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on les appliquera comme un cataplasme : le remède est infaillible, nous ne dirons pas s'il est agréable. — De la fiente de chien. Si on enferme un chien et qu'on ne lui donne pendant trois jours que des os à ronger, on ramassera sa fiente, qui, séchée et réduite en poudre , est un admirable remède pour la dyssenterie. On prendra des cailloux de rivière qu'on fera chauffer, ensuite on les jettera dans un vaisseau plein d'urine , dans lequel on mettra un peu de cette fiente de chien réduite en poudre ; on en donnera à boire au malade deux fois la journée, pendant trois jours, sans qu'il sache ce qu'on lui donne. — Cette fiente est aussi un des meilleurs dessiccatifs pour les vieux ulcères malins et invétérés — De la fiente de loup. Comme on
sait que cet animal dévore souvent les os a\ec la chair de sa proie , on prendra les os que l'on trouvera parmi sa fiente, parce que, pilés bien menu, bus dans du vin, c'est un spécifique contre la colique.... — De la fiente de bœuf et de vache. La fiente de bœuf ou de vache, récente et nouvelle, enveloppée dans des feuilles de vigne ou de chou , et chauffée dans les cendres, guérit les inflammations causées par les plaies. La môme fiente apaise la sciatique. Si on la mêle avec du vinaigre, elle a la propriété de faire suppurer les glandes scrofuleuses et écrouelles. Galien dit qu'un médecin de Mysie guérissait toutes sortes d'hydropisies en mettant sur l'enflure de la fiente chaude de vache. Cette fiente , aussi appliquée sur la piqûre des mouches à miel , frelons et autres, en enlève aussitôt la douleur. . — Fiente de porc. Celte fiente guérit les crachements de sang. On la fricasse avec autant de crachats de sang du malade, y ajoutant du beurre frais, et on la lui donne à avaler.... — Fiente de chèvre. La fiente de chèvre a la vertu de faire suppurer toutes sortes de tumeurs. Galien guérissait fort souvent ces tumeurs et les duretés des genoux, mêlant cette fiente avec de la farine d'orge et de l'oxicrat, et l'appliquant en forme de cataplasme sur la dureté ; elle est admirable pour les oreillons , mêlée avec du beurre frais et de la lie d'huile de noix. Ce secret semblera ridicule; mais il est véritable; car on a guéri plus de vingt personnes de la jaunisse , leur faisant boire tous les matins , pendant huit jours , à jeun , cinq petites crottes de chèvre dans du vin blanc... — De la fiente de brebis. Il ne faut jamais prendre cette fiente par la bouche , comme celle des autres animaux; mais l'appliquer extéricui cment sur le mal ; elle a les mêmes propriétés que la fiente de chèvre. Elle guérit toutes sortes de verrues, de furon-
cles durs et de clous, si on la détrempe avec du vinaigre et qu'on l'applique sur la douleur. — De la fiente des pigeons ramiers et des pigeons domestiques. Pour les douleurs de l'os ischion , la fiente des pigeons ramiers ou domestiques est admirable, étant mêlée avec de la graine de cresson d'eau ; et lorsqu'on veut faire mûrir une tumeur ou une fluxion , on peut user d'un cataplasme dans lequel entre une once de cette fiente , deux drachmes de graine de moutarde et de cresson, une once d'huile distillée de vieilles tuiles. Il est sûr que plusieurs personnes ont été guéries par celte fiente, mêlée avec de l'huile de noyaux de pèches. — Galien dit que la fiente d'oie est inutile, à cause de son àcreté; mais on est certain qu'elle guérit aussi de la jaunisse lorsqu'on la détrempe clans du vin blanc et qu'on en boit pendant neuf jours. — Dioscoride dit que la fiente de poule ne peut être efficace que pour guérir de la brûlure, lorsqu'elle est mêlée avec de l'huile rosat; mais Galien et Éginelte assurent que, mêlée avec de l'oximel , cette fiente apaise la suffocation et soulage ceux qui ont mangé des champignons ; car elle fait vomir tout ce qui embarrasse le cœur. Un médecin du temps de Galien guérissait la colique avec cette fiente mêlée d'hypocras fait de miel et de vin. — La fiente de souris, mêlée avec du miel, fait revenir le poil lorsqu'il est tombé, pourvu qu'on en frotte l'endroit avec celte mixtion.... — Pour conserver la beauté, voici un secret très-important au beau sexe : c'est une manière de faire le fard. On prendra de la fiente de petits lézards, du tartre de vin blanc, de la raclure de corne de cerf, du corail blanc et de la farine de riz, autant de l'un que de l'autre; on broiera le tout dans un mortier, bien menu, on le fera tremper ensuite dans de l'eau distillée d'une semblable quantité d'amandes, de limaces de vigne ou de jardin, et de fleurs de bouillon-blanc, après cela on y mêlera autant de miel blanc, et l'on broiera encore le tout ensemble. Cette composition doit être conservée dans un vase d'argent ou de verre, et l'on s'en servira pour se frotter le visage et les mains *. — Voilà une singulière pharmacopée.
Fièvre. — Quelques personnes croient encore se guérir de la fièvre en buvant de l'eau bénite la veille de Pâques ou La veille de la Pentecôte. En Flandre , on croyait autrefois que ceux qui sont nés un vendredi ont reçu de Dieu le pouvoir de guérir la fièvre5.
' S; crots d'Albert -lc-Gr;\nd, p. lt.7. a Dclancrc, Incrédulité et mécréance du sortilège pleinement convaincue, p. 157,