‹ Dictionnaire infernalChapitre 141 sur 368 · FA S · texte numérisé non relu

FA S

toile après qu'il se fat retourné la langue pour fermer le passage de la gorge , et qu'il se fut posé dans une espèce de léthargie ; le sac fut fermé et cacheté du sceau de Runjet-Sing et déposé dans une boîte de sapin qui, fermée et scellée également, fut descendue dans le caveau. Par dessus on répandit et on foula de la terre , on sema de l'orge et on plaça des sentinelles. Il paraît que le maha-rajah, trèssceptique sur cette mort, envoya deux fois des gens pour fouiller la terre, ouvrir le caveau et visiter le cercueil. On trouva chaque fois le fakir dans la même position et avec tous les signes d'une suspension de vie. Au bout de dix mois, terme fixé, le capitaine Wade accompagna le maha-rajah pour assister à l'exhumation : il examina attentivement par lui-même l'intérieur de la tombe; il vit ouvrir les serrures, briser les sceaux et porter la boîte ou cercueil au grand air. Quand on en tira le fakir, les doigts posés sur son artère et sur son cœur ne purent percevoir aucune pulsation. La première chose qui fut faite pour le rappeler à la vie, et la chose ne se fît pas sans peine, fut de ramener la langue à sa place naturelle. Le capitaine Wade remarqua que l'occiput était brûlant, mais le reste du corps très-frais et très-sain. On l'arrosa d'eau chaude, et au bout de deux heures le ressuscité était aussi bien que dix mois auparavant. Il prétend faire dans son caveau les rêves les plus délicieux : aussi redoutet-il d'être réveillé de sa léthargie. Ses ongles et ses cheveux cessent de croître : sa seule crainte est d'être entamé par des vers ou des insectes; c'est pour s'en préserver qu'il fait suspendre au centre du caveau la boite où il repose. — Ce fakir eut la maladroite fantaisie de faire l'épreuve de sa mort et de sa résurrection devant la mission anglaise lorsqu'elle arriva à Lahore. Mais les Anglais, avec une cruelle méfiance, proposèrent de lui imposer quelques précautions de plus : ils montrèrent des cadenas à eux appartenant, et parlèrent de mettre au tombeau des faction naires européens. Le fakir fit d'abord de la diplomatie ; il se troubla, et finalement refusa de se soumettre aux conditions britanniques. Runjet-Sing se fâcha. « Je vois bien, dit le fakir au capitaine Osborne, que vous voulez me perdre, et que je ne sortirai pas vivant de mon tombeau. Le capitaine, ne voulant pas avoir à se reprocher la mort du pauvre charlatan, renonça à l'épreuve. » Voy. ÎA-

MAMBUXES.

Farfadets , — esprits ou lutins ou démons familiers, que les personnes simples croient voir ou entendre la nuit. Quelques-uns se mon-

trent sous des figures d'animaux, le plus grand nombrerestent invisibles. Ils rendent généralement de bons offices. Des voyageurs crédules ont prétendu que les Indes étaient pleines de ces esprits bons ou mauvais, et qu'ils avaient un commerce habituel avec les hommes du pays. — Voici l'histoire d'un farfadet : « En l'année 1%%A , vers le temps des vendanges , le frère cuisinier d'un monastère de Cîteaux chargea deux serviteurs de garder les vignes pendant la nuit. Un soir, l'un de ces deux hommes, ayant grande envie de dormir, appela le diable à haute voix et promit de le bien payer s'il voulait garder la vigne à sa place. Il achevait à peine ces mots, qu'un farfadet parut. » « Me voici prêt, dit-il à celui qui l'avait demandé. Que me donneras-tu si je remplis ta charge? — Je te donnerai un panier de raisin, répondit le serviteur, à condition que tu veilleras jusqu'au matin."» — Le farfadet accepta l'offre, et le domestique rentra à la maison pour s'y reposer. Le frère cuisinier, qui était encore debout, lui demanda pourquoi il avait quitté la vigne? « Mon compagnon la garde, répondit-il, et il la gardera bien. — Va, va, reprit le cuisinier, qui n'en savait pas davantage, ton compagnon peut avoir besoin de toi. » Le valet n'osa répliquer et sortit; mais il se garda bien de paraître dans la vigne. Il appela l'autre valet, lui conta le procédé dont il s'était avisé ; et tous deux, se reposant sur la bonne garde du lutin, entrèrent dans une petite grotte qui était auprès de la vigne et s'y endormirent. Les choses se passèrent aussi bien qu'on pouvait l'espérer; le farfadet fut fidèle à son poste jusqu'au matin, et on lui donna le panier de raisin promis. Ainsi finit le conte 1. Voy. Ber-

BIGUIER, BÉRITH, ESPRITS, FEUX FOLLETS, Or-

thon, etc.

Farmer (Hugues), — théologien anglican, mort en 4787. On a de lui un Essai sur les démoniaques du Nouveau Testament, 1775, où il cherche à prouver, assez gauchement, que les maladies attribuées à des possessions du démon sont l'effet de causes naturelles , et non l'effet de l'action de quelque malin esprit.

Fascination , — espèce de charme qui fait qu'on ne voit pas les choses telles qu'elles sont. Un Bohémien sorcier, cité par Boguet, changeait des bottes de foin en pourceaux, et les vendait comme tels , en avertissant toutefois l'acheteur de ne laver ce bétail dans aucune eau ; mais un acquéreur de la denrée du Bohémien, n'ayant pas suivi ce conseil, vit, au lieu de pourceaux , des bottes de foin nager

1 ('«sari us Hcisterbaehcensis ill. miracul., lib. v.

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