‹ Dictionnaire infernalChapitre 178 sur 368 · GOD · texte numérisé non relu

GOD

lis l'honoraient sous la figure qu'il avait prise , et tenaient un serpent enfermé dans une cage : lorsqu'ils célébraient leurs mystères ils ouvraient la cage et appelaient le serpent , qui montait sur une table où étaient les pains, et s'entortillait alentour. C'est ce qu'ils appelaient leur eucharistie.. . — Les gnostiques , auxquels se rattachaient les basilidiens , les ophites, les simoniens, les carpocratiens, etc., tentèrent contre le catholicisme de grands efforts. Leur serpent, non plus que les autres, n'y put faire qu'user ses dents. Voy.

TÈTE DE BOPHOMET, ÉONS , etc.

Goap , — roi des démons de midi. On peut l'évoquer de trois heures du matin à midi, et de neuf heures du soir à minuit ».

Gobbino , — VOIJ. IMAGINATION.

Gobelins , — espèce de lutins domestiques qui se retirent dans les endroits cachés de la maison, sous des tas de bois. On les nourrit des mets les plus délicats , parce qu'ils apportent à leurs maîtres du blé volé dans les greniers d'autrui. — On dit que la manufacture des Gobelins à Paris doit son nom à quelques follets qui , dans l'origine , venaient travailler avec les ouvriers et leur apprendre à faire de beaux tapis. C'est d'eux , ajoute-ton , qu'on tient le secret des riches couleurs.

Gobes. — On appelle gobes , dans la campagne , des boules sphériques que l'on trouve quelquefois dans l'estomac des animaux ruminants, et qui sont formées de poils avalés spontanément, mêlés de fourrages et agglutinés par les sucs gastriques. On persuaderait difficilement à la plupart des gens de la campagne , que ces boules ne sont pas l'effet d'un sort -,

Godeslas. — Lorsqu'on prêcha la première croisade dans, le diocèse de Maëstricht , une bulle permettant aux vieillards et aux infirmes de s'exempter du voyage de Terre-Sainte moyennant une certaine contribution, un meunier, nommé Godeslas, qui était en même temps riche, vieux et usurier, s'arrangea de manière qu'il ne donna que cinq marcs d'argent pour avoir la liberté de rester à son moulin. Ses voisins rapportèrent à celui qui levait l'impôt que le meunier Godeslas pouvait donner quarante marcs sans se gêner, et sans diminuer l'héritage de ses enfants; mais il soutint le contraire , et persuada si bien le dispensateur, qu'on le laissa tranquille. Son imposture, dit la légende, fut punie. — Un

1 Wierus, In Pseudomonarchia dîemon.

2 Saignes, Des Erreurs et des préjugés, t. IJ, p. 14.

jour que, dans le cabaret, il avait raillé les pèlerins qui faisaient le saint voyage, leur disant : « Il faut convenir que vous êtes fous d'aller traverser les mers et risquer votre vie, tandis que , pour cinq marcs d'argent , je reste dans ma maison, et que j'aurai autant de mérite que vous , » il advint ce qui suit : — De retour en son logis, le meunier s'étant couché , entendit tourner la meule de son moulin , et toute la machine se mettre en mouvement d'elle-même, avec le bruit accoutumé. Il appela le garçon, et lui dit d'aller voir qui faisait tourner le moulin. Celui-ci y alla; mais il fut si effrayé qu'il rentra sans trop savoir ce qu'il avait vu. « Ce qui se passe dans votre moulin m'a tellement épouvanté , répondit-il, que, quand on m'assommerait, je n'y retournerais point. » — « Fût-ce le diable , s'écria le meunier, j'irai et je le verrai. » — Il saute donc à bas du lit ; il met ses chausses, il ouvre la porte de son moulin , il entre et voit deux grands chevaux noirs gardés par un nègre, qui lui dit : « Monte ce cheval , il est préparé pour toi. » — Le meunier, tremblant, cherchait à s'esquiver; le diable lui cria d'une voix terrible : « Plus de retard! ôte ta robe, et suis-moi.... » Or, Godeslas portait une petite croix attachée à sa robe ; il ne réfléchit point que ce signe le garantissait ; il fit ce qu'on lui commandait , et grimpa sur le cheval noir, ou plutôt sur le démon qu'on lui disait de monter. Le diable se jeta sur l'autre cheval, et ces quatre personnages s'éloignèrent, allant aux enfers. Là on fit voir au meunier une chaise enflammée , où l'on ne pouvait attendre ni tranquillité, ni repos, et on lui dit : « Tu vas retourner dans ta maison , lu mourras dans trois jours, et tu reviendras ici pour y passer l'éternité tout entière sur cette chaise brûlante. » A ces paroles, le diable reconduisit Godeslas à son moulin. Sa femme, qui trouvait son absence longue , se leva enfin , et fut étonnée de le voir étendu sur le carreau , mourant de peur. Comme il parlait de l'enfer, du diable , de la mort, d'une chaise ardente, on envoya chercher un prêtre pour le rassurer. « Je n'ai pas besoin de me confesser, dit-il au prêtre, mon sort est fixé. Ma chaise est prêle, ma mort arrive dans trois jours; ma peine est inévitable. » Et ce malheureux mourut sans vouloir se reconnaître '.

Godwîn , — écrivain anglais qui a publié la Vie des Nécromaftciens , ou histoire des personnages les plus célèbres auxquels on a attri-

1 Cœsarii Heistcrbacli. de 'ontritione, Mb. '2, Mirac, cap. 7.

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