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enragé mord tout ce qu'il rencontre. S'il tâche, au contraire, de s'échapper et de fuir à toutes jambes, l'espérance de salut est perdue sans ressource ; on sait de reste qu'un chien enragé court avec force et tout droit devant lui sans se détourner. — La sorcière soupçonnée était plongée dans l'eau, les mains et les pieds fortement liés ensemble. Surnageait-elle , on l'enlevait aussitôt pour la précipiter dans un bûcher, comme convaincue d'être criminelle, puisque l'eau des épreuves la rejetait de son sein. Enfonçait-elle , son innocence était dès lors irréprochable; mais cette justification lui coûtait la vie1. — 11 y avait bien d'autres épreuves. Celle de la croix consistait généralement, pour les deux adversaires, à demeurer les bras étendus devant une croix , celui qui y tenait le plus long-temps gagnait sa cause. Mais le plus souvent les épreuves judiciaires se faisaient autrefois par l'eau ou le feu. Voij. Eau bouillante, Cercueil, Fer chaud, Ordalie , etc.
Érèbe, — fleuve, des enfers: on le prend aussi pour une partie de l'enfer et pour l'enfer même. Il y avait un sacerdoce particulier pour les âmes qui étaient dans l'Érèbe.
Ergenna , — devin d'Étrurie dans l'antiquité.
Eric au chapeau venteux. — On lit dans Hector de Boëce que le roi de Suède , Éric ou Henri, surnommé le Chapeau venteux, faisait changer les vents en tournant son bonnet sur sa tête, pour montrer au démon, avec qui il avait fait pacte, de quel côté il les voulait; et le démon était si exact à donner le vent que demandait le signal du bonnet, qu'on aurait pu , en toute sûreté , prendre le couvrechef royal pour une girouette.
Érichtho , — sorcière qui , dans la guerre entre César et Pompée , évoqua un mort lequel prédit toutes les circonstances de la bataille de Pharsale 2.
Éroconopes, — peuples imaginaires que Lucien représente comme d'habiles archers , montés sur des moucherons-monstres.
Érocordacès, — autre peuple imaginaire que le même auteur représente combattant avec des raves en guise de flèches.
Éromantie, — une des six espèces de divinations pratiquées chez les Perses par le moyen de l'air. Us s'enveloppaient la tète d'une serviette , exposaient à l'air un vase rempli d'eau, et proféraient à voix basse l'objet
1 Goldsmith, Essai sur les hommes et sur les mœurs. » Wierus, de preestig. dœm., lil). 2, cap. 11.
de leurs vœux. Si l'eau venait à bouillonner, c'était un pronostic heureux.
Érotylos, — pierre fabuleuse dont Démocri te et Pline après lui vantent la propriété pour la divination.
Erreurs populaires. — Lorsque le Dante publia son Enfer, la simplicité de son siècle le reçut comme une véritable narration de sa descente dans les sombres manoirs. A l'époque où l'Utopie de Thomas Morus parut pour la première fois, elle occasionna une plaisante méprise. Ce roman poétique donne le modèle d'une république imaginaire dans une île qui est supposée avoir été nouvellement découverte en Amérique. Comme c'était le siècle . dit Granger, Buddœus et d'autres écrivains , prirent le conte pour une histoire véritable . et regardèrent comme une chose importante qu'on envoyât des missionnaires dans cette île. — Ce ne fut que long-temps après la publication des Voyages de Gulliver, par Swift ; qu'un grand nombre de ses lecteurs demeura convaincu qu'ils étaient fabuleux l. — Les erreurs populaires sont en. si grand nombre , qu'elles ne tiendraient pas toutes dans ce livre. Nous ne parlerons pas des erreurs physiques ou des erreurs d'ignorance : nous ne nous élèverons ici que contre les erreurs enfantées par les savants. Ainsi Cardan eut des partisans lorsqu'il débita que, clans le Nouveau- Monde , les gouttes d'eau se changent en petites grenouilles vertes. Cédrénus a écrit très-merveilleusement que tous les rois francs de la première race naissaient avec l'épine du dos couverte et hérissée d'un poil de sanglier. Le peuple croit fermement, dans certaines provinces , que la louve enfante , avec ses louveteaux, un petit chien qu'elle dévore aussitôt qu'il voit le jour. — Voyez la plupart des articles de ce Dictionnaire.
Érus ou Er, — fils de Zoroastre. Platon assure qu'il sortit de son tombeau douze jours après avoir été brûlé sur un bûcher, et qu'il conta beaucoup de choses sur le sort des bons et des méchants dans l'autre monde.
Escamotage. — On l'a pris quelquefois pour la sorcellerie ; le diable, dit Leloyer, s'en est souvent mêlé. Delrio ( liv. 2, quest. 2) rapporte qu'on punit du dernier supplice, à Trêves, une sorcière très-connue qui faisait venir le lait de toutes les vaches du voisinage en un vase placé dans le mur. Sprenger assure pareillement que certaines sorcières se placent la nuit dans un coin de leur maison , tenant un vase devant elles ; qu'elles plantent
1 Berti») Curiosités de la littérature, t. Ier, p. 304.
un couteau ou tout autre instrument dans le mur; qu'elles tendent la main pour traire, en invoquant le diable, qui travaille avec elles à traire telle ou telle vache qui paraît la plus grasse et la mieux fournie de lait; que le démon s'empresse de presser les mamelles de la vache , et de porter le lait dans l'endroit où se trouve la sorcière qui l'escamote ainsi. Voy. Fascination , Charmes , Agrippa , etc. Dans les villages, les escamoteurs ont encore le nom de sorciers.
Eschyle , — tragique grec à qui on avait prédit qu'il mourrait de la chute d'une maison ; ce qui fit qu'il s'alla loger en pleine campagne ; mais le conte ajoute qu'un aigle, qui portait une tortue dans ses serres , la laissa tomber sur la tête chauve du poète, pensant que ce fût un rocher; et la prédiction s'accomplit.
Esdras. — Pour les écrits qu'on lui attribue,
VOIJ. PlC DE LA MlRANDOLE.
Espagnet ( Jean d'), — philosophe hermétique qui a fait deux traités intitulés : l'un , Enchiridion de la physique rétablie ; l'autre, Secret de la philosophie hermétique 1 ; encore lui conteste-t-on ce dernier, que l'on attribue à un inconnu qui se faisait appeler le chevalier impérial 2. Le Secret de la philosophie renferme la pratique du grand œuvre , et YEnchiridion la théorie physique sur laquelle repose la transmutabilité des métaux. D'Espagnet est encore auteur de la préface qui précède le Traite de l'inconstance des démons de Pierre Delancre. On lit dans celte préface que les sorcières ont coutume de voler les petits enfants pour les consacrer au démon.
Espagnol ( Jean l' ) , — docteur en théologie, grand-prieur de Saint-Remi de Reims, auteur d'un livre intitulé : Histoire notable delà conversion des Anglais, etc. ; in-8°, Douai, 1614. La vingtième annotation, qui commence à la page 206 et va jusqu'à la 306e, est un traité sur les apparitions des esprits, où, avec des choses passables et médiocres, on trouve de bonnes observations 3.
Esprits. — Les anciens ont cru que les esprits, qu'ils appelaient démons ou génies, étaient des demi-dieux. Chaque nation , dit
1 Enrichidion physicse restitutse. Arcanum philosophie hermeticœ.
7 Ce chevalier, très-révéré des alchimistes, est mentionné souvent dans la Trompette française, petit volume contenant une Prophétie de Bombart sur ta naissance de Louis XIV. On a, du Chevalier impérial, le Miroir des alchimistes, avec instructions aux dames pour dorénavant être belles sans plus user de leurs fards venimeux, 1609. ln-16.
3 Lenglet-Dufresnoy, Catalogue des auteurs qui ont écrit sur les apparitions.
Apulée , même chaque famille et chaque homme, a son esprit qui le guide et qui veille sur sa conduite. Tous les peuples avaient du respect pour eux , et les Romains les révéraient. Ils n'assiégeaient les villes et n'entreprenaient leurs guerres qu'après que leurs prêtres avaient invoqué le génie du pays. Caligula même fit punir publiquement quelquesuns de ceux qui les avaient maudits 1. — Il y a eu des philosophes qui se sont imaginé que ces esprits n'étaient que les âmes des morts qui , étant une fois séparées de leurs corps, erraient incessamment sur la terre. Ce sentiment leur paraissait d'autant plus vraisemblable qu'ils s'imaginaient voir des spectres auprès des tombeaux dans les cimetières, dans les lieux où l'on avait tué quelques personnes. « Les esprits , dit Wecker, sont les seigneurs de l'air; ils peuvent exciter les tempêtes , rompre les nues et les transporter ou ils veulent avec de grands tourbillons ; enlever l'eau de la mer, en former la grêle et tout ce que bon leur semble. » — Ilya dans l'intérieur de l'Amérique septentrionale des peuplades sauvages qui s'imaginent que lorsqu'un homme est enterré sans qu'on place auprès de lui tout ce qui lui a appartenu, son esprit revient sous forme humaine, et se montre sur les arbres les plus près de sa maison, armé d'un fusil; on ajoute qu'il ne peut jouir du repos qu'après que les objets qu'il réclame ont été déposés dans sa tombe. — Les Siamois admettent une multitude d'esprits répandus dans l'air, dont la puissance est fort grande, et qui sont très-malfaisants. Ils tracent certaines paroles magiques sur des feuilles de papier , pour se prémunir contre leur malice. Lorsqu'ils préparent une médecine, ils garnissent le bord du vase d'un grand nombre de ces papiers, de peur que les esprits n'emportent la vertu des remèdes. — Les auteurs cabalistiques ont prétendu que les esprits étaient des créatures matérielles, composées de la substance la plus pure des éléments ; que plus cette matière était subtile , plus ils avaient de pouvoir et d'action. Ces auteurs en distinguent de deux sortes, de supérieurs et d'inférieurs : les supérieurs sont ou célestes ou aériens; les inférieurs sont ou aquatiques ou terrestres. Ceux qui ont cru que ces esprits étaient des créatures matérielles, les ont assujettis à la mort comme les hommes. Cardan dit que les esprits qui apparurent à son père lui firent connaître qu'ils naissaient et qu'ils mouraient comme nous ; mais que leur vie était plus longue et plus heureuse que la nôtre.
1 Discours sur les esprits follets, Mercure galant, 1680.
— Guillaume de Paris écrit que, l'an 1 447, il y avait un esprit à Poitiers dans la paroisse de Saint-Paul , lequel rompait vitres et verrières , et frappait à coups de pierres sans blesser personne *j Caesarius écrit que la fille d'un prévôt de Cologne était si tourmentée d'un esprit malin, qu'elle en devint frénétique. Le père fut averti de faire aller sa fille au deià du Rhin et de la changer de lieu ; ce qu'il fit. L'esprit fut obligé d'abandonner la fille , mais il battit tant le père qu'il en mourut trois jours après 2. — Nous rapporterons quelques histoires d'esprits. « Au commencement du règne de Charles IV, dit le Bel, l'esprit d'un bourgeois, mort depuis quelques années, parut sur la place publique d'Arles en Provence ; il rapportait des choses merveilleuses de l'autre monde. Le prieur des Jacobins d'Arles, homme de bien, pensa que cet esprit était un démon déguisé. Il se rendit sur la place ; soudain l'esprit découvrit qui il était, et pria qu'on le tirât du purgatoire. Ayant ainsi parlé, il disparut; et, comme on pria pour son âme, il ne fut oncques vu depuis 3. »
— En 1750, un officier du prince de Conti , étant couché dans le château de l'Ile-Adam , sentit tout à coup enlever sa couverture ; il la retire. On renouvelle le manège, tant qu'à la fin l'officier, ennuyé , jure d'exterminer le mauvais plaisant, met l'épée à la main, cherche dans tous les coins et ne trouve rien. Étonné, mais brave, il veut, avant de conter son aventure, éprouver encore le lendemain si l'importun reviendra. Il s'enferme avec soin, se couche, écoute long-temps et finit par s'endormir : alors on lui joue le même tour que la veille. Il s'élance du lit, renouvelle ses menaces, et perd son temps en recherches. La crainte s'empare de lui ; il appelle un frotteur, qu'il prie de coucher dans sa chambre, sans lui dire pour quel motif; mais l'esprit, qui avait fait son tour, ne parait plus. La nuit suivante, il se fait accompagner du frotteur, à qui il raconte ce qui lui est arrivé, et ils se couchent tous deux. Le fantôme vient bientôt, éteint la chandelle qu'ils avaient laissée allumée, les découvre ets'enfuit. Comme ils avaient entrevu cependant un monstre difforme, hideux et gambadant, le frotteur s'écria que c'était le diable et courut chercher de l'eau bénite ; mais au moment qu'il levait le goupillon pour asperger la chambre, l'esprit le lui enlève et disparaît.... Les deux champions poussent des cris; on accourt; on passe la
1 Bodin , Démonomanie des sorciers, liv. ni, p. 393. * Id., ibid.
3 Lcloycr, Ilist. des spectres et apparitions des esprits.
nuit en alarmes, et le matin on aperçoit sur le toit de la maison un gros singe qui, armé du goupillon , le plongeait dans l'eau de la gouttière et en arrosait les passants. — En 1 210, un bourgeois d'Épinal, nommé Hugues, fut visité par un esprit qui faisait des choses merveilleuses, et qui parlait sans se montrer. On lui demanda son nom et de quel lieu il venait? Il répondit qu'il était l'esprit d'un jeune homme de Ciérentine, village à sept lieues d'Épinal; et que sa femme vivait encore. Un jour, Hugues ayant ordonné à son valet de seller son cheval et de lui donner à manger, le valet différa de faire ce qu'on lui commandait ; l'esprit fit son ouvrage, au grand étonnement de tout le monde. Un autre jour, Hugues, voulant se faire saigner, dit à sa fille de préparer des bandelettes. L'esprit alla prendre une chemise neuve dans une autre chambre, la déchira par bandes, et vint la présenter au maître , en lui disant de choisir les meilleures. Un autre jour, la servante du logis ayant étendu du linge dans le jardin pour le faire sécher, l'esprit le porta au grenier et le plia plus proprement que n'aurait pu faire la plus habile blanchisseuse. Ce qui est remarquable , c'est que , pendant six mois qu'il fréquenta cette maison, il n'y fit aucun mal à personne, et ne rendit que de bons offices, contre l'ordinaire de ceux de son espèce. Voy. Hecdekin. — Sur la fin de l'année 1 746, on entendit comme des soupirs qui partaient d'un coin de l'imprimerie du sieur Lahard , l'un des conseillers de la ville de Constance. Les garçons de l'imprimerie n'en firent que rire d'abord. Mais dans les premiers jours de janvier, on distingua plus de bruit qu'auparavant. On frappait rudement contre la muraille, vers le même coin où l'on avait d'abord entendu des soupirs ; on en vint jusqu'à donner des soufflets aux imprimeurs et à jeter leurs chapeaux par terre. L'esprit continua son manège pendant plusieurs jours, donnant des soufflets aux uns, jetant des pierres aux autres; en sorte que les compositeurs furent obligés d'abandonner ce coin de l'imprimerie. — Il se fit beaucoup d'autres tours dans lesquels les expériences de la physique amusante entrèrent probablement pour beaucoup ; et enfin celte farce cessa. Voy. Revenants, Apparitions , Drolles, etc. — Voici l'histoire d'un esprit qui fut cité en justice. — En 1 76 1 , un fermier de Southams , dans le comté de Warwick (Angleterre), fut assassiné en revenant chez lui : le lendemain, un voisin vint trouver la femme de ce fermier et lui demanda si son mari était rentré ; elle répondit que non, et qu'elle en était dans de grandes inquiétudes
«Vos inquiétudes, répliqua cet homme, ne peuvent égaler les miennes ; car, comme j'étais couché cette nuit , sans être encore endormi , votre mari m'est apparu couvert de blessures, et m'a dit qu'il avait été assassiné par son ami John Dick, et que son cadavre avait été jeté dans une marnière. » — La fermière, alarmée, fit des perquisitions. On découvrit dans la marnière le corps blessé aux endroits que le voisin avait désignés . Celui que le revenant avait accusé fut saisi et mis entre les mains des juges, comme violemment soupçonné du meurtre. Son procès fut instruit à Warwick ; les jurés l'auraient condamné aussi témérairement que le juge de paix l'avait arrêté , si lord Raymond , le principal juge, n'avait suspendu l'arrêt. «Messieurs, dit-il aux jurés, je crois que vous donnez plus de poids au témoignage d'un revenant qu'il n'en mérite. Quelque cas qu'on fasse de ces sortes d'histoires, nous n'avons aucun droit de suivre nos inclinations particulières sur ce point. Nous formons un tribunal de justice, et nous devons nous régler sur la loi ; or, je ne connais aucune loi existante qui admette le témoignage d'un revenant; et quand il y en aurait une qui l'admettrait, le revenant ne parait pas pour faire sa déposition. Huissiers, ajouta-t-il , appelez le revenant. » — Ce que l'huissier fit par trois fois, sans que le revenant parût. — «Messieurs, continua lord Raymond , le prisonnier qui est à la barre est, suivant le témoignage de gens irréprochables, d'une réputation sans tache, et il n'a point paru, dans le cours des informations, qu'il y ait eu aucune espèce de querelle entre lui et le mort. Je le crois absolument innocent, et, comme il n'y a nulle preuve contre lui , ni directe ni indirecte, il doit être renvoyé. Mais par plusieurs circonstances qui m'ont frappé dans le procès, je soupçonne fortement la personne qui a vu le revenant d'être le meurtrier ; auquel cas il n'est pas difficile de concevoir qu'il ait pu désigner la place , les blessures, la marnière et le reste, sans aucun secours surnaturel ; en conséquence de ces soupçons, je me crois en droit de le faire arrêter, jusqu'à ce que l'on fasse de plus amples informations. » — Cet homme fut effectivement arrêté ; on fit des perquisitions dans sa maison ; on trouva les preuves de son crime, qu'il avoua lui-même à la fin, et il fut exécuté aux assises suivantes.
Esprits élémentaires. — Les CabalisteS
peuplent les éléments, comme on la dit
1 Recueil de dibsertations de Lenglet-Dufresnoy, t. IIIr p. 64.
i — ETE
d'esprits divers. Les Salamandres habitent le feu ; les Sylphes, l'air ; les Gnomes, la terre; l'eau est le séjour des Ondins ou Nymphes. Voy. ces mots.
Esprits familiers. — Scaliger, CeCCO d'AS-
coli, Cardan et plusieurs autres visionnaires ont eu, comme Socrate, des esprits familiers. Bodin dit avoir connu un homme qui était toujours accompagné d'un esprit familier, lequel lui donnait un petit coup sur l'oreille gauche quand il faisait bien, et le tirait par l'oreille droite quand il faisait mal. Cet homme était averti de la même façon si ce qu'il voulait manger était bon ou mauvais, s'il se trouvait avec un honnête homme ou avec un coquin, etc. C'était très-avantageux.
Esprits follets, — VOIJ. FiîlIX FOLLETS.
Esséniens, — secte célèbre parmi les Juifs. Les Esséniens avaient des superstitions particulières. Leurs devins prétendaient connaître l'avenir par l'étude des livres saints faite avec certaines préparations ; ils y trouvaient même la médecine et toutes les sciences, par des combinaisons cabalistiques.
Esterelle, — VOIJ. FÉES.
Etang de la vie. — Au sortir du pont où se fait la séparation des élus et des réprouvés, les docteurs persans font descendre les bienheureux dans cet étang, dont les eaux sont blanches et douces comme le miel. Pour la commodité des âmes, il y a tout le long de l'étang des cruches semblables aux étoiles toujours pleines de cette eau : les fidèles en boiront avant d'entrer dans le paradis, parce que c'est l'eau de la vie éternelle, et que si Ton en boit seulement une goutte, on n'a plus rien à désirer.
Eternument. — On vous salue quand vous éternuez , pour vous marquer, dit Aristote, qu'on honore votre cerveau, le siège du bon sens et de l'esprit. Cette politesse s'étend jusque chez les peuples que nous traitons de barbares Quand l'empereur du Monomotapa éternuait, ses sujets en étaient avertis par un signal convenu, et il se faisait des acclamations générales dans tous ses états. Le père Famien Strada prétend que pour trouver l'origine de ces salutations , il faut remonter jusqu'à Prométhée; que cet illustre contrefacteur de Jupiter, ayant dérobé un rayon solaire dans une petite boite pour animer sa statue, lui insinua dans les narines comme une prise de tabac, ce qui la fit éternuer aussitôt. — Les rabbins soutiennent que c'est à Adam qu'il faut faire honneur du premier éternument. Dans l'origine des temps, c'était,