‹ Dictionnaire infernalChapitre 187 sur 368 · HAT · texte numérisé non relu

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blessures qu'ils ont reçues aux mômes parties des corps dont ils se sont revêtus , et dans lesquels ils apparaissent. » Le plus croyable sur cette histoire peu avérée est que c'est un conte. — Voy. Vampires.

Harvilliers (Jeanne), — sorcière des environs de Compiègne , au commencement du seizième siècle. Dans son procès, elle raconta que sa mère l'avait présentée au diabledès l'âge de douze ans; que c'était un grand nègre vêtu de noir; qu'ii arrivait quand elle le voulait , botté, éperonné et ceint d'une épée; qu'elle seule le voyait ainsi que son cheval , qu'il laissait à sa porte. La mère de Jeanne avait été brûlée comme sorcière; elle, qui du reste avait commis d'autres crimes, fut également brûlée, à l'âge de cinquante ans, le dernier jour d'avril de l'année 1578 l. — Voy. Sorciers.

Hasard. — Le hasard, que les anciens appelaient la Fortune , a toujours eu un culte étendu , quoiqu'il ne soit rien par lui-même. Les joueurs, les guerriers , les coureurs d'aventures , ceux qui cherchent la fortune dans les roues de la loterie, dans l'ordre des cartes, dans la chute des dés, dans un tour de roulette ne soupirent qu'après le hasard. Qu'estce donc que le hasard ? Un événement fortuit , amené par l'occasion ou par des causes qu'on n'a pas su prévoir, heureux pour les uns, malheureux pour les autres. — Un Allemand sautant en la ville d'Agen sur le gravier, l'an 1597, au saut de l'Allemand, mourut tout roide au troisième saut. Admirez le hasard , la bizarrerie et la rencontre du nom, du saut et du sauteur, dit gravement Delancre : Un Allemand saute au saut de l'Allemand , et la mort, au troisième saut , lui fait faire le saut de la mort.. .. Ou voit qu'au seizième siècle même, on trouvait aussi des hasards merveilleux dans des jeux de mots.

Hatton ïl, — surnommé Bonose, usurpateur du siège archiépiscopal de Mayence, qui vécut en 1074. Il avait refusé de nourrir les pauvres dans un temps de famine, et avait même fait brûler une grange pleine de gens qui lui demandaient du pain; il périt misérablement. On rapporte que cet intrus, étant tombé malade dans une tour qui est située en une petite île sur les bords du Rhin, y avait été visité de tant de rats, qu'il fut impossible de les chasser. Il se fit transporter ailleurs , dans l'espoir d'en être délivré, mais les rats, s'étant multipliés , passèrent à la nage , le joignirent et le dévorèrent. — Poppiel II, roi

1 Histoire 'le la rnagi0 en France, p. 133.

de Pologne , souillé de crimes., fut pareillement dévoré par les rats.

Haussy (Marie de ) , sorcière du seizième siècle, qu'une autre sorcière déclara clans sa confession* avoir vue danser au sabbat avec un sorcier de la paroisse de Faks, lequel adorait le diable l.

Hécate , — diablesse qui préside aux rues et aux carrefours. Elle est chargée aux enfers de la police des chemins et de la voie publique. Elle a trois visages : le droit de cheval , le gauche de chien , le mitoyen de femme. Delrio dit : « Sa présence fait trembler la terre, éclater les feux, et aboyer les chiens. » — Hécate, chez les. anciens, était aussi la triple Hécate : Diane sur la terre, Proserpine aux enfers, la Lune dans le ciel. Ce sont, au dire des astronomes , les trois phases de la lune.

Hécla. — Les Islandais prétendaient autrefois que l'enfer était clans leur île , et le plaçaient dans le gouffre du mont Hécla. Ils croyaient aussi que le bruit produit par les glaces, quand elles se choquent et s'amoncellent sur leurs rivages, vient des cris des damnés tourmentés par un froid excessif, et qu'il y a des âmes condamnées à geler éternellement, comme il y en a qui brûlent dans des feux éternels. Cardan dit que cette montagne est célèbre par l'apparition des spectres et des esprits. Il pense avec Leloyer2 que c'est dans cette montagne d'Hécla que les âmes des sorciers sont punies après leur mort.

Hecdekin. — En l'année 'H 30, un démon que les Saxons appelaient Hecdekin. c'est-àdire Y esprit au bonnet, à cause du bonnet dont il était coiffé, vint passer quelques mois dans la ville d'Hildesheim , en Basse-Saxe. L'évêque d'Hildesheim en était aussi le souverain. En raison de ces deux titres, le démon crut devoir s'attacher à sa maison. Il se posta donc dans le palais et s'y fit bientôt connaître avantageusement , soit en se montrant avec complaisance à ceux qui avaient besoin de lui , soit en disparaissant avec prudence lorsqu'il devenait importun . soit en faisant des choses remarquables et difficiles. — Il donnait de bons conseils dans les affaires diplomatiques, portait de l'eau à la cuisine, et servait les cuisiniers. La chose s'est passée dans le douzième siècle ; les mœurs étaient alors plus simples qu'aujourd'hui. Il fréquentait donc la cuisine et le salon; et les marmi-

1 Dclancre, Tableau de l'inconstance des démons, p. 144.

2 Histoire des spectres, p. 519.

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