‹ Dictionnaire infernalChapitre 126 sur 368 · ECL · texte numérisé non relu

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tent le son et le font rebrousser en arrière. — Il y a des échos simples et des échos composés. Dans les premiers on entend une simple répétition du son; dans les autres, on l'entend une, deux, trois, quatre fois et davantage. Il en est qui répètent plusieurs mots de suite les uns après les autres; ce phénomène a lieu toutes les fois qu'on se trouve à une distance de l'écho, telle qu'on ait le temps de prononcer plusieurs mots avant que la répétition du premier soit parvenue à l'oreille. Dans la grande avenue du château de Ville— bertain, à deux lieues de Troyes, on entend un écho qui répète deux fois un vers de douze syllabes.— Quelques échos ontacquisunesorte de célébrité. On cite celui de la vigne Simonetta, qui répétait quarante fois le même mot. A Woodstock, en Angleterre, il y en avait un qui répétait le même son jusqu'à cinquante fois. A quelques lieues de Glascow, en Ecosse, il se trouve un écho encore plus singulier. Un homme joue un air de trompette de huit à dix notes; l'écho les répète fidèlement, mais une tierce plus bas, et cela jusqu'à trois fois, interrompues par un petit silence. — Il y eut des gens assez simples pour chercher des oracles dans les échos. Les écrivains des derniers siècles nous ont conservé quelques dialogues de mauvais goût sur ce sujet. — Un amant : Dismoi , cruel amour, mon bonheur est-il évanoui? — L'échu : Oui. — V amant : Tu ne parles pas ainsi quand tu séduis nos cœurs, et que tes promesses les entraînent dans de funestes engagements. — L'écho : Je mens. — L'amant • Par pitié, ne ris pas de ma peine. Réponds-moi, me reste-t-il quelque espoir ou non ? — L'écho : Non. — L'amant : Eh bien ! c'en est fait, tu veux ma mort, j'y cours. — L'écho : Cours. — L'amant : La contrée, instruite de tes rigueurs, ne sera plus assez insensée pour dire de toi un mot d'éloges. — L'écho : Déloge ! — Les anciens Écossais croyaient que l'écho était un esprit qui se plaisait à répéter les sons. Voy. Lavisari.

Éclairs. — On rendait autrefois une espèce de culte aux éclairs en faisant du bruit avec la bouche; et les Romains honoraient, sous le nom de Papysma, une divinité champêtre, pour qu'elle en préservât les biens de la terre. Les Grecs de l'Orient les redoutent beaucoup.

Éclipses. — C'était une opinion générale, chez les païens, que les éclipses de lune procédaient de la vertu magique de certaines paroles, par lesquelles on arrachait la lune du ciel, et on l'attirait vers la terre pour la contraindre de jeter l'écume sur les herbes, qui

devenaient, par là, plus propres aux sortilèges des enchanteurs. Pour délivrer la lune de son tourment et pour éluder la force du charme, on empêchait qu'elle n'en entendît les paroles en faisant un bruit horrible. Une éclipse annonçait ordinairement de grands malheurs, et on voit souvent, dans l'antiquité, des armées refuser de seiattre à cause d'une éclipse. — Au Pérou, quand le soleil s'éclipsait, ceux du pays disaient qu'il était fâché contre eux, et se croyaient menacés d'un grand malheur. Ils avaient encore plus de crainte dans l'éclipsé de lune. Ils la croyaient malade lorsqu'elle paraissait noire , et ils comptaient qu'elle mourrait infailliblement si elle achevait de s'obscurcir; qu'alors elle tomberait du cieL qu'ils périraient tous , et que la fin du monde arriverait ; ils en avaient une telle frayeur, qu'aussitôt qu'elle commençait à s'éclipser ils faisaient un bruit terrible avec des trompettes, des cornets et des tambours; ils fouettaient des chiens pour les faire aboyer, dans l'espoir que la lune , qui avait de l'affection pour ces animaux , aurait pitié de leurs cris et s'éveillerait de l'assoupissement que sa maladie lui causait. En même temps, les hommes, les femmes et les enfants la suppliaient, les larmes aux yeux et avec de grands cris, de ne point se laisser mourir, de peur que sa mort ne fût cause de leur perte universelle. Tout ce bruit ne cessait que quand la lune, reparaissant, ramenait le calme dans les esprits épouvantés. — Les Talapoins prétendent que quand la lune s'éclipse c'est un dragon qui la dévore, et que quand elle reparaît, c'est le dragon qui rend son dîner. — Dans les vieilles mylhologies germaniques, deux loups poursuivaient sans cesse le soleil et la lune; les éclipses étaient des luttes contre ces monstres. — Les Européens crédules aussi regardaient autrefois les éclipses comme des signes fâcheux; une éclipse de soleil, qui arriva le 4 3 août 1664, fut annoncée comme l'avant-coureur d'un déluge semblable à celui qui était arrivé du temps de Noé, ou plutôt d'un déluge de feu qui devait amener la fin du monde. Cette prédiction épouvanta tellement qu'un curé de campagne (c'est un petit conte que nous rapportons), ne pouvant suffire à confesser tous ses paroissiens, qui craignaient de mourir dans cette circonstance, et sachant que tout ce qu'il pourrait leur dire de raisonnable à cet égard ne prévaudrait pas contre les prédictions fâcheuses, fut contraint de leur annoncer au prône qu'ils ne se pressassent pas tant , et que l'éclispe avait été remise à quinzaine 1 — Dans les Indes on

' Legall., Calcnd. véritable, p. 46.

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