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Géants. — Les géants de la fable avaient le regard farouche et effrayant, de longs cheveux , une grande barbe , des jambes et des pieds de serpent, et quelques-uns cent bras et cinquanletètes. Homère représente lesÀloïdes, géants remarquables, comme étant d'une taille si prodigieuse , qu'à l'âge de neuf ans ils avaient neuf coudées de grosseur, trente-six de hauteur, et croissaient chaque année d'une coudée de circonférence et d'une aune de haut.
— Les talmudistes assurent qu'il y avait des géants dans l'arche. Comme ils y tenaient beaucoup de place, on fut obligé, disent-ils, de faire sortir le rhinocéros, qui suivit l'arche à la nage. — Aux noces de Charles-le-Bel , roi de France , on vit une femme de Zélande d'une taille extraordinaire, auprès de qui les hommes les plus hauts paraissaient des enfants ; elle était si forte , qu'elle enlevait de chaque main deux tonneaux de bière, et portait aisément huit hommes sur une poutre 4.
— Il est certain qu'il y a eu , de tout temps , des hommes d'une taille et d'une force audessus de l'ordinaire. On trouva au Mexique des os d'hommes trois fois aussi grands que nous, et, dit-on , dans l'île de Crète un cadavre de quarante-cinq pieds.... Hector de Boe'ce dit avoir vu les restes d'un homme qui avait quatorze pieds. — Pour la force nous citerons Milon de Crotone , tant de fois vainqueur aux Jeux olympiques ; ce Suédois qui, sans armes, tua dix soldats armés ; ce Milanais qui portait un cheval chargé de blé ; ce Barsabas qui, du temps de Louis XIV, enlevait un cavalier avec son équipage et sa monture ; ces géants et ces Hercules qu'on montre tous les jours au public. Mais la différence qu'il y a entre eux et le reste des hommes est petite , si on compare leur taille réelle à la taille prodigieuse que les traditions donnent aux anciens géants.
Geher, — roi des Indes, et grand magicien, auquel on attribue un traité absurde du rapport des sept planètes aux sept noms de Dieu, et quelques autres opuscules inconnus2.
Gédi , — pierre merveilleuse qui , dans l'opinion des Gèles , avait la vertu, lorsqu'on la trempait dans l'eau , de changer l'air et d'exciter des vents et des pluies orageuses. On ne connaît plus la forme de cette pierre.
Gello ou Gilo, — c'était une fille qui avait la manie d'enlever des petits enfants. On ditmême que parfois elle les mangeait, et qu'elle emporta un jour le petit empereur Maurice ; mais
1 Jonsthoni thaumatographia.
* Naudé, Apologie pour tous les grands personnages soupçonnés de magie, chap. 14. p. 360.
qu'elle ne put lui faire aucun mal , parce qu'il avait sur lui des amulettes. Son fantôme errait dans l'île de Lesbos, où, comme elle était jalouse de toutes les mères , elle faisait mourir dans leur sein les enfants qu'elles portaient, un peu avant qu'ils fussent à terme \ On voit que c'était l'épouvantail du sixième siècle.
Géloscopie , — Espèce de divination qui se tire du rire. On prétend acquérir ainsi la connaissance du caractère d'une personne, et de ses penchants bons ou mauvais. Un rire franc n'annonce certainement pas une âme fausse , et on peut se défier quelquefois d'un rire forcé. Voy. Physiognomonie.
Gématrie. — C'est une des divisions de la. cabale, chez les juifs. Elle consiste à prendre les lettres d'un mot hébreu pour des chiffres ou nombres arithmétiques, et à expliquer chaque mot par la valeur arithmétique des lettres qui le composent. Selon d'autres, c'est une interprétation qui se fait par la transposition des lettres.
Gemma ( Cornélius ) , — savant professeur de Louvain , auteur d'un livre intitulé: Des caractères divins , et des choses admirables 2, publié à Anvers, chez Christophe Plantin, architypographe du roi, '1575, in-12.
Génération , — VOy. ENFANTS.
Gengues , — devins japonais qui font profession de découvrir les choses cachées et de retrouver les choses perdues. Ils habitent des huttes perchées sur le sommet des montagnes , et sont tous extrêmement laids. 11 leur est permis de se marier, mais seulement avec des femmes de leur caste et de leur secte. Un voyageur prétend que le signe caractéristique de ces devins est une corne qui leur pousse sur la tête. Il ajoute qu'ils sont tous vendus au diable qui leur souffle leurs oracles; quand leur bail est fini , le diable leur ordonne de l'attendre sur une certaine roche. A midi, ou plus souvent vers le soir, il passe au milieu de l'assemblée ; sa présence cause une vive émotion. Une force irrésistible entraîne alors ces malheureux, qui sont précipités à sa suite et ne reparaissent plus.
Géniane , — pierre fabuleuse à laquelle on attribuait la vertu de chagriner les ennemis de ceux qui la portaient. On pouvait, de trèsloin, en frottant sa pierre, vexer de toute façon les amis dont on avait à se plaindre, et
1 Delrio, Disquisitions magiques ; Wierus, de Prest., p. 466.
2 De nature divinis characterismis ; seu raris et admirandis spectaculis, causis , indiens, pjropriëtatibiis rcrum in partihus singulis universi libri 2. auctore Cornelio Gemma, etc.
se venger sans se compromettre. Les doctes n'indiquent pas où se trouve cette pierre curieuse.
Génies. — La tradition des anges parvenue altérée chez les païens, en a fait des génies. Chacun avait son génie. Un magicien d'Égypte avertit Marc -Antoine que son génie était vaincu par celui d'Octave ; et Antoine intimidé se retira vers Cléopâtre *. Néron, dans Britannicus , dit en parlant de sa mère:
Mon génie étonné tremble devant le sien.
— Les borborites, hérétiques des premiers siècles de l'Église, enseignaient que Dieu ne peut être l'auteur du mal ; que, pour gouverner le cours du soleil, des étoiles et des planètes , il a créé une multitude innombrable de génies, qui ont été, qui sont et seront toujours bons et bienfaisants ; qu'il créa l'homme indifféremment avec tous les autres animaux, et que l'homme n'avait que des pattes comme les chiens ; que la paix et la concorde régnèrent sur la terre pendant plusieurs siècles , et qu'il ne s'y commettait aucun désordre ; que malheureusement un génie prit l'espèce humaine en affection, lui donna des mains, et que voilà l'origine et l'époque du mal. — L'homme alors se procura des forces artificielles, se fit des armes, attaqua les autres animaux , fit des ouvrages surprenants, et l'adresse -de ses mains le rendit orgueilleux ; l'orgueil lui inspira le désir de la propriété , et de posséder certaines choses à l'exclusion des autres ; les querelles et les guerres commencèrent ; la victoire fit des tyrans et des esclaves, des riches et des pauvres. — Il est vrai , ajoutent les borborites , que si l'homme n'avait jamais eu que des pattes, il n'aurait point bâti des villes, ni des palais, ni des vaisseaux; qu'il n'aurait pas couru les mers; qu'il n'aurait pas inventé l'écriture, ni composé des livres; et qu'ainsi les connaissances de son esprit ne se seraient point étendues ; mais aussi il n'aurait éprouvé que les maux physiques et corporels, qui ne sont pas comparables à ceux d'une âme agitée par l'ambition, l'orgueil, l'avarice , par les inquiétudes et les soins pour élever une famille , et par la crainte de l'opprobre, du déshonneur, de la misère et des châtiments. — Aristote observe que l'homme n'est pas supérieur aux animaux parce qu'il a une main ; mais qu'il a une main parce qu'il est supérieur aux animaux. — Les Arabes ne croient pas qu'Adam ait été le premier être raisonnable qui ait habité la terre , mais
1 Plutarque, Vie de Marc-Antoine.