HOC
environs de Paris, une cabale de bergers qui faisaient mourir les bestiaux, attentaient à la vie des hommes, commettaient plusieurs autres crimes, et s'étaient rendus formidables à la province. Il y en eut enfin d'arrêtés ; le juge de Pacy instruisit le procès ; et, par les preuves, il parut évident que tous ces maux étaient commis par maléfices et sortilèges. Les sorts et les poisons dont ces bandits se servaient pour faire mourir les bestiaux consistaient dans une composition qu'ils avouèrent au procès , et qui est rapportée dans les factums, mais remplie de sacrilèges, d'impiétés , d'abominations et d'horreurs , en même temps que de poisons. Ils mettaient cette composition dans un pot de terre, et l'enterraient, ou sous le seuil de la porte des étables aux bestiaux, ou dans le chemin par où ils passaient; et tant que ce sort demeurait en ce lieu, ou que celui qui l'avait posé était en vie, la mortalité ne cessait point; c'est ainsi qu'ils s'en expliquèrent dans leurs interrogatoires. Une circonstance singulière de leur procès fit croire qu'il y avait un vrai pacte entre eux et le diable pour commettre tous ces maléfices. Ils avouèrent qu'ils avaient jeté les sorts sur les bestiaux du fermier de la terre de Pacy, près de Brie-Comte-Robert, pour venger l'un d'entre eux que ce fermier avait chassé et mis hors de son service. Ils firent le récit exact de leur composition ; mais jamais aucun d'eux ne voulut découvrir le lieu où ils avaient enterré le sort , et on ne savait, après de semblables aveux , d'où pouvait venir leur réticence sur ce dernier fait. Le juge les pressa de s'en expliquer ; ils dirent que s'ils découvraient ce lieu , et qu'on levât le sort, celui qui l'avait posé mourrait à l'instant.— L'un de leurs complices, nommé Etienne Hocque , moins coupable que les autres, et qui n'avait été condamné qu'aux galères, était à la chaîne dans les prisons de la Tournelle : on gagna un autre forçat nommé Béatrix , qui était attaché avec lui. Ce dernier, à qui le seigneur de Pacy avait fait tenir de l'argent, fit un jour tant boire Hocque qu'il l'enivra, et en cet état le mit sur le chapitre du sort de Pacy. Il tira de lui le secret qu'il n'y avait qu'un berger nommé Bras-de- Fer, qui demeurait près de Sens, qui put lever le sort par ses conjurations. Béatrix, profitant de ce commencement de confidence, engagea le vieux berger à écrire à son lils une lettre par laquelle il lui mandait d'aller trouver Bras-de-Fer, pour le prier de lever ce sort, et lui défendait surtout de dire à Bras-de-Fer qu'il fût condamné et emprisonné, ni que c'était lui, Hocque, qui avait posé le sort.