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sur l'eau où il voulait décrasser ses bêtes. Delrio conte qu'un certain magicien, au moyen d'un certain arc et d'une certaine corde tendue à cet arc, tirait une certaine flèche, faite d'un certain bois, et faisait tout d'un coup paraître devant lui un fleuve aussi large que le jet de cette flèche. Et d'autres rapportent qu'un sorcier juif dévorait des hommes et des charretées de foin, coupait des tètes, et démembrait des personnes vivantes, puis remettait tout en fort bon état. — Dans la guerre du duc Vladislas contre Grémozislas , duc de Bohême, une vieille sorcière dit à son beaufils, qui suivait le parti de Vladislas, que son maître mourrait dans la bataille avec la plus grande partie de son armée, et que, pour lui, il pouvait se sauver du carnage en faisant ce qu'elle lui conseillerait ; c'est-à-dire, qu'il tuât le premier qu'il rencontrerait dans la mêlée ; qu'il lui coupât les deux oreilles, et les mît dans sa poche ; puis qu'il fît , avec la pointe de son épée, une croix sur la terre entre les pieds de devant de son cheval, et qu'après avoir baisé cette croix il se hâtât de fuir. Le jeune homme, ayant accompli toutes ces choses, revint sain et sauf de la bataille, où périrent Vladislas et le plus grand nombre de ses troupes ; mais en rentrant dans la maison de sa marâtre ce jeune guerrier trouva sâ femme, qu'il chérissait uniquement, percée d'un coup d'épée, expirante et sans oreilles... — Les femmes maures s'imaginent qu'il y a des sorciers qui fascinent par leur seul regard , et tuent les enfants. Cette idée leur est commune avec les anciens Romains, qui honoraient le dieu Fascinus, à qui l'on attribuait le pouvoir de garantir les enfants des fascinations et maléfices. Voy. Œil, Charmes, Enchantements, Prestiges, etc.
Fatalisme , — doctrine de ceux qui reconnaissent une destinée inévitable. — Si quelqu'un rencontre un voleur, les fatalistes disent que c'était sa destinée d'être tué par un voleur. Ainsi cette fatalité a assujetti le voyageur au fer du voleur, et a donné long-temps auparavant au voleur l'intention et la force , afin qu'il eût , au temps marqué , la volonté et le pouvoir de tuer celui-ci. Et si quelqu'un est écrasé par la chute d'un bâtiment, le mur est tombé parce que cet homme était destiné à
être enseveli sous les ruines de sa maison
Dites plutôt qu'il a été accablé sous les ruines, parce que le mur est tombé K — Où serait la liberté des hommes, s'il leur était impossible d'éviter une fatalité aveugle, une destinée inévitable? — Est-il rien de plus libre que de se
1 Barclai, dans l'A rgenis.
11 — FAU marier, de suivre tel ou tel genre de vie? Est-il rien de plus fortuit que de périr par le fer, de se noyer, d'être malade?... L'homme vertueux, qui parvient par de grands efforts à vaincre ses passions , n'a donc plus besoin de s'étudier à bien faire, puisqu'il ne peut être vicieux?... C'est un peu la doctrine de Calvin.
Faunes, — dieux rustiques inconnus aux Grecs. On les distingue des satyres et sylvains, quoiqu'ils aient aussi des cornes de chèvre ou de bouc, et ta figure d'un bouc depuis la ceinture jusqu'en bas ; mais ils ont les traits moins hideux, une figure plus gaie que celle des satyres et moins de brutalité. D'anciens pères les regardent comme des démons incubes1; et voici l'histoire qu'en donnent les docteurs juifs : « Dieu avait déjà créé les âmes des faunes et des satyres, lorsqu'il fut interrompu par le jour du sabbat, en sorte qu'il ne put les unir à des corps, et qu'ils restèrent ainsi de purs esprits et des créatures imparfaites. Aussi, ajoulentîls, ces esprits craignent le jour du sabbat, et se cachent dans les ténèbres jusqu'à ce qu'il soit passé; ils prennent quelquefois des corps pour épouvanter les hommes; mais ils sont sujets à la mort. Cependant ils peuvent approcher si près des intelligences célestes, qu'ils leur dérobent quelquefois la connaissance de certains événements futurs, ce qui leur a fait produire des prophéties, au grand étonnement des amateurs. »
Faust (Jean), fameux magicien allemand, né à Weimar au commencement du seizième siècle. Un génie plein d'audace, une curiosité indomptable , un immense désir de savoir . telles étaient ses qualités prononcées. Il apprit la médecine, la jurisprudence, la théologie; il approfondit la science des astrologues; quand il eut épuisé les sciences naturelles, il se jela dans la magie : du moins toutes ses histoires le disent. On le confond souvent avec Fust , l'associé de Guttemberg dans l'invention de l'imprimerie ; et l'on sait que quand les premiers livres imprimés parurent , on cria à la magie ! on soutint qu'ils étaient l'ouvrage du diable ; et , sans la protection de Louis XI et de la Sorbonne, l'imprimerie, en naissanl, était étouffée a Paris. Quoi qu'il en soit, voici les principaux traits de la légende de FausI. ■ — Curieux de se lier avec les êtres d'un monde supérieur, il découvrit la terrible formule qui évoque les démons. 11 s'abstint d'abord d'en faire usage ; mais un jour, se promenant dans la campagne avec son ami Wagner, il aperçut un barbet noir qui for-
1 Delancrc, Tableau de l'inconstance des démons, etc.,