‹ Dictionnaire infernalChapitre 123 sur 368 · DRU · texte numérisé non relu

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tirer le venin; elle était, dit-on, composée de mousse formée sur des têtes de mort, de sel marin, de vitriol cuivreux empâté avec de la colle de poisson. On a poussé le merveilleux jusqu'à prétendre qu'il suffisait de toucher cette pierre du bout de la langue pour être guéri des maladies les plus redoutables, Van- Helmont en fait de grands éloges.

Brolles. — Les drolles sont des démons ou lutins qui, dans certains pays du nord, prennent soin de panser les chevaux , font tout ce qu'on leur commande et avertissent des dangers. Voij. Farfadets, Bérith, etc.

Druides, — prêtres des Gaulois. Us enseignaient la sagesse et la morale aux principaux personnages de la nation. Us disaient que les âmes circulaient éternellement de ce mondeci dans l'autre; c'est-à-dire que ce qu'on appelle la mort est l'entrée dans l'autre monde, et ce qu'on appelle la vie en est la sortie pour revenir dans ce monde-ci 4. — Les druides d'Aulun attribuaient une grande vertu à l'œuf de serpent; ils avaient pour armoiries dans leurs bannières, d'azur à la couchée de serpents d'argent, surmontée d'un gui de chêne garni de ses glands de sinople. Le chef des druides avait des clefs pour symbole 2. — Dans la petite île de Sena, aujourd'hui Sein, vis-à-vis la côte de Quimper, il y avait un collège de druidesses, que les Gaulois appellent Senes (prophétesses). Elles étaient au nombre de neuf, gardaient une perpétuelle virginité, rendaient des oracles, et avaient le pouvoir de retenir les vents et d'exciter 1rs tempêtes; elles pouvaient aussi prendre la forme de toute espèce d'animaux, guérir les maladies les plus invétérées et prédire l'avenir. Il y avait d'autres druidesses qui se mariaient , mais elles ne sortaient qu'une fois dans l'année, et ne passaient qu'un seul jour avec leurs maris 3.

Drusus, — chargé par l'empereur Auguste du commandement de l'armée romaine qui faisait la guerre en Allemagne. Drusus se préparait à passer l'Elbe, après avoir déjà remporté plusieurs victoires, lorsqu'une femme majestueuse lui apparut et lui dit : « Où courstu si vite, Drusus? ne seras-tu jamais las de vaincre? Apprends que tes jours touchent à

leur terme » Drusus troublé tourna bride,

fit sonner la retraite , et mourut au bord du Rhin. On vit en même temps deux chevaliers inconnus qui faisaient caracoler leurs chevaux autour des tranchées du camp romain, et on entendit aux environs des plaintes et des gé-

1 Diodore de Sicile.

?- Saint-Foix, Essais, etc., t. II.

3 Saint-Foix, Essais sur Paris, t. III, p. 384.

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missemenls de femmes 1 ; ce qui n'est pas merveille dans une déroute.

jOryden ( Jean ) , — célèbre poète anglais, mort en 1707. On rapporte qu'il tirait aux dés, le jour de la naissance de ses enfants, pour deviner leur sexe ; et sa prédiction relative à son fils Charles se réalisa 8, ce qui n'est pas fort étonnant. Voy. Astragalomancie.

Dualisme. — H y a des tremblements de terre, des tempêtes, des ouragans, des débordements de rivières, des maladies pestilentielles, des bêtes venimeuses, des animaux féroces, des hommes naturellement méchants, perfides et cruels. Or, un être bienfaisant, disaient les dualistes, ne peut être l'auteur du mal ; donc il y a deux êtres, deux principes : l'un bon, l'autre mauvais, également puissants, coéternels, et qui ne cessent point de se combattre. — Dieu a donné à l'homme le libre arbitre : c'est à lui de choisir entre le bien et le mal. L'homme sans passions, et obligé de faire le bien sans pouvoir faire le mal, serait vertueux sans mérite. Dans un monde sans dangers et sans besoins, l'homme vivrait sans plaisirs. La vertu ne brille que par le contraste du vice ; et Dieu ayant placé les mortels dans ce monde comme dans un lieu d'épreuves, on ne récompense point une machine qui ne va bien que parce qu'elle est bien montée. -— Si l'on réfléchit bien sur le dualisme, dit Saint-Foix, je crois qu'on le trouvera encore plus absurde que l'idolâtrie. Les Lapons disent que Dieu , avant de produire la terre, se consulta avec l'esprit malin, afin de déterminer comment il arrangerait chaque chose. Dieu se proposa donc de remplir les arbres de moelle, les lacs de lait, et de charger les plantes et les arbres de tous les plus beaux fruits. Par malheur, un plan si convenable à l'homme déplut à l'esprit malin, et il en résulta que Dieu ne fit pas les choses aussi

bien qu'il l'aurait voulu — Un certain

Ptolomée soutenait que le grand Être avait deux femmes; que, par jalousie, elles se contrariaient sans cesse, et que le mal, tant dans le moral que dans le physique, venait uniquement de leur mésintelligence, l'une se plaisant à gâter, à changer ou à détruire tout ce que faisait l'autre.

Dufay (Charles-Jérôme de Cisternay), — chimiste, quoique homme de guerre. Il s'occupait du grand œuvre, et dépensa beaucoup d'argent à la recherche de la pierre philosophai. Il mourut en 1723.

' Dion Cassius.

2 13crtin, Curiosités de la littérature, t. I", p. 248.

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