RÉPERTOIRE ALPHABÉTIQUE DE LEURS ATTRIBUTS
Nota. — Pendant qu'on imprimait notre Dictionnaire, nous avons reçu diverses communications ,. sois d'ecclésiastiques qui veulent bien s'intéresser à notre travail, soit de littérateurs qui nous ont fait connaître des documents archéologiques ou autres qui pouvaient se‘rattacher aux monuments que nous citons. Nous avons tàché de faire notre prolit de ce qu’on a bien voulu nous communiquer, regrettant sincèrement de ne pouvoir recommencer notre Livre pour le rendre moins indigne du public sérieux qui voudra bien y jeter
Recherches bibliographiques sur les manuscrits connus, Les diverses éditions imprimées et les traductions françaises de la LÉGENDE DoRÉE de Voragine.
les yeux.
La Légende dorée, ce livre si populaire, si aimé du moyen âge et recherché encore aveë tant d'intérêt par notre siècle positif et desséché, est si souvent citée dans notre travail, que nous ne pensons pas faire un horsd'œuvre en lui consacrant quelques lignes.
Tous ceux qui s'occupent du moyen âge savent ce que c’est que ce livre, nous ne répéterons pas ici ce que d’autres ont mieux dit que nous ne saurions le faire (1) ; nous allons seulement jeter un coup d'œil sur les principales publications du texte original ou des traductions qui existent de la Légende dorée. Chacun sait qu’elle est l’œuvre de Jacques de Voragine, qui vivait vers 1230, originaire d’un bourg sur le golfe de Gênes, non loin de Savone. Il se fit dominicain en 1244; c’est à tort que l’on a prétendu qu'il fut
(4) Nous nous contenterons ici de renvoyer aux nombreuses indications que nous avons données à ce sujet au mot Légendes, dans le ]le volume de notre Dictionnaire iconographique des monuments de l’antiquité chrétienne et du moyen âge, note 2, page 111, et à celle de notre Introduction dans ce volume, 1"® partie, page 40, note 2.
(2) Cette traduction a été annoncée par M. Didron, tome IL de ses Annales archéologiques , page 397 ; et encore tome IX, page 68. Nous ne sommes pas juge de la sévérité de M. Didron au sujet de cette traduction. Nous constatons un fait, c'est à chacun de ceux qui travaillent ou qui lisent à choisir parmi toutes les traductions qui ont été faites de ce livre. M. Brunet , dans son Manuel du libraire, a donné la nomenclature de toutes celles qui existent, chacun peut consulter ce consciencieux travail , il nous suffit de l'indiquer. (Voir tome III, page d79, édition de 4820.) On peut voir aussi le catalogue publié par C. Panzer, qui cite plus de soixante-seize éditions différentes de la Légende dorée de Voragine , et plus de trente traductions en diverses langues. Consultez aussi le catalogue imprimé à Londres en 1835, par les soins du docteur
DICTIONN. ICONOGRAPHIQUE
général de cet ordre. En 1299, il futélu d’une voix unanime archevêque de Parme, dignité qu’il avait d’abord refusée ; il mourut au bout de sept ans d'épiscopat. Mais sa grande célébrité est entièrement due à son livre, qui est l'expression la plus naïve des croyances populaires du moyen âge. Il a paru en 1843 une nouvelle traduction française de la Légende dorée (2), due à M. Gustave Brunet, imprimée à Paris et publiée en 2 vol. in-12 chez Charles Gosselin. Nous empruntons à l’introduction de cette traduction quelques détails curieux sur les diverses éditions de ce livre, qui lui-même les a empruntées en partie au savant ouvrage de M. Paulin Pâris, Les manuscrits français de la bibliothèque Royale (3) de Paris. Ce savant et consciencieux écrivain nous apprend donc que plu-
Kloss, de Francfort, qui, sous le n° 3994, indique la plus ancienne édition de la Légende, celle imprimée à Strasbourg en 1471-73.
(5) Chose incroyable, cette bibliothèque, une des plus belles de l'Europe, est sans doute la seule qui n'a pas un nom à elle, un nom qui lui soit propre. Elle s’est nommée bibliothèque du Roi, puis bibliothèque Royale, ensuite bibliothèque Impériale. Ces dénominations, quoique peu exactes, indiquaient du moins son importance : maintenant elle se nomme bibliothèque Nationale, ce qui ne veut rien dire, car tous les monuments d’un pays sont certainement nationaux ; cette dénomination ne peut subsister, elle est insignifiante et de plus ridicule. Elle devrait se nommer maintenant bibliothèque Républicaine ou du Président, pour être dans les actualités : car chez nous c’est une manie de changer les noms des établissements et des rues suivant les circonstances du moment. Les étrangers doivent être fort désappointés quand ils reviennent nous visiter et qu'ils ne reconnaissent plus les noms d'une foule de lieux très-connus, très-fréquentés, qui, un an ou deux auparavant, se nommaient autrement. Si nous ne pouvons éviter les bouleversements, nous devrions
sieurs manuscrits de la Légende dorée existent dans cette bibliothèque sous les numéros 6845 et 6845. k. k.(des manuserits), puis ceux cotés sous les numéros 6845. à: % 6888. 2 ; 6889. 2 et 3 ; 7020; 7020, 1 À. et B. Quelques-uns de ces manuscrits sont ornés de miniatures remarquables (Voir surtout celui coté n° 6889, 3 et 3); M. Brunetremarque comme singulière, el à juste raison la miniature tepréséntänt le doutünibéinènt de Proserpine par Pluton. Ces sortes de singularilés ne sont cependant pas rares au moyen âge; mais il est curieux de voir l’antiquité classiqué et poétique Côte Sürnageant aü-dessus du gouffré 6ù ellé s’ést abimée, et venant parfois mêler ses folies toutes
du moins tâcher d'éviter le ridicule. Tous les monuments devraient porter des noms historiques, $6 ralachant soit au fondateur, Soit à un fait ou à un personnage, ou à une localité consacrés par l'histoire. Du moins ces noms né chângeraient plus, ou l’on pourrait y revenir dans les temps d'ordre et dé calme. La grande bibliothèque étant située rue de
Richelieu, et ce nom étant historique , il serait bien:
plus rationnel de lui donner Le nom de bibliothèque Richelieu et ne plus le changer.
Ce que nous disons de la bibliothèque ei-devant Royale, nous pouvons le dire du Cabinet des estampes qui en dépend. Jusqu’en 1830 cette belle et riche collection s'est nommée le Cabinet du roi : rien de Plus insignifiant, Il faudrait profiter dés changéinénts pour lui donher un no bien plus en rapport avec sa deslindtion ; on devrait le nommer Cabinet des estampes de Paris, puisqu'il est le seul qui existe dans Paris et que sa réputation est européerine. A ce sujet nous ne pouvons nous empêcher d'exprimer des craintes que nous désirons n'être pas fondées ; mais depuis longtemps, par suite de cet esprit d'innovation qui nous dévore en France ou par tout äutre motif, il circule dés bruits de changeïents qui menacent l'existence de ce cabinét, Aussitôt que Île conservateur en chef, qui 16 dirige avec tant d’intélligénec dépuis près dé quarante ans, laissera la place dibre, de quelque manière que ce soit; on projette de dénaturer toutes les collettions soit historiques , soit topographiques, allégoriques, soit de genre, elc., formées à grands frais de temps, de persévérance, avec autant de méthode que d’intelligènee, et si commedes pourles travailleurs. On doit, dit-on, les détrüire pour essuyer de tout clässer par noms d'auteurs, d'artistes, de peinires, etc., qui sont souvent très-peu importants, fort inconnus ét dé nul intérêt, si un clas- Ssémént méthodique où par mâtière ne leur donnait pas une valeur, soit historique, soit tüpographique ou telle autre, Mais que fait un nôm à un travailleur ou àuncurieux quidemande de la serrurerie, de l'orneméntation , des sujets de chasse, de la topographie, des portraits d'hommes célèbres, des animaux, des paysages, etc., S'il n’a pas dans la têté unie nomeénclaturé de noms? Le Cabinet des estampes lui séra donc fermé, et cependant il est là propriété du public et non des employés. (ue fairé ensuite d'une foule de pièces sans noin d’artistés et qui n'ont de valeur que parce qu'elles remplissent une lacune en attendant mieux ? il faudra donc les mettre en ballots, les vendre à la livre ou les bräler, En fait de recherches , la moindre gravure a souvent un grand intérêt historique. Lés classifications par matières Bout inappréciablés, ét elles n'empêchert pas les collections de inaîtres qui ne manquent pas au Cabinet dés estarmpes. Qu'on laisse donc ce qui éxiste daris l'érat'où il se trouve, et que l'on classe comme on l’entendra ce qui estioderne. Tous ceux qui travaillent sont intéressés à protésier avec nous contre toutes ces
APPENDICES
païennes (1), mais toujours poétiques, aux féries légendaires consacrées à la gloire des saints du paradis. Ces sortes de compromis ne soht pas loujôurs sans quelque intérêt, Où sait qüe la première traduction de la Légende est due à un Français , Jean Bataillier ; elle est sortie des presses de Barthélemy Buyer,imprimeur de Lyon,en 1:66, lé 18: jout d'avril. Cétté édition est devénue foft râré: I S'en tfodve hn lrès-bél éxèmplaire dans là bibliothèque de lord Spencer, et le célèbre Dibdin l’a décrit en détail dans sa Bibliotheca Spenceriana, tome IV, p.523.
Atitoine Vérard , célèbre imprimeur de Paris (2), a donné plusiéuts éditions francaises de la Légende, savoir : en 1490, 1493,
innovations, qui entraînent la destruction ou la perte d’üñé loule de matériaux précieux. Pendant que les employés décôllént les pièces , défont les volumes, changeht les Colléctions connues, refont les catalo= gues, Où $ohi censés les refaire, le publie est privé de ses études où de Ses jouissantés , qu'il paye Cépéndant si cher. Du reste, nous désirons nous trompef Sur les innovations dont nous avons entendu parler:
P.-S. Ceux qui voudraient connaître à fond l’histoire de l’origine, de l'agrandissement et de l’établissement déffniuif, sous Louis XIV, de la bibliothèque située rue de Rielielieu, trouveront dans le Lér volume du Dictionnaire de bibliologie de G. Peignot, in-8°, page 76 et suiv., tous les détails qu'ils peuvent désirer sut cétlé riche collection. Voir aussi l'Histoire des bibliéthèques ancienhes et modernes, par Petit-Radel, 1 volume in-8°:
Il existe aussi de M. Dumersan, employé du Cabinet des médailles près la bibliothèque rue de Richelieu, an catalogue in-8°, Paris, 1838, dans lequel on trouve des détâils très - satisfaisants sur là bibliothèque et le cabinet dés médailles. On régrette que les monuments chrétiens ÿ soïent indiqués d'une manière Aussi succincte (Voir page 31). On s'apérçoit que M. Dümérsan s’oteupait plus des monutients de l'antiquité profane que du réste. Quart au Cabinet des estampes, il n’en est question que comme par manière de miementos Il faut voir le catalogue qu’en à dressé M; Duchesne aîné à diverses époques. Il est à regretter qu'il ne lui ait pas donné plus d’étendue, surtout pour ce qui concerne les vieux maîtres des diversés écoles. Quant à ceux qui prétendent que sa clas- Siication et ses catalogues ne Sôht pas bons, sont-ils bien cériains de fairé niiéux et de ne pas 8e tromper ?
(4) A tel point que les livres d’Heures ou de prières offrent des sujets tout mythologiques au milieu des scènes de la Passion, les sujets du jugeinent dernier et même des sept sacrements ; C'est surtout dans les bordures que se rencontre le plus souvent cet alliage du profane et du sacré, du pagahisme et des sévères prescripuüons du christianisine. Mais ce qui est plus étonnant encore, l'autel lui-
même , ce sanctuaire de Dieu, est parfois paganisé.
Nous avons cité dans notre Dictionnaire iconograpläque des monuments, uh autel de la fin du xv® siècle, où l'on voit des figures de satyres, des amours, de profanes cariatides, ete.
(2) Un peut lire dans une Notice de M. 3, C. Brunet, sur les Heures gothiques, les curieux détails qu'il donhe sur les travaux de Ce libraire, à qu l’on doit la reproduction typographique de tant de ehroniques, de mystères , dé romans de chevalerie, d'Heures suf vélin enrichies de gravures en bois toujoars si recherchées. L'aïticlé Hi dé æette notice (Voir pagé 19 et suiv:) ét consacré à l'historique des trävaux de À, Vérard, à qui l'on doit dla première publieation inprimée du Décaméron de Bocace, portant la date de 4485, ebc., etc.
1496. La bibliothèque de la rue de Richelieu à Paris possède deux beaux exemplaires de celle de 1493, dont le savant Van-Praët (1) a donné la description, tome V, p. 24, de son Catalogue des livres imprimés sur vélin.
Jean de Vingle, de Lyon, à imprimé l’édition de 1512: Pierre Leber celle de 1525, à Paris ; Enguilbert de Marnef, celle der 1522, à Poitiers ; Jean Ruelle, celle de 1551 à Paris. Voir à ce sujet les Nouvelles recherches bibliographiques de M. Brunet, tome I, page k32, Paris, 1832.
En Angleterre, William Caxton, le père de la typographie britannique , donne , en 1483, une édition de la Légende dorée. On y irouve des gravures sur bois assez grossières ; en 1493, le même sayan( en public une autre édition.
En Italie, paraît une traduction de la Léende par Nicolas Manerbi , imprimée pour a première fois en 1475 par maestro Nicolo
Jenson. — Une autre édition est donnée à Milan en 1529 ; à Venise en 1551, eten 1578 avec corrections, puis remise en style moderne en 1630.
En Hollande , paraît celle imprimée à Delft en 1472, et de Gouda en 1478. ,
La Bohême paye aussi son tribut à la Légende dorée. En 1475 ou 1479 paraît une édition imprimée à Pilsen. — Une autre paraît à Prague en 1495 in-f, qui est devenue très-rare.
APPENDICES
Il n’est pas sans intérêt de rappeler que
.l’édition latine, imprimée en 1483 à Co-
logne (Editore Antonio Libero Susartensi), renferme beaucoup de légendes qui ne se trouvent pas dans Jacques de Voragine.
M. Brunet a rendu un véritable service en donnant sa tradaction, qui peut être lue avec quelque intérêt par ceux mêmes qui ne s'occupent pas spécialement d’iconogras phie. — M. Brunet a bien fait de terminer sa traduction par une liste des noms des saints renfermés dans chacun des deux volumes qu'il a publiés ; mais ce travail eût été bien autrement commode et surtout bien plus utile, si les deux tables eussent été réunies en une seule et les noms des saints renfermés dans les deux volumes, mis dans l’ordre alphabétique. C’est pour remédier à ce double inconvénient, qui fait perdre beaucoup de temps aux travailleurs, que nous avons eu l’idée de mettre ici en appendice la Liste générale et alphabétique de cés noms, avec les numéros des pages renvoyant aux deux volumes de la traduction de M. G. Brunet.
Tous ceux qui possèdent cet ouvrage dans leur bibliothèque ne peuvent que nous savoir gré de ce petit travail, qui, tout en complétant tout naturellement le nôtre, rend plus faciles les recherches qu’ils peuvent avoir à faire dans le volume de Jacques de Voragine,
Liste générale et alphabétique (2) des noms des saints dont les légendes sont données par Jacques de Voragine. ar
A … Barlaani (S.), II, 250 Conceptionimmaculée (Fête Abdon (S.), 1, 194 Barnabé (S.), s444 dela), a Achillée (S.), Il, 118 Barthélemy (S.) 1, 248 Cornélien (S.), UN, 15 Adancins (S), L, 244 Basile (S.), , 102 Couronnés (les quatre), : 1, 342 Adrien (S.), 1, 574 Benoit (S.), II, 50 Chrysostome (S.), m5 Agathe (Ste), 1, 155 Bernard (S.), 251 Chrysogone (S.), II, 229 Agathon, abbé (S), 1, 225 Bernardin (S.), H, 268 Crisant (S.), - Agnès (Ste), 1, 94 Blaise (S.), , 152 Cyprien (S.), I, 15 Alexandre (S.), 11, 346 Bonaventure (S.), il, 322 Cyriaque (S.), 1, 219 Alexis (S.), 1, 156 Brice (S.),. » 558 D Amand (S.), I, 95 Brigitte (Ste), 11, 286 Damien (S.) N, 4145 Ambroise (S.), I, 66 Darie (Daria) (Ste) l, 322 Anastasie (Ste), 1 43 $ PEAU? O5 Calixte(S.), I, 488 Décollation de S. Jean-Bap- + ré, Ke re ) qu 311 Catherine d’Alexandrie(Ste) I, 207 uiste, I, 280 rer Li +), jp 977 Catherine de Sienne (Ste), II, 318 Denis (S.), I, 182 ee me Ê ÿ * “es Cécile (Ste), I, 16 Dominique (S.), I, 203 Apollinaire (S.] gs Celse (Ste), I, 188 Donat {S.), pes D à ee +). W 999 Christine (Ste), 1, 469 Donat (S.), 1, 217 res Û )s 669 Christophe (S.), 1, 479. Dormants (les sept), 1, 184 nv o! p de 1 310 Claire (Ste), 11, 520 Dorothé (S.), 1, 379 ue (S.), 537 Claude (8.), Il, 292 Dorothée (Ste), Il, 2835
ure (Ste). » 1 Clément (S.), 1, 196 E
B Côme (S.), HI, 1485 L
Barbe (Ste), H, 296 Commémoration des morts, 1, 384 Elisabeth de Hongrie (Ste), [, 355
(1) Savant bibliothécaire de la bibliothèque rue de Richelieu, à qui les travailleurs doivent tant de reconnaissance pour les renseignements de tous les genres‘ qu'il prodiguait à quiconque s’adressait à lui. Cet excellent homme avait comme le don de se multiplier, On connaît ses travaux liltéraires, ils sont appréciés et consignés dans une foule de livresde bibliographies. M. Van-Praët n’avait qu'un défaut, il était trop confiant et croyait que tout le mondé était aussi probe que lui. Les pertes faites
par la bibliothèque confiée à ses soins sont immenses et irréparables, et nous ont valu la sévère administration qui régit aujourd’hui ce riche et grand dépôt des connaissances humaines. Nous sommes passés du laisser-aller de la famille aux rigueurs de la diclature.
(2) Les paginations de cette table alphabétique sont celles de la traduction française donnée en 1845 par M. G. Brunet.
Elo (S.), 3 Epimaque (S.), Etienne ({S.), Etienne, pape (S.), Eugénie (Ste), Eulkalie (Ste), Euphémie (Ste), Eusébe (S.), Eustache (S.), Evance (S.), Exaltation de la Croix,
Fabien (S.), Faustin (S.), Féicien (S.), Féix (S.), Féix (S.), Féix (S.), Fimin GS), Flocellus (S.) Forose (S.), Fortunat (S.) François (S.), Freres (les sept), Fuscien (S.),
APPENDICES. | Loge
Geneviève de Paris (Ste), II, 322 Autre,
La même, Georges (S.), Germain (S.), Gervais (S.), Gilles (S.), Gordien (S.), Gorgonien (S.), Grégoire (S.),
H Hilaire (S.), Hippolyte (S.), Honorat (S.),
Igrace (S }), Invocents (SS.),
luvention du corps de saint
Etienne, Inyention de la Croix, Irénée (S.), J Jacinthe (S.), Jacques l'Intercis (S.),
Jacques le majeur (S.), Jacques le Mineur (S.),
de:n, abbé (S.),
Jean l'Aumônier (S.), Jean, évangéliste (S.), Jean-Baptiste (S.),
H, 278 Julien (S.), 1,423 Pierre(S.), "© 1] 999 11, 118 Julienne (Ste), 1, 26 Pierre l'exorciste (S.}, rs 142 1, 45 Julitte (Ste), IE, 147 Pierre aux liens (S.), 1, 259 J, 199 Justine (Ste), 11, 140 Pierre le nouveau, mar- ME AS UT : Lédib lé, axè à, , 16 AE CA es ES 1, 451 Prime (S.) 145 1, 200 * Laurent (30), * 21 Prod S J 358 Lazare (S.), Qu 549, , AUS (She Da Th 346 Léon, pape (S.), L 291 pure S » 296 U! f2{ Léonard (S.), PT tr 0 MAT Ligier (S.), Il, 162 mes Q , - Longin (S.), HI, 49 Quintin (S.), 1, 554 1, 188 Louis (S.), 11, 302 Quirique (S.), 1, 147 u 3 Loup (S.), I, 295 R d L . RATE 1 ee. Radegonde (Ste), ul, 230 , 8 (S.), , eine (Ste), | L e Lucien (S.), 11, 370 Remy Eu I, % LA sas Roch (S.), I, 354 j 345 Macaire (S.), I, 80 Romain (S.), IL, 355 1 428 Mamertin (S.), 1,:257 S 1! 970 Marc (S.), 11, 81 Sabine (Ste), 1, 245 11 164 Marcel (S.), 1, 83 Sabinien (Ste), 1, 245 [159 Autre, Il, 287 Saturnin (S.), Il, 214 IL 272 Marcellin (S.), . FI, 142 Sébastien (S.), I, 88 U Marcellin, pape (S.), II, 95 Segond (S.), II, 60 Marguerite (Ste), H, 178 Sennès (S.), 1, 194 1, 453 Servat (S.), II, 282 HI, 380 Marie Egyptienne (Ste), I, 63 Silvestre (S.), 1, 65 ll, 75 Marie-Madeleine (Ste), 1, 160 Simon (S.), ‘1, 328 I, 195 Marine (Ste), I, 149 Simplice (S.), (1, 491 1, 286 Marthe (Ste), 1, 491 Sixte (S.), 1, 202 1, 571 Martin (S.), 1, 344 Speusippe (S.), 11, 372 J, 418 Mathias (S.), I, 27 Susanne (Sie), 1, 364 1, 319 Mathieu FR 11, 432 Symphorien (S.), 1, 243 ll, 53 Frog Se , à . Symplicien (S.), 1, 343 1 7e Michel-Ange, IL, 451 : ki 1, 928 Modeste (S.), I, 446 hais ER LR Nas oise, abbé (S.), 11, 227 1ecle (Se , I, 27 : ES Théodole (S.), ll, 346 on NE Il, 365 aan da (S.), r' oi ” sg Nazaire (S.), , Theospita (Sie 1, 535 1, 56 Nérée (S.), Il, 118 Thomas io. } 1, 56
1, 265 Nicolas (S.),
11, 408 0 11, 329 Ouilie (Ste),
Jein Porte-Latine (S.), 11, 416 Pétronille (Ste),
Jéréme (S.), Jude, apôtre (S.),
4, 25 Thomas d'Aquin (S.), 1! 307 Thomas de Cantorbéry (S.),;1, 60 L, 289 Timothée (S.), E,
P L 1, 580 Pancrace (S.), 11, 420 Urbain (S.), 1, 140 ll, 216 Pasteur 5) , 249 Ursule (Ste), 1, 324 1, 472 Patrocle (S.), II, 374 »
11, 99 -Paul (S.), I, 288,304 Waast (S.), ll, 923 11, 226 Paul, ermite (S.), 1, 74 Valentin.(S.), 1, 25 1, 108 Paule (Ste), 1, 446 Vierges (les 1100), 1, 524 1, 50 Pélage (S.), IL, 245 Vincent (S.), 1, 98 11, 387 Pélagie (Ste), 11, 476 Vincent, confesseur (S.), Il, 273 1, 441 Visitation (la), ll, 317 Il, 456 Philibert (S.), 11, 276 Vital (S.), ll, 96
1, 528 Philippe, apôtre (S.), 1 97, Vitus (S.), HE, 446
N 35. ’ Note sur les manuscrits connus des Evangiles apocryphes, leurs auteurs présumés, les di-
verses éditions imprimées dans différents pays, la poésie de ces récits, et leur caractère dramatique et légendaire, etc.
Comme notre Dictionnaire iconographique des saints indique souvent des sujets peints ou sculptés, tirés des récits des Evangiles
apocryphes, il ne donner quelques
sera pas sans intérêt de renseignements sur ce
eure d'ouvrages s l'avons esri d rages, comme nous |
sayé pour la Légende dorée de Voragine.
Cette autre source n’est pas moins curieuse ni moins riche que la première, comme le savent fort bien les hommes qui s’occupent sérieusement du moyen âge.
On trouve dans l'Université Catholi-
que (1), un travail fort remarquable sur l’origine aussi traditionnelle que poétique des Evangiles apocryphes. (Voir tome IV, p. 365 et suiv.) Après avoir expliqué ce que c’est que la poésie chrétienne et tous ses rameaux secondaires de la grande source poétique sortie du pied de la croix dressée sur le Calvaire , l’auteur de ce savant et consciencieux travail, M. Douhaire, entre en matière en définissant quels sont les trois principaux groupes qui forment la réunion des monuments du cycle légendaire.
Le premier de ces groupes, dit le savant auteur, comprend tous les monuments de la poésie sacerdotale, hymnes, liturgies, chants hiératiques, formuies rhythmiques et tout le cérémonial des offices.
Le deuxième renferme tous les ouvrages qui portent le sceau de l'inspiration mopastique et qui sont marqués de cette em-— preinte frappante qui fait reconnaître entre tous les monuments de l’art ceux des communautés religieuses.
Le troisième, plus riche et plus fécond, contient l'immense recueil des légendes populaires : poésie humble et douce, qui a sa physionomie propre et son parfum particulier. Cette division n’est point arbitraire, elle se trouve vivement accusée dans les divers monuments religieux qui se partagent aussi en trois sections. Ainsi, pour faire comprendre ce thème, il n’est besoin que d'entrer dans trois genres de monuments dus à l’art religieux. À Rouen, par exemple, comme dans bien d’autres villes, si vous entrez dans les cathédrales, vous y reconnaissez de suite un monument tout empreint de la pompe épiscopale. Les grandes figures des Pères de l’Eglise, des patriarches, des archevêques, des évêques, les rois s’y montrent aussi comme fondateurs ou bienfaiteurs. Les vitraux, les peintures, les tapisseries, les statues, les bas-reliefs étaient à l’envi les preuves de leur origine et les témoignages de la reconnaissance.
Si vous enirez dans quelque église abbatiale, vous y trouverez plus de sobriété dans la décoration, plus de sévérité dans l’ensemble, plus de ce silence qui appartient es-
senliellement aux cloîtres : les figures des
abbés, l'es légendes monastiques, les peintures de solitudes, la vie des religieux toute de travail et de prières, tout cela est représenté avec un certain cachet clausträl qui frappe tout homme sérieux et attentif.
Enfin vous sortez de la riche cathédrale et de l’antique abbaye, vous visitez quelques-unes de ces églises paroissiales qui
(1) Excellente publication mensuelle, rédigée sous la forme de Cours sur toutes les branches des sciences et des arts, et de la polémique chrétienne. Ce recueil, rédigé par les sommités de la science, au point de vue catholique, et sous la direction de M. Bonnetty, est en ce moment à son 22€ volume. On trouve cette publication mensuelle, qui paraît par livraisons, rue de Babylone, n° 6, à la direction des Annales de Philosophie chrétienne , fondées par M. Bonnelty en 1850,
APPENDICES
peuplaient autrefois les villes et les villages, c’est un autre aspect bien caractérisé : là vous voyez les traditions populaires qui couvrent avec complaisance toutes les parties de l’édifice. Ce sont les légendes des saints, les récits évangéliques, les traditions de la famille chrétienne, la vie intime du peuple, qui y est en plein exercice de ses métiers, de ses petites professions, les bou tiques, les ateliers de travail, les marchés, les ventes d'objets de nourriture, de vêtements.
Toute la vie du peuple est ici peinte et sculptée, souvent avec une énergie qui scandalise nos mœurs, sinon meilleures, du moins plus raffinées et plus voilées.
La poésie populaire, celle dont les éléments sont exprimés par l'art chrétien sur les murailles des églises paroissiales, c’est celle dont nous avons à nous occuper ici.
Elle se divise en trois branches secondaires, à savoir celle des personnages évangéliques, celle des saints de l'Eglise et celle des personnifications imaginaires, sous lesquelles le moyen âge a traduit ses conceptions les plus en vigueur. C’est là que l’on trouve surtout cette critique des hautes classes peinte ou sculptée par le peuple. Ce sont les allégories concernant les vices et les vertus toujours en guerre,elc. Mais revenons à notre but, en disant quelques mots du Cycle (2) évangélique.
De toutes les légendes, celles qui forment le cycle évangélique furent toujours en grande faveur et jouèrent toujours un rôle important dans la littérature. On leur donne le surnom d’apocryphes, c'est-à-dire controuvées, contestées, presque de nuile va— leur au point de vue historique, mais precieuses comme monument, comme type de la poésie primitive chrétienne. Quelques-unes de ces poésies se nomment histoire, d'autres actes, et même souvent mystères.
Les uns et les autres sont l’œuvre naïve, de la foi populaire, et les auteurs qui les rédigèrent n’eurent aucunement la pensée criminelle de tromper qui que soit. Ils ont traduit à leur manière les récits qu’ils trouvaient en vogue, répandus dans les populations et qui occupaient si pieusement les veillées de la famille chrétienne et charmaient les réunions du foyer domestique.
Nous ne comprenons pas parmi ces erreurs, les écrits publiés par des hérésiarques des premiers siècles; ceux-là cherchaient à tromper en dénaturant sciemment les livres authentiques, ou à donner le change aux crédules et aux esprits déjà prévenus et hostiles. Ceux-là sont des interpolateurs perfides, travaillant dans l'ombre, qui trou-
(2) On sait que ce mot est emprunté à la langu”, grecque : il désigne une série de conceptions, décrits,
de petits poëmes , faits à différentes époques sur un même sujet. Dans les premiers siècles, lorsque les poëtes parurent et chantèrent les traditions de leurs
pays, ils furent appelés cycliques de l'espace circonscrit de temps auquel ils empruntaient leurs sujets eu leurs récits, et comme ils y revenaient avec prédilection , ils formaient comme une espèce de cercle dans lequel ils tournajent sans cesse, etc.
blent les sources pures, afin de les convertir en poison et en boue fétide. Tel est le travail inspiré par l'enfer aux Simon, aux Marcion, aux Celse et à tous les chefs de sectes, que les évêques, les Pères de l’'Eglise, les papes etiousles écrivainsorthodoxes combattirent, dévoilèrent et poursuivirent de tous leurs anathèmes et de leurs énergiques réfutations. 1l en est autrement des légendes du Cycle évangélique proprement dit. Celles-ci sont de simples traditions, sans doute trop crédules, quelquefois puériles, mais qui sont pures d’intentions et font toujours aimer ce qu’elles embellissent des charmes d’une certaine poésie. Quant à la cause de leur incroyable faveur et de leur étonnante multiplication, nous la trouvons dans le besoin du merveilleux qui préoccupait tant les sociétés au moyen âge, augmenté peut-être encore par la gravité et la sévérité même de leurs eroyances religieuses. Tant de choses mystérieuses, tant de prodiges réels préoceupaient tellement les esprits, qu'ils étaient natu— rellement tout disposés à saisir avidement fout ce qui favorisait leurs imaginations encore tout empreintes des superstitions poétiques du paganisme qui les avaient bercés si longtemps de fables et de tableaux séduisants ; l’isolement des familles chrétiennes, qui les éloignait du mouvement turbulent des villes, le petit nombre d'écrits, la difficulté des relations, tout concourait à entretenir cette grande facilité. à accueillir ces récits venus de loin, apportés par quelques envoyés des apôtres ou de leurs disciples, par les pèlerins venus des pays lointains, qui leur racontaient les actions merveilleuses du courage des martyrs el des confesseurs, les tortures inouïes, les actes de barbarie, les souffrances des chrétiens entassés dans les prisons ou dans Îles mines, ou fuyant dans les solitudes la cruauté des hommes acharnés à leur poursuite. En effet, pendant plus de 300 ans de persécutions , la vertu fut traduite en crime, et le courage de la foi en obstination, même en trahison contre le peuple, contre l'empereur et les lois de l'empire.
Parmi toutes les légendes du cycle évangélique, on cite l'Evangile de la Sainte Enfance du Sauveur. La bibliothèque du Vatican, ainsi que celle de la rue Richelieu (1), à Paris, possèdent divers manuscrits de cet EÉvangile en arabe ou en syriaque.
Vient ensuite le Proto- Evangile de saint Jacques, nommé ainsi parce qu’il rend compte des événements qui précédèrent, dit-on, la prédication de la religion chrétienne par les apôtres. On parle de ce ré-
(1) Pour cette dénomination inusitée, voir la note page 907.
(2) Ce qui est rejeté par plusieurs écrivains sérieux et sans préventions.
(3) Théodore Bibliander, professeur de théologie à Zurich, écrivait en 4560. On a de lui d’assez grands travaux litiéraires; il était habile dans les langues orientales.
(4) Sixte Bétulée, nommé plus communément Birch,
APPENDICES
cit dans les Pères de FEglise, tels que saint Epiphane, saint Grégoire de Nysse, dans saint Justin, saint Clément d'Alexandrie et dans les écrits d'Origène. Le sayant et original Postel en donna une traduction imprimée à Bâle en 1552, puis publiée de nouveau à Strasbourg en 1570. Le célèbre Henri Estienne accusa Postel d’être l’auteur de ce récit et de l'avoir composé en dérision de la religion (2). Hérald, autre savant, reproduisit en 1555 le Proto-Evangile dans ses Orthodoxographa, avec la version de Postel. Michei Néander, théologien allemand du xvi‘ siècle, en donna pour la première fois le texte grec vers 1564. Ce texte, dont Néander n'indique pas l’origine, paraît différent de celui connu par Postel; il est du reste conforme à celui publié plus tard par Grymæus en 1569, et par Fabricius en 1703.
Ce dernier n’a pas redonné les notes de Néander, ni celles dont Bibliander (3) avait accompagné la version de Postel. Birch (4) a encore publié le même texte que Postel, avec beaucoup d’erreurs. Un savant anglais, Jérémie Jones, en 1722, s’est attaché à reproduire le même texte que Grymæus, qui est préférable à celui donné par Fabricius (5).
Eufin (ne pouvant pas nommer tous les savants à qui l'on doit des travaux sur les légendes), J. Ch, Thilo, professeur de l’université de Halle, a reproduit en 1832 le texte original des Evangiles apocryphes, d'après plusieurs manuscrits confrontés, et notamment d’après ceux de la bibliothèque Richelieu. La bibliothèque du Vatican en possède aussi dont s’est servi Birch.
Celles de Vienne et d'Oxford en possèdent encore d’autres de la même légende, mais aucun ne paraît antérieur au x‘ sièele.On dit que le mot de Proto-Evangile est de l'invention de Postel, et l’on sait qu'il ne se trouve dans aucun manuscrit. Elle y est toujours désignée sous le nom de Jacques dit l'Hébreu, et c’est à tort qu’on l'attribua, vers le x° siècle à l’apôtre saïnt Jacques. Plusieurs des faits qui y sont renfermés se retrouvent dans André de Crète, qui écrivait au vu: siècle ; dans les livres de Germain, patriarche de Constantinople; dans saint Jean Damascène ; George, archevêque de Nicomédie ; dans la Bibliothèque de Photius, et enfin dans divers autres auteurs recueillis par Combefis, dans son grand ouvrage Nova uuct. Bibl, Patrum. Paris, 1672, 2 vol.
in-fol. On sait que plusieurs des récits du Proto-Evangile sont reslés dans la liturgie grecque. 10"
Il existe, dit-on, dans les bibliothèques du Vatican, de Paris et quelques autres, des traductions arabes, syriaques ou coptes de
savant allemand, qui écrivait vers 1530. On trouve ses œuvres poétiques dans les Dramata sacra. Bâle, 4547, 2 volumes in-8°. PA
(5) C'est le célèbre 3. Alb. Fabricius, auteur du Codex apocryphus N'ovi Testamenti, du Codex pseudepigraph. Veteris Testamenti; de la Bibliotheca Græcu; Bibliotheca Latina, et de bien d’autres ouvrages d’une si grande érudition.
l'Evangile dit de saint Jacques, qui n'ont pas encore été publiées.
On cite comme un morceau vraiment remarquable et plein de beautés du premier ordre, les plaintes de sainte Anne touchant sa stérilité, Voir bien d’autres détails curieux et savants dans les notes qui accompagnent la traduction donnée des Eyangiles apocryphes par M. Gustave Brunet, à qui uous devons la meilleure partie des détails que nous indiquons ici.
L'Evangile dit de Nicodème se compose de deux. parties distinctes. La première renferme tout ce qui a trait à la passion de Jésus-Christ, sa condamnation, sa sépulture et sa résurrection, reproduit d'après un autre écrit, nommé les Actes de Pilate, qui a joui d’une grande auforité dans les premiers siècles de l'Église. La seconde partie renferme le récit des fils de Siméon, qui, étant ressuscités, racontent la descente de Jésus-Christ aux enfers et tout ce qui se passa entre Jésus-Christ, le prince des ténèbres et les patriarches. Ce récit est d’une grande beauté, etle Dante a dû en faire son profit. Parmi les savants qui se sont occupés de cet éerit, pous citerons, Eusèbe d'Alexandrie, auteur
rec vers le iu° siècle; le professeur allemand Frid. Albrecht Augusti, dans un traité écrit en 1748, à Erfurt ; le docteur W.H, Brun, dans sa Disquisitio historiæ critic. de indole, ætate et usu libri apocryphi vulgo inscrip. Evangelium Nicodemum. Berlin , 178% ; Staudlin dans Gotting bibl. der neuest, theolog. litéer. 1, 762, et Nuremberg., lité, Zeit, 179%, n° 9%, page 745. M. Alfred Maury, sous-bibliothécaire de l'Institut, a aussi inséré dans la Revue de philologie, de littérature et d'histoire ancienne, tome IT, n° 5, pages #42 à 482, un travail (rès-important sur Ja date présumée de l'Evangile de Nicodème, ainsi que sur Îles circoustances auxquelles on peut attribuer la rédaction de cet ouvrage. Cette dissertation peut remplacer les deux ouvrages ci-dessus indiqués, très-difficiles à trouver dans les bibliothèques de France.
L'histoire ou la légende de Joseph le charpentier est aussi rangée parmi les Evangiles apocryphes. H fut publié pour la première fois à Leipsick, en 1722, par un savant Suédois, Georges Wallin, qui en donna le texle arabe d'après un mapuscrit de la bibliothèque Richelieu à Paris, sous le n°1739, tome du catalogue, page 3, ou encore n° @iv des manusc. arabes. Ce manuserit est, dit-on, de 1299, Wallin en donna aussi une version latine avec des notes. Après lui Fabricius (Ch. Alb.) se borne à reproduire la {radaction latine dans le tome Ï, pages 309- 331 de son Codex pseudepigraphus V eteris Testamenti, en supprimant les notes de
(1) Le célèbre chancelier de l'Université qui, après avoir été l'âme du concile de Constance, voulut par hinailité mourir dans les fonetions ignorées de maître d'école à Lyon, est le même à qui quelques écrivains attribuent le livre si admirable, l'mitation de Jésus-Christ, que du reste il était si
APPENDICES
Wallin sans en mettre d’autres à la place.
Deux siècles avant Wallin, un dominicain italien avait fait mention, dans sa Summa de donis sancti Josephi, dédiée au pape Adrien VE, de la légende de saint Joseph.
On parle aussi d'une version de ceite légende faite au x1v° sièele sur un texte hébreu, qu’on croit perdue.
Assémani menlionne aussi un autre manuscrit, comme se trouvant au Vatican; il est en caractères syriaques.
Zoëga parle d’un manuscrit en langue copte, appartenant à la bibliothèque du cardinal Borgia.
C’est d’après ce manuscrit (eolé n° cxxi) en huit feuillets que M. Dulaurier à traduit le récit de la mort de saint Joseph publié en 1835 dans : Fragments des révélations apocryphes de saint Barthélemy et de l'histoire des communautés religieuses fondées par saint Pakhomme (sic); in-8, Paris, imprimerie Royale. Wallin regarde celte légende comme antérieure au 1v° siècle. Le style en est simple; il s’y trouve des passages empreints de la couleur biblique : une foi vive, une ieinte patriarcale :y domine partout. On y remarque des traces des erreurs des millénaires, qui prélendaient que Jésus-Christ devait régner mille ans sur Ja terre avant le jugement dernier. Voir à ce sujet l'Historia crilica Chiliasmi, de Corrodius,
Outre les récits renfermés dans l'Evangile ou légende de saint Joseph, il existe beaucoup d'ouvrages curieux sur sa vie. Jean Gerson({) a composé un long poëme intitulé Josephina, qui se trouye au IV‘ volume de ses œuvres.
‘ On peut voir aussi sur saint Joseph les Acta sanctorum des Bollandistes, tome Hi} du mois de mars, qui y discutent, au flambeau d’une saine et sévère critique, tout ce qu'il a paru décrits sur ce saint homme ; le savant et judicieux Le Nain de Tillemont, dans ses Mémoires sur l'histoire de l'Eglise. On cite encore le Josephus gemma mundi de Philippe de Vliesberghe. Douai, 1621 ; les T'abulæ eminentium sancti Josephi qualitatum de Charles de Saint-Paul, Paris, 1629. Le Josenhus du bénédictin Ch. Stengel (Munich, 1616) se recommande aux curieux par les
rayures qui s’y trouvent et qui sont des rères Sadeler. Du reste, tout ce qui existe de plus authentique sur la personne de saint Joseph et son histoire a été recueilli avec soin par dom Calmet dans unedissertation spéciale.
Parmi tous les récils qui composent la légende de saint Joseph, l'époux de Marie, qui passe pour avoir eu plus de quatre-vingts aps (2) lorsqu'elle lui fut fiancée, le tableau de ses derniers instants est surtout remarquable. Sa prière pour obtenir l'assistance de saint Michel; sa crainte des horreurs de la mort; la visite que lui fait Jésus-
digne d'écrire sans vouloir y meltre son nom.
(2) Sur ceute supposition, peu présumable, voir les sages observations faites par l’auteur anonyme des Observations critiques sur les erreurs dés peintres, ete., 2 vol. in-12, Paris, 1771. Voir page 86 du Je volume.
Christ pendant qu’il est dans l’agouie ; la pieuse assistance de la sainte Vierge près du moribond; l’arrivée de la mort et son épouvantabie cortége ; la prière de Jésus- Christ pour saint Joseph mourant ; l’arrivée de saint Michel, quireçoit des mains de Jésus- Christ l’âme de son père nourricier et l’enveloppe dans un linceul éclatant ; la translation de son corps dans son tombeau, etc., etc. : tous ces écrits sont remplis d'intérêt.
Dans cet Evangile ou légende de saint Joseph, il est question, au chapitre 26, du jugement dernier et du livre des péchés qui doit être brûlé. Ce livre de la vie (Liber vitæ), dont parle la prose Dies iræ, est une tradition rabbinique et musulmane; il figure dans presque toutes les représentations du jugement dernier. Nous citerons pour exemple le beau tableau de Franc. Vanius, celui de Jean Cousin, etc.
Quant au jugement dernier, nommé aussi le jour de la pondération ou du pèsement des âmes, il a été F'obict d’une foule de passages de l’Ecriture sainte, qui l'appelle le jour des épouvantements : V'Evangile en parle d’une manière plus fréquente et plus terrible encore. Il existe sur ce grand drame de la vié humaine un ouvrage singulier du P. Hyacinthe Lefébure, intitulé : Traité du jugement dernier, ou procès criminel des réprouvés, accusés, jugés et condamnés de Dieu selon les formalités de la justice, etc., in-k°. Paris, 1671. Nous avons dit plus haut que ce jour est nommé le jour de la pondération ou pésement des âmes, ou ce qu’on nomme la psychostasie. — On doit à l’érudition aussi variée qu’inépuisable de M. Alfred Maury un travail considérable publié dans la Revue archéologique de Paris, tome J, pages 248, 512, 514, 587 et suiv. sur les diverses représentations figurées de la psychostasie (1) chez les païens et les chrétiens, etc.
Dans le 21° chapitre du même Evangile, il est parié de l’avénement de l’Antechrist. Ce fameux personnage a beaucoup préoccupé
(4) Tout en rendant justice à l'érudition sérieuse et variée de M. Maury, nous sommes forcé de faire nos réserves sur sa manière d’interprélation et son système d’assimilation qui tendent toujours à confondre les miracles avec les illusions d’un cerveau malade, et les mystères chrétiens avec les mythes paiens. Voir au reste, à ce sujet, et sur la polémique qui en est résultée , la note 2 de la page 285 du Ile volume de notre Dictionnaire iconographique des monuments de l'antiquité chrétienne, etc. Notre réclamation ayant fait dire à M. Maury que nous ne l’avions pas compris, nous avons essayé de lui prouver que nous ne l’avions que trop bien compris, dans notre réponse insérée au Mémorial catholique, année 4846, pag. 256 et suiv., ou dans notre Portefeuille d'un amateur, n° 29 (Collection donnée après nous à la Bibliothèque Mazarine, sous le n° 34605).
(2) Savant travail auquel nous avons emprunté la meilleure partie des détails oue nous sommes forcé malgré nous d’abréger.
(3) On trouve quelques détails curieux sur ce personnage célèbre, l’Antechrist, dans peau texte des Vitraux de la cathédrale de Bourgeéf, par le P.C. Cahier, 4 vol. in-fol., pages 96 et suiv. Voir aussi tout ce que nous indiquens de documents graphiques
nos aïeux ; on ferait une bibliothèque assez considérable des divers ouvrages publiés sur cet imposteur des derniers temps. Parmi le grand nombre de livres publiés nous citerons celui du P. Malvenda, imprimé d’abord en 1603, puis successivement en 1621, 1647, 1 vol. in-fol. ; le Traité de l’Antechrist, par Daneau, Genève, 1577. Grataroli, célèbre médecin du xvi° siècle, a publié aussi uu ouvrage assez long sur l’Antechrist. Un rabbin le fait naître dans le pays d'Edom, du commerce du diable avec la statue en marbre d’une vierge : ce peu de mots suffit pour juger du reste.
Les curieux recherchent aussi un T'raité de l'advenement de l’Antechrist, sorti des presses de l'imprimerie Antoine Vérard, en 1492.
Un drame composé vers le x° ou le xr° siècle, avant les mystères, et intitulé : Ludus paschalis, représente l’Antechrist comme le héros de cette pièce. On en doit la découverte, parmi les manuscrits de l’abbaye de Tegernsée (Allemagne), au bénédictin Bernard Pez, qui l’a publiée dans son Thesaurus anecdotorum (2), tome IE, partie u.
Voir l'analyse de ce curieux drame page 7 de l’Introduction en tête de la traduction des évangiles apocryphes par M. Gustave Brunet (8). L’Evangile de la Nativité de Marie.
Une tradition en vogue au moyen âge l’attribuait à saint Matthieu, qui l'aurait écrit en hébreu. Au x1° siècle, il s’en fit une traduction qu’on disait être de saint Jérôme.
Au 1x° siècle, la célèbre religieuse Hroswitha (4) en reproduisit les traits principaux dans un poëme en vers latins, intitulé : Historia nalivitatis laudabilisque conversationis intactæ Dei genitricis (Edition de ses œuvres en 1707).
On la trouve aussi dans une Vie de Jésus- Christ composée par Ludolphe le Saxon, prieur des Chartreux de Strasbourg au x1v° ou xv* siècle (5). Beaucoup d'images pieuses furent inspirées aux artistes sur cet écrit.
Cet Evangile nous est parvenu en latin par les soins d’Alb. Fabricius dans son Codex
et de livres à ce sujet dans le [er volume de notre Dictionnaire iconographique des monuments, etc., au mot ANTECHRIST,
(4) Sur cette religieuse, voir les savants détails publiés par M. Cyprien Robert, dans l'Université catholique, tome VI, p. 419 et suiv.; par le P. C. Cahier, dans les Annales de philosophie chrétienne , tome X VII, page 221 ; par M. Magnin, dans la Revue des Deux-Mondes , tome IV (1859). La Bibliographie universelle lui a consacré un long article et a publié une édition de son Théâtre; in-8°, Paris, 4843. Voir aussi le Cours de littérature du moyen âge, par Villamain; l'Histoire des langues romanes, par Bruce- Whyte, tome I, page 505 (1840); un article de M. Philarète Chasles dans la Revue des Deux-Mondes (15 août 1845); autre de M. Magnin, Journal des Savants {octobre 1846); la Revue de philologie, tome |, page 466, article de M. Patin.
(>) La première édition de ce livre paraît avoir été imprimé à Cologne vers 1470, in-fol. Haïn, dans son Repertorium bibliographicum (1831), n°s 10288- 10296, mentionne huit autres éditions latines antérieures à 4500. Il en fut imprimé une édition à Lisbonne en 4495 et une version portugaise en 1350, par un ayteur anonyme,
apocryphus, par ceux de Schmidt et de Thilo.
Les livres attribués à Joseph le patriarche, fils de Jacob, le célèbre gouverneur de V'Egypte, figurent aussi parmi les livres apocryphes. On cite surtout la pièce intitulée son Testament, comme renfermant de grandes beautés. Il à paru dans un journal dont le nom nous échappe, une Notice fort curieuse de M. Saint-Marc Girardin, sur les livres attribués au patriarche Joseph. Cette Notice se trouve reproduite dans ses Essais de littérature et de morale, in-8°, Paris, 1845, tome 11, page 109 et suiv. Nous n’entreprendrons pas d’analyser cette pièce, nous en citerons seulement quelques passages les plus saillants et de haute poésie chrétienne.
«Lorsqu'il fut vendu par ses frères, les Ismaélites lui ayant demandé qui il était, Joseph, pour ne pas accuser ses frères et faire connaître leur crime, dit qu’il était leur esclave. Le chef, voyant son visage si doux, si distingué et si noble, lui dit : Tu n’étais pas leur esclave, et si tu ne me dis pas la vérité, je te fais tuer... Joseph répondit : J'étais leur esclave. Depuis il garda le silence. »
Pendant sept longues années, Joseph eut à résister aux terribles sollicitations de la femme de Putiphar, qu’il avoue être d’une grande beauté, et qui employait tour à toar les menaces et les caresses pour le faire céder à ses importunités et à sa passion. Un jour elle lui dit qu’elle ferait tuer son mari, qu'il deviendrait le possesseur de tous ses biens, et qu’il n’aurait plus rien à craindre. Joseph la menaça de dévoiler ses pensées
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criminelles. Cette femme coupable le supplia de ne pas la perdre et lui envoya des présents. Si tu ne veux pas m’aimer, lui dit-elle dans un autre moment, je m’étrangle ou je me jette dans un précipice. Joseph, la regardant, vit qu’elle était possédée de l'esprit de Bélial ; il pria le Seigneur et il dit à l’Egyptienne : Ton péché l'aveugle, mais pense que si tu commets ce crime, la concubine de ton mari, Sétho, frappera tes enfants. —— Ah! tu m'aimes, lui dit-elle, puisque tu prends intérêt à ma vie et à mes enfants... Et la passion effrénée de cette femme vient comme expirer à cette parole, Tes enfants auront une mardtre. — Cette parole de Joseph est sublime ; elle renverse toutes les idées de cette malheureuse, et ses entrailles de mère sont émues. Elle se souvient de ses enfants et elle s’apaise.
On trouve dans la Revue indépendante, tome VIII, numéros des 10 et 25 mai 1847, un travail du docteur Perron, intitulé : Joseph fils de Jacob, légende arabe, qui est rempli d'intérêt et de peintures gracieuses des mœurs patriarcales.
Nous pourrions pousser ce travail bien plus loin ; la liste des évangiles apocryphes réunis dans l’ouvrage de Fabricius (2) monte à plus de cinquante. On peut en voir le détail dans la traduction de M. Gustave Brunet, page 285, et les savantes notes qui s’y rattachent. Ce que nous présentons ici suffisant au but que nous nous sommes proposé, nous nous arrêtons. De plus longs détails seraient inutiles et fastidieux. Voir au reste la table qui suit.
Table ow sommaire des divers évangiles apocryphes et de leur sujet, dont M. G. Brunet a donné la traduction (4), 1 vol. in-12. Bordeaux, 1847 à L8.
Le nombre de ces pièces se monte à dix-sept dans la traduction qu’en a donnée M. Gustave Brunet (1 vol. in-12, Paris, 1848), tant des évangiles proprement dits que d’autres écrits rédigés. dans le même style ; c’est à savoir : 1. L'histoire de Joseph le charpentier.