‹ Dictionnaire infernalChapitre 107 sur 368 · DÉM · texte numérisé non relu

DÉM

l'emprisonnement du petit prince de Piémont, ainsi que la peste de Lyon l'année suivante. On l'accusa de superstition , quoiqu'il ne se dît qu'astrologue. Le roi le retint à quatre cents livres de pension, et l'envoya pratiquer sa science à Lyon. Il fit plusieurs livres, et traduisit, d'espagnol en latin, les Nativités, de Jean de Séville. On ajoute qu'il prévit le jour de sa mort. Il fît faire, dit-on, quinze jours d'avance, son service, que l'on continua jusqu'à l'heure marquée, où en effet il mourut *.

Delrio (Martin- Antoixe) , — né à Anvers en 1551 , savant jésuite, auteur d'un livre intitulé : Recherches magiques^, en six livres, où il est traité soigneusement des arts curieux et des vaines superstitions; in-4°, Louvain, 1599, souvent réimprimé. Ce livre rélèbre, qui eut dans son temps beaucoup de vogue, a été abrégé et traduit en français par André Duchesne, Paris, in-4°, etin-8°, 2 vol., 1611, très-recherché. L'auteur se montre généralement un peu crédule, mais plus éclairé que la plupart des écrivains de son siècle. Son ouvrage est divisé en six livres : le premier traite de la magie en général, naturelle et artificielle, et des prestiges; le second, de la magie infernale ; le troisième, des maléfices; le quatrième, des divinations et prédictions; le cinquième, des devoirs du juge et de la manière de procéder en fait de sorcellerie ; le sixième, des devoirs du confesseur et des remèdes permis ou prohibés contre la sorcellerie. En général, ces disquisitions magiques sont un recueil de faits bizarres, mêlés de raisonnements et de citations savantes.

Déluge. — Voy. Is, NoÉ, etc.

Démocrite, — philosophe célèbre, qui florissait en Grèce environ trois cents ans après la fondation de Rome. Les écrivains du quinzième et du seizième siècle l'ont accusé de magie; quelques-uns lui ont même attribué un traité d'alchimie. Psellus prétend qu'il ne s'était crevé les yeux qu'après avoir touf/lé tout son bien à la recherche de la pierre philosophale. La cécité de Démocrite a embarrassé bien des personnes. Tertullien dit qu'il se priva de la vue parce qu'elle était pour lui une occasion de mauvaises convoitises. Plutarque pense que c'était pour philosopher plus à son aise, et c'est le sentiment le plus répandu, quoiqu'il soit aussi dénué de fondement que les autres. — Démocrite ne fut point aveugle, si l'on en croit Hippocrale,

1 Ancien manuscrit de. la Bibliothèque du roi, rapporté à ia fin des Remarques de Joly sur Bayio.

2 Disquisitionum magicarum libri sex , it"., auctoie Marlino Delrio, etc.

; — DÉM qui raconte qu'appelé par les Abdéritains pour guérir la folie prétendue de ce philosophe, il le trouva occupé à la lecture de certains livres et à la dissection de quelques animaux ; ce qu'il n'eût point fait s'il eût été aveugle. De jeunes Abdéritains, sachant que Démocrite s'était enfermé dans un sépulcre écarté de la ville pour philosopher, s'habillèrent un jour en diables avec de longues robes noires, et portant des masques hideux; puis l'allèrenttrouver, et se mirent à danser autour de lui ; Démocrite n'en parut point effrayé, il ne leva pas même les yeux de dessus son livre et continua d'écrire i. Il riait de tout, nous dit-on, mais son rire était moral, et il voyait autrement que les hommes dont il se moquait. Croyons donc, avec Scaliger, qu'il était aveugle moralement, quôd aliorum more oculis non uteretur. — On a dit qu'il entendait le chant des oiseaux, et qu'il s'était procuré cette faculté merveilleuse en mangeant un serpent engendré du sang mélangé de certains oisillons ; mais que n'at-on pas dit! On a dit aussi qu'il commerçait avec le diable, parce qu'il vivait solitaire.

Démon barbu. — voy. BARBU.

Démoniaques, — Voy. POSSÉDÉS.

Démonocratie , — gouvernement des démons, influence immédiate des esprits malfaisants, religion de quelques peuplades américaines, africaines, asiatiques, sibériennes, kamtschadales, etc., qui révèrent le diable avant tout.

Dèmonographie, — histoire et description de ce qui regarde les démons. On appelle démonographes les auteurs qui écrivent sur ce sujet, comme Delancre, Leloyer, Wiérus, etc

Démonolâtrie , culte des démons. On a publié à Lyon, vers 1819, un volume in-12, intitulé : Superstitions et Démonolâtrie des philosophes. Ce livre a le tort d'être trivial quelquefois, mais il contient de bonnes choses.

Démonologie , — discours et traité sur les démons pour la démonologie du roi Jacques. Voy. ce nom. Voy. aussi Walter Scott.

Démonomancie, — divination par le moyen des démons. Cette divination a lieu par les oracles qu'ils rendent, ou par les réponses qu'ils font à ceux qui les évoquent.

Démonomanie , — manie de ceux qui croient à tout ce qu'on raconte sur les démons et les sorciers, comme Bodin , Leloyer, Delancre, etc. L'ouvrage de Bodin porte le titre

1 Leloyer, Histoire des spectres ou apparition des

esprits, îiv. i", ch. 9, p i><).

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