‹ Dictionnaire infernalChapitre 106 sur 368 · DEC · texte numérisé non relu

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Daphnomancîe , — divination par le laurier. On en jetait une branche dans le feu ; si elle pétillait en brûlant, c'était un heureux présage ; mais si elle brûlait sans faire de bruit, le pronostic était fâcheux.

Dards magiques. — Les Lapons , qui passaient autrefois pour de grands sorciers , et qui le sont à présent bien peu, lançaient, dit-on, des dards de plomb, longs d'un doigt, contre leurs ennemis absents, et croyaient leur envoyer, avec ces dards enchantés , des maladies et des douleurs violentes.

Daroudji. — C'est le nom que les Persans donnent à la troisième classe de leurs mauvais génies.

Daugls , — auteur peu connu d'un livre contre les sorciers, intitulé Traité sur la magie, le sortilège, les possessions, obsessions et maléfices, où l'on en démontre la vérité et la réalité, avec une méthode sûre et facile pour les discerner, et les règlements contre les devins, sorciers, magiciens, etc. ; Paris, in-12, 1732.

Dauphin. — On ne sait trop sur quoi est fondée cette vieille croyance populaire, que le dauphin est ami de l'homme. Les anciens le connaissaient si imparfaitement, qu'on l'a presque toujours représenté avec le dos courbé en arc, tandis qu'il a le dos plat comme les autres poissons. On trouve, dans Élien et dans d'autres naturalistes, des enfants qui se promènent en mer à cheval sur des dauphins apprivoisés ; ce sont de ces merveilles qui ne sont plus faites pour nous. On sait que le dauphin est le symbole de la rapidité : et c'est dans un sens emblématique, pour rappeler qu'il faut se hâter avec prudence , qu'on a peint le dauphin entortillé à une ancre; car il est faux que par affection pour l'homme il la conduise au fond de la mer, comme le contaient nos pères *.

David. — Selon les Orientaux, ce prophèteroi se faisait obéir des poissons, des oiseaux et des pierres; ils ajoutent que le fer qu'il tenait dans ses mains s'amollissait, et que les larmes qu'il versa pendant les quarante jours qu'il pleura son péché faisaient naître des plantes. Adam, disent les musulmans, avait donné soixante ans de la durée de sa vie pour prolonger celle de David, dont il prévoyait le règne glorieux.

David-George, — vitrier de Gand, qui, en 1525, se mit à courir les Pays-Bas, en disant (ju'il était le Messie envoyé sur la terre pour remplir le ciel, qui avait beaucoup trop de

• Brown, Des Erreurs popul., liv. v, ch. 2.

vide. On le signala; mais il changeait de nom pour se mettre à couvert des poursuites. On croyait qu'il avait intelligence avec les oiseaux ; car il parlait avec eux en différentes langues, et ces oiseaux lui portaient parfois de la proie pour ses aliments. A Bàle , il se fit appeler Jean Bruch, se disant neveu de Dieu, qu'il appelait son oncle, ajoutant toutefois qu'il était né en Hollande. Il voulut aussi se faire passer pour le prophète Daniel , que Dieu envoyait en ce monde afin de rétablir le royaume d'Israël et le tabernacle de Jacob. Il ensorcelait les esprits, dit Delancre, tandis que les autres sorciers ensorcelaient les corps. Au bout de treize ans qu'il séjourna à Bâle , il mourut, ayant abusé tellement le peuple qu'on lui fit de magnifiques obsèques, et qu'il fut enterré en l'église de Saint-Léonard. Ses disciples furent étonnés de sa mort , car ils le croyaient immortel ; il avait prédit qu'il ressusciterait trois jours après son trépas. Comme on vit que cette prophétie au bout de trois ans ne s'accomplissait point, on le reconnut pour imposteur; on le tira de son cercueil , et on le porta sur un échafaud , où il fut brûlé avec les livres qu'il avait composés, le 26 août, 1559 J.

David-Jones. — Les matelots anglais appellent de ce nom le mauvais génie qui préside à tous les esprits malfaisants de la mer. Il est dans tous les ouragans; on l'a vu quelquefois d'une taille gigantesque, montrant trois rangs de dents aiguës dans sa bouche énorme, ouvrant de grands yeux effrayants, et de larges narines, d'où sortaient des flammes bleues.

Deber. — Des théologiens hébreux disent que Deber signifie le démon qui offense la ' nuit; et Cheteb ou Chereb, celui qui offense en plein midi.

Decarabia , — VOy. CarABIA.

Décius (Publius). — Pendant la guerre des Romains contre les Latins , les consuls Publius Décius et Manlius Torquatus, campés près du Vésuve , eurent tous deux le même songe dans la même nuit : ils virent en dormant un homme d'une figure haute, qui leur dit que l'une desdeux armées devait descendre chez les ombres , et que celle-là serait victotorieuse dont le général se dévouerait aux puissances de la mort. Le lendemain , les consuls, s'étant raconté leur songe, firent un sacrifice pour s'assurer encore, de la volonté des (lieux, et les entrailles des victimes con-

1 Delancre, Tab'eau de l'inconstance des démons, etc., JïV. V, p. 337.

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Armèrent ce qu'ils avaient vu. Ils convinrent donc entre eux que le premier qui verrait plier ses bataillons s'immolerait au salut de la patrie. Quand le combat fut engagé, Décius, qui vit fléchir l'aile qu'il commandait, se dévoua, et avec lui toute l'armée ennemie, aux dieux infernaux, et se précipita dans les rangs des Latins , où il reçut la mort en assurant à Rome une victoire éclatante 1 . — Si ce double songe des consuls et les présages des victimes publiés dans les deux armées n'étaient qu'un coup de politique , le dévouement de Décius était un acte de patriotisme bien grand, même chez les Romains

Decremps, — escamoteur du dernier siècle, qui publia un Traité de la magie blanche.

Dedschail, — le diable chez plusieurs tribus arabes.

Déiphobe, — sibylle de Cumes. Voy. Sibylles.

Déjections. — Le médecin de Haë'n , dans le dernier chapitre de son Traité de la magie, dit que si l'on voit sortir de quelques parties que ce soit du corps humain, sans lésion considérable , des choses qui naturellement ne puissent y entrer, comme des couteaux , des morceaux de verre, du fer, de la poix , des touffes de crin, des os, des insectes, de grosses épingles tordues, des charbons, etc., on doit attribuer tout cela au démon et à la magie. Voy. Excrémelnts.

Delancre ( Pierre ) , — démonographe renommé, né à Bordeaux dans le seizième siècle. Il fut chargé d'instruire le procès de quantité de vauriens accusés de sortilèges; son esprit crédule en demeura convaincu de toutes les extravagances du sabbat et des sorciers. Il mourut à Paris, vers 1630. On a de lui deux ouvrages recherchés sur ces matières : — 1° V Incrédulité et mécréance du sortilège pleinement convaincues , où il est amplement et curieusement traité de la vérité ou illusion du sortilège, de la fascination, de l'attouchement, du scopélisme, de la divination, de la ligature ou liaison magique, des apparitions et d'une infinité d'autres rares et nouveaux sujets, par P. Delancre, conseiller du roi en son conseil d'État. Paris, Nicolas Buon, 1612. in-4° de près de 900 pages, assez rare, dédié au roi Louis XIII ; divisé en dix traités. Dans le premier, l'auteur prouve que tout ce qu'on dit des sorciers est véritable. Le second, intitulé De la fascination, démontre que les sorcières ne fascinent, en ensorcelant, qu'au moyen du diable. Par le troisième traité, con-

r Tite-Live et Valère-Maxime.

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sacré à V attouchement , on voit ce que peuvent faire les sorciers par le toucher, bien plus puissant que le regard. Le traité quatrième, où il s'agit du scopélisme, nous apprend que, par cette science secrète, on maléficie les gens en jetant simplement des pierres charmées dans leur jardin. Le traité suivant détaille toutes les divinations. Au sixième traité , on s'instruit de tout ce qui tient aux ligatures. Le septième roule sur les apparitions. L'auteur, qui ne doute de rien, en rapporte beaucoup.

II tombe, dans le huitième traité, sur les juifs, apostats et athées. Dans le neuvième, il s'élève contre les hérétiques, dont l'apparition dans tous les temps a produit des fanatismes plus ou moins absurdes ou abominables. Il se récrie , dans le dernier traité , contre l'incrédulité et mécréance des juges en fait de sorcellerie. Le tout est suivi d'un recueil d'Arrêts notables contre les sorciers. — 2° Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons, où il est amplement traité de la sorcellerie et des sorciers ; livre très-curieux et très-utile , avec un discours contenant la procédure faite par les inquisiteurs d'Espagne et de Navarre à cinquante-trois magiciens, apostats, juifs et sorciers , en la ville de Logrogne en Castille , le 9 novembre 1 61 0 ; en laquelle on voit combien l'exercice de la justice en France est plus juridiquement traité et avec de plus belles formes qu'en tous autres empires, royaumes, républiques et États, par P. Delancre, conseiller du roi au Parlement de Bordeaux ; Paris, Nicolas Buon, 1612, in-4° d'environ 800 pages1, très-recherché , surtout lorsqu'il est accompagné de l'estampe qui représente les cérémonies du sabbat. Cet ouvrage est divisé en six livres : le premier contient trois discours sur l'inconstance des démons, le grand nombre des sorciers et le penchant des femmes du pays de Labour pour la sorcellerie. Le second livre traite du sabbat, en cinq discours. Le troisième roule sur la même matière et sur les pactes des sorciers avec le diable , pareillement en cinq discours. Le quatrième livre, qui contient quatre discours, est consacré aux loups-garous ; le livre cinquième, en trois discours, aux superstitions et apparitions; et le sixième, aux prêtres sorciers, en cinq discours. — Tout ce que ces ouvrages présentent de curieux tient sa place dans ce Dictionnaire.

Delangle (Louis), — médecin espagnol et grand astrologue. On raconte qu'il prédit au roi Charles VII la journée de Frémigny, en 1450 ; il prédit aussi, selon quelques auteurs,

' Il 3r a une préface de Jean d'Espa^net.

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