‹ Dictionnaire infernalChapitre 137 sur 368 · ETI · texte numérisé non relu

ETI

dit-on, un mauvais pronostic et le présage de la mort. Cet état continua jusqu'à Jacob, qui, ne voulant pas mourir pour cause aussi légère, pria Dieu de changer cet ordre de choses ; et c'est de là qu'est venu , selon ces docteurs, l'usage de faire des souhaits heureux quand on éternue. — On a trouvé une cause plus probable de cette politesse ; c'est que, sous le pontificat de saint Grégoire-le- Grand, il y eut en Italie une sorte de peste qui se manifestait par des élernuments ; tous les pestiférés éternuaient; on se recommanda à Dieu, et c'est de là qu'est venue l'opinion populaire que la coutume de se saluer lire son origine d'une maladie épidémique qui emportait tous ceux dont la membrane pituitaire était stimulée trop vivement. — En général, l'éternument chez les anciens était pris tantôt en bonne, tantôt en mauvaise part, suivant les temps, les lieux et les circonstances; un bon éternument était celui qui arrivait depuis midi jusqu'à minuit, et quand la lune était dans les signes du taureau, du lion, de la balance, du capricorne et des poissons; mais s'il venait de minuit à midi, si la lune était dans le signe de la vierge, du verseau, de l'écrevisse, du scorpion, si vous sortiez du lit ou de la table, c'était alors le • cas de se recommander à Dieu l. — L'éternument, quand on l'entendait à sa droite, était regardé chez les Grecs et les Romairs comme un heureux présage. Les Grecs, en parlant d'une belle personne, disaient que les amours avaient éternué à sa naissance. — Lorsque le roi de Sennaar éternuait, ses courtisans lui tournaient le dos, en se donnant de la main une claque sur la fesse droite.

Ethnophrones , — hérétiques du septième siècle qui joignaient au christianisme les superstitions païennes, l'astrologie, les augures, les expiations, les jours heureux et malheureux, les divinations diverses.

Etienne. — Un homme, qui s'appelait Etienne, avait la mauvaise habitude de parler à ses gens comme s'il eût parlé au diable, ayant toujours le diable à la bouche. Un jour, qu'il revenait de voyage , il appc'a son valet en ces termes: « Viens çà, bon diable, tiremoi mes chausses. » A peine eut-il prononcé ces paroles, qu'une griffe invisible délia ses caleçons, fit tomber ses jarretières et tira les chausses jusqu'aux talons. Étienne, effrayé, s'écria : a Retire-loi, Satan, ce n'est pas toi, mais bien mon domestique que j'appelle. »

!i — EUG

Le diable se retira sans se montrer, et maître

Étienne n'invoqua plus ce nom *, Voy. Guido.

Etna. — Le christianisme chassa de l'Etna et des îles de Lipari Vulcain, les Cyclopes elles Gcan's ; mais les démons se mirent à leur place ; et quand on institua la fêle des morts, afin d'enlever au purgatoire et de rendre au paradis une foule d ames souffrantes, on entendit, comme le raconte un saint ermite, des bruits affreux dans l'Etna et des détonations étourdissantes dans les îles voisines. C'était Satan et toute sa cour, Satan et tout son peuple de démons qui hurlaient de désespoir et redemandaient à grands cris les âmes que la nouvelle foi venait de leur ravir 2.

Étoiles. — Mahomet dit que les étoiles stables et les étoiles qui filent sont les sentinelles du ciel, qui empêchent les diables d'approcher et de connaître les secrets de Dieu. — Les Romains voyaient des divinités dans les étoiles, -r— Les Étéens observaient, un certain jour dans l'année, le lever de l'étoile Sirius : si elle paraissait obscure, ils croyaient qu'elle annonçait la peste.

Étraphïll, — l'un des anges des musulmans, il se tient toujours debout : c'est lui qui embouchera la trompette pour annoncer le jour du jugement.

Etrennes. — Dans les temps reculés, chez nos pères, loin de se rien donner mutuellement dans les familles le premier jour de l'an, on n'osait même rien prêter à son voisin ; mais chacun mettait à sa porte des tables chargées de viandes pour les passants. On y plaçait aussi des présents superstitieux pour les esprits. Peut-être était-ce un reste de ce culte que les Romains rendaient, le premier jour de l'année, aux divinités qui présidaient aux petits cadeaux d'amis. Quoi qu'il en soit , l'Église fut obligée , sous Charlemagne , d'interdire les présents superstitieux que nos ancêtres déposaient sur leurs tables. Les canons donnent à ces présents le nom d'étrennes du diable.

Etteilla. — On a publié sous ce nom déguisé, qui est l'anagramme d'Allielte, plusieurs traités de cartomancie.

Eubius, — auteur d'un livre intitulé : Apparitions d'Apollonius, ou Démonstration des apparitions d'aujourd'hui. In-4° , Amsterdam, 4735. (En latin.)

Eucharistie. — « L'épreuve par l'Eucharistie se faisait en recevant la communion. Ainsi Lothaire, roi de Lotharingie, jura, en

1 M. Saignes, Des erreurs et des préjugés, t. I'r; p. 391,

1 Gregorii magni dialog., lib. 3, cap. 20. 7 M. Didren, Histoire du diable.

ÉVO — 20!

recevant la communion de la main du pape Adrien II, qu'il avait renvoyé Valdrade, sa concubine ; ce qui était faux. Comme Lolhaire mourut un mois après, en 868, sa mort fut attribuée à ce parjure sacrilège. Cette épreuve fut défendue par le pape Alexandre II '. »

Eumèces , — caillou fabuleux, ainsi nommé de sa forme oblongue, et que l'on disait se trouver dans la Bactriane ; on lui attribuait la vertu d'apprendre à une personne endormie ce qui s'était passé pendant son sommeil, si elle avait dormi avec celte pierre posée sur sa tête.

Eu i y nome, — démon supérieur, prince de la mort, selon quelques démonomanes. Il a de grandes et longues dents, un corps effroyable, tout rempli 'de plaies, et pour vêtement une peau de renard. Pausanias dit qu'il se repaît de charognes et de corps morts. Il avait, dans le temple de Delphes, une statue qui le représentait avec un teint noir, montrant ses grandes dents comme un loup affamé, et assis sur une peau de vautour.

Evangile de saint Jean. — On Croit dans les

campagnes que celui qui porte sur soi l'évangile de saint Jean, In princîpio erat verbum, écrit sur du parchemin vierge, et renfermé dans un tuyau de plume d'oie, le premier dimanche de l'année, une heure avant le lever du soleil, sera invulnérable et se garantira de quantité de maux 2.

Eve. — Les musulmans et les talmudistes lui donnent, comme à notre premier père, une taille d'une lieue. Voy. Samael.

Évocations. — Celui qui veut évoquer le diable lui doit le sacrifice d'un chien, d'un chat ou d'une poule, à condition que ces trois animaux soient sa propriété ; il jure ensuite fidélité et obéissance éternelles , et reçoit une marque, au moyen de laquelle il jouit d'une puissance absolue sur trois esprits infernaux, l'un de la terre, l'autre de la mer, le troisième de l'air 3. — On peut aussi faire venir le diable en lisant certaines formules du grimoire. Voy. Conjurations. — Deux chevaliers de Malte avaient un esclave qui se vantait de posséder le secret d'évoquer les démons et de les obliger à découvrir les choses cachées. On le conduisit dans un vieux château , où l'on soupçonnait des trésors enfouis. L'esclave descendit dans un souterrain, fit ses évocations : un rocher s'ouvrit, et il en sortit un coffre. Il tenta plusieurs fois de s'en

1 Bergier, Dictionnaire théologique.

2 Thiers, Traité des superstitions, t. Ier.

3 Daneeus Fortianis.

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