‹ Dictionnaire idéologique:Chapitre 10 sur 636 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

s'applique à la force musculaire de l'athlète, aussi bien qu'à la faiblesse irritable de la femmelette. L'Index alphabétique, placé à la fin de ce volume, fera voir à quelle multiplicité d'usages l'élasticité de la langue a étendu le sens des mots. Il a donc fallu que les mots qui ont plusieurs acceptions fussent classés dans chacune des catégories correspondant à ces acceptions diverses. Une autre circonstance a rendu plus impérieuse encore la nécessité de ces répétitions : c'est que certaines idées ^ comprises dans une classe,, représentent souvent les mêmes rapports que des idées appartenant à une autre classe. Ainsi les rapports d'ordre et de quantité existent parmi les idées de Temps aussi bien que parmi les idées d'Espace. La cause et l'effet sont souvent désignés par le même mot. Le mot Son, par exemple, dénote à la fois l'impression faite sur Toreille par les vibrations sonores, et les vibrations elles-mêmes, qui sont la cause ou la source de cette impression. Le goût exprime à la fois la sensation perçue et la qualité du corps sapide qui fait naître cette sensation. La Pensée est un acte de l'entendement; mais le même mot dénote aussi ridée qui résulte de cet acte. Le Jugement est l'acte de décider, et c'est aussi la décision prise. Un Achat est l'acquisition d'une chose qu'on paye, aussi bien que la chose ainsi acquise ; et il en est ainsi d'un nombre infini de mots. L'esprit est essentiellement distinct de la matière; et pourtant, dans toutes les langues, on transporte métaphoriquement les attributs de l'un à ceux de Tautre. La matière, sous toutes ses formes, est douée, par le langage figuré, des fonctions qui appartiennent à l'intellect; et nous parlons continuellement de ses phénomènes et de ses propriétés, comme résuhant de l'influence volontaire d'un corps sur un autre, agissant et réagissant, excitant et étant excité, dominant et étant dominé, comme s'il était mû par une force spontanée et guidé par une intention spéciale. D'un autre côté, des expressions, dont la signification primitive se rapporte exclusivement aux propriétés de la matière, sont métaphoriquement appliquées aux phénomènes de la pensée et de la volonté, et même aux sentiments et aux passions de l'âme; de sorte qu'en parlant d'un rayon d'espérance, de Vombre d'un doute, d'un éclair de gaieté, de la pesanteur ou de la légèreté de l'esprit, de la chaleur du sentiment, ou des bouillons de la colère, c'est à peine si nous nous dou- tons que nous employons des métaphores qui ont cette origine matérielle.

Comme règle générale, nous avons cru devoir placer les mots et les phrases qui se rapportent à plusieurs ordres d'idées, d'abord sous le numéro d'ordre auquel ils appartiennent le plus particulièrement, et ensuite sous les autres numéros auxquels ils peuvent se rattacher, toutes les fois qu'il nous a paru que cette répétition serait commode pour le

INTRODOCTIO^'. XI

lecteur et lui éviterait la peine de recourir à d'autres parties du volume; car nous avons mieux aimé pécher par surabondance que par insuffisance *. Toutefois^ lorsqu'il s'est trouvé une divergence marquée entre ridée première et ridée associée, il a suffi d'indiquer par un renvoi l'endroit où se trouve la signification modifiée. Mais^ afin d'éviter des redites inutiles, nous avons généralement omis ceux d'entre les dérivés qui se rattachent assez évidemment à un mot principal pour que le lecteur puisse les former de lui-même avec facilité. Tels sont la plupart des adverbes dérivés d'adjectifs par la simple addition delà terminaison menty comme fermement, soigneusementj amicalement, etc., de ferme, soigneux, amical, etc. Tels sont encore les adjectifs verbaux ou les participes immédiatement dérivés des verbes que renferme la nomenclature. Dans tous les cas semblables, un « etc. » indique qu'il faut recourir aux racines, La même règle a été observée dans la compilation de l'Index.

Souvent un verbe s'emploie activement ou neutralement ; ou bien, encore, il prend la forme pronominale. En pareil cas, il eût été superflu de grossir le volume par la répétition du même terme ainsi modifié; car les personnes qui feront usage de ce dictionnaire doivent connaître l'emploi des mots et savoir les appliquer correctement.

Il est une multitude de mots d'un caractère spécial, qui tiennent nécessairement une place dans les colonnes d'un dictionnaire ordinaire, et qui n'entrent pas dans le plan de la présente compilation , parce qu'ils n'ont aucun rapport avec les idées générales. La nomenclature de l'histoire naturelle, et les termes techniques appartenant exclusivement aux sciences et aux arts rentrent dans cette catégorie. Il y a pourtant des excepfions à faire en faveur des mots qui s'appliquent par métaphore aux sujets généraux, et que l'usage a consacrés. Ainsi, le mot Lion trouvera place sous le titre de Courage , dont il est regardé comme le type* L'Ancre, étant le symbole de l'Espérance, est placée au rang des mots qui caractérisent ce sentiment; de même, encore, les mots Papillon et Girouette^ qui rappellent le caprice et l'inconstance, sont inclus dans la catégorie de V Irrésolution.

On trouvera donc, sous diftérenls litres ou numéros d'ordre , de fréquentes répétitions des naêrnes séries d'expressions. Par exemple, le mot Abandon, avec ses synonymes , se trouve comme tête de colonne au n" 624 , où il s'applique à V Intention, et aussi au n"* 782, où il se rapporte à la Propriété. La même distinction a été faite pour la Sensibilité, le Plaisir, la Douleur, le Goût, etc. , selon qu'ils se rapportent aux sensations physiques, ou aux affections de Vâme ; les premières se trouvant aux u°» 375, 377, 378, 390, etc., et les dernières aux n^'s 822, 827, 828, 850, etc.

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