‹ Dictionnaire infernalChapitre 102 sur 368 · DAG · texte numérisé non relu

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dre à conduire le fil. Néron choisit Érostrale , ce fameux insensé qui brûla le iemple de Diane, aimant comme lui à se chautîer de gros bois. Achille prit la main d'Eurydice : « Marchons, lui dit-il, marchons; aussi bien ne saurait-on mieux nous assortir, puisque nous avons tous deux l'âme au talon. » — Il ne fut jamais possible de séparer les Furies des épiciers, tant elles avaient peur de manquer de flambeaux. Les tireurs d'armes furent logés avec les cordonniers , d'autant que la perfection du métier consiste à bien faire une botte; les bourreaux, avec les médecins, parce qu'ils sont payés pour tuer; Écho, avec nos auteurs modernes, d'autant qu'ils ne disent, comme elle, que ce que les autres ont dit; Orphée, avec les chantres du Pont-Neuf, parce qu'ils avaient su attirer les bêtes. — On en mit quelques-uns à part, entre lesquels fut Midas, le seul homme qui se soit plaint d'avoir été trop riche ; Phocion , qui donna de l'argent pour mourir; et Pygmalion, pareillement, n'eut point de compagnon, à cause qu'il n'y a jamais eu que lui qui ait épousé une femme muette »

Dabaïda. — Les naturels de Panama ont une idole de ce nom, qui était née de race mortelle, et qu'on déifia après sa mort. Quand il tonne ou qu'il fait des éclairs, c'est Dabaïda qui est fâchée ; alors on brûle des esclaves en son honneur.

Bactylomancie , — divination qui se pratiquait au moyen de bagues ou anneaux fondus sous l'aspect de certaines constellations , et auxquels étaient attachés des charmes et des caractères magiques {voy. Alectryomancie). C'est, dit-on, avec un de ces anneaux que Gygès se rendait invisible, en tournant le chaton dans sa main. — Clément d'Alexandrie parle de deux anneaux que possédaient les tyrans de la Phocide, et qui les avertissaient par un son du temps propre à certaines affaires; ce qui ne les empêcha pas de tomber dans les griffes du démon, lequel leur tendait un piège par ses artifices i. Voy. Anneaux.

Badjal, — nom de l'antechrist chez les Chaldéens; il signifie dans, leur langue le menteur et l'imposteur par excellence.

1 Delancre , Incrédulité et mécréances du sortilège pleinement convaincues, traité 5, p. B6JU

Dagobert Ier, — roi de France, mort en 638 à l'âge de trente-sept ans. Une vieille légende conte qu'après qu'il fut mort un bon ermite, nommé Jean, qui s'était retiré dans une petite île voisine des côtes de la Sicile, vit en songe, sur la mer, l'âme du roi Dagobert enchaînée dans une barque, et des diables qui la maltraitaient en la conduisant vers la Sicile, où ils devaient la précipiter dans les gouffres de l'Etna. L'âme appelait à son secours saint Denis, saint Maurice et saint Martin, que le roi, en son vivant, avait fort honorés; les trois saints descendirent revêtus d'habits lumineux , assis sur un nuage brillant; ils se jetèrent sur les malins esprits, leur enlevèrent la pauvre âme, et l'emportèrent au ciel *. — Un monument curieux, le tombeau de Dagobert, sculpté vers le temps de saint Louis, retrace ces circonstances merveilleuses. La principale façade est divisée en trois bandes. Dans la première on voit quatre diables (deux ont des oreilles d'âne) qui emmènent l'âme du roi dans une barque; la seconde représente saint Denis, saint Maurice et saint Martin, accompagnés de deux anges,

1 Gesta Dagoberti régis, etc.

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avec le bénitier et le goupillon, qui chassent les démons. Sur la troisième bande on voit l'âme qui s'enlève, et une main sort d'un nuage pour l'accueillir. Les farceurs ont glosé sur cette poésie du moyen âge, sur celte légende et le monument qui est à Saint-Denis ; mais quel mal y a-t-il donc dans ces récils que l'église n'a jamais imposés, et qui sont toutefois des fleurs? Ce qu'il y a de mal, c'est que ces fleurs tombent quelquefois devant des pourceaux.

Bagon , — démon de second ordre , boulanger et grand panetier de la cour infernale. Les Philistins l'adoraient sous la forme d'un monstre réunissant le buste de l'homme à la queue de poisson. Ils lui attribuaient l'invention de l'agriculture, qu'on a attribuée à tant d'autres. — On voit, dans le premier livre des Rois, que les Philistins s'étant rendus maîtres de l'arche du Seigneur, et l'ayant placée dans leur temple d'Azot, à côté de l'idole de Dagon, on trouva le lendemain cette idole mutilée, et sa tète avec ses deux mains sur le seuil de la porte. « C'est pour cela, dit l'auteur sacré, que les sacrificateurs de Dagon et tous ceux qui entrent dans son temple, ne marchent point sur le seuil de la porte. »

Bahut, — VOtJ. Is.

Damne tus , OU Bamachus , — loup-garOU

de l'antiquité. On conte qu'ayant mangé le ventre d'un petit enfant sacrifié à Jupiter Lycien, en Arcadie, il fut changé en loup ; mais il reprit sa première forme au bout de dix ans; il remporta même le prix de la lutte aux jeux olympiques

Baniel, — l'un des quatre grands prophètes. On lui attribue un traité de Y Art des songes. Les Orientaux le regardent aussi comme l'inventeur de la géomancie.

Banis, — sorcier du dernier siècle. Le vendredi, 1er mai 4705, à cinq heures du soir, Denis Milanges de la Richardière, fils d'un avocat au parlement de Paris, fut attaqué, à dix-huit ans, de léthargies et de démences si singulières que les médecins ne surent qu'en dire. On lui donna de l'émétique, et ses parents l'emmenèrent à leur maison à Noisy-le -Grand, où son mal devint plus fort; si bien qu'on déclara qu'il était ensorcelé. On lui demanda s'il n'avait pas eu de démêlés avec quelque berger; il conta que le 4 8 avril précédent, comme il traversait à cheval le village de Noisy, son cheval s'était arrêté court dans la rue Feret, vis-à-vis la

1 Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, etc., liv. IV, dise. 3, p. 267.

3 — DAN chapelle, sans qu'il put le faire avancer; qu'il avait vu sur ces entrefaites un berger qu'il ne connaissait pas, lequel lui avait dit : « Monsieur, retournez chez vous, car votre cheval n'avancera point. » Cet homme, qui lui parut âgé d'une cinquantaine d'années, était de haute taille, de mauvaise physionomie, la barbe et les cheveux noirs , ayant la houleile à la main, et deux chiens noirs à courtes oreilles auprès de lui. — Le jeune homme se moqua du propos du berger; cependant il ne put faire avancer son cheval et fut obligé de le ramener par la bride à la maison, où il tomba malade, car le sorcier lui avait jeté un sort. — M. de la Richardière le père fit mille choses pour la guérison de son fils. Comme un jour ce jeune homme rentrait seul dans sa chambre, il y trouva son vieux berger assis dans un fauteuil , avec sa houlette et ses deux chiens noirs. Cette vision l'épouvanta; il appela du monde; mais personne que lui ne voyait le sorcier. Il soutint toutefois qu'il le voyait très-bien ; il ajouta même que ce berger s'appelait Danis, bien qu'il ignorât qui pouvait lui avoir révélé son nom. Il continua de le voir tout seul. Sur les six heures du soir, il tomba à terre en disant que le berger était sur lui et l'écrasait; et, en présence de tous les assistants qui ne voyaient rien, il tira de sa poche un couteau pointu, dont il donna cinq ou six coups dans le visage du malheureux par qui il se croyait assailli. — Enfin, au bout de huit semaines de souffrances, il alla à Saint-Maur, avec confiance qu'il guérirait ce jour-là. Il se trouva mal trois fois; mais, après la messe, il vit saint Maur debout, en habit de bénédictin, et le berger à sa gauche, le visage ensanglanté de cinq coups de couteau, sa houlette à la main, et ses deux chiens à ses côtés. Il s'écria qu'il était guéri, et il le fut en effet dès ce moment. — Quelques jours après, chassant dans les environs de Noisy, il vit effectivement son berger dans une vigne; cet aspect lui fit horreur; il donna au sorcier un coup de crosse de fusil sur la tête : « Ah ! monsieur, vous me tuez ! » s'écria le berger en fuyant; mais le lendemain il vint trouver M. de la Richardière, se jeta à ses genoux, lui avoua qu'il s'appelait Danis , qu'il était sorcier depuis vingt ans, qu'il lui avait en effet donné le sort dont il avait été affligé, que ce sort devait durer un an ; qu'il n'en avait été guéri au bout de huit semaines qu'à la faveur des neuvaines qu'on avait faites ; que le maléfice était retombé sur lui Danis, et qu'il se recommandait à sa miséricorde. Puis, comme les archers le poursuivaient, le ber-

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