GÉNIES
Ginnungagap, — nom de l'abîme, partie de l'enfer, chez les Scandinaves1.
Gioerninca-Vedur. — Les Islandais appellent de ce nom le pouvoir magique d'exciter des orages et des tempêtes, et de faire périr des barques et des bâtiments en mer. Cette idée superslitieuse appartient autant à la magie moderne qu'à l'ancienne. Les ustensiles que les initiés emploient sont très-simples : par exemple , une bajoue de tête de poisson , sur laquelle ils peignent ou gravent différents caractères magiques , entre autres la tête du dieu Thor, de qui ils ont emprunté cette espèce de magie. Le grand art consiste à n'employer qu'un ou deux caractères , et tout leur secret est que les mots Thor, hafot ou ha fut puissent être lus devant eux ou en leur absence sans être compris de ceux qui ne sont pas admis à la connaissance de ces mystères.
Giourtasch, — pierre mystérieuse que les Turcs orientaux croient avoir reçue de main en main de leurs ancêtres, en remontant jusqu'à Japhet, fils de Noé, et qu'ils prétendent avoir la vertu de leur procurer de la pluie, quand ils en ont besoin.
Girard (Jean-Baptiste) , — jésuite, né à Dole en 4 680. Les ennemis de la société de Jésus n'ont négligé aucun effort pour le présenter comme un homme de scandale. Ils l'ont accusé d'avoir séduit une fille nommée Catherine Cadière ; et sur ce thème ils ont bâti tous les plus hideux romans. Cette fille , folle ou malade , sembla possédée dans les idées du temps, ou le fut peut-être, et on dut l'enfermer aux Ursulines de Brest. Sur quelques divagations qu'elle débita, un procès fut intenté par le parlement d'Aix. Mais toutes choses examinées et pesées , il fallut se borner à rendre Catherine Cadière à sa famille. On ne put pas même trouver moyen d'impliquer le père Girard dans cette affaire, comme coupable , quoiqu'on eût ameuté trois partis
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violents contre lui , les jansénistes , le parlement et les philosophes. — Ce qui n'a pas empêché les écrivains anti-religieux de faire revivre sur son compte des calomnies condamnées.
Girtanner, — docteur de Gottingue qui a annoncé que dans le dix -neuvième siècle tout le monde aurait le secret de la transmutation des métaux ; que chaque chimiste saurait faire de l'or; que les instruments de cuisine seraient d'or et d'argent, ce qui contribuera beaucoup, dit-il, à prolonger la vie, qui se trouve aujourd'hui compromise par les oxydes de cuivre , de plomb et de fer que nous avalons avec notre nourriture Les bons chimistes actuels partagent cet avis. Voy. Alchimie.
Gîtanos , — mot espagnol qui veut dire Egyptiens. Voy. Bohémiens.
Criwon, — esprit japonais. Les habitants croient qu'il veille particulièrement à la conservation de leur vie , et qu'il peut les préserver de tout accident fâcheux , comme des chutes , des mauvaises rencontres , des maladies, et surtout de la petite vérole. Aussi ont-ils coutume de placer sur la porte de leurs maisons l'image de Giwon.
Granville, — curé anglican d'Abbey-Church à Bath , mort en '1680. On lui attribue un traité des Visions et apparitions , in-8°, Londres, 1700; mais il est certainement auteur d'un ouvrage intitulé : Considérations philosophiques touchant l'existence des sorciers et la sorcellerie, 1666, in-4°.
Glaphyra , — épouse d'Alexandre , fils de cet effroyable Hérode qu'on a appelé Hérodele-Grand. Cette princesse ayant perdu Alexandre, se maria avec Archélaiis, son beaufrère, et mourut la nuit même de ses noces, l'imagination troublée par la vision de son premier époux, qui semblait lui reprocher ces secondes noces avec son frère 2.
Glasîalabolas , — Voy. CAACRINOLAAS.
Glocester. — Sous Henri VI, les ennemis de la duchesse de Glocester voulant la perdre, l'accusèrent d'être sorcière. On prétendit qu'elle avait eu des entretiens secrets avec Roger Bolingbrocke, soupçonné de nécromancie , et Marie Gardemain, réputée sorcière. On déclara que ces trois personnes réunies avaient, à l'aide de cérémonies diaboliques, placé sur un feu lent une effigie du roi faite
l\i — GNO en cire, clans l'idée que les forces de ce prince s'épuiseraient à mesure que la cire fondrait, et qu'à sa totale dissolution la vie de Henri VI serait terminée. Une telle accusation devait s'accréditer sans peine dans ce siècle crédule ; plus elle s'éloignait du bon sens, plus elle semblait digne de foi. Tous trois furent déclarés coupables , et ni le rang ni l'innocence ne purent les sauver. La duchesse fut condamnée à un emprisonnement perpétuel, Roger Bolingbrocke pendu , et Marie Gardemain brûlée dans Smithfield h\
Glubbdubdrib , — île des sorciers , dans les voyages de Gulliver. Swift y fait des contes très-piquants.
Gnomes, — esprits élémentaires amis de l'homme, composés des plus subtiles parties de la terre, dont ils habitent les entrailles, selon les cabalistes. — La terre , disent-ils , est presque jusqu'au centre remplie de gnomes , gens de petite stature , gardiens des trésors, des mines et des pierreries. Ils aiment les hommes, sont ingénieux , et faciles à gouverner. Ils fournissent aux cabalistes tout l'argent qui leur est nécessaire , et ne demandent guère , pour prix de leurs services , que la gloire d'être commandés. Les gnomides , leurs femmes, sont petites, mais agréables, et vêtues d'une manière fort curieuse 2. — Les gnomes vivent et meurent à peu près comme les hommes; ils ont des villes et se rassemblent en sociétés. Les cabalistes prétendent que ces bruits qu'on entendait, au rapport d'Aristote , dans certaines îles , où pourtant on ne voyait personne , n'étaient autre chose que les réjouissances et les fêtes de noces de quelque gnome. Ils ont une âme mortelle; mais ils peuvent se procurer l'immortalité en contractant des alliances avec les hommes. Voy. Cabale, Pygmées, Naixs.
Gnostiques, — hérétiques qui admettaient une foule de génies producteurs de tout dans le monde. Leur nom signifie illuminés; ils l'avaient pris parce qu'ils se croyaient plus éclairés que les autres hommes. Ils parurent au premier et au second siècle , principalement dans l'Orient. Ils honoraient, parmi les génies, ceux qu'ils croyaient avoir rendu au genre humain les bons offices les plus importants. Ils disaient que le génie qui avait appris aux hommes à manger le fruit de l'arbre de la science du bien et du mal avait fait pour nous quelque chose de très-signalé....
1 Philosophie magique, t. VI, p. 383, citée dans les Curiosités de la littérature, t. Ier, p. 262.
2 Leloyer, ÉTist. des spectres et des apparitions des esprils, chap. 23, p. 43fï.
1 Goldsmitli, Hist. d'Angleterre.
1 II y a apparence que ces contes de gnomes doivent leur origine aux relations de quelques anciens voya geurs en Laponie.