‹ Dictionnaire infernalChapitre 162 sur 368 · FON · texte numérisé non relu

FON

Flèches. — Voici une divination qui se pratique chez les Turcs par le moyen des flèches. S'ils doivent aller à la guerre , entreprendre un voyage , ou acheter quelque marchandise, ils prennent quatre flèches qu'ils dressent en pointe l'une contre l'autre, et les font tenir par deux personnes; puis ils mettent sur un^ coussin une épée nue devant eux , et lisent un certain chapitre du Koran ; alors les flèches se battent durant quelque temps , et enfin les unes montent sur les autres ; si les victorieuses ont été nommées chrétiennes (car ils en appellent deux les Turcs, et donnent aux deux autres le nom de leur ennemi), c'est signe que les chrétiens vaincront; si autrement, c'est une marque du contraire

Voy. BÉLOMANCIE.

Flins. — Les anciens Vandales adoraient sous ce nom une grosse pierre, qui représentait la Mort couverte d'un long drap , tenant un bâton à la main , et une peau de lion sur les épaules. Ces peuples croyaient que cette divinité pouvait les ressusciter après leur trépas.

Florent de Villiers , — VOy. VlLLIERS.

Florîne , — Florina et Florinde , noms d'un démon familier qui, au rapport de Pic de La Mirandole, fréquenta long-temps un sorcier nommé Pinet.

Floron , — démon familier de Cecco d'Ascoli. Il est de l'ordre des chérubins damnés.

* Lebrun, Hist. des pratiques superstitieuses, t. II,

Flotilde! — Ce personnage est inconnu ; mais ses visions ont été conservées. On les trouve dans le Recueil de Duchesne 1.

Flots. — Cambry parle d'un genre de divination assez curieux , qui se pratique dans les environs de Plougasnou : des sorciers ou devins interprètent les mouvements de la mer, les flots mourants sur la plage, et prédisent l'avenir d'après cette inspection2.

Fo ou Foé , — l'un des principaux dieux des Chinois. Il naquit dans les Indes , environ mille ans avant notre ère. Sa mère , étant enceinte de lui, songea qu'elle avalait un éléphant blanc , conte qui a donné lieu aux honneurs que les rois indiens rendent aux éléphants de cette couleur. Il finit ses jours à soixante-dix-neuf ans. Les bonzes assurent qu'il est né huit mille fois , et qu'il a passé successivement dans le corps d'un grand nombre d'animaux , avant de s'élever à la divinité. Aussi est-il représenté dans les pagodes sous la forme d'un dragon, d'un éléphant, d'un singe, etc. Ses sectateurs l'adorent comme législateur du genre humain.

Focaîor, — général aux enfers. Il se montre sous les traits d'un homme ayant des ailes de griffon. Sous cette forme il tue les bourgeois et les jette dans les flots; il commande à la mer, aux vents, et renverse les vaisseaux de guerre II espère rentrer au ciel dans mille ans, mais il se trompe ; il commande à trente légions, et obéit en rechignant à l'exorciste3.

Follet, — - voy. Feux Follets, Lutins, Farfadets, etc.

Fong-Chwi , — » Opération mystérieuse qui se pratique dans la Chine, dans la disposition des édifices, et surtout des tombeaux. Si quelqu'un bâtit par hasard dans une position contraire à ses voisins, et qu'un coin de sa maison soit opposé au côté de celle d'un autre, c'est assez pour faire croire que tout est perdu. Il en résulte des haines qui durent aussi longtemps que l'édifice. Le remède consiste à placer dans une chambre un dragon ou quelque autre monstre de terre cuite, qui jette un regard terrible sur le coin de la fatale maison , et qui repousse ainsi toutes les influences qu'on en peut appréhender. Les voisins qui prennent celte précaution contre le danger, ne manquent pas chaque jour de visiter plusieurs fois le monstre chargé de veiller à leur défense. Ils brûlent de l'encens de-

1 Flotildse Visiones, în tom. 2 Script. Hist. franc* And. Duchesne, 1836.

2 Voyage dans le Finistère, t. p. 195.

3 Wierus, De preestigiis dœra. p. 926,

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