‹ Dictionnaire infernalChapitre 111 sur 368 · DEN · texte numérisé non relu

DEN

au service du duc Louis d'Anjou, il fut fort expert en ses jugements particuliers, entre lesquels il en fit un audit duc, qui était gouverneur du petit roi Charles VI, au moyen duquel il trouva le Irésor du roi Charles V, qui était seulement à la connaissance d'un nommé Errart de Serreuze, homme vertueux, discret et sage. Il y avait dans ce trésor, que Denis de Vincennes découvrit par son art, dix-huit millions d'or. Aucuns (attendu que ce roi avait toujours eu la guerre) disent que Jean de Meung, auteur du roman de la Rose, lui avait amassé ce trésor par la vertu de la pierre philosophale *.

Dents. — Il y a aussi quelques histoires merveilleuses sur les dents; et d'abord on a va des enfants naître avec des dents ; Louis XIV en avait deux lorsqu'il vint au monde. Pyrrhus, roi des Épirotes, avait au lieu de dents un os continu en haut de lav mâchoire et un pareil en bas. Il y avait même en Perse une race d'hommes qui apportaient ces os-là en naissant 2 ; la république des Gorgones devait être bien laide, comme dit M. Salgues, s'il est vrai que ces femmes n'avaient pour elles toutes qu'un œil et qu'une dent, qu'elles se prêtaient l'une à l'autre. — En 4591 , le bruit courut en Silésie que, les dents étant tombées à un enfant de sept ans , il lui en était venu une d'or. On prétendait qu'elle était en partie naturelle et en partie merveilleuse , et qu'elle avait été envoyée du ciel à cet enfant pour consoler les Chrétiens affligés par les Turcs, quoiqu'il n'y eût pas grand rapport entre cette dent et les Turcs , et qu'on ne voie pas quelle consolation les chrétiens en pouvaient tirer. Cette nouvelle occupa plusieurs savants et éleva plus d'une dispute entre les grands hommes du temps, jusqu'à ce qu'un orfèvre ayant examiné cette dent, il se trouva que c'était une dent ordinaire à laquelle on avait appliqué une feuille d'or avec beaucoup d'adresse : mais on commença par disputer et faire des livres, puis on consulta l'orfèvre. — Nous ajouterons que dans le village de Senlices il y a une fonlaine publique dont on dit que l'eau fait tomber les dents sans fluxion et sans douleur. D'abord elles branlent dans la bouche comme le battant d'une cloche, ensuite elles tombent naturellement. Il y a dans ce village plus de la moitié des habitants qui manquent de dents 3. — On voit dans les Admirables secrets d' Albert-le-Grand qu'on calme le mal de dents en demandant l'aumône

' Torquemada, Hexaméron, p. 29.

7 Saint-Foix, Essais, t. I**.

3 Manuscrit de la Bibliothèque, cité par Joly dans ses Remarques sur Bayle.

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