‹ Dictionnaire infernalChapitre 154 sur 368 · FI G · texte numérisé non relu

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Figures du diable. — Le diable change souvent de formes , selon le témoignage de quantité de sorcières. Marie d'Aguère confessa qu'il sortait, en forme de bouc, d'une cruche placée au milieu du sabbat. Françoise Secrétain déclara qu'il avait la forme d'un grand cadavre. D'autres sorcières ont dit qu'il se faisait voir sous les traits d'un tronc d'arbre, sans bras et sans pieds, assis dans une chaire, ayant cependant quelque forme de visage humain. Mais plus généralement c'est un bouc ayant deux cornes par devant et deux par derrière. Lorsqu'il n'â que trois cornes , on voit une espèce de lumière dans celle du milieu , laquelle sert à allumer les bougies du sabbat ; il a aussi une espèce de bonnet ou chapeau au-dessus des cornes. — On a prétendu que le diable se présente souvent sous l'accoutrement d'un homme qui ne veut pas se laisser voir clairement, et qu'il a le visage rouge comme du feu D'autres disent qu'il a deux visages à la tête, comme Janus. — Delancre rapporte que dans les procédures de la Tournelle on l'a représenté en grand lévrier noir, et parfois comme un bœuf d'airain couché à terre. Il prend encore la forme d'un dragon. Quelquefois c'est un gueux qui porte les livrées de la misère, dit Leloyer. D'autres fois il abuse de la figure des prophètes ; et du temps de Théodose il prit celle de Moïse pour noyer les juifs de Candie, qui comptaient selon ses promesses traverser la mer à pied sec 2. — Le commentateur de Thomas Valsingham rapporte que le diable sortit du corps d'un diacre schismatique sous la figure d'un âne, et qu'un ivrogne du comté de Warwick fut long-temps poursuivi par un esprit malin déguisé en grenouille. Leloyer cite quelque part un démon qui se montra à Laon sous la figure d'une mouche ordinaire. — Ces figures diverses , que prennent les démons pour se faire voir aux hommes, sont multipliées à l'infini. Quand ils apparaissent avec un corps d'homme, on les reconnaît à leurs pieds de bouc ou de canard , à leurs griffes et à leurs cornes, qu'ils peuvent bien cacher en partie , mais qu'ils ne déposent jamais entièrement. Caesarius d'Heisterbach ajoute à ce signalement, qu'en prenant la forme humaine le diable n'a ni dos, ni derrière, de sorte qu'il se garde de montrer ses talons. ( MiracuL, lib. 3. ) — Les Européens représentent ordinairement le diable avec un teint noir et brûlé; les nègres soutiennent au contraire que le diable a la peau blanche. Un officier

1 Ddancre, Tableau de l'inconstance des démons, • te. liv. II, p. 70.

2 Soccate, Hist. ceci., liv. vn, cliap. 28.

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