FEU
à ceux à qui elle a entendu tenir des discours inconvenants, tant contre Dieu que contre son service ; elle se montre bonne envers les pauvres, et se tourmente fort quand on ne les aide pas à sa fantaisie. Elle en donna des marques lorsqu'après que les Suédois eurent pris le château, ils oublièrent de donner aux pauvres le repas de bouillie qu'elle a institué de son vivant. Elle fit un si grand charivari que les soldats qui y faisaient la garde ne savaient où se cacher. Les généraux mêmes ne furent pas exempts de ses importunités, jusqu'à ce qu'enfin un d'eux rappelât aux autres qu'il fallait faire de la bouillie et la distribuer aux pauvres; ce qui ayant été fait, tout fut tranquille. »
Fer chaud (Épreuve du ). — Celui que l'on condamnait à l'épreuve du fer chaud était obligé de porter, à neuf ou douze pas , une barre de fer rouge pesant environ trois livres. Cette épreuve se faisait aussi en mettant la main dans un gantelet de fer sortant de la fournaise, ou en marchant sur du fer rougi. Voy. Emma. — Un mari de Didymotèque, soupçonnant la fidélité de sa femme, lui proposa d'avouer son crime ou de prouver son innocence par l'attouchement d'un fer chaud. Si elle avouait, elle était morte; si elle tentait l'épreuve, elle craignait d'être brûlée. Elle eut recours à l'évêque de Didymotèque, prélat recommandable ; elle lui avoua sa faute en pleurant et promit de la réparer. L'évêque , assuré de son repentir, lui dit qu'alors elle pouvait sans crainte se soumettre à l'épreuve. Elle prit un fer rougi au feu , fit trois fois le tour d'une chaise, l'ayant toujours à la main, et le mari fut pleinement rassuré. Ce trait eut lieu sous Jean Cantacuzène. — Sur la côte du Malabar, l'épreuve du fer chaud était aussi en usage. On couvrait la main du criminel d'une feuille de bananier, et l'on y appliquait un fer rouge; après quoi le surintendant des blanchisseurs du roi enveloppait la main de l'accusé avec une serviette trempée dans de l'eau de riz ; il la liait avec des cordons ; puis le roi appliquait lui-même son cachet sur le nœud. Trois jours après on déliait la main et on déclarait le prévenu innocent, s'il ne restait aucune marque de brûlure ; mais s'il en était autrement, il était envoyé au supplice. — Au reste , l'épreuve du fer chaud est fort ancienne; car il en est question dans Y Electre de Sophocle.
Ferdinand IV ( dit i/ AJOURNÉ ), — roi do
Castille et de Léon, né en 4285. Ayant condamné à mort, deux frères que l'on accusait d*avoir assassiné un seigneur castillan au
7 — FEU sortir du palais, il voulut que la sentence fût exécutée , quoique les accusés protestassent de leur innocence, et quoiqu'il n'y eût aucune preuve contre eux. Alors, disent les historiens de ce temps, les deux frères ajournèrent Ferdinand à comparaître dans trente jours au tribunal du juge des rois; et, précisément trente jours après, le roi s'étant retiré, après le dîner, pour dormir, fut trouvé mort dans son lit.
Femand ( Antoine ) , — jésuite espagnol , auteur d'un commentaire assez curieux sur les visions et révélations de Y Ancien Testament, publié en 1617 !.
Ferragus, — géant dont parle la chronique de l'archevêque Turpin. Il avait douze pieds de haut, et la peau si dure qu'aucune lance ou épée ne la pouvait percer. Il fut vaincu par l'un des preux de Charlemagne.
Ferrier ( Auger ) , — médecin et astrologue, auteur d'un livre peu connu, intitulé : Jugements d'astronomie sur les nativités , ou horoscopes, in-16, qu'il dédia à la reine Catherine de Médicis. Auger Ferrier a laissé encore un petit traité latin, De somniis, imprimé à Lyon en 1549 , avec le traité d'Hippocrate sur les insomnies.
Fétiches, — divinités des nègres de Guinée. Ces divinités varient : ce sont des animaux desséchés, des branches d'arbres, des arbres mêmes, des montagnes, ou toute autre chose . ils en ont de petits qu'ils portent au cou ou au bras, tels que des coquillages. Ils honorent un'arbre qu'ils appellent Yarbre des fétiches; ils placent au pied une table couverte de vins de palmier, de riz et de millet. — Cet arbre est un oracle que l'on consulte dans les occasions importantes; il ne manque jamais de faire connaître sa réponse par l'organe d'un chien noir, qui est le diable, selon nos démonographes. — Un énorme rocher nommé Tabra, qui s'avance dans la mer en forme de presqu'île, est le grand fétiche du cap Corse. On lui rend des honneurs particuliers, comme au plus puissant des fétiches. Au Congo, personne ne boit sans faire une oblation à son principal fétiche, qui est souvent une défense d'éléphant.
Feu. — Plusieurs nations ont adoré cet élément. En Perse, on faisait des enclos fermés de murailles et sans toit, où l'on entretenait du feu. Les grands y jetaient des essences et des parfums. Quand un roi de Perse était à l'agonie, on éteignait le feu dans les villes
1 Antonii Fernandii, etc. Coinraentarji in visiones vête ris Testamenti. Lugd., 1617.