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mon. — Je vais ouvrir ma bouche, répondit l'abbé , tu entreras dedans, si tu peux. — II y fait trop chaud , répliqua lè diable ; vous avez communié. — Eh bien! mets-toi ici; et l'abbé qui était gai tendait son pouce.— Merci, vos doigts sont sanctifiés. — En ce cas, va où ta voudras, mais pars. — Pas si vite, répliqua le diable"; j'ai permission de rester ici deux ans encore. » — L'abbé dit alors au diable : « Montre-toi à nos yeux dans ta forme naturelle. — Vous le voulez? — Oui. — Voyez. » En même temps la possédée commença de grandir et de grossir d'une manière effroyable ; en deux minutes, elle était déjà haute comme une tour de trois cents pieds, ses yeux devinrent ardents comme des fournaises et ses traits épouvantables. Les deux moines tombèrent évanouis ; l'abbé, qui seul avait conservé du courage , adjura le diable de rendre à la possédée la taille et la forme qu'elle avait d'abord. Le diable obéit encore et dit à Guillaume : « Vous faites bien d'être pur, car nul homme ne peut, sans mourir, me voir tel que je suis s'il est souillé. » — Nous pourrions citer beaucoup de contes saugrenus de ce genre; mais à quoi bon?
Expiation. — Les anciens Arabes coupaient l'oreille à quelque animal et le lâchaient au travers des champs en expiation de leurs péchés. — Un Juif, dit Saint-Foix, s'arme d'un couteau, prend un coq, le tourne trois fois autour de sa tête, et lui coupe la gorge en lui disant : « Je te charge de mes péchés; ils sont à présent à toi : tu vas à la mort, et moi je suis rentré dans le chemin de la vie éternelle... »
Extases. — L'extase (considérée comme crise matérielle) est un ravissement d'esprit, •une suspension des sens causée par une forte contemplation de quelque objet extraordinaire et surnaturel. Les mélancoliques peuvent avoir des extases. Saint Augustin fait mention
d'un prêtre qui paraissait mort à volonté, et qui resta mort, très-involontairement sans doute, dans une de ses expériences. S'il fit le mort, il le fit bien. Ce prêtre se nommait Prétextât; il ne sentait rien de ce qu'on lui faisait souffrir pendant son extase. — Les démonomanes appellent l'extase un transport en esprit seulement, parce qu'ils reconnaissent le transport en chair et en os, par l'aide et assistance du diable. Une sorcière se frotta ■.de graisse, puis tomba pâmée sans aucun sentiment ; et trois heures après elle retourna en son corps, disant nouvelles de plusieurs pays qu'elle ne connaissait point, lesquelles nouvelles furent par la suite avérées *. — Cardan dit avoir connu un homme d'église qui tombait sans vie et sans haleine toutes les fois qu'il le voulait; cet état durait ordinairement quelques heures; on le tourmentait, on le frappait, on lui brûlait les chairs sans qu'il éprouvât aucune douleur; mais il entendait confusément, et comme à une distance fort éloignée, le bruit qu'on faisait autour de lui. Cardan assure encore qu'il tombait lui-même en extase à sa volonté; qu'il entendait alors les voix sans y rien comprendre, et qu'il no sentait aucunement les douleurs. — Le père de Prestantius, après avoir mangé un fromage maléficié, crut qu'étant devenu cheval il avait porté de très-pesantes charges, quoique son corps n'eût pas quitté le lit; et l'on regarda comme une extase, produite par sortilège, ce qui n'était qu'un cauchemar causé par une indigestion.
Ézéchiel. — Les musulmans disent que les ossements desséchés que ranima le prophète Ézéchie! étaient les restes de la ville de Davardan, que la peste avait détruite et qu'il releva par une simple prière.
1 Bodin, dans la Démonomanie.
Faal, — nom que les habitants de Sainl- Jean-d'Acre donnent à un recueil d'observations astrologiques , qu'ils consultent dans beaucoup d'occasions.
Faber ( Albert-Othon) , — médecin de Hambourg, au dix-septième siècle; il a écrit quelques rêveries sur l'or potable.
Fabert (Abraham), — de simple soldat, il devint maréchal de France, et s'illustra sous Louis XIV. C'était si extraordinaire, qu'on l'accusa de devoir ses succès à un commerce avec le diable !..
1 Curiosités de la littérature, trad. de l'anglais, par Bertin, t. Ier, p. 51.
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Fabre (Pierre-Jean), — médecin de Montpellier, qui fit faire des pas à la chimie au commencement du dix-septième siècle. 11 y mêlait un peu d'alchimie. Il a écrit sur cette matièreetsurla médecine spagyrique. Son plus curieux ouvrage est V Alchimiste chrétien [Alchimista christianus,)'m-8° ; Toulouse, 1 632.
Fabricïus ( Jean-Alrert), — bibliographe allemand, né à Leipsig en 1668. Il y a des choses curieuses sur les superstitions et les contes populaires de l'Orient dans son recueil des livres apocryphes que l'Église a repoussés de Y Ancien et du Nouveau Testament K
Fairfax (Édouard ), poète anglais du seizième siècle, auteur d'un livre intitulé la Démonologie, où il parle de la sorcellerie avec assez de crédulité.
Fairfolks , — espèce de farfadets qui se montrent en Écosse, et qui sont à peu près nos fées.
Fakone, — lac du Japon, où les habitants placent une espèce de limbes habités par tous les enfants morts avaut l'âge de sept ans. Ils sont persuadés que les âmes de ces enfants souffrent quelques supplices dans ce lieu-là, et qu'ils y sont tourmentés jusqu'à ce qu'ils soient rachetés par les passants. Les bonzes vendent des papiers sur lesquels sont écrits les noms de Dieu. Comme ils assurent que les enfantséprouventquelqueallègementlorsqu'on jette ces papiers sur l'eau, on en voit les bords du lac couverts. — Il est aisé de reconnaître dans ces usages des traditions altérées de l'Église.
Falconet (Noël),— médecin, mort en 1734.
Nous ne citerons de ses ouvrages que ses Lettres et remarques sur l'or prétendu potable; elles sont assez curieuses.
Fanatisme. — L'Église l'a toujours condamné, comme elle condamne tous les excès. Les actes de fanatisme des conquérants du Nouveau Monde étaient commis par des scélérats, contre lesquels le clergé s'élevait de toutes ses forces. On peut le voir dans la vie et dans les écrits de Barthélemi de Las Casas.
— Les écrivains philosophes ont souvent appelé fanatisme ce qui ne l'était pas. Ils se sont trompés ou ils ont trompé lorsque, par exemple, ils ont attribué le massacre de la Saint-Barthélemi à la religion, qui y fut étrangère; lorsqu'ils ont défendu les fanatiques des Cévennes, etc. Il y a eu très-souvent du fa-
1 Codex pseudepigraphus veteris Testamenti, collcctus, castigatus, testimoniisque censuris et animadversionibus illustratus. In-8°. Hambourg et Leipsig, 1713.
— Codex apocryplius novi Testamenti, etc. Hambourg. 1719. In-8».
natisme outré dans les hérésies et dans la sorcellerie. — Sous le règne de Louis XII, un écolier de l'université de Paris, persuadé que la religion d'Homère était la bonne, arracha la sainte hostie des mains d'un prêtre qui la consacrait, et la foula aux pieds. Voilà du fanatisme. — Les Juifs en ont fourni de nombreux exemples. Il y a enfin un très-grand fanatisme chez beaucoup de philosophes modernes. « Il y a un fanatisme politique, un fanatisme littéraire, un fanatisme guerrier, un fanatisme philosophique \ » On a nommé d'abord fanatiques les prétendus devins qui rendaient leurs oracles dans les temples, fana. Aujourd'hui on entend par fanatisme tout zèle aveugle.
Fannius ( Caïus ) , — historien qui mourut de peur en composant un ouvrage contre Néron. Il en avait terminé trois livres, et il commençait le quatrième, lorsque Néron, dont il avait l'imagination remplie, lui apparut en songe, et, après avoir parcouru les trois premiers livres de son ouvrage, se retira sans touchpr au quatrième qui était en train. Ce rêve frappa Fannius ; il crut y voir que son ouvrage ne serait pas achevé, et il mourut en effet peu après.
Fautasmagoriana , — litre d'un recueil de contes populaires où les apparitions et les spectres jouent les premiers rôles. Ces contes sont, pour la plupart, traduits de l'allemand, 2 vol. in-12 ; Paris, 1812.
Fantasmagorie, — spectacle d'optique, du genre des lanternes magiques perfectionnées, et qui, aux yeux des ignorants, peut paraître de la sorcellerie.
Fantômes, — esprits ou revenants de mauvais augure, qui effrayaient fort nos pères, quoiqu'ils sussent bien qu'on n'a aucunement peur des fantômes si l'on tient dans sa main de l'ortie avec du millefeuille 2. — Les juifs prétendent que le fantôme qui apparaît ne peut reconnaître la personne qu'il doit effrayer si elle a un voile sur le visage; mais quand cette personne est coupable, ils prétendent, au rapport de Buxtorf, que le masque tombe, afin que l'ombre puisse la voir et la poursuivre. — On a vu souvent des fantômes venir annoncer la mort; un spectre se présenta pour cela aux noces du roi d'Ècosse Alexandre III, qui mourut peu après. — Camerarius rapporte que, de son temps, on voyait quelquefois dans les églises des fantômes sans tête, vêtus en moines et en religieuses, assis
1 Bcrgier, Dict. théolog.
2 Les Admirables secrets d'Albert-le-Grand.
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dans les stalles des vrais moines et des sœurs qui devaient bientôt mourir. — Un chevalier espagnol avait osé concevoir une passion criminelle pour une religieuse. Une nuit, qu'il traversait l'église du couvent dont il s'était procuré la clef, il vit des cierges allumés et des prêtres, qui lui étaient inconnus, occupés à célébrer l'office des morts autour d'un tombeau. Il s'approcha de l'un d'eux et demanda pour qui on faisait le service. « Pour vous, » lui dit le prêtre. Tous les autres lui firent la même réponse; il sortit effrayé, monta à cheval, s'en retourna à sa maison, et deux chiens l'étranglèrent à sa porte *■. — Une dame voyageant seule dans une chaise de poste fut surprise par la nuit près d'un village où l'essieu de sa voiture s'était brisé. On était en automne, l'air était froid et pluvieux; il n'y avait point d'auberge dans le village; on lui indiqua le château. Comme elle en connaissait le maître, elle n hésita pas à s'y rendre. Le concierge alla la recevoir, et lui dit qu'ils avaient dans ce moment beaucoup de monde qui était venu célébrer une noce , et qu'il allait informer le seigneur de son arrivée. La fatigue, le désordre de sa toilette et le désir de continuer son voyage engagèrent la voyageuse à prier le concierge de ne point déranger son maître. Elle lui demanda seulement une chambre. Toutes étaient occupées à l'exception d'une seule, dans un coin écarté du château, qu'il n'osait lui proposer à cause de son délabrement ; mais elle lui dit qu'elle s'en contenterait, pourvu qu'on lui fît un bon lit et un bon feu. Après qu'on eut fait ce qu'elle désirait, elle soupa légèrement et, s 'étant bien réchauffée, elle se mit au lit. Elle commençait à s'endormir, lorsqu'un bruit de chaînes et des sons lugubres la réveillèrent en sursaut. Le bruit approche, la porte s'ouvre, elle voit, à la clarté de son feu, entrer un fantôme couvert de lambeaux blanchâtres; sa figure pâle et maigre, sa barbe longue et touffue, les chaînes qu'il portait autour du corps, tout annonçait un habitant d'un autre monde. Le fantôme s'approche du feu, se couche auprès tout de son long, se tourne de tous côtés en gémissant, puis, à un léger mouvement qu'il entend près du lit, il se relève promptement et s'en approche. Quelle amazone eût bravé un tel adversaire? Quoique noire voyageuse ne manquât pas de courage , elle n'osa l'attendre, se glissa dans la ruelle du lit, et, avec une agilité dont la frayeur rend capables les moins légères, elle se sauve en chemise à toutes jambes, enfile de longs et obscurs corridors, toujours poursuivie par le 1 Torquemada, Hexaméron.