine , y établirent leurs nouvelles habitations qu'ils entourèrent de murailles. On donpa également à celte ville le nom de Casteiiana, et on oublia entièrement ceux de Salinœ et de Sali'* nieiif.

Celte dernière ville devint la capitale d*une petite

souveraineté qui comprenait trente communes, et qui s'étendait jusqu'à Digne et MouAliers. Ce petit étatfut

assez fori pour résister à une seconde invasion des Maîtres, et pour arrêter tout voisin qui aurait voulu étouffer sa puissance. Cet état se forma en i0J2 , et se soutint jusqu'en 1267 y époque où il fot soiunis au gouvernement de Provence et à la cour royale de Draguignau.

La ville de Castellane fut tranquille jusqu'au temps

des guerres de religion. Le} diguières, à la tête d'une armée de protestans» vint l'attaquer, pour venger les outrages que plusieurs personnes de sa secte y avaient reçus. Après avoir fait tous les préparatifs de siège y il somma, la ville de se rendre à discrétion 9 sous peine de subir la loi sé?ère el barbare du vainqueur. La ville, effrayée du nom de LeydigQÎères dont les cruautés étaient connues, se' rendit en effet; mais comme ce chef redoutable faisait son cutrée triomphale , une vieille fenune jeta de sa fenêtre un gros vase (cin èaga^ diei ) , qui frappa sur la tète du triomphateur, et le fit tomber raide mort de dessus son cheval. Les protestans effrayés d'un pareil événement, se^sauvèrentdans la campagne , comme un troupeau de faibles brebis poursuivies par des loups aÛ'amés. Castellane, ûère de s*ètre débarrassée à bôn marché de ses ennemis, se qualiûa du titre glorieux de vaillante^ titre qu'elle se . donne encore quelquefois , sans en sentir le ridicule.

La nouvelle ville de Castellane ayant été construite des débris de l'ancienne ville , est cause qu'on n'y trouve presque plus de traces de son ancienne magnificence; car elle avait de beaux monu^nens et même uu ck^ue.

Cependant on y voit quelques inscriptions que Millin n« daigna pas aller reconnaître , quoiqu'elles ne fussent pas indignes de ce sarant archéologue. Témoins celles-ci

IVUA FVSCUf A OSS^ARITM rifX SIBI F£GIT

V* .VATVCONI MàaCKUINI BT K. HATVGOIfl MAXIHI DEGC ' GITITATIS SAUN. M. MATTG ONIYS SEYERVS ET lYUA » VTSCINA PILIIS PIISSIHIS £1 SIBl VIVI FECERVNX H. M. U. S.

II SETOSIVS...»

U RVFINO SBTO...

CIVIT SALINIENSIS FRAETORI MAXI...

AMANTISSIMO QVI OBIIT PRIO NO..* MAS KENSIS V...

nrO YESPASIANO IMP. YIZ.

raiTS... MENS... U ANNC... IN HOEIO 8?OETlL

Le territoire de Casiellane, situé entre des monta-

gneSy et arrosé par des rivières et des ruisseaux rapides, produit du fourrage» du blé, des légumes, des fruits de toutes espèces, principalement des prunes qu'on .fait sécher et qu'on livre ensuite au commerce. U s'y ▼end beaucoup de hune; il y a des fabri^es de cirê>

de chapeaux et de draps communs. Les fontaines à remarquer soQl celles de Pasqaier à la Palod» qui est fori abondante, celle des Moulins, qui est salée, et celle de la place de la Foire , qui est intermittente. Les monta* gnes aux enfinms de Gastellane offrent des pétrifications et des fossiles en quantité: On y ramasse une infinité de poissons» de crustacés» de coquilles et autres objets d'histoire naturelle , qu'on expédie dans les principales villes du royaume , notamment à Paris.

Gastellane a un tribunal de première instance. Les foires sont, le lundi après Saint-Pons, lé lundi ayant la Magdelaine, le i4 septembre, et le lundi avant la TounainU Pop. s,ioo hab.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieu sont» Gastellane» Castillon» Chasteuil» Demandolx» Eoulx, la Garde, Saint-Julien» Peyroules, Robion^ Soleilhas» Taloire» ïaulanne et Yillars-Brandis.

CASTELLARD (Ls). YiUage à 5 lieues de Digne son chef-lieu d'arrondissement et de canton. Climat trèsfroid ; sol peu fertile. Cependant on y recueille des céréales et des légumes. Pop. i83 hab.

CASTELLET. YUlage du canton du Beaus8etȈ 5

lieues de Toulon. Il fut formé par plusieurs familles de la Cadière » village dont les territoires sont conti* gus. Climat fort sain ; sol fertile ; il produit du blé » de rhuiie» des câpres et du vin excellent qui peut *^lre importé en bouteille et vendu à bon prix. Population. d»ioobab.

CASTÈLLET. Village du canton des Mées , à 9 lieue« de Digne » et à quelque distance de la rire gauche de la Durance. Le sol produit des cjr^ales, mais peu de vin 9 quoique les tei riloires clrcouvoisios en- fournissent beaucoup. Pop. 3^0 hab.

CASTELLET , Caste/etnm. Village à 2 lieues d'Apt son chef-lieu de canton et d'arrondissement. La moutagne du Léberon termine et borde son territoire au midi. Le sol produit du hlé , du vin et de Thuile. Ou y cultive des mûriers» et on y élève des vers^-soie. Le territoire est rempli d argile de différentes couleurs , excellente pour faire de la poterie. Aus^i le pays oiire beaucoup de fabriques de poterie ou faïence jaune, Lrune ou marbrée • dont on fait un i][rand commerce. Pop. ^85 hab.

CASTELLE T-SAINT-CASSIEjN , Casteietum sancti Cassiani, Village du canton d'Entrevaux,à 16 lieues de Castellane , sur la rive droite du Var. Climat saiu. Le sol produit d'excellens fruits; les montagnes sont couvertes de bois de hêtre, de chênes et de pins. Une petite rivière et tiois ruisseaux aiTosent le territoire. Pop. iiâ hab.

CASTELLET-LES-SAUSSES. PeUt village du canton. d'Entrevaux • à i3 lieues de Castellane. Productions f les mêmes qu'à la Sausse et autres lieux circon* roisins. Pop. 58o hab.

CASTÈOU-VEiaÉ. Ancien lieu qui servit de re-

fiige aux haLitans de Marilima Avaticortm^et qui fui détroit par Raymond de Turenne* Il se trauvait dans

le territoire de Saint -Mi très, et sur une élévation doù l'on déooaTrait une grande étendue de terre et de mer.

CASTIGNAUX. Hameau dans le territoire de Toulon.

CASiaLON. Village à une lieue d'ApU C'est le même ^e Saint-Martin*de-Castillon. Voyez ceê mois.

CASTILLON. Petit village à 3 lieues de Castellane . 5on chef-lieu de canton et d'arrondissement ^ divisé en deux parties , et près de la rive droite du Yerdon. On passe celte rivière sur le pont Julien, qu'on présume avoir été construit par ordre de Jules César. Ce pont s'écroula vers le milieu du dix-septième siècle, pr(;uve certaine que sa construction n'était pas des meilleures* Il fut rebâti en lôgS* Le chemin de Castellane à Saint-Anciré passe sous la petite arche. Le sol produit du bon blé et des noix dont on iait de l'huile. Pop. igohab.

CASTILLON. Voyez Beaux.

CATÉN ACA. Ancien village , sur la voie romaine qui de Forcalquier allait à ApU C'est le même que Céréale. Voyez ces mots.

CAULON. Rivière. C'est la même que Calavon dont

pom avons déjà parlé. Il existe uoe autre rivière nom^*

méc Caulofi , qui a sa source à Nans, passe àRougiers et se jette dans TArgeDs^près de Bras.

CAUMONT , Calvi Mantes. Village du canton de

Cavaillon , à 2 lieues d'Avignon , sur le penchant d'une colline qui domine une plaine .fertilisée par les eaux de la Durance. Les principales productions sont, le blé, le vin , l'huile et beaucoup de mûriers. La maine grise est fort commune dans le pays. Avec la pierre calcaire du territoire on fait de la cbanz qui a la propriété de durcir dans l'eau. Pop. i^ôjj hab.

CALSS0LSj6'a?'M5 solum. Petit village du canton du Bar, à 4 lienes de Grasse. Dans le principe» cette terre fut distribuée à des familles romaines qui y établirent des vUI(c y dont la plupart ont du être iorl agréables, à cause de la quantité de petits ruisseaux qui arrosent les terres. Lors de l'arrivée des peuples barbares qui ravagèrent la Gaule, les habitans se réunirent sur un seul point, et formèrent lanoîcn yillage qui eut, dans la suite, des seigneurs particuliers, l a de ces derniiM's , qui, quoique gouverneur d'Antibes, habitait continuellement la capitale , trompé par un agent peu digne de la confiance dont il lavait honoré, ût détruire le village par des troupes qu'il y envoya expressément.

A une certaine distance des mines de l'ancien Caussols, se trouvent celles de plusieurs châteaux forts et d'un village qu'on nomme encore aujourd'hui ta Va^ UUe. Kttl auteur n a daigné parler de ce dernier lieu.

Digiiizeu by <oDOgle

Si l'on fait attention qne les différentes maisons qui étaient groupées autour du château, n'étaient que des cassines fort étroites, ou pensera qu'elles n'ont dû être occupées que par des hommes de peine» à la solde du maitie de celte terre. Alors on conjecturera avec vraisemblance, qu'il l'approche des barbares» ces ouvriers cultivateurs vinrent établir leurs demeures sous la protection d'un château qui eu imposait par sa lorce et par sa situation ; mais que cette précaution ne préserva pas leurs cassines du génie destructif des barbares.

Le territoire de Caussols est un vaste bassin» en forme d'entonnoir, couvert de prairies. Plusieurs abîmes idciiitent le dégorgement des eaux pluviales et cie celles des ruisseaux ; ces alumes portent le nom des personnes ou des bêtes qui y sont tombées. ' On trouve dans ce territoire beaucoup des plantes curieuses. Les plus remarquables sont, le séneçon doronie, la sarrkte à feuilles variables, la sarrète à tige nue, la renonctfle d'IÙyrie, la valériane tubéreuse, le chrysant/tème à feuilles de gramen^ le graseitler des jilpes , la pbientiite des radiers, le trefe des Basse&-J[lpes , le tre/Ie de bal" bis s V astragale vésiculettx, Verysme des Alpes, le bulb<h code printannicr , le plantain du Mont-Victoire , la ëcvoine voyageuse, ieduphné des A Ipes, le daplmé camé" lée, la fritillaire à involucre, la scille d'Italie, Vandro^ sace septentrionale , Vérytkrone dent de clden, ctc.

Le aol produit du blé et du foin. Le pays n 'a , pendant l'hiver , qu'une vingtaine d'habitans ; mais , dans la belle saison, nombre de familles de Grasse qui y pos-

sèdent des terres , vont y passer quelques mois , et leur

présence rend le pays moins solitaire. En creusant les terres, on découvre de temps à autre des tombeaux romains avec leur petit mobilier funéraire, et des médailles de plusieurs règnes. Sur les hauteurs on trouve beaucoup de fossiles , principalement des bélemnites de plusieurs formes et de diverses longueurs.

CAYÀILLON , CabelHa Cavarunu Ancienne i^IIe des Cavares. Les premiers Marseillais y établirent un comptoir et des marchés , comme ik en établissaient sur tous les points propres à étendre^ augmenter et laciliter leur conmierce. Les Romains y fondèrent une colooie qui devint assez importante. Les bateaux remontaient alors la Durance jusqu'en dessus de Cavail- Ion. Cette ville avait un port assez vaste qui fournissait aux Cavares 9 aux Yocouces et aux Tricastatns. Cette ville avait ausd un collège pour les bateliers» où Ton apprenait à naviguer sur des outres. Ces sortes de bateliers étaient appelés utriculaires, et portaient ime médaille sur laquelle on voyait, sur une face, une outre enflée , et sur l'autre , ces paroles : CoUegiwn utricula" riùm cabellicensium Ltwiui VaUnus êueeeisui.

L'impétuosité , les débordemens et l'inconstance des eaux de la Durance sont cause que le port n existe plus; que beaucoup de jardins ont été entraînés , et que nul bateau ne peut plus remonter la rivière. On assure qu'il a existé pendant long»temps un canal de navigaliou de Cavaiiion à Arles ; que c est sur ce canal

que navîgnaient les ulriculaires, qui avaient leurs Iri- . haosMxk CabeUiq (Cavailjon)^ àCr/âitum (SaÎDl-Remy)» à Ernagium (Saint-(labriel) , et à j4 relate ( Arles). Si la chose est réellement , nous ppuvoos assurer qu'il D'exi.ste plus de traces de ce canal. Les seuls restes d antiquité , preuve du long séjour que les Romains ont fait en ce lieu 9 sont des médailles sans nombre qu'on trouve journellement dans les terres, quelques tombeaux avec leurs mobiliers , et un reste d'arc de triom* phe près de Tex-palais épiscopal.

Les dehors de la nouvelle ville sont fort gracieux 9 et Ton y respire un air très-pur. La Durance, par ses eaux limoneuses, fcilllise sou sol, et fait que le territoire est considéré comme un des jardins de la Prorence ; les aulx qu*on y recueille en très-grande quantité , approvisionnent plusieurs provinces ; ses melons sont portés jusqu'à Paris; les fulichaux, les pois verts» des fruits exquis 9 surtout les pèches » donnent tous les ans un revenu considérable au pays; ajoutez à cela la culture du sumac, celle du safran , du chardon de bonnetier, de la gaude, d une gi*ande quantité de mûriers qui fait que dans le pays on élève beaucoup de vers-à-soie » qui alimentent une quantité de fabriques d'organsin et de filatures. Les récoltes de blé , de vin , d'huile et de foin sont une preuve de la grande aisance du pays,

La ville de Cavailion a perdu son évêché. £lle n'est plus aujourd'hui qu'un chef-lieu de canton, à4Keue8 d'Avignon. Pop. 6^920 bab. Foires» 1*' mai et 1*' sep^ tembre.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieu sont» Cavaiilon, Gaomojit, Cheval-Blanc ^ MaubeCf

Ilobions et Taillades.

CAYALAIRE. Hameau et port de la commane da

Gassiiiy à 2 lieues de Saint-Tropez, dans le pays au* ciennement occupé parles Camatulicu C'est là où se trouvait Alconis, position romaine que les auteurs s'accordent à placer entre Heraclea Cacabaria et Pomr fontanU. Les Romains y ont séfoumé long-temps. De temps à autre, on en découvre des preuves, principalement en médailles de plusieurs règnes et de différentes grandeurs.

Ce hameau est formé de quelques cabanes de pécheurs. Le port reçoit les yaîsseaux marchandai et ils j sont défendus par un château, par des redoutes , et par un poste de douaniers. C'est là ou Ion embarque le bois à brûler des forêts voisines » pour le transporter i Marseille.

Les environs du hameau de Cavalaire sont fort intéressans sous le rapport des mines. Au quartier de la

Garsinière^ on trouve des cratères d'un volcan éteint» et de la serpentine en quantité. A ttne petite distance du port, au milieu d'une carrière de serpentine ou pierre ollairc, on a reconnu depuis peu trois variétés sensibles de fer chrômaté. La^lus dure et la plus pesante est d'un brun noirâtre, à grains fins , et un léger briU lant métallique ; une autre > pins fragile sous le marteau^ se brise dans le sens des couches d'ozide de fer^ qui

séparent ses fragmens, et empêchent de voir sa structure ; la dernière est en lames polie.'. , nuii àtres , superposâmes 9 sans ûgures bien déterminées 9 ayant un reflet spathîque , lorsqu'on la fait mouvoir à la lumière ; elle tient de la nature de la slvaliie camel/e use c^ul serait pénétrée de fer ckrùmaté. Ces dificrentes variétés ont donné pour analyse.

Acide chrômique. 4^ parties

Oxide de fen 34 7

Alumine. %o 3

Silice. A

Total. 100

Dans les expositioms abritées de la campagne de Ca« Talaire^ il y a des citronniers, des orangers , des poncires et des datiers qui mûrissent quelquefois leurs fruits ; preuve certaine que le pays est sous un climat chaud et bien abrité. Ce pays inhabité pourrait supporter et suffire à une nombreuse population , attendu que les terres, toutes en friche et qui ne produisent pour ainsi dire rien , pourraient être plantées en vignes» oliviers , orangers ; et devenir en peu de temps un des plus riches territoires de la Provence , surtout si Ton y réunissait une partie de la forêt de TAveme. Des ré* fugiés étrangers , ou plutôt des familles indigentes de la Provence, pourraient» sous de bons directeurs, ferjtiliser ce beau pays, et construire une ville importante sous le rapport de la marine et sous celui des produc* tiens lo^es; Voyez Gissim

Digi

CAVARES. Peuple celto-lygien qui occupait une partie du département de Vaucluse* Avignon ^ Orange , Carpeutras el Cavaillon étaient leurs villes priricipaliîs ; mais Avignon était leur capitale, à ce que disent les modernes. Cependant j'avoue que la position de celté ville ne l'indique guère, tandis que la viJie de Carpen-tras, par sa position centrale ^ par son exposition, et pai" sa siluatioa au pied d'un retranehcmcut naturel, semble indiquer que nul lieu n'a été plus.convenable à la capitale d'une nation celto-Ijgienue. Voyez Car-

PEDiTRAS.

CASE-NEUVE. Cam nova; Village à 2 Jieues d'Apt spn chei-lieu de canton et d'arrondissement. Le climat est vif et froid, aussi les rhumes et les odontalg:îes y sont très-fréquens. Le sol est bon ; îi produit du blé, du vin et des fruits excellens. Pop 1 3^ hab.

CÉCILE (Saints). Village du canton de Bolenne, à

2 lieues et uu quart d Orange. L'air est vif et pur ; le sol est fertile en blé» vin et safran* On y élève quantité de vers-à-soie. Il y a même des filatures. Population 1,990 hab.

CELLE (La), Artacella ou Arctacella. Village à une lieue et demie de Brignoles son chet-lieu de canton et d'arrondissement. Son nom latin signifie petites ai" , iuU's ou cellules étroUeêf attendu que, dans le principe, il y avait là un grand monastère qui offrait une multitude de petites chambres ou cellules. Il fut d abord occupé par des mcines» et ensuite par des filles qui

fareat richement dotées par les anciens comtes do Provence.

Ily ac|uel<jues années, un propriétaire, creusaat dans sa terre, trouva ane sorte de tombeau en briques» ren* fermant une petite statue et un crucifix , le lout d'or massif. La statue fut vendue à Toulon, moyennaul la somme de dix-huit mille francs. '

Le village de la Colle est situé dans une vaste plaine fertile exposée à l'impétuosité des vents. Le territoire est excellent et très-bien cullivë. Il produit du blé, du vin, du foin et des fruits de plusieurs espèces. Il est étonnant que les habitans n'aient pas transporté leurs maisons sur la <^rande route , qui n'en est qu'à un quart de lieue, ou, du moins, qu'ils n'aient p'*i songé d'y construire an moins une auberge , qui aurait attiré au pays de nouvelles familles et un débouché pour leurs dem*ées. Aussi ce village n'a qu'une population de 700 habitans.

CELTO-LYGIE ou Cblto-Ligubie. On comprend

par ces deux dénominations toute la partie de la Celtique que les JHomaiiis appelèrent Gaule transalpine, et qui se trouvait entre le Rhône, les Alpes et la mer, c'est-à« dire toute 1 ancienne Provence , y compris le comté de Mice et une partie du Dauphiné. Aujourd'hui, par le mot Gelto-Lygie , que j^ai adopté de préféreuce comme étant le plus court, je ne désigne que la partie de l'ancienne Provence qui forme les départemens du Yar, des Basses-Alpes, des Bouches-du-Hhone et de Yaucluse,

Lors de la première expédition des Phocéens qui vinrent fonder y ou plutôt qui vinrent restaurer la ville de Marseille, la Celto-Lygie avait seshaLitans. Je crois même pouvoir assurer qu'ils étaient très-nombreux; car ils formaient huit nations distinctes, dont chacune avait pour alliés plusieurs peuples qui se gouvernaient par des chefs et par des lois particulières.

Les nations celto-Iygiennes étaient connues sous les noms de Saliens^ Cavareê, Commonif Suekeri, Vé-* diantici, Voconcii ^ Albici , et Esubiani.

Les Saliem occupaient tout le pays qui se trouve entre la plaine de la Crau-d*Arles jusque vers le golfe des Lecques. Leur ville capitale vXdXx. Astramela^ sur le ])ord d« i'étang de Berre, autrefois Mare Astramelœ. Leur^ alliés étaient l«*s AnataUi sur les rives du llhône près d'Ârlesy les Saiuvii près de l'ancien G/anifni , aujourdliuî Saînt-Remy, les Désuoîates près d'Orgon , les ^alyrs près de Salon, les Avaticiensis au bord ouest de letang de Berre , les Ségobrlngiens aux environs de la ville d'xiix, et les Ligurii prcs de Jouques.

liCS Cavares occupaient tout le pays compris dans les arrondîssemens d'Avignon et Carpentras. Cette dernière était leur capitale. Ils avaient pour alliés les f^or* densU près de Gorde, les Cautlellenses près du Cadenet, les Fulgientcs près d'Apt, les EguUtiri près de Beillanne, et les Mémini près de Forcalquier.

Los Commoni occupaient le littoral, depuis le golfe des Lecques jusqu'à la rade de Giens. Leur capitale se trouvait au Revest, près de Toulon, Ib avaient pour

dliés les^ Barmmi aux environs d*Hyèret» et les Canut»

tiUici aux environs de Grimaud.

Les Suelteri occupaient tout le centre du département du Yar, depuis la montagne Sainte-Victoire jusqu'à rembouchure de la Siagne. Leur ville capitale était AntéaouAntéi^près de Draguîgnan. Us ayaient pour alliés les Ligauni près de Calian , les Oxibicm près de Cannes, et les Déciates près de Gagnes.

Les Védiantici occupaient la rive gauche dnYar. Leur capitale était Gimiez^ dans la campagne de Mice. Us avaient pour alliés les Néruêii près de Vence » les Vélaimi près de Gréolière , les Quariatesprhs de Séranon , les Adumcates sur les rives du Jabron, et les £c-> tinii près d*Entrevaux,

Les Foconcii occupaient le nord du département de Yauclnse. Leur capitale étaîtà Yaison. Ils avaient pour alliés plusieurs peuples qui se trouvaient dans le département de la Drôme actuel.

Les A Ibici occupaient les environs de Riez et Moustiers^ La première de ces deux villes était leur capitale. Ils avaient pour alliés les Variaeenciê près de Yalensoles, les Bodiontici ou Blédiontici près de Digne , les Avantici sur les bords de la Sasse, les Cencii près de Sencz , les Sm'tri aux environs de Castellane , les Ver^ gant près de Yergons, les GailUœ près d'Allos , les Via* mini près de Thorame , et les Edénates près de Seyne.

Les Esubiens enfin, occupaient la partie inférieure de la vallée de Barcelonnette. Leur chef4ieu était près du village d'Ubaje. Ils avaient poiu: alliés les Sa^

vinéates près de Savine sar le bord de la Durance, les

l^émalonis près de Méolans sur l'Ubaye, les Embusiens daDS la campagne de Bareeloonette, les Némenitari près de Jausiers, et les Oratelli près de l'Arche.

Les Ësabiens et leurs alliés furent réunis aux états de CottiuSy qui régnait sur le hautDauphiné , connu de ce temps sous le nom à' Alpes Cotunnes,

Plus tard 9 les villes de Choi^es, Guillestres, Brian*çon dans les Hautes-Âlpes, et les villes de Seyne, Digne, Senezy Castellane, Glandèves, Yence^Cimîez et Nice, firent partie de la province des Alpes Maritimes dont la ville d'Embrun était la capitale ; et les villes de Gap 9 Sisteron, Apt^ Vaison, Orange, et, d'un autre côté, colles d'Antibes, Frcjus, Riez et autres, dépendirent de la Gaule narbonnaise qui avait la ville d'Aix pour capitale.

Sous les comtes, la ville de Forcalquier devint le chef-lieu de la haute Provence, qui comprenait tout ce cpii se trouve sur les rives droites du Verdon et de la Durance, moins cependant le comtat Vénaissin qui, sous la reine Jeanne , passa sous la domination des papes, et la principauté d'Orange qui appartint à des souverains étrangers. La basse Provence eut toujours Aix pour clief-iieu.

- Depuis la mort du dernier comte jusqu a la révolu*

lion française , toute la Provence, moins la principauté d'Orange et le comtat Yénaissin , a été une province du royaume de France , qui ressortait du parlement d'Aix, liuliu, depuis le commencement de la revolutioa

française , le comtat Yénaissia ainsi que la principauté d*Orange sont rentrés dans le domaine de la Provence »

et cette province a été immédiatement après divisée eu quatre départemens. Trois seulement ressortissent de la cour royale d'Aix, et le quatrième, celui de Yaucluse 9 ressort de celle de Nimes. Cependant ces qua« tre départemens forment ensemble la totalité delahuiticme division militaire^ dont le chef-lieu est Marseille.

CELTO-OGIEN ou Celto-Ligurien. On donnait ce nom aux premiers habitans de la Celto-Lygie» c'està-dire à ceux qui occupaient tout le pays qui se trouve eutie le Rhône, les Alpes et la mer, pour les distinguer des Celtes qui occupaient toute Tétendue de terre entre le lliione, le Eiiin , TOcéan et la Méditerranée , et des Liguriens qui se trouvaient sur tout le littoral entre les Alpes et TAmo.

Les Celto-Lygiens vivaient bien parmi eux. Quoique divisés en une in6nité de petits états qtai avaient chacun leur gouvernement particulier, ils formaient ensemble huit nations distinctes > dont la principale , celle qui servait de boussole et de gouvernail aux autres, était celle des Saiiens, Ces peuples vivaient dans une sorte de démocratie qui tenait le milieu entre le gouver* nement républicain et le gouvernement monarchique» Us se donnaient un roi qu'ils choisissaient ^ non parmi les plus riches ou les plus éloquens, mais bien parmi les plus braves y parmi ceux qui avaient rendu les plus grands services à la patrie. Ce roi conduisait les hommes

Au combat et distribuait des récompenses. Il n'avait pas d'autre prérogative. Le peuple fadsait les lois et jugeait les causes. L'autorité du chef durait pendant environ un an ; mais il arrivait souvent qu'où lui conser- ▼ail son autorité pendant le reste de sa vie.

Ces peuples reconnaissaient plusieurs dieux, parmi lesquels je citerai Teutalès ^ Uésus et Taramis. Ils leur immolaient les prisonniers de guerre, les animaux et toutes les richesses pris sur les ennemis ; ce qui prouve que oe n'était pas lamour des richesses qui leur faisait prendre les armes^ mais seulement la défense de leur patrie et de leur liberté. Ils croyaient à Timmortalité de Tâme. Aussi» quand^in homme mourait, on ensevelissait avec lui ce qu*il avait le plus aimé, jusque les obligations des sommes qu'il avait prêtées , pour en exifiet le paiement dans l'autre vie. Quelquefois même on égorgeait sur son bûcher quelques-uns ou la totalité de SCS esclaves, pour aller le servir dans la région où il allait habiter.

- Les Celto-Lygiens^ au rapport de plusieurs historiens, étaient en général d'une taille asses avantageuse, et avait lit le regard menaçant. Leur tempérament, naturellement robuste, était encore fortifié par les «xercices les plus pénibles. Dès leur plus tendre jeunesse, ils s^accoutumaieot aux fatigues, à la soif et à la £ihn. Ib supportaient avec fierté les plus grandes douleurs. Leur éducalion était toute militaire; leur coulage, impétueux, et bouiUaot, était rarement réfléchi. Us alliaient la liberté et l'indépendance jusqu'au fcna-

tîsme, et ce fanatisme allait souvent à la férocité. Lorsqu'ils étaient assiégés dans leurs retranchemens oudans une TÎUe par un ennemi étranger à leur nation, et qu'ils n'avaient aucun espoir de pouvoir se défendre ai d'être délivrés, loin dimplorer la clémenee des «sué* geans, ils poignardaient leurs femmes, leurs enfanset se tuaient eux-mêmes, lis égorgeaient sur le champ de bataille les blessés qui ne pouvaient suivre le gros de larmée, et qui se félicitaient, en mourant, d'être préservés de l'esclavage. Les captifs mordaient leurschat-» nés 9 ils se tendaient la gorge l'un l'autre ^et se renâaieni le cruel sei-vice de s'étrangler réciproquement.

Cependant avec un pareil caractère, les Celto-Ly« ^ens étaient susceptibles de reconnaissance mieux que les peuples civilisés d'alors, lis n'oubliaient ni les ser- Tices, ni les politesses qu'ils avaient reçus. Pour reconnaître l'amitié et les bons offices, ils n'allumaient point le calumet, comme font les sauvages du Nouveau Monde ; ils ne mangeaient pas le grain de sel , ainsi que font les Turcs de nos jours; mais ils gravaient et partageaient le teneire. C'était un morceau de bois, un raor* ceau de brique ou de vaisselle de terre (on le nomme encore teston, en provençal ucudéloun), sur lequel on gravait les noms, ou des deux peuples, ou desdeos familles, ou des deux personnes qui se liaient pour la vie et pour la mort. Les parties contractantes cassaient ce S5e/re à-peu-près par le milieu , et chacune en pre» nait une partie^ pour k conserver comiaeuA tUre d'une

anthentieité iaeonlestable, qui derailpaMer jusqu'à la

postérité la plus reculée*

La frugalité était naturelle aux Gelto-Lygiena. Ib ne vivaient que de la chasse ou de la pèche, et ne butaient que de l'eau mêlée avec du miel ou avec du lait. Us connurent dans la suite une autre boisson qu'ils faisaient avec des grains d'orge, et qui approchait do la bière simple. Leur vaisselle était de bois ou d'argile; lesplus distingués buvaient dans les cornes des animaux qu'ils avaient tués à la chasse; les plus braves buvaient dans les crânes des ennemis qui étaient tombés sons leurs coups. Les principaux faisaient mettre autour de ces crânes un cercle d'or qu'on se procurait dans les minqsdupays.

Ces peuples prenaient lejurs repas assis par terre » ou sur des peaux qui leur servaient également de lits. A la fin des repas qu'ils prenaient en commun à l'occasion de qudque fête particulière» ils allumaient de grands feux et y dansaient autour , comme font les sauvages des déserts, et poussaient des cris pareils à ceux qui donnaient l'alarme, lorsque le pays était menacé d'une invasion ennemie. .

Avec tout cela> les Gelto-Lyglens étaient hospitaliers et très-humains. Ils regardaient comme un grand crime de maltraiter un étranger, surtout lorsqu'il n'avait pas le moyen de se défendre. Ils donnaient quelquefois dans le merveilleux, témoin ce fait cité ps^rPartlwniug, que nous puiaras dans un auteur contemporain.

€ Lorsque les Gaulois ravageaient TÉoDie, ils entrèrent dans un temple voisin de Mîlet, au moment qu'on faisait un sacrifice. Les femmes les plus notables de Milet s'y étaient rendues, et tombèrent entre les mains dos Gaulois, qui reçurent la rançon de la plapart dentreliesy et amenèrent les autres prisonnières. Parmi ces dernières, il y en avait une d'une rare beauté, dont le maii tenait le premier rang à Milet. Elle s'appelait Erippe , et vint dans la Celto-Lygie avec le Gaulois à qui elle était tombée en partage, laissant dans sa patrie un enfant de deux ans.

c Son époux, nommé Xanthus, l'aimait éperdû« ment. 11 vendit une partie de ses biens pour la racheter, et arriva chez le Gaulois un jour qu'il était absent; mais il n'en fut pas moins reçu avec joie par toutes les personnes de la maison, et par sa femme, qui le reconnut et l'embrassa. Elle n'eut rien de plus pressé» quand le Gaulois arriva, que de lui présenter son époux, et de lui dire le sujet de son voyage. Le Gaulois parut charmé de la tendresse et de la générosité de Xanthus; et pour lui montrer son contentement, il lui donna un repas auquel furent invités sesparens et ses amis. Ayant ensuite pris Erippe par la main , il la présenta à Xanthus, et lui demanda s*il portait une forte rançon : Mille pièces d'or, répondit Xanthus: £h bien, répartit le Gaulois , faîsons-en quatre parts, dont trois seront pour votre femme et votre fils , la quatrième pour moi. Aprè^ quelques propos, où l'on témoigna beaucoup de joie de part et d autre> Xanthus et sa femme se retirèrent

dans rendroil (ju ou leur avait préparé. Erippe lui demanda d'un air inquiet^ s'il est bien vrai qu'il ait toute la somme dont il avait parlé: J'en ai le double 9 dit XanlhuSy car je craigoab» que les mille pièces d or ne fassent pas suflisantes pour ta rançon. Erippe» qui n'avait point un cœur digne de la tendresse que lui témoignait son époux, alla dire au Gaulois que Xanthus n'avait déclaré que la moitié de la somme, qu'il fallait se délaire de lui pour l'avoir toute entière ; car je hais cet homme 9 dit-elle « au lieu que je vous aime plus que ma patrie et mon fils, et c'est avec vous que je veux passer ma vie. Le Gaulois frémit d'horreur en entendant ces mots ; mais il réprima sa colère , et quand Xan- , thus et sa femme partirent, il voulut les accompagner jusqu'au pied des Alpes. Là , il leur dit qu'avant de se séparer, il voulait offrir un sacrifice. Quand la victime fut prête, il pria Erippe de la tenir, ensuite tirant son épéc, il la plonge dans le sein de cette femme; puis il se tourne vers Xanthus, il tâche de le consoler de la mort de cette perfide , et lui révèle le projet qu'elle avait formé de le faire mourir. »

Rome, sous le prétexte devenir secourir Marseille, son alliée, envahit la Celto-Lygie, à laquelle elle donna le nom de GauUe transalfnnêf et la réunit à la république. Les peuples des pays conquis, ne pouvstet se résoudre à vivre sous des lois qui leur étaient étrangères, et surtout à fléchir le genou devant des conquérans ambitieux et cruels» qui étaient venus leur

ajiporterdes chaînes^ 86 soolevèreAtà diflfêrentes re«

prises, et firent éprouver des pertes considérables à leurs opresseurs. Mais leurs ressentimeos et leur courage héroïque ne purent tenir long>temps contre des années aguerries , ni contre l'habileté des chefs qui les commandaient. Les Gaulois, après avoir fait des prodiges de valeur, furent battus sur tous les points, et poursuivis avec acharnement dans riulérieur .des terres. Il n'y eut point de sûr asile pour eux. Le fctr et la flamme du vainqueur les atteignaient dans les forêts les plus sombres, dans les gorges les plus impénétrables et dans les antres des rochers, où ib périssaient par milliers par IVflV't de la fumée. Ce lut de celte manière que ces illustres républicains 9 dont on a tant vanté la grandeur et la magnanimité , communiquaient les lumièreâ de la civilisation à des hommes réputés sauvages, parce qu'ils n'ambitionnaient point les terres de leurs voisins , et qu'ils ne voulaient ôfro gouvernés que par les chefs dont ils avaient fait choix eux-mêmes.

L'empire n'exerça pas moins de tyrannie sur le peu* pie vaincu que n'avait fait la république. Cv?sar, s'il faut en croire Suétone, sous le prétexte de punir des révoltes, détruisait les villes et les temples gaulois pour en piller les richesses. Auguste, dit un savant moderne, non seulement écrasa le peuple d'impôts, mais il défendit aux Gaulois, sous peine de mort, d'écrire et de parler leur langue maternelle. Ce fut lui qui fit eHaper de toutes les archives, de tous les écrits et de tous les mouumens, les noms vulgaires. A celle occasion , tous les livres, privilèges^ annales de la nation gauloise fu-

rent livrés aux flammes par les officiers de Femper^iur. Par ce moyen» la nation gauloise perdit le souvenir de sa gloire passée 9 de sa liberté ravie; on effaça, pour ainsi dire, les traces de son origine et de son existence politique.

Le peuple , forcé d'adopter le langage de leurs tyrans» de leurs maîtres» en adopta aussi les mœurs et les usages. Aussi » Genrois de Tilbury , qui vivait sous Othon IV, a fait le portrait des Provençaux dWe manière qui n'est pas tout-è-fait à leur f^oire. Je ne peux croire que cet auteur ait voulu parier des Provençaux en général. De tous les temps on a vu» et Ton voit encore aujourd'hui, des écrivains juger des mœurs de tout un royaume par celles de la capitale; d'autres écrire sur toute une province » n'en connaissant k peine que deux ou trois villes sur un même point. Qu'un voyageur vienne de nos jours visiter la Provence. S'il (ait son entrée par le pont du Yar » il ne trmvnra d'abord qu'un mélange confus de Piémontais et de Génois» dont le caractère est bien différent décelai des vrais Provençaux. S'il y pénètre par le Col de Vars, il arrivera chez des peuples qui ont vécxL nombre de siècles sous les lois piémontaises, des peuples qui ne se considèrent pas encore bien eux-mêmes comme faisant partie des Provençaux. Si ces voyageurs arrivent par Avignon» il ne sera pas étonnant qu'ils rencontrent encore des descendans de certaines familles qui» avant la révolution » avaient cherché dans le comtat un aâle contre la justiçe de leurs pays. £nfin» qu un voys^eur arrive

par mer à Marseille, et il sera étonné de trouver dans la principale ville de la Provence des traits de toutes les nations et de toutes les provinces du royaume. Mais que cet observateur pénèti'e dans l'intérieur des terres, qu'il visite Aix, AHes, Apt, Brignoles, Draguignan, Forcalquier, etc., et il pourra se flatter de conaaitre la. Provence et les Provençaux,

CÉNOMANL Soldats celtes de Farmée de Sigovèse

et de Bellovèse , qui , après avoir secouru les Marseillais contre les Salions, abandonnèrent leurs chefs et s établirent sur le littoral , depuis Marseille jusqu'au Var. Ils se réunirent aux Commoni et autres peuples qui s y trouvaient déjà; et d un commun accord, ils construisirent des habitations dans les sites les plus favorables. C'est ainsi qu'Aubagne, Teb Martim, Olbia, Fréjus et autres lieux prirent naissance.

CÉRESTE , Cœsarista. Village du canton de Reillanne, à 5 lieues et trois quarts de Forcalquier. Son nom annonce assez qu'il doit sa fondation à Jules-Géaar, ou plutôt que César distribua la ville de Céreste à plusieurs fionilles qui y établirent des vt/te; mais les différentes invasions les forcèrent à se réunir sur un seul point pour se défendre contre leurs ennemis communs.

La position romaine que l'itinéraire désigne sous le nom de Çatuiaca, se trouvait au quartier de Cariue, cacuM bieu$. On y voit encore un grand nombre de tombeaux taillés dans la pierre , et suivant les formes du corps qui devait y être déposé.

( aga )

Le territoire de Céreste abonde en icthyolilhefl» Ldt

pierres coquillières y sont communes ainsi que les débris de corps marins. Dans la montagne qui borde an midi le chemin de Gëreste à Viens, on trouve une grotte assez profonde , dans laquelle on a exploité une sorte de poudingue assez dur pour en faire des pierres meuliorcs.

Près de Céreste , on voit sur le Calavon deux ponts qu'on cite pour être de construction romaine. Ces ponls sont réellement fort anciens; mais ils nofirent rien de bien merveilleux» pour être attribués au goût et au génie dos illustres conquérans des Gaules.

Les principales productions du pays sont le blé, le vin et les olives. On y élève beaucoup de pourceaux» Pop. 1 , 1 80 hab. Voyez Ceyreste.

• CÉr>AlPiE (SiMNi). Village du canton de Saînt-Vaîlier, à 4 lieues de Grasse^ situé au bord d un précipice, au fond duquel on voit couler les eaux de la Siagne. Ce lieu existait avant le saint dont il porte le nom. Ou peut 4sroire avec fondement que le nom primitif dérivait de celui de César, conquérant des Gaules; et que les habitansy convertis à la foi de 1 évangile, changèrent le nom de leur lieu en un nom chrétien qui eût du rappoit avec le premier. C'est ainsi que de Cœsarius ils firent iSatnl-Ce^îr^, ^aujourd'hui Saini-^ésaire»

Les vastes réservoirs de construction romaine qu on voit dans ce village, et qui furent ensuite réparés et augmentés par les seigneurs du lieu, ont fait penser

à qaelqaes-nus que c'étaient des greniers que César arait fait contraire pour le besoin de ses tronpes. Mais

si ces observateurs avaient fait attention que cette po- «tioB était trop écartée de la voie romaine pour avoir des greniers, et que les Romains ne lorniaient poiiit de grands établissemens en un lieu dépoavu deau, ils auraient pensé que ees réservoirs ne pouvaient être <jue des citernes.

Du temps de César, le pays n'était pas ases habité pour qu'on y recueillît beaucoup de blé. Je crois même qu'il était entièrement privé d'habitans, ce qui engagea le général romain à distribuer les terres à plusieurs officiers qui l'avaient bien servi; et que ceux-ci, suivis de leurs familles et de leurs esclaves , vinrent y établir plusieurs villœ.

11 est possible que dans le territoire de Saint-Césaire il n'y eût que deux ou trois viUœ» On ne put les rendre aussi agréables que celles établies dans la plupart des vallées, où l'on conduisait les eaux des sources et des ruisseaux dans des piscines, sortes de réservoirs convertis en viviers , où quantité de poissons et de coquillages étaient nourris à grands frais. Dans les lieux arides, tels que le territoire de Saiut-Césaire, ou se contentait de construire de grandes citernes. Quelquefois plusieurs de ces grands propriétaires en construisaient cbacun une sur un même point , et c'est ce qui arriva à Saint-4^ésaire.

Les différens troubles que la Provence essuya par rinviuioa des Maures et des peuples barbares du nord.

qui pillaient, saccageaient, dévastaient et détraîsaîent tout ce qu'ils rencontraient , déterminèrent les habi* tans des villœ du territoire de Saint-Gésaire h se réunir sur un seul point , afin de mettre leurs denrées et leurs troupeaux à Tabri du pillage , et de pouYoir se défendre contre toute attaque ennemie. Ils durent choisir de préférence le lieu où se trouvaient les ci* ternes ; autrement , privés d'eau pour boire , ils n'aiiraient pu tenir vingt-quatre heures.

Dans la campagne de Saint-Césaire» on voit encore les ruines d'une de ces villœ. Elle se trouve sur un rocher taillé à pic , et près de la chapelle Saint-Ferréol. ?Ion loin de là , mais en dessous de ces premières raines, se trouvent celles d'un second corps de logis 9 qui a dû être la rustica ; celui dit frûctuaria est entièrement disparu. Je présume que les éboulcmens l'ont entraîné dans la Siagne qui passe en dessous.

Depuis long-temps , les habitans de Saînt-Césaire négligent les citernes qui se trouvent dans l'enceinte même du village. On pourrait facilement les réparer ; et ce serait d'autant plus nécessaire , que le peuple est souvent obligé d'aller quérir de Teau à la Siagne» c'est-à-dire à une demi-lieue loin et dans un grand fond. On voit encore près du puits du Plan 9 une auge en pierre, d'une seule pièce , où l'on- abreuve le bétail. Elle porte une longue inscription romaine , qui constate que cette auge était un tombeau y dans lequel on inhuma les restes d'un membre de la famille Sempronia^ une des plus illustres de Tancienne £ome*

Cette pièce seule aurait conataté le séjour des Romaina dans le pays. On u a plus besoin de ce témoignage , vu qu'on y trouve fréquemment , en creusant les terres près du village, des tpmbeiux, des lampes sépulcrales, des vases cinéraires , des amphores » des anneaux et des médailles de plusieurs règnes. Il n*y a pas longtemps qu on y trouva un dieu lare en bronze assez bien conservé. Quelques connaisseur^ croient que c'est un désar ou un Auguste, que certain chevalier portait suspendu en guise de décoration.

A environ une lieue du villagt^ , et au quartier de la Foux , il y a une belle source d'eau pm*e qui sort d'un vaste réservoir souterrain que Ton va voir comme une curiosité. On entre dans une antre assez éti'oite , et 1 ou mrive dansune grotte formée d'énormes rochers, dont les uns servent de parois, et les autres forment la voûte quelquefois à une hauteur prodigieuse. L'eau de cette sorte de lac est trè»*fraîche. Des nageurs ont essayé vainement d'aller d'une extrémité à l'autre. Les galets ou cailloux roulés que l'eau charrie , annoncent que ce réservoir s'étend à plusieurs lieues loin. Je suis étonné que les gens du pays^ habitués à l'eau par l'usage qu'ils ont d'aller en plongeant pêcher des truites dans la Siagne , n'aient pas essayé , à l'aide d'une petite bar- * que et de âdots placés de distance en distance, d'aller s'assurer de l'étendue de ce vaste souterrain.

L'ancien village de Saint-Césaire est très-mal .bâti , et offre quelques restes de contmctton fort ancienne. Le nouveau village ,^attenaut au premier, présente déjà

une belle place et plusieurs rues bien percées. Le climat est sain , mais très-e^qposé au maëstral et à Tair YÎf de la montagne. Le point de vue est fort étendu. Le soi produit du blé , du vin , et beaucoup d'huile préférable à celle de Grasse. Pop* i ,200 hab*

CEYRESTE ou ÇsBsm, CatMrista. YiUage du canton de la Ciotat , à 8 Heues de Marseille. Presque tous les auteurs qui ont écrit sur la Provence , ont confondu Caesarista avec Gjtharista, qui est la Ciotat La ressemblance de nom induit souvent à erreur.

Gomme César eût dépouillé Marseille de presque toutes ses possessions hors du territoire , crain:nant qu elle ne prît bientôt des mesures pour les rattraper, il établit plusieurs stations aux environs de cette ville» et notamment une à Cœsarista {Cœ&aris statio), aliii de la tenir sous l'obéissance. XJn château fut construit et occupé par des troupes romaines. Celles-ci se conduisant bien, s'attirèrent la confiance de quelques cul* tivateurs disséminés dans la campagne , qui , insensi* blement, transpoilèrent leurs habitations autour du château 9 et formèrent un bourg que les Romains entourèrent de murailles dont on trouve encore des ruines > et une fontaine qui existe encore en entier.

Les faabitans actuels nomment le château, un vieil édifice d'un goût bizarre, qu'on ne saurait croire avoir été un édifice romain. Aussi quelques-uns ont pensé que c'est la reine Jeanne qui le fit bâtir. Cependant la construction paraît, être plus ancienne. On croirait

que c'est une forteresse qui date d'une époque fort recalée 9 mais toajoars postérieure à celle des Romains.

Le YÎllage a dû être assez important. Les évèques du Tauroentum y àTaient une maison , où ils allaient passer quelques mois de Tannée. Cette maison, qui existe encore, et dont les pierres qni forment le cintre sont ornées de mitres, a lait croire à quelques-uns que Ceyreste était anciennement une ?ille épiscopale*

Le village actuel est bien peu important. On a trouvé dans son enceinte des médailles de plusieurs règnes et un grand hronse d'Alexandre Sévère. On assure que les habitans sont paisibles, laborieux et ennemis du libertinage. Bien plus encore, on affirme qu'aucun crime n'a été commis dans la commune , et que jamais Ceyrestain n'a subi de peine infamante ni même afflictive ; ce qui est fort rare, dans une époque où les orages révolutionnaires ont corrompu jusqu'au moindre des hameaux. Il est à regretter que la population ne soit que de 700 habitans.

CUABRIERS. Village, ancien hameau d'Entrages. Voyez ce mot.

CHAFFAUD (Le) , Casirum de Cadafako. YiUage à 5 lieues de Digne son chef -lieu d'arrondissement et de canton , dans la plaine sur la rive gauche de la Bleonne, qui y cause souvent de grands dëgâts. Pro« ductioQS , blé , vin, légumes et prunes. Pop. 22i^ hab.

CHAMAS (Saint) , Sanctus Âmantius ( i ). Bourg du canton d'kUres» à 7 lieaes d'Aix» sur le bord de Vé* tang de Berre, on platôt sar une partie de 1 étang de Bcrre, qui porte le nom à' Etang de Saint-Chanuu,

L'origine de cette petite viUe .est inconirae^ quoiqu'elle ne soil pas antérieure au douiième nède. Le pont Flavius y qui se trouve près du lieu , n'est pas une pveuTe qui constate l'existence de la riile du temps des Romains. Les itinéraires en auraient fait mention , et la voie aarélienne y aurait passé. On peut présumer que les moines de Mont-Hajour , ayant voulu desst'cber les marais des environs, bâtirent une cbapelle en ce lieu en llionaear de saint Amant ; qu'ayant difitnbué les marais desséchés à plusieurs cultivateurs, ceux-ci se construisirent des maisons près de la chapelle , et formèrent un petit village qui , dans la snitCi s'accrut au point où nous le voyons aujourd'hui ; c'est on bourg àssea considérable divisé en deas. parties par une colline fomée de coquilles marines et fluviatiles liées par du safre. Le rocher^ creusé dans toute sa hauteur du coté de l'étang » montre certaines ca> vîtés qu'on suppose avoir été habitées levant la formation du village. Quelques-unes servent encore d'asile à des familles qui n'ont pas le moyen de se procurer un appartement. Le côte opposé de la colline est longé par l'auei^ rempart, et le dessus offire le canal qui

(1) Cet ttticle» aiitfi pUeint «ntret, eit pdté d«w la SrAtim^oi »M Bovcns-Bv-RaAfiB, d'aprèt l'aiitorintioii écrite de M. le Citmte de Yît- IcBCvre» foo ■ateur.

conduit les eaux de la Touloubre à une poudrerie et aux jnculins da lieu. Les- deux parties de ce bourg se communiquent par une voûte de près de treute toises au travers de ce rocher.

La partie la plus ancienne du bourg, e*est-4-dire celle de l'est ^ était entourée de remparts qui sub* sistent encore. L'élégance de ses maisons , l'allignemènt et la largeur de ses rues sont cause que c'est la partie la mieux habitée. L autre partie n'était jadis qu'un marais qu'on dessécha» en creusant un petit port qui est devenu assez actif. Aussi les marins se sont emparés de ce quartier» et ils en sont presque les seuls habitans.

La poudrerie royale se trouve en suivant la colline Ters le nord. Elle touche à l'étang et à la colline, et forme un vaste enclos où Ton a établi un fort joli jardin. Le point de vue de cette fabrique est pittoresque par la chute d'eau qui fait mouvoir les différens engins. Les magasins de cette poudrerie sont sûrs et commodes. Ils ont été creusés dans le roc et faits avec toutes les précautions convenables. Cette industrie est trés-avantageuse au pays.

Saint-Chamas est une de ces petites communes qui, loin d'imiter la capitale de la province , ont pour les monumens anciens tout le respect et toute la véné* ration qu'ils méritent. A environ cinq cents ptt dâ boui'g , et sur la Touloubre , se trouve le pont Flavius, La .magnificence de sa décoration le fait regarder comme un monument triomphal. Cet édifice avait mi

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pen souflert ; mais oa s est empressé de le faire répareri. Dana ce pays , on pense qa'il vaut mieux entretenir que détruire. On aurait voulu, sans doute, pouvoir se procu* rer des ouvriers k même d'imiter le travail des&cMnains ; mais dans ce siède , qui n'est pas entièrement celui du génie et du boa goût, on n'a trouvé que de la bonne volonté et des maçons. Les fitces latérales de ce pont portaient un lion à chaque extrémité. Trois furent détruits; ils ont été remplacés par d'autres qui font ressortir d'une manière sensible la beauté et Télégance de celui qui a résisté à la barbarie des hommes» qui se plaisent à détruire ce qu'ils devraient reiçecter et ad» mirer.

C'est dans le territoire de Saint-Chamas, et même

au cap de l'Œil, que se trouvait la ville à*A8tromela ou Aslrameia, capitale des Saliens. Indépendamment d'une multitude d'obfets qu'on y a trouvé à différentes époques, on y a découvert, il y a peu d'années^ une belle salle de bains. C'est une galerie de plus de cent mètres de longeur et de cinquante de largeur, offrant de chaque côté nombre de chambres nécessaires à un pareil établissement. Les eaux de la rivière de Lar y arrivaient par des tuyaux qu'on a également recon- Bus» de manière à n'en pouvoir douter*

Il n'y a qu'un quart du territoire de Saint-Chamas qui soit cultivé. Une partie n'est qu'un jardin très-fertile en fruits et en légumes ; et l'autre n'oflire qu'oliviers qui donnent de la bonne huile. La manière de préparer les olives à la pichûUne, fut imaginée à Saial*

{ Soi }

Chaînas pàr un nommé Picholini, Cette manière, qui

est de saler les olives vertes, s est répandue dans toute la basse Proyc^cê, Aujourdliai on a dans ce pays perfectionné celte industrie ; on tire le noyau de lolive salée, et on le remplace par de Tanchoix haché. Ce travail exige beaucoup de soins^ d'adresse, et de propreté.

La fertilité du sol de Sainl>-Cfaamas est due aux eaux

de la Duransole , à celles de la Touloubre cl aux canaux de Craponne et de Boisgelin. Le peuple de ce paya est fort passionné pour la danse, mais pas à un point à leur faire négliger leufs ailaires. Pop. 2^900 Lab.

CHAMAT£. Montagne située auprès de Yergon. Voyez ce moU

CHÀMPOURCIM , Castrum de Campord. Ancien village à 2 lieues de Digne. Il n'en existe plus (pie des ruines. Productions, blé, vin et quelques fruits.. La montagne présente des cailloux silicés dans la pierre calcaire.

CHAHPTERGIER , anciennement Ca$trum de

Osedâ^ aujourd'hui Campus Terserius. Village k 2U de Digne son chef41eu de canton et d'arrondissement. Les territoires sout limitrophes. L'ancien village a dû être un faubourg de Digne. 11 s'y tenait des foires et des marchés, ainsi qu'on peut en juger par certaines mesures qui se trouvent sur le penchant dune colline élevée en forme de cône , appelée la tour d'oise. C'est la patrie 4u fameux Pierre Gassendi.

Climat doux et tempéré ; le sol, bon et fertile^ produit tontes aortes de céréales, du Tin, des fruits» principalement des prunes qu'on fait sochor, pour les livrer au commerce. Le territoire offre une mine de charbon de terre. Pop. 4oo bab.

CUAPP£. Petit port de la côte maritime du département du Yar, entre Borme et Gavalaire.

CHARD AVONS, Cardavo ou Cliardavo. Village à 3 lieues de Sisteron son chef-lieu d'arrondissement et de canton. Il est entouré de^ rochers. On ne peut y parvenir que par deux gorges » dont lune se nomme peiro eicHcko» C'est là qu'on voit cette fameuse inscription, rapportée par tous nos historiens, qui nous ap prend que EL Posthumui Dardanm fit ouvrir cette roule, (/^(ryr-? Dromons.) La montagne de la Gâche est au-dessus de ce rocher. Le climat de ce village est froid et sain. On ne cultive que la plaine, qui est fertile en grains de tQutes espèces. Pop. 4^ hab.

CHARLEYAL. Village du canton de Lambesc, à

6 lieues et un tiers d*Aix, sur le canal de Craponne, et dont le territoire touche la rive gauche de la Durance. Productions, les mêmes qu'à la Roque-d'Anthéron.Pop. 8oo hab.

CHASTEUIL , Caiteliium on Casimeum. Petit village à 3 lignes de Casteliane son ehef4ieu d arrondisaement et de canton^ sur la rive droite du Yerdon*

Près du village , il y a une fontaine abondante qui fixe l'admiration dea étrangers, par les chûtes d eau et par les cascades multipliées qu'elle présente Lesprodao* ^ tiens sont les mêmes qu'aux coomiunes voisines. Pop. 160 hab.

CUATËAU-ARINOUX, Castrum AmulphiL Village du canton de Yolonne , à 3 lieues de Sisteron , sur la rive droite de la Durance. Climat plus chaud que celui des communes voisines; sol peu fertile. U ne pro* duit que du seigle et du vin. Heureusement il y a quelques fabriques de poterie qui procurent un peu d'aisance au pays. Pop. 618 hab.

' CHATEAUDOlîBLE , Casiellum duplunu Village du canton de Callas, à 2 lieues et demie de Draguignan, situé sur une hauteur» avec un hameau nommé Kébouillon. L'ancien village était bâti sur un roc où Ton Toit encore les restes dW temple p^^en, et mie citerne qui fournissait de l'eau aux habiftana; le tout est de construction païenne. Des armées romaines « on plutôt des légions romaines passèrent dans le territoire et y séjournèrent. Plusieurs quartiers nous le rappellent encore par les noms de camp^ auquel on ajouta, dans le principe , le nom du chef de la légion • qui y can^pa. Ce jiom a été dénaturé au point de ne plus le oompreadre. Op pinélend que les Bomaint poursuivaient les habitans de la conU^ée, qui avaient pris part à la révolte des Oxiiiîens; que ces habitans s étant enfoncés dans une étroité «allée qui n'est qnW

aflrenx précipice , opposèrent une telle résistance contre les Romains^ que ceux-ci ûoirent par renoncer d ea« trer dans la vaUëe, en disant qne ce n'était qu'une ca-* verne de voleurs. Je ne sais trop si cette tradition est mie ; mais tout ce que je peux assurer, c'est que ce coupe«-gorge porte encore le nom de spalunca , corruption de speiuncdf auquel on peut avoir supprimé le mot iatranum.

Une partie du territoire est arrosée par la Narlubie, qui met plusieurs engins en mouvement. Le territoire oflBre une mine de fer fort riche, qui donne le quarante pour cent. La difliculté des matières combustihlcs eu fiedt négliger Texploitation. Le sol produit du blé » du ,vin, de l'huile excellente. C'est le pays des rnugcgorges ; on y en prend prodigieusement en automne.

Au quartier des Sallettes, il y avait autrefois un vil* lage nommé les Salles j ou Us SalletteSy Salesiœ. Les habitans ne pouvant y vivre, déguerpirent pour aller s'établir ailleurs. Ce quartier offre des indices de mine de fer, beaucoup de pierres coquiilières , et surtout des ostracites et des échinistes. Pop. i ,000 hab. Foire^ le â5 juillet.

CHATEAU-FORT. Petit village -du H^mton- de in

Motte, à 5 I. et demie de Sisteron, sur la rivière de la Sasse. Climat très-froid en biver et fort chaud en été ; sol assez fertile en blé et légumes. Les collines offrent un gras pâturage très-favorable à la nourriture du menu bétaiL Pop. âso hab.

CHATEAU-D'IF. Petite île avec prison d'état à^aê un ehflleau fort devint Mtneille. On la nommait an-

Irclois Stiiciunu Voyez Marseille.

CHATEAU-COMBERT. llaDieau dans le Icniloiie de Marseille.

CHATËAU-NËUF^Câjfremt novum. Village du can* ton de Moastier, à i4 lieues de Digne. Les habitans ont depuis quelque temps abandonné le village pour s'établir dans la plaine, principalement aux hameaux de Chauvet , du Plan et de Pençonet, Le territoire pro^ duît du blé et de bons pâturages pour la nourriture du menu' bétail. Pop. 566 hab.

CHATEAU-NEUF-D'OPIO, CaHrum wiWMm. Vîllaîçe du canton du Bar, à 2 lieues de Grasse, sur une hauteur, > dont le point de vue est très-agréable et fort • étendu. Le pays fut saccagé par les Sarrasins, et une partie des habitans fut menée en servitude. Des Génois se réunirent aux habitans fugitifs, et peuplèrent le viU lage. Le climat est fort doux. Les productions sont, le blé^ le vin, les figues et Fhuile, qui équivaut à celle de Grasse. Pop. i,25o habitans.

CIIATEAU-INEUErMmAVAIL. Petit village du cantonde Noyer, à 5 lieues de Sisteron, sur la rivière du Jabron. Il produit du blé, des légumes et quelques fruits. Pop. hab.

CHATEAU-NEUF-DU-PAPE, ou CHATEAu-iNEUF Calcbbnjsb. Bourg à 2 lieues d'Orange son chei-lieu de

canton et d'arrondissement, bftti sorle sommet d^ane

colline. Territoire fertile en vin excellent, qui commence à être importé comme ?m de luxe, Leshaaieurft sont couvertes de cailloux roulés, ainsi que l'est assez généralement toute la côte du ilbône. Le territoire offre un lac d'eau salée. Pop* i ,273 hab.

CHATEAU-LE-RETARDIER. Hameau dans le tei^ ritoire de Suzette, près la Baume de Venise.

CHATEAU-NEUF-LES-MARTIGUES, Castrumno- Ruffi. Village ancien du canton des Uartignes, près rélang de Boluçon qui fait partie de celui de Berre, et au nord d'une colline assez élevée , ce qui le rend très-froid en hiver. Les productions sont les mêmes qu'à Marignane. Pop. 5oo hab.

CUAT£AL-^EU1^DE-GADAGNE, ou Dx Giracd- UM^Cafirum nommamid. Village dû canton de Ltle, à 2 lieues et demie d'Avignon. On assure qu'anciennement il était surnommé De la deêtramu En effet » On

, yoît sur la porte du village une hache et un soc de charrue sculptés sur la pierre. Le territoire produit

' beaucoup de vin et d'huile. Ppp. 1 , i 1 a hab.

CIIATEAU-KEL'F-LE-ROIGE , Castrum novum mbrum^ vulgairement appelé Négrei ou Négreavu Petit village du canton de Trelz , à 3 lieues d'Aîx. Les habitations sont disséminées sur la colline nommée lou set" glé^ où Tarmée de Marius passa pour observer les mouvemens des barbares qu'il poursuivait. Climat beau.

air pur, sol fertile en blé, huile et vin clairet. La rivière du Lar touche le bas du territoire ^ mais elle ne

lui sert (jue de limite. Pop. 3ëo hab.

CHATEAU-NEUF-VAL-SAINT-DON AT, autrefois CHÂT£AV-i\£LF-L£-^HARBONNi£ft. Village du caotou de Yolonne , à une lieue et demie de Sisteron , près la route des Alpes, et séparé de Château- Arnoux par le ruisseau de Font'<ouverie. Climat très-froid en hiver, à cause de son exposition aux vents. Le sol de la plaine est l»on; aussi produiUil beaucoup de blé. Pop. 1^7)8 bab.

CHATEAU-REDON, Castnm rettmdum. Petit village du carilon de Méatel, à 5 lieues de Digne, sur la rivière d'Asse ^ dont les eaux arrosent le territoire » le fertilisent ou le dégradent, suivant que les eaux sont plus ou moins abondantes. Priocipales productions sont 9 le blé, le vin et les fruits. Pop. i44 h^b.

CHATEAU-REINARD. Autrefois Castrum de Ray-^

naro^ aujourd'hui Caste l-l\enardus. Bourg chef-lieu de canton, à 6 lieues, et un cpiart d'Arles, sur la rive gauche de la Duranc(^ , et sur une colline isolée dont la pente est fort douce cl presque insensible. Un château seigneurial , qui parait avoir été très-fort, est le seul monument remarquable du pays. Le climat est très-pur, à cause de son exposition battue par tous les vents, notamment le Maêstral. Le point de vue est magnifique, non seulement par sa vaste étendue, mais par les bastides du territoire qui sont en si grand nombre et si rapprochées , qu'elles forment une ville rurale. On y

fabrique de la chaux par le moyen de certains fours qui brûlent continuellement. Le sol est ingrat, cependant il produit du blé^ du vin et des légumes. Pop. A^Soohab.

Les communes du ressort de la Justice de paix de ce lieu sont, Château-Renard, Barbentane, Boulbon» Giaveson,Noves, Saint-Pîerre-de-Mésoargues et Rognonas,

CUATEAU-ROYAL. Voyez Carnoulles.

CHATEAU-YERT , Castrum vcrum, actuellement Casirum viride. Village du canton de Cotignac , à 5 lieues de Brignoles, traversé par la rivière d'Argcns. Une villa romaine ^tait dans ce territoire à environ mille pas à lest du village; les ruines en sont entièrement disparues; mais le temps et les hommes ont respecté en partie un petit temple où Ton distingue eo* eore la place qu'occupait le trépied sacré. La rivière donne (|uelqucs truites; les collines olFrentdu sumac pour les corroyeurs. Le sol est assez bien cultivé. D produit du blé, du vin, de l'haile, des fruits et desié* gumes. Pop. i5ohab.

CHATEAU-YIËUX , CaUrim vêtus. Village du canton de Comps , à lo lieues de Draguignan. Le territoire offre des mines de charbon de terre, des marcassites, du gjrpse blanc » gris et rouge, et de la terre ai^ileuse propre pour la poterie. L'ancien village était sur un rocher où se trouvait un château fort qui a donné le nom au pays. Le sol n'est pas bon ; aussi produit-il

moiDs €fne celui des lieux circoQToisins. Population ido hab.

CHÂTELAR, Caslelarius, Village à 3 lieues de Barcelonnette son chef-lieu d'arrondissement et de canton 9 sur la riVe droite de l'Ubaye. Ce qu'on appelle ia ville, se trouve sur une ëioiaence dont la vue n'a rien d'agréable. 11 y avait un château fort où l'on tenait garnison , et qui fut abattu dans le dix-septième siècle. Le hameau de la Condamine est seul visité par les voyageurs 9 à cause de sa situation dans la plaine et au bord de la rivière. Le pays n'offre point de plaine^ et les hauteurs ne produisent que desher bages pour la nourriture du menu bétail. On y a trouvé un petit autel votif, ainsi que quelques poteries romaines; non qu'il y eût eu là le moindre campement » ni même un paguif ' mais seulement une villa avec ses trois divisions. Pop. 635 hab*

GHAUDON , Caldonum. Village du canton de Barrème» à 5' lieues de Digne. Climat ni trop froid, ni trop chaud. Terroir marneux et fertile. Il produit du grain, des fruits et du vin. Les troupeaux qu'on y élève for^ ment la seule branche de commerce des pays. Le hameau de Norante forme ia moitié de cette commune. Pop. 576 hab.

CilLlRON. Montagne dans l'arrondissement de Grasse, au nord des villages de Coursegoules et de

Gréolières. 11 y a de bons pâturages pour les troupeaux ,

principalement aux expositions au nord. Les eaux met-

tent journellemeiit fc découTert des bélemnites de dtf>

férentes diinensioas. D autres coquillages fossiles se trouvent dansTespace qai se trouve entre les couches du calcaire (|ui lorine le massif de la montagne. Des amateurs de botanifjue vont de temps en temps y fiure des recherches d'une infinité de plantes fort rares.

CHÉNÉRILLES, autrefois Castnmde canîliê, aujourd'hui Locus de canabiis ou ckinitensis. Petit village du canton des Mées, à 5 lieues de Digne, situé sur une hauteur, à quelque distance de la rive gauche de la filéonne. Climat doux et sain. Le sol^ de médiocre qualité, donne un peu de tout, mais en' petite quantité. Pop. 106 hab.

CHEVAL-BLAKC. Village du canton de Cavaiiloa, à 7 lieues d'Avignon, sur la rive droite de la Durance. Ses productions sont les mêmes qu'à Cavaiiloa; ou y élève des vers-4-soie. Pop. 1, 545 hab.

CHRISTOL (Saint). Village du canton de Sault, à

9 lieues de Carpcnlras, dans une plaine resserrée par des collines très-élevées, et où des Maures séjourné* "1 rent long-temps. Le terrain , sec et sablonneux^ produit du blé, du vin et des légumes. Pop. 677 hab. .

CIMIEZ, Cemenelium. Ville épiscopale de l'ancienne Provence, qui n'offre depuis Jon^ij-temps que des ruines. On la trouve sous les noms de Civitas Cemmelenm ou Cemeliensis, dafts les auteurs ecclésiastiques ; Cemnellwn^ daasla^table de Peutiuger.; CiimlA

OU Çmneta, dans les martyrologes» et Cimie$ ou Ce^

jNficj dans les écrivains gaulois. C'était la ville principale des Védiantieiis» et uae riraie d'Arles« Saiat ^azaire y baptisa saiat Celse , et saint Pons y souflnt le martyre^ vers le milieu du troisième siècle.

Cette ville 9 qui était considérable, fut détruite à la fin du siiièioe nècle, temps que les Lombards et les Saxons ravagèreut la Provence. Les habitans se retirèrent à Nice 9 qui est situé à une demi-lieue vis^-vis de l'ancien Ciuiiez, et s'y fortiûèrent. Nice jasqu*alors n'était considéré que comme U|i faubourg de Cimiez*

Quoique Cimiec ne fasse plus partie de laProvence» nous avous cru bleu faire de le mentionner, pour ImteUigeace^le ceux qui s'attachent à l'historique de Taneienne Proyenee. Fcyextes mots Ysdiantu» Nice et \iix£-Fbangu£.

CIOTAT , Cilliaristcs. IV^tite ville chef-lieu de canton, dans le golfe des Lecques, à 7 lieues de Marseille. Elle fut construite 160 ans avant Jésus-Christ parles Marseillais. Ils lui donnèrent le nom de CilltariUes, et au gdfe celui de Sinm CUhariites» César vbita ce lieu , et y établît une station maritime. Ses successeurs y firentpasser une route de second ordre, qui suivait Iac6te, et passait par Teh Martiu», Oibia, AlconU, ilcraclea Caccabaria et Forum Julii, Des restes de quais altesteut que les Romains avaientséjourné long-temps à la Ciotat , et que des vaisseaux venaient y mouiller.

L'invasion de la Provence par les barbares^ notam-

( 5ia )

mentparles Sarrasins, les Lombards et les Normands^ troublèrent cette ville au point que les habitansfureui forcés de déguerpir, et de chercher m lieu de refuge' (laits l'iiitcrieur des terres. Aussi cet abandonnement fut cause <]ue les maisons tombèrent en raines, et qae la ville n'offrit plus que des tas de décombres.

Sous Bércn|;crlY» quelques Catalans , ayant jugé le golfe des Lecques propre à la pèche , se joignirent à quelques pécheurs du village de Ceyreste, et bâtirent ' sur le rivage un hameau , qu'ils nommèrent , en langue catalane, Bort de nostre cieuta, Nombre de familles vinrent augmenter ce lieu » qui devint en peu de temps un joli bourg, qu'on nomma Burgum eivitatis, La quantité de pirates qui infestèrent cette côte> forcèrent les habitans à s enfermer dans des murailles et à se foiv tifier de sept tours, dont on voit encore les vestiges.

Dès que le bourg se sépara de Ceyreste^ et qu'il fut érigé en commune, ce qui eut lieu en 1429, le corps des marins fit construire une nouvelle tour fort élevée pour découvrir les corsaires et les pirates. Un saint er* mite fut l'habiter, el mettait une cloche en branle, dès qu'il découvrait une barque ennemie. Le peuple ' alors courait aux armes, et prenait des mesures pour préserver les vaisseaux.

Sous François I", la Ciotat comptait une population de 12,000 ames. Le plus grand nombre y fut attiré à cause de la grande quantité de navires marchands qu'on y construirait pour les Échelles du Levant. Cette industrie procurait de grandes richesses à tous les ouvriers

et aux propriétaires terriens. Vers le milieu du siècle dernier y le chantier de ce port ne ppawt suffire aux conslructions commissionnées par le commerce de Marseille. Les bénéfices étaient si grands, et il s'y consommait une telle quantité de boisson , que lee agrieiilteurs se décideront à abandonner la culture de l'olivier, qui était d un.très-faible produit dans leur territoire , et y substiluèreftt la culture de la vigne, qui convient parfaitement au sol et aux expositions du pays.

La ville de la Ciotat se troure au fond d'une anse. Ses rues sont larges et bien alignées. 11 y a un tribunal de prud'hommes, établi de temps immémorial, une école gratuite d'hydrographie, un sous-commissaire de mafine et un trésorier des invalides. Le port, dé* fendu par une batterie sur les ruines du château Béloard, est d'une bonne tenue ^ et peut recevoir des frégates.

L'iie verte y non loin de la pointe dite le bec de l' aigle , défend l'entrée de l'anse où se trouve la Ciotat Pendant la dernière guerre continentale, plusieurs fois les Anglais se sont approchés de cette ile. La dernière fois, ils prirent terre pour faire aiguades, et se firent soutenir par des troupes de débarcatioo. Gela n'empô- 'cha pas qu'ils ne fussent chassés avec perte par une poignée d'hommes esclopés.

Les rochers qui bordent la côte de la Ciotat et de * ses environs, sont une sorte de poudingue fonné de débris du terrain intermédiaire de la côte du département du Yar, principalement des pbillades, de quarts

et de grcs ag^utinés par un ciment de grès rouge et hna. Ce poodiogoe est en grands amas posés sur ira. terrain traïunatique, qui fait suite à celui de Saiut-Naxaire et de Sizf-Fours» 11 parait plus ancien que le poudingne desenrirons de Marseille , et que celui des l»ords de la DuraBcc.

Une âd>le asaes risible qu'on raconte à la Ciotat 9 est» qu'au pied d'un rocher dit ic capucin, se trouve une grotte sons -marine. On prétend qu'un marin, eu plongea ut , s'enlbiiça sous la saillie d*un rocher et pénétra fort avant, sans autre but peut^tre que d'étudier la profiMideor* Le hasard le fit arriver sur une pointe où il put se (îxer hors de l'eau. Une douce clarté qui pénétrait par les cre? asses d'une route immense et fort élevée hii permit de dbtingner l'intérieur de la grotte » dont les parois étaient couverts de branches innombra* bles du plus beau corail* Il aurait voulu retourner tout de suite pour aller publier cette trouvaille; mais il lui fut impossible de trouver l'issue par où il était venu.

' Ce ne fut que le lendemain à la même heure , qu'un rayon du soleil donnant sur un certain point de la mer , lui indiqua la direction qu'il devait suivre pour sortir heureusement de cette espèce de tombeau. Muni de quelques échantillons du corail qull avait trouvé» il sortit sain et sauf, et une chose extraordinaire, il oublia sur quel point se trouvait la grotte ; il ne se rappelait que les prétendues richesses qu'il y avait laissées. Les crédules ont essaye vainement» et à différentes épo-

• qums» àe percer la montagne par sa partie supérieure.

On s*est enfin lassé d'une entreprise aussi ridicule que

ruineuse.

Les pêcheurs de la cote de Provence croient que les grottes sous-marines contiennent beaucoup de corail, à

cause de la tranquillité des eaux. Celte raison est toutè-fait fausse. Les polypes, qui font le corail 9 ne se fU^ sent que dans les mers profondes, où elles trouvent mieux de quoi se nourrir. L expérience a prouvé que plus on s'écarte de la c6te , plus la pêche du corail ést abondante.

Le territoire de la Ciotat est très-aride; il n'y a pas un seul courant d'eau. La ville n'a que des puits et des

citernes. Cependant ou trouve trois sources; celle de i'an$e du pré 9 qui est peu distante de la ville; la font sainte j qui esl au fond du golfe , et une troisième dans le port, qui jaillit du fond de la mer. Les Romains avaient conduit k CUharistes, par le moyen de plusieurs conduits dont il existe encore des vestiges, les eaux de plusieurs sources qui se trouvent sur le penchant mé*ridional des montagnes de Roquefort. On pourrait facilement rétablir ces conduits ; et les eaux procureraient à la Ciotat de nouvelles fabriques, tandis qu'elle n'a que des fdalures de coton ; elle avait des fabriques de coton qu'on a abandonnéeis depuis quelques temps* Le vin du pays est fort estimé , non seulement à cause <Ui terroir et des expositions qui sont favorables à celte denrée, mais parce qu'on le fabrique avec plus de soin qu'ailleurs, sans avoir plus de peine. Pop. 6^200 hab. ioires, 6 mars et i5 août.

Les commîmes du ressort de la justice de paix de celte ville sont^la Ciotat, Cassis, Cey reste et Roquefort.

CIPIÈRËS ou plutôt CippiÂRB, dttlatia Cipptu. Village du canton deCoursegoules, à 10 Henes de Grrasse»

et à une petite distance de la rive droite du Loup, anciennement occupée par les Féiaunif peuplade celtolygienne des Capilati ^ qui avaient leur chef-lîeii dans le territoire de Gréolières. Le territoire de Cipières est coupé par de hautes élévations 9 et notamment parle Cheiron. La partie qui est en plaine est bien cultivée et donne du blé et des pâturages excellens. Les fromages du pays sont fort estimés. On y mange de truites excellentes et bien saumonées. Pop 900 bab.

C1TAR.ISTA. Voyez La Ciotat.

CLARET. Petit village du canton de la Motte , à 5 lieues de Sisteron 9 sur la rive gauche de la Durance. Les

valléesoUi ent communément desblocs de marbre. L es-

pèce la plus abondante est celle qui ressemble à labrocatelle d'Espagne. Une de ces brèches est violette ^ et l'autre d une couleur verdâtre. Le sol produit du vin, des pommes, des poires, beaucoup de noix dont on

fait de l'huile, assez de légumes, maispeu de blé. Pop. 405 hab. ^

CLAVIERS, Claveriwn. Village du canton de Callas, à 3 lieues et demie de Draguignan. Ce lieu est fort

ancien. Il était très-important aux époques des guerres intestines et des troubles du gouvjeraemeat .féodaL

L'ancien village était enferme dans un vaste château très-fort, situé sur une élévation inabordable sur plu- . sieurs points. Le village etle château furent détruits, après avoir soutenu plusieurs àéges opiniâtres contre des forces nombreuses.

Le village actuel est bâti sur le même coteau, près des ruines de l'ancien château, et à une exposition plus douce et plus agréable. Il est entouré de collines complantées de vignes et oliviers, et couronnées de forêts de pins et de chênes verts. Dans toute la longueur du territoire, du nord au midi, est une petite vallée fertile, arrosée par le ruisseau d'Ensiay. Le climat est tempéré; l'air vif et sain; le sol, naturellement aride et ingrat, produit de Thuile, du vin, du blé, du chanvre, du foin, des légumes et des fruits. Le pays offre des fabriques de chapeaux, et des muletiers qui transportent les huiles jusque dans le Dauphiné.

A quinze minutes du village, et au quartier de là lÀoure^ on trouve une grotte assez remarquable par les masses d'albâtre qu'on y voit. Dans de petits réduits, il y avait de jolies pièces de stalactites qu'on s'est plu à dégrader. Il y a encore plusieurs bassins contem^tune eau claire^ limpide et très*fraîche.

Dans le territoire se trouve un hameau nommé Meaux ou McatitXj Caslrum de Mets. Ce lieu existait du temps des Humains* Selon Poinsinet de Sivri, tra- . ducteur de Pline , c'était une des villes alliées des Oxî^ biens. Il paraît que cette ville éprouva le même sort que ceWes à'Œginm et d'Oxibiù Les habitans, écbap»

pés au carnage, bâtii*ent le village de Claviers au lieu même où se trouTtit un retranchement natureL Pop. 1,1 5o hab. Foire, le 6 juin.

CLEMENSANE. Petit village in canton de la Motte, à 4 lieues et demie de Sisteron , situé dans les montagnes, à une petite distance de la rivière de la Sasse. Productions, comme au chcl-lieu du canton. Popul. 4i5 hab.

CLERMOM , Clarus Mom. Petit village du canton du Bar, à 3 lieues de Grasse, sitnë dans un pays hérissé de collines. Le sol est fertile , principalement en fruits. Pop. 36 hab.

CLUMAME, Clumaneum ou Clemanœ. Village du* canton de Barrème , à 7 lieues de Digne , formé par des hameaux et des métairies , 011 , pendant les troubles de la révolution, nombre de fSunilles persécutées trouvèrent un toit hospitalier, qui les cacha aux frénétiques les poursuivaient. Son territoire est divisé en deux parties par une rivière qui coule du nord au midi . et qui porte le nom de CiumanCj jusqu'à sa jonction à la rivière de BlioQxau-dessous de Barrème, où ellesforment la rivière d'Asse. Le climat n*est ni bien froid , ni bien chaud, mab très-sain. Le sol est assez bon, quoique souvent endommagé par les torrens. Le manque de ' bras fait qu une grande partie reste sans culture. Cependant on y recueille assez de grains , de légumes et de fruits, qui procurent une honnête aisance au pajê. Pop. lyooohab.

CLUMENSANE. Voyez Clkmensaîîe.

COGOLIN, Cogotmig en prorançtl CougmUn^ Ge -nom parait être une corruption ou un diminuliT de Coygomlhun 9 dont od se sert encore dans le pays pour désigner une sommité, tu effet, le village de Cogolin, du canton de Grîmaud 9 et à 1 1 lieues et dénie de Ûra? guignan, se tronve sur le pendbant méridional d'un vaste plateau , dont lextrémilé la plus rapprochée di^ TÎUage est tenninée par une petite élévation pyramidale couronnée par un moulin à vent. C'est sur cette sommité que £ul établi un répaire de Sarrasins^ pendant le long séjour que ce peuple barbare fil au Fraxinet et à ses environs. Après leur expulsion , Ton y bâtit un ch&tean entouré dune vaste enceinte de hautes nuH railles, dans laquelle se réfugiaient, en cas de danger, les cultivateurs avec leurs troupeaux. En 1679 9 les soldats du comte de Careés» commandés par les rïeurs de Vins et de Baudument , en occupant ce village qui. a*étaît rendu sans y être forcé, se livrèrent au vol^ au viol , au meurtre et à toutes les cruautés imaginables. Les habitans de Cogolin s'entendirent avec ceux de Crrimaud 9 Ramaluelle et Gassin , qui étaient exposés aux mûmes scélératesses; ils demandèrent du secours à la ville de Saint-Tropes > qui leur fournit un détadiement de sa milice et une pièce d artillerie, qui servit à enfoneer la porte du château de Cog(^. La garnison lut exterminée, et le château rasé jusqu'aux fondemens. On respecta néanmoins une porte surmonté^

( 5ao ) •

A*nne tour qui subsiste encore, et sur lamelle a été placée l'horloge publique.

Le village de CogoJin ne paraît pas avoir existé du temps des Romains 9 comme on pourrait le croire du nom que porte eacore une de ses principales rues 9 appelée ru^n^mam». Cependant quelques restesd'inscriptions et de tombeaux de briques , trouvés sur divers points du territoire , prouvent que ce peuple y eut des habitations isolées , mais peu opulentes*

Cogolin parait avoir été bâti sur le cratère d un volcan éteint En creusant les terres les plus rapprochées du village « on y trouve des masses de laves et de basaltes dont on se sert depuis long-temps à former le chambranle des portes et fenêtres des maisons. Oq présume que le vaste souterrain qui, de l'ancien château, communiquait dans la campagne, est une dépen* dance de ce cratère. Je crois que c'est de là qu'on a tiré la grande quantité de pierres volcaniques qu oa a employées à la construction du village.

La montagne de Faucon, qui termine le tenitoire de Cogolin à Touest, fournit aussi une espèce de grès volcanique très-dur, que l'on emploie dans la bâtisse comme pierre de taille , et dont on l'ait des meules pour les moulins à huile.

On avait commencé à exploiter, il y a peu d'années, sur le penchant nord-est de la colline qui domine Cogolin , une mine de plomb argentifère , dans une gangue quartzeuse souvent enveloppée de roches granitiques. Le minerai était assez riche pour donner des

profits considérables; mais les travaux furent mal.di* TigéSy et les ouvriers pas du tout suin^eillés ; on se laissa gagner , par les eaux» et la mine fut abandonnée*

Le territoire de Cogolîn, bordé du côté de Crîmaud» par la rivière de Gisèle, est traversé dans toute -sa longeur par celle de Renoux on de la Motte. (On lui donne iiidiiléremmeut ces deux noms). Ces deux rivières sont à«ec pendant ïikè; mais, pendantléura crues d'hiver , elles servent au flottage du bois à brûler. On eu fait'des tas énormes au fond du golfe de Grimaud , où des navires vont le charger pour le porter principalement à Marseille.

Le territoire de Gogolln est très-fertile, surtout dans la plaine, qui est annuelle ment engraissée par les débordemens des rivières. Il produit beaucoup de blé , de "Tin et -de foin. On y recueille aussi de lliuile, du maïs et des haricots noirs. On y a cultive avec succès la patate douce d'Amérique, que Linné appelle canvohu^ lus batatas. On pourrait y cultiver avec avantage le chanvre ^ la garance et surtout le tabac. Sur la colline, il y a quelques cbènes à liège. Les bois de pius sont devenus fort rares , car le territoire^est peu étendu et presque tout cultivé.

L'air y était autrefois tfès- fiévreux ; il s*est beaucoup assaini par suite de la destruction des forêts environnantes^ qui interceptaient les vents, et la mise en culture des parties marécageuses de la plaine. Les maladies y sont maintenant peu communes.

Malgré sa position avantageuse ù rembrauchemeat

de la -route royale de Saint-Tropez à Touloâ-» avec h

route dopartemcntale qiii va au Luc et à Draguignaa, Cogolia n'a ni fabrique ^ ni industrie manufactiirière. Cela vient, dans doute 9 de ce que la population n'est pas assez considérable , quoiqu'elle augmente tous les jours depuis sbn assainissement. Lès kabitans , au * nombre (le 1,200, sont actifs et laborieux. Ils sont entièrement livrés à Tagriculture ; ils élèvent aussi beaucoup de bdeufs et de chevaux de la race des'egues. Il y avait à Cogolin un dépôt d'étalons du gouvernement; il vient d*ètre supprimé , quoiqu'il eût donné d'assez beaux produits, et qu'on dût eu attendre de plus grands avantages dans la suite.

Il y a, le 9 août, une foire Consacrée principalement à la vente du gros bétail.

Il y a peu d'années, on trouva dans la cave d^une maison de Cogolin un momunent grec, qu'on présume n'avoir pas été construit dans ce pays, mais avoir été apporté de l'île de Lesbos.

Ce monument a trois pieds deux pouces de bauteur sur dix pouces six lignes de largeur; il est triangulaire. Sur chacune des trois faces est représentée en bas-relief une figure encadrée et placée au-dessus d'un large espace vide, en forme de parallélograme, qui semble destiné à recevoir une inscription: on ny aperçoit cependant aucune trace de lettres; mais, audessus de chaque figure , on lit des caractères grecs. -

Une de ces figures représente une femme debout et vue de profil, lille est vCtue d'une tunique qui

•descend jusqu'à terre , ëa formant de longs plis. Cette première tunique est recouverte par une seconde plus courte qui s'arrête au-dessus du genou. Sur sa tête est jeté un voile qu'elle relève de la main droite; son bras gauche est plié au-dessous du sein. Dans l'espace qui est au-dessus de la figure ^ ou lit le mot bito.

Une seconde figare représente un homme avancé en âge. Il s'appuie sur un long bâton. Ce personnage est vêtu d'un ample manteau ou pallium , qui laisse à découvert le haut de la poitrine et les4deuz bras. Au-* •dessus de la statue « ou lit :

epmon

Il o g

m-o mnaioM Xa troisième figure est celle d'un vieillard couvert également d'uu manteau, dans lequel le bras gauche -est enveloppé. Le bras droit est nu ainsi que la poitrine. Cette iigurc est vue presque entièrement de -isLce. L'inscription qui la surmonte est

maha lA A»

» ATO PO

Despersonnes instruites , qui ont examiné avec soin •ce bas-relief , ont jugé que ce monument avait rapport an retour d*U lysse à Ithaque. La femme qui soulève le voile qui cachait son visage, serait Pénélope, qui cherche à s'assurer si Ulysse est réellement l'individu ^ui se présente à elle. L'homme appuyé sur un bâton tserait Ulysse lui même* Le bâton annonce et le voya-

geur 9 et l'homme disposé ù châtier les tëméraîrès qui dissipaient son bien et persécutaient sa femme et son fils. Le vieillard serait le fidèle Bornée, cet ancien serviteur 9 qui accueillit avec tant d'empressement le destmctear de Troye » tiU moment où il descendit sur le rivage d'Ithaque. •

Tel est ce monument que les habitans de Cogolin auraient droit de réclamer auprès de celui dè leurs compatriotes qui dépouilla son propre pays poui* enrichir le village de la Valette.

GOL-N£G&£. Cap de la côte maritime du départe* ment du Ter, entre Bormes et Gavalaîre»

COLLE-DU-YAR. Village du canton de Vence, à 5 lieues de Grasse. 11 n'était naguère qu'une dépendance de la commune de Saînt-Paul-du-Var. Il estdi« visé en plusieurs hameaux bien rapprochés. Les rues sont larges et fort propres. La population s'accroît journellement, et tout le monde y est âtaiê Taisance. Le peuple 9 en naissant, apporte le génie mercantile, qui se développe avec l'âge , et se fait distinguer dans toute la contrée.

Le territoire oi&e de beaux oliviers et beaucoup de vignes échalassées. Les raisins sont portés* à Nice, où ils sont préférés et mieux payés que ceux des lieux voisins. Dans les vignes, il y a une grande quantité de pommiers qui, en ne vendant qu'un cinquième du fruit, donnent un produit considérable. Le restant sert à la nouri'iturc des pourceaux dont on fait un grand

commerce clans le pays. La feuille du pommier sert d*engraîs à la teire^t fait fractifier la vigne. Les figues y sont belles et excellentes ; on les expédie dans Imiérieur da royaume. Pop. i,5oohab.

COLLE-SAIINT-MICHEL. YiUage du cantou de Saint-André, en face deThorame-Basse, à une petit» distance de la rive gauche duVerdon. Pays froid, dans, des montiiagnes fertiles engraspâturages^ oà Ton nourrît des troupeaux nombreux, et Ton fabrique desfro-r mages des plus exquis. Pop io5 bab.

COlLOBRimES, Colluùeria. Bourg chef-lieu de* canton du département du Yar , à 7 lieues de Toulon y, situé dans un bassip entouré de montagnes, au bord dW petit ruisseau. Le sol est schisteux, et o0re deSv indices de mines de plomb, d*antimoîne , des productions volcaniques, et plusieurs variétés de pierres oliai-. res. n produit du blé, des haricots noirs, et surtout des châtaignes tiès-estimées. Ses forets contiennent le pin maritime et le chène-liége , dont Técorce sert aux, fabriques de bouchons du pays. Collobrîères deviendrait un lieu considérable, si L'on mettait en culture une partie des forêts qui touchent à celles deTAveme. Ces coteaux seraient favorables à la vigne , aux oliviers aux orangers et à toutes sortes de primeurs. Popul.. i,5oo hab.

C0LL0N6UE. Petit village du canton deSaint-Au«

ban^ à 12 lieues et demie de Grasse. Climat et produc- Uons , les mêmes qu'aux Mu^oulx. Pop 1 80 hab«

COLLON6UE. C'est le mèma que SiHuaiie-les-Aiz^

Voyez ce mou

COLHARS 9 Côbnartiam ou CoUU Marti». Petiteville chef-lieu de canton du département des Basses- Alpes, à i5 lieues de Castellane» sur le Yerdon. Elle tîfe son nom d'une collme que les anciens Romains avaient consacrée au dieu de lai^uerre,et sur laquelle les premfers chrétiens du pays ûrent bâtir une église on l'honneur de Saint-Pierre. Quelques auteurs ont pris cette ville pour l'ancienne Gallica ou GaUitœ^ ebeMiéu d'une peuplade celto-ly gienne , et dont il est fait mentioQ dans les tropiiées des Alpes. Mais en examinant les lieux 9 on croira avec plus de vraisemblance que les Gallitœ occupaient la- campagne d'Allos.

Cohnars a essuyé bien des révolutions. Cette ville était autrefois divisée en plusieurs parties » dont la prin* cipale était sur un coteau où l'on trouve encore des ruines. Peu-à-peu les habitans se réunirent au bord du Yerdon, dans une petite plaine assez agréable. En ijQO, llayniond do Turenne la réduisit en cendres. En 1583, la petite troupe du capitaine Cartier s'en empara, à la faveur des pétards qu'il fit jouer pendant la nuit. Enfin» dans le dix-septième siècle > la France en a fait une place militaire. Deux forteresses et des remparts flanqnés de tours la mettent en état de résister à ime armée qui voudrait passer par ce déûié sans artillerie. Cette place est une triste garnison; aussi l'on n'y met guère que quelques véléraus. Les

eouveiiurcs des maisons sont faites avec de Tardoise.

Le territoire de Colmars est fertile en grains et en fruits. Ses montagnes, couvertes de gazon ^ nourrissent en été de nombreux troupeaux qui viennent. d'Arles* il y a plusieurs fabriques de drap commuBr Les fror mageâ du pays et des environs sont fort estimés.

A une petite distance de la ville, et près de la roule d'Allos , il y aune fontaine intermittente qui coulait et s'arrêtait pendant sept ininutes. Le tremblement de terre de Lisbonne la fit tarir; elle n'a reparu qu'en 1 7 7 o , mais avec des variations qui prouvent que les naturalistes n'avaient pas bien connu la cause de ses suspensions.

Le quartz abonde à Colmars ; il y a même quelques indices de minéraux. Les prairies sont couvertes de belles plantes; Térable et le sapin sont communs dans,, les collines. Pop. 966 liab.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieasonty Colmars, Beauveser, Tborame-Basse^ Thorame-Haute et Yillars-Golmars. .

C0L0STE.Ë9 Coiostrus. Petite rivière qui prend sa source au-dessus du village de Raumoure, passe par- Piiez, All*5iïi2igiiCj Saint-Martin , où elle se jette dans le Yerdon. IJa certain auteur prétend que cette rivière était, dans un temps, très-considérable etmême nayî-i gable, mais qu'un tremblement de terre en lit .disparaître la source. Voyez ce que nous en disoos au mot

COMMONL Nation celto-lygienne qui , d'après Pto*^

lomée, occupait tout le littoral depuis Marseille jusqu'à l'embouchure de la rivière d'Acgens. Voyez le mot

Toulon.

COMPS, Castrum de Comté. Petite ville cheMîea

de canton du département du Var, à 5 lieues de Dragoignan. La guerre entre Charles d'Anjou et Charles Duras, qui se disputaient avec acharnement la succession de la reine Jeamie , tomber les remparts qui entouraient la ville de Comps, et qui étaient , à cette époque, assez forts pour soutenir un long siège. La villefut également détruite , et les habitans allèrent s'établir dans la campagne , oii ils bâtirent les neuf hameaux qu'on y voit encore , et qui sont, Oribau, Bâillon » Chardon» Don^ Douesse» Gmnt» Jabron» Sauvechane et la Souche.

Cependant quelques-uns vinrent à la paix relever la ville de ses ruines. Elle fot bâtie en amphithéâtre sur le penchant d'un rocher et dans un quartier stérile et dégarni d'arbres. Aussi c'est un bien triste séjour«. Le climat de la ville proprement dite est froid en hiver, à cause de sa situation entre des collines et d'une gorge ouverte qui l'expose aux vents d'orient et d'occident Le climat des hameaux est infiniment plus doux. Le sol est, engénéraly ingrat et infertile. Le défrichement des hauteurs et les fortes pluies ont emporté presque tout le terrain. Autrefois il y avait beaucoup de vignes, qui se chargeaient de fruits ; mais aujourd'hui il n'y en a plus, n n y reste pas même du terrain pour en plan-

ter. L'aiiiqae production est le Ué et le seigle. lie»

semailles de mars, telles (juelorge, lavoine et autres légumes y donnent quelques produits. Comps est, j'ose dire , le pays le plus pauvre du département.

Dans le& bancs de pierres calcaires qui forment le toi t ou le lit de plusieurs mines de houille , on trouye des couches épaisses de gryphites, de ^is^ de buccins, de moules et autres coquillages. On y trouve aussi des pyrites ferrugineuses. Pop. 'jl^o hab. Foires, 20 mai et 214 juio.

Les eommuiies du ressort de la justice de paix du lieu sont^ Comps, Châteauvieu, Bargème, la Bastide, le Bourguet^ Brénon, Broyés, la Martre, la Koque-

d*Esclapon et Trigance.

GOlILL, Cunkuluê. Grande forêt de pins,yis-à-yis

de Cuge, où Ton tire beaucoup de poix, de résine, d'ëssencé de térébenthine, etc.

CONSÉGUDES. Petit village du canton de Coursegoules, à 12 lieues de Grasse. Climat et productions, comme à Dos-Fraires. Pop. 270 hab.

CONSTANTIINË, Comtantina. Nom d'un camp fortifié^ surune petite montagne, à une lieue est de Saint-Chamas. Ou y a découvert, à diUérentes époques, des monumens antiques, tels que des statues d'or,, d argent ou de jaspe, des anneaux d'or et des médailles de plusieurs règnes.

La montagne de Gonstantine est au nord de l'étang de Berre. Les eaux viennent presque baigner son pied^

( 5jo )

Aulrefôts elles selevaicntbeaucouppluâ haut» àen ja^ ger par les anneaux d'amarre qu'on y voit encore. Snr* le sommet y oo trouve des débris djun camp retranché de forme ovale, entouré de murs en pierres sèches dé* fendus par deux tours. Hors de cette enceinte, on voit à chaque pas de grosses pierres de taille détachées. Au midi , il y a une citerne bâtie -avec un ciment très-dur. Elle est aujourd'hui comblée. La tradition porte que le grand Constantin se retrancha dans cette forteresse. Cela peut l)ien être ; le nom qu'elle porte semble l'an- Boncer. Mais ce que nous pouvons assurer, c'est que ce n'est pas cet empereur qui la fit construire. Sa première construcliou eu pierres sèches prouve que c'est un retranchement celto-lygien , que les Romains avaient ensuite perfectionné et augmenté. Ces sortes de retranchemens étaient toujours à portée d'uu chef-lieu des premiers habitans ; et le chef-Heu voisin de Constanliflc était Astramela, près de l'embouchure de la Du- • ransole, même au cap d'Œii, où l'on trouve encore • beaucoup de ruines de cette ancienne ville qui parait avoir été considérable. Elle fut détruite vers la lin du cinquième siècle et lors de l'invasion d'Eurie » roi des \isigotbs. Leshabitansprirent la fuite, et au rétablissementde l'ordre, une partie alla bâtir la ville d'Istres , et l'autre celle dcBerre. Mais quel peuple habitait la ville d'Astramela? c'est sur quoi les auteurs modernes ne sont pas d'accord. Pour moi , je suis fondé à croire qu'eUe était la capitale des Saliens. Elle ne pouvait être que le ]Uaiki$ d'une grande nation de ce temps. Son retran-

chemèiity sa position et son point central le'proavent

suffisamment. Mon idée, c^uoique contraire à celles des autenrs modernes et des contemporains , fut sentie par Honoré Bouche^ à la dillcrence qu'il prit les ruines du retranchement de Constantine pour celles d'une TÎIle , qu*il supposa être la même où Protés , un des chef de la première expédition phocéenne » vint faire alliance avec le roi des Saliens. Voyez ce mat.

G0RBIÈRES,(7^r»mœou IrfiirtfsÇtTr^m». Village du canton de Manosque, à G lieues de forcalquier, sur la rive droite de la Durance. Le climat est tempéré. Le territoire est divisé en deux parties. Le coteau produit du blé et de Tbuile excellente , des légumes, des ci* trouOles, etc. La plaine, souvent ravajijéo par un torrent et par la Durance, est sablonneuse, et produit du vin très-ordinaire. Dans les meilleurs fonds, on recueille des noix, des fruits à noyaux et à pépins. Population 590 hab.

CORD£S ou CoEDouE. Montagne des Alpines dans le territoire d'Arles. Les Sarrasins venus d'Espagne donnèrent le nom de Cordoue à cette bauteur, lorsque, chassés de la ville d'Arles , ils vinrent s'y réfugier. Ils s*y

retranchèrent à l'aide d'une muraille qui existe encore en partie.

Au sommet de cette montagne, et du côté du midi,

il y a une grotte en forme de croix 1 qu'on appelle le trou des fées. C'est^ je pense, un temple souterrain dont

l'origine date de lu pcrâéculion des premiers chrétiens

parles Ronains. Les Sarrasina ont dû se aemr de ce-

temple pour y enfenner leur butin et leurs trésors. Us étaient immenses; car îb avaient pillé toutes les églises et les maisons des principaux particuliers. L'avidité des. richesses les p<»rtait à commettre tontes sortes d'horreurs.* Ils détraisaîent Ira temples, massacraient les ministres et les habitans^ violaient les vierges.; les religieuse» de Marseille, an nombre de quarante, pour conserver leur virginité, se coupèrent le nez et se déchirèrent le visage ; mais elles furent massacrées par la main des barbares. Heureusement Charles-Martel arriva avec des forces considérables, et fit main basse sur tous les Sarrasins qu'il rencontra en Provence et dans^le Languedoc.

CORNILLON. Village du canton Ol^-^ Salon, à 6.1. et demie d'Aix, situé près d'une branche du canal de Craponne, et ayant un hameau, nommé Confouœ, Climat dpux et tempéré ; sol fertile eu blé , pâturages , fruits , et surtout en huile d'olive. Pop» 680 hab.

CORB.ENS, Castrum de Corredis . autrefois de Coreno ou Carreno, Bourg du canton de Cotignac » k 5 lieues de Brignoles , et sur la rivière d'Argens. Il est tout en plaine. Dans le plus ancien quartier^ oa voit une vieille citadelle.: appelée fin't Gibran^ qui a soutenu plusieurs sièges opiniâtres. Ce quartier est ceint de murailles épaisses ;ses rues sont étroites, et sa place est bien ombragée en été. Il y a dans le pays des fa« briques d'eau-de-vie .La plaine oifre quelques terres ar-

Yosëespar la rivière. Le territoire produit abondammcot tlu blé 9 du vin» de Thutle et des légumes ; Forge "y \ient à merveille. La plupart des térres labourables sont imprégnées de muriate de soude , et perdent de leur fertilité , lorsqu'on les laboure trop profondément ; dans les bosquets qui bordent la rivière, ou trouve du su* mac, vulgairement a^qpelé boU de fmtet*

Dans le onzième siècle, le pape Sergius fonda , dans réglise paroissiale de Kotre-Dame-de-Correns , nn fubîlét)!! pardon qui avait lieu toutes le^ années où la lete de l'Invention de la Sainte-Croix devait être 'célébrée le vendredi. Le jubilé commençait la Teille à a heures après midi , et finissait le lendemain de la fête à la même heure* Kombre de fidèles y anrivaient de toutes les parties de la Provence. L'histoire fait mention qu'en i6i35il y vint cinquante-cinq mille personnes en procession ; qu'il s'y trouva cinq cents prêtres confesseurs pour s'aider à absoudre et adonner la communion aux pèlerins. H exista encore un proverbe qui» pour exprimer un grand concours de monde, à\lice$î te pardon de Correm* Cette fête procurait des sommes considérables au pays , dont la population est de 1 ,520 habitans. Foires, le 3 mai et le i*"' septembre.

• Pendant les guerres civiles , le baron de Vins y tailla r en pièces plus de quatre cents razats.

CORRENTO. La ville de Hétapine^ qui se trouvait sur le continent en face dcTilc de la Tour-de-Bourg , changea son nom en celui de Carrento^ dérivant du

courant de Tontrëc de Bouc. La ville 8ê divisa en deux piBurties. L'une resta sur la terre ferme 9 et l'autre fut s^leyer dans llle de Bouc , et conserva le nom de Corrento. Il n'en existe plus que la tour que les Marseillais cbnstniisirent vers le douzième siècle^ et qui fut augmentée sous Louis XIV. Elle est aujourd'hui convertie en phare, qu'on adlume toutes les nuits, pour guider les navires dans le port de Bouc, dont le fond estde l>onne tenue, et dont le mouillage sera très-sûr, quand la chaussée de la sèciie-^Foucard sera terminée.

C'est de la ville de Correnta que dérive, par corruption, le mot Caronto, nom donné à l'étang qui se trouve entre l'île de Bouc et Tancienne position de Métapine.

COSTE (La) , Costa. Village à 3 lieues d'Apt , près la rive gauche du Calavon , et adossé au mont Léberon. On y recueille du blé , . du vin et un peu d'huile. Pop. 640 hab.

COTIGNAC. Petite ville chef-lieu de canton, à 4 lieues de Brignoles. Un auteur qui a longuement écrit sur la Provence , prit cette ville pour le Matavonitm des Romains, malgré qu'elle fut très-écartée de la voie aurélienne; Nous avons heureusement les preuves les plus convaincantes que cette ancienne slalion se trouvait dans le territoire deCabasse,et je crois l'avoir suffisamment prouvé en son article,

La ville de (loli(j;nac fut fondée, selon moi, en

par plusieurs familles juives qui s'étaient cachées dans

lesibois pour éviter le baonissement prononcé contfé tous les Israélites qui n^ethhrasseraîent point la foi de

1 évangile. Je ne donnerai d'autres preuves que les restes d'une synagogue 9 le nom hébraïque de plusieuirs rues, ot le génie économe cl industriel des habitons actuels 9 génie qui se rapproche beaucoup de celui que nous connais^ns-aux Hébreux contemporains^ qui se • conduisent avec probité. Rien ne prouve que les Romains aient formé le moindre établissement dans le terrîtoîre; le terrain était trop aride, car la belle source qui se trouve au-dessus de la ville n'existait pas de ce temps. L'historien H. Bouche Veut que cette source n'ait été dc*couverte que dans le quinzième siècle, et d'iine manière miraculeuse 9 selon lui 9 et fabuleuse > selon plusieurs autres. 11 veut qu'un jeune homme du pays 9 nommé Gaspar , altéré par la soif, et ne trouvant pas le moindre surgeon d'eau pour Tappaiser 9 ait ren-» contré en ce quartier un vieillard nommé Joseph Fontaine 9 qui lui dit qu'il ne parviendrait à se désaltérer que tout autant qu'il soulèverait une énorme pierre qu'il lui montra, et que la force de dix hommes n au-* raîl pu> peut-être 9 faire mouvoir* U paraît que ce jeune homme , |)lein de confiance en ce que lui dît le vieillard, essaya de soulever cetlo pierre, qu'il y pai^int facilement, et que le Vieillard disparut comme Teau commença à jaillir.

Le jeune Gaspar cria au miracle. Le peuple accourut de toutes parts. Chacun crut que Joseph Fontaine était, un saint, et ou donna son nom à cette source, en 1 ap-

pelant fontaine Saint-Joscph> Dans le principe , nom^ bre de malades venaient s'y baigner, et y trouvaient la guérison, ou, du moins , un soulagement u leurs maux. Si cela est vrai, nous pouvons dire que la vertu de l'eau de cette source est entièrement épuisëe, et qu'elle ne sert aujourd'hui qu'à l'irrigation, et aux fabriques de tannerie, d'organsin, filatures de la soie et autres en-

jgins du pays.

Le sol produit principalement du blé , du vin et de

l'huile. Le cotignacy sorte de confiture faite avec du moût de raisin et du fruit du coignassier , fut imaginée en cette ville, qui lui donna son nom. Il est étonnaut que cette fabrication, ainsi que celle du raisiné, ne soit pas devenue une industrie provençale. Cependant la ville de Marseille fait des expéditions de ce dernier jusque dans les colonies , et est obligée de se le pro» curer elle-même dans plusieurs contrées de l'Italie, par la raison que nul Provençal n'a daigné jusqu'à présent faire cette spéculation en grand. Le seul canton de Gourtenay (département du Loiret) en débite tous les ans de mille à quinze cents quintaux, qui rendent de trois à quatre cents mille francs.

Au nord du territoire de Cotignac, il y a de vastes forêts de chênes mises en coupes réglées, qui rendent considérablement aux propriétaires.

A un quart de lieue de Cotignac , et sur une éléva-» tion, se trouve l'église de Notre-Dame-de- Grâce , iondeé en 1 5 19, et fameuse par la dévotion des fidèle» qui , dans un temps, y venaient processionncllcmcnt de

toutes les parties delà Provence. En i663, Louis XIV Anned'Autrichesamèrey vinrenten dévotioa. Pop. 3,800 hab.

Les foires du pays son t, le lundi après la Purification , le 1 9 malrs, le lundi après VAnnondationj le 9 juin , le lundi après Y Assomption y\(^\\xni\\ après la Nativité , le lundi après làSaint'Mariin elle lundi après la Citmceftion.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieu sont, Cotignac, Carcés, Châteauvert, Gorrens,

Entrecasteaux et Montfort.

COUDOUX. Hameau de Venlabren. Tl est fertile en huiles d olives et eu amandes dures et tendrez,

COULOUBllOliX. Hameau dans le territoire de Seyne, sur le ruisseau du même nom*

COURBONS. Yillagc à une lieue et' demie de Digne son chef-lieu de canton et d'arrondissement, au haut dWe colline fort élevée. Le territoire touche la rive droite de la Blconne, depuis le pont Je pierre de Digne jusque près du village des Sièyes. Le sol produit du blé , du vin , peu dlluOe , mais beaucoup de prunes qu'on fait sécher et qu'on hvre au commerce. Pop.

GOURGHONS. Petit village du canton de Saint-André , à 4 lieues de Gastellane. Site très-froid en hiver. Le sol produit du blé et des légumes; mais il manque du bois pour le chauffage. Au midi du village est la mon-

ta^pie de Shaup, où Ton nourrit de nombreux troupeaux dont la plupait viennent de la basse Provence. Pop. lâShab.

COU&MëS , ComM. Village du canton duBar, à 7 1.

de Grasse, et sur la rive gauche du Loup. Climat froid; sol pierreux et pénible à cultiver. Le village , quoique sur la montagne , est dans un enfoncement où le soleil ne paraît que fort tard.

Au nord du village sont les mines d*une commune dite de la Magdelaîne, qui fut détruite pendant les guer- . res intestines. A l'est , il y eut, dans le principe» une maison de campagne ou ferme romaine. Nombre de tombeaux prouvent qu'elle a long -temps subsisté. Cette villa fiit convertie en un hameau , où Ton voit encore les ruines de 1 église , et une quantité d'osselûens où Ion suppose avoir été le cimetière.

La plupart des montagnes ne sont que des rocs pelés. Celle dite de Gourmette est fort élevée. Son point de vue est fort étendu. Il s'étend depuis la montagne de rtslérel jusqu'à celle du Col de Tende en Piémont, et à Tile de Coi'se au midi. Ce fut du sommet de Gourmette que le fameyx Cassini calcula et prit la distance des environs. L'aréostat lancé à Paris le jour du couronnement de Napoléon vint presque toucher le sommet de Gourmette : un nouveau vent se leva , et le poussa avec une rapidité étonnante jusque dans la campagne de Rome. Le sol de Gourmes produit du blé et des herbages pour les troupeaux. Pop. iS5hab.

GOUaOINiNË (La). Hameau daas le territoire des Hartigaels.

COU&SEGOULES , Corska ou CarsUula. Boui^ •chef lieu de canton, à 12 lieues de Grasse. Ses premiers habitons sonl sortis de Tile de Corse » et des bords <Ia Golo, principale rivière de cette île. C*est ce ^ui a donné le nom à ce lieu. Dans un temps, Cour^ segoules rendit on ^service à la patrie* En récompense ^ le roi de France lui accorda le titre de bonne ville, que le^ habitans n'ont jamais fait valoir» quoiqu'ils con-* servent soigneusement et avec une sorte de vénération le parchemin qui leur sert de titre. Le territoire est fort vaste et offre un grand nombre dliabitations éparses. Le sol abonde en mines de charbon de terre, ^'on exploite en ce moment, en mines de plomb et de fer, quon ne manquera pas d'exploiter dans la suite, parce que des étrangers s'en mêlent, et que la ville de Yence fait en ce moment construire une route roulière qui conduira dans tous les territoires dans lesquels se trouve la mine de charbon de terre. Le ter*, roir produit principalement du blé et des pâturages. Dans le territoire est une montagne terminée au sommet par un plateau dSme lieue carrée de super» cie ; inutilement on essaie d'y creuser des puits. Le cultivateur test obligé d'y porter de l'eau pour abreu* ver ses bestiaux. Au-dessous est la source de la Gagne; on l'entend couler avec fracas dans l'intérieur de la montagne, long>temps avant qu'elle se montre au jour.-

ïi*imiformité constante èa Tolume de ses eaux prout6

que le bassin qui ralimcntc est cl une grande capacilé. Pop. 53o hab. Foire, le 8 septembre.

Les communes dû ressort de la justice de paix de ce lieu sont , Coursegoules^ Besaudun , Bouyon , Cipières, Conségudes» les Ferres, GreolièreS, Mujonlx et la Rocjue-d'Estéron.

COLR.TIIEZON. Bourg du canton de Bédarrides, à 3 lieues et demie d'Avignon, dans une contrée délicieuse, fertile et abondante en pâturages. On y trouve des carrières de pierre coquillière. Pop. 3,o6o hab.

CRAPOjNKE. Canal de dérivation des eaux de la Burance, prise près de la Roque-d'Anteron , passe à Alcin, Lamanon, Salon ^ Pelissane, Lançon, Cornillon, Saint-Cbamas> où il se jette dans Tétang de Serre.

GRAU (La). Hameau dans le temtoire d'Aubagne. FoyezLvcwim.

GRAU (La). Hameau dans le territoire d'Hyères»

GRAU D*ARLES (LA).yaste plaine entre le Rbône,

1 étang de Bene et la mer. Elle a 6 lieues dans tous les sens, et n'oflre ni élévation , ni habitation, ni eau> ni arbres, ni terrain, surtout en dessous du chciniu d'Arles à Salon. Ce n'est que cailloux roulés de différentes grosseurs. Le premier historien qui visita cette plaine , crut que ces cailloux étaient les mêmes que les dieux firent pleuvoir sur les enfans de la terre qui avaient osé méconnaître leur puissance. Les nalura-

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listes d'àujôurd'haî reconnaissent que là plaine de Ta; Crau n'était, dans le principe, qu'an vaste golfe de la mer, dans lequel la Durance, qui d'Orgon passait à Lamanon, venait se fêter. Cette rivière noa seulement combla ce golfe par des atterrissemens considérables , mais encore elle obstrua son ancien lit, et fut forcé de s'én creuser un autre dans une direction contraire.

La plaine de la Crau se divise en région pierreuse et. en marais. La première est subdivisée en terrains nus et en bruyères. Les terrains nus poussent, aux mois de mai et de septembre, une herbe ûne et rare qui sort de dessous les cailloux, et qui est recherchée avec^ avidité par le menu bétail , vu qu'elle contient beaucoup de sel marin. Cette herbe consiste en plusieurs sortes de graminées, telles que les Crypsis schmoid^s, • la calamagrvstis cspigeios , Vavena niula , la festuca sfipoides, la rottbola filifarmU, la poa dUUcha, et plu«. sieurs espèces de paturins et de chiendents.

On y trouve aussi la saivia precox, la thapsia vUlû$a, thUsopus canescens^ le tithospermum officinale, la bi^ dens tripartita, les chironia pulckcUa et maritimwn (petite centaurée), appelée dans le pays herbo de ia Craou.

L'autre région de la Crauj^ en outre de ses marais, qui la rendent mal saine, aun grand nombre d*étangs

qui ne contribuent pas peu à son insalubrité. On travaille en ce moment à un canal qui doit assainir cette partie.

La formidable armée desCimbres, des Ambrons et

des Teutons passa plusieurs fours dans cette plaine de

la Craupour provoquer C. Marius, générai romain, qui s'était retranché à Foz-les-Harligues» anciennement fossœmarianœ^ La privation d'eau et de toute subsistance força les barbares à continuer leur route yerslltalîe. Ils mirent trois {ours pour défiler devant le camp des B.omains , à qui ilsadrejsaient mille insultes* Us eurent bientôt à se repentir de leur audace et de leur témérité^ F oyez le mot Poiirrière,^

CIIËISS£T. Petit village du canton de Mézel , à 6 lieues de Bigne 9 sur la rive gauche .de TAsse , en face de INorante, Le climat est froid et sain. Terrain en partie fertile et en partie très-ingrat. 11 donne du froment, du seigle, de l'orge, des légumes et de bous fruits. Des plantes médicinales abondent sur les montagnes voisines. Le village est sur un rocher. Le sol est presque tout en pente et garni de sources qui font ébouler les terres. Pop. 160 bab.

CRESTËT (Le) ^ Crestetwn. Village du canton de Yaison, à 6 lieues d'Orange, et bali sur une colline. Le climat est bon^ sain et tempéré.) Le sol est des plus fertiles. Le blé, le méteil, l'orge et 1 epeautre y viennent à merveille. Le vin ny est pas mauvais; l'huile est excellente et les fruits délicieux. Mais la récolte la plus importante est celle des vers-à-soie qui, étantbien nourris, donnent des cocons recherchés. 11 y a aussi de bons fourrages et beaucoup de bois à brû* ^er. Il est rare de trouver des pays où tout soit bon^

comme à Cretet. Le territoire est arrosé par l'OuTèzev. le Graosel et par une infiailé de petits ruisseaux provenant des sources qui naissent à chaque pas. Pop^ 536 hab*.

GRIDE. Cap de la Cride. Cap de làcôtemaritiâie dtt^. département du Yar , qui forme la baie de Bandol*.

GRILLON, Credulio. Village du canton de Moorsioiron , à a lieues et demie de Garpentras , situé sur

une hauteur , dans une contrée agréable et fertile en blé> vin 9 huile et fruits. On trouve dans le territoire du bol , de locre et de largile pour la poterie. Pop. 6io hab.

CRISTAN. Bot près là côte de Borme», département duYar.

CROCHON. Vo^ez Courcuons.

CROIAGNE. Hameau dans le territoire de Saint- Saturnin , près d'Apt

GROISËTTE (De La). Gap sur la côte maritime du

département du Yar, près de Sainte-Maxime^ et à l'entrée du golfe de Grimaud.

CROIX ( Sainte }• Yillage du canton de Riez, à

i5 lieues de Digne, sur la rive droite du Yerdon. Climat tempéré; air assez sain^ depuis ^on a desséché les marais. Le sol est fertilisé par les eaux de la rivière. IL produit des fruits ^t beaucoup de légumes ; Thuile

If

du pays> quoique en petite quantité ^ est préférableà celle d'Aiz. Pop. 4^7 hab.

CROIX (Sainte) DE LA LAUZE. Village da canton de Reillane, à 5 lieues et demie de Forcalquier, et sur la. rixe gauche du. Calavon. Climat tempéré. Le sol produit du blé, du vin, des légumes» de l'huile et des fruits de plusieurs espèces. On y commerce en poorceauz. Pop.. 220 bab.

CROIX. Port de la Sainte-Croix. Petit port sur la côte maritime du département des Bouches-du-Rhône^ au midi des Martîgues..

\- GROTTES (Lbs). Hameau dans le territoire de Mar*.

seille.

GRUYS 9 Catirum de Crecio* Village da canton de

Saint-Étienne-Ies-Orgues , à 4 lieues de Forcalquier, et au pied de la montagne de Lure. On y élève des pourceaux. Le sol produit du blé et du seigle , et la montagne , des chônes et dès pâturages.

A une petite distance du village 5 et au pied de la montagne , il y a un abîme dans lequel nos historiens disent qu'on jetait autrefois les femmes convaincues d'adultère. Le peuple prétend que cet abîme est sans fond. Quelques-uns croient qu'à une grande profondeur passent les eaux qui vont former la fontaine de Tancluse. Cependant d'Arluc n'en fixe la profondeur qu a cent quatre-vingt-dix-huit pieds. Pour moi, je crois m'être assuré qu'il n'y passe aucune eau courante.

On raconte qu'un prêtre, s'y faisant descendre pour

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sVusorer de la vérité de ce qu'on en disait, fiit telle^

ment cpouvaiilé de la quantité doisefiux nocturnes qu'il y rencontra et qu'il prit pour des spectres» qu'il faillît y perdre la TÎe. On ajoute que la raison de cet homme s égara pour le reste de ses jours. Population 540 hab.

CUCURON, Cucuro. Petite ville du canton deCa«denety à 5 lieues d'Âpt. Un vieux monument » nommé totÂT de J uies-César , atteste son ancienneté. Plusieurs inscriptions qu'on y a découvertes, ainsi que nombre de médailles, prouventque le pays a été habité pardes Romains.

Cucuron n'a jamais été un lieu bien important Ce n'est pas une de ces villes qui font époque dans l'histoire pour avoir fait parler d'elles. Cependant l'historien Honoré Bouche assure qu'en 1 65q , une femme de Gucuron donna naissance à un mpustre. Si c'est au propre que Bouche ait voulu parler, nous dirons que les écrivains de ce siècle n'écriraient pas de pareilles absurdi* tés. C'était, selon toute apparence ^ une bizarrerie de la nature.

Dans le territoire de Cucuron, on trouve un rocher de six mètres de hauteur et de quatre de largeur, uniquement composé de coquillages pétrifiés, mêlés avec des débris de corps marins. C'est une curiosité digne de l'attention des amateurs.

Le climat de Cucuron est tempéré; mais il est souvent rairaichi par la violence du Maëstral^ Le sol, quoi-

anosé par une infinité de petites sources qui naîs--

sent çà et là dans le territoire, est assez ingrat. Cependant il produit du blé, du vin , de Thuile et beaucoup* de mûriers. La TÏÏkf a une fontaine de vingt tuyaux qui coulent continuellemeut de la mêiue manière. Dansle pays on élève beaucoup de vers-à-soie , et il s'y trouve plusieurs filatures. Population 2^260 hab. Foires^ le janvier.

CUERS, Castriun de Corcis, Petite ville chef-lieude canton^ à 5 lieues et demie de Toulon, On ne saurait supposer que les Romains n'aient point formé d'établissement dans le* territoire de Cuers. La pureté de son ciel 9 la douceur de son climat » la fertilité de son sol, et la heaulc de ses diflerens sites j annoncent que la campagne devait avoir nombre de vUIcb et môme des plus opulentes. On ne peut nier que les Romains n'aient connu le pays. A une demi-lieue nord de la ville, est un ipartier appelé cros aurélien» On croit que cet empe* reur y campa et y offrît un sacrifice. C'est près de cet endroit que 1 on a trouvé plusieurs médailles à Tefligie de Galba^ Othon , Yitellius , Yespasien » Titus et Domitien.

Dans le seizième siècle, une troupe des plus ai^dens carcistes campèrent dans le territoire de Cuer»; mais,, pendant lanuit , ayant été surprit par leshabitans d*Hyères, Toulon et autres lieux circonvoisins 9. ils furent éveillés et forcés de se sauver à demi-nus.et sans armes.. Les cavaliers laissèrent la selle et la bride de leurs che-vau et près de six cents hommes^hors de combat.

Dans la campagne, il y a une grotte o&, en 1707^ lorsque lesPiémontais vinrent assiéger Toulon , les habitans de Cuers "cachèrent ce cp'il avaient de ploA précieux. Yers le fond, il y a nn précipice tellement profond, qu'on ne peut entendre le bruit que font les pierres qu'on jette dedans.

La ville de Cuers est bâtie au pied d'une colline plantée de vignes» d oliviers et d'arbres^fraitiers. En dessous de la ville, on voit beaucoup de jardins, de prairies , de vergers où se trouvent un grand nombre de jujubiers dont le fruit est livré au commerce. La . plaine offre des vignes très-considérables, dont le vîn est ordinairement exporté par mer. Autrefois on y fai« sait du malvoisie et du vin muscat, qui jouissaient d'une grande réputation. Foires, les 1" janvier, i5 avril, i*" août et 2d octobre. Pop 5,â5o bab.

Les communes du ressort de la justice de paix de cette ville sont, Cuers, Carnouiles, .Pierrefeu, et le Pujet

CUG£S, Cuj0. Village du canton d'Aubagne, à 7 lieues de Marseille. Rien n'annonce que des familles

romaines aient séjourné dans le territoire de ce lieu. On croira plutôt que des paysans des villages voisins vinrent y cultiver quelques coins de terre dans les clairières des immenses forêts. A l'arrivée des Maures , les babitans quittèrent la campagne pour aller se fortifier sur la hauteur. Ils y construisirent un village qu'ils

D^omipèreat Caquet ou Cuget^ Maisà reoqpnlsioA de la

moouraith (de la gent maure ou les^Sarrasios J , les habw tans voulant se rapprocher de leurs propriétés , déguerpirent le Cuget et s'établirent sur la colline dite de Sainte4)roix9 où ils s'entourèrent d'un rempart , et bâ-» tirent un château fort dont on voit encore des vestiges» Plus tard, la population augmentant d'une manière sen<« sible , on jugea convenable de bâtir le village actuel qu'on nomma Cuges^.

A cette époque, en iSog , le bassin dë Guges n'était quun vaste lac alimenté paroles ruisseaux et lea torrens qpi Tiennent des hauteurs roisînes. Le peuple s'empressa de dessécher ce bassin par le moyen de plusieurs fossés qui conduisent leau dans plusieurs fui« tes du rocher qui l'entoure, et où elle se p^d comme dans un abîme. Le défrichement d'une partie des hoisu qui se trouvaient sur le penchant des collines, a été cause que les eaux pluviales ont entrlaiîné les terres végétales, et dans le bassin^ et dans la vallée de Juilhans, près du village de Roquefort. Aussi le sol de cette vallée est d'un bon produit, tandis que le territoire de Cuges est maigre et peu productif.

Les forêts de pins procurent une grande ikidustrie dans le pays. On y fait la poix, la résine, le galipot, la colophane, la térébenthine et le benjoin^ Cette in* dustrîe s'étend des communes Toisines jusqu'à Toulom Il en est de même ]de celle du charbon de bois, que nombre de charrettes et de mulets chargés transpor-^ tent journellement à Marseille, Toulon et autres lieux.

Les habitans de Cuges ont conservé l'usage foit an-*^

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^len , qim lorsque quelqu'nn meart, les parons et amis^ après avoir accompagné le défunt jusqu'à la fosse» font porter chacun un plat dans la maison du plus proche parent du mort, pour faire un festin, pendant lequel on ne manque pas de faiie l'éloge de lami qu'on tient de,perdre. Pop. 1,850 liab.

CURBANS. Village du canton delà Hotte-dn-Caire»

à 9 lieues de Sisteron. Son nom dirive du latin c(/râ^£(7^ cure y et du provençal baïu, bains » à cause d'une source d eau minérale purgative qu'on trouve dans le territoire. Le fer qu elle contient noircit les dents de eeux qui en font un fréquent usage. Il est surprenant qu'elle cuise bien les légumes.

La montagne de Pifoucha offre une grotte trèscurieuse aux naturalistes. L'air intérieur y est si iVoid en été » que Teau^jui se filtre à travers la voûte » forme de petits glaçons comme des ciei^s de plusieurs di-* niensions. £n hiver, au contraire , l'air y est fort tempéré « et on éprouve du plaisir à y passer quelques heures. Cette grotte peut être considérée comme une glacière naturelle.

La montagne de Malaupcj au pied de laquelle se trouve le village, a aussi ses curiosités: une mine de enivre, des mines de plomb tenant argent, de la molybdène, des carrières de gypse et de marbre statuaire transparent, qu'on prendrait pour de Talbâtre. On pourrait , de toutes ces richesses, retirer un parti fort avantageux

La Durance passe à une petite distance du villagé* Le sol produit quelques céréales, peu de £rtiits et des herbages. Pop. 565 hab.

GUREL. Petit village du eanton de Noyers , [à 6 1. de Sisleron^ sur la rive gauche du Jabron. Climat et productions du soi , les mêmes qu'à Château-Neuf-de- Miravail. Pop. 5oô hab.

CYPRESSETA MUTATIO. Ancienne position que certains auteurs modernes ont placée au même endroit où se trouve la ville de Pont-des-Sorgues. On sait que ce lieu était près de la rive gauche du Bhône , et à environ une lieue d'Avignon. En ce cas, comme depuis que Cypresscta a disparu, on a rapproché. considérablement le fleuve de la ville d'Avignon, nous pouvons assurer avec vraisemblance que cette position ne pouvait se trouver que dans 1 île de Barthalasse , formée par l'ancien et le nouveau Rhône.

CTR (Saint). Village du canton du Beausset, à 51*

de Toulon. C'est une ancienne dépendance du village de la Cadière. Les productions sont à-peu-près les mè»

mes. Pop. 1,768 hab.

DABISS£S (L«3). Hameau dans le territoire des Hées. •

DALMAS ( SAmt ) , ou plifiô^t Gol-Saint-Balmas. Moatagne à lost de 1 ours, et sur le conûu de la Fvo^ ▼ence et da Piémont. £Ue est fertile en pâturages et eu plantes médicinales, que des herboristes étrangers Tiennent chercher après la fonte des neiges qui y séjournent environ huit mois de Tan. Le Bachelard prend naissance même à la fonlière , passe dans la vallée de Fours, et vient se jeter dans TUbaye^ près du village d'Uvernet.

DAM£. Ile jNotre-Danie. Ilot près de la cote maritime du département des Bouches-du-Rhône, au midi de Marseille et du hameau de Daume.

DAME, Notre-Dame. Hameau dans le territoire de Harseilie.

DAHE« FortNotre-Dame-de-la-6arde. Petit fort sur

une grande élévation qui domine la ville de Marseille. Il est entièrement négligé. Il ne sert proprement que de poste à une vigie chargée de signaler les vaisseaux qui se montrent dans le lointain. C'est dans ce fort que se trouve la chapelle dé Notre>Dame-de-la-Garde^

( 35ii )

vulgairement la Bonne-Mère, patroane de Marseille et âes marins proTençanz.

DAME. Cap Motre-Dame^ Gap de. la côte maritime

du département du Yar, au midi de la Seyne.

I DARBOUX ou Arbocx. Hameau près de l'ancien Aeritu Dans le temps, ce hameau était un lieu assez

considérable, entre Scrignan et Mondragon, près de la rivière de Letz»

DAUME , vulgairement Endoume. Ilôt, plage et hameau dans le territoire de If arseille*

DAUPIIIiN. Village à une lieue de Forçai quier son chef-lîeu d'arrondissement et de canton ^ près de la petite rivière de Laye , qui arrose une partie des terres. Au quartier de Barneri, on voit encore quelques tronçons de colonnes en pierre commune , et lesfragmens d un buste de la mtime pierre très-grossièrement travaillée. De tous les temps[, on a vu des personnes avoir la manie d'imiter le luxe des riches. Aussi font-elles construire grossièrement ce que les autres font faire avec goût Une famille romaine, peu opulente, possédant une maison de campagne dans le territoire Je Dauphin» eut la fantaisie d avoir un.temple auprès de sa denicurp, et elle s'en procura un selon ses faibles moyens, sans songer, sans doute, que son mauvais goût serait un jour critiqué par des hommes peu habitués à voir élever des monumens qui fassent honneur à leur . siècle.

Le climat de Dauphin est tempéré; le sol produit-

du vin 9 de Tiiuile, du blé, de lépeautre et du foin» Il y a des mines de charbon de terre très-abondantes^ des strats conformes à ceux qu'on trouve près du B.hin. Foires» le 2 janvier et le 11 kiDVembre. Pop. £85 hab.

DÉCIAT£S. Peuple ceito-lygien qui occupait les

rives du Loup [VApros) , près de son embouchure dans la mer , entre Ântibes et le Yar, et non entre la Siagne «t le Yar 9 comme un auteur contemporain veut le prétendre. Selon les historiens modernes, le chef-lieu de ce peuple a dû^tredansle territoire de Yilleneuve- Loubet ; mais ils ne l'assurent pas. Un peuple si belliqueux et si redoutable aux Romains, devait avoir son chef-lieu près dun endroit fortifié par la nature; et cet endroit ne se trouve sur aucun point du territoire de Yilleneuve ; preuve certaine que ces écrivains n'ont pas eiploré eux-mêmes les lieux, et qu'ils s'en sont rapportés au tc'nioi«;nage des personnes peu expertes dans la partie. Un véritable amateur aurait reconnu cet endroit fortifié dans le territoire de Gagnes, et au lieu même où se trouve le village de ce nom , lieu unique dans toute la contrée. Exposition au soleil levant» re-* tranchement naturel, eau potable à portée, trois clu>ses principales que les anciens peuples cherchaient avant de former leurs établissement*

Les Bcciates» allies des Oxibiens, les secondèrent dans leurs attaques contre les Romains 1 et essuyèrent

les mêmes traitemens de la part des vainqueurs , c est* à-dire la destraction de leurs villes» et le désagrément de quitter le rivage de la mer pour aller s'établir daas llntérieor des terres, chez les autres peuples leurs alliés. yoyezOïïBiE'ss.

DEMÂNDOLX. Village ^ une lieue de Castellane son chef-lieu d'arrondissement et de canton , et près de la rive droite du Yerdoifi. 11 est divisé en plusieurs hameaux. La source de Fonte-Botdiion arrose presque tout le territoire. Le sol est fertile; le blé qu'il produit est de la première qualité. Il y a des prairies , des noyers, des pruniers dont le fruit séché est Uvré au commerce, des chênes qui donnent assez de glands, et des ruchers très-productifs. Pop. 563 hab.

• DÉZUYIATES, Peuple celto-lygien qui occupait Oi^n et ses environs jusqu'à Sénas. Il était allié des Salîens. Peut-être même en était-il un démembre* ment,

DËZÂUM£â. Étang de la Crau d'Arles, au midi de Saint-Martin.

DIDIER (Saint). Petit village du canton de Pemes,

à une lieue et demie de Garpentras. On y trouve de la pierre coquiUière excellente pour la bâtisse. Le sol est assez bon, et ses productions sont à-peu-près les mêmes qu'aux environs. Pop. 5i5 hab.

DIEU-DONKÉ. Port et jetée qui unit les îles de Popàgues et Ratoimcau devant Marseille, ^ûyez ce mat.

DIGNE, Dinia^ Digna, Dine, chîXaê DtnîeMîtm;

selon Scud. €t Ortëlius» Donoy, Ville épiscopale, chefrlieiidu département des Basses-Alpes, ayec tribanal de première înstau<;e, cour d'assises, tribunal de . commerce, à 197 lieues de Paris. Je pense que le vérî* table nom de cette ville est Dinia , nom qui lui vient du celtique é/m, eau, et ifl, chaude. On trouve, en eûbt., à environ vingt minutes de la ville, sur la route de Castellaue, au bord d'une rivière entre deux collines, une source d'eau thermale dont la chaleur est à 39 degrés au thermomètre de Rëaumur. Cette eau contient de l'hydrogène sulfuré, de 1 acide suliurique, de l'acide carbonique , de la chaux et de la magnésie , ce qui la rend propre à la gucrisou de plusieurs maladies, mais funeste aux maux vénériens. Les Romains connurent cette fontaine'. On ignore s^ls y firent construire les premiers bains , ou si ç'a été long- temps après eux. Tout ce que nous pouvons assurer, c'est qu'on y a établi de« puis plusieurs siècles un hôpital militaire ; mais on en a eu si peu de soin» qu'on le prenait naguère pour une masure. On affirme qu'une quantité de serpens, non venimeux à la vérité, qui se tenaient près de la source, venaient souvent se baigner avec les malades» Un heureux changement de maître vient de rendre cet établissement aussi agréable que la localité pouvait le permettre , et les malades pourront à toute heure du jour se promener à l'ombre de plusieurs arbres qui ne cou* Cribuent pas peu à embellir ce nouveau locaL

La ville de Digne est fort ancienne. Son origine re«

ttonte à Ift plus haute antiquité. Elle était la capitale des Bodiontici ou plutôt Blêdioniici , peuplade celtoïygienne alliée et même faisant partie des Albici^ nation qui avait pour capitale la ville de Riez. Digne n*a pas été le théâtre de grands exploits, du temps des Aomains. Cependant on assnre qué Jules-César y passa, et qu'ayant trouvé cette ville mal bâtie > il la qualiûa à! indigne. Je pense que ce qu'on fait dire à César est une pure ealomnie; car, à l'arrivée des Romains en Provence, il n'y avait pas de ville bien bâtie dans cette contrée.

Un auteur contemporain , de qui j'ai quelquefois emprunté les lumières , est fort en peine de trouver l'ancienne position tle la ville de Digne. Cependant l'emplacement de la ville actuelle était on ne peut plus convenable aux premiers habitans de la Celto-Ly« gie. Exposition au soleil levant, sur un amphithéâtre à 1 abri de tous les vents, ayant en dessus un retranchement naturel, et en dessous deux rivières où coulait continuellement de Icau excellente pour boire ; situation bien préférable à celle du village des Sièyes , où la Bleonne , sortant de son lit , rendait le pays mal sain. Il ne s'agit pas de jugçr d'un lieu par ce qu'il est aujourd'hui, mais par ce qu'il était dans le principe, et Ton évitera de faire des erreurs peu dignes d'une observateur judicieux.

Les diffiérens peuples barbares qui vinrent contrarier les Romains dans leurs conquêtes, détruisirent la ville de Digne jusqu'aux fondemens. Les habitans se

réfugièrent sqt les hauteurs voiàihes comme en desv lieux de sûreté.

Un hameau fut , à cette époque , formé vers le plateau qui termine la montagne de Cossoni^ Aussi , près, lie la chapelle de Saint-Michel , ou troj^ve une quantilé d'ossemens et de tombeaux chrétiens qui conservent tous les signes d'une haute antiquité. Quelquesuns renferment un petit pot de teire-de la même forme de ce quW- appelle en provençal , un toupin* . Ce pot paraissait être destiué à y teuir de l'eau bénite» usage ^pii^s'est entièrement perdu.

Apres l'expulsioa des barbarei^> quelques farailles^ descendirent au quartier de Motre-Same , sur la route de Barcelonnette ; et^ plus tard, nombre d'autres, transportèrent leurs habitations autour de Tancien retranchement celte , où elles se fortifièrent de plusieurs . tours. L'industrie fit accroître consîdérablcmcnl la population du nouveau lieu ; mais les guerres intestines «t la peste de 1629 sont cause que^la ville de Digne est aujourd'hui réduite à un tiers de la population qu elle avait eue autrefois^

La vijle d'aujourd'hui office quelques jolies maisons dans leur intérieur, une belle promenade servant de cours et de pré de foire, beaucoup de vergers, dans la plaine seulement^ car les hauteurs ne présentent que des rochers et des arbustes qui ne produisent rien, La plaine serait très-productive , mais elle est à moitié occupée par la Bléonne , qui fait tous les jours quelque nouvelle usurpation.. Il est surprenant qcTune ville^

éclairée telte que Digue > n'ait pas songé & réduire

lit de cette rivière , en plantant sur les deux rives des arbres inclinés , de manière que les branches penchantes pussent prendre racine dans le limon que l'eau entraîne habituellement lors des fortes pluies et du dégel. La vallée, depuis Digne jusqu'à Haligeai » y gagnerait considérablement, et les terres basses, voi* sines de la rive gauche , ne seraient pas constamment ravagées et couvertes d'eau stagnante et de gravier.

Toutes les maisons de campagne de Digne , ainsi que celles du territoire de Courbons , ont un essui où l'on met sécher les piuiios qu'on récolte dans le pays ; et ce fruit, joint aux laines et aux bestiaux» forment le principal commerce dU(Chef-4ieu, qui s'étend fort loin.

La montagne Saint-Vincent, au nord^de la ville-,.

contient beaucoup d'astroïtes. Les coquilles pétriûéea y sont communes , malgré les visites fréquentes des amateurs. nueatttremontagne,au nord des bains, of*^ fre des marcassites et des blocs d'une terre martiale> dans laquelle oa voit du &r cristallisé.

A quelques minutes au nord de la ville, et sur la route de Barcelonnette, on voit encore l'ancienne ca» thédrale , qu'on prétend avoir été bâtie par Chartemagne. Quoique cet édilice soit pour ainsi dire aban-r donné , il résistera, encore long-4:emps à la rigueur des fiiècles.

A peu de distance de ce vieil édifice , est le petit village de Chamjptercier, patrie du fameux Gassendi.^

Oigitized by

mant très-estimable par ses connaissances en mathé* viatiques , en astronomie et en histoire naturelle. Ce

lieu ctait ancleuncment un faubourg de Digue ^ à en juger par les vestiges des marchés et des foires qui s'y tenaient. Ces foires se tiennent anjourdliui-à Digne même 9 et elles sont fort courues. £lles ont lieu le premier lundi dè carême ^ le 2* lundi après PâguM, le lundi après VOctave de la Fête-Dieu j le lundi après la Samt-Julien, le lundi après la Tàimaint f le 3o no^ rembre et le 2 1 dt?cembre. Le commerce du pays consiste principalement en prunes-£rignoles » amande^» huilés, cîre> mid ; làines, chanvres, toiles dè Seyne,.. mulets^ chevaux, bourriques, et tout ce qui peut être utile aux habitans dé la haute Provence. Pop 4» ^ 60 h. .

Les communes du ressort de la justice de paix de cette ville sont. Digne» Aiglun, Ainac, Auribeau» Barras, le Castellard, le Ghaflaut, Champtercier , Courbons , les Dourbes,.Entrages , Saint-Estève ^ Gai^bert, la Gremuse» Lambert^ Malmoisson» Harcoux» Melan, la Pérusse , la Robine , les Sièyes, et Tlioard.

DILIS POSITIO. Ancien village qui se trouvait ao cap de la Couronne» près des Ifartigues.

DO. Ilot près de la cote d'Agay, département du Yar.

DOIRË (La^. Hameau dans le territoire dé* S4ranon..

DOS-FRAIRES. Village du canton de Vence , à 1 o 1. de Grasse, sur la rive droite de l!£stéron». près der

«OD eonflaent dans le Yar. Ce village fut cédé par le>

Piémont à la France, en vertu du traité de 1760. Il y . a dans le territoire des mines de charbon de terre non exploitées. Le sol produit des céréales, du vin, de la bonne buile et des ûgues excellentes. PopoL i2ohab.

• DOURBES (Les). Village à 2 lienes de Di^ne son chef-lieu d'arrondissement et de canton, près la rivo . droite de TAsse. Climat très-ffroid en biver, et trèschaud en été. Le sol est assez bon, malgré les rochers dont le territoire est parsemé. On y recueille des céréales et des légumes. Le village manque d'eau 9 mais, ses hameaux ont chacun une source abondante. P.op. s^Qù bab»

DRAGUIGNAN , Dracœnwn ou Draeenœ. Ville chef-

lieu du département du Yar, sur la rivière du Pis ou Màrtubie, à 328 lienes de Paris.

Un auteur , qui a fait de grandes recherches sur la Provence 9 (CœnalU), et qui a commis bien des er^ renrs, vent queDraguignan soit le pays des Déciates^ que tous les historiens s'accordent à placer sur les rives dn Loup ( l'Apros) , c'est-à-dire dans les territoires de Gagnes et de Yillencuve-Loubet. l^oinsinet de Sivri, dans sa traduction de Pline, dit que le chef-*lieu dea Déciates était aussi la capitale de dix autres villes, parmi lesquelles il comprend la Granêgone^ Cependant Honoré Bouche, Achard, Papon et antres» font de la Granégone un ruisseau qui> selon eux, a sa source daus

le territoire de Dragiiignan, et va se jeter dans l'ArgenSy près de Roquebnme. 11 suflit de lire ce passage et de connaître le territoire de Draguigoan , pour être entièrement coavàincu que ces écrivains ont écrit sur la Provence» les uns sans sortir de leurs cabinets , les autres san& explorer la campagne > tous sans prendre des renseignemens des personnes capables de leur en fournir d'exacts. Pour moi , je puis assurer, sans crainte d'être contredit, que la Granégone n a jamais été une ville; qu'elle n'est pas non plus une source ni un ruisseau, mais un simple nom de quartier, où se trouvent trois ou quatre bastides et une petite chapelle ruinée , dont le tout ne peut former un hameau.

Le traducteur de Pline a pu prendre sur la carte le mot Granégone, qui se trouve sur la rive gauche du Pis , pour celui de VAniier, qui est sur la rive opposée. Ce Laniter^ ou plutôt VAntier^ est l'ancien Antea ou Aiitcis , ville capitale des Suetterij nation cello-lygicnne qui occupait les deux rives de TArgens, depuis sa source jusqu'à son embouchure dans la mer. Antea n'était donc pas une ville des Dédales , mais une ville alliée , des DécUtteSf comme elle Tétait également des Ugaunif des Oxlbiens et de plusieurs autres peuples qui pouvaient se trouver entre la source du Lar et l'embouchure du Var.

La ville é!A ntea , dont lefis historiens modernes disent n'exister aucun vestige , et ne savoir sur quel point elle se trouvait, et qu'ils supposent, d'après la découverte qui fut faite d'une pierre milliaire flur. la vpie romaine

qui condaisait de FréjnsàRiez^ avoir été silure dans: le territoire d'Ampus^ la ville à'ArUea existe , pour ainsi dire» encore» et porte son nom primitif. Elle est exactement sur l'ancieHne voie romaine, aa fond du bassin de DraguignanySur le penchant delà montagne de la Cygue> à une exposition au soleil levant, d'où l'on découvre toute la vallée delà i\artubie et deTArgens jusqu'à la mer. Cette vallée 9 de- huit liei^ de long, bordée de colKnes et de coteaux, présente à l'œil du voyayeur étoufié Taspect.le plus éclatant, le plus, pittoresque et le plus magni6que. Des: deux côtés , 1 vue s'étend avec plaisir sur les vergers d'oliviers qui couvrent les amphithéâtres des deuxrives, et semblent se-marier avec les forêts de pins et les roches granitiques des hautes montagnes qui bordent le littoral. -£q face, on contemple avec déliices et satisfaction le spectacle le plus gracieux el le plus varié. L'on commence d'abord par admirer le bassin riant de ûraguignaa, où. Ï9t Nartubie promène ses eaux au milieu des vignes,, des prairies et des vergers qu'elle féconde ; ensuite on découvre les eaux claires et limpkles de la Fouz^se* confondant avec celles de- la Nartubie , pour aller ar-roser le territoire du joli yillage de Traus ;.plus bas, on aperçoit TArgens serpentant dans la^pittoresque vallée du Muy, pour aller traverser et couvrir de limon les: vastes plaines de Fréjus, et mêler ses eaux avec celles de la mèr. Ce magnifique tableau est enrichi de plusieurs communes placées les unes à la suite des autres, et d'un fond d'asur relevé par le vert ondulé d'une vaste éten*

due de mer y qui semble se perdre dans rimmeasit&.

D'après ceîa^ il n'est pas étonnant que le roi des Suel* teri ait choisi de préférence la situation d'Jlntea pour y établir sa capitale et le siège de son gouvernement.

C'est réellement au hameau de TAntier que se trou- Tait cette ancienne capitale. En creusant dans les terres, à environ trois cents pas au-dessus de riiabitalion actuelle 9 on trouve les fondations de plusieurs édiûces qui paraissent avoir été iinj>()rtans. Il y a peu d'années, qu a environ cent pas au-dessous de l'endroit, on découvrit une ancienne construction , que les paysans du quai'tier prirent pour les fosses d uik; tannerie, et qui étaient des sortes de viviers, où des familles romaines nourrissaient des coquillages dont elles étaient friandes. En démolissant cette construction, le maçon découvrit une grande quantité de médailles romaines toutes en argent, qu'il alla vendre à un orfèvre de Draguignan.

Papon dit que le nom A^Antea dérive du celtique antej qui signifie à l'extrémité, à l'opposé. En effet, la ville à*Antea se trouvait à lextrémité d'un vaste bassin, au fond de la vallée du Pis, et à 1 opposé de Forum Juin. Ajoutons, qu'ainsi que toutes les capitales des anciens peuples, Antea était situé sur un ampliithéâtre exposé au soleil levant, abrité des veats du nord, non loin d'une eau potable, à portée d'un retranchement naturel , dans un pays giboyeux.

La situation et l'exposition de l'Antler ne peuvent l'tre contestées. L'eau .potable s'y trouve ^ non seule-

ment à la rivière qni conle au pied de la rampe , mais à la jolie source qui sourd au cenlre de l'habitatiou actuelle. Quant au retranchemeat où se tenaient les. assemblées de la nation , il était sur un rocher en forme de pain de saore^ que ies gens du quartier nomment encore 9 en preyençaly Ca$téùUHié'-liégéy corruption <lu latin Castellum legU, (Château de la loi.) Eu effet, c'est du haut de ce pic, et dei'intéri^ur d une enceinte de blocs de rocher ( i ) , que le roî éesSuélteri donnait la loi à ses peuples; c'est de là aussi quil pouvait bra^ ver les menaces des envieux de sa puissance.

La primitive viïle à'Autca devait être construite dans le même goût que les principales villes de la Celtique. Les Celtes d'alors avaient à-pcu-près le même génie : aussi leur manière de construire les habitations et les villes 9 leur manière de les fortifier, d0 les : défendre, de les attaquer, était chez eux partout la même. Nous savons que les maisons des Celto-Lygiens étaient aussi simples que les grands qui les faisaient construire et qui les habitaient. ( 11 n y avait que les hommes riches et puissans qui eussent des maisons^) Quelques per» chcs ou la flèche de quelques Jeunes pins, de quelques mélèzes llchées en terre sur un plan circulaire , retenaient une sorte de mur intérieur en terre pétrie qui, sans ces espèces de piliers, aurait croulé à la moindre averse. Des peaux d'animaux» de lëcoree ducbène-

(1) Ce retranchement eiiste encore en partie, qnoiqoe fort dégradé. Les. bloct qui fimnaient cette sorte de barricade ne trontent encore, les nm à. leon pkcef, lea anlaei en deNOoi de l'cndiuît d'ob tn lea » détachéa*.

liégc» des nattes de joncs et de roseaux, et même du chaume » couvraient ces humbles et étroites demeures, placées sans ordre et sans goût, comme une quantité de petits gerbiers, dont elles avaieûtla forme etl elc* vation , sur une aire en amphithéâtre , qui n'offrirait en** tre eux ni ruelle, ni le moindre emplacement propre a y fouler les geil>es« Ce groupe informe de cassines était, tant que possible^ adossé à un retranchement naturel 5 et toujours entouré d'une sorte de rempart formé de longues poutres et de grosses pierres. Ces poutres, non entièrement équarries, et ayant sur la face extérieure des tronçons taillés aigus, reste des branches qu'on avait coupées, étaient placées à travers ; et, dans leurs intervalles , saillaient les angles bruts d'une multi« tude de grosses pierres qui rendaient ces murailles, tou** tes hérissées de pointes, diiEciles à être prises d'assaut* Une ville capitale était, au besoin, défendue parles hommes les plus vaillans de la nation. Le souverain ne se contentait pas de donner, du haut de son retranchement, les ordres nécessaires pour la défense de la place. Il sortait quelquefois lui-même , sur un char hérissé. de piques et de boucliers, suivi d'un grand nombre de chevaliers armés, et de plusieurs Bardes chantant des hymnes de la guerre et du combat» U at-* quait lui-même l'ennemi qui se trouvait au-devant de la place , et le pousssut , tant que possible, vers le fossi qui entourait les murailles, pour l'y précipiter ou pour le faire accabler de pierres et de traits par les soldats dont les remparts étaient garnis.

Si la guerre était de Gaulois contre Gaulois , ou les lusiégés étaient plus forts que les assiégeans > et Favan* tage de la situation assurait la victoire aux premiers ; ou les assiégeans étaient plus forts que les assiégés , et ces derniers étaient forcés de se tenir dans leurs barricades et de s y défendre de leur mieux. Les assiégeans alors 9 après avoir consulté les Druides qu'ils avaient à leur suite, et fait immoler plusieurs victimes à leurs dieux, construisaient, hors de la portée des traits ennemis, une haute tour carrée » en bois assez fort pour résister aux coups qui lui seraient portés. Cette tour achevée , on la traînait pendant la nuit jusqu'audevant d'une des portes de la ville assiégée. Du haut de cette sorte de donjon, cent bras des plus vigoureux lançaient de grosses pierres sur la tête des hommes qui défendaient l'entrée de la place ; fk si les torches ennemies n'incendiaient cette fatale machine, c'en était fait de la ville ; elle succombait en peu de jours , et quelquefois en peu d'heures. Les assiégés se retiraient alors dans le retranchement^ dernier boulevard qui leur restait; mais le manque de vivres et de projec* tiles les forçait bientôt à se rendre à discrétion.

Les SueUeri, ayant toujours bien vécu avec les peu* pies qui 1er avoisinaient , n'eurent , je crois, aucun siège à soutenir contre les Celto-Ly^iens, elAntca , leur ville capitale, subsista long-temps > comme ces chênes respectés par les tempêtes et parla cognée du bûcheron. Mais comme tout ce qui est l'ouvrage des hommes est périssable , et qu'il u'y a rien de stable dans ce monde.

ticus verrons bientôt à quefte épôque cette Tille fiit «Dtièrement détruite , quel fut le peuple qui la détruisit, et quelle fut la cause de sa destruction. En attendant, on me permettra de donner de nouvelles preuves qui attestent qu'jintea existait eu même lieu que je lui assigne, et que j'ai été le premier à le signaler.

L'ignorance delà position à'Antea a lait commettre plusieurs erreurs aux historiens modernes 9 notamment celle sur la véritable position àuFomm Foconii, Ceux qui croyaient qjûLjintea se trouvait à Aups, n'ont pas tsraint d'avancer que le Forum Voconii était k Draguignao. Ils y étaient en quelque sorte autorisés par la distance de cinq lieues qui se trouve entre ces deux villes. Les autres, qui ne calcidaûent les distances que sur la carte , en suivant la ligne directe 9 supposant que IW»iea était rAmpus.de nos jours, ont soutenu > Tun^ que le Forum Voconii était Gonfaron j l'autre , que c'était le Luc ; et le plus grand nombre » que c était le Cannet dtt Luc. Hais les Romains mesuraient diflG^reiument les distances.... Loin de suivre la ligne droite, souvent impraticable à cause des montagnes » des vallées et des forêts peut-ôtre impénétrables de leur temps, ils les mesuraient en suivant les routes pratiquées , sujr lesquelles ils avaient eu soin de placer des pierres mil* liaires. A cette époque, il s'en fallait beaucoup que les routes'fussent exactement les mêmes que celles de nos jours. On sait positivement que celle qui du village deXrans conduisait à celui des Arcs, passait par la plaine de Sainte-Rossoline. D'après cela^ si nous

voulons trouver la véritable position du Forum yoah niij nous dirons ; de rAntieràDragoignanune lieue, de Draguignan à ïrans une lieue, de Traos à Sainte* Rossoline une lieue, de Sainte-Rossoline aux Arcs une lieue, et des Ares à Taradeau une lieue ; ce qui fait en tout cinq lieues. Or, le Forum Voconii se trouyaità Taradeau, dont les distances vrecMatwsa^ Forum Ja- Ui et Antea sont exactement les mêmes que celles marquées dans les itinéraires»

Les premiers Romains qui envahirent la Celto-Ly-« gie connurent Antea. Plusieurs familles italiennes se* tablîrent en cette ville, et s^y construisirent des babi« tations en rapport de leurs rangs et de leurs fortunes. Hais Tesprit remuant des Suelteri et de leurs alliés, leur attachement pour la»liberté , et leur haîne pour des hommes qui étaient venus leur ravir leur indépendance, attirèrent dans le pays des armées romaines qui , non seulement détruisirent la ville à' Antea, mais encore le retranchement qui leur servait d'asile et de défense* Le peuple alors étaiL caché dans les forêts de Malmont et Malbos (mauvais mont et mauvais bois ) , et fit éprouver des pertes considérables à ses oppresseurs. Le fer et la llamme des Romains finirent par soumettre les révoltés. Les malheureux, habitans ii Antea se réfugièrent sur une hauteur du Malmont. Ils y cooi»truisirent de nouvelles demeures, et donnèrent à ce lieu le nom à'Arguinaudj puis celui de Griminum, vulgairement

Ce nouveau lieu subsista pendant plusieurs siècles^

C*^st-à-dire jiisqu a ce que leshabitans eussent reçu les lumières de l'Evaagile , par saiût HermeuUire {sont Ar» m^/âre)> premier éyèqued'Ântibes, qui vivait en 450» et noa en 860 , comme certains historiens Tout avancé ; car, dans le neuvième siècle 9 le lieu de Griminum fut détruit par les Sarrasins, et les habitans occupaient la ville de Draguigaau qui était déjà populeuse et bien fortifiée ( 1 ). Saint Hermentaire , animé d'un saint sèle» vint^ sous le règne des E.omains, augmenter le nombre défi disciples de la foi* Comme» à cette époque , il fallait, pour persuader les hommes^ parler en même temps et aux yeux, et au cœur, le saint prélat, homme * vaillant et vigoureux , s'arma d'une lance et d'une cp ée, et fut dans la campagne combattre un énorme serpent qui était TelTroi de tout le pays (â)« Ueutlebouheur de le percer de son arme , et de le voir expirer à ses pieds , sans avoir été atteint lui-même. Ce haut fait-d'arraes , et le signalé service qu'il venait de rendre à l'humanité ^ lui valurent la confiance de tonte l'habitation. 11 pro* fita de cette couûancc pour persuader le peuple des vérités de la religion de Jésus-Christ. Tout le monde s'empressa de renverser les idoles païennes , et de substituer à leur p^ce l'image de la rédemption. C'est à

(1) La ttooTelIe ville fbt ooBiineilcèe foos lei Romtiiis, à telle enseigne, i|n'oa a troiiTé, il y a peu d'années, an c6té méridional de la paroisse aotnelle , des toasbeanx avec tout knr petit mobilier, pareil k odvi qne les premiers chrétiens enfeimalent dans leurs sépulcres.

(2) Il y a enTÎron soixante ans» nn pareil serpent exerçait ses ratages dans la Ibiêt do Thanéroo. Un grand nombre de personnes en forent défo» téci. Les bibitans d'Aoïibean finirait par le toer.

tétte époqae » que la viDe prit pour armoirie un dragon

nîlo, ayant la tt^te traversée dune épée. Telle est Ta»* suraoce qui nous est doonée par la plupart des histo^ riens, telle est la tradition populaire qui s'est conser^ \6e jusqu'à aujourd'hui.

Immédiatement après leur conversion, les habitant de Griminian abandonnèrent la hauteur pour venir s'établir au pied fie la montagne , et près d un sol marécageux qu'ils desséchèrent Ils y bâtirent une ville qu'ils nominèreat d'abord Dragoniam, et ensuite Z>raguignan. IlsFentourèrent de fortes nmrailles; et» pins tard, ils la lorlifièrenl par une haute et vaste tour, sur un rocher escarpé , au centre du lieu ^ par trois citadelles et plusieurs bastions. La population s'accrut et diminua successivement. On agrandit et on embellit la ville à différentes époques. Elle devint bientôt coa^ sidérable et une des plus importantes de la Provence. La juridiction de sa cour royale comprenait les vigueries de Castellane,- de Grasse, deDraguignan , deLor* gueSy d'AupSy de Brignoles, d'Hyèrcs et de Toulon. En 1 569 , le roi y établit des prud'hommes , qui jugèrent gratis les affaires au-dessous de cinq florins. Le greffier de ce tribunal n'avait pour tout émolument quun liard par ordonnance.

Les gucrrc$ civiles ùreni tomber les premiers remparts de Draguignan. Gomme tes huguenots mena* raient de saccager la ville, l'aulorité jugea à propos d'aller cacher les reliques de saiut Uennentaire dans l'île Saint-llonorat. Draguignan fut assez heureux d'é*

thapperàlaTigilance des gens de la nouvelle secte, qui

couvraient la campagne de deuil; car ils se livraient au viol y au meurtre, au pillage et à Imcendie. Ils ne tardèrent pas à se présenter devant la ville pour tâcher de l'enlever d'assaut ; mais ils furent vivement repoussés |]faf la bravoure des habitans» dirigés par le sieur de Saint-Martin , lieutenant du grand-prieur de France, Cet échec ne découragea pas les religionnaires. Us se réfugièrent dans les villages de Châteaudouble et du Miiy, pour épier le moment favorable pour surprendre la ville. Ils fiirent euinnèmes surpris par les Draguignanois, qui les chassèrent de ces deux positions, et détruisirent les remparts <jui leur servaient de dé« fense.

En 1 6 1 5 , la ville et les faubourgs de Draguigoan furent entourés d'un nouveau rempart flanqué de tours , et bordés d'un large fossé. Cette ville semblait prévoir qu'elle allait être le théâtre des plus grands désordres. Au commencement du seizième siècle, les catholiques, moins nombreux, ou , peut-être , moins audacieux que leurs adversaires, étaient forcés de se tenir cachés. Ils se réunissaient néanmoins à la campagne ou dans des caves de la ville y pour y remplir leurs devoirs religieux aussi secrètement qu'il leur était possible ( i ).

Les chances de la guerre ayant aflaibli les religionnaires, ils furent à leur tour opprimés par les catholiques^ <jui usèrent de représailles, et surpassèrent même

(1) Un de ces temples existe encore en dessous d'une cave d'une maison, sur la place du MaicUé.

ceux qui leur atsient donné Texemple du carnage el

de la barbarie. ILa 1 56o, Antoine et Paulon deHichieu» sieurs de Mauvans, habitans de Gastellane, insensés armés par les luthériens , et tous deux animés parle souvenir de rexécution de Tarrêt du parlement contre te lieu de Mérind<rf , {voyez cemot) , commirent les plus grandes scélératesses dans les communes qu'ils parcouraient Antoiiie parut seul àDraguignan , peutr-ètre sans intention criminelle, quoique sa présence fut d'un mauvais présage. Il fut reconnu par quelqu'un qui jugea défavorablement son apparition. Le peuple en fiit instruit^ et s empressa de se saisir de sa personne. Ce même jour, malgré les remontrances des gens honnêtes de la ville , Antoine fut inhumainement massacré par la j>opttlace, qui lui arracha le cœur» pour le promener dans toutes les ruelles au bout d'une perche. Le corps, après avoir été traîné autour des remparts, fut livré et abandonné aux chiens pour en être dévoré. Ceux-ci^ moins avides de sanget de carnage que les hommes, refusèrent une nourriture qui n était faite que pour lescannibalesou pour les bêtes férocesde l'Afrique.

Un protestant du pays sortit pendant la nuit, recueillit avec soin les restes du cadavre et les inhuma. J.e parlement en ordonna Texhumation, et fit pendre aux portes de la ville d'Aix , et parla main du bourreau^ ces membres dégoûtanset à demî-putréfiés. Cette conduite irrita tellement Paulon , qu'il mit toute la haute Provence en combustion. Après il courut s'enfermer dans Sisteron; mais, prévoyant qu'il ne pourrait s y

aoatemr, il fut terminer sa misérable vie dans^^ le Pé« rigord.

Le commencemeat du dix-^ptième siècle n'offrit pas de scènes sanglantes dans Draguîgnan» mais ses environs étaient ravagés par la peste. La ville envoya des secours aux lieux frappés par la contagion , dqfmis Toulon jusqu'à Riez, Moustiers et même Colmars, quoique ce dernier lieu ne lût pas dans sa juridiction.

A cette époque 9 un ?er rongeur attaquait les tiges, tendres des oliviers, et les desséchait eu peu de jours. La ville leur intenta un procès» qui fut plaidé de la même manière que dans une autre circonstance , où la ville d'Arles fit sévir contre les rats qui désolaient lacanipagnc (i).

Vers l'an i65o, une troupe d'ennemis du roi, qui «étaient fortifiés au viUage de Reynier et au château de Rhuez, vint tenter de surprendre la ville qui était sans garnison. Les habitans» la plupart armés de bro^ ehes et de bâtons ferrés, firent une sortie , poursuivirent les rebelles, les atteignirent au quartier de la Gra- Bégoae» oili ily eut un condiat meitftrier. Les rebelles.-

(1) Let viOei de Frovtiioe ne aoot pas les seqiei qui aient intenté des pro* «ès «u animevz. Le jnge de Fekise fit» en 1S86* mutOer et pendre one traie pour ayeir tné un «efant; en «neoq fot condamné à être biùlé^ p ar sentence du magistrat de Béle , pour avoir fait nn œuf ; en ià99 , untanlean fat condamné à la potence , près de Beanvais, pour avoir occis un enfant ; en 1985 , le grand iweire de Valence fit ciler les chenilles devant lui, nt leor donna un procureur pour se défendre ; en 1690 , un juge dn cantoiL d'Aaveigne nomma aux dieniUes na caratcur, la cause fnt contiadictoir*^ ittentplaidée, etc..

perdirent beaucoup de moude et leurs lieux de refuge furent détruits. Cet événement mit la ville dans la né« cessité de se tenîrsur la défensive. De temps en temps, elle était attaquée ; mais elle opposait toujours une vigoureuse résistance. Le gouvernement du roi, voulant faire cesser le désordre qui régnait chez les ProvcuçauXy envoya à Draguigaan le baron de Roumoulcvs» <[ui ordonna aux habitans d'ouvrir les portes de la ville et de se réunir sans armes sur un mcmc point , liors des murailles. Les habitans obéirent» et pendant qu'ils étaient assemblés, les rebelles, qui se trouvaient cachés dans la campagne , pénétrèrent dans la ville , s'emparèrent de la tour de l'horloge et de plusieurs autres postes, et assassinèrent quelques hommes de marque qui se trouvaient dans les rues. Us fuirent bientôt cernés dans leurs retranchemens. Le gouverneur de la province leur envoya un pailojnentairc , qui reçut un coup de fusil parti de la tour qu'on voyait encore , il y peu d'années, sur la place de Porte-Aiguières» Les communes des environs s'armèrent pour venir délivrer la ville de cette troupe de perturbateurs. Ceuz^i en étant informés, et n'étant pas en force pour opposer une forte résistance, prirent la fuite, dans l'espoir de revenir plus tard pour y assouvir leur fureur. Ils réparurent en effet avec des forces considérables. Us essayèrent plusieurs fois de prèndre lavilK* à l'escalade. Le^ï habitans» après avoir repoussé les différens assauts, firent une grande sortit» , et remportèrent sur les ennemis du roi une victoire complète. A cette nouvelle , toute la Pra«

Teoce se sentit comme soulagée d'un fardeau acca^

blant. La ville de Marseille ordoniia des réjouissances publiques. £Ue écrivit une lettre de félicitation et of- £i'it des secours à Draguiguan dout la guerre avait épuise les ressources.

Deux ans après , des officiers de plusieurs contrées , qui avaient la ville pour. prison^ formèrent un parti qui donna lieu à une nouvelle guerre civile dont Dragviignaa lut le berceau. Ce parti, connu sous le nom de sabreurs^ parce que les chefs se servaient habituellement du sa<bre, se ^uva en présence d'un autre parti non moins redoutable, appelé les ganivets^ à cause qu'il était com^ posé en grande partie d'hommes qui maniaient journeU lement le cauif^ ^lou ganif). Ils avaient chacun à leur iôte une jeune paysanne du pays qui les commandait. Ce fut à qui maintiendrait le chaperon dans sa faction, et à qui vengerait ses haines particulières sous le voile des haines nationales. Dans ce désordre affreux, la fureui' aveuglait tout le monde. Le père égorgeait ses enfans sans pitié ;. le fils plongeait le poignard dans le sein de celui qui lui avaitdonné le jour ; la femme embrassait la cause contraire à celle de fon mari^ à qui. elle témoignait une grande aversion ; les filles étaient autant de furies qui parcouraient les rues, armées, d'un glaive teint de sang, et qui excitaient tout le monde au carnage. Le maire de la ville , M. de Gani^ard, fut la première yictime. JNombre d oiliciers et de pères de familles furent massacrés; les femmes, les» willards et les en£ms ea bas âge ne furent point épai:-

gnés; et leurs corps fbrent entassés dans des caTes on

daiis les tours qui entouraient la ville.

Cet esprit de parti se communiqua à Lorgaes» Brî* gnoles , Saînl-Maximin , et de là dans toute la Provence et le comtat Yénaissin. Le roi envoya promptement des troupes contre Draguignan , ordonna la démolition de Ja iortcresse, sur le rocher de l'horloge, qui servait de refuge aux sabreurs, et fit sévir contre les auteurs de ces troubles qui, comme étrangers, avaient tous pris la fiiile et s'étaient sauvés dans le Piémont,

Cet événement a £ût naître un bruit diflàmatoire contre Draguignan ; et ce bruit 8*est conservé jusqu'à aujourd'hui. 11 s'agit d'un régiment de cavalerie nommé la cornette-blanche qui, pour s'être mal comporté envers leshabitans, aurait éprouvé , dans une seule nuit> une sorte de vêpres à la sicilienne. Ce bruit est entiè< rement faux. Deux raisons vont le prouver. La première est que ce régiment étant en garnison dans cette ville avec deux régîmens d infanterie^ ces derniers n'auraient point manqué de le défendre ; la seconde est (|u'il n'existe rien dans les archives du parlement de Provence qui atteste qu'un pareil excès ait eu lieu. Ce qui donna naissance à cette calomnie , c'est vraisemblablement l'arrêt rendu par le parlement contre les officiers sabreurs, et dont l'exécution en effigie eut lieu dans la ville où ils avaient commis le crime.

Dix-huit mois après , tout fut pacifié; et le siège » qui avait été momentanément transféré à Lorgnes, fut rendu à Draguignan. Cette même année ^ le roi, con-

vaincu du bon esprit des habitans , oSrit à sa chère

ville (ce sont ses propres expressions) une chambro de commerce et sa protection pour les manufacture» du pays. Il confirma les privilèges de Draguignaa qui étaient immenses; nous ne citerons que les droits de péage et de ceyde qu'il aTait dans toute la province,, parce que ces droits étaient fort avantageux,

Après ces terribles événemens, la ville jouit d'un calme parfait. Elle n'éprouva de nouveaux troubles, qn'en 1707, par des hommes payés pour maintenir Tordre et pour faire respecter les personnes et les propriétés. Une armée française vînt camper dans la plaine, pour empêcher le duc de Savoie de s'écarter de la ligne qu'on lui avait tracée , lors de sa retraite de devant Toulon. Ces soldats français se conduisirent à Draguignan pire que dans un pays qu'ils auraient conquis par les armes. Us se livrèrent à tous les excès les plus blâmables ; ils démolirent les bastides , volèrent les ferremens et les instrnmens aratoires , coupèrent un grand nombre d'oliviers , arrachèrent les vignes , s'emparèrent des récoltes et maltraitèrent les cultivateurs. Ce qui révolta le plus les habitans, ce (bt de n'obtenir d'autre justice de la part du chef de ces forcenés, que de grands éclats de rire et une plaisanterie offensante.

Draguignan est aujourd'hui le chef-lieu du département du Yar. On lui a rendu une partie du lustre qu'il avait autrëfoîs. Il a une cour d'assises, un tribunal de première instance , qui connaît en appel les juge-

mens correctionnels des tribunaux des trois antres ar<-

rondissemens, un tribunal de comuiercc^ une socicto des dames de la maternité y une autre des dames de la miséricorde, etc. ; il avait naguère une société d'ému- I.ATION qui, dès sa naissance^ fut en grande réputation dans le royaume. Le manque d'encouragement la fit tomber. £lle a été remplacée par uae Société d'ar griculture et de commerce , qui ferait le- plus grand Lieu, si elle était secondée par les principaux propriétaires du département. La bibliothèque de la ville est très-utile au public. Elle fut fondée par M. Joseph Tauchet^ premier préfet du Var , et est composée de 1 5^000 Tolumesy d'un médaillier et d'un cabinet d'his< loire naturelle. On y trouve aussi quelques beaux tableaux originaux de plusieurs peintres fameux.

L'église paroissiale en offre également plusieurs qui attirent lattention des connaisseurs. Un de ces der-' nierSy ouvrage de Yanloo» décorait à Paris le grand-* autel de Saint-Gerniaiu-des-Prés.

Les étrangers remarquent avec raison le jardin du plante» de cette vOle, qui serait mieux nommé les cAamps-élysées; car ce n est qa une promenade publique formée par des arbres exotiques d'une belle venue, pn se pluiL particulièrement au centre du jardiu,. . autour d'un beau jet d eau, au milieu d'une place bien ombragée et ornée de jolies statues enmarbre. Au sommet du jardin, sont nombre de caisses. d'orangers , et une infinité de vases contenant des plantes et desi arbustes rareS; dont la plupart viennent de la zone tor^

rîde« Cet établissement est encore dû ans lumières et

au bon goût du premier préfet du Var. Le jardin anglais qui sert d ornement à cette promenade^ ainsi que l'esplanade et le lavoir immense qui se trouve an bas^ sont dus à M. Chevalier, septième préfet du Yar.

Les habitans de Draguigan» au nombre d'environ 10,0009 sont naturellement gais, hospîtaHers et trèslians avec les étrangers. Depuis un temps immémorial, la noblesse des environs venait passer ses quartiers d'hiver dans la ville exprès pour y Jouir de l'agrément de la bonne société. C'est qu'en eilet^ on y trouva toujours des réunions choisies, où la jeunesse se livre à des di« vertissemens honnêtes et instructifs. On admire , chez la généralité, cette politesse et ces manières aisées qui annoncent une éducation soignée et l'usage da mojide. L'instruction cjue les jeunes gens reçoivent au * collège de cette ville , tenu autrefois par les savans pères de la doctrine chrétienne, et devenu maintenant, grâce au zèle éclairé de l'administration municipale, Tun des plus importans collèges de l'Académie d'Aix(i), contribue beaucoup à développer chez eux le goût de l'étude et du travail. Aussi les connaissances sont généralement répandues dans toutes les classes de la société.

Je ne dois point terminer cet article sans parier des,

(1) Ce collège, de plein exercice, est n'gi au compte de la vUle. Chaque classe y a son professeur ; outre le latin et le grec, OD y apprend la philoiiuplùc, la phyiiiquc , les langues étrangères , etc.

doux coromonîes relîgieusés qui avaient lieu autrefois à Draguignan , telle que la procession de la Fête-Dieu et celle de la fete patrcMMl^^da pay»^

Autrefois idiFi tc-DLeu était, pour les habitaus et pour les étrangers qui s'y rendaient en foule , un des plus beaux Jours de Tannée. On établissait des théâtres sur toutes les principales places de la ville*. Des orchestres Bombreuxsy réunissaient j et faisaient vibrer dans Tair des sons harmonieux. Le clergé en habit sacerdotal » les magistrats en grande tenue » et les-autorités civiles, et militaires, stationnaient devant les diÛérens théâtres et sur des gradins disposés exprès, pour y voir représenter des scènes tirées de réeriture sainte ce qui était cause que la cérémonie durait toute la journée et une partie de la nuit. Les jeunes gens de Tun et l'au-^ Ire sexe, appartenant aux meilleures familles du pays, figuraient dans ces scènes intéressantes , s y piquaieni à l'envi pour mériter les applaudiisemens de rassemblée; et les personnes du quartier ne négligeaient rien pour donner à ces représentations tout Tédat qu'elles méritaient. Aussi toutes les maisons de la place étaient tendues de riches, tapisseriesi ouvrage de leurs mains» etlesfènètres, garnies de draperies, de guirlandes et de vases de fleurs qu'on cultivait exprès toute Tannée.

Il existe depuis lon^-temps en Provence la coutume de faire la Bravade , lors de la fôte patronale d'un lieu. Chaque pays a ses usages particuliers. Les uns croient bien honorer leur saint , en faisant beiucoup> de .bruit et ,des décharges de mousqucterie à tou3«

pas ; et c'est ce quon voit à Callan, Saint-Trope2 et plusieurs autres eooiniiiQes du littoral} les autres forment des compagnies de dragons et de carabiniers pour escorter les reliques ; d'autres enfin se contentent d'à* 1er procesûonnellement à une chapelle ordinairement située à la campagne. Là, des galoubets et des violons, sous une voûte de verdure > attirent la jeunesse aux plaisirs de la danse , pendant que la multitude^ assise sur la pelouse au bord d'une fontaine ou dW ruisseau, fait un repas champêtre ou mange des friandises quo Ion vend sur le lieu même. A l'approche de la nuit, la jeunesse retourne en faisant la farandoah^ sorte de danse inventée par Thésée et introduite en Provence par les Grecs. On appelait alors cette danse la grue» parce que les danseurs forment une longue chaîne qui , à rîmilation d'une volée de grues, s'entrelace d'une infinité de manières.

Les cérémonies de l'ancienne bravade de Draguignan méritent d'être citées, soit par les diil'érens jeux qui la composaient, soit par l'antiquité de l'origine de ces jeux. D'abord des baladins^ couverts de rubans, à l'imitation des Gorybantes qui dansaient autour du jeune Jupin , maixhaient en tête de la bravade^ en exécutant des < pas grotesques , selon les ordres qui leur étaient don* nés par le bâtonnier qui les dirigeait ; ee jeu nous vient des anciens Grecs. Ensuite c'étaient les chevaux frus, c'est-à-dire chevaux fringans, précédés des galoubets, au son desquels ils exécutaient en cadence une danse particulière , en se croisant dans tous les sens ; ce se>

^eond jea fat apporté par les Phocéens; cW une iini*

tatîon du combat dos Centaures avec les LappWies, Après venaient les oUvettei ; c étaient seize jeunes gens , yètns à la romaine , qui , en présence de leurs chefs , se livraient au combat particulier^ en dansant ; ce jeu faisait allusion à la fameuse querelle de César et de Pompée. Puis arrivaient les Turcs suivis du grand sultan et de ses principaux ministres » traînant à leur suite plusieurs esclaves enchaînés , en mémoire des Sarrasins, lorsque, à la lin du neuvième siècle ^ ils saccagèrent le lieu de Griminum et menèrent les habitans en servitude. Enfin venaient des compagnies de dragons» hussards, Romains et carabiniers, qui saluaient les reliques par de grandes décharges de mousquete* rie. Celte coutume vient de ce que les Sarrasins, étant maîtres du pays , empêchaient les chrétiens de remplir leur devoirs religieux; et que ceux-ci furent forcés , pour célébrer la fête de leurs patrons, de faire escorter les reliques par des hommes armés, pour tenir en échec les inûdcles et pouvoir se défendre en cas d'attaque.

Les foires du pays sont, le lendemain de la Pen^ tecôte, le i" septembre et le i3 décembre. On vient d'y établir un marché pour les bestiaux , qui aura lieu les premier et troisième samedis de chaque mois.

Les communes du*ressort de la justice de paix du lieu sont, Draguignan, Arapus, Tlajosc, la Motte et Trans.

Arcxtrémite nord-ouest de la plaine de Draguignan,

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tît sur la voie aurc'lienne qui passait à Antea, il exislail Sur la Nartubie un pont de coostniction romaine , qui résista à plus de seize siècles > mais une forte inondation 5 qui eut lieu en 182^9 en a emporté larche en entier, et l'a couverte de gravier.

A quelques minutes de la ville, et au quarlicr de la Laouvo, on remarque un monument druidique 9 vulgairement appelé /a pierre de la fée. C'est une grande et large daie, d'une superficie d'euvirou cent deux pieds sur deux d'épaisseur , qui dpit peser quatre cents quintaux poids de marc. Celte dale, supportée par deux autres dales placées de ciiamp, sert de toiture à une petite habitation rurale.

Au quartier du Dragon , près de Tancien Griminiim , j'ai reconnu un petit autel en calcaire du pays, dédié an dieu SUvain* On y lit très-distinctement ces carac 101*65.

Aî\A SILV ANI

Au sommet de la colline du Seyran, il y a une pe*» lite éminencc appelée la clièvreni* or. Le peuple croit qu'en cet endroit , un pauvre paysan 9 qui n avait pour toute fortune qu'une chèvre, Irouva dans un las de pierres un trésor qu'on y avait caché pendant les guerres civiles; qu'il s'en servit pour en acheter plusieurs immeubles imporlans, et que cet homme dit tenir sa fortune de sa chèvre. Pour moi , je pense qu'en cet

endroit , il y avait anciennement un temple dédié à la, chèvre d'or, tout comme il y en avait un dans le terri'* toire de Biot

La ville de Draguignan est située sous un climat sain et tempéré, au pied de la montagne du Malmont, au* trefois célèbre par le bon vin qu'on y récoltait. César en fit le plus grand éloge, aussi on le transportait à grand frais jusqu'à RomCé «

La position du bassin de Draguignan, entouré de collines toutes complantées en oliviers , vignes , figuiers et arbres fruitiers, forme un coup-d'œil ravissant Le comte Chaptal nommait ce bassin un grand jardin anglai$* Ce coup-d'œil frappe les gens du Mord, surtout pendant l'hiver, parce que la verdure et la végétation continuelle des oliviers qui couvrent les amphithéâtres, celle des cyprès, des lauriers et autres arbres qui ne perdent point leurs feuilles , et qui servent d'ornement à la multitude de bastides qui se trouvent ' disséminées dans la campagne, charment admirable^ ment la vue et la satisfont en même temps.

La plaine, d'une vaste étendue, offre de jolies pro« menades sur presque tous les points. £Ue est en grande partie arrosée par un canal de dérivation des eaux de laMartubie. Ce canal vient également traverser la ville, pour mettre en mouvement un grand nombre d'engins, et fournir à plusieurs fabriques. Le peuple croit que ce canal fut donné au pays par la générosité de Jean-* ne I", reine de Naples et comtesse de Provence. Cependant il existe dans les actes de la, commune , une

délibération de celte époque, par laquelle le conseil muaicipal alloue des foudspour la réparation du canal dégradé par la vëtasté.

Au cpiartier de la' Foux ? il y a une source très-abondante d'eau salée» contenant du soulFre et de raluroine* Elle sert à faire fonctionner des pressoirs à huile» des moulins à farine, un moulin à foulon» une blanchisserie pour la toile» et u|ie mécanique pour carder la laine*.

Les eaux de la source du Dragon » qui ne servent un pressoir à huile» à une ressence et à deux ïnoulins à plâtre, seraient précieusespour une filature de coton. Ce même quartier offre des carrières de gypse gris et bhuic àvec indices de cristalisation.

On trouve dans le pays des fabriques de savon , de draps» dacétate de plomb» de poteries communes» des tanneries» des teintureries» des filatures pour la soie » un beau moulinage pour la soie^ des distilleries d'eau-de-Yie^ etc. ^

La ville, sans être bien bâtie , offre d'assez |olies rues et quelques édifices remarquables. Je ne citerai que le palais de justice» et une prison modèle» la seule qu'il y ait en France, construite d'après le plan de M. Baitar» architecte de Paris et ancien professeur de dessin de Técole polytechnique.

Je n oublierai pas pourtant la tour de Thorloge» A justement admirée par les voyageurs instruits qui tîsitent cette ville. Cette tour, construite en 1667» carrée^ et s'élève avec majesté à une hauteur prodi-

gicose. Sa base est un grand rocher taillé à pic «ar

toutes ses faces, et dominaut tous les autres édifices qui rentourenL Ce rocher est lui-même supporté par un aufrerocher infininàéntpliis étendu et s'élevant comme Ufke montagne au ceutre de 1 endroit

La ville de Draguignan avait autrefois quatre hospi'^ ces, dont deux extrà muroê. Elle n*en aplus qu'un aujourd'hui, mais à une situation çles phis heureuses qu'on puisse trouver* Elle avait aussi 'dix monastères. Sept pour hommes et trois pour filles. Dans ces monastères, il s'y est tenu plusieurs assemblées,, dont une, à eeliii des Augustins, fut présidée par le général de l'ordre. 11 y avait aussi Unç, synagogue dans la rue de la Juiverie; il en parait en^çore des vestiges.

Parmi les grands personnages qui ont honoré Draguignan de leurs visites, nous citerons principalement quatre rois de France, qui toua laissèrent des preuves non équivoques de leur attachement pour une ville qui y dans les circonstances les plus pénibles et les plus périlleuses, avait fait tous les sacrifices pour soutenir la cause royale et mériter le titre honorable de ville fidèle*

Peu de villes de la Provence oflErent autant d'em*

placement pour être augmentées et embellies. Les familles étrangères qui transporteraient leur domicile à Draguignan , trouveraient à peu de (irais des locaux aux plus belles expositions, propres à y construire des maisons spacieuses et agréables, Ëllea seraient assurées dy respirer un air sain, à cause des vents alizés qui vieu-

lient de Test, et commencent à neuf heures du matin

pour ne cesser qu'au coucher du soleil. Il n'y a j)as d eau stagnante dans le territoire. La plupart des per* sonnes qui sont renuêsà Drnguîgnan pour rétablir leur santé, y ont fixé leiu' demeure. C'est aussi ce qui a valu eki peu d'années à cette Yillé an moins un tiers de «a population actuelle.

DRAIX, Drazi. Village du canton de la Javie, à 4

Heues de Dijîne , sur la rive gauche de la Bléonne. Climat frpid en hiver 9 et très-chaud en été» i^ol pierreux et fertile en grains, légumes et fruits de tonte espèce. Il y a de bons pâturftges, et ron y élève nombre de troupeaux de menu bétail. Pop. i56 bab.

DROMONStSAINT-GÉMEZ ou Saint-Gkniez-de- Brovons» Castrwn DramondL Village à 5 lieues de Sisteron son chef-lien d'arrondissement et de canton^ Le mot Dromons est celtique. Il est formé de dro , cou-* per, et mon 9 pierre. £n effets il y ai près du village un rocher qui a été coupé par la main des hommes. Ce rocher est appelé pierre écrite, parce qu'il s'y trouve gravée une inscription qui rappelle que le chemin fut ouvert là au commencement du cinquième siècle, sous l'empire d'Honorius. Nombre d'auteurs, qui ont écrit sur la Provence, ont donné cette inscription en tout ou en partie 9 mais la plupart d une manière inexacte. Les amateurs d'archéologie ^ne me désapprouveront pas de la donner telle qu elle a été copiée et traduite .

par l'auteur de la géographie aucieunc du dcparlemcud des Basses-Âlpes.

CL f Pt)STVMV8 DABBANTS V INI "f- ET Vk

TBICIÀE DIGNITÀTIS EX GONSVLARI PBO VINCIAE VIENSENSIS EX MAGISTRO SCRI NII LIB. f EX QVAEST f EX PRET "f" GALL f ET K£VIA GALLA CLA *)- ET INL -f EEM -j" MATEBEAJt EIVS LOCO CVI NOMEM TIIEOPOEI EST VIAKVM VSVM CAESIS VTIMQVE MON TVm LATERIB f PBAESniERYNT KT EpS ET FOBTAS DEDBBTNT QYOD IN AGBO PBOPBIO eONSTIimM TTSTIONI OK mVM TOLTBBVNT ESSE COMlfVNE ADNI IXNTB ETTAN ▼ f INL f eOM -f ACBBATBS ME 'MORATI VIRI CL "f- LEPIDO EX CONSVLA CERMAMAE PRIMAE EX MAG MEMOR XX COM BERVM PRIVAT -|- VT ERGA OMN*

VM SALVTEM 10R¥ M STVDIVlf SX DEYO

TIONI8 PTBUC TI

TVI.Y8 POSSEt OSIBMDI (l}*

c Glaudius Postomiift Dardanus, homme illustre^ ereyètii delà dignité de patrice, ex-consulaire de la

t province viennoise, ex-maître desre(juêtes,ex-<{uesc tetU!» ex-prêteur des Gaules » et Nevia Galla^. noble t et illustre dame, son épouse, ayant fait couper les « flancs de la montagne ^ de chaque côté» oat procuré c un chemin viable au lieu dont le nom est Théopolis j c lieu qulls ont fortifié par des murs et des portes ; le

(i) Aolimdtciois^UyadeicmàriiiKriptiimoriiWe.

« travail > fait dans leur propriété particulière et destioe «néanmoins par eux à servir à la sûreté de tous» a 4[ été exécuté encore avec Taîde de CJaudius Lépidus, «homme illustre , compagnon et frère du sus-m.en«* < tîonné 9 ex-consulaire de la province germaiue , ex- « secrétaire de l'empire, ex-iatendant des affaires pri-

^ vées.

c Afin que leur sollicitude pour le salut de tous,

. «. et un témoignage de la reconnaissance publi<jue .4 pussent êtremontrés par cette inscription. •

Ce chemin fut ouvert par Dardaaus » préfet du pré*» toîre d'Arles, afin de pouvoir arriver plus facU.emen]t dans une de ses terres, où ii voulait se fortifier, de manière à se faire respecter des peuples barbares qui menaçaient d'envahir la Gaule narbonnaise* Il paraît qu'il effectua son projet sur une hauteur connue ,alors sous le nom de Thém$ et, <|ans la ferme cou:* diction que les dieux préservaient de tous accident J'homme qui. mettait sa confiance en eux, il leur con* .3acm sa maison de campagne fortifiée, qui aurait pu devenir une ville ^ si les habitans de la contrée fussent Tenus s'y réfugier. C'est ainsi que, du nom primitif de ce lieu ThéuSy il en fit celui de TbéopalU, ville des dieux, c'est-à-dire ville mise sous la protection de.s 4ieux. Le peuple de la contrée n'a couservé à ce lieu que la première dénomination , en lui donnant une prononciation italienne ou de l'ancien langage proven- ^1, Théoitti nom qui a été donné ensuite à un petit

village bâti en ce quartier ^ où se trouve une chapelle souterraine constraite, vers le douzième siècle, «veo des débris d'autres mouumens , qui peuvent fort biea être ceux que Dardanus et sa famille firent élever daiïs

leur terre.

Le territoire de Dromons ofire une mine de plomb » une fontaine d'eau salée imprégnée de foie de souflB*e» du vitriol , des pierres remplies de soufîlures , qui font présumer que le pays a eu des volcans. Les hauteurs présentent beaucoup de plantes médicinales. Le climat est froid, les récoltes tardives et abondantes ea blé et en foin, quoique le sol des vallées soit pierreux et graveleux. Pop. 49^ hab.

' DURANCE , Durantia. Grande rivière formée par

le Dur et par ïuénce, près de Mont-Genèvre, dans le haut Dauphiné. £lle entre dans la Provence en dessus de Sisteron; et après avoir reçu la S&sse, le Buechv la Bléonne, l'Asse, le Yerdon, le Calavon et une infinilé de ruisseaux, elle se jette dans le Rhône, en dessous d'Avignon. Son ancien cours était d'Orgon à Xar xnaaon ,£yguières et la vaste |>laine de la Crau, qui, dans le principe, n'était qu'un golfe, et que la rivière combla de terres alluviues et de cailloux roulés de différentes grosseurs. Puis, la Dm*ance ^'ouvrit un autre issue qui la conduisit dans les territoires des Beaux et d'Ailes; enfin, peu de temps avant l'arrivée des Romains, elle passa par Cavaillon, Bompas et Avignon où elle a continué de couler.

Quelques auteurs modernes ont prétendu que la

Duraoce était navigable, les uns jusqu'A Cavaîllon, les. «obres jusqu'à Pertuîs» et un dernier jusqu'au confluent du Yerdon ; ce qui est tout-à-faît inexact Silius Italîeus dit que cette .i^yi^rç Jut un obstacle à la marche > d'Annibal^ au-dessus du pays des Vocouces; et Tite- Live dit que les Gaules n'ont point de rivière moins propre à la navigation que la Burance y pa^rçe qu'elW* ^st toujours inconstante , sans lit et sans bornes certaiues,. D 'après cela^ on peut croire avec vraisemblance que les utriculaire^y sortes de mariniers qui se trouvaient à Gavaillon et. qui ne. naviguaient que sur des outres enilées, ne descendaient ni ne montaient la ri-, yère^ nifus ne faisaient que la travprser^ comme on i^t aujourd'hui avec un bac.

La Durauce ravage considérablement les plaines , qu'elle traverse.^ principalement celles aux environs : de Manosque , Pertuis et Orgon. Des Juifs s'offrirent de la resserrer à leurs frais» sous la seule condition > qu'on leur abandonneraîtrtout le sol qu'Us gagneraient; sur olle*. Cette proposition ne fut point acceptée par . l'ancien parlement de Provence , |Mii;.la seul^ crainte . de trop enrichir des hommes industrieux , dont la fortune éclipsait ou faisait envie à nos plus puissans sei- , gneurs. En refusant cette offire» le parlement aurait, dû la faire resserrer lui-même au profit de l'état , ou plutôt au proiit delaprovince ; mais 9 de tous les temps,, on a trouvé des égoïstes qui ne voulaient ni faire le^. bien , ni le laisser faire aux autres.

Cependant les bateaux à vapeur remonteraient

jourd'hui la Durance jusque dans les Hautes-Alpes , tandis qu'ils ne peuvent naviguer à un quai't de lieue du confluent. Si le projet du resserrement de cette rivière s'eÛectuait un jour, ce qu'on nous fait espc-* rer 9 on n'aurait plus besoin de songer à dévier ses eaux dans des canaux navigables, tels que celui qu'on a dc'jà entrepris et abandonné plusieurs fois au col de Canto^Perdrix 9 qui devait passer par Aix et venir aboutir à Marseille.

DURIO. C'est le nom d'une ancienne ville de PnK

vence dont on ignore la position. Les uns veulent que ce soit l'ancien Sisteron ; d'autres soutiennent que c'est Donzère, ville qui fait aujourd'hui partie du départe^ ment des Hautes-Âlpes ; un seul veut que ce soit la même que Taucien Aeria*

Le nom Durio désignant une situation d'un accès diÛicile , nous concluons que celle ancienne position n'était à aucun des lieux qu'on s est plu lui assigner Iny qu'à aujourd'hui^

ÉfiUSIAlNL Voyez Ésubuni.

ECTINI. Peuplade celto-lygienne qui habitait le long du Yar, près le Puget-de-ThenieiSi on peut-être dans la campagne d'Ëntrevaux.

ÉDENATES. Autre peuplade celto-lygieune dont le chef-lieu se trouvait à Seyne. £lle occupait toute la vallée de la Blanche.

ÉGUILLES, Ca$trum de jirquilla ou AquUa. YiU lage à une lieue et demie d'Aix son chef-lieu de canton et d'arrondissement ^ etsur unehautenr. Le sol produit du blé, du vin, des amandes et quelques olives. Le beurre du pays jouit dune bonne réputation; les herbages y sont excellens. Pop. 2,5oohab.

' ÉGUITURI. Peuplade celto-lygienne dont le cheflieu était à Reillane. Tout prouve que ce pays a dù être ocçupé par les premiers habitais de la Celto- Ljgie.

EMBIENS* Peuple celto-lygîen , division des Éso* biens, et qui paraît avoir occupé la rive gauche de lUbaye, depuis en dessus de Méolan jusque sur les hauteurs en face de Janvier , contrée appelée pai- les

anciens 9 vallU nigra^ ^ cause de. la couleur du soi et des épaisses forêts qui s y trouvaient. Il est yraisemblable qu'une subdivision de ce peuple fut occuper, la petite vallée de Fours» en cemontant le ruisseau de Bachelard.

ENCHASTRATO. Village à une lieue de.BarceW

nçlte son chef-lieu d'arroadisscoieut et* de canton, pr^s la rive gauche de TUbaye , et sur le penchant d'une montagne. Il y a une mine de charbon do terre. Le sol produit du blé , mais principalement de gras pâ<r lurages pour les troupeaux de ménu bétail , qui y vien* oeHt passer la saison des chaleurs. Pop. 85o hab.

EKDOUME. Foyez Daume.

ENDROS, autrefois Endellos. Rivière qui naît à Saint-Paul-près-]Payence« ËUe reçoit les ruisseaux ou lorrens deSeillans, Bargemon, Callas, Figanières, et se jette dans l'Argens, à une demi-lieue en dessous du Huy^ où Ton viei^; de jeter un. pont ^i étut, indispensable lors de la, saison des pluies.

ENGREMER. Étang dans la Grau d'Arles, a lest de Foz-ljes-Martigues.

£KTB.AGES ou Entragiles. Village à 2 lieues de Digne son chef-lieu d'arrondissement et de canton. Le territoire est souvent inonde par la rivière d'Âsse. Heureusement que les vents^ qui se font vigoureusement ressentir dans le pays^ déssèehent les eaux en peu de tempSj^ et font que la plaine ainsi que les coteaux

produisent du blé , du via, des légumes et des fruits* Pop, 275 hab.

EN TR AIGUËS , Interaguas. Village à 2 licuos de Carpeutras sou chef-lieu de cantou et d arrondissement 9 sur une branche de la rivière de la Sorgue, dont les eaux fertilisent le territoire naturellement aride » et font mouvoir un moulin à papier. Le sol produit un peu de tout. Le village fut pillé par les calvinistes, malgré le château du pays qm, à cette époque» était très-fort Pop^ 1,^10 hab.

ENTRECASTE AUX , Intercastra ou Intercastrum. Village du canton de Gotignac, à 5 lieues de Brignoles» situé entre trois collines, et ayant un petit cours fort agréable et bien ombFagé. La rivière- de Bresc et uue> infinité de petites sources arrosent les terres. Glîmut tempéré. Le sol produit du blé , du foin , des légumes^ beaucoi^ de raisins, dont on fait du vin cuit de bonnii qualité; mais la principale denrée est l'huile, dont la qualité est supérieure à celle des communes des environs. Aussi y depuis quelques années, elle est très-recherchée dans le commerce, et on l'expédie jusqu'à Paris pour la table des gourmets. Le hameau de Saiut-s Antonin fait partie du territoire. Foires, le 1" juin, le 6 août et le 4 novembre. Pop. 2,000 hab.

ENTREGENS. Tour et étang dans la Grau d'Arles, entre Saint-Ghamaset S9int-Martin.Qnypôchebeau*t çoup de carpes.

ENTRECIIAUX , Inlerrallis. Village du canton Halaucène» à lieues d^Oraoge, avec trois baïQeaiix^ L'air est pur, principalement sur les hauteurs. Le sol est sablonneux et fertile. Sa production essentielle est le TÎo et les mûriers. Aussi ou y élève beaucoup de vcrs-à-soie. Le territoire est arrosé par TOuveze, sur laquelle est un pont fort ancien , le Toulerin ou Tholorenc , qui Tient du Hont-Yentoux, et le Grausel, qui vient de Malaucène. Pop. i|ii5hd>. Foires, 5 février et 5 septembre.

ENTREPIERRES» Inter-Peirœ. Tillage à une lîeae et demie de Sisteron son chef-lieii d'arrondissement et de canton , divisé en trois hameaux , savoir : Méaiers fintrepierres et Naux. Le climat du premier est modéré j aussi on y reeeuille beaucoup de fruits. Celui de Maux» est froid, et le sol ne fournit que du blé et de lavoine. Le hameau d'Entrcpierres a un sol pierreux et de peu de valeur. Ses produètions sont peu de chose» Le territoire est arrosé par plusieurs ruisseaux. Celui dit le Jabron n'est qu'un torrent qui porte plus de préjudice que de fécondité. Pop. 436 hab.

ENTJŒYAUX, intervalles^ autrefois Intèrvallium.

Petite ville militaire , chef-lieu de canton du département des Basses-Alpes 9 à i.41ieiies de Caslellane , sur la frontière du Piémont et sur la rive gauche du Tar, avec une bonne citadelle et un tribunal de commerce.

La situation du pays annonce 'assez que les Eciini, peuple celto-lygien , occupaient le territoire. La hau-»

fcnr où se trouve la forteresse actuelle a du servfr cte retranchemeat à ce peuple; l'amphilhéâtre où est la TÎlIe a dû être leur tnallus. On serait fort en peine de trouver dans la contrée une posilloti aussi iavomble aux premiers habitans des Alpes-Maritimes*

La TÎlle de Glandève se trouvait à un quart de lieoe d'Eatrevaux. A la destruction de la première, le siège de leyèché qu'elle avait, fut transféré àEntrevaaz; mais y dans la suite , il fat supprimé à cause de son peu d'importance*

Lorsque CharleMjuint se disposait à envahir la Provence, uu détachement de son armée, contre la foi des traités, s'empara de la ville d'£ntrevaux qui feisaît partie du comté de Nice et appartenait au roi <fe Piémont. Quoique les- impériaux n eussent éprouvé aucune résistance de la place, ils incendièrent la ville et passèrent la garnison au fil de l'épée , pour effrayer vraisemblablement les villes de la Provence qui n'ouvriraient point leurs porte» à des ennemis si lâches et si cruels.

Après avoir été chassé de la Provence, Charles-Quînl ne songea point à restituer cette place à qui de droit* Plusieurs années après j une ûlle du pays, âgée de vingt ans, d'un courage héroïque et d'une éloquence à don» ner de l'audace au plus timide , réunit secrètement les jeunes paysans et les bergers, les harangua, leur montra le chemin de la gloire, marcha à leur tète, un mouchoir blanc d'une main et une épée nue de l'autre, éventrale premier oilicier allemand qui voulut s'oppo-

ser à elle. Son exemple aaima ses compagnons. Ils sur* prennent les impériaux^ désarment forcément les uns, terrassent courageusement l.es autres» et dans nn instant toute la garnison est fiiite prisonnière et chassée de lat ville de la manière la plus humiliante. Après ce brillant exploit 9 la jeune héroïne réunit les principaux hàbitans qui se trouvaient disséminés dans la campagn e ; elle se plaint fortement du duc de Savoie , de ce qu'il n'avait pris aucune mesure pour délivrer la ville etven* ger ses sujets lâchement assassinés ; elle montre la cou" leur sous laquelle elle a vaincu les impériaux, en fait le plus grand éloge, et propose à ses compa^triotes de se mettre sous sa protection. Sa volonté fut celle de tous. Le roi de France accueillit Toffre de cette ville» et l'exempta du droit de taille. Mais , plusieurs années après» les habitansd'£ntrevaux» vojulantj comme tous les autres Français» contribuer aux dépenses de l'état» demandèrent au roi , comme une grâce , d*être assujettis aux mêmes charges» et cette demande fit l'admis ration de tout le monde.

Je suis étonné que la ville d*£ntrevaux» et même que les rois de France n'aient point Mi élever un mo-» nument en cette ville , qui rappelât à la postérité la plus reculée le nom de cette héroïne et la belle action qu'elle fit pour venger ses compatriotes et son pays.

La ville d'Entrevaux est bâtie sur une colline et en amphithéâtre. Ses rues sont raides et presque toute» en escaliers. Il y a toujours des troupes en gamisoiif comme étant une des clés de la Provence.

Dans le territoire» on trouve des indices de mines de plomb, de cuivre et de fer. On y a découvert de Tor

natif reufermé dans du quart^. Le sol produit du blé, des légumes» des herbages excellens et des melons très-estimés. Pop. i ,4^4 hab.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieu sont, Ëntrevaux» Aurent» Gastellet, Saint-Cassien*, CastcIlet-les-Sausses , Saint-Pierre, la Rochette, les Sousses et Yille-Yieille.

£^iTB.£Yl:liNES» Intervertis ou Intervenœ. Village dlû canton desMées, à 9 lieues de Digne , situé sur une élévation, exposée à tous les vents. Climat sain, sol aride. A force d'engrab et de çulturç» Il produit du blé , du vin et Je Huile. Pop. 676 hab.

EOIIBE. VcyezOmk.

£OULX ou £oiJx, Eoius, Petit village à 2 lieues de Castellane son chef-lien d'arrondissement et de canton. Le nom d'Eole fut donné à l'ancien lieu, parce ^e , placé sur une hauteur, il était exposé à tous los vents. Le village actuel est sur une situation plus heureuse. Son. climat est tempéré; son point de vue est fort étendu. La neige n'y séjourne pas aussi long-temps que dans les communes voisines. Le sol produit peu de grains et peu de légumes de médiocre qualité ; mais, en revanche 9 il y a beaucoup de prairies et des pâturages excellens. Le territoire oiEre de la craie , du charbon de lerre , des coquillages fbssileset pétûfiés. Pop* ^8 hab.

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ERNAGINUM, ou Ernagina. Yille de l'ancienne Pr<v Tence du temps des Romains , et de laquelle il n'existe plus de vestif^es. Elle se trouvait au lieu de Saint-Gabriel^ entre Ârles et Saint-Remy , où passe aujourd'hui lanourelle route qui communique entre ces deux villes. Je crois qiixErnaginum îai détruit par Euric, roi des Yisigoths.

ESCALE (L') ,Scaia. Village du canton de Volonne,

à 5 lieues de Sisteron , près la rive gauche de la Duraace , sur laquelle on vient de jeter un joli pont sur quatre sortes de cables en fer soutenus par deux grands piliers distans l'un de l'autre d environ cent vingt mètres. Ce pont communique au village de Château-Arnoux, et rend la route de Digne à Sisteron plus courte et plus agréable. Climat tempéré ; territoire presque tout ar- Tosable par les eaux dérivées de la Bléonne et de la Durance. On y recueille du vin 9 de l'huile > des noix et des fruits. Plusieurs tonrens exercent leurs ravages sur plusieurs points , et notamment entre les deux principaux hameaux près de la route. Pop. 597 hab.

ESCLANGON, Ewlango. Petit village à 5 lieues de Digne. Climat froid ; sol peu fertile ; il produit du blé et peu de vin. Pop. 100 hab. ,

ESCLANS. Ancienne communauté qui, depuis en* viron un siècle ^ n'en est plus une. Son territoire a été divisé entre les communes de la Motte et du Muy.

ESCLAPON. Lieu inhabité^ sur le penchant de k

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moQtagat de Lachens. Du côté du midi était le filiagei l'aciràft eu était difficile. U fut rava^ 6t détruit pendaitt les guerres civiles. Ses tert-es saut, en général, cultivées par les habitaos de Mous ; elles produisant aboi^ damment du blé de première qualité. D y a quelques pranîes arrosables et de bons pâturages, des forêts de ehèoes blancs, de sàplos et de mélèses. Près le chemin qui co&dnrI'àClastènaney se t^ouTemraUme profond. £n y jetant des pierres, on enten4 quelquefois un bruit effroyable suivi d'une nuée de corneilles qui sortent de cette cavité. Les hauteurs offrent une coulée volcanique. On vient de découvrir dans la vallée du Fil un sable excellent pour la fabrication du verre. J^es fromages de ce quartier sont fort estimés.

ESCRAGÎNOLLES^ Scralcgnola ou Sclangola. Village du canton de Saint-YaUier^ à 6 lieues de Grasse ^ et divisé en deux parties. L'ancien village ainsi que les habitans ayant été détruits par le cruel Raymond de Turenne, les terres furent distribuées à plusieurs fiH milles pauvres du village de Mons. Voilà pourquoi les gens de ces deux lieux parlent le même jargon^ qui est un génois corrompu» Les montagnes , en calcaire du Jura, sont toutes pelées , principalement à leur exposition au midi, où Ton ne passe que difficilement; les forêts* s'ont de pins, de chênes et de hètares. Le sof produit du blé. La petite Stagne ou Siagiwre naît à Fest du territoire. Elle a deux sources éloignées d'environ deux cents pas^ les eaux passent dans des gorges

peu fréquentées et incultes ; n'arrosant point de praU fie«9 on esl obligé de bûcher les heii>e8 des terres en jachère, pour suppléer au fourrage, qui manque. Pop. 3oo hab.

, ESPARRON-DE-PALLIERS. Village du canton de Sarjolsy à 8 lieues de Brignoles. Le sol, quoique ingrat^ p^^uit du bon Ué et en quantité. Pop 600 hab»

ESPARRON-LA-BASTIDE, iS/^om.YiUagedaisan-

ton de Turricrs, à 8 lieues de Sisteron. Climat trèsfroid en hiver y ce qui empêche le monde de se livrer aux travaux de ragrîculturo. Aussi, pour se préserver de l'oisiveté et de Tennui, on s*y occupe à faire de petits outils et des meubles en bois, qu'on va vendre dans les communes du département, dès que les neiges leur permettent de sortir, ce qui n est guère que dans le courant du mois de mars. La principale production du sol est le blé. Pop. 256 hab. '

ESP ARRON-DU-VERDON. PeUt village du canton de Riez» à 16 lieues de Digne» à une certaine distance du Yerdon > et partagé par un petk ruisseau. Une inscription fut placée à ce village > comme un monument de reconnaisance» à lamémoire deTEa-^PsBDUixvspar Do»UTIUsELTICHo^, sou affranchi. Climat fort tempéré. On y recueille du vin» de l'huile » beaucoup de blé et lissez de foin* - Le pays est assez agréable» à cause de sesprairies. Pop. 5i5hab.

ESPÉREL. Ancien village» aujourd'hui hameau

daiis lè territoire de Montferrat II était divise en grand et en petit Espérek On y trouTe une grande quantité

de ruches à miel.

ESPINOUSE , Spinom. Petit tillage da eantoo de

Mézel, à 5 lieues de Digue, sur ane hauteur» Les chemins sont fort rudes > mal entretenus et raragés par des torrens. La révolution française a vu détruire le château du lieu ^pii avait des canons et des projectiles , suffi- «animent pour arrêter un ^snemi nombreux» Le terrf^ -toire, quoique montagneux, est fertile et agréable; il fMrodttit prindpaksment du bl4 Pop^ ao4 bab.

ESTÉREL. Montagne dti département du Var, dans le territoire de Fréjus» Son sommet s'élève à huit -cents mètres au-dessus du niveau de la mer, qui vient jbaigner le pied de sa face méridionaiew ' Les géologues anciens ont toujours regardé l'Esté^ rel et toutesles élévations de la basse Provence, comme une dépendance des Alpes» Les modernes, au eon^ traire , prouvent que les montagnes littorales du dé* partement du Yar ont pour commun centre le massif fie l'Estérel, vu* qu'elles n'ont aucun rapport avec la chaîne des Alpes , soit dans leur direction et leur con* figuration extérieure', smt dans la nature des terrains etdes substances qui la composent. Bien plus, cesder» niers croient fermement que l'Estérel et ses dépen-* dancea ont la même analogie que les montagnea da lIBe de Corse, et ne craignent pas d avancer qqe cette

Ile a dû êlre origmalrement unie au contioejQt de la

Pour moi , je pense qu'une montagne , Ion de sa formation, u'a point dépendu d'une autre montagne, maÎ9 bien du d^gré de fime el de la direction du feu soùterraîn qui força le sol à quitter le niveau de la terre, et à former des ëminences que nous appelons nunUagnetf coUkm, etc. Ici» comme aux montagnes des Maures et à celles de l'île de Corse, la bande prijûûliTe déchira y en s'élevant» la bande secondaire i ' Ët la couvrit sur tous les points d'une coulée granitique et quelquefois volcanique. Âinsi, quoique le granit se montre sur. toutes les faces de la montagne de TEstérel, et qu'il la couvre depuis la base jusqu'au sommet, de manière à empêcher Tinfdtration des eanx pluviales, le calcaire qui forme la bande secondaire ne fait pas moins partie de cette montagne , quoiqu'il ne se montre sur aucun point Le calcairo fut englouti par l'effet que produisit l'éruption granitique. Qui sait si la multitude de volcans qui ont existé sur ilos mont^ines littorales n'ont pas été produits à cette même époque? Tout prouve qu'ils sqnt très-anciens , et qu'ils datent de long-temps avant que la Celto-Lygie eût reçu ses premiers habitans.

Le massif apparent de la montagne de TEstérel est granitique, accompagné de porphyre, de micachistes» de diabases orbiculaires, de grès rouge, en un mot, des mO:mcs roches que celles qui forment toutes les nootagnes des Maures. On y trouve également, du

iparU amélbiste^ dé la tri^ppe» du porp&yre globa-» hoz» da porphyre blea en une carrière que les Ko^ mains avaient exploitée^, du fer oxidulé magnétique aimantaire » que]q[ues géodes» une sortë de grenal tpm les anèiens Hébreux nommaient Uguré, iparee qu'il avait été trouvé sur la côte de la Cclto>Lygiirîe , da pape en blocs on en morceaux détachés dans iës ihter^ valles dës rochers, et quelquefois dans lè fend des vad^ Ions, y ayant été entraîné par le temps qui a décrépi fes sommités les plus élevées.

Le granit de l'Estérel est une sorte de pierre grîse, composée de molécules quartzeuses , du feld-spaht et de mica. On le reconnidt aux. belles- colonnes qui sé ti'ouvent prés de la ville de Riez et du bourg de Valensoles, à celle qui débore la fontaine devant Thotel de ville cFAix , et à Tobélisquc qui embellit la place du mar» «hé de la ville d'Arles. Ces belles pièces fiirent tirées- > . d'une carrière dans le terriroire de Gallas, quartier de- Penuafort, où Ton rencontra par hasard une racine de k montagne que nous décrinons.

Il y avait autrefois, sur la montagne de l'Estéi'el,. un temple dédié à la déesse des forêts. Toutes les dé« pendimces de cette montagne lui étaient consadréesL. Elle en portait même le nom , puisqu'on l'appelait la Diane eHéretle. Gomme il y avait la peine de mort oon^^ tre eeux qui toucheraient amt arbres de-cette forêt», ce lieu fut long-tem]^s> redouté par. le peuple, à tel point que, même après le cidte de cette déessé et destruction de son. temple , on croyait que la divinité

continuait à résider dans un lieu qui lui ayait appartenu. La sombre obBCurité de celte torHf le danger qu'il y arait de la tnrrerser, soit par les bêtes féroces qui y faisaient leur séjour , soit par les brigands et les ▼olears qui s'en servaient de repaire , firent cpokeqoe cette montagne était habitée par quelque malin esprit, anquel on donna d'abord le nom de nymphe estéreiUf et ensmle cehu de file eetérelle. On lit, dans les actes de l'ermite Hermentaire [ArmerUari) , qui vivait dans le moyen âge, qa'on ofibait des sacrifices à la /Keest^'-* relie; et que celle-ci, en reconnaissance, donnait aux femmes stériles ou certain breuvage qui procurait la fiicondîté*

Indépendamment du temple de la Diane estérelle, cette montagne en avait plusieurs autres qm méritent d'être cités.

Sur une élévation qui domine la batterie de l'EseasHon et la- grande earançue itAntéa^ les Marseillais, élevèrent un temple à la déesse Palias, et jetèrent les fondations d'une ville qui prit le nom de cette déesse, AihénopoUe^ Cette élévation est encore appelée manU ubUf corruption de montHtràis, montagne de la ville. J'y ai reconnu moi-même les vestiges de nombre de maisons très-anciennes , et une quantité de cavités souterraines, où les bergers renferment leurs troupeaux de chèvres qui paissent habituellement parmi les rochers qui forment la face méridionale de la montagne de TEstéreL Ces chèvres sont si bien élevées , qu'à un certain cri de leurs gardiens, elles grimpent, sans la

amodreccMitkrainte, lespoiatsles plsB acabrenz de Kt

montagne. C'est ce cpè les présenrait d'être saisies parles débarcations a^^g^|l^ses qui , pendaal la game wntiiieDlale , infestaieiit ces parages.

Sur la même iace de la menta||iiey se troa?e une grotte qu'on imoime Sainte^Baume. Sut le phleaii qui se trouve devant l'entrée de celle cavité, se trou- Tait» au dire de plusieurs sayaos^. ua temple dédiii ma dira de k hunière, fimdé par les premiers llar^ seillais^ et que les habitons de la contrée détruisirent ^ QO qui décida les prêtres qui l'araieiit en soin, à faire leur cârémonieis religieuses dans l'iRtérieur du souterrain OÙ ils élevèrent un autel qui fut nommé Araiucu. U paraît qu'on oheisissaity pour faire les sacrifices , une certaine heure du jour» où les rayons du soleil , passant par une ooverCarequ'oajrokeBCQre«uhautdolatvoûte naturelle, Tenaient darder même snrrautel.

Cette grotte ) ain^i que nous lavons déjà dît, servil quelque temps de retraite et de cellule^ saîni Honorai, fondateur du noionaslère de Lérins. . Elle servit égaleinent.d'asile à plusieurs de ces moinea qui échappèrent fnrtÎTenienides mains des Sarrasins^au nionentqu'ilsles menaient en servitude.

G'estt au piecLde cette moutague , elsau bord de la* mer, que passait la voie aurélienne. H en paraît encore» .quelques nestes, que lâ&geo6>dupays nomment camin aaurétian. Ce quartier n'oflbe, .d^iki'CÔté » qu'une Taste étendue' de mer bornée d'écueils dangereux; et de 4'auti:e9.4iie:déaxochers et d'affreux précipices. Aussi

l'ampbkfaéfttre eil tfipàé maoupiyf ce épn sigaifie mam-

tfuis pays. Je ne sais pas comment des personnes ëcl»& l^es» qui ont fait de grande^ recherches sur la Pro* ▼ence , ont pu penser qae les Oxibiens» peuple qui ne virait que des fruits que ia terre lui fournissait naturellement 9 avaient établi leur chef-lieu dans une contrée si peu productive. Elles n'ont pas songé que si les Oxi* biens avaient réellement occupé ce pays, il aurait été impossible aux Romains de fe& attaquer par terre et de leur livrer une bataille rangée. Une poignée d'hommes .aurait suffi pour détruire une armée raoaaiue , pour nombreuse qu'elle fût» Et cependant nous savons que des légions romaines suivirent cette route, pour venir châtier les Ozibiens , qu'ils rencontrèrent dans la plaine de Laval, près de l'embouchure de XAcro, qui est la Siagne d'aujcMurd'hui* Si les Marseillais et les Aomaias fondèrent quelques ëtablwsemens sur celle c6te , ce ne fut que pour protéger leurs, marines , et non pour exploiter un pays qui n'offire presque pas de terra végétale, JLes arbres ne viennent bien que dans les cissures des rochers;. mais qes arbres ne sont que des pins et quelques. cUltaigniers. Dans le principe , il y çroissait quelques arbres qu'où ne trouve à présent que dans fat zooe torride. On a trouvé» en creusant quelque partie terreuse, de grosses bûches debambouc pétrifiées, dont un échantillon a été déposé dans le cabinet d'histoire naturelle de Draguîgnan.

La montagne de l'Estérel était autrefois touffue de pins maritimes» étouffés par des arbourietê^ àe^ bmi^

res y àescyttnmnrwy des genêts éphêmCf dessunum d& carrayeursy des myrthes et de plusieurs autres arbustes couvrant la fmighre , le earymb^ doré , Vimmoriêlle^ plusieurs belles espèces de saxifrages ^ la fraxinelle, la ^Mgènéiie, des inalesi de^ érigerâm , et surtout det frmnen , qui donnaient et qai donnent ene(M*e im irait dont le parfum embaume la campague et pénètre les •ens du yoyagenr. Le loop gris, le renard &UTe , le sanglier, le cerf étaient les seols habîtans de cette fo-^ rêt. Les voleurs de grand chemin vinrent se réunir aux bètes farouches^ et donnèrent de ce lieu l 'idée-la plus effrayante. Les incendies ayant beaucoup éclaîrcî cette forêt , et lautorité départementale l'ayant fait, défricher fnsqa% une certaine distance de la route \ il en résulte qu'aujourd'hui le voyageur ne redoute plus que l'auberge qui se trouve au haut de la montagne , où , sans égorger les étrangers , elle a la réputa**^ tion de saigner profondément leur bourse pour salaire des repas qu'ils y.prennent C'est ce qui a fait dire de tous les lieux où Ton paie fort cher, cest CEstérel,

La route d'aujourd'hui est fort bien entretenue ; mais elle est très^raîde, de quelque côté qu'on arrive« II en aurait été autrement, si l'on eût conservé celle du bord de la mer* On aurait pu à tous pas y arrêter toute invasion ennemie. On pourrait , sur la route ac« tuelle , trouver plusieurs points propres à être fortifiés, ne fèt-ce que la bmtetir dite de Saint-Jeàoa. Lèi, uné seule redoute serait considérée comme une clé du leyaime. Une cinquantaine de braves Provençaux ^

cans.aulre'dëfefMe* que leur courage et ^aspérité du lieu^arrêièreiit en cet ejidroitl'armée de Charles-QumU Cet empereai' ne pat aurmoater cet obatade* qu'en iaisant iaoendier la forêt» La montagne étant aujour* d'bui déboisée 9. oikn'aucait plus à. redouter l'embnK aement.. Ua fortin ^ aur im rocher» ne craindrait point d'être battu, ea brèche» Ce serait une de ces places fionoDiéea par la. nature» qui défient toua» moyens des* tffuctifis ioTientéa parties homBues».

ESTÉRON^Bivière qui prend sa^orce dans la mon» tagne de Teilhon 9 passe dans la due de Saint-Auhan» traverse les territoires de Soleiihas, des Ferres, de Çonségudea» de Dos-fFrairiea>.eLse jette dan» le.Yar^. au-dessns du Broc*.

ESTÈYE-LES-THOARD (Saint) , Castrum sancW Stepham on de sancto Stéphane. Village du canton et à 5 lieues de Digne. Climat, nature du sol etproducr tions, les mêmes que dans les pays environnans. f op«. li5 hab^

ESTÈVE (Saint). Hameau dans lé territoire de Ta* rascon ; hameau dans le territoire de Brue, et hameau?

dans le territoire de Digne..

ESTOUBLON , Stobbnum. Village du canton de liésel 9 à 5 lieues de Digne » sur la rire gauche de TAsse >

et traversé par un torrent qui, après une forte pluie,

Yieiii.teUeniettt gros, qu'oa voit quelquefois aes^eauji

( 4ii )

s'élever jasqu'au premier étage des mauons <pû se Ura»* vent à la plus basse rue , qui est la route roulière.

Le TÎlbge d'Eatoubloa esl célèbre dans rbistoiie de Provence , par la défaite des Saxons. Ces barbares , veoos par Uoat-Genèvre , Rmhnin, Seyne et Digne » établirent leor camp dans la plaine entre Bfltoabl<»i et Mézel. Mommulus , chef des troupes du roi GoutraD^ Tint, ea 576, combattre les barbares» et les faire repentir d'avoir osé pénétrer dans notre province. Peu s'en fallut qu'il n'en échappât aucun pour porter la nouvelle de leur défsiite. Le climat est doux. Les productions sont, le blé, le vin, les pnme&-Brign<des et autres fruits. Pop. 54a bab» * ' '

ÉSUBUNL Peuple celto-lygien somommé J?rai/uetif à cause qu'il portait une sorte de culotte, selon

les uns ; et un petit manteau fourré , selon les autres. Il occupait les bords de l'Ubaye , à l'entrée de la vallée de Earcelonnette. Il est fait mention de ce peuple dans le trophée des Alpes. .

D'après l'inspection des lieux y je suis physiquement convaincu que leur retranchement était sur l'élévation où se trouvait l'ancien village de laBréoule. ployez Bab,*

GEIX>NNXTTB.

ÉTIENNE-DES-ORGUES (Saint). Bourg chef-lieu de canton ^ à 5 lieues de Forcalquier, et au pied de la montÂgne de Lure. Ce pays fournit journellement des droguistes aux principales villes de France. La plu«. part commencent par colporter leurs marchandises^

■prè^ ils en i^aargent une bfiteVlë somme , et ciès qiilb on fait quelques- économies » ife s'ietabliSsent dans une' Yille» où ils font ordinamlmeiit Aé gHmdes û>rtanes.

Le pays offre de laisance. Le climat est doux. Le Toisinage de la tnoatagoie de Ure attire souvent des. iMrages àu payls; Le soi prbduit dâ blé/du sèigle , èm %ïn, de rhaiie et des pâtoages. Pop. 1,161 &abw

Les oomiinmes> du ressort dé la îustice de )iaix ds lîeusont, Saint-Étienne , Cruis, Fontieiiae^ Lardiers, MallefoQgasse , Moullatix » Ongles et le Revest^ens» Fangat.

ÉTOILE. Montagne qui se trouve amnoed du te^^ toire de Marseilfe^, et qui s'étend depub Septèmè jp^ ffà'ii Atdtich. Sar son reyers, aa nord» il y àhMitsoTip didmines de charbon de terre, '* , .

ÉYENOS, Evenœ, en provençal £^r(?. Village du

canton d'OUionles, à 2 lieues et xm qiiart de Toulon. INombrc de personnes ont cherché vaînenient Tétymologie du nom de ce village» Les uns veulent qiiEvenoi dérive de Afférentes veines d'eau qu'on trouve dans, ce lieu; de mauvais plaisans veulent qu'il vienne des deux mots latins heu nus, par allusion à là pauvreté du* lieu , ou du mot ebriosm , qui ferait entendre que les premiers babitans^ étaient sujets à l'ivrognerie; d'autres, veulent qu'il dérive du celtique abrar-^ qui signifie allumer^ brûler, ou du latin abrodo , qui exprime ronger. Ces deux dernières «ont été conçues en ce que ^ dans le territoire , oa troim' dè& traces» der voloM»^

«leiaU qui ont rongé rinténeur des terres, et plusieiurs <xmBbe8 de kve imre conqiacte » dirigée par traits irréguliers représentant imparfaitement des coloones de basalte. La ooUine d'£venos oflVe > du âojoir met à la baae, trois bancs djslinolflk Yen le aonmnet^ $ur environ trente mètres d épaisseur > est un banc basaltique ; celui du milieu est encakftire du Jiuva» et telni âafiirîeur est en roches quartseoaea à petits gvaîns.

l«e territoire d'iivenos oiire de la. pozzolaœ en quantité. ËUe est ans» bonae que c^Ue de Aoine ou du mont Vésuve , smtout si l'on a soin de prendre de çeAte <pii A'a point encore été altérée par te contact de roir et de l'eau. Elle a été employée avec succès daos le port de Toulon.

Le territoire ofire également des carrières de marbre jaune , qu on avait essayé d'exploiter , mais qu'on a été forcé d'abandonner , à cause des diflicultés du transport

Sur le plus haut rocher du lieu, se trouve une tour parfaitement bien conservée , quoiqu'elle existe depuis avant Jésus-Christ. Elle est bâtie en pierres volcanîsées. £lle est à même de résister jusqu'à la lin du monde » à moins que le génie destructif de Homme, ne vienne employer ses efforts pour l'abattre.

Le pays d'Évenos à un souterrain .en focme d'église qu'on nomme là saint trmu On y descend. coniniè>daiU un puits. Il a environ, cent mètres de longeur sur dix-r huit de hauteur et vln^-cinq' de largeur* Son donne, est très-curieux et fort élevé. On y voit une in&nito

jàe eonerétioDB fcNnnées par la natare, ^ représôù-* tent des tuyaux d'oi*gue, des ehoux-fleiin, et tout ee que rimaginalion veut y voir. Au milieu est une source d'eau excellente, sortant de terre dans une petite cûih que admirable, d'environ un pied de diamètre, égalé* ment formée par 1 eau. £lie est toujours pleine d'eau, quelque quantité qu'on en puise.

Le village d'Évenos est situé sur une hauteur. Son climat est bon. Le sol produit du blé , du vin , de l'huile et des fruits exquis , mais en petite quantité , yu quil n'y a que les vallons qui soient cultivables. La seule industrie est la fabrication de la poix et du charbon, qu'on porte foumellement à Toulon , pour se procurer du pain et tout ce qui est nécessaire. Pop. 65o hab^ '

ETGALIÈRES , Ctutram de A^uilii. Bourg du cam

ton d'Orgon, à 6 lieues d'Arles , placé sur une hautenr, dans un sol fertile et abondant en productions de tous les genres. Il y a dans le territoire un marbre très-estimé qui porte le nom de Saint-£émy ; c'est une brèche entremêlée de blanc , de jaune , de rouge et de couleur de chair. Pop. i,320 hab»

LIGUES. Voyez Aiguës.

EYGUIÈRLS, A4fmaria on MquarioL Bourg cheflieu de canton , à 6 lieues d'Arles, et sur une branche du canal de€raponne. Son étymologie vient d'une source dMndante au bas de l'endroit.

Un auteur a avai|cé que c'est en ce lieu que se trou-

vaii la position romaine appelée Teritias, Pour moi , )e crois qae cette position se trouvait à Aoreille , où i*oa en voit encore les vestiges. Cependant il était immanquable qu'un climat aussi doux et un site aussi gracieux n'attirassent au pays plusieurs familles romaines pour y établir des habitations. Je suis persuadé qu'il y a eu iesviUiB fort agréables» occupées par de grands personnages de ce temps ; mais on n*en a découvert aucune trace. La Durauce passait, dans le principe, dans le terntoire d'Eyguières, pour se rendre dans » la plaine de la Crau. Sous le règne de Louis XIY, des protestant du pays commirent de grands excès, pour reayoir leur temple, élevé autrefois par la dame du feu, et qui avait été interdit par un arrêt du parlement. X^e soi est fertile en grains, en vin et en huile très- •estimée, l^op. 5, looliab.

BYRAB.GUES. Village du canton d'Orgon^ a 6 lieues et demie d'Arles, dans une plaine fertile anosée par le canal du Real. La principale production est le blé , le vin blanc, connu sous le nom de clairette» On y cul* • tivê des mûriers , et on y élève beaucoup de'vers-à-soie. Pop. 2,3âO bab.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieu sont , Eyguières , Alein , Aureille, Iiamanon, Ha* lemort, Hoque-Martin et Yernègues.

FARE (La). Village du canton de Berre , à 4 lieues d*Aiz y près la rive droite du Lar et de la hauteur de Gonstantine, dans une contrée abondante en haile excellente et en amandes à coquilles tendres,. On recueilk nussi des céréales. Pop. â.Soo hs^. . , *

^ FARE (La). TUlage de [canton de la Baume de Te*

nise, à 5 lieues d'Orange, Climat tempéré. Sol ingrat. Il produit [assex d'huile fort estimée. Pop* i58 hab^ bitans.

FARON ou plutôt Pharaon. Montagne avec un fort du même nom » qui domine toutes lesfortiûcatioiEÉiî^ laTÎUedeToulon. - -/O'b înnp^l

FAUCON. Petit village du canton de la Motte ^ lieues de Sisteron. Climat et productions^ les mêmes qu'à la Motte. Pop. ^oo hab.

FAUCON. Petit village du canton et de l'arrondissèment de Barcellonnette^ à une demi-lieue de cette ville , dans une plaine agréable et arrosée par ITJbaye qui la divise dans toute sa longeur.Ce village n a jamais été le chef-lieu d'une peuplade cello-lygienae.

"Sà situation le prouve assez ; car nul chef-lieu sans ùil Tetranchement naturel à portée. Gela n'empêcha pas liux Sômafns 'de s'établir dàtts le territoire âe Faucfb^ Un savant du pays^ par ses profonde&et laborieuses recherches , a-assuré que , dans un temps, on trouTait )sur la rive droite de ITJbaye une ville nommée Salen ou Salins y qui fut ensuite appelée iV (7/r^-2)am^ua>-iV(7Û^ et enfin Fdùi&m* Mais il n'a pu désigner l'époque à laquelle cette ville fut fondée. Je ne pense pas qu'elle Tait été par les Romains , att^du^q^ ce lieu était b-op rap* ?proch^ de Barcelonnette ^'où se treuTàit réeUément une ville i^maine. Je crois qne la campagne de Fau-^ Gon devait avoir des villœ qui ont dû appartenir à dd . riches familles , à èn juger par les restes d^a<][uédtics en briques qu'on y voit , les nombreux tombeaux^ et ies vieilles tfonsthictions y découvre en créÎDi'^ sant les terres, dont qùelques-tmes semblent avoir «ervi à d'és bains particuliers. Ajoutons à cela pluisîeùrs Inscriptions i%>lnaines y des fragmekis d^ taittrl)^, d^ ianneaux de bronze , souvent encore enfilés aux os des bras ou êtes jaihbes diés squelettes auxquels ils apparu tiennent

Des bénédictins défrichèrent les terres de ce pays* ^t les distribuèrent auxhabitans, que le séjour des bai« l>ares du nord avait démoralisés et rendus sauvages. Il y eut trois établissemens en ce genre dans cette vallée » ^ Faucon> à Saint-Pons et à Uvernet. Les productîonè sont les mêmes qu'au chef4ieUk Population 4^6 hs^ bitanSft

FAUCON ou Faulcon. Village du canton de Vaison^ à 6 lieues d'Orange. Le sol produit aboadamment du Uë^ duviu j des fruits et des pâturages, Pop. 594 hab^

FA VAS. Petit village du canton de C allas, à 4 lieues de Draguignan. Il fut, ainsi que celui de Baudron» ruiné au hiulième siècle par les Sarrasins. Les deux terrfloireâ n'en font qu'un, qui porte le nom de Favas. Les ha-^ bitations sont toutes disséminées dans la campagne, et les principaux propriétaires n'y font pas leur résidence. Le sol produit du bon blé et des pâturages eif cellens» Pop. 96 hab.

. FAY£NCE cm plutôt Fiûmcx, Fa»eniia^ et en^ fuite Fàèntia. Bourg cheMieu de canton, à 6 lienes de Draguignan , sur une hauteur prè^ du ruisseau de Camandre. Un auteur qui^ selon les apparences, connaissait mal la Provence, prit ce lieu pour rancien Antéa ou Antéii^ que tous les historiens placent sur la voie romaine qui de Fréfus allait à Riei, et que nous avons reconnu nous-même au quartier de l'Antier, au fond du bassin de Draguignan» Antelmij théologien de Fréjus, dit que le nom de Faveniia fut donné à Fayence^ à cause que les habitans assistaient et favorisaient les Romains qui venaient tous les ans y passer le quartier d'hiver. Cela peut être ; car nous savons que les Ligami , premiers habitans de la contrée, oublièrent focilement les cruelles persécutioni qu'ils avaient éprouvées de la part des conquérons des Gaules. Mais on ne trouve nulle part, que Fayence fàt,

4 cette époque > une ville ou une bourgade. On Ignore Inènie sur quel point du territoire se trouvaient lés premières habitations agglomérées. Je crois avec fondement qu elles étaient a-peu-près au môme endroit t>ù se trouve la viRe actuelle. Je suis autorisé en quelque sorte à le croire ainsi, à cause du retranchement naturel qui se trouvait au lieu même où Ion voit Tan- Icienne tour de Phorloge, qui a dû appartenir à quelque fortiQcation , de leau potable du Rai, qui, quoi- ^'on en dise, doit avoir coulé là de toute ancienneté, par llieureûse exposition, la douceur de la tempéra* lure^et la bonté du climat de cet amphithéâtre digne despretbiers habitans de la Celto-Lygie. Quelques ves* tiges de construction très-ancienne, découverts au quartier de Notre-Ûame-des-C}'près» ont fait croire à des personnes du pays que» sur ce point, avait existé une ville romaine assez considérable. Deux raisons assez plausibles vont prouver que la chose n^estpas du tout VraisemblaUe. D'abord, la situation de ce quartier dans une plaine découverte, et, par conséquent, très-exposée aux vents du nord, n'aurait pas été choisie par les Romains pour venir y passer la saison rigoureuse du froid; ensuite, des hommes éclairés, tels qu'on nous l*eprésente les Romains, étaient assez prévoyans pour ne jamais construire des lieux considérables sur des points entièrement privés d eau potable, surtout quand ces points n'étaient pas importans par leur situation militaire.

D'après cela, nous ne craignons pas d^assurer qu'au

qaartiér dé Notré-Dame-des-Gyprès il n y a jamais

de ville romaine^ Cependant il y a eu une villa où ibéîson de campagne dans ses trois division», établie par une (amiinê romaine, et rendue aussi commode que la localité pouvait le permettre. On a trouve , en creusant les terres» des vêstiges de bain^ particuliers» et un tuyau qui paraissait amener les eaux d'une chau* dière dans plusieurs baignoires de forme ronde , et assez creuses pour s'y tenir assis commodément Ces baignoires étaient faites de briques, preuve certaine que le propriétaire de cette viUa n'avait pas assez de moyens pour s'en faire construire de plus riches et de plus élégantes. •

Aux alentours de ces ruines, on a trouvé , il y a peu d'années, plusieurs tombeaux , dont IW, de forme ovale et couvert d une seule dale > ne contenait que la décomposition d'un corps humain, et lesantres, tous dè briques , renfermaient des cendres , des cuillerd de bois et des médailles de plusieurs règnes: il y en avaitàl'éltigié de Jules-Césaîr, d'Auguste, deCaracalIa, d*Aurélien, de Domilien, de Yespasien, etc; ony trouva aussi un petit bronze de Diane et un de Cybèle*

Ce tut sur les ruines d'une partie de la villa romaine que les pères de Lérins, qui avaient la juridiction èc-« clésiastiqiie du territoire de Calian, construisirent un monastère et creusèrent un puits dans le roc, à l'imitation de celui que saint Honorât, fondateur de leur ordre, creusa dans 111e qui porte son nom. Ce puits existe encore, et touche à la chapelle de iNotre-Dame,

i^t k ooi^strucUon paraît être da douzième «ièdè*^ époque à laquelle ce quartier iq^pa^teuaità Galian.

L ancien F^ventia n'existait plus depuis long-temps^ Lfs Sarrasins» avaient exerâë leurs imges dans- Ixmte la contrée , rayaient fait entièrement disparaître* Les habitans éch^pés au massacre ou à Tesclayagie » s'étaient rtfugiés m c^ef-lieu » et c'est de là que , pen«' ^ant plusieurs siècles , ils exploitaient leurs terres.

Cepeudant, ^quoique ces personnes ^ j^r^guu^res de Fflvencjui, fussent nées à Gallan, elles se regardaient totujours co;aime étrangères à cette ville» Âussii proûtèi^nt-eUes d*api moment faTocable pour transpor^te»

leur domicile j portée de leurs terres. Une fabrique de ftience établie sur .une hauteur» attira auprès d'eltle les nouvelles habitations » et cette &brique donna le nom de Faïence (Fdëntia) à toute la bourgade, qi^i, qu^ dans ,1a juridiclioa .dç Gaitan , se considéra cçmme indépendante 9 et se gourerna comme telle ^ jusqu'à ee qu'elle eût acquis le titre de commune , qu'on put lui refuser» parce que sa popula^on sëtait coi^Ûf-dérablement accrue à l'occasioa de la destruction de Calian par Raymond de Turenne, et, plus tard, par tie déguerpissemect des habitans du yillage d'Avaye; iDes persouiu^s recommaadab^es du pays assurent depuis long-tepptpsFay^ce esfr.C4;msîdéré comma ▼îlle royale, et que jusqu a la révolution de 1789, ellea joui de la somme de ^ £r. par au» que le roi luifai* sait payer pour la réparation et l'entretien des fortifia {Udipus du.Ueu4.(^ij^u^ ceiftecoxamune nait.depi^

long-temps nî remparts, ni fortîQcatîons, fauraîs été charmé qu'on m'eût montré quelques preuves de cette générosité royale; car llntérèt que je porte à cette ville et à seshabîtans, m'aurait fait un devoir de

les mentionner dans cet article.

Qoiqu1!en soit , le bourg de Fayenee est îe principal Heu du canton. Le climat est sain et agréable ; mais le pays est très-mal bâtL Le territoire offre des mines de charbon de terre non escploitées, et qui seraient d'un grand secours pour Thabitation , à cause du maa« que de boiis à brûler. Le sol produit du blé » du vin et beaucoup d'huile. On a vainement essaye d'introduire au pays de nouvelles cultures » et d'y élever à grand» frais desyaches suisses qui , n^ trouvant point les gras pâturages des montagnes de THelvétie , moururent sans donner du profit Les foires de Fayenee sent, le lundi avant le Jeudi gras^ le mai, le g septembre et le 1 8 novembre. Pop. 2,200 hab.

Les communes du ressort de la justice de paix du lieu sont, Fayenee, Calian, Mous, Montauroux, Sainte Paul , Selllans et Tourrettes,

FEISSÂL, F^em/îcim. Village à 7 lieues de Sisteron son chef-lieu dWondissementet de canton, dans les montagnes près delà sourceduVanson. La grandequantîté de neige qui y tombe tous les ans, rend le pays froid jusqu'à la fin mars au moins» Les aigles sont très* abondans sur les hauteurs. Les habitans , pour préserver leurs poules , tendent des cordes dans les rues

tune certaine h'aateur. L'aigle foffdant sur sa proie , et

donnaat de Taile contre une corde , tombe et reçoit là mort avant d'avoir pa reprendre son voL Les mon* tagnes sont couvertes de pins et de plantes médicinalès, et les vallons sont peu fertiles; à peine donnent-ils quelques céréalesrel quelques plantes potag^lres. Pop^. 95 hab...

FERRES (JiS3]f.Hameau dans le territoire de Con-i ségndes:

FE&&1È&ES (LBs)..Hameau dans le territoire delà ITalderoore*^

FEIIRIÈ&ES.. Voyez MAancuEs. .

FIGAMÈRE, Figaneria, Village dû canton de Cal» las» à une lieue et demie dè Draguignan. Quelques personnes pensent que son nom primitif est fuga-ni-^ gmrum, parce qu'en ce lieu lés habitans mirent en fuite quelles Hàures africains. On assure qu*un dé ces barbares perdit sa lance, et qu'on la trouva sur lô chemin qui porte encore le nom de chemin de la lance.

Ge village est sîtué 'au pied de trois collines complan* té es de beaucoup d oliviers, et couronnées de forèCi depins , dont le mort-bois fait le commerce des pauvres gens du pays, qui le portent sur la tête à Draguignan. La plaine, quoique ingrate et aride, oiTre beaucoup de vignes. Un toirent impétueux ramasse lès eaux des . collines, et menace souvent^la partie du village qu'il traverse sous un long et lar^e canal voûté* U 7 aum

l>eHe fontaine dans le village^ et les eaux , chaudes mYer %ï trèâp-^aicheê ^ij^ été y sonè excellentes et très^ pores. Les eai|x de kt souree des Buyedoux arrosent» ^elq[ues terres qui donnaient naguères des plantes pcK tfigèra et des ipeloi^ Irès-estimés. Ge^e cuHnre est en^ fièrement négligée, on ne sait trop pourquoi. Malgré cette source, le pays na pas d'eau pour mettre ei\ mouyement les engins qui seraient nécessaires à l'habk tatioa. Aussi e^tnoa souvejjit obligé d aller détriter les. oliyes dans d'autres communes». Un w^ulm. à Sinettj conviendrait parfaitement ans propriétaires d'oliviers.^

L'ancien village était» dit-on , sur la colline de SainU Biaise; on en voit enoore des ruinées. Je suis fondé à croire, d'après des titres encore existans, que l'an-, cien lieu était sur la hauteur de Saint-Clément» où 8& frouventréellement les ruines d'un yiUage. Les habitans vinrent se réfugier près d'un lieu fortifié par la nature de sa position. Le 1 1 mai de chaque années il y a une foire qui se tient tantôt au village» et tantôt ^

çampagne. Pop. 1,400 hab.

FIGONS. Ha^au ^^nsle t^itoîre d'Égi^iiije., près

fl^SAN^ Flassanum. Petit village du canton de Honrmoirony à 3 lieues de Carpentraa» et au pied du^ Mont-Yentpux. Il y 4 d^çs le territoire une grande ffxèt. Sol assey ungr^ln qui donne des ijéréales. Pop.. .$i4hab^

canton de Besse*, à 3 lieues de Brignoles, sons lé cli-^

mat le plus pur et le plus sain de la contrée. L'ancien village élait snr le haut d'ua coteau en fonone de pain de sucre. On y voit encore quelques cabanes rustiques et des ruines^ Les ^abitans abandonnèrent ce lieu poi^MT sëtablir sur la route. Le sol est favorable auxcë« réaies, à la vigne et à lolivier. Il n y a pas jusqu'au plus petit coin de terre qui ne soit cultivé» à mqins qu'il ne soit çonvert de forêt. Les rues de l'ancien lieu sont en produit. Les bois sont iburiiis de cbênes blancs et verts. La rivière de Nissole arrose une partie du territoire ainsi que les prés et les jardins ; on y pôche des truites assez bonnes. Foire, le 20 août^ Po|»ulatâo^ poo hab.

FLAYOSQ, anciennement Coifrum Flayoscumf et adjourd'huî Flayoscum seulement. Village à une lieue trois quarts de Draguignan son cbef>lieu de canton et d'arrondissement^ Les habitansont une même origine que ceux du chef-lieu. A la destruction (ÏAntéa^plur sieurs ûunilles vinrent constrube leurs cassines autour d'un retranchement , et formèrent une petite bourgade qui fut dépendante à'Arguinaud, ville qui|>rit ensuite les noms de Griminum et de Draganiam ou Dragut- ^an. Saint Hermentaire, après avoir converti à la foi de révangile les habitans de Griminum, vint, ex) 4^1^^ accorder le même bienfait à ceux de la bourgade êie f la^Qçç , qi^e nombre de famille^ italiennes avaient reo«

due assez considérable. Le territoire offire un pont forir ancien «|ui porte encore le nom d'jàrguinaud; il est sur* h Floreille , près des ruines d'une maison de templiers^

Les Sarrasins détruisirent Flayosc; mais il ne tarda pas à renaître de ses. ruines*. U iat entouré de fortes murailles Qaiiquées de tours. On y entrait par trois portes 9 dont Tune fut appelise pprU dorée, et l'autre fHfrte Pariim Près de cette dernîèie, on. croît reconnaître les vestiges dua temple païen, où le peuple croit qu'on adorait une reinette (sorte de grenouille); il semble que le nom de cette sorte d'idole s est con-^ serve en la place qu'on appelle de la Reineue» .

Un puits très-profond foumissaît'de Teau à la primi* tive habitation; mais lorsque le village fut devenu plus considérable 9 c'est-à-dire sous le règne de la reme Jeanne I** , on fit ?enir d'une lieue et demie loin Jes eaux d'une belle source, qui traversent le pays, fournissent aux fontaines, font mouvoir une. multitude d'engins, et arrosent de belles prairies en dessous du lieu..

On trouve f en creusantjes.terres » des souterrains fort anciens , dès aqnéducs qui amenaient des eaux à quel^ ques piscines romaines, des tombeaux», des médailles* de plusieurs règnes » et une petite chapelle sous terre», qui date du temps de la persécution des chrétiens.

Le pays offre une fabrique de faïence» desbriquetteries et beaucoup de cordonniers. Le territoire pro?» duît du vin», beaucoup d'huile, du foin et des fruits. Ony trouve de belles carrières de fjgse de différentes qualités.

Les foires du pays sont, les i*" mai^ i o août et 3 oo* tobre. Pop. 2,700 hab. » dont on tiers se tronrent

dans les hameaux disséminés dans le territoire. '

JFLAYOâQU£T. Hameau dans le territoire de Draguîgnan,

FONTAINE-L'ÉYÈQUE. Foyez Soties.

FOiNTIÈNNE. Village du canton de Saint-Etienneleft-Orgues» à une Heae et demie de Forcalquier, sitné. sur une colline. Les maisons, bâties sans ordre et sans goût 9 sont très-basses 9 d'un extérieur rustique et toutes eourertes de dales au lien de tuiles. Le territoire est assez fertile et abonde en pâturages excellens. Pop, sia hab.

POMTEREDDE. Hameau dans le territoire de Beaujeu.

FONT-YIEILLE. Village à 2 Ueuesd'Arles son cheflieu de eanton et d'arrondissement On retire de

ses carrières toutes les pierres à bâtir que Ion embarque à Arles et qu'on transporte jusqu'à Marseille, fies pierres sont du calcaire crayeux coquillîer. Elles sont si tendres, qu'avec la smille, on leur donne la forme que Ton veut. Les marais de Font-Vieille rendent le climat malsain. On y recueille du vin, de Thuile et du mauvais fourrage. Pop. 2,200 hab.

FOJaCALQUIEIl» Porcalguerium. ViUe cbef-Ueu

aireç trihmal d0 preiniére ios^ifice, k. \^,lii^ue^ det Paris*

Cette ville est fort aacîenn^' et remonte à la plus, haute antiquité. Sa sttoatioii prouve assea^queles pie-^. miers habitansde la Celto-Lygie ont dû établir, à-pen». près au même eudroit, |a capitale j^*aa petit étjat, et non au village de Hane» ainsi qW6n a voulu, le préten-. dye. Les Celto-Lygi^i^s n'jéjtaienjk point agriculteurs.. 11$ ne vivaient 9 dans le principe» que dfi la pêche ». de la chasse lejt des q^^ l^ai terre lepr fpumissait naturellement et sans soip,. tiTioiiticulture n'était, même pas counue d'^m; ^yw!^ l'arrivée c^sPhopéens*. B'^rès cela, à quoi anrait servi aux Ceito-l.ygîenft. d'habiter un sol gras et fertile? Ils préféraient, avecraison > uhe exposition saine, qu'ils trouvaient tou«. fours sur les amphithéâtres , un Heu fortifié par la. nature > qu'on ne rencontrait pas facilement dans, un pays en plaine » souvent aqueux et couvert de ina«. rais. Il leur suffisait de trou^ver une exposition au çoleil iev.ant 9 ua hou abri confire les .ventf du nord » et une^ source d'eau pptable pour aller s y désaltérer k chaque instant <^io^ui^^ Mai^ il Ie,q^ fat{^t,,un spi sec pour- y i^tablir leurs cabanes; par <ce lAoyei^, ib ue s'ex^ postaient point à altérer leur santé pendant leur som-*. lUeJJi. Il leur fallait un lieu iort po^r pouvoir s*y rqpo* aer avec sécurité» et y laisser leurs femmes et leurs e^ fans sous la garde de quelques vieillards , pendant que^

\s» h<pWA^<^ea,aUfd^ «e liivrer h, leurs ocicfpfitions.

t)rdiDail:e^ Voilà pourquoi la capitale des Mémint fut établie autour du tnameloo qui domine la ville de For* calquier, et non dans la fertile plaine de Mane, desséchée par des hommes civilisés.

Le retranchement hâturël qui sé trouvait surla'liau*» teur à pain de sucre qui domine la ville actuelle^ a dû être très-fort Les Méndni s'y eiiiermèrënt, iôrs de Farrivée des Romains. Cela n'empèclia pas^e Tarmée de Jules-César ne s en emparât , et que cet illustre con* qnërant ne distribuât lés terres des environs à pliisieurs officiers qui s'y établirent avec leurs familles et leurs esclaves^ pour se livrer à Tagriculture. Ce fut alors què le territoire de Mane vit convertir ses xnarâîs en jardins et en vergers; que toute son étendue fut embellie de maisons de campagne plus ou moins él^antès, la plu* part enrichies de moiiumens curieux, dont on dé cou* Vre de temps en temps des vestiges. .

Les Mémùîif devenus (xaulois, conservèrent leui* ûncienne capitale^ dont la population fut considéra*^ blement augmentée par nombre de familles qui quittèrent des régions peu heureuses pour venir réispirer l'air de la Gaule transalpine. Feu d'années suffirent pour que ce lieu fût très-important, et qu'il nécessiât qu on lui donna un gouverneur particulier. C'est alors . qae cette ville prit le nom de Forum NeronU^ à cauie d'un marché qui y fut établi par Tibère Néron, lieutenant de César, qui obtint » comme une retraite ho-norable, le gouvernement de cette ville^ à laquelle il s Attacha et ne négligea rien pour la rendre prospère ;

mais il ne put obtenir que la voie romaine ypattàti tar elle fut constmilè à une demi-lieue loin*

Plusieurs écrivains ont voulu, par Je ne sais quel moUfy ravir à cette ville son ancienneté, son nom pri* mitif et son beau marché, pour en honorer un tout autre endroit, (^oye^ l'article Garpenteas.) La plupart des erreurs historiques et topogràphiques des Auteurs, même les plus recommandables» proviennent de la négligence de s^ètre transportés eux-mêmes sur les lieux» et de la confiance aveugle qu'ils ont mis aux renseignemens puisés chea des personnes peu expertes et peu véridiques. U est certain que le moindre ama-» teur, âvec un peu de xèle, peut, en inspectant les lieux, reconnaître les inexactitudes des écrivains qui l'on précédé , et rendre à chaque localité ce qui lui appartient réellement. C'est ce que )*ai cru devoir faire, après avoir exploré plusieurs fois la Provence, etno^ tamment le territoire de Forcalquier,.quî nous rappelle de brillans et de tristes souvenirs.

Les difTérentes invasions des peuples barbares ruinèrent complètement cette ville. Les Bourguignons s emparèrent^ en 474 > partie occidentale de la

Provence jusqu'à laDurance, et, par conséquent, da pays de Forcalquier, qu'ils possédèrent jusqu'en 536, époque où ils en furent chassés par les Francs.

Sous ces derniers, la Provence ne fut point heu* reuse. Les divisions qui régnaient parmi les souverain^ la livrèrent au despotisme des gouverneurs et aux ra<* vages des NomMUnds, des Lombards, des Saxons, dei

IKongeois et snrtoot des Sarrasins. Les excès que ces derniers bommirent, servirent de prétexte à Bozon> gouverneur des états de Louis II ^ eu deçà des Alpes» ponr se faire couronner en 8794 Alors commencèrent»

à proprement parler, les rois de Provence.

Lorsque les descendans de Bozon II se partagèrent la Proyenceyla portion qui échut à la branche cadette> et qui comprenait les villes d'Apt, Riez, Sisteron> Gap et fmbrun, prit le nom de comié de Forcal^fuier^ parce que cette vîlJe en fiit la capitale» Elle fut long* t^emps le séjour des Comtes; mais ces princes souverains ne Vjr sont jamais attachés. Ils préférèrent faire construire un vaste palais dans la ville de Manosque , que de laisser à Forcalquier un monument digne d'une ville capitale* Aussi les comtes de Forcalquier tenaient leurs audiences partout où ils se trouvaient, dans la cour d'une maison » sous l'orme d'une place publique , sous un pin à la campagne, auprès d'une fontaine, au bord d'un ruisseau, etc. Raymond-Bérenger IV, dans le treizième siècle, à l'occasion du mariage de ses quatres filles avec quatre des plus grands potentats de TLurope, était assis avec la comtesse sa femme au haut de l'escalier qui conduisait au clocher de Saint- Mary; ses gendres futurs et les quatre princesses étaient sur les marches en dessous ; les principaux sei« gneurs venaient ensuite , et occupaient des places bien moins commodes. et qui étaient cependant enviées par les grands vassaux qui se tenaient presque à la porte* B'après cela, il n*est pas étonnant que la vîlfe

de f'orcaltjuier n'otfre rien de bien immanquable » Ton en excepte la pùiïe de deux ou trois maisons» L'ancienne villé Se trouvait à Test et au midi de lancierl fort. £Ue fut détruite ^tendant les guerres intestinesi On en Toit encorë desrisstes considéi^bles, laplupArf couverts de lierre. La ville actuelle se trouve bâtie en amphithéâtre , et fait faée au nord» Ses rues sont étroites j tortueuses et la plupart fort sales; et c'est ordinai^ rement -ainsi dans tous les pays où l'on cultive i'olivier& Le tétroir, quoique iiec» maigre » léger et sablonneux^ produit assez de blé et de vin^ tnais ces récoltes sont ptécaires» vu que le territoire est sujet aux orages eï à la grêle, vraisemblablement à cause du voisinage de la montagne de Lure , qui n'en est qu'à quatre lieues» La campagne n'offre ni rivière , ni sourcè importante; âussi elle est dépourvue de prairies et de jardins po-» tagers; on ne peut point y établir de manufacture propre à occuper le peuple et à doniiei* de l'aîsance aù pays, qui est, jose dire, sans industrie. Aussi la villé n*a qu'une population de 5y05o hab* Elle a une foii^ le 16 août de chaque année»

Les communes du ressort de la justice de paix da lieu sont , Porcalquier , Dauphin , Lîmans , Saint-» liaâme, Mane, Saint-Michel, Niozelles, Pierrerue^ Sigonce'ct Villeneuve,

FÔRCALQU£m£T> Forcaltiueiretum. Village dil canton de la Roquebnusane , à 3 lieues de Brignoles , dans un pays rempli de collines ^ où l'on nourrit nom-»

bre de troupeaux de menu bétail. Une divîsioJi de l'ar^ mée de Gharles-Quint mettait une grande importancé à s'emparer de ce village. Leshabitans mirent de lo- ]piniâtreté ià ne point se soumettre. Les impériaux» après va siëge de plusieurs jours , el àprès avoir perdu plus de deux cents hommes, se retirèrent, honteux de n'avoir pu vaincre qùelques femmes et quelques vieillards, seule force qtii défendît cette place , dont la population était moindre qu'aujourd'hui , car elle est de s6o hab, La foire du pays est le 29 août*

FORÊT. Hameau d'Âubignan. Il y a un autre hameau de ce nom dkûA le territoire de Saint-Géniesde-Dromo^s.

FORUM. Ce mot latin, si souvent répété dans li-

linéraire romain, désignait, non seulement les lieux où l'on avait établi des marchés^ mais encore ceux où il y avait des greniers, idtes lieux de provisions pour l'armée. Les Romains avaient aussi appelé forum les placer où le peuple s'assemblait pour les affaires , celles où ' Ton plaidait, etc.

FORUM-NERONIS. Faye^FQ^cm^*

FORUM-JULIL Foyez Feéjus.

FORUM-TOGONIT. FayetTAMkiatkv,

FOS-AMPHOUX, Catirwn de Fa». Petit viUage du canton de Tdvemes, à61ieues de Brignoles, situé sur une hauteur. Climat sain et battu des vents. Le sol produit de l'huile, du Viu et du blé excellent et recherché pour semence* Pop. 55o hab.

FOS-IiES-lURTICUES;, FomafMmianœjCastrum

de FossL Yillage du canton dlstres, à lo lieues d'Aix, sur le bord de la mer 9 yis-à-vis File de Bouc.

£n cet endroit la mer s'enfonçait dans les terres et fonnait un goUé que les Phocéens nommèrent Um^ mothalaîtal ^ nom qui ngnifie marais d'eau de mer. Il contenait les étangs de IXstomac^ d'Ëngrenier et de la Yalduc. A Tenlrée 4^ ce golfe» et du côté de l'est, c'est-à-dire presque en face de Eouc, les Marseillais fondèrent une ville qu'ils nommèrent .iStoma/ûJuuB (bouche de l'Estomac) 9 dont on voit encore des ruines, partie sur la côte , et le reste sous les eaux du golfe.

Au fond de cet ancien golfe , et sur le bord de Té* * tan g de la Valduc , au-dessous de la chapelle de Saint- Biaise , les Avatici , peuplade celto-lygienne , placèrent leur chef-lieu^ que les Homains nommèrent MarUima» Avaticoriim.

Ce fut sur les bord de ce golfe que G. Marins vint se retrancher, pour s'opposer au passage des Cîmbres , Ambrons et Teutons, Une presqu'île, celle qui sépare aujourd'hui les étangs d'Engrenier et de rEstdmac, lui offrit la position d'un camp qui, moyennant quelques fortifications, serait imprenable. Mais ne sachant pour combien de temps il serait dans cette position , et voulant assurer la subsistance de son armée , aidé par les Marseillais, il fit ouvrir un grand canal de commu** nication entre le Rhône et le Limnothalattai y lequel fut appelé Fûssœ Marianœ ( Fosses de Marius }. A l'embouchure de ce canal dans 1 etaag de l'Estomac,

.on coni^bit des quab el des xnagasitisdoatDnjdei* puis peu trouvé des vestiges.

Dès qofi Marins eût défait les barbares devant Poui^ lières , n'ayant pins besoin de son camp fortifié , il le donna aux Marseillais en réccmpeuse des seiTices qu'il en avait reçus. Ceux-ci engagèrent les habitans de Stomalimnœ à aller bâtir une ville à l'embouchure du caual y et celte ville fut appelée par les anciens géo« graphes Marianœ Portus^ On volt encore sous les eaux les ruines de plusieurs maisons.

Après que les Sarrasins eurent détruit les fortifies* ttons des Fossœ marianœ , tine partie des habitans alla se forliiier sur uue hauteur, entre 1 étang de riistomac et le grand marais de la Cran. Ils nommèrent ce lieu Castrvm de Fossi , et ils négligèrent entièrement le canal qui fut bientôt obstrué sur diiférens points par le sable ; ce qui forma plusieurs étangs qui augmen-» tèrent l'insalubrité de la contrée. Au-dessous du village» et du côté du midi, paraissent encore des lignes de fortifications et de vieilles tours qui bordent la colline. Les llomains avaient creusé nombre de tombeaux dans le roc calcaire qui se trouve dans ces fortifications ; la plupart existent encore, mais ils ne contiennent plus aucun objet antique: tout a été recueilli depuis long-temps par les amateurs qui ont visité ces lieux

Le pays de Fos est très-malsain. Mais dès que le ca« nàl que l'on construit depuis Arles jusqu'à la mer en lace de Bouc sera terminé» comme il traversera plu-

«ieim étangs , l'atr en sera plus salubre , et le pay^ deviendra plus peuplé et plus productif. Ce canal , ver» son embouchure surtout , sera toujours d'un grand en*

trelien , à cause des raz de marée qui viendront le combler. £n i&ai » la veille de Moëly il s'en éleva un à la bantenr de six mètres fusqu'anx étangs d'Engrenier et de la Yalduc. La mer aurait repris la place qu'elle occupait du temps de Marins , si tous les ouvriers d'une fabrique de soude voisine ne fussent venus relever et fortifier les chaussées. Cette élévation des eaux de la mer dura cinq jours. Le territoire produit des cérëa» les, du via et du fruit qui n'est pas du tout estimé. Pop* environ i»ooo hab.

FOUILLOUSE. Hameau dans le territoire de SainU Paul > près de Barcelonnette.

FOURNEAUX. Étang dans la G amargue, qui donne lieu à un phénomène singulier qui parait incroyable an vulgaire. En traversant cet étang lorsqu'il est à sec, on croit voirleau au-devant de sor. Plus on avance , plus cette prétendue eau recule , et l'on finit par ne rencontrer aucun fluide : cet elfet est produit par ce qu on appelle le mirage*

FOURINIGUE. Ilot et roc de la côte maritime du département du Var, près de Bormes.

FOURS. Villaî^e à 5 lieues de Barcelonnetle son chef-lieu d'arrondissement et de canton. Dans le prince, quelques familles des JSmUens ^ peuplade celto-

lygiennequi occupaitia vaiiis. nigra » qui est la même que la vallée oft se trouye la ville de Barcelonnette ,

particulicrcment la rive gauche de l'Ubaye^remoatèrent le Bachelard pour s établir dans la gorge la plus, sauvage de loule la contrée..

Les Homains ne songèrent certainement pas à former des ëlablissemens dans la YÛUe la plus froide ^ la plus triste^ et d'un accès très-diflicile sur tous les points 9 k cause des grandes bauteu]:s qui Tentourentc Ces hauteurs sont neuf mois de Tan couvertes de six à huit pieds de neige 9. qui intercepteot toutQ communication avec les lieux voisins^. Nous croyons que les barbares du nord et les barbares africains ne pénétrèrent dans cette glacière que pour détruire le travail de^ hommes; et que les habitans. actuels sont. d'origine gauloise , aio$i que 1 ou pcul ou juger par. leurs u^agest. qu'ils tiennent k conserver et à perpétuer».

Tout comme les anciens Gaulois» les Poumaîsiens sont d'une haute taille, d'une forte constitution et d'une physionomie agréable; tout comme les Gauloises dont parlent Diodore de Sicile et Amion Marcellin , les Fournaisiennies d'une fiprce physique extraordinaire et d'une agilité inconcevable , remplacent lea bêtes de somme pour transporter de lourds fardeaux sur deschemins hjfrissés deprécipices» ojilesbourriques et les mulets ne sauraient passer^ Pour que leur taille» leur force, leur physionnomie ue dégénèrent, les habitans de ce lieu sauvage tiennent à ne point s'unir par le mariage à des familles autres que celles originaires

dé leur pays. Par ce moyen aussi ils consenrent leurar

anciens usages qui sont assez remarquables, surtout ceox à l'occasion des naissances , des décès et des mariage5.

A l'occasion d'un baptême , on n'admet point un parrain ni une marraine cpii aient un vice de conformation ou quelque dcfaul moral, de crainte que le néophite ne reçoive l'impression de quelqu'un des vices de ceux qui Tont présenté aux fonts du baptême. Le père et la mère de l'enfant choisissent la marraine^ et celle-ci» contrairement aux usages des autres pays, choisit elle-même le parrain, privilège qui peut avoir rapport à celui des anciennes Druidesses dans certaines cérémonies religieuses* L'accouchée reçoit six douzaines d'œui's de lapaiL de la marraine, et elle est tenue de les manger avant de quitter son lit. Par ce moyen , les femmes ne précipitent pas leurs relevailles , ce qui aHaiblirait leur force et leur santé au préjudice ' du nourrisson. '

Si une personne meurt, la paille de son lit est ent'^ssce dans le second champ qui avoisine l'habitation du défunt , sans qu'il soit permis de toucher à cette paille, ni d'en faire du fumier. Cet usagé semble dire qu'on ne doit point remuer la terre qui couvre la fosse du mort, avant que le corps soit dans une entij^re destruction; ou peut-être encore, qu'on ne doit point se trop hâter de dissiper ce qu'un parent a acquis par beaucoup de peine.

▲ çôté de la maison commune du village^ est un

hangar reafermant une salle de banquet uniquement affectée poor un grand repas qui a liea de rigaenr \éjoar du premier aaniyersaire duo décès. Parens, amis» étrangers , cliacun a le droit de prendre place à ce tristefestin» où l'on sert principalement des œufs et dn rie* Le quinzième jour avant celui Qxé pour la célébration d une noce , on procède anx fiançailles. Les pa^ rens de part et d'antre s'assemblent au domicile de la prétendue, et après une demande d'union récipro- (jne,. le pins proche parent de la fille conduit les deux futurs époux dans une autre pièce d'appartement, pour les y laisser seuls un instant» afin qu'ils s'assurent mu« tnellement et sans contrainte s'ils n'épronreront pas du dédain et de la répugnance. Après ils reviennent au milieu des deux familles» ils embrassent chacun en particulier , en le nommant par le degré de parentéqui existera après runion. Ils promettent alors en leur présence de s'nnir pour toujours. Les parens prodament aussitôt le mariage, qui est annoncé en dehors par une décharge de mousquelterie. Cette cérémonie et le repas qui la suit ne se font jamda avant l'heure^ de minuit.

Le jour de la bénédiction du mariage» au moment

de se rendre à l'église, le père ou, à son défaut, le-^ plus proche parent mâle de la future » lui présente un verre plein d*eau» et dans lequel il a jeté une pièced'or ou d'argent, pour lui marquer que ce sont les. derniers soins qu'elle recevra de lui. La fille boit Teau » prend la pièce de monnaie et se met à pleurer» cii«-

eoiisUuiee d'obligation» parce qse ces/ pleurs doivent témoigner le regret qu'elle a de ^pitter ses parens pour suivre un étranger.

Le même parent qai a donné le d^ean» con-t

duit ensuite la jeune épouse à l'église et l'époux, en se plaçant auprès d'elle, a soin de poser un de ses genoux sur son tablier, pour exprimer la possession* Mais ni l'un, ni l'autre ne font usage du sel, pour se prë-^ ser?er du prétendu maléfice qu'on appelle nouemenê de l* aiguillette, ainsi qu'on le pratique dans certaines contrées de la bas^ Provence*

Apnès la bénédiction nuptiale , le plus proche pa-^ rent de l'époux donne à son tour la main à la nouvelle épouse, et il la conduit dans la |!iirtie de Téglise où elle devra se placer désormais parmi ses nouyeaux parens^

Au sortir de leglise, ce même parent conduit la ma^ riée vers une pointe de rocher qui s'élère seule an milieu d'une petite place , nou loin de la paroisse , et qu'on appelle la pierre des épouiées» Il l'y assied loir même, en ayant soin de lui foire placer un pied dans un petit creux de la pierre, qu'on dirait avoir été pra-? tiqué exprès, quoiqu'il soitCait par la nature^, Là ellç reçoit les embrassemens Je toutes les personnes de la noce* Chacun lui lait cadeau d'un anneau. 11 airrive, quand la noce est nombreuse , qu'on lui en garnit tous les doigts, en les plaçant les uns sur les autres.

A peine le dernier anneau estp-il placé, qu'il se livrç un simulacre de combat entre les habitans dîM hameai) d^l'épQqsect cew du hameau de l'époux^ (Lç^rrUoir^

de cette commune offre trente-six hameaux.) Cette lutte honorable est un témoignage de 1 estime publi-i qne» et il faut, pcnirla mériter, ane conduite ezepipte de reproche,

La paix étant rétablie , les deux partis se réunissent , et on s'achemine vers la maison de l'époux, dont la porte se trouve iermée. Celui qui conduit la n^ariée frappe, et la personne restée expr&s dans la maison

demande; Qui est là? Ce sont, repond le premier, deai Yoyageufs fatigués qui cherchent yn gîte. Il lui est ré* parti qu on ne peut pas ouyrir, parce qu'on attend une nouvelle maîtresse de maison. Âlors une autre personne du cortège^ prenant la parole, annonce Tarrirécî de la nouvelle épouse, et la porte s'ouvre aussitôt Après des salutations réciproques, Tépouse s'avai^çe» et on lui présente trois petits paips. Elle en donne deux )i ceux qui sont dans la maison, et un à ceux qui sont dehors. Par l'acceptation de ces pains , 1^ jeune épouse fait un acte de prise de possession du logis, et I9 dis^ tribution inégale quelie en fait, signiQe qu'elle doit être économe et prodiguer ses soi^sà ceux de la mai* son de préférence aux étrangers. Âprèsce partage des pains, le plus proche p^ent de Is^ mariée vient lui pré* senter dans un plat deux poignées de (iroment qij^'elie prend et qu'elle répand sur la tète des assistans eu augure d'abondance^ £n&ala dernière cérémonie qui se pratique avant d'entrer daus liiaisoQ , consiste ^ présenter ^ux époux (Je- la soupe dans une seule as^

«iette. ç.t ime çoiUçir ^ Qb«cw d^em;>pour l^ux iàx^ e«p^

tendre qu'ils doivent désormais vivre en commun, et Gomnie s'ils nëtaieot qu'un seul et même mdnrida.

Ce jour-là, la table de l'hospitalité est servie, et chacun^ habitant ou étranger, a droit de sy asseoir sans y être invité.

On voit par ces cérémonies, transmises par l'anciea maire du lieu , que les gens de Fours tiennent à des usages très-anciens, et qu elles dérivent en grande partie de celles pratiquées par les Romains dans le mariage par coemption. On retrouve ici le paranymphiy la cérémonie du domiducus , et la plupart des leçons morales que , che2 ce peuple , la nouvelle épouse recevait sous l'apparence de pratiques mystérieuses.

Les habitans de Fours, tous ceux à même de supporter les faligueà d*un long voyage , quittent le pays . avant le froid. Chaque hameau va exploiter une province ou un royaume particulier , tels que la Bourgogne, la Normandie, la Flandre, la Belgique, la Hollande, le Danemark, la Suéde , etc. ; et au retour , chacun apporte des richesses en numéraire » en usten*. siles et autres objets souvent précieux.

Les hommes, dans leurs voyages comme dans leur pays, ont un chapeau à trois pointes, un long habit à la française, une veste, une culotte courte et des guêtres d'étoffe commune qu'ils ont fiibriquée eux-mêmes; les femmes, un mouchoir de couleur sur la tête et pendant sur le derrière, une casaque et un jupon d*étoffe commune, et pour chaussure, des chiflbns ou des peaux d'animaux entortillés à leurs pieds, qu'elles

placent sur ua morceau de planche de forme ronde , ei qu elles fixent par une sorte de trélis de corde. Cette

chaussme s'appelle chamù erre, porter des chambcrrcs. Lès femmes, dans leus Yopges, portent tout leur petit n^essaire dans leur tablier troussé y et dans un sac de toile qu'elles ont en guise de havre-sac C'est ainsi qu'eUes font deux ou trois cents lieues sans faire aucun séjour, pour ne retourner dans leur climat qu'àprès avoir fait une petite fortune. £lles quittent avec plaisir les grandes villes , les villes capitales, pour venîi^ passer le reste de leur vie dans un chétif village qui n'a que 595 habitans.

La monta2:ne des Lans borne la vallée de Fours du côté du nord » et va se réunir à la montagne de l'Ar* che. C'est du sommet de ces montagnes, qui sont les plus hautes de la Provence, que la vue s'étend et se perd dans le plus grand lointain qu'on puisse imaginer. L'œil du vovao;eurne peut plus distinguer au fond de ce vaste horizon , ni ce qui est terre ^ ni ce qui est mer. Tout Ini paraît ciel ou vapeur ^ qui lui cache les objets les plus éloignés. Pour éprouver des jouissances, l'observâtenr porte d'abord ses regards sur les élévations, et dans les vallées qui l'entourent , et ensuite il explore la riche sommité sur laquelle il se trouve. £lie est nou seulement fertile en plantes médicinales et en fleurs de parterre, mais encore en pétrifications et en insectes fort rares et très^variés, qui font les déhces et l'admiration des amateurs de la science. Ce sont ces hautes montagnes qui ont fourni à un habile natuiÏH

IStle dacbetliea du département les principaux obfeu qui enrichissent son cabinet. Parmi tes. pétritications, on y voit des bois d#> toutes les espèces, conservant

* encore leurs veines, leurs couleurs et leurs nœuds ; des poissons fossiles , des coquillages fossiles ou minéi ralisés très-variés» comme ommonîtes turbercolées, lombriculaires, etc. y nautilites de jplusieurs genres et de

' plusieurs espèces, des pectinites,, des gryphites, des bëlemnites^des fungites, des astécites, des polypites, des éthitesy des géodes, des orbuUtes, etc^ On y voit aussi des pierres herborisées , et d'autres représentant des espèces de ruines comme les piei^es dit.e$ de Flon rence^

Pour ce qui concerne les insectes, je ne citerai que les papillons qui offrent :

Le» sphinx Uguitriy airopasy. œeltaiuêy euphorbia^ phagedy fausta; les papilio podaliriusy machaon , dapii^ dice, pakejjtiy antiopay papUa, aglaia, apoUo^^her^ mio^e^ rumina y mnemoêine, clfopatra, camiUa, dia^ fidia, biandi^na, eupheno^^ semele ^ fauna^, circcy li-^ geay etc. etc. ; les bcmbix vilUca^ hera,.quercilblia^ jucobea y pulchella , grosmlariata y rwctuU y spoma, pro^ muta, et une infinité d'autres qu'on fera connaître dans un ouvrage particulier: que les amateurs, atten-*. dent avec ipapatienoe..

FOUX (La). Hameau de la Valderoure. On donne en Provence le nom de hk Fow k des «oorces plus OU moins «bond^nles^

FRAXIjNET ou Fraxinetum, Vo^cz GARD£-FA£L'q£ï«

FHËJUS, Forum Julii^ aujourd'hui Foro JuUum» Yille épiacopale , chef-lieu de canton du département du Var, sur la dernière racine apparente de l'Estérel, à Tingt minutes de la mer> trois quarts de lieue de l'embouchure de l'Ârgens, et 7 lieues de Draguignan«

Dans le principe , quelques CeUo-L)'giens de lu nation sueltérienne » se li?rant à la pèche et à la piraterie par besoin et par passion » se construisirent des cabih nés près du rivage de la. mer, et , par là > ils jetèrent les fondemens de la ville de Fréjus.

Peu d'années après que les Phocéens eurent fondé Marseille, des Gaulois qui > sous la conduite de Sigovèse et de Bellovèse, se dirigeaient vers lltalie, trou^ vant le climat de la Provence assez doux, abandonnèrent leurs chefs» et s établirent sur le littoral, depuis Marseille jusqu'au Tar. C'est de cette époque que date laiondalion de celte ville, qui vit changer ses cabanes en iine multitude de maisons construites dans le goût de celles qui formaient la Tille de Marseille.

Jules-César trouva donc en ce lieu une population agglomérée et une rille asses considérable. 11 n'en fut pas le fondateur, comme certains auteurs ont voulu le prétendre , mais simplement le restaurateur et le proctecteur. Il y fit bâtir de nonveanx quartiers, y établit un marché et donna à la ville le nom de Forum Juin 11 y fit aussi commencer un port qui de-

(f) Roi écrivaUiiMMfl a eoMtrté h mm ptiaiitif de cette riCr« Qiiîitil

^ait Caire de Fré]W ime des principales Tillet des

Gaules.

Le port de Fréjus ne fut achevé que sous Auguste, c'esMMlire dès que cet empereur eut jugé par lui* même de l'imporlance de celte ville, et qu'il y eut envoyé une colonie de soldats de la huitième légion, pour l'aider à exécuter les projets d'augmentation et d'embellissement qu'il avait conçus. Il fit construire un menai pour la marine, un phare pour servir de guide aux vaisseaux, et un amphithéâtre pour amuser les peuples de la contrée. De plus, il lit venir à grands frais les eaux de la Siagne de Mons , prises à la source même, par le moyen d'un superbe aquéduc en maçonnerie qui , à cause de ses sinuosités , parcourait environ dix lieues de pays. Le grand attachement qu'Auguste montra pour Fréjus fit que Pline appela cette ville Octavonarum cohnia.

Auguste ne borna pas là ses faveurs pour une ville qu'il alTectionnait. Après avoir fait conduire dans le port de Fréjus les vaisseaux dont il s'était rendu maître à la fameuse bataille d'Actium , il lit bâtir une maison des bains qui avait soixante-deux mètres de Ion-* gueur sur trente de largeur ; un panthéon dont on voit des vestiges à la ferme de Yîlleueuve, un beau théâtre, et un emplacement où les jeunes gens s'exerçaient

.ai eOette s'appelait pat BfètSKêiUriauÊt, m qui tnr^ lipilfié Uaiioiif de campagne des Sti^Uri, Tout ce que nous poaTona eMOfer» e'eit qu'dic ne l'appelait pu Vtdbùt^ qnotqn'en ait dit lliittofieii de Frijoii.

à la palestre , à la lutte et aux autres jeux de force et dV

dresse usités de ce temps.

La Tille, qui avait alors eaviroQ une lieue de cir^ conférence et quarante mille âmes de population , fut entourée de fortes murailles flanquées de tours très^solides , et de quatre portes magnifiques y dont les principales étaient la porte dorée ^ ainsi nommée , parce qu'elle avait des clous à tète dorée, et la porU romaine , qui était celle qui faisait face à la route d'Italie. Cette dernière fut renversée par un coup de tonnerre, au cominencement du dix-huitième siècle*

Agrippa ne contribua pas peu à rembellisscment et à la prospérité d'un lieu qu'il affectionnait. Plusieurs auteurs pensent que ce fut lui qui y amena les eaux de la Siagne de Mons, attendu que cet empereur n effectuait jamais que des entreprises de difficile exécution.

Les habitans de Fréjus, guidés par Yalore Paulin leur compatriote, contribuèfkrent beaucoup à affermir Yespasien sur le trône auquel ses soldats l'avaient élevé. Fabius Yalens, ancien favori de Tempereur Yitellius, ayant trahi son maître, forma d'abord le dessein de se saisir de Tarmée navale , d'aborder un des ports de la Gaale narbonnaise, d'allumer dans cette province la guerre civile , et de soulever ensuite toutes les Gaules et l'Allemagne contre son souverain. Il se met en mer, etla tempête le jette dans le port de Monaco, où il ne trouva que de larépugnancé contre le projet qu'il avait conçu.

Yalère Paulin ayant appris que Yespasien avait été

salue em|>ereiii' , abandonna la cause de Vitellidâ ^ ^'il savait indigne d'an trône qa'il avait usorpë , pouf ne s'attacher qu'à l'homase qni venait d'y être élevé par sou mérite. Il vint dans son pays, où il savait avoii* l'estime et la confiance de sés compatriotes» réunît secrètement la jeunesse fréjusienne, monta plusieurs bâtimens légers qui se trouvaient dàn& le port , fut . surprendre Yalens qull savait avoir été feté par une seconde tempête sur les îles Sthœcade (les îles d'Hyè«* res) 9 lui livra bataille, se saisit de sa personné , Idi fit trancher la tète, et Tapporta à Fréjus pour la montrer au peuple. Les VUeUiem ayant appris la mort de té favori dont tlë ne connaissaient pas encore la trahison, perdirent courage, et ne balancèrent pas à se ranger dtt côté de Vespasien. Atl^ cet empereur en témoigna sâ reconnaissance à la ville de Fréjus, en lui accordant tout ce qu elle lui fit demandef.

La ville de Fréjus ne fut point bâtie snr le cratèré d'un volcan éteint, ainsi que plusieurs auteurs l'ont cru, mais sur une coulée de lave qni annonce qu'il y

A eu un volcan dans le tbtsmage ; non point dans le bas pays, mais bien sur une dés hauteurs qui f^orment là montagne de TEstérel. Les murailles et les princîpaut édifices de Fréjus furent en partie construits avec des pierres vokaùisées, tirées d'une carrière qui tenait à l'ancienne ville, et que l'on voit encore près de la fontaine dite VAgaciwun. On ne sera pas surpris qu'il y ait en un volcan aux environs de Fréjus, quand oit saofa que tout le long de la côte du département du^

Var» ou trouve des cratères , des pierres volcanisé^» dé la lave, de lapozsolane qnelqaefois aussi bonM

|>our la constructioQ que celle cju on fait venir à grands frais de Home ou de la Sicile.

Cette TÎltey célèbre par sa vaste Aendtte > sa poptila» tion et sa situation maritime ; célèbre par lesbommes fllustres qu'elle a feumis; célèbre iMitore parle Second triumvirat qui y fut signé entre Antoine et Lépidus ; cette ville subsista long-4emps dans lëtat florissant oà «Ile avait été mise par les Aornains^ Hais malheureusement elle fut surprise et saccagée pl usieurs fois par les barbares et par les pirates. En 940» les Sarrasins du Fraxinet abattirent une grande partie des remparts de Fréjus, détruisirent les tours les plus fortes» pillé** rent les maisons et les incendièrent» ce qui rendit le pays désert pendant trente ans, c'est-à-dire jusqu'à ce que Riculphe, évèque de cette ville, ayant fait cons» tmire la cadiédràle , y appelât le clergé et les anciens habîtans qui s'étaient réfugiés dans la campagne ou dans les lieoz circonvoisins»

Vers Fan i47&> ^ la snite d'une vive contestation entre le pape et le roi René , les membres du chapitre de Fréjus 9 pour avoir embrassé la cause do roi, furent excommuniés» Les habitans de celle ville, privés de tout exercice divin » allèrent le jour des Rameaux dans les paroisses voisines pour y célébrer leurs devoirs religieux. Des corsaires profitèrent de ce moment pour venir Hcbever de détruire ce que les barbares n'avaient f«t que commence» Va )pil]èrent et brûlèrent

t 4So )

hidistinctement toutes les maisons, et ne laissèrent '*qa'im Monceau de cendres. Ce fut ainsi qne toute 1 W- .

tienne grandeur de cette ville disparut pour ne plus reparaître.

En i536» CfaarieM^nty apris avoir fait incencBér

la forêt de TEstérel, et fait périr par les flammes les femmes, les enfans et les vieillards qoi s'y étaient ca* ehës pour évifer les Insultes d*iine soldatesque enne* mie, fit son entrée triomphale dans )a ville de Fréjus, qui n'avait en ce jnoment pour tous habitans que des chanoines, des moines et des abbés. Par ses ordres, les églises furent dépouillées de leur argenterie, des vases sacrés/ des reliques et autres ol^ets précieux. Après, comptant posséder la Provence pour toujours, et voulant singer les empereurs romains, qui restauré^ renit la primitive ville, il ordonna de réparer le port pour y amener les vaisseaux du roi de France, dere* mettre à' neuf l'amphithéâtre où il croyait vraîsem-» blablement pouvoir, après sa conquÊte imaginaire, se procurer le spectacle cruel de voir dévorer des vict^ mes humaines par les bètes féroces qull venait à peine de laisser dans les montagnes de l'Afrique. Ensuite , à l'imitation de Jules-César, qui avait donné son nom à Fréjus, il voulut aussi donner le sien à cette, ville : il la nomma Charleville, et la désigna comme capitale d'un duché qu'il venait de créer» Cette gloire ne fut pour lui qu'éphémère; et un mois après, c est-à-dire lors de sa retraite précipitée, ses prétendus sujets de CharievUk faillirent hii faire subir le même sort que

celai qu'3 aVaît fait éprouver lui-même vax habitant dd la contrée dans la forêt de l'Estéi^l.

La mer qm, [du temps des Romains, Tenait bai* gner les murs de la ville , s est retirée d'environ vingt «limites* Les attenissemens de la rivière ti'Argens y 'Cenz du torreiiil dn Reirtnt *et les flots de la mer qnt ^poussent continuellement des sables vers lerivage, ont tsomblé peu-4-pea le port qui a été long-temps im lien infect et pestilentiel. On l'a depuis peu desséché -et livré à l'agriculture « ce qui a iait un grand bien pour la salubrité du pays.

La chapelle de Saint-Antoîn^e fut bâtie sur un môle flanqué de tours, dont on voit encore quelques vestiges. Il pardt que ce taôle fat construit afin de mettre les vaisseaux à l'abri des vents qui s'y font vigoureu*- ^sement ressentir, et d'y ménager tout autùqr un aqué* .duc qui conduisît de Teau potable dans le ^port, pour la commodité des vaisseaux et des personnes domici»* liées dans cette partie de la ville»» Une des quatre tours de ce môle a été prise dernièrement, par un savant t>bervateur , pour un petit phare, tandis qu'elle n'était qu'un poste pour les vigies qui étaient nuit et jour en observation. Un phare existait à Fréjus ; mais il se trou*vait sur h partie la plus élevée de la ville^ On en voit encore des restes très^ajpparens sur lesquels on ne saurait se méprendre.

Des restes d'aquédue se v^nt encore à quelques minutes de la ville, sur la route d'Italie. Ce sont des arcades qui s'élèvent jusqu'à environ dix-huit mètres»

Cet «qaSâne iiéSt fo mème qol tmeûài à Frèfm les eaux de la source de Mons. Il est quelquefois raz de terre, etlephis souvent floos terre. Il subsiste encore en grande partie, quoîqae covpé sur diKrens points.

Le cirque ou amphithéâtre se montre encore aensî-^ Uement, qaoiqae dans nn état de délabrement :(iiet. On ne peut reconnaître son ancienne architecture, ai ce qni pouvait le distinguer des autres mouumens lemblaUes qui se tnoavaient dans les Garnies, quoique, par des fouilles récemment faites, on ait été convaincu qall avait dû être d'un goût recherché. Toot ce que nous pouvons aflSHner, «'est qu'il avait environ cent cinquante mètres de longueur.

L'église cathédrale de cette ville ofire un baptistère en bon état qui a dû servir de temple à quelque divinité

paganisme ; il est formé de huit colonnes de granit très-dur, dont les chapiteaux, tons d'ordre corinthien» sont de marbre blanc. Ce petit monoptère est le seul monument ancien qui ait échi^pé à la barbarie des Irommes»

On découvre de temps en temps , enfoncés dans les terres, des restes de plusieurs autres édifices, des mor ceaux d'architecture > des tombeaux, des médailles, des dieux lares et des statues de plusieurs dimensions. Oncite principalement une statue de Vénus-Uranie, qui fut trouvée il y a environ 180 ans. Elle était d'un fort beau marbre. Le sculpteur trouva dans le bloc une veine rouge qu'il fit adroitement tomber sur la joue* par la manière habile dont il disposa la figure* Cette

Statue ainsî que pluâîèiu» autres piècea trèMurieuaoïl^ fat envoyée à Paris, yOle qui se £»Mlià s'euridur de#

dépouilles des autres , sans leur donner des preuves sa reconnaissance. Il n'y a guère que les peuples barbares, que les peuples ignorons , qui laissent dépouil^ l^r leurs pays de ce qu'ils ont de plus précieux.

Dans la terre dite Belk-Wie, ou a trouvé dernière^ment une sorte de cimetière contenant une grande quantité de tombeaux 0U briques* romaines , et un cer^ aueil de sapin renfermant une oaisse de j^mb et lea^ cendres d'un jeune enfant , plusieurs vases cinéraires en pierre d'environ vingt pouces de hauteur, avec fi^ . gures de plusieurs dieux ^ et une tète qu!jon présume toe celle de la statue d' Agrippa,

Partout, dans le territoire de Fréjus, on A dëcoiiverit des inscriptions plus ou moins intéressantes, qui ont «té décrites par la plupart de ceux qui ont écrit sur la- Provence, et dont voici leS' deux principaleSt La pre^. mière est un monument que les habitans de cette ville élevèrent en l'honneur de lîempereur César, Imcws^ Domitius , Aurétim , appelé' JlMucffiifrcir de4*univers, pieux, JieureuXf imnncilf le , Auguste ^ qualifié de grand pontife s et surnommé Germaniijue, parce qu'il avait remporté de grandes victoires sur les Germains* (?esl jpourquoi on ajoute à ce litre celui de maximo. U est honoré du titre detrèê'grandeîdeGaikifjuef parce qu'il défit complètement les Goths; il est encore appelé - PanU^, parce <pi'it i^v^t vaincu les Parthes, La se^ tco«de est un monument de reconnaissance de vBi^

fte Fkéjuft envers oa de ses protecteurs ^ qui était fcrî-» bon des soldats de la hnitièiiie légioa et graad-ptèlr» de la province n^rbonnaise , etc^

aESTITYTOR ORBIS IMP. CAES.

D. AVRSjJANO

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