‹ Dictionnaire infernalChapitre 124 sur 368 · EAU · texte numérisé non relu

EAU

Duffus. — roi d'Éco?se. Pendant une maladie de ce prince, on arrêta plusieurs sorciers de son royaume qui rôtissaient, auprès d'un petit feu, une image faite à la ressemblance du roi, sortilège qui, selon leurs confessions, causait le mal du monarque. En effet, après leur arrestation, la santé de Duffus se rétablit l.

Bulot, — magicien. Voy. Marigny.

Bumons ( Antoine ) , — sorcier du dixseptième siècle, accusé de fournir des chandelles au sabbat pour l'adoration du diable.

Dun camus, — voy. PACTE.

Dupleix (Scipion), — conseiller d'État et historiographe de France, mort en 1661.

Parmi ses ouvrages très-remarquables, on peut voir la Cause de la veille et du sommeil, des

1 Leloyer. Hist. et dise, des spectres, etc., liv. iv, Ch. 15, p. 369.

84 — EAU songes de la vie et de la mort. Paris, 1615, in-12 ; Lyon. 1620, in-8°.

Dsigofk. — partie de l'enfer japonais où les méchants sont tourmentés suivant le nombre ou la qualité de leurs crimes. Leurs supplices ne durent qu'un certain temps, au bout duquel leurs âmes sont renvoyées dans le monde, pour animer les corps des animaux impurs dont les vices s'accordent avec ceux dont ces âmes s'étaient souillées; de là elles passent successivement dans les corps des animaux plus nobles, jusqu'à ce qu'elles rentrent dans les corps humains, où elles peuvent mériter ou démériter sur nouveaux frais.

Dysers, — déesses des anciens Celtes , que Ton supposait employées à conduire les âmes des héros au palais d'Odin , où ces âmes buvaient de la bière dans des coupes faites des crânes de leurs ennemis.

Éatuas, — dieux subalternes des (Haïtiens, enfants de leur divinité suprême Taroataihétoomoo, et du rocher Lepapa. Les Éatuas, dit-on, engendrèrent le premier homme. Ces dieux sont des deux sexes : les hommes adorent les dieux mâles, et les femmes les dieux femelles. Ils ont des temples où les personnes d'un sexe différent ne sont pas admises, quoiqu'ils en aient aussi d'autres où les hommes et les femmes peuvent entrer. Le nom à'Ëatua est aussi donné à des oiseaux, tels que le héron et le martin-pècheur. Les Otaïitens et les insulaires, leurs voisins , font une attention particulière à ces oiseaux , ils ne les tuent point et ne leur font aucun mal; mais ils ne leur rendent aucune espèce de culte, et paraissent n'avoir à leur égard que des idées superstitieuses, relatives à la bonne ou mauvaise fortune, telles que le peuple parmi nous en a sur le rouge-gorge et sur l'hirondelle. Les (Haïtiens croient que le grand Éatua luimême est soumis aux génies inférieurs à qui il a donné l'existence, qu'ils le dévorent souvent, mais qu'il a le pouvoir de se recréer.

Eau. — Presque tous les anciens peuples ont fait une divinité de cet élément, qui, suivant quelques philosophes, était le principe de toute chose : les Guèbres le respectent; un do leurs livres sacrés leur défend d'employer l'eau la nuit et de jamais emplir tout à fait un vase d'eau pour la faire bouillir, de peur d'en

renverser quelques gouttes. Les cabalistes peuplent l'eau d'Ondins. Voy. ce mot.

Eau amère (ÉPREUVE DE L'). — Elle avait

lieu ainsi chez les anciens Juifs : lorsqu'un homme soupçonnait sa femme en mal, il demandait qu'elle se purgeât selon la loi. Le juge envoyait les parties à Jérusalem, au grand consistoire composé de soixante vieillards. La femme était exhortée à bien regarder sa conscience avant de se soumettre au hasard de boire les eaux ameres. Si elle persistait à dire qu'elle était nette de péché, on la menait à la porte du Saint des Saints, et on la promenait afin de la fatiguer et de lui donner le loisir de songer en elle-même. On lui donnait alors un vêtement noir. Un prêtre était chargé d'écrire son nom et toutes les paroles qu'elle avait dites;/ puis, se faisant apporter un pot de terre/ il versait dedans avec une coquille la valeur d'urTgrand verre d'eau ; il prenait de la poudre du tabernacle avec du jus d'herbes amères , raclait le nom écrit sur le parchemin , et le donnait à boire à la femme, qui, si elle était coupable, aussitôt blêmissait ; les yeux lui tournaient, et elle ne tardait pas à mourir 1 ; mais il ne lui arrivait rien si elle était innocente.

Eau bénite. — C'est une coutume très-ancienne dans l'Église, et de tradition apostoli-

1 Lelover, Hist. des spectres et des apparitions des esprits, liv. IV, ch. 21. p. 408.

Page 1