NOCH
Effrontés, — hérétiques qui parurent dans la première moitié du seizième siècle. Ils niaient le Saint-Esprit , pratiquaient diverses superstitions, rejetaient le baptême et le remplaçaient par une cérémonie qui consistait à se râcler le front avec un clou jusqu'à effusion de sang, puis à le panser avec de l'huile. C'est cette marque qui leur restait qui leur a fait donner leur nom d'effrontés.
Egérie, — nymphe qui seconda Numa Pompilius dans son projet de civiliser les Romains. Les démonomanes en ont fait un démon succube, et les cabalistes un esprit élémentaire, une ondine selon les uns , une salamandre selon les autres qui la disent fille de Vesta. Voy. Zoroastre et NlîMA.
Bgipans, — démons que les païens disaient habiter les bois et les montagnes, et qu'ils représentaient comme de petits hommes velus, avec des cornes et des pieds de chèvre. Les anciens parlent de certains monstres de Libye, auxquels on donnait le même nom; ils avaient un museau de chèvre avec une queue de poisson : c'est ainsi qu'on représente le capricorne. On trouve cette même figure dans plusieurs monuments égyptiens et romains.
Egithe , — sorte d'épervier boiteux , dont une idée bizarre avait répandu l'opinion chez les anciens, que sa rencontre était du plus heureux présage pour les nouveaux mariés.
Élaïs, — Une des filles d'Annius, laquelle, en qualité de sorcière, changeait en huile tout ce qu'elle touchait.
Éléazar , — magicien , juif de nation , qui attachait au nez des possédés un anneau où était enchâssé une racine dont Salomon se servait) et que Ton présume être la squille ».
1 Bodin, Démonomanie, etc., liv. I", ch. 3, p. 88.
) — ÉLÉ
A peine le démon l'avait-il flairée, qu'il jetait le possédé par terre et l'abandonnait. Le magicien récitait ensuite des paroles que Salomon avait laissées par écrit ; et , au nom de ce prince , il défendait au démon de revenir dans le même corps ; après quoi il remplissait une cruche d'eau , et commandait audit démon de la renverser. L'esprit malin obéissait ; ce signe était la preuve qu'il avait quitté son gîte.
Éléazar de Gamîza , — auteur hébreu , qui a laissé divers ouvrages dont plusieurs ont été imprimés , et d'autres sont restés manuscrits. On distingue de lui un Traité de lame, cité par Pic de La Mirandole dans son livre contre les astrologues, et un Commentaire cabalistique sur le Pentateuque.
Éléments. — Les éléments sont peuplés de substances spirituelles, selon les cabalistes. Le feu est la demeure des salamandres ; l'air, celle des sylphes ; les eaux, celle des ondins ou nymphes, et la terre celle des gnomes.— Selon les démonomanes, les éléments sont abondamment peuplés de démons et d'esprits.
Éléphant. — On a dit des choses merveilleuses de l'éléphant. On lit encore dans de vieux livres qu'il n'a pas de jointures, et que, par cette raison, il est obligé de dormir debout, appuyé contre un arbre ou contre un mur ; que, s'il tombe, il ne peut se relever. Cette erreur a été accréditée par Diodore de Sicile, par Strabon et par d'autres écrivains. Pline dit aussi que l'éléphant prend la fuite lorsqu'il entend un cochon : et, en effet , on a vu en 4769 , qu'un cochon ayant été introduit dans la ménagerie de Versailles, son grognement causa une agitation si violente à un éléphant qui s'y trouvait, qu'il eut rompu ses barreaux si l'on n'eût retiré aussitôt l'animal immonde. — iElien conte qu'on a vu un éléphant qui avait écrit des sentences entières avec sa trompe, et même qui avait parlé ; Christophe Acosta assure la même chose l. Dion Cassius prête à cet animal des sentiments religieux. Le matin, dit-il, il salue le soleil de sa trompe ; le soir il s'agenouille ; et , quand la nouvelle lune paraît sur l'horizon, il rassemble des fleurs pour lui en composer un bouquet. On sait que les éléphants ont beaucoup de goût pour la musique ; Arrien dit qu'il y en a eu un qui faisait danser ses camarades au son des cymbales. On vit à Rome des éléphants danser la pyrrhique, et exécuter des sauts périlleux sur la corde... Enfin, avant les fêtes données par Germanicus, douze éléphants en costume dramatique,
1 Thomas Brown, Essais sur les erreurs populaires, liv. m, ch. 1er, p. 241.