HAQ
gent qu'ils lui avaient données pour trahir notre Seigneur, un champ qui fut destiné à la sépulture des étrangers , et qui porta le nom d'Haceldama. On montre encore ce champ aux étrangers. Il est petit et couvert d'une voûte, sous laquelle on prétend que les corps qu'on y dépose sont consumés dans l'espace de trois ou quatre heures '.
Haleine. — Une haleine forte et violente est la marque d'un grand esprit , dit un savant, et au contraire, ajoute-t-il, une haleine faible est la marque d'un tempérament usé et d'un esprit faible.
Hallucination, — VOJJ. VlSïONS.
Halphas , — grand comte des enfers. Il parait sous la forme d'une cigogne, avec une voix bruyante. Il bâtit des villes, ordonne les guerres et commande vingt-six légions2. C'est peut-être le même que Malphas.
Haltias. — Les Lapons donnent ce nom aux vapeurs qui s'élèvent des lacs , et qu'ils prennent pour les esprits auxquels est commise la garde des montagnes.
Hamlet, — prince de Danemark, à qui apparut le spectre de son père pour demander une vengeance dont il se chargea. Shakspeare a illustré cette sombre histoire. On montre toujours sur une colline voisine d'Elseneur la tombe d'Hamlet, que des croyances peureuses entourent et protègent.
Handel , — célèbre musicien saxon ; se trouvant en 1700 à Venise dans le temps du carnaval, il joua de la harpe dans une mascarade. Il n'avait alors que seize ans , mais son nom dans la musique était déjà trèsconnu. Dominique Scarlati , habile musicien d'alors sur cet instrument, l'entendit et s'écria : Il n'y a que le Saxon Handel ou le diable qui puisse jouer ainsi....
Hanneton. — Il y a dans la Cafrerie une sorte de hanneton qui porte bonheur quand il entre dans une hutte. On lui sacrifie des brebis. S'il se pose sur un nègre, le nègre en devient tout fier.
Hannon , — général carthaginois, distingué par cette fourberie : il nourrissait des oiseaux à qui il apprenait à dire : Hannon est un dieu. Puis il leur donnait la liberté.
Haquin. — Les anciennes histoires Scandinaves font mention d'un vieux roi de Suède, nommé Haquin , qui commença à régner au troisième siècle et ne mourut qu'au cinquième, âgé de deux coût dix ans, dont cent quatrevingt-dix de règne. 11 avait déjà cent ans,
' L'abbé Prévost, Manuel lexique.
» Wierus in Pseudonionarchia deem-
52 — HAR lorsque ses sujets s'étant révoltés contre lui , il consulta l'oracle d'Odin qu'on révérait auprès d'Upsal. Il lui fut répondu que s'il voulait sacrifier le seul fils qui lui restât, il vivrait et régnerait encore soixante ans. Il y consentit, et ses dieux lui tinrent parole. Bien plus , sa vigueur se ranima à l'âge de cent cinquante ans; il eut un fils et successivement cinq autres, depuis cent cinquante ans jusqu'à cent soixante. Se voyant près d'arriver à son terme, il tâcha encore de le prolonger ; et les oracles lui répondirent que s'il sacrifiait l'aîné de ses enfants, il régnerait encore dix ans ; il le fit. Le second lui valut dix autres années de règne, et ainsi de suite jusqu'au cinquième. Enfin, il ne lui restait plus que celui-là; il était d'une caducité extrême, mais il vivait toujours ; lorsqu'ayant voulu sacrifier ce dernier rejeton de sa race , le peuple , lassé du monarque et de sa barbarie, le chassa du trône ; il mourut et son fils lui succéda. — Delancre dit que ce monarque était grand sorcier, et combattait ses ennemis à l'aide des éléments. Par exemple, il leur envoyait de la pluie ou de la grêle.
Haridi , — serpent honoré à Akhmin , ville de la Haute-Egypte. Il y a quelques siècles qu'un derviche y mourut ; on lui éleva un tombeau surmonté d'une coupole au pied de la montagne , les peuples vinrent lui adresser des prières. Un autre derviche profita de leur crédulité et leur dit que Dieu avait fait passer l'esprit du défunt dans le corps d'un serpent. Il en avait apprivoisé un de ceux qui sont communs dans la Thébaïde et qui ne font point de mal ; ce reptile obéissait à sa voix. Le derviche mit à l'apparition de son serpent tout l'appareil du charlatanisme , éblouit le vulgaire et prétendit guérir toutes les maladies. Quelques succès lui donnèrent la vogue. Ses successeurs n'eurent pas de peine à soutenir une imposture lucrative ; ils enchérirent en donnant à leur serpent l'immortalité , et poussèrent l'impudence jusqu'à en faire un essai public; le serpent fut coupé en morceaux en présence de l'émir, et déposé sous un vase pendant deux heures. A l'instant où le vase fut levé , les serviteurs du derviche eurent sans doute l'adresse d'en substituer un semblable; on cria au prodige, et l'immortel Haridi acquit un nouveau degré de considération. — Paul Lucas raconte que voulant s'assurer des choses merveilleuses que l'on racontait de cet animal , il fit pour le voir le voyage d'Akhmin ; qu'il s'adressa à Assan- Bey, qui fit venir le derviche avec le serpent ou l'ange, car tel est le nom qu'on lui donnait; que ce derviche tira de son sein , en sa pré-