INTRODUCTION
La vie des Sants tent à l’histoire de toute l'Europe et du monde civilisé.….. (1).
Tant qu'il y aura du christianisme sur la terre, les artistes seront appelés à peindre ou sculpter les saints et leur histoire.
Malgré les mensonges et les absurdités entassés depuis l’origine du christianisme pour le ridiculiser afin de le détruire; malgré le sourire dédaigneux d’esprits moqueurs ou superficiels, les beaux-arts doivent compter comme un des plus beaux fleurons de leur couronne, de pouvoir concourir à immortaliser les vertus des héros du christianisme et le courage de ses eonfesseurs.
La légende chrétienne (2), quoi qu’en disent quelques prétendus esprits forts, est essentiellement poétique au jugement même d'écrivains fort peu soucieux du christianisme; elle se compose en effet des traditions primitives de chaque contrée; les légendes, même les plus singulières en apparence, ont presque toujours pour origine quelques bienfaits obtenus par la prière et la reconnaissance (3). Là où vous trouvez une légende quelque amplifiée qu’elle soit, vous y trouvez une histoire (4).
Les saints, ceux que l’Église reconnaît pour tels, furent presque tous les bienfaiteurs de l’humanité , soit en défrichant la terre inculte de leurs propres mains, soit en défrichant le sol de la science, comme le prouve l’histoire des divers ordres religieux à leur origine, et comme ils auraient dû continuer à le faire chacun dans sa spécialité. Mais où trouver une institution, quelque belle qu’on la suppose, qui n’ait pas été gâtée par l’homme?
Revenons au but de cet ouvrage. — Nous avons désiré, en faisant ce travail, simplifier les recherches des artistes, leur donner les documents les plus étendus sur la vie, le costume et les particularités qui se rattachent à l’histoire de chaque saint ou sainte ; ceux du moins dont nous avons trouvé quelques représentations, car nous n’avons composé ce Diction-
naire que sur des monuments peints ou sculptés (5).
(4) Extrait du Rapport de Camus, l’archiviste, à l'Assemblée constituante en 1790, lui rendant compte de sa mission dans la Belgique. Il déclare, dans ce Rapport, qu'il serait de l'honneur du gouvernement d'offrir aux jésuites, dits Bollandistes, un asile en France et des secours pour la continuation de leur grand ouvrage, les Acta sanctorum, qui se composait alors de 52 volumes in-fol. (Portefeuille d’un amateur, n° 17, collection formée par l’auteur de ce Dictionnaire et donnée à la bibliothèque Mazarine. V.le n° 34,605 du Catalogue.)
(2) Sur les beautés poétiques et l'importance, même historique, des légendes , voir l'Université catholique, tome Ier, pages 202, 9258, 470; tome IV, 365 ; l'abbé Blanc, Cours d'histoire ecclésiastique, introduction, p.548. A ceux qui regarderaient cette publication comme suspecte, attendu leur manière de voir soi-disant philosophique, nous indiquerons ce que pensent de la légende chrétienne des hommes qui passent pour des esprits forts et des penseurs, Thomas Moore, Histoire d'Irlande, in-8°, p. 298, qui y cite Gibbon et Montesquieu. Voir aussi M. Michelet, Histoire de France, tome I, p. 62; M. Guizot, Cours d'histoire moderne, passim.
(3) Les guérisons corporelles ou spirituelles font presque tout le fond de Ia vie d’une foule de saints. Quelques esprits prévenus, hostiles ou chagrins, sous
DICTIONN. ICONOGRAPHIQUE à
un faux semblant de raison, ont essayé souvent de confondre le christianisme et ses dogmes avec les traditions populaires, qui ne sont que les brillantes superfétations du tronc séculaire. Les légendes sont au christianisme ce qu'est la musique dans les cérémonies chrétiennes, la peinture ou la sculpture aux murailles des églises. Ce n’est pas là qu'est l’enseignement des vérités chrétiennes : ce sont des moyens qui, tout en s’altérant parfois entre les mains des hommes, servent encore à leur faire goûter peu à peu des enseignements aussi sévères que positifs. Les légendes charmaient les pieuses veillées du foyer domestique de nos aïeux, et, tout en s'adressant à l’imagination de l’homme, l’habituaient à la pratique des devoirs les plus sérieux. Le petit enfant de la crèche de Bethléem conduisait insensiblement le chrétien des eaux baptismales sur la cime du Calvaire, au pied d'une croix sanglante, où tout se résume... Telle est notre foi.
(4) M. Vallet de Viriville, Revue française, année 1857, numéro du 4 juillet, ou tome IE, p. 67.
On veut à toute force que les traditions les plns fabuleuses et les plus absurdes de l'antiquité paienne renferment de hautes conceptions, et l'on ne voudrait trouver que des absurdités ou des mensonges dans les légendes chrétiennes ! !
(>) Il va sans dire que, tout en nous attachant de
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Nous avons voulu présenter un moyen aussi facile que pronpt jpour trouver les attributs le plus ordinairement donnés à chaque saint par les légendiires et les anciens maitres ; empêcher les anachronismes qui défigurent trop souvent les hbleaux ou les sculptures des artistes, qui ne consultent pas les sources avec assez d’atlmtiom, ou qui les ignorent; indiquer des types, non pour les copier servilement , mais pour s’en inspirer avec le plus d’habileté possible, et surtout s'élever à la hauteur du sujet, ea étmdiant l'histoire de l'Eglise et les écrivains estimables et chrétiens qui ont consacré leurs talents à nous inilier dans l'histoire des âges de foi qui virent avec admiration passer sur la terre ces êtres protecteurs et bienfaisants, dont Dieu se sert dans tous les temps pour rigénérer le monde et le faire rentrer dans la voie du ciel.
Dans les représentations peintes ou sculptées des personneges qui composent ce Dictionnaire, nous avons surtout tâché de signaler les plus anciennes, les plus authentiques ; celles qui tiennent le plus au berceau de l'Eglise et aux sourccs des traditions ; cependant nous ne sommes pas exclusif, car nous indiquons les œuvres des artistes de tous les siècles et de tous les pays, jusqu’à ceux de notre époque. Nous acceptons tou: ce qui nous paraît bien; nous ne nous arrêtons que là où l’art, le génie et les convenances s’arrêlent.