‹ Dictionnaire infernalChapitre 127 sur 368 · ÉCR · texte numérisé non relu

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est persuadé , quand le soleil et la lune s'éclipsent, qu'un certain démon aux griffes noires les étend sur les astres dont il veut se saisir; pendant ce temps, on voit les rivières couvertes de têtes d'Indiens qui sont dans l'eau jusqu'au cou. — Les Lapons sont convaincus aussi que les éclipses de lune sont l'ouvrage des démons. — Les Chinois prétendaient, avant l'arrivée des missionnaires, que les éclipses étaient occasionnées par un mauvais génie qui cachait le soleil de sa main droite et la lune de sa main gauche. Cependant cette opinion n'était pas générale, puisque quelques-uns d'entre eux disaient qu'il y avait au milieu du soleil un grand trou, et que, quand la lune se rencontrait vis-à-vis, elle devait naturellement être privée de lumière. — Dieu, disent les Persans, tient le soleil enfermé dans un tuyau qui s'ouvre et se ferme au bout par un volet. Ce bel œil du monde éclaire l'univers et l'échauffé par ce trou; et quand Dieu veut punir les hommes par la privation de la lumière, il envoie i'ange Gabriel fermer le volet, ce qui produit les éclipses. — Les Mandingues, nègres mahométans qui habitent l'intérieur de l'Afrique, attribuent les éclipses de lune à un chat gigantesque qui met sa patte entre la lune et la terre; et, pendant tout le temps que dure 1 eclipse, ils ne cessent de chanter et de danser en l'honneur de Mahomet. — Les Mexicains, effrayés, jeûnaient pendant les éclipses. Les femmes se maltraitaient, et les filles se tiraient du sang des bras. Ils s'imaginaient que la lune avait été blessée par le soleil pour quelque querelle de ménage.

Bcrégores, — pères des géants, suivant un livre apocryphe d'Énooh. Les anges qu'il nomme ainsi s'assemblèrent sur le mont lié— mon du temps du partiarche Jared , et s'engagèrent par des anathèmes à ne se point séparer qu'ils n'eussent enlevé les filles des hommes.

Écriture. — Art de juger les hommes par leur écriture, d'après Lavater. — Tous les mouvements de notre corps reçoivent leurs modifications du tempérament et du caractère. Le mouvement du sage n'est pas celui de l'idiot, le port et la marche diffèrent sensiblement du colérique au flegmatique, du sanguin au mélancolique.— De tous les mouvements du corps, il n'en est point d'aussi variés que ceux de la main et des doigts ; et, de tous les mouvements de la main et des doigts, les plus diversifiés sont ceux que nous faisons en écrivant. Le moindre mot jeté sur le papier, combien de points, cornbien de courbes ne renfermc-t-il pas!... — Il

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est évident encore, poursuit Lavater, que chaque tableau, que chaque figure détachée, et, aux yeux de l'observateur et du connaisseur, chaque trait conservent et rappellent l'idée du peintre.— Que cent peintres, que tous les écoliers d'un même maître dessinent la même figure, que toutes ces copies ressemblent à l'original de la manière la plus frappante, elles n'en auront pas moins, chacune, un caractère particulier, une teinte et une touche qui les feront distinguer. — Si l'on est obligé d'admettre une expression caractéristique pour îes'ouvrdges W peinture . pourquoi voudraiton qu'elle disparût entièrement dans les dessins et dans les figures que nous traçons sur le papier? Chacun de nous a son écriture propre, individuelle et inimitable, ou qui du moins ne saurait être contrefaite que très-difficilement et très-imparfaitement. Les exceptions sont en trop petit nombre pour détruire la règle. — Cette diversité incontestable des écritures ne seraitelle point fondée sur la différence réelle du caractère moral ? — Ou objectera que le même homme, qui pourtant ma qu'un seul et même caractère , peut diversifier son écriture. Mais cet homme, malgré son égalité de caractère, agit ou du moins paraît agir souvent de mille manières différentes. De même qu'un esprit doux se livre quelquefois à des emportements , de même aussi la plus belle main se permet , dans l'occasion , une écriture négligée ; mais alors encore celle-ci aura un caractère tout à fait différent du griffonnage d'un homme qui écrit toujours mal. On reconnaîtra la belle main du premier jusque dans sa plus mauvaise écriture, tandis que l'écriture la plus soignée du second se ressentira toujours de son barbouillage. — Cette diversité de l'écriture d'une seule et même personne ne fait que confirmer la thèse ; il résulte de là que la disposition d'esprit où nous nous trouvons influe sur notre écriture. Avec la même encre , avec la même plume, et sur le même papier, l'homme façonnera tout autrement son écriture quand il traite une affaire désagréable, ou quand il s'entretient cordialement avec son ami. — Chaque nation , chaque pays , chaque ville a son écriture particulière, tout comme ils ont une physionomie et une forme qui leur sont propres. Tous ceux qui ont un commerce de lettres un peu étendu pourront vérifier la justesse de cette remarque. L'observateur intelligent ira plus loin, et il jugera déjà du caractère de son correspondant sur la seule adresse [j'entends récriture de l'adresse, car le style fournit des indices plus positifs encore), à peu près comme le titre d'un livre nous fait connaître souvent la tournure d'esprit de l'auteur.

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— Une belle écriture suppose nécessairement une certaine justesse d'esprit, et en particulier l'amour de l'ordre. Pour écrire avec une belle main , il faut avoir du moins une veine d'énergie, d'industrie, de précision et de goût, chaque effet supposant une cause qui lui est analogue. Mais ces gens, dont l'écriture est si belle et si élégante , la peindraient peut-être encore mieux si leur esprit était plus cultivé et plus orné. — On distingue, dans l'écriture, la substance et le corps des lettres, leur forme et leur arrondissement, leur hauteuret leurlongueur, leur position , leur liaison, l'intervalle qui les sépare, l'intervalle qui est entre les lignes , la netteté de l'écriture , sa légèreté ou sa pesanteur. Si tout cela se trouve dans une parfaite harmonie , il n'est nullement difficile de découvrir quelque chose d'assez précis dans le caractère fondamental de l'écrivain. — Une écriture de travers annonce un caractère faux, dissimulé, inégal. Il y a la plupart du temps une analogie admirable entre le langage, la démarche et l'écriture. — Des lettres inégales, mal jointes , mal séparées , mal alignées , et jetées en quelque sorte séparément sur le papier, annoncent un naturel flegmatique, lent, peu ami de l'ordre et de la propreté. — Une écriture plus liée, plus suivie, plus énergique et plus ferme annonce plus de vie , plus de chaleur, plus de goût. Il y a des écritures qui dénotent la lenteur d'un homme lourd et d'un esprit pesant. — Une écriture bien formée , bien arrondie, promet de l'ordre, de la précision et du goût. Une écriture extraordinairement soignée annonce plus de précision et plus de fermeté , mais peut-être moins d'esprit.— Une écriture lâche dans quelques-unes de ses parties, serrée dans quelques autres, puis longue , puis étroite , puis soignée , puis négligée , laisse entrevoir un caractère léger, incertain et flottant. — Une écriture lancée, des lettres jetées, pour ainsi dire , d'un seul trait, et qui annoncent la vivacité de l'écrivain, désignent un esprit ardent, du feu et des caprices.— Une écriture un peu penchée sur la droite, et bien coulante, annonce de l'activité et de la pénétration. Une écriture bien liée , coulante et presque perpendiculaire , promet de la finesse et du goût. Une écriture originale et hasardée d'une certaine façon , sans méthode , mais belle et agréable , porte l'empreinte du génie, etc. — Il est inutile d'observer combien, avec quelques remarques judicieuses , ce système est plein d'exagérations. Voij. Physiognomome.

Écrouelles — Delancre dit que ceux qui naissent légitimement septième mâle, sans mélanges de (illes, guérissent les écrouelles en les

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touchant. Les anciens rois d'Angleterre, suivant certains auteurs, avaient ce pouvoir1. Quand Jacques II fut reconduit de Rochesler à White-Hall, on proposa de lui laisser faire quelque acte de royauté, comme de toucher les écrouelles. Il neseprésenta personne. — On attribua aussi aux rois de France le don d'enlever les écrouelles par l'imposition des mains. Louis XIII, en 1639, toucha, à Fontainebleau, douze cents scrofuleux. On fait remonler cette prérogative jusqu'à Clovis. Voy. Lancinet.

Ecureuils. — Les Sirianes, peuplades de la Russie d'Europe, ont pour la chasse de l'écureuil une superstitieuse idée qu'on ne peut déraciner. Ils ne cherchent, dans toute la journée , les écureuils qu'au haut des sapins rouges si le premier tué le matin s'est trouvé sur un arbre de cette espèce ; et ils sont fermement convaincus qu'ils en chercheraient en vain ailleurs. Si c'est au contraire sur un sapin sylvestris qu'ils ont aperçu leur premier écureuil, ils ne porteront leurs regards que sur cette sorte d'arbres pendant tout le jour de chasse.

Édelîne (Guillaume), — docteur en théologie du quinzième siècle, prieur de Saint- Germain-en-Laye. Il fut exposé et admonesté publiquement à Évreux, pour s'être donné au diable afin de satisfaire ses passions mondaines. Il avoua qu'il s'était transporté au sabbat sur un balai 2; et que, de sa bonne volonté, il avait fait hommage à l'ennemi, qui était sous la forme d'un mouton , qu'il lui semblait lors baiser brutalement sous la queue en signe de révérence et d'hommage 3. Le jour du jugement étant arrivé, il fut conduit sur la place publique , ayant une mitre de papier sur la tête; l'inquisiteur l'engagea à se repentir, et lut la sentence qui le condamnait à la prison, au pain et à l'eau. « Lors, ledit maître Guillaume commença à gémir et à condouloir de son méfait , criant merci à Dieu , à l'évoque et à justice k. »

Édris , — nom que les musulmans donnent à Énoch ou Hénoch , sur lequel ils ont forgé diverses tradilions. Dans les guerres continuelles que se faisaient les enfants de Seth et de Caïn, Hénoch, disent-ils, fut le premier qui introduisit la coutume de faire des esclaves ; il avait reçu du ciel, avec le don de science et de sagesse, trente volumes remplis des connaissances les plus abstraites; lui-même en corn-

1 Polydore Virgile.

2 Ednctus Bcopam sumere, et inter femora equitis instar ponere, quo volebat brevi niomento, etc. Gaguin, liv. x.

3 Monstrelet, Alain Chartier, à l'année 1453. * Monstrelet, cité par M. Garinet, Histoire de la

magie en France, p. 1U7.

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posa beaucoup d'autres aussi peu connus que les premiers. Dieu l'envoya aux Caïnites pour les ramener dans la bonne voie ; mais ceux-ci ayant refusé de l'écouter, il leur fit la guerre, et réduisit leurs femmes et leurs enfants en esclavage. Les Orientaux lui attribuent l'invention de la couture et de l'écriture, de l'astronomie , de l'arithmétique , et encore plus particulièrement de la géomancie. On dit de plus qu'il fut la cause innocente de l'idolâtrie. Un de ses amis , affligé de son enlèvement , forma de lui, par l'instigation du démon, une représentation si vivement exprimée, qu'il s'entretenait des jours entiers avec elle , et lui rendait des hommages particuliers, qui peu à peu dégénérèrent en superstition. Voy. HÉ-

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