‹ Dictionnaire infernalChapitre 11 sur 368 · ADR · texte numérisé non relu

ADR

attribua des prodiges, et il fut brûlé a Kœnigsberg comme magicien, hérétique et perturbateur, te 1 1 octobre 1630. Il avait prédit avec assurance qu'il ressusciterait le troisième jour; ce qui ne s'est pas du tout vérifié.

Adélites , — devins espagnols qui se vantaient de prédire, par le vol ou le chant des oiseaux , ce qui devait arriver en bien ou en mal.

Adelung (Jean-Christophe), — littérateur allemand, mort à Dresde en 18t)6. Il a laissé un ouvrage intitulé : Histoire des folies humaines, ou Biographie des plus célèbres nécromanciens, alchimistes, exorcistes, devins, etc., sept parties; Leipzig, 1785-1789.

Adeptes , — nom que prennent les alchimistes qui prétendent avoir trouvé la pierre philosophale et l'élixir de vie. Ils disent qu'il y a toujours onze adeptes dans ce monde; et, comme l'élixir les rend immortels, lorsqu'un nouvel alchimiste a découvert le secret du grand œuvre, il faut qu'un des onze anciens lui fasse place et se retire dans un autre des mondes élémentaires.

Adès , — roi de l'enfer. Ce mot est pris souvent, chez quelques poètes anciens, pour l'enfer même.

Adhab-Algab, — purgatoire des musulmans, où les méchants sont tourmentés par les anges noirs Munkir et Nékir.

Adjuration , — formule d'exorcisme par laquelle on commande, au nom de Dieu, à l'esprit malin de dire ou de faire ce qu'on exige de lui.

Adonis, — démon brûlé. Selon les démonologues, il remplit quelques fonctions dans les incendies i. Des savants croient que c'est le mémo que le démon Thamuz des Hébreux.

Adramelech , — grand-chancelier des enfers, intendant de la garde-robe du souverain des démons, président, du haut conseil des diables. Il était adoré à Sépharvaïm, ville des Assyriens, qui brûlaient des enfants sur ses autels. Les rabbins disent, qu'il se montre sous la figure d'un mulet et quelquefois sous celle d'un paon.

Adrien. — Se trouvant en Mésie, à la tète d'une légion auxiliaire , vers la tin du règne de Domilien, Adrien consulta un devin (car il croyait aux devins et à l'astrologie judiciaire), lequel lui prédit qu'il parviendrait un jour à l'empire. Ce n'était pas, dit-on, la première fois qu'on lui faisait cette promesse. Trajan , qui était son tuteur, 1 adopta, cl il régna en

1 Wicrus, Do Pnest. da>m., lih. i.

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effet. — On lui attribue en Écosse la construction de la muraille du Diable. — Fulgose, qui croyait beaucoup à l'astrologie, rapporte, comme une preuve de la solidité de cette science, que l'empereur Adrien, qui était très-habile astrologue, écrivait tous les ans, le premier jour du premier mois, ce qui lui devait arriver pendant l'année, et que, l'an qu'il mourut, il n'écrivit que jusqu'au mois de sa mort, donnant à connaître par son silence qu'il prévoyait son trépas. Mais ce livre de l'empereur Adrien, qu'on ne montra qu'après sa mort, n'était qu'un journal.

Aéromancie, — art de prédire les choses futures par l'examen des variations et des phénomènes de l'air l. C'est en vertu de cette divination qu'une comète annonce la mort d'un grand homme. Cependant ces présages extraordinaires peuvent rentrer dans la tératosropie. — François de La Torre-Blanca 2 dit que l'aéromancie est l'art de dire la bonne aventure en faisant apparaître des spectres dans les airs, ou en représentant, avec l'aide des démons, les événements futurs dans un nuage, comme dans une lanterne magique, a Quant aux éclairs et au tonnerre, ajoutet-il, ceci regarde les augures, et les aspects du ciel et des planètes appartiennent à l'astrologie. »

Aétite, — espèce de pierre qu'on nomme aussi pierre d'aigle, selon la signification de ce mot grec, parce qu'on prétend qu'elle se trouve dans les nids des aigles. On lui attribue la propriété de faciliter l'accouchement lorsqu'elle est attachée au-dessus du genou d'une femme, ou de le retarder si on la lui met a la poitrine. — Dioscoride5 dit qu'on s'en servait autrefois pour découvrir les voleurs. Après qu'on l'avait broyée, on en mêlait la cendre dans du pain fait exprès; on en faisait manger à tous ceux qui étaient soupçonnés. On croyait que , si peu d'aétite qu'il y eût dans le pain , le voleur ne pouvait avaler le morceau. Les Grecs modernes emploient encore celle vieille superstition, qu'ils rehaussent de quelques paroles mystérieuses.

JEvoli (César), — auteur ou collecteur d'un livre peu remarquable, intitulé : Opuscules sur les attributs divins et sur le pouvoir qui a été donné aux démons de connaître les choses secrètes et de tenter les hommes. Opuscula de divinis attributis et de modo et

1 Wicrus, De Prœst. drem.. lib. n, cap. 12.

7 Franc. Torre Blanca Cordub. Epit. dtlict. sive de Magia, l.b. 1, cap. 20, post PicPbrium et Psellum.

: Cité parle pi re Lebrun. ITivt. desPratiques superst. . liv. i, ebap. 14.

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potestate quam dœmones habent intelligendi et passiones animi excitandi , in-4°; Venise,

Agaberte. — « Aucuns parlent, dit Torquémada , d'une certaine femme nommée Agaberte, fille d'un géant qui s'appelait Vagnoste, demeurant aux pays septentrionaux, laquelle était grande enchanteresse. Et la force de ses enchantements était si variée, qu'on ne la voyait presque jamais en sa propre figure : quelquefois c'était une petite vieille fort ridée, qui semblait ne se pouvoir remuer, ou bien une pauvre femme malade et sans forces; d'autres fois elle était si haute qu'elle paraissait toucher les nues avec sa tête. Ainsi elle prenait telle forme qu'elle voulait aussi aisément que les auteurs écrivent d'Urgande la Méconnue. Et, d'après ce qu'elle faisait, le monde avait opinion qu'en un instant elle pouvait obscurcir le soleil , la lune et les étoiles, aplanir les monts, renverser les montagnes , arracher les arbres , dessécher les rivières, et faire autres choses pareilles si aisément qu'elle semblait tenir tous les diables attachés et sujets à ses volontés *. » — Cette femme ne serait -elle pas la même qu'AoRAFÉNA? Voy. ce mot.

Agarès, — grand-duc de la contrée orientale des enfers. Il se montre sous les traits d'un seigneur à cheval sur un crocodile, l'épervier au poing. Il fait revenir à la charge les fuyards du parti qu'il protège et met l'ennemi en déroute. Il donne les dignités, enseigne toutes les langues, et fait danser les esprits de la terre. Ce chef des démons est de l'ordre des vertus : il a sous ses lois trente et une légions

Agate, — pierre précieuse à laquelle les anciens attribuaient des qualités qu'elle n'a pas, comme de fortifier le cœur, de préserver de la peste, et de guérir les morsures du scorpion et de la vipère.

Agathion-, — démon familier qui ne se montre qu'à midi. Il paraît en forme d'homme ou de bête ; quelquefois il se laisse enfermer dans un talisman, dans une bouteille ou dans un anneau magique 8.

• Agathodémon , — ou bon démon, adoré des Egyptiens sous la figure d'un serpent à tète humaine. Les dragons ou serpents ailés, que les anciens révéraient, s'appelaient agaihodemones, ou bons génies.

Ag,a» — mot cabalistique auquel les rabbins attribuent le pouvoir de chasser l'esprit

1 Examéron de Torquémada, traduit par Gabriel Chappuis, Tourangeau, sixième journée.

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