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cependant là-bas , trente légions lui sont soumises h
Gandillon (Pierre), — sorcier de la Franche-Comté, qui fut brûlé vers 4 610, pour avoir couru la nuit en forme de lièvre
Gandreid , — sorte de magie en usage chez les Islandais, laquelle magie donne la faculté de voyager dans les airs; elle est, dit-on, d'invention nouvelle, quoique le nom en soit connu depuis des temps reculés. Mais on attribuait autrefois les cavalcades aériennes au diable et à de certains esprits. Les Islandais prétendent aujourd'hui que ce sont des sorcières montées sur des côtes de cheval et des tibia, en guise de manche à balai, qui se promènent par les airs. — Les sorcières de Basse-Saxe et du duché de Brunswick .se mettent à califourchon sur la même monture; et tous les autres ossements qui se trouvent dans la campagne, se pulvérisent à l'approche de l'un de ces cavaliers nocturnes. L'art de préparer leur équipage consiste dans une courroie d'une espèce de cuir qu'ils appellent Gandreid-Jaum, sur laquelle ils impriment leurs runes ou caractères magiques 5.
Ganga-Gramma , — démon femelle que les Indiens craignent beaucoup, et par conséquent auquel ils rendent de grands honneurs. II a une seule tète et quatre bras; il tient dans la main gauche une petite jatte , et dans la droite une fourchette à trois pointes. On le mène en procession sur un char avec beaucoup de pompe, et quelquefois il se trouve des fanatiques qui se font écraser par dévotion sous ses roues. Les boucs sont les victimes ordinaires qu'on lui immole. Dans les maladies ou dans quelque autre danger, il se trouve des Indiens qui font vœu , s'ils en réchappent, de pratiquer en l'honneur de Ganga-Gramma la cérémonie suivante. On leur enfonce dans la peau du dos des crochets , par le moyen desquels on les élève en l'air ; là ils font quelques tours d'adresse en présence des spectateurs. Il se trouve des femmes simples et crédules, à qui l'on persuade que cette cérémonie est agréable à Ganga- Gramma, et qu'elle ne cause aucune douleur. Lorsqu'elles la sentent, il n'est plus temps de s'en dédire , elles sont déjà en l'air, et les cris des assistants étouffent leurs plaintes. Une autre sorte de pénitence , toujours en l'honneur du même démon, consiste à se laisser passer une ficelle dans la chair, et à danser pendant que d'autres personnes tirent
1 Wierus, de Pnest. drem., p. 926.
2 M. Garinet, Hist. de la magie en France, p. 160. ? Voyage en Islande, traduit du danois, etc, 1802.
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cette ficelle. La nuit qui suit le jour de sa fêle, on lui sacrifie un buffle dont on recueille le sang dans un vase; on le place devant l'idole, et l'on assure que le lendemain il se trouve vide. Des auteurs disent qu'autrefois , au lieu d'un buffle , on immolait une victime humaine.
Ganguy (Simone) , — dite la Petite-Mère , sorcière, amie de Madeleine Bavan. Il ne paraît pas qu'elle ait été brûlée.
Ganna, — devineresse germaine ; elle avait succédé à Velléda ; elle fit un voyage à Rome, où elle reçut de grands honneurs de Domitien
Gantière, — sorcière. En 1582 , le parlement de Paris confirma la sentence de mort du bailli de la Ferté contre la femme Gantière. Elle avouait que la Lofarde l'avait transportée au sabbat; que le diable l'avait marquée; qu'il était vêtu d'un habit jaune; qu'il lui avait donné huit sous pour payer sa taille; mais que de retour dans son logis, elle ne les avait plus trouvés dans son mouchoir.
Garde des troupeaux, — VO\J. TROUPEAUX.
Gargantua, — héros populaire de taille gigantesque, dont la légende ne s'accorde pas » avec le roman de Rabelais. Quoique les récits qui se font dans les campagnes sur ce géant prodigieusement vorace ne soient que des contes bleus , on montre aux environs d'Aigues-Mortes une vieille tour appelée la tour de Gargantua; et on n'ose en approcher la nuit, de peur d'être empoigné par un bras de vingt-cinq mètres.
Gargouille. — « Que vous dire de la gargouille de Rouen? Il est certain que, tous les ans, le chapitre métropolitain de cette ville présentait au parlement le jour de l'Ascension, un criminel qui obtenait sa grâce , en l'honneur de saint Romain et de ia gargouille. La tradition portait qu'à l'époque où saint Romain .occupait le siège épiscopal de Rouen , un dragon , embusqué à quelque distance de la ville, s'élançait sur les passants et les dévorait; c'est ce dragon qu'on appelle la gargouille; saint Romain, accompagné d'un criminel condamné à mort , alla attaquer le monstre jusque dans sa caverne; il l'enchaîna et le conduisit sur la place publique, où il fut brûlé, à la grande satisfaction des diocésains 2. » — On a contesté cette légende en niant les dragons , dont les géologues actuels reconnaissent pourtant que l'existence a été réelle. Il se peut toutefois que ce dragon soit
1 Tacite, Annal. 55.
2 M. Saignes, Des Erreurs, t. III, p. 370.
5 — GAS ici une allégorie. Des historiens rapportent que , du temps de saint Romain, la ville de Rouen fut menacée d'une inondation; que ce saint prélat eut le bonheur de l'arrêter par ses soins et par ses prières. Voilà l'explication toute simple du miracle de la gargouille. Ce mot, dans notre vieille langue, signifie irruption, bouillonnement de l'eau. Des savants auront rendu le mot hydra par celui de dragon.
Garibaut ( Jeanne ), — sorcière, voy. Grenier, et Pierre-Labourant.
Garinet ( .lu les ) , — auteur de Y Histoire de la magie en France, Paris, 1818, in-8°. On trouve à la tête de cet ouvrage une description du sabbat, une dissertation sur les démons et un discours sur les superstitions qui se rattachent à la magie chez les anciens et les modernes. L'auteur, fort jeune lorsqu'il publia ce livre, lui a donné une teinte philosophique et immorale que son esprit élevé doit désapprouver aujourd'hui.
Gamier ( Gilles ) , — loup-garou , condamné à Dole sous Louis XIII, comme ayant dévoré plusieurs enfants. On le brûla vif et son corps réduit en cendres fut dispersé au vent. — « Henri Camus, docteur en droit et conseiller du roi , exposa que Gilles Garnier avait pris dans une vigne une jeune fille de dix ans, l'avait tuée et occise, l'avait traînée jusqu'au bois de La Serre, et que non content d'en manger, il en avait apporté à sa femme ; qu'un autre jour étant en forme de loup ( travestissement horrible qu'il prenait sans doute pour sa chasse ), il avait également tué et dévoré un jeune garçon , à une lieue de Dole , entre Grédisans et Monotée ; qu'en sa forme d'homme et non de loup il avait pris un autre jeune garçon de l'âge de douze à treize ans, et qu'il l'avait emporté dans le bois pour l'étrangler.... 1 »
Garosmancie . — VOlJ. GaSTROMANCIE.
Garuda, — oiseau fabuleux qu'on représente souvent avec la tète d'un beau jeune homme, un collier blanc et le corps d'un aigle. Il sert de monture à Wishnou comme l'aigle en servait à Jupiter. Les Indiens racontent qu'il naquit d'un œuf que sa mère Diti avait pondu et qu'elle couva cinq ans.
GastrocnémJe , — pays imaginaire dont parle Lucien, où les enfants étaient portés dans le gras de la jambe ; ils en étaient extraits au moyen d'une incision.
Gastromancie OU Garosmancie, — divination qui se pratiquait en plaçant entre plu-
T M. Jules Garinet, Histoire de la magie en France, p. 129.