DES
en l'honneur de saint Laurent. C'est une superstition. — Les racines d'asperges sont, diton, un très-bon spécifique : séchées et appliquées sur les dents malades, elles les arrachent sans douleur. Nous ne l'avons pas éprouvé.
Dérodon ( David), — dialecticien du dixseptième siècle. On conte qu'un professeur, pressé par un argumentateur inconnu, lui dit sur le point de se rendre : « Tu es le diable, ou tu es Dérodon. » Ce savant a laissé un Discours contre V astrologie judiciaire, in- 8°,
Dersaîl, — sorcier du pays de Labour, qui portait le bassin au sabbat vers l'an 4610. Plusieurs sorcières ont avoué l'y avoir vu recevant les offrandes à la messe du sabbat, et assurèrent qu'il employait cet argent pour les affaires des sorciers et pour les siennes *.
Desbordes, — valet de chambre du duc de Lorraine Charles IV. Ce valet fut accusé, en 1628, d'avoir avancé la mort de la princesse Christine, mère du duc, et causé diverses maladies que les médecins attribuaient à des maléfices. Charles IV avait conçu de violents soupçons contre Desbordes depuis une partie de chasse où il avait servi un grand dîner au duc, sans autres préparatifs qu'une petite boîte à trois étages, dans laquelle se trouvait un repas exquis. Dans une autre occasion, il s'était permis de ranimer trois pendus (car il faisait toujours tout par trois ) qui, depuis trois jours, étaient attachés au gibet; et il leur avait ordonné de rendre hommage au duc, après quoi il les avait renvoyés à la potence. On vérifia encore qu'il avait ordonné aux personnages d'une tapisserie de s'en détacher et
de venir danser dans le salon Charles IV,
effrayé de ces prodiges, voulut qu'on informât contre Desbordes. On lui fit son procès et il fut condamné au feu .
Descartes (René), — l'un des hommes les plus célèbres du dix-septième siècle. Il fut persécuté en Hollande lorsqu'il publia pour la première fois ses opinions. Vo'ët (Voetius) qui jouissait de beaucoup de crédit à Utrecht, l'accusa d'athéisme; il conçut même le dessein de provoquer sa condamnation sans lui permettre de se défendre, et, avec la mansuétude protestante , de le faire brûler à Utrecht sur un bûcher très-élevé, dont la flamme serait aperçue de toutes les Provinces- Unies 3
1 Delancre, Tableau de l'Inconstance des démons, etc., etc.. p 90.
2 M. Salgues, Des Erreurs et des préjugés, et M. Jules Garinet, Histoire de la magie en France, p. 204.
•' Curiosités de la littérature, trad. de l'anglais, par Bertin. t. Ier, p. 52.